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Dernier concert - festival

Hooverphonic
dEUS - 19/03/2026

Jam Hades

The edge of regret

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Jam Hades est un trio dublinois qui nous propose un premier long playing plutôt singulier. Tout d’abord à cause de la voix de son leader Mark McManus. Tour à tour incantatoire, gémissante ou inconstante, elle rappelle parfois celle de David Byrne. Mais aussi Peter Doherty. A l’instar du titre qui ouvre l’elpee, « The edge », une compo qui évolue sur une sorte de rumba.

Un disque surprenant à cause de l’expression sonore, dont les références oscillent de Père Ubu à Monochrome Set, en passant par Talking Heads (NDR : évidemment). Mais pas seulement ! Ainsi le plus complexe « People’s habits » bifurque vers la prog (Peter Hammil ?), alors que « Fit in ! » parvient à combiner drumming ample, nœud de guitare insidieux et vocaux inspirés du hip hop. On a même l’impression d’entendre une mélopée amérindienne en filigrane de « Chazy suit ». Enfin, « Japonaise blind » se distingue par des changements de rythme vertigineux.  

Reste « Saloirs mast », une piste dont la mélodie est portée par une voix de baryton. Probablement celle d’un invité. Un certain David Laye.

 

CIEL

Make it better

Écrit par

CIEL est un trio cosmopolite, puisqu’il réunit la Batave Michelle Hindriks, l’Espagnol Jorge Jimenez et l’Anglais Tim Spencer. La première se consacre à la basse et au chant, le deuxième, la guitare et le troisième, la batterie.

« Make it better » constitue le premier Ep de CIEL. Il a été produit par Steven Ansell, le drummer de Blood Red Shoes. Le groupe a même signé sur son label, Jazz Life.

Quelque part entre shoegaze, dream pop et grunge, pimentée par quelques touches électro, la musique de CIEL est transportée par la voix angélique et vaporeuse de Michelle. Traversé d’éclairs électriques sinusoïdaux, « So scared » lorgne même parfois vers My Bloody Valentine. 

Accrocheur, « Jealousy » aurait pu figurer au répertoire de Garbage. Euphorique, « Somebody », morceau qui ouvre l’Ep, s’autorise des déflagrations malsaines. Imprimé sur un tempo enlevé, le titre maitre libère un fuzz gémissant…

On devrait en savoir plus lors de la sortie d’un album…

Caleb Nichols

She’s not your shadow (Ep)

Écrit par

Figure queer, Caleb Nichols milite au sein de la communauté LGTBQ+. Mais c’est également le fondateur de Kill Rock Stars, un label qui a hébergé des groupes ou des artistes comme Bikini Kill, The Melvins, Sleater-Kinney ou encore Elliott Smith ; une écurie qu’il avait dissoute, il y a 13 ans, lorsqu’un des architectes de l’écurie était parti chez une major et qu’il vient de réactiver l’an de dernier, en la quittant.

Quatre titres figurent sur son dernier Ep, « She’s not your shadow ». Qui s’ouvre par « Waylaid », un morceau enlevé, légèrement cuivré, au cours duquel Caleb chante d’une voix versatile, un peu à la manière de Robert Pollard (Guided By Voices). Après la ballade mid tempo « Shadow step », « Night song » est une compo dont la mélodie en boucle est tramée à la fois sur des variations d’accords de guitare cristallins et d’harmonies vocales. Des harmonies qui deviennent réminiscentes de Supergrass, sur le titre qui clôt cet Ep, « Idiot ».

Stef Kamil Carlens

Stef Kamil Carlens & The Gates of Eden play Bob Dylan – Live 2021-2022

Écrit par

Stef Kamil Carlens & The Gates of Eden

Le 24 mai 2021, dans le cadre du 80ème anniversaire de Bob Dylan, Stef Kamil Carlens a diffusé en streaming un concert préenregistré au sein de son studio à Hoboken. Pour ce set, il avait réuni un solide backing group afin d’interpréter des compos, pour la plupart, méconnues du Zim. C’est cette session ‘live’ qui figure sur le premier cédé de cet opus. Dans la foulée, le team est parti en tournée et a remis le couvert, mais en public ; et ce sont des enregistrements immortalisés à De Roma (Anvers), Merz (Breda) et au Tivoli (Utrecht) qui figurent sur le second compact disc.  

Stef a toujours été un grand fan de Dylan. Mais ici, il ne se contente pas de reproduire ses chansons. D’abord, le collectif se les réapproprie, les rafraîchit, alors que Carlens les chante, sans jamais calquer sa voix sur celle de son idole.

Un bel exercice de style en 17 versions, consacré à une partie du répertoire, trop souvent ignoré, d’un monstre sacré de l’histoire du rock…

The Utopiates

The sun also rides

Écrit par

The Utopiates est une formation londonienne fondée en 2020 ; et « The sun also rides » constitue son premier elpee. Ses sources d’inspiration majeures ? L’acid house des 80’s et la britpop des 90’s. On pense ainsi alternativement à Primal Scream, The Happy Mondays, aux Charlatans ou encore aux Stone Roses. Certaines plages (« Making history », « Ups and down » et son piano jazzyfiant) nous replongent même carrément dans l’univers ‘madchester’. Claviers fluides, percus tropicales, rythmes funkysants et solos de guitare psychédéliques alimentent alors l’expression sonore. Encore que parfois, on perçoit des réminiscences empruntées à Steely Dan (« Devolution »), Spencer Davis Group (« Sick love ») et même Santana (ces sonorités de sixcordes et ces claviers fluides !). Mention spéciale au percutant titre maître, dont le tempo irrésistible vous incite spontanément à danser ou à frapper du pied…

Sinead O’Connor

Décès de Sinéad O'Connor, une voix incomparable, à l’âge de 56 ans

Écrit par

Lorsqu’on évoque Sinéad O'Connor on pense inévitablement à son tube paru en 1990, « Nothing Compares 2 U », une reprise d’une chanson signée Prince. Mais on pense aussi à ses attitudes. Crâne rasé, rebelle, polémiste et provocatrice, elle n’a jamais laissé indifférent. Elle n’en était d’ailleurs pas à un scandale près. En 1992, elle avait déchiré, à la télévision américaine, une image du pape Jean Paul II, stigmatisant l'Eglise catholique pour ne pas avoir protégé les enfants victimes de pédophilie. Elle s’était fâchée avec les musiciens de U2, alors que c’est The Edge qui lui avait permis de faire décoller sa carrière, leur reprochant de ne pas avoir soutenu l’IRA. Aux Etats-Unis, elle avait refusé de monter sur les planches, après la diffusion de l’hymne national, soulevant l’indignation de la presse et de… Frank Sinatra… Elle avait de nouveau attiré les foudres du clergé, en 1999, quand une église irlandaise dissidente l’avait ordonnée, ‘prêtresse’…

Sinéad a traversé une enfance difficile après la séparation de ses parents à l'âge de huit ans. La chanteuse a affirmé très tôt que sa belle-mère, avec laquelle elle vivait après la séparation, la maltraitait physiquement. À 15 ans, elle a séjourné dans une maison de correction, à la suite de vols à l’étalage, puis dans un internat, dont elle s’était échappée.

Dépressive, diagnostiquée bipolaire, en 2003, elle avait tenté, à plusieurs reprises, de mettre fin à ses jours et partageait sa détresse sur les réseaux sociaux. Le 14 janvier 2022, son fils Shane, dont elle avait perdu la garde, s’était suicidé, après avoir fugué d'un hôpital où il était suivi pour tendances suicidaires. Elle ne s’en est jamais remise. Elle avait eu quatre enfants, avec lesquels elle avait des relations difficiles.

Après s'être installée un moment en Jamaïque et adhéré aux croyances rastafari, en 2018 elle s’était convertie à l’Islam, changeant son nom en Sudada’ Davitt ou Shuhada' Sadaqat.

Née à Glengeary, en Irlande, au mois de décembre 1966, elle a gravé dix albums, dont le deuxième, « I do not want what I haven’t got », s’est vendu à plus de sept millions d’exemplaires.

Depuis la sortie de son dernier elpee, « I'm Not Bossy, I'm the Boss », en 2014, on n’entendait plus guère parler d’elle, hormis l’étalement de ses états d’âme, via les réseaux sociaux.

Elle avait même annulé une série de concerts l’an dernier, en raison de son ‘deuil’, déclarant par ailleurs arrêter sa carrière…  

Dans ses mémoires, ‘Rememberings’, parues en 2021, elle se qualifiait de ‘chanteuse engagée’ affirmant n'avoir aucun désir de célébrité…

C’était quand même une fameuse voix, particulière, puissante mais sinusoïdale, libérant une fameuse dose d’émotion. Une voix reconnaissable entre mille…

RIP

Jane Birkin

Jane Birkin est partie rejoindre son pygmalion…

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De son véritable nom Jane Mallory Birkin, Jane Birkin est décédée à l’âge de 76 ans. Elle a été retrouvée sans vie à son domicile parisien ce dimanche 16 juillet 2023. Elle avait récemment annulé des concerts pour des raisons de santé. En septembre 2021, elle avait déjà été contrainte d’annuler sa tournée après avoir été victime d’un léger AVC.

Née à Londres en 1946, elle s’était installée en France à la fin des 60’s. Naturalisée française, elle a toujours gardé son accent britannique et son timbre de voix d’une indicible douceur. Après un premier mariage avec le compositeur John Barry, avec qui elle aura une fille Kate, décédée en 2013, elle rencontre Serge Gainsbourg. Ils vont former ensemble un couple iconique. Il sera son pygmalion. Elle sera sa muse. De ses dix ans d’union avec Serge Gainsbourg est née une fille, Charlotte Gainsbourg, en 1971. En 1980, l’idylle s’achève ; le couple se sépare mais continue de collaborer artistiquement. Après cette rupture, l’Anglaise préférée des Français a partagé la vie, de 1980 à 1992, du réalisateur Jacques Doillon, avec lequel elle a eu une fille, Lou Doillon.

Lorsqu’on a été DJ itinérant, au cours des seventies, et même si on privilégiait la programmation rock, on a inévitablement inclus les 45 tours « Je t’aime… moi non plus » et « La décadance » du couple sulfureux Gainsbourg-Birkin, lors d’une série de slows. Devenu numéro 1 dans les charts, en Grande-Bretagne, alors qu’il était censuré sur la plupart des ondes radiophoniques, le premier titre a fait couler beaucoup d’encre. A l’origine, la compo était destinée au duo Bardot/Gainsbourg, mais BB s’était opposée à cette sortie. Caractérisé par ses paroles aussi sexuellement explicites, le second ne récoltera cependant par le même succès… Mais la libération sexuelle était en route. En 1969, le couple chantait d’ailleurs déjà « 69 année érotique » …

Mais si Jane a longtemps interprété les chansons de Gainsbourg, à la disparition de ce dernier, elle a reçu la collaboration de nombreux autres compositeurs, dont Miossec, Dominique A, Cali, Zazie, Mickey 3 D et plus récemment Etienne Daho, et puis elle s’est décidée à écrire ses propres textes.

Elle avait également goûté à la world a travers l’album « Arabesque », en adaptant des compos signées Gainsbourg à l’aide de musicos arabes et tout particulièrement algériens. Elle était partie en tournée en compagnie de cet orchestre oriental, où ils s’étaient notamment produits à la maison de la Culture de Tournai. C’était en février 2003 (NDR : le compte-rendu est à lire ou à relire ). 

Et dans le même esprit elle bénéficie du concours de l'orchestre symphonique de Montréal pour enregistrer « Birkin / Gainsbourg : le symphonique », en 2017. Une aventure qu’elle va poursuivre, lors d’une tournée, mais soutenue par des ensembles philarmoniques issus de pays différents.

Parmi les morceaux les plus célèbres de son répertoire, outre le 3 titres dont question dans le premier paragraphe, on peut citer « Melody Nelson », « La gadoue », « Elisa », « Ex-fan des sixties », « Les dessous chics », « Je m’appelle Jane ‘feat. Mickey 3D’ », « Di Doo Dah » et la liste est loin d’être exhaustive.

Chanteuse, mais aussi actrice, scénariste et réalisatrice, elle a fait ses débuts au cinéma dans les sixties. Elle crée un premier scandale en jouant une mannequin séquestrée et nue dans ‘Blow-Up’, de l'Italien Michelangelo Antonioni. Une première dans un film britannique ! Elle jouera dans près de 70 films au total, dont ‘La Piscine’ de Jacques Deray aux côtés de Romy Schneider et Alain Delon ; ‘Don Juan 73’ de Roger Vadim, avec Brigitte Bardot ; ‘La Moutarde me monte au nez’ et ‘La Course à l'échalote’ de Claude Zidi, en compagnie de Pierre Richard ; ‘Mort sur le Nil’, de John Guillermin, auprès de Peter Ustinov...

Elle était engagée, tant pour l’écologie, l’humanitaire, les droits des femmes que les LGBTQI.

En compagnie de Françoise Hardy, elle avait chanté « Comment lui dire adieu ? » et en 1992, après la disparition de Gainsbarre, « Je viens te dire que je m’en vais ». Ce sont des chansons de circonstance. Il ne lui manque plus que « Les clefs du paradis » …

RIP

 

Rock Herk 2023 - 14 + 15 juillet 2023 - Photos

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Les organisateurs de Rock Herk se souviendront d'une édition plus que réussie. La 39e pour être précis. Le festival s'est déroulé à guichets fermés, ce qui signifie que 10 000 amateurs de musique se sont rendus chaque jour dans le centre de Herk-de-Stad.

Et ce, pour l'un des plus anciens festivals alternatifs du pays. Parmi les têtes d’affiche figuraient Admiral Freebee, Warhaus, Front 242, The Haunted Youth, Meltheads et Echo & The Bunnymen.

Le festival accueillait

SCÈNE PRINCIPALE

Echo & The Bunnymen (UK) / Warhaus / Mura Masa (UK) / Nitrogen / The Haunted Youth / Charlotte Adigéry & Bolis Pupul / Admiral Freebee / The Hickey Underworld / Dikke / Klaps / The Sha-La-Lee's / Jack Vamp & The Casttle of Creep / Mayorga

CLUB

Front 242 / Meltheads / Sons / Slift (FR) / Warmdüscher (UK) / Tramhaus (NL) / Deadletter (UK) / Lysistrata (FR) / Sky Stormer / Oi Boys (FR) / Huracan / Crouch / We Came As Dirt

DANSE

Tiga (CA) / Anthony Rother (D) / Mella Dee (UK) / Biesmans / Lillihell

STREET

Lander & Adriaan / Instar & Myu:sa [Neighbourhood Nuisance] / Niels Orens / Wrong Man / Barno Koevoet & The Duijmschpijkers / No Prisoners

Rock Herk s’est déroulé les 14 et 15 juillet 2023 sur le terrain de sport Harlaz-Olmenhof, à Herk-de-Stad.

Pour les photos, c’est ici

Org : Rock Herk

Sjock 2023 – du 12 au 14 juillet 2024 – Gierle – Photos

Écrit par

Les organisateurs peuvent se féliciter d'une édition réussie. Beaucoup de monde, une météo qui n'a pas joué les trouble-fête malgré les prévisions et beaucoup de bonne musique, un patchwork de genres et de styles. Stiff Richards est venu s'ajouter à l'affiche du vendredi. Le dimanche a été, de loin, la journée la plus intéressante. Musiczine a assisté à deux des trois jours...

L’affiche

Vendredi 12 juillet

The Hellacopters
Moonshine Wagon
The Sha-La-Lees
Dale Watson & his Lone Stars
Stiff Richards
Bob Wayne and the Outlaw carnies

Samedi 13 juillet

Eagles of Death Metal
Red Hot 'n' Blue
Fu Manchu
Boogie Beasts
Wallaroos
Marky Ramone's Blitzkrieg
Private Function
La Perra Blanco
Zeke
The Real Sickies
Jimmy Dale Surf Trio
Crooked Steps
The Spits
Barno Koevoet en de Duijmschspijkers
Tankzilla
Lovesick Duo
Itches
Truck Stop Cutie

Dimanche 9 juillet

Cock Sparrer
The Seatsniffers
Cadaster Jon Combo
The Kokomo Kings
The Bronx
Wine Lips
No Fun At All
Slim Cessna's Auto Club
Les Lullies
Reverend Peyton's Big Damn Band
Eddie and the Hot Rods
His Lordship
Tuesday Violence
Hola Ghost
Lobo Jones and the Rythm Hounds
Savage Beat
The Drowns
Honeyboy Slimand the Bad Habits
Midnight Tattoo

Pour les photos, c’est

 

 

LaSemo 2023 : dimanche 9 juillet

Écrit par

Clap de fin pour l’édition du LaSemo. Une quinzième du nom qui aura marqué les esprits.

La météo se fait capricieuse, le tonnerre commence à gronder au loin et des nuages menaçants gravitent autour du site. Les météorologues sont relativement pessimistes. Les organisateurs des Ardentes ont d’ailleurs mis la clé sous le paillasson, obligeant des milliers de personnes à plier bagage dans une cohue générale. Bref, c’est le bordel !

Après avoir ouvert comme prévu à 10h30, le LaSemo a également pris la décision de fermer ses portes de manière provisoire. La plaine a donc été évacuée préventivement. Les festivaliers ont été invités à se mettre à l'abri, chez eux, au collègue Saint-Augustin, au Nautisport ou dans la caserne des pompiers.

C’est vers 15 heures que les autorités ont donné leur feu vert pour rouvrir le site. Une aubaine pour ceux et celles qui n’auraient pas voulu perdre une goutte (sans mauvais jeu de mots) du spectacle. Finalement, plus de peur que de mal, car hormis une bonne pluie d’une vingtaine de minutes qui mouille légèrement un sol plus que sec, aucun dégât n’est constaté.

L’équipe s’est affairée pour que les concerts prévus puissent se dérouler malgré tout, de manière plus ou moins normale.

Sur la scène du Château, Pierre de Maere (NDR : ce jeune homme est issu de Walhain, dans le Brabant Wallon), dont tout le monde parle, va grimper sur les planches

Autodidacte, il compose ses premiers morceaux sur le logiciel ‘Garage Band’, dès l’âge de 9 ans, avant de s’intéresser à la photographie de mode. C’est lors de ses études à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers qu’il publie son premier morceau, sous statut indépendant, « Potins absurdes ». Le succès est immédiat.

Repéré par le label Cinq (Dominique A, Kalika, Jean-Louis Murat), il publie son premier Ep dans la foulée, « Un jour, je », en janvier 2022. Le disque est propulsé par les médias au-delà de ses espoirs. Pierre de Maere enchaîne alors les plateaux télévisés et les interviews dans la presse.

Après avoir décroché le prix de la Révélation belge de l'année aux NRJ Music Awards en 2022, il reçoit une ‘Victoire de la Musique’ en 2023 dans la catégorie ‘Révélation masculine de l'année.

Sur l’estrade, il est flanqué de trois musiciens habillés en costard/cravate, genre ‘men in black’. Lorsqu’il entame les premières notes de « Lolita », on l’aperçoit déambuler sur le podium, laissant apparaître de drôles de chaussettes jaunes. Ce qui cadre mal avec le côté classieux de son look.

De prime abord, il paraît arrogant et pédant. Est-ce un rôle qu’il aime se donner ? En tout cas, une chose est sûre, il est apprêté et sophistiqué.

Que l’on aime ou pas son côté dandy, il faut admettre que ce jeune artiste d’à peine 22 piges, compose de belles chansons. Pertinentes, savamment orchestrées, elles véhiculent des textes ciselés et des mots qui font mouche. De Maere est à la musique ce que le bijou est à l’orfèvrerie.

Il enchaîne sans hésiter par « Roméo », une compo qui l’oblige à monter dans les aigus. Et il s’y sent d’ailleurs très à l’aise.

Il affirme, pour avoir déjà bien bourlingué au-delà de nos frontières, que les Belges sont les plus vifs d’esprit. Il n’en fallait pas plus pour que la foule déclenche des applaudissements interminables. C’est alors que pour le remercier, Pierrot le fou se livre dans un « Menteur » majestueux.

De Maere, c’est de la pop francophone efficace, une manière de rouler les ‘r’ à la Stromae et de belles envolées vocales.

Il revient pourtant de loin et se souvient de ses moments difficiles lorsque par exemple, un soir, il s’est rendu à Cannes et y a chanté pour une soirée privée. Personne ne le regardait, comme s’il était le bouffon du roi. Un évènement qui semble l’avoir bouleversé au plus haut point. Cette histoire ressemble à celle de Lady Gaga (NDR : il lui voue d’ailleurs une admiration sans faille) qui n’avait d’autre choix que de se dévêtir pour attirer l’attention des clients, quand elle chantait dans les bars.

Le set touche doucement à sa fin. Naturellement, arrive le « Docteur », une manière de penser les plaies de celles et ceux qui ont bravé la pluie et le vent.

Enfin, « Mercredi », une compo empreinte de nostalgie qui invite à retourner dans la fantaisie de l’enfance, clôture un superbe concert, également placé sous le signe du kitsch et de la bonne humeur.

Pierre remercie le public et son équipe. Sans oublier son frère Xavier qui l’accompagne partout (c’est son ingé son) et lui ressemble à s’y méprendre.

Retour à la scène de la ‘Tour’. Deux filles aux combinaisons rouges, sexy mais classieuses, s’y produisent. Des fringues qui laissent deviner des corps de rêve. Il s’agit de Juicy, un binôme composé de Julie Rens et Sasha Vonk.

C’est au conservatoire de Bruxelles en Jazz, dans la classe de David Linx, qu’elles se rencontrent et commencent rapidement à se produire ensemble au sein de différents projets, dans des styles variés.

En 2015, c'est sur un concept de reprises de classiques du r'n'b et du hip hop des années 90 que les chanteuses se font connaitre sur la scène bruxelloise à travers Juicy Cover. En 2017, elles annoncent la sortie de leur premier Ep « Cast a spell », autoproduit à hauteur de 20 000 euros. Elles défendent notamment ce disque sur Radio Nova et en première partie d'Angèle.

Enfin, à partir de l’été 2018, puis en 2019, elles écument les festivals, tant en Belgique, qu’en France.

Les gonzesses rentrent dans le palmarès restreint des Belges qui s’illustrent dans l’Hexagone. Leurs reprises déjantées de tubes hip hop des années 90 aux paroles misogynes, à l’instar du « Work it » de Missy Elliott ou encore du « Partition » de Beyoncé, ont pesé lourd dans la balance, épousant ainsi la même courbe de popularité que Damso ou encore Romeo Elvis.

Elles défendent les couleurs d’un premier album « Mobile » qui relate toutes les failles de l’Homme (avec un grand H) paraît-il.

Léger dans le ton, mais profond sur le fond, les compos abordent des sujets comme le sexisme ou encore les agressions sexuelles et s’enracinent dans un style hybride entre rap et r&b…

Elles se consacrent donc toutes les deux aux synthés, samplers et vocaux. Sasha se réserve cependant la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Elles remplissent à elles seules l’espace scénique et n’ont pas vraiment besoin d’autres musiciens.

Durant le show, elles ne cesseront de se tortiller sensuellement, comme des geishas. Difficile de rester insensible face à ces nanas qui doivent faire tourner pas mal de têtes…

Si le style musical de Juicy est le fruit d’un cocktail de hip-hop, de r&b et de pop, il s’avère à la fois catchy et sophistiqué.

Le duo livre une performance fort dynamique (NDR : c’est une bonne habitude), ce qui explique aussi et sans doute pourquoi il s’est constitué une ‘fan base’ solide.

Typh Barrow, de son véritable nom Tiffany Baworowski, est programmée sur les planches du ‘Château’. Une artiste dont le minois est bien connu puisqu’elle a participé au télécrochet ‘The Voice’, comme coach, pendant plusieurs saisons.

La popularité de Typh trouve sa genèse, lorsqu’en 2013, elle commence à poster sur Youtube des reprises en piano-voix qui dépassent rapidement le million de vues. Sa version du « Gangsta’s Paradise » est d’ailleurs repérée par le rappeur Coolio, son interprète original, la partageant plusieurs fois sur ses propres réseaux.

Elle s’avance d’un pas franc, laissant apparaître une tenue assez courte de couleur rouge à paillettes. Ses hauts talons galbent un corps dont la rondeur laisse peu de place aux doutes. Main sur le ventre, sourire aux lèvres, elle transpire de bonheur à l’idée de mettre au monde son enfant. Ce n’est plus vraiment une surprise puisqu’elle avait fait cette annonce lors d’un concert à Forest National.

En attendant, elle va se mettre au vert, afin de profiter un maximum de sa grossesse entamée il y a six mois, comme elle aime à le préciser. On comprend dès lors mieux pourquoi de nombreux fans ont fait le déplacement, bien décidés à profiter d’une dernière de ses apparitions, avant une période de pause...

Elle est soutenue par un trio de musiciens et deux choristes, tous vêtus de vestes bariolées. Sur l’estrade, trône majestueusement un piano de couleur noire.

Elle se plante devant un synthé placé face à la scène et remercie le public d’avoir fait preuve d’autant de patience compte tenu des conditions climatiques. Faut dire que le concert prévu initialement à 17h a été retardé à 18h15.

La voix écorchée, chaude et puissante, elle fixe l’horizon de ses yeux perçants pour dessiner le contour d’un « Damn You’re Bad » chargé d’émotions.

Typh Barrow nous a offert et s’est offert un set aux accents tour à tour, pop, soul, jazz et blues, nous réservant des morceaux comme « Color », « Very First Morning », « I Ruled the World », « The Other Woman, Taboo », « Replace » et « Hold You Sister », au cours duquel elle s’est autorisé une promenade au sein de la foule ou encore « Don’t Let Me Go, I got You ».

Mais pas seulement, puisqu’on a eu droit à l’une ou l’autre nouvelle chanson qui laisse penser, de source sûre, que le prochain album est quasi écrit et composé et est en phase de production. De quoi ravir les fans.

En mêlant douceur et émotion mais aussi ardeur et de puissance, Typh a savouré ce moment rien qu’à elle…

Le set s’achève sur « Aloha », titre éponyme du dernier opus, suivi d’un « Daddy’ Not Coming Back » grandiose.

Place ensuite à Jeanne Galice, aka Jain.

Son arrivée dans l’univers musical s’apparente à un raz-de-marée. Auteure, compositrice et interprète, elle rencontre le succès dès la sortie de son premier long playing, « Zanaka » ; et des titres tels que « Come » et « Makeba » (qui signifie enfant en malgache) tournent en boucle sur les ondes radiophoniques. Le suivant, « Souldier », paru en 2018, fait encore mieux : 1,2 million d'albums vendus dans le monde et plus de 2 milliards de streams.

Après ce succès, elle annule sa dernière tournée pour se ressourcer. Au bout de quatre longues années, elle refait surface, plus positive que jamais et nous propose un nouvel essai baptisé « The Fool ». Certains n’ont pas hésité à établir un parallèle avec la carrière de « Stromae » qui lui aussi s’est vite laissé submerger par la réussite et les tournées fatigantes.

La scène du ‘Château’ est épurée. On n’y aperçoit que des synthés entourés par un décor grillagé.

Votre serviteur avait pu découvrir Jain il y a quelques années. A l’époque elle était seule sur les planches et se servait d’un tas de boucles. La performance était louable, épicée et originale. Ce soir un guitariste et une bassiste l’épaulent. Le show commence. Riche, le light show aux nombreux effets lumineux valorise parfaitement le spectacle.

Elle chante dans la langue de Shakespeare des compos plutôt pop, mais qu’elle mêle à d’autres genres, comme l’électro, le reggae ou la world, inspirée par ses nombreux séjours à l'étranger.

La demoiselle travaille particulièrement son image, que ce soit à travers son apparence ou la mise en scène.

Malheureusement, le concert ne parvient pas à éveiller un soupçon d’intérêt chez votre serviteur. C’est comme si vous deviez réaliser une recette de cuisine, mais qu’il vous manque un ingrédient. Le set manque de saveur, ce soir.

Pas grave, le LaSemo 2023 a tenu toutes ses promesses. Une affiche alléchante, une météo relativement clémente, une ambiance bon enfant et un anniversaire fêté dignement. What else ?

(Organisation LaSemo)

 

 

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