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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Dernier concert - festival

Hooverphonic
Epica - 18/01/2026

White Fence

De l’autre côté de la barrière blanche…

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Soirée garage ce 4 décembre 2013 au Vk* de Bruxelles, puisque se produisent, dans le cadre de l’Autumn Falls, Mountain Bike, Night Beats, White Fence et Ty Segall. Sachant que les hostilités commencent à 19h45, Ludo et votre serviteur décident de prendre la route suffisamment tôt. Pas de souci, on débarque à Molenbeek, vers 19h20. Mais fâcheux contretemps, trouver une place de parking est une véritable galère. Après avoir sillonné les artères en long et en large, on déniche finalement un emplacement, chaussée de Mons. Un peu de marche, et il est 20h10, quand on pénètre au sein du Vaartkapoen…

Malheureusement, vu l’heure d’arrivée, on n’a pu assister au concert de la formation belge Mountain Bike. Alors place à Night Beats. Un trio établi à Seattle qui a publié son deuxième elpee cette année, « Sonic Bloom ». Référence à Sonic Boom, pseudo de Peter Kember, le cofondateur de Spacemen 3 ? Probablement. Mais dans les grandes lignes, car si le band puise son inspiration dans le psyché garage, il lorgne surtout vers The 13th Floor Elevators. Encore que les sonorités de guitare me font parfois penser au groupe insulaire Gun, un combo qui avait gravé un hit en 1968, « Race with the devil ». Les trois musicos portent des cheveux longs comme à cette époque. Et fatalement, leur musique trempe dans le revivalisme de cet acabit. Les moments les plus mélodiques sont vraiment bien ficelés et la basse peut se révéler hypnotique. Le drummer frappe comme un malade ; si bien que régulièrement un roadie doit venir remettre son matos en place, parce qu’il se disloque. Malheureusement, les envolées acides manquent quand même de fil conducteur et on se demande parfois où elles veulent nous conduire. Paraît que sur disque, le trio offre un visage plus séduisant. Bref, s’il a manifestement du potentiel, il doit encore bosser pour vraiment s’imposer dans le circuit.

White Fence, c’est le projet de Tim Presley. On raconte qu’il serait issu de la famille du King. C’est à vérifier. Une chose est sûre, il est aussi prolifique que Ty Segall. Les deux artistes sont d’ailleurs très amis et ont enregistré ensemble un album, « Hair », l’an dernier. Depuis 2010, il a d’ailleurs publié six elpees, sans compter les Eps et les collaborations diverses. Sur les planches, il est soutenu par un bassiste coiffé d’une casquette de marin, d’un drummer et d’un second gratteur qui caresse une douze cordes à manche scié le plus souvent à l’aide d’un bottleneck ; il est, en outre, également préposé aux bidouillage électroniques. Un peu timoré, malgré des paillettes autour des yeux, il communique l’aspect space rock aux compos. Tim arbore un coupe de cheveux plutôt mod. Il porte un pull blanc torsadé et tient sa guitare très haute sur la poitrine. Honnêtement, je dois avouer avoir éprouvé des difficultés à entrer dans leur set. D’abord la voix de Presley n’est pas assez mise en valeur à mon goût, et puis il y a ces brisures constantes dans le rythme qui ne facilitent pas l’accroche. Pourtant, après 20 bonnes minutes, je perçois le fil conducteur. Enfin s’il y en a un. En fait, le franc tombe. Le spectre du Velvet Underground apparaît. Et tout se clarifie. La barrière blanche tombe alors, si vous préférez. Mais si les mélodies sont bien présentes, elles éclosent entre les envolées expérimentales. Manifestement, White Fence est un groupe underground, et pour apprécier sa musique en ‘live’, il est indispensable d’en écouter d’abord ses disques…

Lors du concert conjugué de Kurt Vile et de Scout Niblett, on m’avait mis la puce à l’oreille. Ty Segall et ses acolytes se produiraient assis. Et lors de l’installation du matos, cette rumeur se confirme. Un drummer s’installe de profil, à droite. Son kit de batterie est minimal : une caisse claire, un tom basse et une cymbale. A gauche, se plante un bassiste. Et au milieu Ty Segall et Sean Presley (NDR : le frère de l’autre ?) aux grattes acoustiques électrifiées. Ces deux musicos chantent et ce dernier se met parfois à siffloter. Quand ils conjuguent leurs voix en harmonie, il faut avouer qu’il y a de quoi tomber sous le charme. Curieux de se produire sous cette configuration, car les compos ont la pêche. La première partie du concert privilégie les titres du dernier opus, « Sleeper ». Segall court même prendre la place du batteur pour « The man man ». Souriant, Ty a un physique qui me fait penser à celui de Kurt Cobain. En plus enveloppé. Il secoue régulièrement sa tignasse en grattant son instrument. Les deux sixcordistes y sont impressionnants de maîtrise. Leur manière d’électrifier leurs cordes acoustiques à l’aide des pédales est absolument épatante. Et le quatuor finit par libérer un groove dévastateur. Simplement, Ludo, notre photographe et votre serviteur sont collés contre l’estrade. Or les mouvements de foule commencent à s’amplifier. Les gobelets de bière à voltiger. Le crowdsurfing s’invite aux réjouissances, mais surtout les bousculades débridées. Ca pogote sec, certains spectateurs manquent d’être piétinés dans la cohue ; mais sous les coups de boutoir, nos vertèbres commencent à encaisser. Une situation qui nous force à battre en retraite. Or, vu la hauteur du podium et l’affluence (NDR : c’est sold out, donc il doit y avoir 600 spectateurs), on ne voit plus rien. On entend, c’est chouette, mais le concert n’a plus la même saveur. Il y a bien eu un rappel et puis, on a vu deux fans ressortir avec la guitare que Ty leur avait offerte. Sympa. Sauf pour les conditions du spectacle. A revoir dans d’autres circonstances…

Autumn Falls

Mountain Bike + Night Beats + White Fence + Ty Segall

(Organisation Vk* + Toutpartout + Heartbreaktunes)

Voir aussi notre section photos ici

 

Naked (In A Sphere)

Périple visionnaire au cœur de la terre des glaces…

Écrit par

Plus ou moins un an après la sortie de son premier album, « Dyro í dauoapögn », Ásgeir nous rendait visite au Botanique. Prévu initialement au Witloof Bar, les organisateurs ont certainement été surpris par la rapidité de ventes des places ; à tel point qu’ils ont dû déménager le spectacle à la Rotonde. Même l’Orangerie n’aurait sans doute pas été assez spacieuse pour accueillir le nombre de demandes. Personnellement, je n’avais jamais vu la Rotonde bondée à ce point. Il faut croire que les organisateurs avaient surévalué le nombre de tickets disponibles !

La tâche ingrate de la première partie était, ce soir, dévolue à la Norvégienne Karian Jahnsen, alias Farao. Avant de me déplacer, j’avais écouté furtivement le premier album de la Scandinave et pour une fois, son electro-folk paraissait valoir le coup. C’est donc plein d’espoir que je suis entré dans la Rotonde. Malheureusement, j’ai vite déchanté. Plantée au milieu de l’estrade et armée d’une guitare, elle est uniquement soutenue par une claviériste, par ailleurs choriste. Malgré une voix douce et harmonieuse et des lyrics certainement dignes d’intérêt, la jeune artiste ne parvient pas à donner du relief à ses compos ; si bien qu’au bout de deux, voire trois titres, on décroche. Entièrement consciente des limites de la formule duo, Farao annonce qu’elle partira bientôt en tournée, accompagnée d’un véritable groupe. On n’attend donc plus que son nouveau projet prenne forme…

Durant l’intermède, (presque) personne ne quitte la salle de peur de perdre les quelques centimètres conquis de haute lutte. À 21h, les lumières s’éteignent et un chant traditionnel islandais retenti. Le band monte ensuite sur scène. Apparemment, la barbe est de mise ; et on attribuera une mention spéciale au batteur. Ásgeir Trausti Einarsson (NDR : c’est son véritable nom !) s’installe au centre du podium, debout, derrière ses claviers. Il est entouré par deux autres barbus, également préposés aux claviers, et par un guitariste, imberbe ce dernier. Ásgeir entame son concert par quelques morceaux trempés dans l’électro-folk, des titres empreints de douceur contemplative, comme seuls les musiciens originaires d’Islande sont capables d’en pondre ; à l’instar de Sigur Rós, d’Olafur Arnalds ou encore de Mùm. Paisible, sa voix évoque Justin Vernon voire James Blake. Il interprète la quasi-intégralité du répertoire dans sa langue natale, malgré l’existence de versions anglaises qui circulent depuis que John Grant en a opéré la traduction. Evidemment, peu de mélomanes sont capables de l’accompagner au chant. Ils se comptent même sur les doigts d’une main. Sa facilité à monter dans le registre des aigus est impressionnante. Sous son bonnet, le songwriter semble timide. Entre chaque morceau, il se contente de saluer et de remercier l’auditoire. Le groupe nous réserve encore quelques compos sculptées dans un folk-rock plus classique, débarrassées de toute trace d’électronique. Ce n’est qu’à partir de la seconde moitié de set qu’Ásgeir passe à la vitesse supérieure en attaquant des morceaux plus captivants, construits en crescendo. De quoi faire frissonner la foule. Ásgeir a confirmé tout le bien que l’on pouvait penser de lui. Subtil, mélancolique et bouleversant, son set nous a permis de vivre un périple visionnaire au cœur de la terre des glaces… 

(Organisation Botanique)

 

 

Kurt Vile

Ne pas perdre les pédales…

Écrit par

La prévente relative à la double affiche réunissant Scout Niblett ainsi que de Kurt Vile & The Violators n’ayant pas obtenu le succès escompté, le spectacle a dû déménager à l’Orangerie du Botanique. Bref, il était donc logique que la salle soit bien garnie pour accueillir ces artistes.

Originaire de Nottingham, Scout Niblett est depuis peu quadragénaire. Elle s’est installée au States en 2003 et s’est fixée à Portland, dans l’Oregon, deux ans plus tard. C’est d’ailleurs au début de ce millénaire qu’elle a véritablement entamé sa carrière. Responsable de 6 albums à ce jour, son dernier « It's Up to Emma » est sorti en mai dernier. Au cours des dernières années, elle beaucoup bossé en compagnie de feu Jason Molina, Bonnie ‘Prince’ Billy et Steve Albini, ce dernier comme producteur. C’est aussi une passionnée d'alchimie et d'astrologie. C’est d’ailleurs un des thèmes de ses lyrics. A ses débuts, elle pratiquait une forme de blues indé, avant de glisser progressivement vers un post punk minimaliste.

Kurt Vile est étasunien. Et il nous vient très exactement de Philadelphie, en Pennsylvanie. Avant d’embrasser une carrière individuelle, il militait chez War on Drugs, formation qu’il a quittée en 2005, cédant alors le relais du leadership à Adam Granduciel. Vile en solo, ce n’est pas tout à fait vrai, puisqu’il est soutenu par un backing group qu’il a baptisé The Violators, en 2009. Et jusqu’au pénultième elpee, Granduciel était encore de la partie. A la guitare, mais parfois aussi à la production. Paru cette année, « Wakin on a Pretty Daze » constituera certainement un des albums de l’année. On était donc curieux d’assister à sa transposition en ‘live’…

Il est 20 heures pile, quand Scout Niblett monte sur l’estrade. Seule. Juste armée de sa guitare. Et on peut affirmer qu’elle est curieusement fagotée. Elle dépose son sac à dos à ses pieds. Des grands pieds, puisqu’elle doit chausser du 47 fillette. Mais ses chaussures sont trouées, il faut le préciser. Elle a enfilé des chaussettes de laine rouge jusqu’au genoux. Et puis a revêtu une robe qui doit sortir de la garde-robe de son arrière arrière grand-mère. Elle a cependant un joli minois. Pas très souriante, quand même, elle a piqué une fleur rouge, dans ses cheveux, au-dessus de son oreille droite. A partir du second morceau, elle est rejointe par un drummer. Excellent, mais aux interventions à la fois parcimonieuses et percutantes. Puis du troisième titre, par un guitariste, tout aussi discret, mais dont les petites touches nuancent judicieusement les compos. En fin de parcours, il va prendre de plus en plus de place, notamment sur les morceaux les plus musclés. A la limite du grunge. Pas pour rien qu’elle cite Nirvana, Sonic Youth et Mudhoney, parmi ses influences majeures. Pourtant, tout au long de son set, je n’ai pas cessé de penser à PJ Harvey. Et en particulier à l’époque de « To Bring You My Love ». A cause de cette tension constante, qui va aller crescendo. Et puis de son style dépouillé, sauvage, viscéral, la voix campant plutôt un hybride entre Cat Power et Kim Deal, malgré des intonations parfois terriblement violentes. A l’instar de « Gun », morceau au cours duquel on a l’impression qu’elle est prête à se procurer un fusil pour régler ses comptes. Ses hurlements font même froid dans le dos. Probablement le résultat de problèmes de couple. Franchement, à la place de son mec, je m’exile au fin fond de l’Amazonie… Et pour accentuer cette impression, les coups de drums claquent comme de véritables balles. Meurtrières, implacables. Avant d’entamer le dernier titre, Emma Scott esquisse un léger sourire. Nous avoue être malade depuis quelques jours (NDR : elle a probablement chopé une bronchite), puis reprend son sac à dos et tire sa révérence. N’empêche on a vécu un excellent concert…

21h30, les lumières s’éteignent et les haut-parleurs diffusent un titre des Happy Mondays. Puis, Kurt Vile et ses Violators prennent possession de la scène. Kurt et son guitariste rythmique arborent une chevelure impressionnante, celle du drummer et du bassiste s’arrêtant au-dessus des épaules. Kurt change de gratte à chaque morceau. Et manifestement aux six cordes acoustiques, il est particulièrement habile. En se servant d’un tapis de pédales, il dissémine des sonorités élégantes, psychédéliques, en picking, torturées ou encore scintillantes. Il est même capable de dispenser des accords en ‘barré’ à l’aide de son pouce, comme Jimi Hendrix. Impressionnant ! Il tâte aussi de la gratte électrique ; mais il me semble bien moins à l’aise. Si bien qu’au début d’un morceau, il lâche son manche, empoigne le micro pour chanter, puis ne sait plus où il en est, regarde ses pédales et interrompt la chanson. Il récidive et se plante une seconde fois sur le même titre. Finalement, il en revient à une guitare acoustique et rétablit la situation. En fin de set, il reprendra la gratte électrique, mais sans se servir de ses pédales, preuve s’il en est que l’artiste est bien plus à l’aise armé d’une acoustique électrifiée, voire d’un dobro. En milieu de parcours, il va même nous réserver deux titres ‘unplugged’, « Peeping tomboy » et « Feel my pain ». Remarquable ! Vocalement, Kurt a un peu trop tendance à laisser traîner la voix ou alors à la tremper dans la reverb. Pourtant son timbre est aussi chaleureux et profond que celui de Lloyd Cole. C’est tout à fait flagrant sur disque, mais pourquoi ne profite-t-il pas de cet atout majeur sur les planches ? La question mérite d’être posée. Au fil du show, le second guitariste et le bassiste s’échangent leurs instruments, ce dernier en profitant alors d’injecter davantage de vibrato dans les sonorités électriques. C’est également lui qui circonstanciellement se sert de la boîte à rythmes. Il imprime ainsi un tempo de rumba à l’excellent, long et atmosphérique « Goldtone ». Hormis « Freeway », le band va puiser son répertoire au sein de ses trois derniers albums, l’entamant par le titre maître du dernier long playing, « Walkin on pretty day », et l’achevant, lors du rappel par celui du « Smoke ring for my halo ». Un bon concert, parsemé de quelques titres psychédéliques, hypnotiques, planants, de la meilleure veine, dont le sens mélodique des compos m’a parfois rappelé Robyn Hitchcock, mais pas aussi parfait que nous ne l’espérions…

(Organisation Toutpartout + Botanique)

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Scout Niblett

Règlement de compte à OK Corral !

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La prévente relative à la double affiche réunissant Scout Niblett ainsi que de Kurt Vile & The Violators n’ayant pas obtenu le succès escompté, le spectacle a dû déménager à l’Orangerie du Botanique. Bref, il était donc logique que la salle soit bien garnie pour accueillir ces artistes.

Originaire de Nottingham, Scout Niblett est depuis peu quadragénaire. Elle s’est installée au States en 2003 et s’est fixée à Portland, dans l’Oregon, deux ans plus tard. C’est d’ailleurs au début de ce millénaire qu’elle a véritablement entamé sa carrière. Responsable de 6 albums à ce jour, son dernier « It's Up to Emma » est sorti en mai dernier. Au cours des dernières années, elle beaucoup bossé en compagnie de feu Jason Molina, Bonnie ‘Prince’ Billy et Steve Albini, ce dernier comme producteur. C’est aussi une passionnée d'alchimie et d'astrologie. C’est d’ailleurs un des thèmes de ses lyrics. A ses débuts, elle pratiquait une forme de blues indé, avant de glisser progressivement vers un post punk minimaliste. 

Kurt Vile est étasunien. Et il nous vient très exactement de Philadelphie, en Pennsylvanie. Avant d’embrasser une carrière individuelle, il militait chez War on Drugs, formation qu’il a quittée en 2005, cédant alors le relais du leadership à Adam Granduciel. Vile en solo, ce n’est pas tout à fait vrai, puisqu’il est soutenu par un backing group qu’il a baptisé The Violators, en 2009. Et jusqu’au pénultième elpee, Granduciel était encore de la partie. A la guitare, mais parfois aussi à la production. Paru cette année, « Wakin on a Pretty Daze » constituera certainement un des albums de l’année. On était donc curieux d’assister à sa transposition en ‘live’…

Il est 20 heures pile, quand Scout Niblett monte sur l’estrade. Seule. Juste armée de sa guitare. Et on peut affirmer qu’elle est curieusement fagotée. Elle dépose son sac à dos à ses pieds. Des grands pieds, puisqu’elle doit chausser du 47 fillette. Mais ses chaussures sont trouées, il faut le préciser. Elle a enfilé des chaussettes de laine rouge jusqu’au genoux. Et puis a revêtu une robe qui doit sortir de la garde-robe de son arrière arrière grand-mère. Elle a cependant un joli minois. Pas très souriante, quand même, elle a piqué une fleur rouge, dans ses cheveux, au-dessus de son oreille droite. A partir du second morceau, elle est rejointe par un drummer. Excellent, mais aux interventions à la fois parcimonieuses et percutantes. Puis du troisième titre, par un guitariste, tout aussi discret, mais dont les petites touches nuancent judicieusement les compos. En fin de parcours, il va prendre de plus en plus de place, notamment sur les morceaux les plus musclés. A la limite du grunge. Pas pour rien qu’elle cite Nirvana, Sonic Youth et Mudhoney, parmi ses influences majeures. Pourtant, tout au long de son set, je n’ai pas cessé de penser à PJ Harvey. Et en particulier à l’époque de « To Bring You My Love ». A cause de cette tension constante, qui va aller crescendo. Et puis de son style dépouillé, sauvage, viscéral, la voix campant plutôt un hybride entre Cat Power et Kim Deal, malgré des intonations parfois terriblement violentes. A l’instar de « Gun », morceau au cours duquel on a l’impression qu’elle est prête à se procurer un fusil pour régler ses comptes. Ses hurlements font même froid dans le dos. Probablement le résultat de problèmes de couple. Franchement, à la place de son mec, je m’exile au fin fond de l’Amazonie… Et pour accentuer cette impression, les coups de drums claquent comme de véritables balles. Meurtrières, implacables. Avant d’entamer le dernier titre, Emma Scott esquisse un léger sourire. Nous avoue être malade depuis quelques jours (NDR : elle a probablement chopé une bronchite), puis reprend son sac à dos et tire sa révérence. N’empêche on a vécu un excellent concert…

21h30, les lumières s’éteignent et les haut-parleurs diffusent un titre des Happy Mondays. Puis, Kurt Vile et ses Violators prennent possession de la scène. Kurt et son guitariste rythmique arborent une chevelure impressionnante, celle du drummer et du bassiste s’arrêtant au-dessus des épaules. Kurt change de gratte à chaque morceau. Et manifestement aux six cordes acoustiques, il est particulièrement habile. En se servant d’un tapis de pédales, il dissémine des sonorités élégantes, psychédéliques, en picking, torturées ou encore scintillantes. Il est même capable de dispenser des accords en ‘barré’ à l’aide de son pouce, comme Jimi Hendrix. Impressionnant ! Il tâte aussi de la gratte électrique ; mais il me semble bien moins à l’aise. Si bien qu’au début d’un morceau, il lâche son manche, empoigne le micro pour chanter, puis ne sait plus où il en est, regarde ses pédales et interrompt la chanson. Il récidive et se plante une seconde fois sur le même titre. Finalement, il en revient à une guitare acoustique et rétablit la situation. En fin de set, il reprendra la gratte électrique, mais sans se servir de ses pédales, preuve s’il en est que l’artiste est bien plus à l’aise armé d’une acoustique électrifiée, voire d’un dobro. En milieu de parcours, il va même nous réserver deux titres ‘unplugged’, « Peeping tomboy » et « Feel my pain ». Remarquable ! Vocalement, Kurt a un peu trop tendance à laisser traîner la voix ou alors à la tremper dans la reverb. Pourtant son timbre est aussi chaleureux et profond que celui de Lloyd Cole. C’est tout à fait flagrant sur disque, mais pourquoi ne profite-t-il pas de cet atout majeur sur les planches ? La question mérite d’être posée. Au fil du show, le second guitariste et le bassiste s’échangent leurs instruments, ce dernier en profitant alors d’injecter davantage de vibrato dans les sonorités électriques. C’est également lui qui circonstanciellement se sert de la boîte à rythmes. Il imprime ainsi un tempo de rumba à l’excellent, long et atmosphérique « Goldtone ». Hormis « Freeway », le band va puiser son répertoire au sein de ses trois derniers albums, l’entamant par le titre maître du dernier long playing, « Walkin on pretty day », et l’achevant, lors du rappel par celui du « Smoke ring for my halo ». Un bon concert, parsemé de quelques titres psychédéliques, hypnotiques, planants, de la meilleure veine, dont le sens mélodique des compos m’a parfois rappelé Robyn Hitchcock, mais pas aussi parfait que nous ne l’espérions…

(Organisation Toutpartout + Botanique)

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William Fitzsimmons

The Lion Sleeps Tonight

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A l’aube de la sortie de « Lions », son cinquième LP studio, le sympathique barbu dépressif issu de Pennsylvanie a pris le temps de se réserver un petit détour par la Belgique, qu’il avait déjà visitée à trois reprises en 2011. Deux ans plus tard, il revient sur les planches d’un Witloof Bar aussi complet que lors de son premier passage, sur cette même scène.

Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a pas grand-chose de neuf sous le ciel neurasthénique de William Fitzsimmons. Armé de ses guitares sèches pour un concert acoustique, le singer/songwriter avale un prozac et entame son set dès 21h par un extrait de « Gold In The Shadows » avant d’annoncer que la majorité du set privilégiera « Lions », son nouvel opus à paraître au mois de février prochain. Le Witloof est plein et tout ouïe. Mais lorsqu’on assiste à l’un de ses récitals pour la troisième fois en deux ans, on ne peut s’empêcher d’avoir la désagréable sensation de se taper une rediff’. Fitzsimmons fait du Fitzsimmons.

Loin d’être pénible pour autant, l’homme sait comment capter l’attention de son public à coups de plaisanteries, comme lorsqu’il prétend, non sans une pointe d’humour, avoir laissé sa fille adoptive de 2 ans seule à la maison avec pour tout moyen de subsistance, un grand bol de céréales et un couteau pour se défendre. Du coup, les petites blagues de l’homme à l’allure de fermier de l’Arkansas font beaucoup plus mouche que ses nouvelles compos qui, à priori, n’apportent rien de neuf à sa discographie. Et sont parfois même soporifiques. Peut-être l’effet ‘acoustique’ ?

Niveau capital sympathie, William Fitzsimmons a encore tout gagné. Musicalement, il faudra attendre la sortie de « Lions » et de ses arrangements studio pour se prononcer sur la qualité des nouveaux morceaux qui, dans leur mouture acoustique, paraissent donc bien trop similaires à ses travaux antérieurs…

(Org : Bota)

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Disappears

Un final propice à la transe…

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Le Magasin 4 accueillait ce dimanche 1er décembre, une double affiche assez alléchante et personnellement attendue depuis la rentrée. Une affiche caractérisée par son éclectisme, puisqu’elle confirmait la présence d’un des groupes les plus passionnants du moment au sein du paysage garage/psyché indé et celle d’un trio belge capable de fusionner les influences electro, cold mais aussi noise voire même stoner.

Et c'est par ces derniers que la soirée commence, puisqu'ils sont les premiers à entrer en scène (NDR : mais n'y voyez aucune référence biblique!) On remarque immédiatement que le volume sonore est plutôt généreux. Trop en vérité. Difficile de plonger directement dans un tel bain de décibels, d'autant que les problèmes de son ne se limitent pas à ce niveau excessif. La batterie semble détachée des autres instruments alors que la voix sature dans les aigus, particulièrement quand le chant est crié ; ce qui arrive bizarrement assez souvent. Bizarrement en tout cas pour qui connaît un peu Organic. Peut-être est-ce une tentative d'‘aller chercher le public’ de la part du chanteur? Toujours est-il que cette situation a provoqué chez votre serviteur, l'effet inverse, soit une prise de recul et une écoute plus distraite... Dommage, car dans d'autres conditions la formation s'est déjà montrée bien plus convaincante. Que ce soit dans un plus petit club ou en studio comme en témoigne leur album "Under Your Carbon Constellation" qui contourne les clichés du genre et compte parmi les réussites de 2012 sur la scène belge. A revoir donc.

Place ensuite à Disappears, quatuor chicagolais au sein duquel a milité Steve Shelley (le batteur de feu Sonic Youth), un combo qui extrait, d'une substance garage indie, des mantras bruitistes et hypnotiques des plus tripants. Le chanteur/guitariste a la mine du type qu'on vient de réveiller il y a 5 min pour lui rappeler que son concert va démarrer : yeux mi-clos, cheveux en pétard et lippe en avant. Une nonchalance sympathique (ou peut-être une vraie fatigue de tournée) qui lui sied plutôt bien et ne semble pas diminuer l'intensité de la performance. En effet si le début du set est à nouveau quelque peu gâché par les problèmes techniques (basse trop absente et accordage approximatif) rencontrés sur les 2 ou 3 premiers morceaux, le reste se passe sous les meilleurs auspices. Le répertoire est essentiellement constitué de la quasi-totalité de l'excellent dernier opus "Era" ainsi que de nombreux extraits du précédent "Pre Language". Quelques exemples? "Replicate", caractérisé par son groove sec et mécanique, "All Gone White" qui serpente insidieusement ou bien encore "Joa" et sa rythmique très 60's. Mais s'il fallait épingler un moment bien particulier de cette prestation live, ce serait certainement "Elite Typical". Propice à la transe, cette compo est dynamisée par des rythmes tribaux ; un morceau de post-punk qui se fond dans des nappes de guitares étirées à souhait façon space-rock. Envoûtant!

Et c'est peu dire que nous étions encore sous le charme quand s’est terminé leur concert trop court (forcément...) après un rappel consacré à un extrait d’une de leurs œuvres plus ancienne. Mais bon l'heure c'est l'heure! Les voisins tatillons ne le savent que trop bien...

(Organisation Magasin 4)

 

Terakaft

Le blues des hommes bleus

Écrit par

Terakaft en Tamasheq, la langue des Touaregs, se traduit par la caravane. Une caravane qui s’est accordée une halte à Bruxelles, ce samedi, pour notre plus grand plaisir. Moins connue que Tinariwen, la formation entretient pourtant pas mal de liens avec les membres du plus célèbre des groupes de blues touareg. Le leader, Kedhou ag Ossad et le guitariste Diara, frère d'un des membres fondateurs, ont d'ailleurs collaboré à l'enregistrement du tout premier album de Tinariwen, en 1992, ainsi qu’à celui des « Radio Tisdas Sessions », en 2001. Khedou est autant adulé par la communauté touareg pour ses compositions que pour sa participation active à la rébellion des années 90. Blessé et annoncé plusieurs fois mort par les médias à l'époque, il demeure un symbole de la révolte des hommes bleus face à l'indifférence des gouvernements maliens et nigériens. 

Nous n'avons malheureusement pas eu droit au line up complet. Le bassiste et le percussionniste ont en effet été remplacés par deux musiciens occidentaux que l'on a senti très heureux de pouvoir partager la scène auprès de tels artistes. Ils ont eu le bon goût de ne pas trop en faire, se contentant d’épauler humblement les deux Berbères. Le batteur va même apporter une dimension légèrement plus dansante aux compositions.

Il est 23h lorsque le concert commence devant une petite assistance qui va très vite être emportée par la transe de cette musique. Enchaînant des morceaux relativement courts, Terakaft a l'intelligence de proposer un set varié. On avait en effet un peu peur d’éprouver une certaine redondance. Ce n'est pas le cas. Tour à tour, on se balance nonchalamment, comme hypnotisés, puis on sautille carrément quand le rythme s'accélère. On perçoit bien toute l'influence de la musique occidentale sur certaines chansons qui vont puiser dans le rhythm’n’blues et le rock psychédélique des années 60 et 70. Le groupe a d'ailleurs souvent cité Jimi Hendrix et John Cipollina (Quicksilver Messenger Service) comme références. Mais la dimension africaine est également très présente. Certaines parties de guitare évoquent le blues gnawa quand d'autres nous entraînent davantage vers l'Afrique noire. Décidément, cette musique est majestueuse et le flow arabisant des deux Touaregs nous transporte loin, très loin. A la fois apaisants et euphorisants, ces chants sont puissants et spirituels. Le corps ne peut que suivre, happé par les notes psychédéliques de ces guitaristes émérites. Que ce dépaysement fait du bien. C'est sans doute un cliché mais un concert de Terakaft est un vrai voyage. Envoûtant, pénétrant, dense, poétique même. De ceux que l'on n'oublie pas.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout)

 

Crystal Stilts

Une mécanique parfaitement huilée…

Écrit par

Grâce une affiche gargantuesque mêlant découvertes, valeurs sûres et émergences de nouveaux talents, l’Autumn Falls Festival s’est forgé en quelques éditions une réputation incontournable.
Voguant de salles en arrière-salles au gré de ses affiches, cet événement bruxellois propose tellement de qualité qu’il nous forcerait presque à migrer dans la capitale pour éviter d’incessants allers-retours.
Un troisième album sous le bras, les New Yorkais de Crystal Stilts débarquaient ainsi ce vendredi et s’installaient confortablement entre les murs de la Maison des Musiques.

La première chose qui nous frappe est l’exiguïté des lieux.

Il y fait chaud, et l’ambiance, loin d’y être étouffée, va très vite se muer en communion entre Crystal Stilts et le parterre, alors que lentement, le son s’extirpe de l’étroitesse perpendiculaire des murs et gagne progressivement les étages, à l’image de la musique du quintet de Brooklyn qui prend son temps pour instaurer son propre tempo.

Jusqu’à prendre toute son ampleur aux premières mesures de “Prometheus At Large”, extrait de leur second opus “In Love With Oblivion”, cadencé par sa rythmique martiale.

Du coup, l’assistance s’ébranle de façon syncopée et suit le combo dans ses terres promises à d’éternels soubresauts hypnotiques.

L’ambiance monte d’un cran, jusqu’à se matérialiser en un épais rideau de velours qui enveloppe l’atmosphère, drape l’assistance et étouffe les soupirs sceptiques qui jugent “Nature Noir” moins pertinent que ses deux opus précédents.

C’est que l’approche est certes différente sur ce disque paru dernièrement, sans doute plus réfléchie, mais laisse sans doute aussi toute sa place à l’expression subtile du spectre sixties mâtiné de cold wave chère à ces dignes héritiers du Velvet.

Le mariage des anciennes compositions et des nouvelles ne souffre donc d’aucune incompatibilité d’humeur et la voix nonchalante, presque abandonnée de Brad Hargett constitue le fil conducteur entre les salves de bruit blanc perdues dans un écho lointain.

Pas de heurts, pas d’incidents, la mécanique huilée pétarade sans accrocs d’un bout à l’autre du set et si celui-ci est exempt de surprise, il assure l’assise du groupe sur un public de convaincus.

Le rappel, offrande entendue (et attendue) sur l’autel des fans connaisseurs, propose deux titres dont  un “Love is a wave” énergique qui boucle la boucle d’effets.

La soirée s’échappe ainsi dans les volutes de fumée d’un kaléidoscope aux intonations psyché et aux relents hallucinés pour le plus grand plaisir de tous ceux présents ici, n’ayant vraiment pas à regretter les malheureux huit euros dépensés ce soir.

Autumn Falls

(Organisation : Toutpartout + Maison des Musiques + Vk*)

 

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