Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Epica - 18/01/2026

Cheveu

Pastiche oui, postiche non!

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Après une double première partie assurée par PlastoBeton et Scorpion Violente (voir review ici ), c'est Cheveu le trio parisien qui prend possession de la scène et du public par la même occasion.

Un public déjà fort acquis à la cause de ces 3 géniaux agités du bocal qui sur leur dernier album "Bum" sont parvenus à décloisonner encore davantage leur musique au risque de perdre les mélomanes habitués au son garage de leurs débuts ; bien qu'une partie de ceux-ci doivent déjà avoir quitté le navire après la sortie de "Mille", leur opus précédent, un elpee qui faisait déjà fi des standards en la matière.

J'avoue qu'à l'écoute des titres de ce "Bum" j'étais un peu perplexe, les chemins empruntés étant fort pop en terme de compos mais aussi au niveau de la production bien plus claire et moins crade que précédemment. Une perplexité envolée dès les premières notes de "La fin au début", un morceau plein de ferveur et d'intensité. Comme me l'avait promis Elzo, lorsque je lui faisais part de mes doutes, ‘En live ils sont assez free’... et c'est rien de le dire, il faut le vivre!

Car Cheveu c'est d'abord un spectacle, une performance théâtrale et musicale loin de la simple restitution d'un album par un groupe en tournée promo. En effet le trio prend un malin plaisir à déstructurer ses morceaux, voire même à les exploser en s'attardant par exemple sur un pont entre couplet et refrain qu'il prolonge longuement, communiquant un tout autre sens au canevas de base. Oublié ‘l'obstacle pop’ dans de telles conditions et face à une telle interprétation qui donne aussi souvent dans le pastiche mais sans jamais tomber dans la blague potache. Des musicos qui ne se prennent pas au sérieux mais savent tout de même très bien ce qu'ils sont en train de faire et connaissent leur potentiel. On pensera à l'une ou l'autre référence outre-Atlantique (où ils ont déjà pas mal tourné d'ailleurs) telle les fêlés de Ween ou dans une certaine mesure Mister Bungle.

Leur attitude scénique débridée (en tout cas s'agissant du chanteur/claviériste) les amène parfois à s'emmêler les pinceaux mais au finish l'énergie folle les ramène toujours à l'essentiel, la performance, qui ce soir s'achève lorsque leur ‘leader’ debout sur son clavier, est à deux doigts de se prendre une belle gamelle. On en redemande!

(Organisation : L’Atelier + Teenage Menopause Records)

 

 

Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band

What we loved was not enough

Écrit par

Ce jeudi 27 février, le Botanique accueillait la dernière déclinaison de A Silver Mt. Zion, en l’occurrence le Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra. Le groupe montréalais venait présenter son dernier opus, sorti l’année dernière, sobrement intitulé « Fuck Off Get Free We Pour Light on Everything ». Jouissant d’une excellente réputation en live, la formation avait attiré un nombreux public. L’Orangerie affichait même sold out !

Il revenait à Eric Chenaux d’assurer le supporting act, un autre artiste signé sur le célèbre label canadien Constellation. Il est seul sur l’estrade et dispense un set sculpté dans le folk expérimental. Et vraiment pas facile d’accès. Sa prestation va durer une demi-heure. Et c’est bien assez ! Pour apprécier ce type de musique, il faudrait pouvoir connaître la discographie de cet artiste sur le bout des ongles Et s’y plonger intégralement. Ce qui explique pourquoi une certaine forme de lassitude va rapidement envahir le public… 

Vers 21h00, Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra monte sur les planches. Suivant le même rituel, le band est disposé en arc de cercle. Les deux violonistes s’installent à l’avant du le podium et derrière elles, se plante le leader et co-fondateur de Godspeed You Black Emperor, Efrim Menuck ainsi que le bassiste. Dernier débarqué au sein du line up, le drummer siège derrière ses fûts, en retrait. Dès les premiers accords, on se rend compte que la formation transpire de classe. Efrim Menuck porte dorénavant la barbe. C’est aussi le porte-parole du groupe. Personnage charismatique, il présente chaque compo, sans se servir du micro ; une technique qui lui permet de directement briser la glace qui pourrait s’ériger entre l’auditoire et les musicos.

La setlist s’ouvre par « Fuck Off Get Free », plage maîtresse du dernier elpee. Et ce sont les compos de cet opus, que la troupe va privilégier au cours de ce show. A l’instar de ce long playing davantage rock que les précédents, le son est plus intense, plus puissant, plus luxuriant. Issu de « Kollaps Tradixionales », « Piphany Ramblerest » est une des seules plages issue d’un autre long playing, reprise dans la setlist ce soir. Pas vraiment convainquant ! Le timbre vocal d’Efrim est plaintif et communique naturellement ses émotions. Le groupe prend également le soin d’éliminer les extensions de certains morceaux studio pour les rendre plus percutants en ‘live’. Après une heure de spectacle, le combo quitte l’estrade, pour y revenir quelques minutes plus tard afin de nous réserver un long rappel, que va conclure un magistral « What We loved Was Not Enough ». Un excellent concert, même si on aurait voulu en avoir davantage…

(Organisation Botanique)

 

Heather Nova

Super... Nova !

La salle 'Het Depot' à Louvain est achi-comble pour accueillir Heather Nova, cette chanteuse originaire des Bermudes, qui est surtout connue grâce à des hits pop-rock composés dans les années '90, comme "Walk This World" ou "Island". Malgré une carrière dans l'ensemble très discrète, elle jouit néanmoins d'un véritable culte, que lui vouent un contingent de fans en constante croissance. Ce set s'inscrit dans le cadre d'une tournée européenne en formule acoustique.

Comme elle nous l'a confié lors de l'interview avant le concert (voir ici pour l’article et pour la vidéo de cet entretien), Heather Nova présente, lors de cette tournée, des versions acoustiques de chansons issues de l'éventail complet de ses productions. ‘On crée une atmosphère assez intime, avec juste un musicien et moi sur scène. Nous nous servons d’instruments acoustiques mais ajoutons aussi quelques effets électroniques et nous changeons d'instruments et de sons régulièrement, pour varier un peu les ambiances.’ Le musicien en question, c’est Arnulf Lindner, un multi-instrumentiste autrichien, qui passe avec une aisance déconcertante du violoncelle aux claviers pour finir aux guitares. Quant à Heather, drapée dans une robe très organique, elle affiche une beauté et une élégance remarquables. La plupart du temps, elle chante et joue de la guitare acoustique mais de temps en temps, elle s’installe également aux claviers.

La setlist passe en revue ses quelque 20 ans de carrière, mettant bien sûr un accent sur « Oyster » et « Siren », ses deux elpees les plus en vue et « 300 Days At Sea », sa toute dernière production. L'élément visuel est également important notamment par le biais de la projection d'animations basées sur les peintures, également très organiques, de l'artiste italien Alberto Di Fabio. La combinaison entre ces animations et l'univers, très 'nature' de Nova, est parfaite.

"Save A Little Piece Of Tomorrow" constitue un des moments clés du concert, une composition qui traite du réchauffement climatique, au cours de laquelle la chanteuse alterne entre son micro 'classique' et un autre relié à des effets électroniques, qu'elle utilise pour des parties 'solo'. Un autre, touchant celui-là, se produit pendant « The Good Ship 'Moon' », une composition racontant les nombreux voyages qu'elle a accompli au cours de sa jeunesse, en compagnie de son père sur le bateau 'Moon'. La voix, le piano, le violoncelle et la belle vidéo consacrée à l'océan forment un ensemble surprenant, qui donne la chair de poule. Plus tard, l'émotion monte encore d’un cran, quand elle interprète une chanson inédite baptisée « Tree House », dédiée à son jeune fils et à la beauté éphémère de l'enfance. Superbe !

Ce moment magique se prolonge par l'interprétation du magnifique hit « Island », qui clôture de façon magistrale le spectacle. Heather Nova revient ensuite pour le très beau « Truth And Bone » avant de prendre congé sur « Until The Race Is Run », tiré de son dernier opus. Un très beau concert accordé par une artiste inclassable, qui mène une carrière remarquable loin des spotlights mais avec une réelle sincérité. Super Nova !


Setlist :
 

I Miss My Sky (Amelia Earhart's Last Days)
Higher Ground
Avalanche
Out On A Limb
Winterblue
Walking Higher
Save a Little Piece of Tomorrow
Fool for You
Like Lovers Do
Paper Cup
Do Something That Scares You
The Good Ship "Moon"
I Wanna Be Your Light
Heart and Shoulder
Tree House
Stay

Island

Encore:

Truth and Bone
Until the Race Is Run

(Organisation Het Depot)

Breton

Grown Up

Écrit par

« War Room Stories », seconde salve des Londoniens, se devait d’être à la hauteur du grand « Other People’s Problem » et de la charrette d’Eps qui l’ont précédés. Les joyeux drilles de Breton ont donc bossé d’arrache-pied sur leur projet multimédia, BretonLABS, pour créer dix nouvelles mélopées fidèles à leur style melting-pot. Et pour voir les nouveaux morceaux prendre vie sur scène, il fallait se rendre à la Rotonde du Botanique, le 23 février dernier. 

Plus qu’un groupe, Breton est avant tout un projet multimédia. Sur scène, chaque morceau s’accompagne de sa propre vidéo, défilant à l’arrière de la scène.

Le quintet est en forme et démarre son set sur les chapeaux de roues. La Rotonde, elle, est évidemment pleine. Ce qui devait mettre du baume au cœur des musicos, et plus particulièrement de Roman Rappak, leader de la troupe, après le couac enregistré à l’Orangerie, en 2012 (une salle à moitié vide). Et pour cause, ce dernier entretient une relation particulière avec notre pays, après y avoir vécu une histoire d’amour manquée. En français dans le texte, ce dernier raconte son anecdote et enchaîne sur des titres des deux LPs, dont les puissants « Edward the Confessor », « Got Well Soon », « The Commission », « Wood and Plastic » et « Jostle ».

Loin de m’avoir convaincu en 2012, Breton se la joue ‘back with a vengeance’ et démontre en 1h20 que les deux années qui séparent ce concert de leur précédente prestation au Bota, lui ont permis de se forger une personnalité, de créer un set cohérent et d’en envoyer plein la tronche du public. Le rythme du set est tel que la formation captive jusqu’aux dernières secondes (un « Jostle » rugissant). Même les morceaux les plus faiblards, comme « Fifteen Minutes » (dont ils ont dévoilé le clip pour la toute première fois ce soir), prennent une toute autre dimension.

Breton a fait sa mue et la transformation en vaut largement le coup d’œil. A ne pas louper si vous avez décidé de vous rendre, cet été, au festival de Dour !

Organisation : Botanique

 

Gary Numan

Un Numan toujours aussi ‘electric’!

Dorian Gray, le personnage d'Oscar Wilde, restait éternellement jeune car c'est son portrait, caché dans son grenier, qui vieillissait à sa place. En observant Gary Numan, sur le podium du Depot à Louvain, on le comparerait volontiers à Dorian Gray. A 55 ans, il est fringant comme un jeune homme! Après avoir traversé une période noire, suite à une dépression, il est de retour, plus ‘électrique’ que jamais!

Rappelons à toutes fins utiles que Numan était un des pionniers de la musique new-wave électronique, entre 1979 et 1985. En s'inspirant largement de Kraftwerk ("Man Machine"), David Bowie ("Low") et surtout de l'Ultravox période John Foxx ("Systems of Romance"), il a créé un style musical nouveau basé sur l'utilisation massive de synthés. Un style libérant une énergie postpunk et reflétant une imagerie dystopique, développée autour de son personnage humanoïde. Le tube "Are Friends Electric" et l'elpee "Replicas", publiés sous le patronyme de Tubeway Army, ont rencontré un succès immédiat en 1979 et ont été suivis par deux albums solos considérés comme de purs chefs-d'œuvre : "The Pleasure Principle" et "Telekon". Sa carrière a ensuite connu des hauts et des bas ; surtout des bas, jusqu'à ce que des ‘maîtres’ tels Dave Grohl, Trent Reznor, Prince ou Jack White décident de remettre Numan au goût du jour, début des années 2000, en soulignant son influence majeure sur la musique moderne. Influencé à son tour par ses ‘disciples’, surtout par Trent Reznor, qui est aujourd'hui son ami et voisin à Los Angeles, Numan a ensuite évolué vers une ‘power pop’ aux accents industriels, voire même metal.

C'est la dualité entre ces deux périodes qui constitue la trame majeure des shows de Numan. Au Depot, pour son 9ème concert en Belgique, il va alterner les hits incontournables de sa première période, comme "Cars", "Films" ou "I Die: You Die" ainsi que des plages de son tout dernier opus, "Splinter", dont il puisera non moins de neuf chansons, et quelques pistes extraites de "Pure" et "Dead Son Rising". Sur les planches, il est accompagné par un groupe complet, constitué d'un batteur, un guitariste, un bassiste et un claviériste. Les anciennes compos bénéficient de versions plus 'punchy', comme, par exemple, "Cars" et "Metal", qui sont jouées à la façon Nine Inch Nails, légèrement plus rapides et rehaussées par des guitares cinglantes.

Justement, les références à Nine Inch Nails sont encore plus marquantes dans les titres plus récents de Numan. L'intro de "I Am Dust" rappelle clairement les sons indus du combo américain période année 90. "We're The Unforgiven" évoque quant à lui "Help Me, I'm In Hell" dans les lignes de guitare. Les morceaux plus calmes, comme "The Calling", rappellent le côté ‘ambient’ de Trent Reznor, caractérisé par des mélodies simples au piano et par des vocaux murmurés plus que chantés. Par moments, l'illusion est frappante et on constate avec amusement que Numan s'inspire de Reznor qui, lui-même, s'inspirait de Numan... La boucle est bouclée.

L'attitude de Gary Numan sur les planches est loin d’être celle d'un humanoïde froid. Il se livre à fond, et ses prestations vocales sont irréprochables. Sur certaines compositions, surtout issues du dernier elpee, la formation utilise une bande-son, sur laquelle les musiciens jouent en direct. Qu'on apprécie ou pas ce procédé, il permet de reproduire les arrangements très complexes, les bruitages, les sons triturés voire même les voix féminines (dans "Splinter"). Les anciennes compos sont, quant à elles, exécutées à 100% en 'live'. Parmi les plus récentes, on relève également certaines qui baignent un peu trop, mon humble avis, dans le metal. "Here In The Black" évoque même la lourdeur symphonique de Within Temptation et "When the Sky Bleeds, He Will Come" lorgne généreusement du côté de Rammstein. Mais c'est évidemment une question de goût.

Extraite de "Splinter", "Lost" est une ballade touchante, empreinte d’une grande sensibilité. Numan a déclaré qu’elle avait en quelque sorte sauvé son couple au moment où lui et sa femme Gemma souffraient de dépression. Après un "Love Hurt Bleed" chalereusement applaudi, Numan clôture son set par le très beau "A Prayer for the Unborn", également une chanson qui traite de sa vie de couple et la difficulté d'avoir des enfants. Pendant le rappel, la formation va exécuter une version très énergique de "I Die: You Die" ; et le public, resté dans l'ensemble assez calme, semble enfin se lâcher. Vient enfin le moment tant attendu: "Are Friends Electric", dont Numan fournit une version retravaillée, tout en contrastes et en nuances. Superbe! Regardez la vidéo de ce très beau moment ici. L'artiste prend congé en offrant un dernier titre particulièrement paisible, "My Last Day"...

On l'a compris, on a eu droit à un concert à deux vitesses. De superbes moments sur les anciens titres et un enthousiasme plus retenu sur les plus récents. Ces derniers sont en effet beaucoup plus formatés, plus prévisibles alors que les "Cars", "Down In The Park" et autres "Are Friends Electric" apparaissent comme des fulgurances de génie ; dans ces anciennes compos, Numan transcende les cadres pré-établis (il n'y a pas de structure couplets/refrain) et apporte cette caractéristique unique qui est l'hyper-mélodicité (chaque intervention instrumentale est un 'riff', une ligne mélodique reconnaissable). Dommage que Numan refuse de revenir à la musique de sa période la plus féconde, alors qu'une nouvelle scène très vivace (la 'minimal wave') s'emploie aujourd'hui à donner une nouvelle existence à celle des années '80.

Déplorons aussi le management de l'artiste, qui n'autorise que très peu d'interviews pour les journalistes avant le show, préférant organiser des ‘VIP meet & greets’ à 100 € pour les fans les plus aisés. Enfin, il n'y avait pas de première partie ; c'est dommage car ces 'supporting acts' sont des occasions uniques pour les artistes locaux de se faire connaître. Ainsi, on aurait aimé, par exemple, voir ou revoir les excellents Bruxellois d'ORGANIC sur l’estrade ! Mais ne boudons pas notre plaisir : vivre un concert de Gary Numan dans une forme 'olympique' a été du pur bonheur. La prestation était excellente. Le son était parfait, les lumières irréprochables et l'expérience, dans son ensemble, 'électrisante'!

(Organisation : Het Depot, Louvain)

Setlist :

Resurrection
I Am Dust
Metal
Everything Comes Down to This
Films
Here in the Black
The Fall
The Calling
Down in the Park
Lost
Cars
Pure
Splinter
When the Sky Bleeds, He Will Come
Love Hurt Bleed
A Prayer for the Unborn

Encore:

I Die: You Die
Are 'Friends' Electric?

My Last Day

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

Childish Gambino

Rise Up! Rise Up!

Écrit par

Profitant de sa notoriété croissante, Donald Glover, l’inoubliable Troy Barnes de la série « Community », a mis sa carrière d’acteur et de scénariste en hiatus le temps d’une tournée mondiale. L’escale belge de Childish Gambino s’est déroulée ce 13 février entre les murs pleins à ras bord du VK. L’occasion de vérifier en personne si le mec est aussi bon sur les planches qu’il ne l’est devant la caméra.

Valeur montante de la scène Hip Hop US, souvent comparé à Drake, le bonhomme avait déjà réussi à faire vibrer le site de Couleur Café lors de l’édition 2012 du festival. Cette fois, armé de ses mixtapes et de ses deux LPs, dont le petit dernier, « Because The Internet », Childish Gambino, nom de scène de l’acteur Donald Glover, s’offre un VK sold-out pour son second passage sur les planches belges. Habitués aux retards de la salle, c’est non sans étonnement que l’on voit le p’tit gars et sa bande débarquer sur le podium un chouïa avant 21h. Hop, on attrape son verre de bière et on se glisse au fond la salle pour voir de quoi il est capable.

La bonne nouvelle, c’est que Childish Gambino réserve à son public un vrai live, pas l’une de ces misérables prestations avec DJ et en semi-playback. Dès son arrivée sur l’estrade, le chanteur affole les premiers rangs, chauds comme un brasier. Le son distillé par les musiciens est rond, chaleureux, plus Soul que Hip Hop. Glover retrace sa carrière musicale, de « Culdesac » à « Because The Internet », laissant de côté ses deux premières mixtapes. Si ces premiers travaux étaient moyennement convaincants, car trop axé sur un mode parodique, « Because The Internet » change la donne et démontre qu’il a fini par prendre au sérieux sa carrière musicale.

Entre rap et chants,  le comédien/chanteur dévoile une énergie, un flow et un savoir-faire respectables, appuyés par une fan-base manifestement solide. Les premiers rangs s’égosillent d’ailleurs sur la majorité des morceaux dont « 3005 », « The Party », « Heartbeats », « Bonfire », « The Oldest Computer (The Last Night) » ou encore « Fire Fly », partagé en fin de parcours. Une ambiance bon enfant qui te fait sortir de là un sourire jusqu’aux oreilles ! Un talent à surveiller de près. Et pas qu’à la télé.

(Organisation : VK*)

Bombay Bicycle Club

Une histoire de couleur !

Écrit par

Toujours fidèle à sa maison de disque Island Records, Bombay Bicycle Club avait décidé de présenter son cinquième et dernier opus, entre les murs de l’Orangerie du Botanique, ce dimanche. Intitulé « So Long, See You Tomorrow », il est sorti le 3 février dernier. C’est après avoir remporté le prix de la révélation britannique lors des NME Awards 2010 face à une concurrence féroce (The XX, The Big Pink, La Roux, The Olivers et Mumford and Sons), que les quatre (six sur scène) musiciens du Nord de Londres sont rapidement devenus les petits protégés de la presse britannique, succédant à des noms prestigieux (MGMT, Arctic Monkeys, Kings of Leon, The Libertines et The Strokes). Fort de son soudain succès, B.B.C. va aligner pas moins de cinq albums en un temps record (inférieur à quatre ans) et se produire en concert aux côtés de groupes tels que les Pixies.

Si « Flaws » –deuxième elpee sorti en 2010– avait plutôt plongé gentiment dans l’acoustique, son successeur, « A Different Kind Of Fix » (2011), a rebranché ses câbles sur 220 volts, inscrivant le groupe dans la lignée de formations comme les Arctic Monkeys. Maintenant, il ne restait plus au public de l’Orangerie qu’à attendre 21h pour découvrir les nouvelles modulations scéniques de ce band sans cesse à la recherche de nouvelles sonorités.

Brillamment emmenés par la voix tremblotante d’un Jack Steadman au charisme de moins en moins larvé, « Overdone » surprend d’emblée d’une intro percutante et d’une orientation electro-catchy qui ne manquent pas de remuer les foules. Et dès « It’s Alright Now », la tendance se confirme. Deux nouveaux morceaux qui donnent, à bride abattue, le ton du quatrième opus face à un public totalement réceptif. La salle se réchauffe rapidement et le sourire qui s’esquisse sur le visage des spectateurs, tout droit sortis d’un terne dimanche froid et pluvieux, en dit long. 

Un fond de scène décoré par la pochette de « So Long, See You Tomorrow » sur lequel les lumières bicolores alternent. Des saccades d’orange ou de bleu selon les mélodies et les albums. C’est ainsi qu’un orange éclatant vivifie l’espace lorsque résonnent les morceaux les plus dynamiques et vire au bleu glacial et abyssal, imprimant profondeur aux plus introvertis. Un orange absolu et sans nuances s’allie avec bonheur aux sons nerveux de « Your Eyes », plage phare de l’excité troisième album « A Different Kind Of Fix ». Les guitares grondent, la batterie secoue ferme et les lights aveuglent. Excellent ! Profitons-en pour saluer l’omniprésence et la performance sans faille aux drums de Suren de Saram qui, tout au long du set, va lui donner du corps. Ils nous ont régalés de leur exquise précision. Et de l’impact de leur puissance. Chapeau l’artiste !

Périodes bleues. Steadman échange quelques mots avec l’audience avant que la tension ne retombe et qu’il ne prenne place derrière le piano. Le calme se love au fond des yeux et les lumières bleues viennent éclairer les mélodies plus sereines de « Eyes Off You » et de « Lamplight », toutes deux issues du flegmatique « Flaws » (2010). Ou encore « Whenever, Wherever » sur lequel le frontman joue décidemment la carte de la modestie en nous rappelant que le titre est actuellement numéro 1 des charts UK. Sans doute pour son joli format radio car il a été certainement le morceau le moins inspiré de la soirée.       

Il faut cependant avouer que Bombay Bicycle Club ose l’originalité, la mixité des textures. Le groupe fusionne les instruments, les voix et les genres qu’il harmonise avec beaucoup de talent. Tout s’entremêle mais rien n’est laissé au hasard. Un rock british qui se laisse aussi vêtir de fragments exotiques sur quelques morceaux. Ainsi, alors que « Fell » se teinte de musique orientale, « Always Like This » se colore d’une bossa nova qui prendrait  les chemins ensablés des plages de Copacabana. Culotté mais réussi.    

Une fin de concert explosive qui ne laisse pas le spectateur insensible face au brillant et jouissif single « Carry Me » aux guitares nerveuses et aux synthés abrasifs. Et un seul rappel va suffire pour nous achever : « So Long, See You Tomorrow ».

Un concert intelligemment orchestré dont la variation continue des mélodies et des couleurs ne laisse guère le temps de respirer. 18 titres qui défilent à une vitesse surprenante et donnent envie d’explorer plus avant l’univers musical complexe de ce jeune groupe anglais.

(Organisation Botanique)

 

 

Madensuyu

Morceaux choisis

Écrit par

Le Stuk est né en 2002, un espace culturel sis à Louvain. Pourtant, je viens de le découvrir. Et je dois avouer que ce centre artistique, partagé entre une salle de concert, une autre dédiée à la projection, des ateliers, un studio d'enregistrement, etc. est absolument superbe. Bref le genre de salle polyvalente qui laisserait rêveur plus d'un Wallon...

Et si je m’y suis rendu, c’est parce que s’y déroulait une double affiche ‘made in Belgium’ des plus alléchantes. Tout d'abord Rape Blossoms, dont les morceaux entendus sur le web m'avaient vite séduit. Sur disque, leur post-punk rageur et bien noisy a suffisamment d'intérêt et de fougue pour retenir l'attention dans un genre où les prétendants sont fort nombreux. Lorsque résonnent les premières notes, le club n'est pas encore très rempli, mais il y règne une chaleur assez intenable contrastant avec le vent froid qui souffle dehors. Le groupe semble avoir ramené ‘son’ petit public d'amis ou de fans ; et bien que ce ne soit pas la grande foule, on est loin d'un bide.

Dès le début du set, on remarque que le son est très bon, excepté cette voix un peu trop systématiquement noyée dans la reverb et assez lointaine. C'est sans doute à mettre sur le compte d'une certaine timidité du chanteur qui tout comme le reste de la bande semble très jeune (début de vingtaine). Plus à l'aise, le guitariste lâche et relâche quelques accords acérés mais souples tandis que le bassiste est partagé entre ses 4 cordes et un clavier duquel il tire des nappes mélodiques façon cold wave ou des sonorités plus cra-cra. Mais c'est surtout le batteur qui, à l’aide de ses rythmes tribaux, semble canaliser l’ensemble par sa justesse quasi métronomique de ses interventions, rappelant même, lors du dernier morceau, le mythique Wire. Le chanteur descend alors de l’estrade, pour occuper l'espace vide et amorce quelques pas de danse timides, mais sympathiques.

Des débuts prometteurs en tout cas pour ce quatuor à l'énergie juvénile qui, lorsqu'il aura pris davantage d'assurance, devrait refaire parler de lui.

Le temps d'une pause afin d'installer le matos pour la tête d'affiche et la salle s'est considérablement remplie. Madensuyu n’est pas encore la nouvelle hype underground belge, mais il commence tout de même à faire l'objet d'une certaine attention médiatique méritée, grâce à sa discographie. Un Ep et trois albums, dont l'excellent "D is done" et le dernier "Stabat Mater". Venus défendre celui-ci, le duo se partage le chant. L'un se réserve les drums alors que l'autre se charge de la guitare et se sert d'un clavier qu'il joue aux pieds à l'aide d'un pédalier midi. Et bien qu'ils restent assis tout au long du concert, on sent qu'ils dégagent une certaine présence. En intro du concert, des chœurs d'enfants installent une ambiance de recueillement avant de nous laisser rentrer dans le vif du sujet. Leur musique est à la fois nerveuse et tendue mais possède également un côté dramatique presque douloureux comme le suggère le titre de leur dernier opus, référence à un poème du XIIIe siècle évoquant la souffrance de Marie lors de la crucifixion de Jésus (poème qui servira plus tard d'inspiration à de nombreux compositeurs classiques comme Vivaldi, Schubert ou Verdi... mais aussi au duo electro-punk Sexy Sushi !) Mais rassurez-vous, il ne s'agit pas d'une célébration religieuse, même si l'écoute attentive du public pourrait le laisser penser ; ce dont s'amusera d'ailleurs le batteur dans un petit commentaire adressé en forme de clin d'œil. Heureusement, il y a aussi de la légèreté voire même un certain côté pop chez eux pour éviter de tomber dans le pathos et transmettre un côté accessible à l'ensemble. Et bien évidemment de l'électricité et une énergie presque chamanique dans ces rythmes et ces vocaux qui s'étendent d'une plainte rauque à une sorte de scansion indienne, les plumes et les peintures de guerre en moins. Une forte personnalité en tout cas se dégage de leurs compos et de la façon dont ils les interprètent, totalement pénétrés par leur art.

Ils interpréteront une bonne partie de "Stabat Mater", mais reviendront aussi sur l'elpee précédent pour le plus grand plaisir de ceux et celles qui les avaient découverts lors de la sortie de celui-ci (dont votre serviteur). Et après avoir quitté la scène une première fois, ils reviendront nous gratifier de plusieurs morceaux bien sentis et loin d'une quelconque obligation contractuelle... Un bon moment de partage et de sincérité que je vous invite à vivre tant que le groupe ne squatte pas encore les gros podiums.

(Organisation : Stuk)

 

 

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