Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

logo_musiczine

Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

The Wolf Banes - De Casin...
Hooverphonic

Simple Minds

Always ‘Alive and Kicking’

Écrit par

Simple Minds, un des groupes les plus emblématiques des années 80, est revenu à Forest National, ce 23 novembre, dans le cadre de son ‘Tour Greatest Hits+’, un périple qui fait suite à la sortie de sa nouvelle compilation « Celebrate », parue en mars, un disque sur lequel figure deux chansons inédites, « Broken Glass Park » et « Blood Diamonds ».

En pratiquant un cocktail de pop de rock et de new wave, ce groupe écossais formé à la fin des années 70 est aujourd’hui à la tête d’une discographie conséquente qui a généré une multitude de disques d’or et de platine. Ce soir ce groupe légendaire nous a gratifiés d’un véritable voyage musical à travers ses trente-cinq ans de parcours, en nous réservant ses meilleurs tubes comme « Alive and Kicking », « Sanctify Yourself », sans oublier « Don't You (Forget About Me) », considéré comme un classique des eighties.

Et cette plongée dans sa carrière artistique a démontré qu’il a profondément influencé la musique contemporaine.

En cet après-midi de novembre, le température est plutôt frisquette. Pas de quoi décourager les fans. Ils attendent dehors depuis quelques heures, afin de se dénicher une place de choix au sein de la salle. Le concert est sold out depuis des mois. Les portes s’ouvrent… Les aficionados se ruent dans l’antre de Forest. La plupart des spectateurs ont la trentaine, voire plus.

Le show commence à l’heure prévue. Jim Kerr et ses acolytes montent sur les planches et attaquent le « Broken Glass Park », avant d’affronter « Waterfront ».

Pour réchauffer la foule, rien de tel qu’« I Travel ». L’onde de choc est provoquée par la rencontre entre les nappes de synthés et la ligne de basse profilée par Charlie, pendant que Jim se démène comme un beau diable pour mettre une ambiance de feu.

Les titres se succèdent. Le public reprend en chœur « Promise you a miracle ». Les claviers épousent parfaitement le tempo. Tout comme sur « Glittering Prize ».

Jim s’accorde quelques instants de répit, lorsque Simple Minds attaque l’instrumental « Theme for great cities ». Faut dire que jusqu’alors, il s’est livré à fond.

« Someone, Somewhere in Summertime » fait vibrer l’auditoire surchauffé. Sa mélodie très sentimentale nous rappelle alors notre adolescence. On en reste bouche bée !

Malgré les années, Jim Kerr maîtrise parfaitement son répertoire. Il parvient encore à entrer en communion avec le public. Par contre, Charlie se montre plus réservé. Quoique charismatique, il préfère se concentrer sur son instrument. Et à la quatre cordes, il est toujours aussi balaise. Quant au drumming de Mel Gaynor, il allie précision et efficacité.

Lorsque le band aborde « Lovesong », le public devient euphorique. Il s’agit d’une des chansons les plus notoires de leur période post-punk. Et une des plus dynamiques accordées au cours du set.

Autre grand moment du spectacle, le tube « Don’t you (forget about me) ». Une ovation phénoménale s’élève de l’auditoire. Les spectateurs sont littéralement survoltés pendant l’interprétation de ce grand classique des Minds que Jim Kerr nous incite à fredonner.

Tout au long du spectacle, Jim prend un plaisir évident à jouer avec son micro. Il le balance, le triture, le cajole, le tourne vers ses fans, pour les inciter à l’accompagner.

En fin de parcours, « New Gold Dream » transforme la salle en une immense discothèque inondée de lumières psychédéliques.

Lors du rappel, les Minds nous livrent une intro instrumentale de « Speed your Love to Me ». A cet instant, c’est Andy Gillespie qui se charge des claviers. Le band embraie alors par « Sanctify Yourself ». La ferveur du public est à son paroxysme. Il chante. Se lève et balance les mains lorsque les musicos se lancent pour le dernier hit de la soirée. Une apothéose ! Démontrant, s'il le fallait encore, qu’ils sont toujours « Alive and Kicking ».

Ce véritable voyage à travers le temps nous a permis de revivre une époque au cours de laquelle le walkman déversait leur musique directement dans notre âme, et permettait de faire le vide autour de nous…

(Organisation Live Nation) 

Voir aussi notre section photos ici

 

 

Jake Bugg

Un secouriste de premier choix…

Écrit par

L’Aéronef est relativement bien garni, ce vendredi 22 novembre, pour accueillir le kid de Nottingham. De son véritable nom Jake Edwin Kennedy, Jake Bugg vient de sortir son second opus. Intitulé « Shangri-La », il fait suite à un éponyme, publié l’an dernier. Un disque pour lequel il a notamment reçu le concours du drummer de Red Hot Chili Peppers, Chad Smith, mais également de Rick Rubin à la mise en forme. C’est d’ailleurs au sein des studios du célèbre producteur que Jake a enregistré cet elpee. Son titre se réfère d’ailleurs au nom de son studio, sis à Malibu, en Californie.

Mais place tout d’abord à HoneyHoney. Le duo monte discrètement sur l’estrade. Ben Jaffe se charge de la batterie et de la guitare, tandis que Suzanne Santo se réserve les vocaux, alternant banjo, violon ou gratte sur les titres les plus perspicaces et engagés. Malgré sa silhouette de rêve, Suzanne n’a pas une voix exceptionnelle. Elle est même plutôt insipide. Et si le couple nous a proposé un cocktail de Jazz, Country, Soul, Pop, Rock et Prog, je dois avouer ne pas y avoir trouvé mon compte…

Vers 21h30, les lumières s’éteignent et Mister Bugg entre en scène. « There’s A Beast And We All Feed It » ouvre le bal. Pas de doute, la température de la salle va rapidement s’élever. Et pour cause, les applaudissements sont à peine terminés que « Trouble Town » embraie dans le même registre.

Jake Bugg affiche beaucoup de maturité malgré son jeune âge et on ressent très rapidement qu’il est adepte de la perfection. Il maîtrise complètement son sujet et captive très rapidement son auditoire, enchaînant pour troisième morceau, « Seen It All », instant choisi par les aficionados pour dégainer les smartphones. C’est aussi à ce moment que les jeunes filles, venues en nombre ce soir, entrent en hystérie (NDR : bonjour les oreilles !)

La selist du Kid est bien rôdée et équilibrée. Il alterne judicieusement passages acoustiques et solos électriques.

«  Slum Sunrise » est un titre qui me fait penser à Arctic Monkeys. A cause des riffs très recherchés et tellement efficaces ; mais on se rend compte que la voix de Bugg ne colle pas vraiment aux compos trop enlevées.

Heureusement «  Ballad Of Mr Jones » va réconcilier tout le monde. Son timbre si particulier colle bien mieux aux ballades folk, très old school.

Jake va cependant devoir stopper l’interprétation d’une de ses merveilleuses ballades, au beau milieu d’une d’entre elles, suite au malaise vécu par un spectateur. L’artiste est soucieux de son public. Il signale alors instantanément aux services de secours, l’endroit exact de l’incident. Avant de reprendre le cours de sa ballade, dès que la situation est à nouveau sous contrôle.

« What Doesn’t Kill You » achève le concert au cours duquel le Britannique a puisé dans ses deux long playings.

Il va encore nous réserver trois titres lors de son rappel. Tout d’abord « Broken », puis une cover du « Hey Hey, My My (Into the Black) » de Neil Young, avant de définitivement tirer sa révérence sur le très Cash « Lightning Bolt » !

Setlist :

There’s a Beast and We All Feed It, Trouble Town, Seen It All, Simple as This, Storm Passes Away, Two Fingers, Messed Up Kids, Ballad of Mr Jones, Country Song, Pine Trees, Song About Love, Slide, Green Man, Kingpin, Taste It, Slumville Sunrise, What Doesn’t Kill You

Encore : Broken, Hey Hey, My My ( Into the black ) ( Neil Young cover ), Lightning Bolt

(Voir la section photos ici)

 

 

Baths

Bug in the Baths bin

Écrit par

L'Américain Will Wiesenfeld aka Baths ouvrait l'édition 2013 de l'Autumn Falls. On était impatient de découvrir la version live de son deuxième album "Obsidian". Après avoir courageusement bravé la tempête sur l'autoroute et pataugé dans les énormes flaques d’eau entourant le Botanique, on espérait que le concert nous ferait oublier le stress et les pieds gelés. Pas de chance, le temps de se sécher et c'était déjà terminé. En effet, le Californien nous a gratifié d'un set d'à peine 50 minutes émaillé d'une série de problèmes techniques.

Lorsque nous pénétrons dans la salle, légèrement frigorifiés, nous avons la surprise de découvrir un gars en minishort de jogging affairé sur des branchements. ‘Waw, il a pas froid le technicien’ me souffle la photographe. Mais ce n'est pas un technicien, c'est Baths lui-même, lunettes de geek sur le nez, polo sans âge et chaussettes brunes sur vieilles baskets qui à l’aide de son complice de scène cherchent à brancher leurs laptops. Le concert commence en retard et Will Wiesenfeld nous annonce rencontrer quelques soucis techniques et ne pas être tout à fait certain d'assurer vocalement vu la fête qu'il a fait la veille et la fatigue d'une longue tournée. Après quelques tentatives de vocalises et un premier plantage qui me ruine le tympan gauche, le spectacle peut enfin démarrer.

L'Orangerie est bien remplie et on peut constater que Baths attire un public de tous âges (de 18 à 50 ans à vue de nez) : les jeunes devant, le téléphone greffé à la main, les vieux, à tronches d'intello, derrière. Très décontracté, l'artiste se fend régulièrement de quelques blagues qui font souvent mouche. L'assistance est bienveillante et préfère s'amuser des problèmes techniques. Pourtant, le son est loin d'être ‘topissime’ et le début de parcours plutôt bancal.

On est donc loin de la production ciselée des albums et les mélodies sont un peu mises à l'arrière-plan, noyées sous une tonne d'effets. Baths passe sans cesse d'un micro à l'autre et de son piano à son rack d'effets, samplant au passage sa voix et quelques notes de claviers. Cette technicité semblent impressionner l'assistance, moins votre serviteur. Les deux protagonistes s'en donnent en tout cas à coeur joie, se lançant dans des sortes de battles de rack d'effets et de boucles sonores. Certes, ces versions live sont bien plus pêchues, les beats sont lourds et les têtes balancent sur ces sonorités quasi IDM et ces rythmiques tantôt electro tantôt abstract hip hop ; mais l’ensemble manque quand même un peu d'émotion. La dimension nostalgique voire mélancolique des albums est assez peu présente hormis peut-être dans certaines parties vocales. Une voix qui, étonnamment, se fait presque hardcore dans les moments les plus endiablés. On ne s'attendait pas à ce genre de hurlements.

La fin du concert est plus convaincante. Des morceaux comme "Lovely Bloodflow", "Phaedra" et surtout "No Eyes" sont de vraies réussites. Mais c'est sur une impression mitigée et pour le moins frustré par la durée de la prestation que je quitte la salle. Les larges sourires affichés par les spectateurs, à la sortie, m’autorisent à penser que mon oreille meurtrie, mes chaussures engorgées et la perspective d'une heure et demie de trajet dans la neige fondante ont peut-être un peu biaisé mon jugement. Baths est juste un mec cool qui est parvenu à assurer son show, malgré les aléas techniques. Après tout, ce côté bricolé, qui peut passer pour du dilettantisme, est propre à l'écurie Anticon et le concert est bien dans la lignée de ceux des autres membres de ce formidable label auxquels j'ai assisté. Le talent n'est-il pas de proposer de la qualité sans avoir l'air d'y toucher ? En toute décontraction.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout + Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

Mount Kimbie

La muette de Mount Kimbie…

Écrit par

Depuis la sortie de leur premier album en 2010, « Crooks & Lovers », le duo londonien ne cesse de gravir les échelons. Une expérience acquise au fil des tournées, mais également suite à la réalisation de nombreux remixes pour leurs contemporains. Et notamment consacrés à Foals et The XX. Début 2013, la paire insulaire grave un deuxième opus intitulé « Sketch on Glass ». Un elpee plus pop que le précédent, mais surtout un disque immédiatement acclamé par la critique. Faut dire que le tandem avait bénéficié, lors des sessions d’enregistrement, de deux featurings accordés par le fameux King Krule. Pas étonnant, dès lors, que pour ce set, l’Orangerie affichait une nouvelle fois ‘complet’.

Après un supporting act anecdotique assuré par un autre duo, mais belge, en l’occurrence Palsembleu, les deux musiciens britanniques montent sur l’estrade et s’installent immédiatement derrière leurs machines. Il doit être alors plus ou moins 21 heures. Le set s’ouvre par deux morceaux de dubstep, histoire de plonger le public dans l’ambiance. D’ailleurs, percutées par les rythmes des basses, les têtes ne tardent pas à remuer. Les jeux de lumières sont placés dans le dos des musicos ; aussi on ne distingue seulement que leurs visages. Et on ne peut pas dire que le tandem réunisse des showmen. En outre, le premier quart d’heure de leur set ne casse vraiment pas la baraque, même si leur électro ne manque pas de charme. Heureusement, passé ce démarrage un peu laborieux, un drummer vient rejoindre le line up. C’est alors que Mount Kimbie décide d’attaquer les plages de son dernier long playing. Un opus résolument plus pop voire même rock. Et pour cause, Kai Campos empoigne alors une guitare, puis une basse, le tout alors en alternance, Dominic Maker finissant par l’imiter. Tout en laissant tourner leurs machines. A un certain moment, on se serait cru lors d’un concert de post-rock. Et manifestement pour jongler entre différents instruments, le duo est plutôt habile. Et à en juger par les réactions et les cris qui fusent dans l’auditoire, le public semble conquis. Faut dire que ce cocktail est alors bigrement efficace. Dommage que les deux artistes ne soient pas plus causants. Le discours s’est d’ailleurs réduit à quelques remerciements…

Mount Kimbie attache une importance primordiale à sa musique et la retranscrit parfaitement en ‘live’. Pour le plus grand plaisir des mélomanes. Par contre, question visuel et communication, il y a encore du pain sur la planche…

(Organisation Botanique)

 

Valerie June

L’année de la Méduse ?

Écrit par

Ce samedi 16 novembre, Valérie June revenait au Botanique, à l’Orangerie très exactement, quelques mois seulement après s’être produite à la Rotonde. L’une des révélations féminines de l’année est parvenue à conquérir tant le public féminin que masculin, grâce à son album « Pushin’ Against a Stone ». Ce n’est donc pas étonnant que le Bota affiche une nouvelle fois ‘complet’ ce soir.

Pour assurer sa première partie, la demoiselle a emmené un groupe issu du Missouri dans ses valises : le Ben Miller Band. Leur country-blues est une parfaite mise en bouche. Un avant-goût de l’atmosphère sudiste qui va baigner la salle, toute la soirée. Aussi, lorsque le trio vide les lieux, après avoir accordé un set irréprochable, la température est déjà montée de quelques degrés.

Lorsque la native de Memphis (NDR : c’est dans le Tennessee) monte sur l’estrade, un fan lui adresse un ‘I love you’ évocateur. Faut dire que la jeune femme possède plusieurs cordes à son arc. Outre son talent de chanteuse et de musicienne, Valérie June Hockett est vraiment charmante. Luxuriante, en forme de méduse (NDR : référence à l’une des trois Gorgones, dans la mythologie grecque), sa chevelure impressionne. Elle est vêtue d’une robe pailletée et d’un pantalon qu’elle ôtera au cours du concert, sans doute accablée par la chaleur qui règne dans la salle. Elle est soutenue par deux musiciens qui maîtrisent parfaitement leur sujet. Le premier se charge des fûts. Le second est partagé entre guitare, violon et violoncelle. Quant à l’Américaine elle passe aisément de la guitare acoustique à l’électrique ou du banjo à la mandoline. Enfin, son timbre nasillard est en tous points pareil à celui de l’elpee. Pendant, une heure et dix minutes, elle va interpréter la majorité des plages de son dernier opus, tels que les magnifiques « You can’t be told » ou encore « Somebody to Love », mais également de nouvelle chansons. Elle fait cependant l’impasse sur les compos qui nécessitent un line up plus étoffé, à l’instar du morceau gospel « Wanna be on Your Mind ». Entre chaque titre, outre les remerciements habituels, Valérie June prend le temps de discuter avec son public, racontant des histoires de famille, … Elle partage son plaisir d’être sur scène et le public est aussi réceptif que ravi.

Toujours dans le même état d’esprit, après le concert, elle improvise une séance d’autographes, et n’hésite pas à tailler une bavette avec l’un(e) ou l’autre mélomane. Quelle belle humilité pour une artiste aussi talentueuse !  

(Organisation Botanique)

 

Nick Cave

He's a god, he's a man, he's a ghost, he's a guru

Écrit par

Une rapide inspection de ma mémoire se solde par un constat effarant.
La dernière fois que j’ai assisté à un concert de Nick Cave, c’était il y a déjà dix-sept longues années.
Oui. Dix-sept ans.
Un concours de circonstances heureuses et je fonce vers Esch-Sur-Alzette, en cette soirée qui sent déjà le début de l’hiver.
La Rockhal
est encore une des dernières salles à permettre de profiter d’un live de grande envergure dans des conditions optimales.
Malgré une foule de fans, le confort reste idéal et c’est un luxe par rapport à certaines autres installations.
L’endroit propice pour retrouver cette légende vivante après autant de temps.
Nick Cave m’a toujours impressionné. De par son aura, de par son talent, de par son insatiable gourmandise au travail.
Si mon admiration s’était quelque peu estompée, suite à la publication d’œuvres un peu trop anecdotiques voire moins inspirées (NDR : exception qui confirme la règle, le projet parallèle baptisé Grinderman), « Push The Sky Away », paru cette année, avait sensiblement ravivé la flamme de ma passion.
Et si par malheur, j’avais oublié quel incroyable monstre de scène l’Australien incarnait, et bien il s’est chargé de me le rappeler ce soir. Une gifle énorme assenée par sa main rouge, laissant la marque de la bête sur mon visage cramoisi.

Toujours impeccablement sapés, Nick et ses mauvaises graines s’emparent de la scène. Et dès les premiers instants de leur set, les fans agglutinés à leurs pieds sentent déjà le souffle brûlant de cette atmosphère qui va bientôt consumer l’auditoire.

Entamant leur parcours par deux perles du dernier album en date, à savoir « We No Who U R » et « Jubilee Streeet ».

Un début en douceur, mais qui prélude déjà la rage contenue ne demandant qu’à exploser.

Un orage qui ne tarde pas à venir cambrer la silhouette de Warren Ellis, comme agité de spasmes électriques ainsi que son violon transformé en guitare, éructe ses notes magiques sur « Tupelo »

On ne dira jamais assez combien Monsieur Cave sait s’entourer de personnages se comportant comme de véritables révélateurs de tout son génie.
Mick Harvey ou Blixa Bargeld hier, Ed Kuepper ou le phénoménal multi-instrumentiste à la longue barbe mystérieuse aujourd’hui.

Et de plus, nul homme sur terre n’est à mon sens capable de tirer de telles complaintes fiévreuses d’un violon.

Tandis que celui-ci échange son instrument fétiche contre une flûte traversière, une « Red Right Hand » jette son ombre sur les murs de la salle.

Une apogée cyclonique qui se prolonge dans l’immuable « From Her To Eternity ».

Un déchaînement rageur qui nécessite forcément une accalmie, de sorte à contraster violement et laisser l’ex-Birthday Party nous démontrer, si besoin était, qu’il maîtrise parfaitement les deux extrémités du spectre.

Chuchotements et caresses vocales viennent donc grossir les cœurs sur « Into My Arms » après avoir été déposées par un vibrant « West Country Girl ».

Insistant auprès de son public pour cueillir l’une ou l’autre proposition, le groupe entame alors « Sad Waters » puis enchaîne par « God Is In The House ».

Alléluia ! L’univers s’est rétréci et s’est lové autour de nous.

Il lui faut donc retrouver sa place initiale ou tout du moins ses infinies proportions, alors Nick Cave attaque « Higgs Boson Blues »

Maître du temps et de l’espace, il se jette alors tête en avant dans une version enflammée de « Mercy Seat » tandis que son compère Ellis balance une énième fois son archet dans les airs à la fin du morceau.

« Stagger Lee » et « l’introspectif « Push The Sky away » viennent clôturer la première partie du concert de Nick Cave & The Bad Seeds

« Give Us A Kiss » largue de nouveau les amarres, mais le navire australien n’accordera plus que trois escales supplémentaires.

L’incontournable « Do You Love Me », le poignant « Weeping Song » et le vénéneux « Jack The Ripper » viennent alors clôturer ce voyage fantastique.

Le choix des chansons aurait pu être plus pertinent pour le vieux fan que je suis, mais il n’en demeure pas moins que la prestation de ce soir m’a définitivement et absolument rendu impatient de revoir ce monstre sacré.Et dire que je ne puis me rendre à Anvers, ce lundi…

(Organisation : L'Atelier)

 

Volcano Choir

Gospel/Grace

Écrit par

Mobilisation relativement faible pour la première apparition de Volcano Choir sur nos terres. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. En tablant sur l’accroche ‘Volcano Choir featuring Justin Vernon of Bon Iver’, le Botanique et le Cirque Royal espéraient certainement cocher toutes les cases du tableau de réservation. Mais c’est au final dans un Cirque Royal rétrogradé à son format ‘Medium’ que le barbu et ses idoles se sont produits, devant un public plus attentif que jamais.

Et quel bonheur, ce public ! Certes, les balcons du second étage se sont vus condamnés pour la soirée, suite à la vente faiblarde des tickets. Ce qui n’a pas découragé Volcano Choir, formation réunissant Justin Vernon et les six membres de l’une de ses formations fétiches, Collections of Colonies of Bees. Les sept musiciens ont offert un set majestueux devant un parterre des plus respectueux.

Dès l’entame, vers 21h, le Cirque Royal plonge dans un silence religieux. Justin Vernon se place derrière son pupitre dissimulant les textes des morceaux de la troupe ainsi que sa loop station. Les six CCOB s’installent derrière leurs instruments et le spectacle démarre sur « Tiderays », entame du second LP, « Repave ». S’ensuivent une heure et quart de pur ravissement, étayée par des versions sublimées de « Island, IS », « Acetate », « Bygone » et autres « Comrade ». Un set ponctué de trois nouveaux morceaux, dont « The Agreement » et « Valleyonaire », s’emboîtant parfaitement à l’ensemble.

Et toujours, ce silence salvateur entre ET pendant les morceaux. Aaah, le plaisir d’écouter un concert sans parasitage ! Les applaudissements, plutôt timides en début de parcours, enflent à la même mesure que l’intensité de la performance. La formation semble ravie. Ça tombe bien, nous aussi. Puis interviennent ces grands moments de grâce, « Alsakans », « Dancepack » et, en fin de set, une superbe version de « Still », morceau incorporant les textes du « Woods » de Bon Iver et extrait du –je ne le dirais jamais assez– génialissime « Unmap ».

La cohésion de groupe n’était pas nécessairement évidente en début de set, mais le septuor est parvenu, au bout de quelques morceaux, à faire oublier le côté ‘featuring Justin Vernon of Bon Iver’, qui aurait pu ébranler la solidité du show. Le Volcano Choir remballe ses bagages après avoir accordé un joli rappel consacré aux intenses « Youlogy » et « Almanach ».

Simplement superbe !

(Organisation : Botanique)

 

Unknown Mortal Orchestra

Eblouissant !

Écrit par

Unknown Mortal Orchestra est un groupe réunissant le chanteur/guitariste/compositeur néo-zélandais Ruban Nielson (NDR : ex-Mint Chicks) et une section rythmique de nationalité étasunienne, à savoir le bassiste Jack Portrait et le drummer Riley Geare. Et le trio est établi à Portland, dans l’Oregon. Il se produisait à l’Ancienne Belgique de Bruxelles, ce mercredi soir, dans un Club sold out. U.M.O. est devenu un des fers de lance du néo-psychédélisme. Disons plutôt du psychédélisme contemporain, même si le band puise allègrement son inspiration dans les sixties, ce courant revenant cycliquement à la surface. Après avoir assuré le supporting act de grosses pointures comme Liars ou Grizzly Bear, la formation tourne aujourd’hui comme tête d’affiche. Responsable de deux elpees, sobrement baptisés « I » et « II », elle vient de graver un nouvel Ep intitulé « Blue Records ». Et on était impatients de découvrir les morceaux de cette dernière plaque…

En première partie, les organisateurs avaient invité un jeune combo batave. Issu d’Eindhoven, très exactement. Mozes and The Firstborn. Sur les planches, les quatre chevelus s’en donnent à cœur joie. Leur indie-rock est bien foutu. Les Néerlandais maîtrisent parfaitement leur sujet. Ils s’autorisent même quelques écarts en pseudo freestyle, mais retombent toujours sur leurs pattes. Une bonne surprise comme mise en bouche avant de passer aux choses sérieuses.

Vers 21h, Ruban Nielson monte sur l’estrade. Il a enfilé une veste qui va lui rester sur le dos tout le concert, alors que dans la salle, la température est caniculaire. Une première prouesse ! Barbu, Riley Geare se contente d’un marcel, et s’installe derrière ses fûts alors que Jacob Portrait va se planter à gauche de la scène. Unknown Mortal Orchestra entre directement dans le vif du sujet et attaque même plusieurs compos récentes. Ruban Nielson torture sa Fender Jaguar pour en extirper des sonorités plus hallucinées les unes que les autres. A chaque titre ou presque, le band s’autorise des envolées improvisées. Mais les musicos sont tellement complémentaires, que sans se regarder, et instinctivement, ils retrouvent le fil conducteur. Si les parties de guitare sont impressionnantes, celles du batteur m’ont totalement sidérées. Difficile de croire qu’il n’utilise que ses deux bras et ses deux jambes. Et où va-t-il chercher sa résistance pour maintenir un drumming si enlevé, aussi longtemps. Tout individu à la constitution normale, souffrirait de crampes après trois morceaux ! C’est même tout bonnement hallucinant ! (NDR : terme judicieux vu le style musical proposé). Evidemment, dans ces conditions, comment voulez-vous que le bassiste tire son épingle du jeu. En fait, il se charge de baliser le tout. Le groupe va puiser dans tout son répertoire, épinglant au passage le remarquable « How Can Yo Luv Me », fruit de la rencontre entre psychédélisme et soul. Déjà une heure qu’Unknown Mortal Orchestra est sur les planches. On n’a pas vu le temps passer. Le public est aux anges. Mais qu’il est difficile de revenir sur terre après avoir vécu un voyage sonore aussi éblouissant…

(Organisation Ancienne Belgique)

 

Page 89 sur 154