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Gavin Friday - Het Depot
Suede 12-03-26

Austra

La Déesse de la Lumière plongée dans le 'dark'…

Dans la mythologie lettone, Austra est le nom de la Déesse de la Lumière. Originaire de la rive orientale de la mer Baltique, Katie Stelmanis, la chanteuse qui dirige la formation canadienne, mélange à la perfection cette lumière nordique et l'obscurité, le côté sombre des émotions et des atmosphères. Après avoir récolté un véritable triomphe au Vk*, en juin 2012, et accordé une prestation intimiste à Gand, au cours du même mois, mais un an plus tard, Austra revient ce soir dans une salle, comble, celle de l'Orangerie du Botanique, pour défendre son nouvel opus, "Olympia".

La scène est plongée dans une lumière bleutée. Des parasols blancs sont disposés à différents endroits du podium : éclairés de l'intérieur, ils constitueront l'élément de light show le plus notable, à côté de l'image de montagnes reproduisant celle de la pochette d'"Olympia », projetée à l'arrière-plan.

Sur les accords de "What We Done?", les musiciens entament donc le set. Ils sont tous habillés de blanc, sauf Maya Postepski, vêtue d’une blouse dorée. A côté de Katie Stelmanis, on reconnaît le bassiste et membre permanent Dorian Wolf ainsi que le claviériste Ryan Wonsiak. Grande surprise, les jumelles Sari et Romy Lightman qui assurent, en général, le rôle de danseuses et chanteuses 'backing vocals', sont absentes. Stelmanis avait prévenu qu'elles ne participeraient pas à toute la tournée, vu leur implication au sein de leur projet indie-folk Tasseomancy. Malheureusement, cette défection va se faire cruellement sentir tout au long de la prestation. Leur look très particulier de gitanes en costumes folk alternatifs et surtout leur présence scénique constituait, en effet, un atout incontestable lors du spectacle octroyé au Vk*. Un nouveau musicien figure par contre au sein du line up : un tromboniste ; sans doute Ewan Kay, qui a participé aux sessions d’enregistrement d’"Olympia".

La setlist est consacrée, à parts égales, aux deux long playings du combo. "Painful Like" et "Forgive Me", deux singles issus d'"Olympia", apportent une jolie impulsion de départ et Stelmanis est resplendissante dans sa robe blanche en satin. Elle glisse spontanément du micro, placé à l'avant de la scène, à son clavier Nord Stage, en virevoltant comme une petite fille. Elle l'a souligné dans une interview, les concerts de ce nouveau périple incluent beaucoup plus de parties interprétées en live, la programmation en Ableton leur permettant de modifier avec une plus grande flexibilité les séquences et les interventions des différents musiciens.

D'une façon générale, le son est bien équilibré et la batterie est assez discrète dans le mix, laissant une large place à la voix de Stalmanis. Celles des soeurs Lightman sont prises en charge par Maya Postepski, soutenue circonstanciellement par les backing tracks. Après "The Choke", un autre extrait du premier elpee déclenche les premières réactions d'enthousiasme au sein du public : "The Villain". Encouragée, Stelmanis vient s'agenouiller au-devant de l’estrade. Très concentrée sur son chant, elle accompagne chaque phrasé par des gestes des bras et des mains ; une technique qu'elle doit à sa formation. Rappelons que dans son jeune âge, elle a suivi des cours de piano classique et appartenait au Chœur d'Enfants de l'Opéra canadien. Malheureusement, au fur et à mesure que le concert évolue, on constate des problèmes de justesse, surtout sur "Lose It". Mais je me suis laissé dire qu'elle était malade, ce qui excuse tout à fait ces petites imperfections. De plus, elle a précisé en interview que sa voix est aujourd'hui légèrement plus grave qu'auparavant : elle devrait peut-être chanter "Lose It" un ou deux tons plus bas?

La belle ballade "Home", très bien accueillie par le public, ouvre le volet central, plus calme, de la prestation. Pour ceux qui ne la connaissent pas, la musique d'Austra est d'une intensité rare, croisement entre le lyrisme noir et mélancolique de Stelmanis et les rythmes tour à tour electro-dance, trance ou expérimentaux. Pour la voix, on pense à Kate Bush, Björk et Natasha Khan de Bat For Lashes, mais aussi aux chanteuses 'dark' comme Zola Jesus, elle aussi américaine originaire d'Europe de l'Est, Chelsea Wolfe ou Florence Welsh. Les arrangements évoquent tour à tour à New Order, Glasser, Anne Clark, Radiohead ou The Knife.

Les deux dernières compositions du set permettent au groupe de faire remonter la pression: "Lose It" déclenche des cris dans le public, surtout au moment où Stelmanis effectue la vocalise lyrique qui a rendu ce titre reconnaissable entre mille. Enfin retentissent les premiers sons électro de "The Beat And The Pulse" et par déduction, on imagine que la fin de parcours sera chaude... En effet, les fans sont en extase, les mains en l'air, pendant ce hit électro –en version longue– qui a cartonné sur les dance floors alternatifs du monde entier. Regardez la vidéo de ce moment unique ici 

Lors du rappel, Austra ne nous réservera pas "Annie (Oh Muse, You)" comme indiqué sur la setlist, mais bien l'excellent "Spellwork", suivi du lancinant "Hurt Me Now".

En quittant l'Orangerie, un sentiment mitigé nous envahit. Car la prestation a été, dans l'ensemble, moins puissante, moins irrésistible que celle accordée au Vk*, notamment à cause de l'absence des soeurs Lightman et surtout, de la nature, moins electro, de beaucoup de nouveaux morceaux. Austra n'en reste pas moins une formation exceptionnelle, offrant une musique d'une beauté désarmante, en tous points magique.

(Voir notre section photos ici)

La première partie était assurée par Crime, un duo berlinois composé de Mika Risiko (Sissters) et Sarah Adorable (Scream Club). Leur synth-pop expérimentale s’appuie sur leur Ep "Epiphany". Sur les planches, la carrure transgenre de Risiko impressionne. Sa voix, sorte de croisement entre Alison Moyet et Brian Molko, est étrange. Adorable est plus discrète. Tant aux claviers qu’au chant. Mais révèle, lorsqu’elle en a l’occasion, un joli timbre. Une prestation décalée, résolument originale, qui a autant intéressé les uns que franchement déçu les autres… (Et pour les photos, c'est )

Organisation: Botanique

 

Föllakzoid

Space Chili

Écrit par

Ce concert, on en parlait depuis des semaines dans la petite communauté d'amateurs de musique cosmique liégeois. Chacun y allait de son petit commentaire sur les réseaux sociaux pour tenter de convaincre. ‘Ne ratez pas ces Chiliens, l'album est formidable’. ‘Des Chiliens?...’ ‘Oui des Chiliens qui pratiquent le kraut-rock comme Can et en plus, ils sont sur Sacred Bones, un des meilleurs labels du monde’. Le lobbying semble avoir fonctionné. La salle (on devrait plutôt parler de pièce puisque il s'agit d'un living aménagé) est copieusement garnie pour accueillir Föllakzoid et sa première partie, les Gaumais d’Umungus.

Le trio Umungus constitue le parfait supporting-act. Il a récemment assuré la première partie des vétérans d’Acid Mother Temple, au Magasin 4, une formation légendaire du psychédélisme. Il nous plonge directement dans des atmosphères qui fleurent bon le psyché rock des années 70. Oscillant entre passages lents aux relents jazz-rock et chevauchées électriques, on est bluffé par la maîtrise technique. Plus Gong que Can, il offre en tout cas un solide set jamais indigeste. Le guitariste s'en donne à coeur joie et n'est pas avare en petits effets psyché de tous genres indispensables à ce style, mais suffisamment maîtrisés pour ne pas devenir superfétatoires. On apprécie également le travail du batteur sur les cymbales. Pas de réelles longueurs lors de ce set qui augure un bel avenir aux Luxembourgeois. Allez faire un petit tour sur leur page Bandcamp, vous ne serez pas déçus si ce type de musique recueille vos faveurs.

Quatre Chiliens chevelus à la mine un peu fatiguée s'installent alors sur scène. Follakzoïd a certainement publié un des albums kraut/space rock de l'année ("II") et se produit donc à Liège, au milieu d'une longue tournée européenne comptant une soixantaine de dates. Ils figurent également à l’affiche du Yellowstock Winterfest qui se déroulera le 30 novembre à Geel en compagnie, entre autres, de Dead Skeletons et Naam. Remarqués par ces grands talent scouts de Sacred Bones en 2009, suite à leur prometteur premier long playing, le combo a tout de suite trouvé sa place parmi leurs éminents collègues de label (Moon Duo et Psychic Ills notamment pour citer les plus proches musicalement, sans oublier leurs compatriotes d'Holydrug Couple).                                  

Le set démarre en douceur. Quelques minutes atmosphériques avant de se lancer dans les compositions les plus clairement kraut-rock du quatuor de Santiago ("Trees", "99"). Le fantôme de Can hante ces morceaux aux rythmiques et à la basse métronomiques. La voix spectrale, style Moon Duo, du chanteur/guitariste se pose sur cette autobahn musicale. On est à Cologne. En 72 ! Quelques notes de guitares, fatalement pleines d'écho, peuvent également évoquer Spacemen 3. Kraut-rock, space-rock, cosmic music, peu importe finalement. La musique plane sec et devient même presque dansante à l'apogée de ces très longues et évolutives plages.

Puis, curieusement, le groupe replonge dans des climats plus méditatifs et hypnotiques. Le public est moins attentif. Logique, c'est presque ennuyeux.

Certainement délectable au coin du feu mais pas franchement folichon à ce moment. Un dernier morceau mid-tempo ne parvient à nous replonger complètement dans la transe. Fin. Il n'y a pas de rappel. Les guitares sont déjà dans les housses. On regrettera donc un peu cette trame où le paroxysme est venu un peu tôt et où la fin était sans doute un rien mièvre ; mais on ne parlera pas pour autant de concert moyen. La plupart des gens présents ont apprécié et iront, si ce n'est déjà fait, jeter une oreille sur l'album. On aurait juste aimé que les parties plus débridées et expérimentales s'étirent un peu plus. En ce sens, le dernier morceau a offert un final explosif mais extrêmement court au regard de sa durée. En fait, on aurait apprécié que la formation propose un peu plus qu'une simple copie de "II", opus formidable mais finalement assez domestique. Vu leurs têtes à la fin du concert, il n'en avait peut-être tout simplement pas l'énergie. A revoir dans un cadre moins feutré, peut-être.

(Organisation : Jungle)

 

Josh Ritter

Josh le bienheureux…

Écrit par

Déjà responsable de 5 albums à ce jour, Josh Ritter, petit gamin de Moscow dans le très Midwest Idaho, a bien grandi et évidemment pris de la bouteille… C’est donc une salle copieusement garnie qui accueille ce chantre de l’Americana, le mardi 5 novembre, à l’Orangerie du Botanique. Peu médiatisée dans nos contrées, cette plume inspirée est pourtant, depuis quelques années, l’auteur d’une multitude de morceaux folk-rock racés de haute tenue, des compos qui récoltent un certain succès bien mérité dans son pays d’origine mais aussi en Irlande (où il était le protégé de Glen Hansard) et en Ecosse !

C’est sous une formule trio, accompagné de ses musiciens Zack Hickman et Austin Nevins, que Josh Ritter entame son show. Il affiche un large sourire qui ne le quittera pas de la soirée. Son groupe, modestement baptisé ‘The Royal City Band’, est impressionnant de justesse. Faut dire que dès les premières notes, on se rend compte que la sonorisation est absolument parfaite. Une entrée en matière idéale donc ! Zack Hickman affiche un look vintage. Ou old school, si vous préférez. A cause de sa moustache, mais également de son costard. Ses interventions à la contrebasse parviennent irrésistiblement à faire swinguer les compos, pendant qu’Austin Nevins, véritable virtuose, jongle aisément entre mandoline, banjo et guitare acoustique ou électrique. Josh communique énormément avec son public. Il avoue être lassé des concerts noyés dans l’électricité et se tourne volontiers vers les versions épurées de ses quelques hits folks, tels que « Snow is Gone », « Wings » ou « Me & Jiggs ». Un retour à la simplicité qui le pousse même à interpréter plusieurs morceaux ‘a capella’, juste devant la foule. L’artiste laisse transparaître toute sa bonne humeur à travers ses ballades americana **** étoiles. Rarement le public aura rencontré une brochette de musiciens si humblement heureuse de se produire au Botanique. Une bonne humeur tellement communicative qu’aucun spectateur ne verra passer l’heure quarante de prestation partagée entre émotion et joie de vivre !

Pour clôturer la soirée, un rapide rappel débute par un étrange morceau solo signé par le contrebassiste Zack Hickman, nous racontant l’histoire d’une pieuvre au don mimétique pourtant plongée dans la solitude (…) et se termine par une nouvelle version ‘a capella’ de « Kathleen », compo au cours duquel il est accompagné de ses musiciens et de Tift Merritt, la chanteuse de country américaine qui avait ouvert pour lui en première partie. Un ‘feel good’ concert de haute tenue !

(Organisation Botanique)

 

Suede

Epique…

Écrit par

Suede, vieille gloire britpop est de retour, ce vendredi 1er novembre, à l’Ancienne Belgique. Le groupe, qui avait été gratifié d’un prestigieux ‘Meilleur groupe anglais’ par feu le Melody Maker, en 1991, alors qu’il n’avait gravé qu’un single, s’était séparé de son guitariste, Bernard Butler en 1994, après la sortie de « Dog Man Star », somptueux album, considéré comme un classique des nineties. Richard Oakes avait ensuite rejoint le line up. Suede a cependant splitté en 2003, le temps de laisser à leur charismatique leader, Brett Anderson, de commettre 4 albums solo et de partir en tournée, dans la foulée. La formation décide néanmoins de se reformer en 2010, uniquement pour se produire sur les planches. C’est au départ, ce qui est prévu. Elle participe aux festivals et visite les salles entre 2011 et 2012 ; et finalement entre en studio. Alors que les Pixies et Blur peinent à concevoir un single, Suede 2.0 publie « Bloodsports » début 2013, un elpee particulièrement bien reçu par la critique, un disque digne des premiers long playings.

L’AB est pleine à craquer, ce soir de Toussaint. Le concert affiche sold-out depuis quelques mois. Le combo envisage d’immortaliser ce set sur un disque ‘live’, ce qui nous autorise à penser que la prestation sera épique… Et elle le sera…

Le show s’ouvre par « Europe is our Playground », une compo qui baigne dans une douceur presque sensuelle. « Barriers » opère le lien entre l’ancien et le nouveau répertoire. Une manière de bien équilibrer le tracklisting. Qui aligne ensuite des titres du dernier long playing. Des morceaux aux rythmes plus marqués. Le public est extatique. Brett danse de façon frénétique. « Snowblind » constitue le premier moment de grâce de la soirée ; et les ‘hoo hoo hoo’ résonnent majestueusement dans la salle. Quand retentit « It starts and ends with you », notre cœur se met à battre plus vite, et l’auditoire communique son enchantement en sautillant sur le parquet. « Filmstar », « Trash », « Animal Nitrate » s’enchaînent sur un rythme endiablé. Brett Anderson n’hésite pas à prendre l’un ou l’autre bain de foule. Le climat devient incandescent. On sent venir la petite mort, lorsque les paroles de ‘We all watch them burn’, tirées de « We are the pigs », se transforment en litanie hypnotique. « He is gone » rend hommage au père de Brett, décédé en 1989. Un moment de recueillement judicieux en ce 1er novembre. « Still Life » nous réservera le deuxième moment de grâce. Et Suede de clore les débats par une trilogie de morceaux incontournables, dont « So Young » et « Metal Mickey », qui figurent sur le premier opus (NDR : éponyme !) et « Beautiful Ones », extrait de « Coming up ». La foule entre alors en plein délire, jouissant pleinement du moment présent. Suede ne concèdera cependant qu’un seul rappel ; en l’occurrence « Hit Me », deuxième single issu du dernier LP.

J’ai rarement vu un public entrer dans une telle transe, à l’AB. En général, il reste statique ; mais pour la circonstance, il bondissait en cadence, fustigé par un Brett Anderson plus entertainer que jamais, un Brett se livrant même carrément à son auditoire, en allant plusieurs fois à sa rencontre, tout en continuant à chanter. On sent qu’il aime ce qu’il fait, qu’il aime être là. Une vraie belle soirée et assurément un des concerts à épingler pour cette année 2013…

(Organisation Live Nation)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

MS MR

La petite soeur de Florence...

Florence Welsh (Florence + The Machine) compte désormais une petite sœur ! Lizzy Plapinger et Max Hershenow forment le duo MS MR (prononcez ‘Miss Mister’). Elle et la célèbre Florence possèdent une voix aussi puissante et profonde, qu’elles magnifient au sein d’un univers à la fois sombre et lumineux... La musique de MS MR affiche cet aspect typiquement 'dark' et solennel, mais lorgne aussi du côté du trip-hop voire même de la pop commerciale. Originaire de New-York, MS MR compte à son actif un Ep mais il est surtout responsable d’un premier elpee, "Secondhand Rapture", dont la sortie a fait grand bruit, en mai 2013.

Près d'un an après s’être produite dans le Witloof Bar, la formation revient au Botanique, mais pour la circonstance, dans la grande salle, et à guichets fermés s'il vous plaît. ‘Last year we played in the basement, and this year, we're playing in the main hall: it's an upgrade for us!’ précise Lizzy Plapinger en début de set. Cette date est la première de leur tournée européenne. Elle fait suite à une série de concerts accordés en Amérique du Nord.

Ce sont évidemment les chansons de "Secondhand Rapture" qui constituent la majorité de la setlist, une setlist enrichie de deux reprises, soit un morceau des Arctic Monkeys ("Do I Wanna Know") et une compo de LCD Soundsystem ("Dance Yrself Clean"). D'emblée, nous sommes impressionnés par la présence scénique et le rayonnement naturel de Lizzy Plapinger. Sa chevelure teintée de bleu indigo et sa blouse noire ornée de broderies dorées scintillent dans la lumière et son sourire est comme un rayon de soleil. Dès le début, elle séduit grâce à son extraordinaire voix mais aussi par le sentiment de complicité qu'elle crée avec son public.

"Bones" constitue la tout première chanson composée par le duo et elle ouvre donc logiquement le spectacle. ‘Dig Up the Bones but Leave the Soul Alone’ s’avère déjà un refrain culte, immédiatement mémorisable, et toute la compo baigne au sein d’une sublime ambiance très symphonique, quasi tribale. On pense bien entendu à Florence + The Machine mais aussi à Lana Del Rey et à HAIM.

Sur les planches, Lizzy (MS) est épaulée par son partenaire, Max (MR), qui se réserve les claviers et 'backing vocals' ainsi que Zach Nicita à la batterie. Je n'ai pas reconnu le bassiste. Une chose est sûre, il ne s’agissait pas de Curtis Nystrom. Quant au son, il est tout simplement impeccable et la voix est parfaitement mise en valeur dans le mix ; ce qui est très important pour un groupe comme MS MR.

Après "Bones", "No Trace" prolonge l'ambiance symphonique tandis que "Salty Sweet" se distingue par ses accents soul et bluesy. La belle Lizzy se déhanche sur les rythmes endiablés de Zach Nicita et le public réagit avec entrain! "BTSK" marque la première pause du concert et le duo interprète cette touchante ballade côte à côte. "Fantasy" et "Think of You" révèlent ensuite le côté ouvertement 'mainstream pop' du duo et par moments, on pense à Katy Perry ou même Taylor Swift. Après la reprise des Arctic Monkeys et le très engageant "Head Is Not My Home", les New-yorkais nous réservent le très émouvant "This Isn't Control". Les sonorités de glockenspiel et de cordes synthétiques forment un écrin magique pour la très belle et mystérieuse mélodie. "Dark Doo Wop" et "Ash Tree Lane" prolongent la magie et révèlent toute la richesse des arrangements de MS MR.

Pendant la cover de LCD Soundsystem, Max Hershenow quitte son poste derrière les claviers et vient esquisser un pas de danse auprès de sa compagne au-devant de la scène, pour le plus grand bonheur des fans. ‘We have kept the best for the end’, annonce ensuite Lizzy, avant d’attaquer "Hurricane" (pour voir l'interprétation 'live' de ce titre, c'est ici), sans doute la plus belle composition du duo. Un rythme très syncopé, des harmonies délicieusement 'dark' et une mélodie lumineuse : c'est un hit imparable, tout en retenue et intelligence. Le groupe, qui n'accorde jamais de rappel, se retire ensuite définitivement, au grand dam des fans.

Au final, on a assisté à un superbe concert, chargé d'émotion et illuminé par un sincère plaisir de jouer. Seul petit bémol : le côté visuel était un peu pauvre surtout quand on sait que le duo accorde une grande importance à ses clips et au design. Enfin, la prochaine fois que ces petits génies reviendront à Bruxelles, il y a fort à parier qu’ils se produiront dans une très grande salle et pour un super show !

Malheureusement, je suis arrivé trop tard pour la première partie : Outfit, un groupe de Liverpool qui pratique une pop psychédélique très inspirée des 80’s et en particulier de Pink Floyd.

(Organisation : Botanique)

 

Mark Lanegan

Feutré, sombre et intimiste…

Écrit par

Ces mercredi 30 et jeudi 31 octobre, l’Ancienne Belgique et Flagey organisaient un double concert, pour accueillir, comme il se doit, Mr. Mark Lanegan. Une très bonne idée ! Le très prolifique songwriter a sévi (et parfois sévit encore) au sein d’une multitude de formations (Screaming Trees, Soulsavers, Mondo Generator et Queens of The Stone Age), outre ses innombrables collaborations (Kurt Cobain, Isobel Campbell, Melissa Auf Der Maur, …) Il se produisait donc au sein de la capitale pour défendre ses albums solos. Récemment, le natif d’Ellensburg (Washington), a pondu deux long playings. En un peu plus de 6 mois de temps, pour être plus précis. Un disque de reprises logiquement intitulé « Imitations » (NDR : il ne restera certainement pas dans les annales) et un autre en compagnie de Duke Garwood, « Black Pudding ». Ses derniers essais studios personnels remontent à 2012 (« Blues Funeral ») et 2004 (« Bubblegum »). Secrètement, on espérait qu’il puiserait sa tracklisting, au sein de ces deux oeuvres…

Pour assurer la première partie de Lanegan, le crooner à  la voix ‘bourbonnée’ avait invité, tout naturellement, le multi instrumentiste Duke Garwood, mais également le Bruxellois Lyenn. Cependant, il faut bien l’avouer, le public est clairement venu pour applaudir Mark Lanegan. Et il débarque vers 21h30.

Contrairement à ce qui avait été annoncé, le set de ce soir ne sera pas exclusivement unplugged. Certes on remarque la présence d’instruments à cordes (violoncelle et violon), mais Lanegan est également soutenu par un guitariste électrique et un bassiste. Si la salle n’est pas un havre de rock’n’roll, son acoustique est parfaite. L’ambiance est feutrée, sombre et intimiste. Tous les musicos sont vêtus de noir. Ce qui finalement n’est guère surprenant. Mark Lanegan porte des cheveux mi-longs et arbore sa traditionnelle barbichette. Dès qu’il empoigne son micro et se met à chanter, il éclabousse le spectacle de sa classe. Et son début de parcours est vraiment impressionnant. Il revisite une grande partie de sa carrière individuelle, nous réservant de superbes versions de « The Gravedigger’s Song » ou encore « When Your Number Isn’t Up », mais replonge également dans un passé plus ancien, à l’instar de « Halo of Ashes », morceau signé à l’époque de Screaming Trees (NDR : au sein duquel il a milité de 1994 à 2000), ainsi que celle vécue au sein de Soulsavers (« Can’t Catch the Train »). Il rend également hommage à feu Lou Reed, en interprétant notamment son « Satellite of Love ». Le public semble apprécier la performance. Et si on peut regretter que les plages de « Blues Funeral » m’ont paru avoir perdu en puissance, d’autres morceaux ont manifestement gagné en profondeur.

En organisant cette tournée, Mark Lanegan a voulu se démarquer de ses racines grunge et blues. C’est sa voix, pourtant reconnaissable entre mille, qu’il a mis en exergue ; et par là même sa facette la plus intimiste. Bien sûr, les amateurs de rock électrique auraient préféré un set plus énergique, mais ils ne peuvent lui contester un talent rarement égalé…

(Organisation : Ancienne Belgique et Flagey)

 

Willard Grant Conspiracy

Trop long et sans grand relief…

Écrit par

Fondé en 1995, Willard Grant Conspiracy ne compte plus que Robert Fisher comme membre permanent. Si au départ, son style est bien ancré dans le country/folk américain, WGC s’autorise régulièrement des incursions dans la pop, le psychédélisme et surtout le rock. Depuis 2002, Bob milite également au sein de The Transmissionary Six, en compagnie de Terri Moeller des Walkabouts, formation au sein de laquelle il tourne régulièrement. WGC se produisait ce soir au Botanique, pour défendre son dernier elpee, « Ghost Republic ». Il est vrai que le projet de Fischer ne rencontre pas un succès planétaire ; et pourtant, il est responsable de quelques long playings qui tiennent bien la route. Publié en 2006, « Let it roll » est ainsi un petit chef-d’œuvre. A contrario, ses essais sculptés dans l’americana manquent souvent de punch. Mais tout en préservant un paramètre : la qualité des lyrics. Et c’est sous un format dépouillé que WGC va nous livrer son set, dans une Rotonde qui compte une cinquantaine de spectateurs. Probablement des membres de son fan club… 

Physiquement, Robert Fisher ressemble à feu Carlos qui se serait laissé pousser la barbe et aurait troqué sa chemise à fleurs contre une veste en cuir. Sa carrure est impressionnante. Sur les planches, il est flanqué d’un violoniste. Le concert sera donc bien minimaliste. Les deux musiciens prennent place sur deux chaises placées au centre du podium. L’ambiance est détendue, tout le monde est assis sur les marches de la Rotonde. Ce n’est d’ailleurs pas plus mal, vu le climat au sein duquel nous allons être plongés…

Dès le premier morceau, le baryton de Fisher impressionne. Ténébreux, il résonne dans la Rotonde. Il est armé d’une gratte sèche et les interventions de son comparse au violon sont solides. En toile de fond, des projections défilent. Des images. Celles du désert de Mojave ou de villes étasuniennes abandonnées. Mais aussi des textes. Nous rappelant qu’après avoir séjourné quelques années à Boston, Robert est retourné vivre en Californie. De quoi permettre à l’auditoire de décoller. Une petite demi-heure cependant, pas plus. Car passé ce cap, l’attention des spectateurs se disperse et se rend compte que musicalement, Willard Grant Conspiracy tourne en rond. Si la voix du leader est irréprochable, son jeu de guitare est limité. Certes, pas besoin d’être un soliste de génie pour enflammer le public : mais trois accords, c’est tout de même un peu léger. En outre, au cours de sa prestation, jamais il ne haussera le ton. Pas la moindre bouffée d’excitation. Enfin, si en début de parcours, le jeu décousu et expérimental du violon bouleverse, trop rapidement l’effet de surprise s’estompe. Même le visuel se mord la queue. Au cours de l’heure et demie de spectacle (?!?!), les mêmes photos et les mêmes écrits seront projetés à 3 reprises. Pour rompre la monotonie du concert, on aura quand même droit à deux morceaux qui sortent du lot. Tout d’abord, lorsque le violoniste chante sa compo, pendant que Fisher exécute trois notes d’harmonica. Malheureusement, le songwriting n’est pas aussi brillant que celui de son partenaire. A cet instant nous avions quitté le désert, en nous imaginant autour d’un feu de camp, lors d’un camp scout. Le second a vraiment surpris tout le monde. Bob interprétant une compo a cappella. Et une telle performance dans la Rotonde, c’est classe !

Finalement, il est préférable d’écouter « Ghost republic » tranquillement chez soi, les paroles devant les yeux. Sa transposition en ‘live’ était trop longue, et manquait surtout de relief. Une petite déception !

(Organisation Botanique)

 

The Bollock Brothers

Une ambiance digne d’un stade de foot insulaire…

En ce tout début de congé de Toussaint, l’été indien joue les prolongations. La bonne humeur règne dans les rues de Bruxelles. Etudiants et touristes envahissent la ville. Mais c’est au cœur d’un endroit bien caché, le Beursschouwburg, que tout se passe ce soir. Sa superbe terrasse au cinquième étage offre une vue sur la Bourse et la rue Dansaert, ajoutant une belle note de convivialité…

Les Bollock Brothers ouvrent le bal. Les grandes frasques au placard. On retient le côté bon enfant et les souvenirs agréables des jeunes années de ce groupe. Une formation qui continue son parcours sans faire grand bruit. Il n’a jamais fait le buzz. C’est pas son truc. Un buzz, disparaît aussi vite qu’il n’apparaît… L’impression positive et accueillante se confirme au fur et à mesure que le set avance. Le petit tour d’horizon des singles (« Horror Movies », « Harley davidson of a bitch » et la reprise de « Pretty vacant » des Pistols) est un plaisir pour les oreilles. Autant de compos qui nous communiquent à nouveau des fourmillements dans les jambes. Et pas qu’à vos serviteurs, puisque le public commence à pogoter. Quel dommage que le service de sécurité n’ait pas été briefé sur le sujet (NDR : mais d’où sortaient-ils ??) Ces gros bras ont mis incompréhensiblement le holà sur une brochette endiablée, trop rapidement tuée dans l’œuf... Le line up du combo a subi quelques changements au fil du temps (NDR : suite notamment au décès du claviériste, Mark Humphries, en 2008). Mais finalement le band continue puiser aux sources du patrimoine écossais et irlandais. On a ainsi parfois l’impression d’être plongé dans l’ambiance d’un stade de football insulaire. D’ailleurs le leader Jock n’hésite pas à partager son stock de bières. Ou à nous vanter les mérites de notre équipe nationale, nous narrant sa rencontre avec Marc Wilmots lors du dernier match Belgique-Ecosse. Le kilt était de mise et seyait fort bien !

En deuxième partie de soirée, Holograms souffle un vent d’air frais dans une salle surchauffée. Des Suédois révoltés. Jeunes, très jeunes même. Une découverte pour Aida mais une confirmation pour Sébastien, qui n’avait pas hésité à plébisciter leur premier opus « Holograms », au quatrième rang de son top 20, pour 2012. Et le dernier né « Forever » devrait également y faire bonne figure. Une satisfaction d’assister enfin à un de leurs concerts, après deux annulations successives (NDR : à Dour le dimanche, et dans le cadre du Micro festival liégeois). On en a enfin des explications. Enfin, c’est ce que la rumeur colporte. Des difficultés financières. Un véhicule qui tombe en panne et reste bloqué plusieurs semaines en France. Des visas qu’on ne semble pas vouloir leur accorder pour effectuer une tournée aux States. Toute une série d’épreuves que le groupe a eue du mal à gérer. Le tout entraînant des conflits. Et puis, pas évident de trouver des solutions, quand on n’a plus un rond en poche.

Ce soir, ils sont enfin au rendez-vous. Le début de parcours est plutôt hésitant. Les nappes synthétiques ne parviennent pas à encore à se forger un caractère atmosphérique. Les réglages traînent en longueur. Et lorsque les balances sont enfin au point, le set en flèche, nous réservant quelques superbes envolées imprimées sur un rythme irrésistible. Holograms a le don de tirer parti des différents climats qu’il instaure au sein d’une même compo. Et de les faire vibrer. De nous faire vibrer. De les rendre homogènes sans qu’elles ne deviennent ni vraiment mélancoliques ni allègres. Tout n’est cependant pas parfait. Les vocaux sont intrigants. Parfois dérangeants. C’est ce qui nous autorise à penser que le groupe a encore une belle marge de progression. Néanmoins, l’énergie est communicative. C’est sans doute un paramètre que le groupe devrait davantage explorer. Enfin, je retiendrai surtout l’aspect émotionnel de leur prestation. Au cours de leur set, les 4 x 20 sont parvenus à faire passer leurs émotions. Et ça, c’est vraiment une performance…

Et si vous souhaitez jeter un coup d’œil à notre rubrique photos, c’est ici

 

 

 

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