La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Gavin Friday - Het Depot

Jacques Higelin

Presque sans voix...

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Je ne sais pas ce qui a causé la demi-heure de retard au début du concert d'Higelin hier soir. Soit il attendait qu'il fasse bien nuit, soit, c'est plus probable, il avait besoin de récupérer un peu de voix. En effet, même si dans son état normal le monsieur n'est pas exactement un Freddie Mercury, il était évident dès les premières strophes que ses cordes vocales n'étaient pas au mieux de leur forme.

La première chanson, "Le Minimum", passe pourtant bien. Il commence son set assis sur son piano, puis se met au clavier de celui-ci, en éternel gamin turbulent. Mais il nous explique bien vite sa situation, avec au passage une remise en place bien sentie d'un fan devenu pénible à force d'enthousiasme.

Pourtant, c'est l'enthousiasme du public, trop heureux de le revoir enfin (le bonhomme n'est pas passé à Nice depuis longtemps), qui le portera tout au long du concert, lequel déroulera essentiellement des chansons de son dernier album, "Amor Doloroso", plus quelques classiques comme "Tombé du Ciel" ou "Champagne". Le tout balancé sur un ton très rock, en particulier grâce aux solos concis mais très efficaces de Yann Pechin à la guitare, et à l'énergie du tout jeune batteur, Romain Metra, alliée à celle plus maitrisée du percussionniste, Dominique Mahut. Christopher Board aux claviers et Brad Scott à la contrebasse n'étant pas en reste.

En fin de parcours, Jacques Higelin s'excusera encore de ‘ne pas avoir été à la hauteur de ce que vous méritiez’, mais les acclamations du public témoignent d'un avis différent. Même si cela aurait pu être encore meilleur, le concert n'a déçu personne.

Sanseverino

Le mutant et les tueurs...

Écrit par

Ce type est un mutant. Pas ses musiciens, non, eux ce sont juste des tueurs. Des machines à swing imparables qui démarrent au quart de noire et ne lâchent pas les morceaux avant le retour des lumières. Mais lui, c'est un mutant. Parce que partir à donf' sur une rythmique béton, présenter ses vingt musiciens qui défilent au micro le temps de quelques mesures solo bien senties, finir la chanson et balancer un speech de bienvenue totalement délirant sur un (son) débit de mitrailleuse bégayante, j'ai jamais vu.

Bon, replaçons le contexte. Sanseverino, bien que toujours digne fan de Django, a néanmoins décidé d’enregistrer son dernier album (et par conséquent cette tournée) en invitant un peu plus de monde que par le passé. Un peu plus de watts, aussi. De la petite formation contrebasse + batterie + 3 sèches rythmiques + sa sèche à lui, on passe à contrebasse + batterie, deux grattes électriques, clavier, et... cuivres. Huit au total (4 saxos, un trombone, 3 trompettes).

De quoi remuer quelques popotins donc, et ça fonctionne très bien. Suite à la fracassante entrée en matière, un long blabla d'introduction donc, tapant sur l'atmosphère hyper-fliquée de Monaco (les gars de la sécurité, équipés de la panoplie costard/oreillette/micro dans la manche ne bronchent pas), les artistes pro-Sarkozy, et s'alarmant de la présence de gamins dans le public, ce qui pourrait l'empêcher de dire trop de grossièretés.

Sa virtuosité vocale sur "Il se la pète", doublée d'une énergie communicative achèvent de propulser le concert à sa vitesse de croisière : pied au plancher.

Même une jolie chanson d'amour comme "Mathilde" contient trop d'énergie retenue pour faire -un tant-soit-peu- retomber la température. D'autant qu'avant de l'entamer, Sanseverino aura eu le soin de préciser que les jeunes amoureux peuvent tenter leur première pelle sur celle-là, ‘un peu comme le caméléon qui s'approche discrètement et sort sa langue chplaf".

Encore quelques vannes adressées au public, puis une autre démonstration de l'agilité de la langue du bonhomme sur "Démolissons les mots", marquée entre autre par un discours bien senti (mais guère compréhensible) prononcé dans l'embouchure même de l'un des saxos.

Vient ensuite un ‘Triptyque musical’ dont les chansons s'étalent sur ses trois albums et narrent les aventures d'André. Sur la deuxième, il descend carrément dans la salle faire un tour (un vrai grand tour hein, pas juste serrer trois pognes au premier rang).

Histoire de prouver qu'il est vraiment à l'aise dans le rock et pas seulement dans le jazz manouche, une petite reprise de Willy Deville : « Italian Shoes ». Sauf qu'il traduit les paroles en direct. OK, juste le premier couplet, pour permettre au reste puisse groover un peu quand même ; mais on ne peut qu'apprécier l'effort. Un petit arrêt dans « Les embouteillages », et le concert se termine par "A l'enterrement de ma grand-mère". A réveiller une morte.

Petit retour vers le style du précédent opus pour le premier rappel ou seule une petite formation acoustique entame « La maison sur le port », "La cigarette" et "La voisine des oiseaux". Il s'éclipse à nouveau pour revenir quelques minutes plus tard... vêtu d'une robe de soirée qui serait sûrement fort  seyante sur une silhouette autre que la sienne. Une casquette en cuir complète un look ‘Cabaret’, pour chanter "J'ai un homme dans ma vie", à la fin de laquelle il quitte à nouveau la scène, non sans laisser complètement glisser sa robe au sol sur le trajet, provoquant l'hilarité de la salle. Pendant qu'il retrouve une tenue plus adaptée, ses musiciens continuent de se faire plaisir : soli de batterie puis de piano, du pur jazz semblant être leurs racines premières. Retour des derniers cuivres : ils manquaient à l'appel ; et pour ceux qui pensaient finir sur un morceau plus tranquille, le "Take the A train" de Duke Ellington, mené (jeu de mot obligé) à un train d'enfer, conclut le concert.

Impossible de ne pas être entraîné par l'énergie débordante de Sanseverino et de son groupe. La virtuosité sans esbroufe, le plaisir de jouer, difficile d'y trouver à redire.

Tracklist :

Ma Fleur
Exactement
Les Ouvriers
Comment séduire une femme mariée
La Valse à Peggy
Il se la pète
Mathilde
Démolissions les mots
André
André 2
André super star
10 jours avant Paris
Italian Shoes
Les Embouteillages
A l'enterrement de ma grand-mère
La maison sur le port
La Cigarette
La Voisine des Oiseaux
J'ai un homme dans ma vie
Swing du nul
Take this fuckin train

 

Louis Bertignac

L'enfant du rock

Écrit par

‘Pas de blabla, que du rock’. C'est en ces termes que Louis Bertignac nous salue sur la scène du Théâtre de Verdure, sa vieille Gibson SG en bandoulière, qui a l'air d'avoir fait trois guerres. Et d'enchainer aussitôt sur la première chanson, "Rêves", aussi électrifiée que le sera le reste du concert.

 Quelques minutes avant, le groupe niçois Chinaski a assuré une première partie honorable, mais pas vraiment remarquable. Passons.

 Est-il besoin de présenter le personnage ? Si l'expression ‘enfant du rock’ peut s'appliquer à quelqu'un, c'est bien à Louis Bertignac. La pentatonique dans le sang, des riffs au bout des doigts, un visage témoignant de quelques excès, Bertignac respire le rock. Il tourne depuis quelques temps en 'power trio' batterie (Sylvain Joasson) basse (Cyril Denis) guitare (ben, Louis), et cette formation lui va comme un gant.

 Premier moment fort d'un concert qui en comptera beaucoup, un couplet de "Stand By Me" suivie d'une ‘vieille chanson’ qui a 25 ans... mais c'est jeune quand même’ : les premières mesures de "Cendrillon" déchainent instantanément le public. Portée en chœur, il la termine en un solo brûlant, s'offrant même une petite citation extraite du "So Lonely" de Police.

 Baignant dans le rock'n roll, vient ensuite un bout de "Blue Suede Shoes". Louis et Cyril se chamaillent comme des gosses avant de repartir sur "Vas-y Guitare". Vu le titre, cette chanson doit terminer sur un solo de six cordes, et ça ne loupe pas. Ainsi chauffés à blanc, le trio fait doucement retomber l'ambiance lors d’un blues plus ou moins improvisé (citation de "Wonderful Tonight" de Clapton en intro), puis ‘une chanson pour les filles’ : "Les Froleuses", très bien chantée par une certaine Isabelle, courageuse volontaire choisie parmi le public.

 Suit un moment assez émouvant, "Ces Idées La", durant laquelle le public chante la mélodie d'accompagnement sur toute la chanson... Il est rare de voir une telle proximité entre un chanteur et son public.

 La dernière partie du concert nous invitera à l’accompagner lors d’une bal(l)ade nostalgique mais énergique entre reprises rocks et revisites de quelques classique Téléphoniens : histoire de remettre un peu la pression, redémarrage brutal et énergique avec "Won't be fooled again" des Who, ponctué d'un court solo de batterie. Petite incursion vers Led Zep pour clore la chanson (juste le temps de quelques mesures). Dans la même veine : "Argent trop cher", qui décidément n'a pas pris une ride. "Little Wing" ensuite, visiblement Louis a décidé de revisiter tous ses maîtres. Un coup de blues concédé par "J'ai rendez-vous là haut", et "Hygiaphone" (farcie d'un gros bout de Led Zep encore, "Rock'n Roll") pour achever de mettre les points sur les 'i', avant de s'éclipser rapidement en coulisses le temps que le public les rappelle.

 Pour ouvrir les ‘encore’, une chanson douce, "Cœur Ouvert" (que le batteur ne sait soi-disant pas jouer, mais ça ne s'entendra pas), dédicacée à la fille nouvellement née de l'ingé son. Bertignac sait autant créer l'émotion que remuer les foules. Et il le démontre aussi sec lors d’un "Ça c'est vraiment toi" qui fait sauter de joie le public dès l'intro. Comme déjà fait tout au long du concert, petite incursion vers un autre classique "Day Tripper", et même de "Satisfaction" (juste le riff) avant de revenir à la chanson. L'aisance à passer de l'une à l'autre, bien qu'a vue de nez les deux comparses ne soient pas toujours prévenus, témoigne du plaisir que Bertignac éprouve à jouer cette musique.

 Louis nous quitte sur (et non pas pour) "Un Autre Monde", chanté à plein poumons par tout le public. Etirée sur la fin en un morceau de bravoure digne de clore ce concert, elle offre à Bertignac l'occasion d'un autre solo mémorable, fini à genoux, guitare aux dents, puis tournoyant avec elle à bout de bras en un accord ultime, face à un public déchaîné.

 2h20 de rock pur et dur, administré par un trio qui prenait son pied en jouant. Difficile de demander mieux.

 

 

Michel Sardou

Cas de Conscience

Écrit par

Publier un article consacré à Michel Sardou n’est pas dans les habitudes de Musiczine. Surtout un compte-rendu de concert (NDR : oui, il est exact que des chroniques de disques ont été consacrées à Obispo, Haliday, Clerc ou même Adamo). D’autant plus que ce texte nous a été transmis par un lecteur. Assidu, mais ce n’est pas suffisant. Un papier bien écrit, mais ce ne l’est pas davantage. Et si cette prestation mettait un point final à la carrière du chanteur, ce n’était pas une raison pour faire des exceptions. Alors pourquoi le publier ? Ben par esprit de contradiction et pour susciter le débat (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Parce qu’en parlant de Michel Sardou, on peut en profiter pour dénoncer à nouveau ce vase clos au sein duquel se pavanent les stars de la variété en France et dont les médias généralistes outre-Quiévrain ainsi que les magazines ‘people’ font les choux gras. Suffit de penser aux émissions de Michel Drucker pour savoir de qui on parle. Cet animateur avait même poussé le bouchon en imposant sa vision du monde musical en Belgique lors d’une émission spéciale ‘Champs Elysées’. Pourtant, aussi bien en France qu’en Belgique, il existe d’autres artistes que ces stars de variétés séniles ou posthumes. En fait, les valeurs montantes (de la chanson française, par exemple) n’ont guère voix au chapitre dans les médias à grande audience. Ou alors à des heures très tardives. On préfère en fabriquer d’autres. Impersonnelles. A la Star Academy, par exemple. Serait-ce dû à un manque d’esprit critique de nouvelle génération de mélomanes ? J’en doute. Parce qu’elle taxe d’intégriste celle qui dénonce ou dénonçait ce système. Mais un flashback n’est pas superflu pour mieux comprendre ce point de vue.

Mai 68 a aussi engendré une révolution artistique et musicale. Le rock et la chanson française à texte ont traduit le ras-le-bol des jeunes face à l’establishment. Et inconsciemment, ils visaient déjà ce même cercle fermé. Au sein duquel on avait déjà essayé de trouver la parade en inventant le mouvement ‘yéyé’. Simplement, le public jeune et curieux s’est rendu compte que la muse de ces derniers était puisée chez les anglo-saxons. Suffisait d’écouter les bonnes radios. Les premières stations pirates, par exemple. London, Caroline, etc. (NDR : évidemment, les autorités se sont empressées de faire cesser leurs activités). C’est l’époque à laquelle les jeunes branchés vomissaient Claude François, Sheila et bien d’autres du style. Difficile dès lors pour celles et ceux qui ont vécu intensément cette époque rebelle, de voir revenir en force les mêmes fantômes. Qui n’ont jamais réussi qu’à faire le vide autour d’eux. N’acceptant finalement celles et ceux qui pensaient (gagnaient ?) comme eux. Mais l’ivraie n’a jamais été totalement éradiquée et a fini par repousser… Aussi, au fil du temps, le rock est devenu plus pop. Et la pop moins rock. La chanson française est devenue plus proche des variétés et les variétés plus proches de la chanson française. Tout est même devenu recyclable. Sans la moindre exception. Les radios libres sont devenues moins libres (NDR : quand recommence-t-ton la révolution des ondes ?) On a jeté des paillettes et remis le play-back au goût du jour. Même chez les Anglo-saxons. Et on en a presque oublié la nature première d’un artiste : la création. Car dans ce monde moderne guidé par le néo-libéralisme (NDR : certains préfèrent dire néo-capitalisme), la vente a pris le pas sur la création. Subir sans réagir face au néo-establishment, c’est refuser de penser ou de s’ouvrir. Et dans cet esprit, si Musiczine ne souhaite pas passer pour un webzine intégriste, il a la volonté de s’accrocher à un principe de base : l’indépendance de rédaction et le souci de vous faire découvrir de nouveaux artistes. D’essayer de donner un avis (im)pertinent et critique sur leur création ou leurs prestations ‘live’. C’est d’ailleurs le meilleur service qu’on puisse leur rendre. Pour les autres, et en particulier les protégés de Michel Drucker, il existe suffisamment de plateformes sur le web ou autres médias pour vous en parler en long et en large. Et quand il n’y en a plus, pas de problème, il y en a encore… (Bernard Dagnies. Rédacteur en chef)

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Il y a quarante ans que Michel Sardou déchaîne haines et aversions par delà la presse et les forums d'internautes ; moins souvent d'ailleurs pour son œuvre musicale que pour des ‘opinions politiques’ que du reste l'interprète des « Bals populaires » semble lui-même ne pas toujours partager. Le « Live au Zenith 2007 » (qui clôt définitivement sa carrière de chanteur, selon son propre aveu) est donc l'occasion de rappeler à ceux qui voudront l'entendre que Michel Sardou chante, et chante bien.

« Live au Zenith 2007 » est aussi très étonnant, pour un tour de chant d'adieu. Si l'on aurait pu s'attendre à la présence de « La Maladie d'amour », « Musulmanes », « En chantant », « Etre une femme » ou du célébrissimme « France » qui aurait irrité en son temps le général de Gaulle, c'est dans un medley qu'il en entonnera quelques couplets a capella, en compagnie du public, surpris. Au contraire, en interprétant une nouvelle version de « Je ne suis pas mort, je dors » –qui n'aurait pas déplu à François Mitterrand dont c'était la chanson préférée– Michel Sardou donne le ton. Le concert sera ‘2007’ dans les réarrangements des anciennes chansons, comme dans le choix abondant de titres extraits de ses deux derniers opus.

La soirée s'ouvre par « Allons danser » dont le côté crispant du texte est très vite dissipé par Michel Sardou qui prend, dès la seconde chanson, « Du Plaisir » à retrouver des textes qui ne seront dès lors presque plus ‘engagés’. Le surprenant « Concorde » s'achève gravement avant que ne lui succèdent quelques chansons plus tenaces parmi lesquelles « J'accuse » ou « Les jours avec et les jours sans ». Touchant quand il se souvient des « Yeux de son père », il rappelle au passage que si « 1965 » et « Parce que c'était lui, parce que c'était moi » sont moins connues que « Le rire du sergent », elles n'en sont pas moins réussies. Après le medley-anciennes chansons, la voix de « Maman » Sardou surgit et introduit habilement la reprise d' « Aujourd'hui peut-être » qui fait un écho digne à son regret de n'avoir pas ‘deviné sa vie dans les yeux de son père’, regret chanté quelques minutes plus tôt. Le concert prend alors une tournure définitivement ‘2007’ lorsque Monsieur Sardou entonne, visiblement fier, son « évangile » (selon Robert): un slam version Sardou. Quand il chante que ‘seuls les chagrins restent à leur place, avec leurs sales gueules, dans la glace’, on doit lui reconnaître qu'il excelle dans l'exercice. On sent alors venir la fin du concert lorsque résonne un « On est plantés » justement interprété, suivi par « Espérer » qui évite à l'ambiance lourde de persister. « Loin », « Les lacs du Connemara », « Valentine Day » et « La dernière danse » occupent alors leurs justes places, avant que Sardou ne vienne s'installer quelques instants au piano pour chanter le dernier titre de la soirée, « Cette chanson-là n'en est pas une ». « Salut » précédé par un court remerciement du chanteur pour la fidélité de son dévoué public, se rajoutera à la track-list lors des dernières dates de la tournée, confirmant la volonté de son interprète de revenir ‘dans un autre costume, dans un autre emploi’.

En bref, nous avons passé une excellente soirée. Chansons bien agencées, track-list pour le moins audacieuse, technique millimétrée et un Michel Sardou très agréable. Rien à dire si ce n'est merci, et bravo!

May Day

Un jour de mai comme si c'était déjà l'été?

Écrit par

Assister à l'éclosion sur scène d'un nouveau talent, est un privilège rare pour un amateur de musique. Encore plus rare lorsqu'il s'agit de deux, lors de la même soirée. C'était pourtant le cas ce samedi 21 avril au Soleil de la Butte.

Virgule, nouvelle arrivante sur la scène parisienne, accordait ce soir son (presque) premier concert dans ce haut lieu Monmartrois. En ‘première première partie’, Cléo et Jane ouvraient agréablement la soirée par deux chansons plutôt sympathiques. Mais c'est May Day qui constituera la deuxième révélation de la soirée.

En pantalon et débardeur noir qui soulignent un teint mat, cette jolie femme ne manque pas d'allure. Une fois installée, guitare en main, elle évacue un peu du trac qui la tenaille en formulant quelques remarques ironiques. Dès la première chanson pourtant, on est surpris par une belle voix, assurée, mélodieuse, et surtout une vraie présence scénique. Etonnant quand on sait qu'elle n'a, jusqu'à présent, enregistré que des démos seule, dans sa chambre ; et qu'il s'agit là de sa première confrontation face à un public, certes intimiste, mais déjà trop nombreux pour lui être acquis par défaut. Sans effets faciles, May Day aligne des chansons intelligentes, souvent émouvantes et dont les refrains restent volontiers dans un coin de la tête. Ecoutez sa petite dernière, "Blood on my hands", pour vous en convaincre. Ses histoires lorgnent plutôt vers les teintes sombres de la palette des sentiments humains. Racontées sur un ton doux-amer, elles ne peuvent laisser indifférent.

Avant de laisser la place à Virgule, May Day achève un set sans faute par une reprise de "Music" de Madonna, introduite sur un ton caustique auquel ceux qui la connaissent quelque peu sont habitués : ‘Vous aimez Madonna ? Moi non plus, mais on est obligé par contrat’). Pas facile a priori de faire sonner une chanson comme celle-ci en se limitant à une voix et une guitare... mais la demoiselle s'en tire avec les honneurs.

Après une petite pause pour la mise en place et le réglage d'une sono qui, hélas, gâchera un peu le concert par ses problèmes chroniques, Virgule et sa bande s'installent.

Une batterie, une basse, une guitare, une choriste, un... violoncelle (tiens donc), et la voix ainsi que la gratte nonchalante de Virgule. L'ensemble forme un groupe parfaitement structuré. Dès les premiers morceaux, il est clair que si ceux-là n'ont pas encore beaucoup joué en public, ils n'ont aucun problème de cohésion. Nous partons donc pour une longue ballade au cœur d’un univers pastel, évoquant tour à tour des personnages un peu cassés ("La Joliesse"), la déprime d'une histoire d'amour finissante ("Mes Souvenirs"), les compromissions de l'existence ("C'est pas joli joli") ou une vie parisienne ("Paris").

Beaucoup de monde dans cette petite salle. Le groupe se produit face à un public debout, l'entourant comme s’attroupe autour d'un conteur venu narrer ses histoires curieuses. Les arrangements de Greg Behar, le guitariste, sont impeccables de justesse, aucun instrument ne s’égarant dans le superflu. La voix douce et un peu traînante de Virgule s'accorde très bien à cette tapisserie musicale, même si on peut penser qu'elle pourrait la muscler un peu. Le violoncelle de Fanny Warin reste la touche la plus originale, remplaçant avantageusement un clavier. Sébastien Saint André (basse) et Benoît Gascquet (batterie) se chargent de la rythmique, et Jane Sevilla ajoute sa voix haut-perchée sur la plupart des morceaux.

Lorsque le concert touche à sa fin, les applaudissements et surtout les sourires du public témoignent du très bon moment que chacun vient de passer. Une seule envie en repartant : qu'il y en ait d'autres, vite :-).

 

Virgule

Virgule a marqué des points?

Écrit par

Assister à l'éclosion sur scène d'un nouveau talent, est un privilège rare pour un amateur de musique. Encore plus rare lorsqu'il s'agit de deux, lors de la même soirée. C'était pourtant le cas ce samedi 21 avril au Soleil de la Butte.

Virgule, nouvelle arrivante sur la scène parisienne, accordait ce soir son (presque) premier concert dans ce haut lieu Monmartrois. En ‘première première partie’, Cléo et Jane ouvraient agréablement la soirée par deux chansons plutôt sympathiques. Mais c'est May Day qui constituera la deuxième révélation de la soirée.

En pantalon et débardeur noir qui soulignent un teint mat, cette jolie femme ne manque pas d'allure. Une fois installée, guitare en main, elle évacue un peu du trac qui la tenaille en formulant quelques remarques ironiques. Dès la première chanson pourtant, on est surpris par une belle voix, assurée, mélodieuse, et surtout une vraie présence scénique. Etonnant quand on sait qu'elle n'a, jusqu'à présent, enregistré que des démos seule, dans sa chambre ; et qu'il s'agit là de sa première confrontation face à un public, certes intimiste, mais déjà trop nombreux pour lui être acquis par défaut. Sans effets faciles, May Day aligne des chansons intelligentes, souvent émouvantes et dont les refrains restent volontiers dans un coin de la tête. Ecoutez sa petite dernière, "Blood on my hands", pour vous en convaincre. Ses histoires lorgnent plutôt vers les teintes sombres de la palette des sentiments humains. Racontées sur un ton doux-amer, elles ne peuvent laisser indifférent.

Avant de laisser la place à Virgule, May Day achève un set sans faute par une reprise de "Music" de Madonna, introduite sur un ton caustique auquel ceux qui la connaissent quelque peu sont habitués : ‘Vous aimez Madonna ? Moi non plus, mais on est obligé par contrat’). Pas facile a priori de faire sonner une chanson comme celle-ci en se limitant à une voix et une guitare... mais la demoiselle s'en tire avec les honneurs.

Après une petite pause pour la mise en place et le réglage d'une sono qui, hélas, gâchera un peu le concert par ses problèmes chroniques, Virgule et sa bande s'installent.

Une batterie, une basse, une guitare, une choriste, un... violoncelle (tiens donc), et la voix ainsi que la gratte nonchalante de Virgule. L'ensemble forme un groupe parfaitement structuré. Dès les premiers morceaux, il est clair que si ceux-là n'ont pas encore beaucoup joué en public, ils n'ont aucun problème de cohésion. Nous partons donc pour une longue ballade au cœur d’un univers pastel, évoquant tour à tour des personnages un peu cassés ("La Joliesse"), la déprime d'une histoire d'amour finissante ("Mes Souvenirs"), les compromissions de l'existence ("C'est pas joli joli") ou une vie parisienne ("Paris").

Beaucoup de monde dans cette petite salle. Le groupe se produit face à un public debout, l'entourant comme s’attroupe autour d'un conteur venu narrer ses histoires curieuses. Les arrangements du groupe sont impeccables de justesse, aucun instrument ne s’égarant dans le superflu. La voix douce et un peu traînante de Virgule s'accorde très bien à cette tapisserie musicale, même si on peut penser qu'elle pourrait la muscler un peu. Le violoncelle de Fanny Warin reste la touche la plus originale, remplaçant avantageusement un clavier. Sébastien Saint André (basse) et Benoît Gascquet (batterie) se chargent de la rythmique, et Jane Sevilla ajoute sa voix haut-perchée sur la plupart des morceaux.

Lorsque le concert touche à sa fin, les applaudissements et surtout les sourires du public témoignent du très bon moment que chacun vient de passer. Une seule envie en repartant : qu'il y en ait d'autres, vite :-).

 

 

CSS

Une surprise dans les bagages de Cansei De Ser Sexy?

Écrit par

On attendait de pied ferme le retour des Brésiliens délurés de CSS depuis l’excellent concert presté à la Rotonde du Botanique quelques mois auparavant, à guichets fermés. Cette fois, le combo a eu l’excellente idée d’amener dans ses bagages leurs amis de Tilly & The Wall.

L’ouverture du concert a été assurée par The Holloways, des Brittons distillant un punk pop engageant mais trop instantané. Le genre qui s’oublie quelques minutes après la prestation… Les esprits s’échaufferont un peu plus à l’arrivée des trois filles et deux gars de Tilly & the Wall. Armée d’une artillerie de ‘feel-good-hits’, les filles s’époumonent en tapotant du pied sur des socs en bois fixés au sol, en guise de percussions. Un bon moment, en particulier lorsque le groupe entamera leur tube « Sing Songs Along ».

Une petite demi-heure plus tard, la troupe brésilienne faisait son apparition sur scène. A peine débarquée sur scène, Foxxylove entame devant un parterre extatique non pas le « CSS Suxx » que tout le monde attendait mais un nouveau titre, « Don’t Mess With Holidays ». D’entrée de jeu, l’ambiance se fait à la fois chaude et bon enfant, l’interprète de CSS éclatant de rire à tout bout de champ. Elle entamera d’ailleurs une courte reprise du ‘cultissime’ « No Limit » de 2 Unlimited que l’orangerie reprendra en chœur avec grand plaisir. Le batteur et seul mâle de la formation semblait, lui, pressé d’en finir, coupant la parole à Foxxylove à coups de percussions chaque fois que la jeune fille se lançait dans des divagations avec l’assistance entre les chansons. Cansei De Ser Sexy enchaînera donc ses tubes « Alala », « This Month, Day 10 », « Meeting Paris Hilton », l’excellent « Acho Um Pouco Bom », « Off The Hook »,  et l’incontournable reprise des L7 « Pretend We’re Dead » avant de s’évaporer dans les coulisses pour revenir quelques instants plus tard clôturer le show par un délicieux « Let’s Make Love And Listen To death From Above ». Excellente prestation, à la hauteur de celle exécutée à la Rotonde en décembre 2006.

 CSS (+ Tilly & The Wall + The Holloways)

ABC

La danse du scalp?

Écrit par
20 heures tapantes, les Londoniens de Metroriots, pantalons cigarettes bien ajustés et chevelure aux airs de Ramones, attaquent les planches d'un Handelbeurs bien rempli au cours d'un set qui claque, un spectacle rehaussé par la présence d'un leader convaincant.

Quelques instants plus tard, les Licks apparaissent en file indienne, bientôt suivis de la squaw Juliette Lewis (mieux connue dans le monde du cinéma -notamment- grâce à Natural Born Killers notamment) afin de nous présenter leur nouvel opus : « Four on the Floor ». Quelques jeunes filles sises au premier rang hurlent. Elles portent, elles aussi, la plume immortalisée par la pochette de ce nouvel album. Le show de Juliette & Licks peut maintenant commencer? Car, en effet, si les compositions restent somme toutes assez primaires et pas toujours très inspirées, l'actrice-chanteuse sait très bien comment séduire son public et ne ménage pas ses efforts. Très tôt, elle a vite fait de se débarrasser de coiffe, chaussures et pied de micro pour se tortiller dans tous les sens, sauter, danser, voire même s'offrir une petite balade au sein d'un public survolté. Anciens et nouveaux morceaux se succèdent à un rythme effréné et la belle, en nage, de la tête aux pieds, ne cesse de se contorsionner. Solos appuyés. Juliette à genoux devant le guitariste. Solos appuyés. Danse de la pluie devant le batteur. Solos appuyés. A genoux devant le bassiste. Un peu de crowdsurfing à présent... Voilà qui semble avoir conquis le public venu chercher un peu de `Rock'n'Roll attitude'.