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Le parfum de vie de Goudi

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El Tattoo del Tigre

Les derniers souffles du tigre

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Vous n’aviez peut-être jamais entendu parler d’eux ? El Tattoo del Tigre est un combo d’origine anversoise. Il est venu clôturer sa tournée d’adieu ‘El Último del Tigre’ à l’AB. C’est-à-dire la scène qui l’avait révélé à ses débuts, il y a neuf ans. Tout au long de son brillant parcours, il s’est consacré essentiellement à revisiter des morceaux mambo des années 40-50. De grands classiques, arrangés et interprétés par des musiciens belges en mal des rythmes envoûtants des Caraïbes.

On peut parler d’un projet imposant. A chaque représentation, ce ne sont pas moins d’une trentaine de musiciens et vocalistes qui se relaient. Pour le compte, vendredi soir, on ne recensait pas moins de 12 cuivres (saxophones, trompettes et trombones), des percussionnistes, un pianiste, 7 chanteurs, 2 contrebassistes et 2 maîtres de cérémonie. Un orchestre dont les membres ont assuré leur rôle d’animateurs en manifestant un grand enthousiasme. Des artistes belges, talentueux, réunis pour faire partager au public, des airs qui nous font remonter dans le temps. Un peu comme dans un vieux film où on entend le phonographe qui crépite et crache inlassablement des vieux tubes de Pérez Prado.

Au cours de leur périple, hormis les principales salles du nord du pays, le tigre a rugi tant à Werchter, au Printemps de Bourges (F), à l’Eurosonic (NL) ; mais aussi de l’autre côté de l’océan, notamment au Canada et au Mexique. Le dernier chapitre d’El Tattoo del Tigre s’est donc achevé à l’Ancienne Belgique ; salle où le collectif a enregistré son premier elpee. Trois albums au compteur. Une griffe originale. Un des premiers groupes belge qui se soit lancé dans une aventure d’une telle envergure.

Un spectacle de deux heures coupé par un entracte d’1/4 d’heure. Des émotions palpables : de la joie, de la fierté et probablement une petite pointe de tristesse pour chaque membre du groupe qui a grandi et partagé des moments uniques. Le show était à la hauteur de leur réputation. Imposant et stylé. Les morceaux mis en scène soigneusement. « Man Without a Smoke », « Caballo Negro » et « Arrivederci Roma » interprétés de façon théâtrale, tout en préservant la légèreté et la tonicité. Une énergie contagieuse, communiquée au public qui au fur et à mesure s’est laissé prendre dans la fureur des rythmes cubains.

Un ultime hommage à un répertoire soigné qui aurait mérité de sortir davantage de l’ombre. On soulignera la discrétion de la presse francophone quant à leur succès. La fin d’une histoire et le début de plusieurs autres… Secrètement, on espère que les auteurs de ces pages s’attaqueront à d’autres projets tout aussi riches et interculturels.

(Organisation AB) 

 

of Montreal

Back To Glam

Écrit par

Ils avaient fait une apparition très remarquée lors de la soirée ‘All Access’ des Nuits Botanique en mai dernier aux côtés de I’m From Barcelona ou encore We Are Scientists. Cette fois, c’est au tour de la Rotonde d’être investie par les délires sonores et visuels de of Montreal. La promo de « Hissing Fauna, Are You The Destroyer ? » à peine achevée, le quintet d’Athens remet le couvert, à guichets fermés. Entre paillettes et provocation.

La première partie était assurée par Casiokids, formation norvégienne d’electro-pop. Le risque de se planter en attestant qu’il s’agit d’une formation dont on entendra beaucoup parler dans les mois qui suivent est moindre. En effet, Casiokids jouit d’un bon petit buzz naissant sur la toile et honore celui-ci en assénant au public des beats irrésistibles extraits de « Fuck Midi!! », publié en 2006, ainsi que de leur second opus, à paraître d’ici peu. Séance de rattrapage en compagnie de Soldout le 19 février à l’AB.

Quelques instants après la fin du set de Casiokids, un drôle de personnage apparaît sur scène. Un chef d’orchestre à la tête de tigre, tiré à quatre épingles, donne le signal de départ. Pas de doute, nous assistons bien à un concert d’of Montreal. Kevin Barnes et ses acolytes suivent de près et entament un set tonitruant devant un écran projetant des bizarreries animées. Barnes joue aux Bowie, remet le Glam au goût du jour et se montre presque à la hauteur du mythe. of Montreal retrace les dernières années de sa carrière et présente son petit dernier, « Skeletal Lamping », de manière très théâtrale. Sur scène se succèdent des ninjas, de gros bouddhas dorés et approximatifs, le diable en personne ou encore Barnes dans un cercueil.

Mais le clou du spectacle nous est venu du rappel. Le chef d’orchestre à la tête de tigre se mesure alors à un Superman celle de Branchiosaure lors d’un combat courtois, aussi improbable que l’ensemble des costumes ayant défilés tout le long de la soirée. Quelques minutes plus tard, le quintet réinvestit les planches de la Rotonde et achève un spectacle des plus psychés et éclectiques par « Ever Fall In Love », honorable reprise des Buzzcocks. Le Glam est loin d’être enterré.

Organisation : Botanique

Oasis

Manifestement, Oasis n’est pas encore mort et enterré…

Écrit par

La dernière visite d’Oasis à Forest National remonte à 2005. Après avoir accompli une traversée du désert de plusieurs années, le groupe bénéficie d’un soudain regain d’intérêt depuis la sortie de « Dig Out Your Soul », leur dernier album. Lorsqu’un ami m’offre une place pour assister au concert du célèbre groupe de Manchester, je suis à la fois surpris et dubitatif. Sans cette initiative de sa part, pas de concert… 40 euros… un peu cher pour un admirateur occasionnel. Fan du groupe il y a plus de 10 ans, lors de la sortie de leurs deux premiers et inoubliables opus, le reste de leur répertoire m’est passé totalement au-dessus de la tête. En outre, j’avoue avoir toujours été un ardent défenseur de Blur au détriment du gang des frères Gallagher. A l’époque, pas question en effet de ne pas se positionner par rapport à la guerre médiatique livrée entre Damon Albarn et la fratrie mancunienne. A ma grande satisfaction, mon choix initial a d’ailleurs été confirmé par la carrière des deux groupes. C’est donc en traînant ces quelques a priori négatifs que je me suis rendu à ce spectacle. Et en me frottant les mains, rien qu’en pensant pouvoir descendre en flammes ce groupe totalement passé de mode…

L’absolue méconnaissance des derniers disques du groupe accentue mon manque de motivation à l’heure fatidique. De plus, je ne suis pas un adepte convaincu de la salle bruxelloise. Mais un cadeau ne se refuse pas… Dès 20h, le concert débute. Un groupe relativement méconnu se produit en première partie : Twisted Wheel. Un trio originaire de Manchester, comme ses illustres ainés. Leur set permet de passer agréablement le temps. L’assemblée est encore clairsemée. De facture classique, leur rock doit encore s’affiner, et en particulier leur sens mélodique, si le combo souhaite un jour jouer en tête d’affiche, au sein d’une salle de pareille capacité.

Lors de la montée sur les planches des stars anglaises, il y a 8 000 personnes dans l’hémicycle. C’est d’ailleurs sold out depuis un bout de temps. Difficile d’imaginer pourtant qu’Oasis possède une telle base de fans en Belgique ! Le public est jeune, la relève est donc assurée !

Dès les premières notes, je suis rassuré… si la musique n’est pas à la hauteur de la situation, une chose est sûre, le son est plus que correct. Petite surprise… au fur à mesure des morceaux, que je ne connais absolument pas, la magie opère. Faut dire que le début a été mené tambour battant. Et la présence de l’explosif « Rock n’ Roll Star », dans leur tracklisting, n’y est pas étranger. Les chansons issues de « Dig Out Your Soul » donnent envie de découvrir l’album. Liam chante peut-être nonchalamment mais sa voix possède cette classe naturelle toute anglaise. En retrait, Noël dirige le groupe de main de maître et surclasse son frère lorsqu’il passe derrière le micro. Mon esprit replonge quelques années dans le passé. Certains titres touchent directement leur cible… Oasis joue ce soir devant un public conquis qui le lui rend bien. Visuellement, le show est classique mais efficace.

En fin de parcours, le combo nous dispense alors ses magnifiques hymnes « Don’t Look Back in Anger » et « Supersonic ». La communion avec le public est alors à son paroxysme. En guise de rappel, le gang des frangins Gallagher nous réserve trois titres dont une très belle version de « Champagne Supernova ». Ils quittent la scène, convaincus d’avoir renforcé leur capital sympathie. Et ils on raison. Le duo indomptable ne se limite donc pas de proférer des déclarations excessives et arrogantes…

22h30… les lumières se rallument. Je remercie mon ami pour son invitation. Obligation pour moi de lui renvoyer l’ascenseur ! Tâche qui risque d’être ardue…

 

Joshua

Carton ‘caïman’ plein pour Joshua à l'Ancienne Belgique

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Après s’être produit au Botanique en janvier 2007 et à l’ABClub en décembre 2007, Joshua était à l’affiche de l’ABBox ce 18 décembre, pour nous présenter son nouvel opus, « Animals Will Save The World ». Une fameuse progression en matière de popularité, il faut l’avouer. Pourtant, le concert n’affichait pas ‘sold out’. Enfin, il l’était presque. En fait, la salle s’est remplie graduellement et a atteint une capacité maximale juste avant que le groupe ne monte sur les planches. Car il s’agit bien d’un groupe aujourd’hui. N’empêche, orphelin de son second chanteur, Matt, on se demandait si Joshua avait toujours la pêche en ‘live’…

La première partie du show est essentiellement consacrée à des titres du dernier elpee. Des chansons plutôt calmes. Ce qui explique sans doute pourquoi il faudra attendre quelque temps avant que l’ambiance ne monte d’un cran. Et ce sera le cas pour "You Know How". Le groupe commence alors à inviter le public à lever les mains. Néanmoins, il faut reconnaître que  Senso est nettement moins remuant que son ex-partenaire de scène (voir les photos prises lors de la MCM Night à l'AB Box). "Animals Will Save The World" chauffe un peu plus le public. Tout comme le bref passage au chant de Greg. Mais, quoique bien rythmé, le band ne parvient pas à déclencher l’hystérie gestuelle de l’auditoire comme je l’espérais. Il faut dire que si le dernier album se focalise sur leur business : la street pop, le précédent opus, « Music & Chocolates », paru l’an dernier, et surtout l’Ep « Alligator city » faisaient davantage la part belle aux sonorités funky et au groove rock. Edité en 2006, cet Ep est devenu aujourd’hui introuvable. Pourtant, c’est toujours à ce disque que se réfère le concept scénique de la formation. En fait, lors d’un concert, les membres du groupe invitent les spectateurs à pénétrer dans leur ville imaginaire : « Alligator City… Ce n’est qu’en fin de parcours que Joshua va se décider à lâcher les tueries de son premier elpee ; et en particulier "Kill Your Own Arms" et "Punk Rock Song". Et le public se mettre à danser frénétiquement, de la scène jusqu'à la console son.

La formation bruxelloise (NDR : les membres de Joshua revendiquent leur nationalité belge et clament haut et fort qu’ils sont bruxellois) passera deux semaines en résidence à Roubaix pour préparer une tournée en France. Leur album paraîtra d’ailleurs chez Wagram début 2009.

Et on vous invite à aller jeter un œil dans notre rubrique ‘Live photos’…

Organisation AB

N*E*R*D

Certaines l’aiment chaud

Écrit par

Cet été, le prolifique Pharrell Williams et ses deux acolytes de N*E*R*D mettaient le feu au Lokerse Feesten. Quatre mois plus tard, la formation boude la France au profit de notre petit pays. Et débarque ainsi à l’Ancienne Belgique. Explosif !

Le terme ‘sold-out’ a pris tout son sens ce soir. A 20h, on souffre déjà du manque d’espace dans la salle. Dès le début de leur set, les Hollandais de Het Jeugd Van Tegenwoordig chauffent à blanc une foule qui reprend en chœur les refrains de leurs tubes. Même si l’on n’est que moyennement friands des travaux de la formation, il faut lui reconnaître un talent scénique plutôt fédérateur.

Après une courte pause, N*E*R*D monte sur les planches. A 21h précises. Et ouvre le bal toutes guitares en avant. Dès les premières mesures, le sol se met à trembler et l’air commence à se faire rare. Pharrell Williams a manifestement un pouvoir d’attraction phénoménal sur les filles. Celles du premier rang hurlent si hystériquement qu’il est difficile de se concentrer sur la musique. Pendant ce temps, la partie du public préoccupée par les chansons plutôt que par le physique de leur interprète sautille dans tous les sens et sue à grosse gouttes. La formation calme ensuite un peu les ardeurs d’une assistance particulièrement bouillante, en dispensant un long medley de ses chansons les plus tendres dont l’excellent « Provider » et leur dernier single « Sooner Or Later ». Précédé d’un sympathique petit speech de Williams et de quelques extraits de « Seeing Sound », dont « Kill Joy » et l’excellentissime « You Know What », les hostilités reprennent ensuite lors d’un enchaînement des plus grosses machines de guerre de la discographie de No One Ever Really Dies.

« Rock Star » donne en effet le signal de départ d’une seconde partie magistrale au cours de laquelle le groupe invite quelques garçons sur le podium. Et après quelques morceaux, « Lap Dance » achève avec succès sa mission de mettre l’Ancienne Belgique à genoux. Au bout de 45 minutes, la formation met déjà les voiles. Le sexe féminin, frustré du manque d’attention, va cependant être rapidement rassuré. Pharrell et sa bande reviennent assez vite pour un rappel et invitent plusieurs filles (triées au volet) à les rejoindre. Le chanteur garde un flegme impressionnant tandis que les jolies demoiselles l’agrippent et sont à deux doigts de le foutre à poil. S’enchaînent alors « Everyone Nose (All The Girls Standing In The Line For The Bathroom) » et un grandiose final sur le tube « She Wants To Move ». Le show cesse au bout d’une heure. Court diront certains, mais plus personne présent ce soir ne doutera de l’efficacité et du talent de l’une des formations les plus originales de la scène Hip Hop.

Organisation : AB

 

Xavier Rudd

A consommer sans modération

Écrit par

Imaginez-vous un continent lointain. Pourquoi pas l’Australie ? Près de vous, un feu de camp crépite et une tribu aborigène célèbre la Terre-Mère. Des sons sortent d’étranges bouts de bois et vous chatouillent l’échine au point de vous procurer une petite décharge électrique. Des vibrations sonores graves et profondes sortent de ces yirdakis, appelés chez nous plus communément didgeridoos.

Dimanche soir, à l’Ancienne Belgique, seul un ticket d’entrée pour Xavier Rudd vous permettait de vous rendre en aller-retour direct à l’autre bout du globe. Ce talentueux homme-orchestre maitrise et joue, en même temps, de plusieurs instruments, sans transition et en continu. De la tête au pied, chaque membre de son corps s’agite. Depuis 2002, à la sortie de son premier album, et en toute discrétion, Xavier Rudd promène ses instruments aux quatre coins du monde. Et ce n’est qu’en 2006, lors de la sortie de l’album « Solace », qu’il a récolté du succès en Europe. Ce qui lui a permis d’être propulsé en tête d’affiche de certains festivals alternatifs, dont l’Esperanzah ! auquel il a participé cet été.

Comme c’était à prévoir, le concert affichait complet. Pendant que Ben Howard, séduisant musicien nous venant de l’autre côté de la Manche, nous interprète quelques compos acoustiques, la salle se remplit, lentement. Il faut le préciser, l’audience est arrivée fort tardivement.

Dave Tolley, le batteur, est l’unique musicien qui l’accompagne sur les planches. Le décor est sans artifice : juste un drapeau aborigène accroché en toile de fond. Une sobriété mise en valeur par un excellent éclairagiste dont les spots aux couleurs chatoyantes vont illuminer le set, tout au long de la soirée. Coté jardin, une pléthore d’instruments rassemblés autour d’un tabouret : cymbales, percussions, Weissenborn slide guitare, djembé, un harmonica, et bien-sur 3 didgeridoos disposés sur un support. Côté cour, une batterie, des congas et des bongos. C’est impressionnant à voir et à entendre! Un multi-instrumentiste habile qui arrive, de manière simultanée, à souffler dans son didgeridoo et à jouer sur sa slide guitare. A deux, ils produisent autant de sons que s’ils avaient été dix !

Bien au chaud, les morceaux s’enchaînent harmonieusement pendant 100 bonnes minutes. L’artiste échange quelques timides propos avec les 2000 personnes présentes sans la salle. Tout en humilité, il nous rappelle combien il a de la chance de pouvoir faire de la musique et voyager. Surfeur à ses heures perdues, il milite en faveur des droits des aborigènes. Il est également actif dans le domaine de la protection de l’environnement. Ces paroles engagées transmettent des messages positifs, sur un ton humain, loin d’être moralisateur. Il tente simplement de conscientiser les esprits. Le public l’écoute et vibre. Sa playlist ne lasse pas. Au fur et à mesure, on découvre les morceaux de son dernier album « Dark Shades of Blue », ainsi que certaines anciennes chansons plus connues telles que « Let me Be » et « The Mother ».

Le plaisir et l’émerveillement s’achèvent sur quelques pas de danse… Xavier Rudd, il faut le voir ! Certes influencé par Paul Simon, Xavier Rudd pratique avant tout une musique folk teintée de roots et de reggae… Une musique particulièrement envoûtante susceptible de donner un coup de fouet au premier qui serait pris de déprime pendant ces tristes journées d’hiver.

Gotan Project

La perfection du Tango

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Pour fêter la sortie de leur double album live, les trois têtes pensantes de Gotan Project avaient donné rendez-vous à leurs fans belges et luxembourgeois aux Halles de Schaerbeek, lors d’un show encore plus ambitieux. Pas étonnant donc de voir l’ancien marché couvert de Bruxelles afficher complet ce soir. Baptisée « Exclusive Tour », cette tournée conceptuelle retraçait la carrière du trio, de « La Revancha Del Tango » à « Lunàtico ».

Philippe Cohen Solal, Eduardo Makaroff et Christoph H. Müller avait mis les petits plats dans les grands dès 20h30. Dissimulée derrière un léger voile blanc, sur lequel était projeté des images esthétiquement réussies, la formation franco-brésilienne entame la première partie de son set par une rétrospective de « La Revancha del tango », leur premier opus. En une demi-heure à peine, Gotan Project va parcourir la quintessence de cette œuvre (« Santa María (del Buen Ayre), « Queremos Paz», « Last Tango In Paris »…). A deux reprises, le public va même profiter d’une magnifique démonstration de tango par une jolie demoiselle accompagnée d’un élégant gentleman. Le voile tombe lors de la seconde danse et dévoile une scène identique à celle utilisée lors de la tournée « Lunático », tandis qu’une petite vidéo bénéficiant de la participation exceptionnelle de l’acteur Adrien Brody (« Le Pianiste », « King Kong », « The Darjeeling Limited »…), est projetée sur l’écran.

La seconde partie s’est concentrée, en très large partie, sur la seconde œuvre du trio. Flanquée, comme lors de la tournée qui était consacrée à cette dernière, par non moins de sept musiciens et évoluant au sein d’un décor blanc immaculé, la formation s’est focalisée, une heure entière, sur « Lunático » et les merveilles qui en sont extraites dont « El Norte », « La Vigüela », « Mi Confesion », « Amor Porteño » et un « Diferente » à frissonner. Le clou du spectacle nous viendra cependant du rappel. Composé d’un enchaînement parfait entre « Criminal » et « Triptico », il provoque (enfin) la réaction d’un public à la fois mou et désagréablement bavard. Et une version remaniée de « Diferente », chantée en anglais et comportant un petit sample d’Abba, mieux géré que lors du « Lunático Tour », boucle le set de deux heures. Une bien belle soirée.

Organisation : Live Nation. 

The Roots

Des racines et des ailes…

Écrit par

Curieusement, l’Ancienne Belgique n’affiche pas complet ce soir. Dans la salle, le public est hétérogène. On y croise tous les looks, toutes les personnalités, toutes les couleurs de peau. Une multiculturalité réunie le temps d’une soirée. Un peu à l’image d’un Barack Obama, vainqueur des présidentielles US, The Roots, combo hip hop de Philadelphie, vient à son tour nous faire rêver de changement. Mais ici, il ne s’agit nullement de changement politique. Place à la musique !

En première partie, le trio suédois Looptroop Rockers a tenté de se forger une certaine crédibilité. Juste avant l’apparition des génies de la scène hip hop. Sur fond de boîte à rythmes et de quelques bidouillages électroniques, les flows des deux chanteurs ne font guère bonne figure. Pourtant, respectueux, le public applaudit malgré tout ce rap inerte proposé par  les trois larrons.

Le temps de voir opérer les derniers réglages par les roadies, et la pression commence à monter. Particulièrement excitée, la foule piaffe d’impatience et le manifeste à travers les premiers coups de sifflets. Finalement, quelques notes de bombardon viennent couvrir les cris du public. Qui en une fraction de seconde se mure dans un silence religieux. Les sept membres du combo montent sur le podium en file indienne. Ils rejoignent leur poste et font déjà exploser les premières notes de « Rising Down », le neuvième et dernier opus des Américains. Parfaitement au point, les musiciens s’amusent, sourient, et partagent plus que généreusement leur musique qui oscille du hip hop à la soul, en passant par le jazz et même rock. ?uestlove, batteur mythique à la coupe afro, s’éclate. Son acolyte aux congas est son meilleur complice. Ensemble, ils opèrent un battle de percussions sur le titre phare « Mellow My Man ». Irrésistible ! Les musiciens sont manifestement des virtuoses. Chacun d’entre eux se réserve d’ailleurs un solo. A l’instar du saxophoniste dont les interventions sont dignes d’un Charlie Parker voire même d’un John Coltrane. Il exécute les plus belles impros sur « You Got Me ». Personne n’y échappe. Même, Owen Biddle, le substitut à la basse. Hubbard (et son bâton de réglisse) a donc décidé de quitter le navire. Ce remplaçant est le seul musicien de couleur blanche sur scène. Il parvient à faire rebondir son instrument tout en créant diverses chorégraphies en compagnie des ses partenaires. Le public assiste à une véritable démonstration, riche en maîtrise musicale et en énergie. Le concert s’achève majestueusement par un débit de flows surprenants concédés par Black Tought, Mc. Probablement le moment le plus charismatique de l’elpee. Et les paroles engagées y contribuent largement.

Pourtant plus très jeune, The Roots est parvenu ce soir à tenir le public en haleine, durant un peu moins de deux heures. Depuis plus de dix ans, cet ensemble parvient à souffler un véritable vent de fraicheur sur le hip hop tout en se posant comme une des plus grandes références dans cet univers. La rumeur colporte une fin de parcours pour la formation, pourtant au sommet de son art. On parle notamment de leur dernière tournée mondiale. Si ces infos sont exactes, je dois avouer être fier d’avoir assisté à ce show hors du commun. Mon cœur est d’ailleurs encore empli d’émotion. Merci The Roots ! Et n’hésitez pas à jeter un coup d’œil dans notre rubriques ‘Live photos’….

Organisation : Live Nation