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Bénabar les regarde danser…

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Hooverphonic
Kreator - 25/03/2026

The Charlatans

Un final explosif!

Écrit par

Il y a belle lurette que je n’avais plus assisté à un set des Charlatans. Si mes souvenirs sont exacts, c’était en 1990. Le 5 décembre très exactement. A l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Un show époustouflant auquel participaient encore l’organiste, feu Rob Collins, et le guitariste John Baker ; mais qui avait surtout mis en exergue l’immense talent du drummer John Brookes. A cette époque, la formation était en plein boom, notamment à cause de son Ep, « The only one I know ». Depuis, le groupe a quand même aligné 10 albums, connu deux changements de line up importants (c’est Mark Collins qui se charge des parties de guitare dès 1991 et Tony Rodgers des claviers depuis 1999) et perdu progressivement de sa popularité. Ainsi, au cours de la première moitié des nineties, les Charlatans attiraient un bon millier de personnes en Belgique, lors de leurs concerts. Ce soir, au Handelsbeurs, on devait en recenser entre 300 et 400. Dont un fort contingent de Britanniques. Une chose est sûre, ce n’est pas sold out. Et puis, la moitié du public est constituée de quadragénaires. Signe des temps…

En première partie, le quatuor louvaniste Starfucker ne nous a guère convaincus. Longiligne, la chanteuse affiche un physique qui me fait un peu penser à Chrissie Hynde des Pretenders. Elle joue d’ailleurs aussi de la rythmique. Il y a une drummeuse. Ce n’est pas courant. Et puis, le soliste joue à l’aide d’une ‘Flying V’. Musicalement, leur garage est assez brouillon, même s’il ne manque pas d’énergie. Après trois morceaux, on a préféré aller prendre un rafraîchissement.

Les Charlatans montent sur les planches et entament directement leur set par « You cross my path », le titre maître de leur dernier opus. Vêtu, de noir, la coupe baggy très caractéristique, souriant, Tim Burgess semble ne pas avoir pris une ride en près de 20 ans. Tout comme la musique des Charlatans, par ailleurs. Mais c’est toujours lorsque le combo parvient à mêler le groove hypnotique au psychédélisme sixties qu’il demeure le plus performant. Ce sont d’ailleurs les chansons les plus pop qui dénotent le plus au sein du tracklisting. Heureusement, on peut les compter sur les doits d’une seule main. Certaines compos cherchent manifestement une autre orientation. Et je pense tout particulièrement au funkysant « Judas », au cours duquel Tim emprunte un timbre falsetto. Sans quoi sa voix est claire, vibrante et les mélodies contagieuses, parfois même hymniques. Une belle opportunité pour permettre alors aux fans de reprendre les paroles en chœur. On a aussi droit à quelques clins d’œil adressés à l’un ou l’autre artiste de l’histoire du rock. Ainsi « One to another » transpire le « Sympathy for the devil » des Stones, alors que la guitare emprunte un riff au « Fearless » (NDR : si, si, souvenez vous de cette chanson qui s’achevait par le « You'll Never Walk Alone » chanté par les supporters de Liverpool) du Floyd, tout au long de « Soul saver ». Enfin, « You’re so pretty » semble parfaitement calqué sur le « Fade to grey » de Visage. Etonnant ! Bien sûr, les moments forts du concert resteront les indémodables « The only one I know » et puis le très psyché « My name is despair », qu’ils interprètent dans la pénombre, le frénétique « Ignition » et le chaloupé « Then ». C’est d’ailleurs le moment choisi par les claviers pour rogner davantage la mélodie.

On ne passera pas sous silence l’efficacité et la sobriété du guitariste Mark Collins, ainsi que les lignes de basse rebondissantes injectées par Martin Blunt. Mais encore une fois, c’est sur le drummer que vont à nouveau se focaliser les regards. Notamment lors du rappel. Son amplitude et sa dextérité font merveille. Stéphane, qui m’avait d’ailleurs accompagné (NDR : allez donc voir ses photos dans la rubrique ad hoc) a même déclaré qu’il mériterait de jouer au sein d’un groupe de métal. Et quand on sait ce que ce type de musique exige en matière de technique, c’est un fameux compliment. Un final donc explosif, au cours duquel les Charlatans vont interpréter « A day for letting go », « How High » et un « Sposton Green » digne de la meilleure période des Stone Roses. D’ailleurs l’attitude de Burgess y contribue. Lorsqu’il est face au micro il prend tantôt les poses de Ian Brown ou alors, les mains dans le dos, en courtisant le micro, d’un certain Liam Gallagher.

Tracklisting :

1) You cross my path
2) Weirdo
3) Bad days
4) Black’n’blue eyes
5) Judas
6) Mis-takes
7) Then
8) One to another
9) Soul saver
10) My name is despair
11) Bird
12) Misbegotten
13) The only one I know
14) Oh vanity
15) If I fall
16) Ignition
17) You’re so pretty
18) This is the end

Rappel :

19) A day for letting go
20) How high

21) Sposton green

Organisation Handelbeurs

Queensrÿche

(Mind)crime et châtiment…

Écrit par

Vingt ans après sa sortie, « Operation Mindcrime » constitue toujours le chef-d’œuvre absolu de Queensrÿche. Non seulement les arrangements sont d'une précision chirurgicale, mais les compositions sont superbes et les lignes mélodiques vocales parfaites.

Mais avant toute chose, commençons par analyser les aspects négatifs de ce type de musique, pour mieux les balayer ensuite :

- Le heavy métal, sauce opéra rock affiche un côté kitch sur scène. C'est vrai ! Mais le show est tellement impressionnant qu'il est difficile de ne pas être précipité dans de l’univers de Nikki, Mary et du Dr.X,

- Les membres du groupe ne communiquent pas avec le public. Quelle autre solution adopter, lorsqu’on sait qu’ils jouent une intrigue devant nous. D'une rare cohérence, cette histoire ne peut être interrompue à aucun moment.

- L'AB était loin d'être comble, mais les tentures noires tirées devant les balcons et les gradins rendaient les lieux beaucoup plus intimes. On avait même l’impression que la salle était pleine à craquer.

- Enfin, comment analyser un tel show, lorsqu’on sait que les musiciens ont composé cet « Operation Mindcrime », en 1988. Et en précisant que les 3/4 du public qui ont acheté ce disque –à l’époque, ils avaient alors 15 ou 20ans– ont vieilli eux aussi. Peu de gamins, d'ailleurs, pour ce concert conceptuel, exercice auquel finalement peu de groupes osent se frotter.

Le concert démarre dès 19h00 par l'intégrale d'« Operation Mindcrime », volume I. Introductions bien entendu suivies par "Revolution Calling" et "Operation Mindcrime" qui nous plongent tout de suite dans l'ambiance : un rock déchaîné caractérisé par ses guitares acérées, et une mise en scène digne de cette épopée, alimentées d’intrigues sociales, politiques et religieuses, racontant le récit du mystérieux Dr. X qui cherche à conquérir le monde. Pour atteindre son but, il prend le pouvoir sur le naïf junkie Nikki, qu'il remodèle jusqu'à en faire une machine à tuer. L'histoire se déroule sur les planches, comme sur l'album ; à une différence près : Mary, l'ange gardien de Nikki, jouée par Pamela Moore, se suicide sur scène suite à un appel téléphonique de Dr.X ; et son corps disparaît dans les flammes au terme d'un "Needle Lies" d'une puissance incroyable (NDR : malgré les quelques imperfections vocales manifestées par Geoff Tate). Signalons quand même qu’hormis l’un ou l’autre détail, le son est tout bonnement magistral. L'alternance entre les passages chantés et les riffs sont remarquables. Les duels entre les guitares d'anthologie. Les figurants sont présents sur la moitié des titres afin d'illustrer le propos des chansons. Un écran géant a été placé en hauteur. Des images relayant les titres y sont projetées ; mais également captées en live durant le concert. Histoire de parachever l'impression d'assister tant à un spectacle qu'à un concert de heavy metal.

Détail piquant, mais totalement inhabituel aujourd’hui : ce sont les deux mêmes guitares qui sont utilisées tout au long du set... Quand on pense que des groupes de gamins comptant à peine un disque à leur actif en consomment parfois une kyrielle, pour une heure de show....

Les dernières notes de "Eyes of a Stranger" ont à peine fini de résonner que les musiciens quittent la scène. Les lumières de la salle se rallument. Les Queensrÿche méritent en effet bien une pause ; ne fût-ce que pour permettre à Geoff Tate de se refaire une ‘beauté’ : son maquillage a eu le temps de couler ; à un tel point que son regard en devenait inquiétant sur les derniers titres. Outre ses capacités de vocaliste de haut vol en matière de metal, il a un don inné pour mimer son show.....

Retour en salle sur une bonne nouvelle. Alors que les photos n'étaient usuellement autorisées que sur les 3 premières chansons (NDR : lors du premier « OM »), le second opus est ouvert aux courageux photographes qui le souhaitent. Une condition : rester dans la salle. Frontstage interdit. Je dois reconnaître qu'excepté votre serviteur, il ne doit pas y en avoir eu d’autre. Ce deuxième tome d’« Operation Mindcrime » a tellement été décrié à sa sortie. Notamment par les fans de la première heure. Normal, ils l'ont plus que probablement trop comparé à son homonyme de 1988. Aussi, je n'en attendais pas beaucoup sur scène. Grave erreur : Geoff revient vêtu d’un superbe costume noir. Il assiste à son procès sur les notes de "I'm American" qui trouve en live toute sa dimension hardeuse. Suivent différents épisodes consacrés à la vengeance de Nikki. Après sa descente aux enfers traduite par 18 ans en prison, il cherche à retrouver le Dr.X pour lui faire regretter tout le mal qu’il lui a fait et venger Mary. C'est sur "The Chase", lors de la confrontation entre Nikki et le Dr.X, qu’intervient la grosse déception de la soirée. Dans la version studio, c'est Ronnie James Dio qui tient le rôle du Dr.X. Je n’imaginais même pas entendre Dio chanter sa partie vocale. Mais quelle déception de devoir se contenter d’un enregistrement de sa voix… et aussi de celle de Geoff Tate ; alors que les quatre musiciens continuaient à jouer en live. Et ils remettront le couvert, même si Geoff assurera alors quand même sa propre partie.

Hormis cette remarque, « OM2 » prend tout son sens sur scène. L'atmosphère est manifestement impitoyable, ténébreuse et glauque (Geoff exécute un prisonnier d'une balle dans la tête, envisage de mettre un terme à ses jours, s'abandonne aux drogues et à l’alcool). L'absence de claviers sur scène renforce encore cette impression et les interventions nombreuses de Pamela Moore –qui tenait le rôle de Mary une heure plus tôt– apportent une touche plus lyrique aux chansons. Bref, une version ‘live’ qui prend largement le pas sur la ‘studio’. "All the Promices" clôt ce second volet. Rejoints par Pamela, les musiciens viennent saluer et remercier le public. Geoff sourit enfin ; après avoir joué pendant deux heures un rôle de sinistre personnage…

Les Queensrÿche remontent sur le podium quelques minutes plus tard pour accorder pour un rappel de 3 titres, au cours duquel ils peuvent enfin partager avec le public leur joie, voire leur bonheur, d'être sur ces planches. Et franchement, ce bonheur est communicatif. Et tant pis si la voix de Geoff a pris un coup dans l’aile ; il assure encore, le bougre.

Dommage que la salle n'était pas comble ; comme aux grandes heures où Queensrÿche remplissait des temples de la taille de Forest National. Mais comme je le rappelais en début de compte-rendu, nombre de fils du métal sont maintenant pères de famille ; et la nouvelle génération a l’embarras du choix, quand elle souhaite se déplacer pour un concert… même de métal.

 

Tokyo Police Club

En perte d’efficacité…

Écrit par

La Rotonde se remplit difficilement. Tokyo Police Club avait pourtant séduit par son premier EP, assurant admirablement la succession des Strokes de leurs débuts. « A lesson in crime », en condensé de guitares explosives mais mélodiques, annonçait un avenir radieux pour les quatre Canadiens.

D’observer la salle aussi aérée soulève quelque scepticisme ; et la première partie, The Moebius Band, est accueilli avec la plus grande réserve. Pourtant le trio new-yorkais déjanté fait tout son possible pour égayer l’atmosphère. Les compositions partent dans tous les sens, dégagées de tout conformisme, au risque de sacrifier la cohérence et la structure. Batterie, basse et guitare sont soutenues pas des machines, dans une formule électropop qui, malheureusement, ne couve plus beaucoup de mystères. La performance s’écoulera finalement sans heurts, comme sans véritable accroche malgré le bon esprit et la qualité de l’instrumentation. Il manque l’assaisonnement pour s’émoustiller. Pas de rappel ; les applaudissements s’éteignent rapidement et le ton hagard s’installe, qui ne quittera plus la soirée. Les Nuits du Botanique ont-elles épuisé tous les mélomanes ?

L’énergie de Tokyo Police Club fera à peine sourciller. Les guitares s’affolent toujours autant sur les premiers morceaux, tirés de leur dernier « Elephant Shell ». Mais l’urgence n’est plus fondue dans les mélodies croustillantes qu’on leur connaissait. Les visages s’animent surtout lors de l’interprétation de morceaux plus anciens, comme « Nature of the experiment » ou « If it works » ; mais davantage d’efforts sont nécessaires pour adhérer aux nouvelles créations. Seul le single "Your English Is Good" ranime spontanément l’effervescence du public. Pour le reste,  la formule, toujours aussi brute et en puissance, a malheureusement perdu en efficacité. Les rythmes s’effilochent, la mélodie est moins perceptible, le son moins franc, le tout moins échevelé. Pourtant, la mise à l’honneur du synthé ajoute une consistance bienvenue et on ne devrait que se réjouir de voir ainsi s’émietter la parenté avec les Strokes. Malheureusement, ce qu’« Elephant Shell » gagne en singularité, semble fondre dans une power pop encore en cheminement et sans grande conviction.

L’indécision du public signe l’absence de rappel. Légère déception pour ce (très) jeune quatuor sur qui la presse et le buzz avaient peut-être simplement misé trop d’attentes.

Organisation Botanique

Explosions In The Sky

Orage sur Lausanne…

Ce mercredi soir, dans les rues de Lausanne, le temps est lourd, orageux. De gros nuages se profilent à l’horizon. Pourtant, c’est du Romandie qu’éclatera le tonnerre. La salle lausannoise accueille en effet le groupe Explosions in the Sky. En supporting act : l’artiste américain Eluvium. Un événement très attendu, vu l’engouement du public pour ce spectacle.  

La foule commence à se presser contre la scène. La chaleur monte et devient bientôt à la limite du supportable. Eluvium monte sur les planches, le show commence. Le multi-instrumentiste parvient à focaliser l’attention de l’auditoire pendant la trentaine de minutes qui lui sont imparties. Il y dispensera un rock expérimental et instrumental, passant allègrement du piano électrique à la guitare, tout en gérant les pédales de répétition de boucles et les pistes préenregistrées, programmées par son ordinateur.

Le set achevé, le ‘changement de scène’ est opéré assez rapidement, afin de laisser la place à l’événement pour lequel 300 personnes se sont agglutinées jusque dans les escaliers de la salle. Et elles ne seront pas déçues par cet orage sonore. Hors pair, le quatuor joue pendant plus d’une heure, faisant déferler tantôt avec puissance, tantôt douceur, mais toujours une grande implication émotionnelle et physique, son rock indie instrumental. C’est clair, les musiciens vivent leur musique. Et ils ne sont pas les seuls. Car de nombreux spectateurs ferment les yeux, essaient tant bien que mal vu le peu d’espace disponible de danser ou se balancent au rythme de la musique. Tout le monde cherche à se connecter au groupe. Le combo texan est l’exemple vivant qu’il n’est pas toujours nécessaire d’avoir recours aux paroles pour communiquer.

Explosions in the Sky est vraiment à voir et à revoir. Le seul regret procède de l’exiguïté des lieux. Lorsqu’ils sont combles, le mercure grimpe rapidement dans les thermomètres. Mais lorsqu’en plus à l’extérieur, la météo s’en mêle, la température devient très vite étouffante. Hormis cette réserve, la soirée est réussie. Bien que puissant, le son la loi suisse oblige les organisateurs à fournir gratuitement des boules-Quiès ; une initiative à souligner est de bonne qualité, et le personnel organisateur ainsi que préposé à la sécurité est accueillant. En outre, il se distingue par sa bonne humeur.

 

 

 

Willard Grant Conspiracy

Symphonie pour un pèlerin

Écrit par

Robert Fischer est imprévisible. Après avoir écouté son dernier album, « Pilgrim road », je me suis demandé quelle mouche l’avait donc bien piqué pour accoucher d’une musique aussi orchestrale. D’ailleurs, je dois avouer avoir imaginé que cet opus était un projet sans lendemain. Et je me suis lourdement trompé. La plus belle preuve par son set accordé ce samedi 24 mai au Handelbeurs de Gand.

Howe Gelb assure le supporting act de la nouvelle tournée de WGC. Il joue même sur le piano d’un des musiciens du groupe, alors que son compère emprunte la contrebasse d’Eric Van Loo. Au milieu de sa prestation, le drummer de la bande à Fischer vient même donner quelques coups de balais. Mais venons-en à la prestation de Gelb. Il joue des ivoires sur la moitié de son set. Ses chansons baignent manifestement dans le jazz. Aussi bien allègre que mélancolique. Et les accords tout en nuances accordés par le contrebassiste accentuent cette impression d’intimisme syncopé. Heureusement, Gelb parsème sa prestation de traits d’humour. Il se lève régulièrement de son tabouret pour aller pincer les cordes à l’intérieur du piano à queue. Fait craquer son support de micro lorsqu’il achève ses morceaux. Balance l’une ou l’autre plaisanterie. Converse parfois avec le public. Après 7 ou 8 titres, il passe à la guitare à 12 cordes dont il parvient à sortir des sonorités incroyables, tout en recadrant constamment une ligne de conduite essentiellement semi-acoustique. Et en fin de parcours, il revient siéger derrière le piano pour interpréter une compo à la limite du dixieland. On est quand même très loin de ses expérimentations extrêmes opérées au sein de Giant Sand, voici plus de 10 ans. L’homme à mûri. Seules ses expressions du visage trahissent encore son esprit malicieux.

Pas le temps d’avaler sa blanche (NDR : un petit quart d’heure !) et Willard Grant Conspiracy monte sur le podium. Ils sont onze sur scène (*)! Tous assis, sauf le contrebassiste Eric Van Loo, légèrement en retrait, sur la gauche. En fait de contrebasse, il s’agit réellement d’une double basse. En front de scène et de gauche à droite s’installent un pianiste (guitariste aussi, mais surtout à mi-parcours), Robert (il ne jouera pas de gratte avant le 11ème morceau), une charmante vocaliste (dès son arrivée, elle a planté une fleur sur son pied de micro) douée d’un timbre vocal exceptionnel rappelant Joan Baez (elle n’assure pourtant que la contre voix), un guitariste (et pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Chris Eckman !) et le drummer. Derrière, dans le même ordre, campent une claviériste (toute menue, d’origine asiatique, elle viendra prendre place derrière les ivoires lors du tout dernier morceau, « Distant shore »), un violoncelliste coiffé d’un drôle de chapeau, un violoniste, un trompettiste/accordéoniste et un tromboniste. Le compte est bon ! Et surtout le team prêt à jouer son « Pilgrim road ». Robert (il est imberbe !) se concentre sur ses vocaux. Et son baryton sensible, chaleureux, est souvent proche de celui de Neil Diamond, même lorsqu’il s’exprime à travers une forme de prière (le très beau « Painter blue »), alors que la musique majestueuse, belle, luxuriante rappelle plutôt le Divine Comedy. Aussi lorsque l’orchestration monte en intensité, on en attrape des frissons dans le dos. La fin du set est plus électrique. Robert à empoigné sa sèche. Certains musiciens changent de rôle. Un ballet décrit par Robert comme de la chorégraphie. C’est le moment choisi par les deux gratteurs pour injecter leur dose maximale d’électricité dans les compos, parfois même en se servant du bottleneck, mais surtout de pédales de distorsion. On aura ainsi droit à une version fabuleuse de « Let it roll », proche de l’envoûtement. Mais sous cette forme, lorsque les arrangements orchestraux viennent enrichir la solution sonore, je ne peux m’empêcher de penser à Sophia. Un seul rappel consacré à une seule chanson. Encore plus rock. D’ailleurs le drummer a alors changé ses balais contre des baguettes. Mais franchement, ce set m’a véritablement impressionné, même s’il n’a duré qu’une heure et une bonne quinzaine de minutes…

(*)

Malcolm Lindsay - piano et guitare
Erik Van Loo - double basse
Yuko Murata - claviers et piano
Peter Harvey - violoncelle
Josh Hillman - alto
Dennis Hillman - trompette et accordéon
Tom King - drums

Chris Eckman - guitare acoustique et électique
John Songdahl - trombone and orgue
Iona MacDonald - chant
Et bien sûr Robert Fischer au chant et à la guitare.

Organisation : Handelsbeurs

Alain Bashung

Bashung, sinon rien !

Écrit par

Jeudi 29 mai. Bruxelles. Le temps est lourd. Très lourd. Le soleil n’y est pas, mais tout le monde sait où le retrouver : au Cirque Royal. Ce soir, le soleil porte un nom : Alain Bashung. Il est venu présenter son nouvel album, « Bleu Pétrole ». Ce soir, pas de set intimiste ; car le concert affiche complet depuis belle lurette. Mais qu’importe, la présence de Monsieur Bashung est tellement rare qu’on irait le voir n’importe où.

En première partie, Chloé Mons est complètement passée à travers. Elle a même dû quitter le podium après seulement 15 bonnes minutes. Faut dire que pour elle, rien ne collait. On avait même parfois l’impression qu’elle chantait faux. En outre, on ne lui attribuera pas le premier prix d’élégance… Sur scène, la pauvre fille semble abandonnée à son triste sort. Elle n’a pour seul compagnon qu’une guitare. Mais elle ne lui est pas d’un grand secours. Pourtant, elle a quand même enregistré un album en duo avec Bashung (« Cantique des Cantiques »). Mais au sein de cet immense espace, elle semble perdue. Et la foule est impatiente. Elle est venue voir le ténor. Le réclame déjà. Et le folk/blues de la donzelle lui tape rapidement sur le système. C’est donc sous les sifflets et les huées que Chloé Mons a vidé les lieux.

Après cet interlude de mauvais goût, l’auditoire semble soulagé, mais recommence à exiger la présence de Bashung. De plus en plus fort. Il est 21h10. Un homme usé, rongé par la maladie, fait son apparition. Il est tout de noir vêtu, coiffé d’un chapeau, les yeux cachés par des lunettes fumées. Les applaudissements sont déjà nourris. Malgré son teint livide et les moments douloureux qu’il traverse actuellement, Bashung semble d’humeur conquérante. Il prononce quelques mots dont il a le secret, nonchalamment. Mais malgré son attitude ‘je m’enfoutiste’, ont ressent une grande sincérité dans ses propos. Des propos fidèles au personnage qu’il incarne depuis le début de sa carrière. Il entame son set par un extrait de son dernier opus, « Comme un lego ». Assis, en jouant de la guitare. Le public retient son souffle pendant plus de 5 minutes. La voix suave et grave de Bashung augure un spectacle unique, intense et magique. Mais pour y parvenir, il peut compter sur son groupe : guitariste, batteur, bassiste et violoncelliste. Le band soutient magistralement l’homme qui voulait devenir l’Elvis de l’Hexagone. Et ce soir, Bashung joue tous ses plus grands succès pour le plus grand plaisir d’un public multi-générationnel. Un public, en quête de nostalgie. Qui ne se lasse pas d’écouter ou de réécouter l’elpee « Fantaisie Militaire », dont il interprète les compos à la perfection. Et ce ne sont pas les saturations causées par un ingénieur du son, sorti de nulle part, qui y changeront quelque chose. On est même à deux doigts de verser une larme, lorsqu’il entonne « La Nuit Je Mens ». C’est une version dynamique de « Osez Joséphine » qui fera exploser l’ambiance. Après une heure de trente de prestation, au cours de laquelle il n’oubliera pas de nous réserver ses incontournables « Fantaisie Militaire » et « Résident de la République », il décide de se retirer.

Le rappel est inévitable. La clameur ‘hénaurme’. L’homme revient chanter l’inusable « Madame Rêve ». Ravi, le public lui adresse –comme si c’était logique– un ‘Merci Alain !’ Le Français poursuit par un duo auquel participe… Chloé Mons. Paradoxalement, son accueil est plus chaleureux. Après nous avoir réservé quelques compos tantôt douces, tantôt énervées, le chanteur quitte une deuxième fois les planches, sous une salve nourrie d’applaudissements, laissant le soin à ses complices d’achever un spectacle chargé d’une dose d’émotion inouïe.

Et comme pour prolonger cette vive émotion, l’artiste, seul à la guitare, remonte sur le podium partager un dernier moment d’intimité en interprétant « Angora » et la cover du « Night in White Satin » de Procol Harum. Visiblement ému, Monsieur Bashung prend alors congé de son auditoire, en lui adressant un dernier salut. Il laisse alors, après deux heures de prestation, un public charmé, conquis, évacuant le Cirque Royal, des étoiles plein la tête… Merci Alain !

Nouvelle date le 27 novembre 2008 à l’AB.

Organisation Ubu Concerts 

 

Robert Plant & Alison Krauss

Un héros très discret

Écrit par

Forest National, dans sa mouture ‘club’, accueillait ce dimanche 11 mai le légendaire Robert Plant venu présenter « Raising Sand », album de reprises enregistré en compagnie de la jolie country girl Alison Krauss. Pour sa tournée mondiale, le duo a également emmené dans ses bagages le producteur et musicien de talent, T. Bone Burnett, responsable de la mise en forme de cet excellent « Raising Sand ». Entre country, bluegrass, folk et rock, les trois stars ont électrifié l’assistance pendant deux bonnes heures.

A 20h précises, Scott Matthews –il assurait la première partie– prend place sur le podium, accompagné de deux musiciens. Pendant une toute petite demi-heure, l’Australien enchaîne en version acoustique quelques titres de son premier album, « Passing Stranger ». Des morceaux tels que « Dream Song », « Elusive » ou « Passing Stranger » ont merveilleusement survécu à leur dépouillement. Si bien que la courte prestation de Matthews a laissé un goût de trop peu, au moment de sa clôture.

Ensuite, à 21h, le grand Robert Plant effectue une entrée tout en délicatesse tandis qu’apparaît à l’autre bout de la scène sa compagne de route, Alison Krauss. Réuni au milieu de la scène, le duo entame sa prestation par quelques extraits du recueil « Raising Sand ». La délicieuse voix de Krauss mariée aux intonations familières de Plant atteint des sommets de beauté dès les premiers instants, notamment lors d’un introductif « Rich Woman », bien plus intense que sur disque. Après avoir survolé une série de morceaux tirés de leur album né de leur collaboration, Robert Plant commence à se montrer plus discret, laissant la lumière du projecteur illuminer la jeune femme qui transporte l’assistance à coups d’incroyables envolées lyriques, comme sur le joli « House Of Cries ». Plant laisse alors sa partenaire jouer un bon moment, n’intervenant qu’ici et là pour placer sa voix aux moments opportuns. Derrière eux, les musiciens se concentrent sur leurs tâches avec une passion visible. Le producteur et guitariste T. Bone Burnett s’installe d’ailleurs au centre de la scène afin d’interpréter deux titres extraits de son propre ouvrage. Un exercice quelque peu inefficace et futile qui sera vite effacé des mémoires à l’instant même où le duo refait son apparition. Le bluegrass des « Gone Gone Gone (Done Moved On) », « Please Read The Letter » et autres « Polly Come Home » vont conduire à la ‘standing ovation’ après 2h10 d’un show tout en grâce et élégance. On regrettera toutefois le trop plein d’humilité de Plant qui s’est montré légèrement trop circonspect. Certainement pour ne pas voler la vedette à Krauss et Burnett...

Organisation : Live Nation

 

Marilyn Manson

Mi-figue, Mi-raisin

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Autant le dire tout de suite, l’adage suivant lequel ‘les absents ont eu tort’ n’est pas de mise pour ce concert. Néanmoins, ils ont le droit d’avoir des remords. A cause du supporting act. Turbonegro. Je l’avais d’ailleurs déjà souligné lors de la confection d’un article paru dans les news. En outre, la formation norvégienne s’était également illustrée au dernier Pukkelpop. Le vendredi. En clôture (NDR : voir la review de ce festival signée par l’ami Enzo). Un set quand même difficile à décrire. Une chose est sûre, sa musique nous replonge dans le bon vieux hard des années 80 ; mais la solution sonore est revue et corrigée suivant l’esprit nordique. Une petite touche de punk à la Black Flag en plus. Sans oublier le chouia de truculence, qu’incarne si bien le chanteur. Un véritable Viking qui se produit torse nu tout en dégageant une certaine sympathie. Ne connaissant pas leur répertoire, je ne m’étendrai pas sur leur setlist. Aussi je vous conseille de vous rendre sur leur Myspace, si vous souhaitez en savoir davantage… (http://www.myspace.com/turbonegro)

Marlyn Manson aime se faire désirer. La première partie à peine terminée (NDR : il est alors 20h45 !), un immense drap se déploie pour occulter le podium. Et les aficionados devront attendre plus d’une heure avant le début du ‘main act’. Il est d’ailleurs toujours amusant d’observer ce public. Très éclectique. De vrais fans de métal côtoient ainsi une foule de curieux. De tous les âges. Affichant une diversité de looks et de tenues assez impressionnante. Depuis le ‘bon père de famille’ qui emmène ses enfants (NDR : ce qui peut revenir cher à plus de 40€ la place) à l’ado pré-pubère, en passant par le vieux motard. Et les T-shirts arborés accentuent cette impression. Certains exhibent les derniers groupes métal à la mode comme Nightwish. D’autres, souvent des vétérans, ceux d’Alice Cooper. Des jeunes filles se sont déguisées en sorcières d’Eastwick. Mais on y croise également des cadres dynamiques encore en tenue de bureau… Finalement, en observant cette audience bigarrée, tout en sirotant quelques bières entre ami(e)s, le temps passe assez rapidement, et les lumières finissent par s’éteindre…

Le set s’ouvre par une courte intro au cours de laquelle Brian se livre à une sorte de rituel. La grande majorité des spectateurs n’assiste pas cette cérémonie, car le rideau couvre toujours le devant de la scène. Seuls les mieux placés -à l’avant et sur les côtés- se demandent si au-delà des apparences, Marilyn Manson ne serait pas un peu givré… La toile finit donc quand même par tomber à l’issue de ce prélude, et laisse apparaître un décor digne des cénacles occultes. On a même droit aux cierges. L’image est très importante chez MM. Brian se sert de son micro traditionnel à double fonction (NDR : un couteau de survie en même temps, c’est pratique !) Le contour de ses yeux est maquillé en rose fluo ; et on ne peut pas dire que ce choix passe inaperçu. Grimé de la sorte, on se demande si on est en présence d’un travesti prêt à prendre son service à Pigalle ou un acteur sorti tout droit d’un film d’épouvante de série B. Et du haut de ses bottes à semelles compensées, on peut vraiment affirmer qu’il est tapé ! Finalement, sous cette apparence, on a du mal à imaginer comment il est parvenu à séduire une telle pléiade de jolies nanas. Rose McGowan, par exemple. Mais arrêtons ici la description purement visuelle pour nous consacrer quelque peu au concert. Quoique…

« If I was you vampire » nous plonge immédiatement dans une ambiance propice à l’envoûtement. Dans l’esprit d’une secte, vous m’avez bien compris. « Mobscene » électrise la foule. Flûte, il manque les jolies danseuses de son clip vidéo. Elles étaient pourtant présentes, lors du dernier spectacle accordé au Brabanthal de Louvain. Finalement les titres s’enchaînent d’une façon assez carrée. Le medley opéré entre « Sweet dreams » et le vieux « Lunch box » brise quelque peu ce processus linéaire. Malgré quelques mots prononcés entre les titres et les incursions dans le public, le grand show est attachant, mais pas particulièrement enthousiasmant. A se demander si le spectacle ne serait pas plus adapté à un festival plutôt que dans une salle de grande capacité, comme Forest National (NDLR : lors du Pukkelpop 26, sa prestation a été catastrophique). Le décor est quand même le fruit de prouesses techniques : la chaise de cinq mètres de haut, le stand destiné au discours de propagande politique ou l’avant-scène qui se surélève en plein milieu du concert, en sont les plus belles démonstrations. Il faudra cependant attendre des tubes comme « Rock is dead » ou « The Beautiful People », dispensés en bout de course, pour retrouver chez MM un peu de tonus.

Dans l’ensemble, ce concert a laissé une impression Mi-figue, Mi-raisin. On comprend mieux pourquoi il plaît davantage à la masse de curieux qu’aux vrais fans de métal/indus. D’ailleurs ces derniers prendraient davantage leur pied lors d’un bon st d’Oomph qui n’a pas besoin d’en remettre trois couches pour se révéler aussi brillant qu’efficace…

Setlist :

01) Intro

02) If I Was Your Vampire

03) Mobscene

04) Disposable Teens

05) Tourniquet

06) Irresponsible Hate Anthem

07) Are You The Rabbit?

08) Sweet Dreams/Lunchbox

09) The Fight Song

10) Putting Holes In Happiness

11) Heart-Shaped Glasses

12) Rock Is Dead

13) The Dope Show

14) The Reflecting God

15) Antichrist Superstar

16) The Beautiful People

 

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