La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Dernier concert - festival

Epica - 18/01/2026
Hooverphonic

Modern Studies

We are there

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Modern Studies ne bénéficie pas, sur le Vieux Continent, d’une grande notoriété. Fondée en 2015, la formation glaswégienne jouit pourtant d’un excellent crédit, outre-Manche, grâce à ses trois premiers elpees qui ont recueilli des critiques favorables lui permettant ainsi de fouler les planches des grands festivals britanniques.

A croire que les paysages bucoliques, verts et vallonnés influencent et inspirent les autochtones. Modern Studies s’inscrit dans la lignée d’une série de groupes folk écossais qui aiment entretenir le lyrisme et la culture de son pays. A l’écoute de ce quatrième album, on pense en premier lieu aux meilleurs représentants de ce terroir, Belle and Sebastian. Ce parallélisme est d’autant plus prégnant que Modern Studies est emmené par la voix d’Emily Scott proche de celle d’Isobel Campbell. Scott est elle-même soutenue par des chœurs qui rappellent également ceux de Crosby, Still, Nash & Young. On se délecte par ailleurs de la richesse instrumentale exposée sur l’ensemble des morceaux et, plus particulièrement, sur les langoureuses lignes de violon. Son folk est cependant parfois discrètement enrichi d’éléments psyché comme sur « Mothlight ». Au-delà d’un sens mélodique pointu, Modern Studies maîtrise la science du crescendo comme sur les superbes « Wild Ocean » et « Open Face ». La formation hausse parfois le ton, accélère le rythme et devient lyrique, à l’instar de « Won’t Be Long ». 

 

Daan

Un régal!

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Agé de 54 ans, Daan Stuyven, mieux connu sous son prénom, est un compositeur, chanteur, guitariste et acteur louvaniste. Son registre musical oscille du rock à l'électro, en passant par les ballades, qu’il interprète d’une voix de crooner, souvent en anglais, parfois en français. Son treizième elpee solo, « The Ride », est paru en novembre dernier. En parallèle à son parcours en solitaire, il compose des musiques de films, mais surtout drive Dead Man Ray, une formation fondée en 1997, au sein de laquelle militait, à ses débuts, Rudy Trouvé (dEUS).

Pas de première partie. Le concert commence à 20h30 précises et il est sold out depuis longtemps. Le fidèle backing group de Daan réunit toujours Isolde Lasoen (drums, percus), Jeroen Swinnen (claviers, synthés), Jean-François Assy (basse), Jo Hermans (trompette, bugle) et enfin, bonnet de couleur noire enfoncé sur le crâne, Geoffrey Burton (guitare). Vêtu d’un costume bleu ciel, d’une cravate noire et de baskets bleu foncé, Daan est chaussé de ses habituelles lunettes fumées sur le nez. Il s’accompagne à la guitare, tour à tour d’une semi acoustique d’un noir jais ou d’une électrique d’un bleu pétant.

Le set s’ouvre par « Western », un long instrumental filmique de près de 5 minutes, sorte de Sergio Leone 2.0. Jean-François a empoigné un banjo. L’idée n’est pas mauvaise et nous entraîne à réaliser un petit voyage dans les grandes plaines des States, à moins que ce ne soit dans les Ardennes, du côté de Manhay, endroit choisi pour illustrer le titre d’un de ses long playings (NDR :  Daan l'a initialement composé en 10 variations différentes pour ‘Rookie’, le premier film de Lieven Van Baelen, un drame qui se déroule sur et en dehors d'un circuit, mettant en scène des motos de course débridées et des cow-boys mélancoliques qui les chevauchent). Particulièrement électro, « Women And Children » est dynamisé par les percus d’Hermans (NDR : qui a alors abandonné sa trompette) et d’Isolde, alors que soutenue par cette dernière aux chœurs, Daan chante d’une voix de crooner. L’artiste ôte sa veste juste avant d’attaquer « 16 Men », puis sa cravate avant « Exes », car il a chaud. Ensuite, il relève les manches de sa chemise en signalant qu’il s’arrêtait là. Ce qui déclenche l’hilarité dans la foule. Il semble prendre du plaisir à se produire au Zik-Zak et déclare être content de remonter sur les planches. Jeroen nappe « Icon » de ses claviers, un autre extrait de « Simple » ; puis Isolde en accélère le tempo alors que Daan pose sa voix de baryton. Entre espoir et désespoir, « The Valley » compare la vie à un voyage dans une vallée où tantôt vous êtes seul, mais parfois vous êtes entouré de tous ceux que vous aimez.

Il serait injuste de ne pas signaler le rôle de Jo Hermans, dont les interventions aux cuivres sont toujours judicieuses. Et puis, c’est un excellent ambianceur, incitant régulièrement le public à frapper dans les mains et à se remuer. Il joint d’ailleurs souvent, le geste à la parole.

Daan nous réserve trois morceaux interprétés dans un français impeccable. Tout d’abord « Parfaits mensonges », au cours duquel il se révèle impérial. Mais également « La Crise », celle de la quarantaine, et « La Vraie Décadence ». Des plages issues de l’opus « Le franc Belge », publié en 2013. Des chansons d’amour qu’il chante à la manière du rockeur français, Dick Rivers. Puissant, « Victory » libère des sonorités singulièrement vintages. Et celles de « Be Loved » le sont tout autant, mais probablement produites par un orgue Hammond, elles donnent l’impression d’émaner d’une église (norvégienne ?).

Le set s’achève par l’électro « Best Days ». Jeroen en profite pour mettre le souk aux claviers.

Et toute l’équipe va encore nous accorder un rappel de 4 titres. Un régal de 75’ au cours duquel Daan aura interprété les 10 pistes du dernier opus, en modulant sa voix du grave à l’aigu, sans aucune difficulté.

Daan se produira à l’Ancienne Belgique le 26 avril prochain.

Setlist : « Western », « Women And Children », « 16 Men », « Exes », « Icon », « The Valley », « The Dancer », « Kill », « Parfaits mensonges », « La Crise », « La Vraie Décadence », « Victory », « Be Loved », « High », « Best Days ».

Rappel : « Morning Sun », « The Player », « Swedish Designer Drugs », « Housewife »

(Organisation : Ether Agency)

 

Crows

Entre post punk, funk blanc, psychédélisme et garage…

Écrit par

Bien que fondé en 2012, Crows n’a publié son deuxième opus, « Beware believers » (NDR : pour lire ou relire la chronique, c’est ici

) qu’en août de l’an dernier. Un album qui faisait suite à « Silver tongues », paru en 2019. Le quatuor londonien s’inscrit dans la nouvelle mouvance du rock britannique, à l’instar de The Murder Capital, IDLES, Fontaines DC, Shame et TV Priest. En outre, il jouit d’une solide réputation ‘live’, en Grande-Bretagne. Il se produisait au club de l’Aéronef, ce samedi 11 févier. Plus ou moins 250 personnes pour accueillir le band ! La salle est donc bien remplie.

C’est la formation australienne Clamm qui assure le supporting act. Ce trio power punk avait accordé un set particulièrement brillant lors de son passage au festival Leffingeleuren, en 2022. En outre, sur disque, quoique sauvage, (deux albums à son actif, « Beseech me » en 2021 et « Care » en 2002), sa musique tient la route. Depuis, la formation a subi quelques modifications de line up. La bassiste, Maisie Everett, a cédé le relais à Stella Rennex, pour se concentrer pleinement sur son groupe, Belair Lip Bombs. Mais cette dernière ne participe pas à la tournée européenne. Elle est remplacée par un autre musicien. Enfin, le drummer, Miles Harding, n’a pas fait le déplacement, non plus. C’est Alan Jones, le bassiste de la première heure, qui siège derrière les fûts.

Tout un remue-ménage qui explique, sans aucun doute, le manque de cohésion de l’ensemble. Les titres sont courts et écrasants. Finalement, seul Jack Summers, le chanteur/guitariste tente de tracer le fil rouge d’une expression sonore monocorde, assourdissante et dont les mélodies devaient certainement se cacher sous un mur de bruit. 45’ de set, c’était même beaucoup trop long pour nos pauvres portugaises…

Pour les photos, c’est

Place ensuite à Crows. Un quatuor réunissant le batteur Sam Lister, le guitariste (NDR : barbu et une veste en jeans sur le dos), Steve Gossard, le bassiste Jith Amarasinghe (NDR : il a un petit air à la Jamel Debbouze) et le chanteur James Cox. Qui se sert de deux microphones : un ordinaire et un astatique. Tantôt séparément, tantôt ensemble. Et quand il tient leurs supports en main, on a l’impression qu’il se prépare à s’élancer sur une piste de ski…

Le concert s’ouvre par « Silver tongues », le titre maître du premier long playing. Lancinante, imprimée sur un tempo tribal dans l’esprit des Cramps, cette compo est abrasée par le delay et le fuzz dispensés par la gratte de Steve. James Cox descend dans le public pendant le plus punk « Garden of England », un morceau au cours duquel, sa voix est particulièrement réverbérée. Manifestement, son charisme a de quoi impressionner. Régulièrement, il balbutie quelques mots en français, du style ‘Ça va ?’. Dès « Wednesday’s child », martelé d’une frappe sèche par Sam, le public commence à déménager au sein des premiers rangs. La ligne de basse devient caoutchouteuse tout au long de l’hypnotique « Slowly separate », et le spectre de la bande à feu Lux Interior se remet à planer. « Only time » emprunte le rythme d’un convoi ferroviaire lancé à toute allure. « Closer still » s’avère plus lourd et puissant. Le guitariste ôte sa veste avant que le band n’attaque le fiévreux « Healing ». Puis, Crows nous réserve une toute nouvelle compo, qui évolue sur un mid tempo. « The Itch » alterne passages plus calmes et périodes explosives. C’est alors que Cox emprunte certaines intonations à Mark Burgess (The Chameleons). Et pour le spectateur, difficile de se détourner les yeux de ce showman.

Point d’orgue du set, le syncopé « Room 156 » est carrément hanté par le « What we all want » de Gang of Four, un morceau que pilote le drumming martial et percutant de Sam. La foule devant le podium est de plus en plus houleuse. Et un intrépide se lance dans le crowdsurfing. Un tempo similaire contamine le tout aussi fameux « Hang me high », un titre que le gratteur charge de fuzz. La ligne de basse rebondissante conduit l’hymnique et parfois psychédélique, « SNAX ». D’abord rock’n’roll, « Chain of being » adopte progressivement un rythme infernal soutenu par les accords de basse indus et traversé d’éclats de sixcordes spatiaux.

Le rappel, « Pray », sera attaqué dans la foulée. Ce single décapant date de 2015 ; et particulièrement sauvage, il ressuscite les Stooges cuvée 1970 (« Fun house » et tout particulièrement son « Down in the street »).

Entre post punk, funk blanc, psychédélisme et garage, Crows a accordé, ce soir, un superbe concert !

Pour les photos, c’est ici

(Organisation : Aéronef)

Photos Ludovic Vandenweghe

 

Arthur H

La vie

Écrit par

Arthur H est de plus en plus surprenant et finit même par émerveiller.

Il a commencé à chanter plus haut sur l’album « Négresse blanche », son neuvième, paru en 2003. Mais c’est en 2018, sur le titre « La boxeuse amoureuse » de son elpee « Amour chien fou », sorti en 2018, qu’il transcende le genre, un mélange de voix grave et de voix aiguë tout en chantant davantage qu’à ses débuts.

Son style très jazz et fanfare des Balkans au départ, puis enrichi de recherches sonores et ouvert au rock est devenu de plus en plus mélodieux, de plus en plus accrocheur pour se diriger vers un monde qui n’a rien à envier à ceux des grands artistes de la chanson française. Son côté rugueux demeure mais avec ce petit quelque chose en plus.

Il est réjouissant de constater que cette manière de créer et d’interpréter appartient intégralement à son univers car elle procure une émotion puissante tant au niveau du sens que du son.

Son nouvel opus, sur lequel figure le single éponyme « La vie » (voir chronique ici)

https://www.musiczine.net/fr/chroniques/item/88535-la-vie-single-arthur-h.html

 baigne dans la poésie. Réflexions brillantes sur notre condition humaine.

Les respirations, les silences, le piano et les cordes de Clément Ducal ont la part belle pour nous plonger à la fois dans les textes, mais également l’ambiance atmosphérique de son univers. On touche à l’essentiel.

Les douze titres de son opus nous immergent dans une tranche de vie, un road trip cosmique, nautique, … à l’influence de Debussy ou de Ravel, un côté fou à la Brigitte Fontaine en plus. Mêlant ce qu’il y a de plus sombre et de plus rayonnant. Un cocktail magnifique et détonnant !

Les chansons de ce disque ont été conçues en compagnie de Léonore Mercier, sa compagne, et Nicolas Repac.

L’artiste entame une tournée (pour les dates, c’est là)

https://www.arthur-h.net/concerts

au cours de laquelle vous aurez certainement l’occasion de l’applaudir.

On se réjouit du chemin de vie musical emprunté par Arthur H, sur lequel on chemine volontiers à ses côtés.

Paradis Minuit

De rouille et de sang

Écrit par

« De rouille et de sang » constitue le premier album de la formation montpelliéraine. Au sein du line up figurent des musicos qui ont manifestement de la bouteille. Dont deux guitaristes : Motch, ex-OTH (actif de 1978 à 1991) et Ludovic Crès, l’ancien gratteur des Naufragés. Et puis le drummer d’Electric Ducks, Fred Maggesi, ainsi que la chanteuse/bassiste Marielle Valenti, ex-Kotaké.

Découpé en 11 plages, cet opus se distingue par son contraste entre l’instrumentation énergique, agressive, et la voix mélodieuse, empreinte de sérénité de Marielle.

Des grattes quelque peu punkysantes alimentent « Paris Marylou ». Elle ses révèlent soignées tout au long de « Guérilla ». En fait, même lorsqu’elles adoptent un profil sauvage, elles n’altèrent ni n’assombrissent jamais les vocaux de la préposée au micro.

Les singles « Paris Marylou », « Sous La Dune » et le dernier « Tout Le Monde (Court) ») ont précédé la sortie du long playing.

Pas de temps mort entre les différentes pistes. Il n’est d’ailleurs pas conseillé d’écouter cet LP avant d’aller se coucher, le soir, mais plutôt le matin, au réveil, pour avoir la pêche toute la journée.

Contagieux, « J'ai Perdu mon Punk » opère un violent retour dans le passé. « Bruler les Gaz » sonne comme… Téléphone.

Signés Marielle, les textes –en français– abordent des thèmes variés, mais plutôt graves. Certains sont autobiographiques.  

Marielle constitue la colonne vertébrale de la formation. C’est elle qui écrit toutes les chansons et elle s’en sort plutôt pas mal.

Du rock français hypervitaminé !

La Féline

Tarbes

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Retour aux bases ou plutôt à sa base, pour la talentueuse Agnès Gayraud ! La Féline consacre en effet son dernier et 4ème elpee à Tarbes, la ville pyrénéenne de son enfance, à travers une œuvre conceptuelle composée en compagnie du batteur François Virot, du guitariste Mocke Depret ainsi que des producteurs et mixeurs Xavier Thiry et Stéphane ‘Alf’ Briat.

La musique de La Féline est toujours aussi sophistiquée, voire difficile d’accès au premier abord vu l’absence de mélodie ‘facile’ (Yvette Horner et Boulevard des Airs sont également originaires de Tarbes, mais ici on n’est définitivement pas dans le même délire…) et des textes très littéraires. Elle décrit avec finesse sa jeunesse dans une ville de taille moyenne à travers des titres pop finement ciselés entre modernité et nostalgie. On peut ressentir la richesse de l’écriture –même si personnellement ses compositions un brin austères ne touchent pas votre serviteur– et un univers unique à la qualité indéniable.

 

Lous & The Yakuza

Un concert plutôt cool…

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Entre l’Afrique et la Belgique, Marie-Pierra Kakoma, aka Lous & The Yakuza, a vécu plusieurs vies. Auteure-compositrice-chanteuse, elle s’est construite sur des contrastes qui font la richesse de ses morceaux. Des chansons pop à la fois bouleversantes et lumineuses, aux textes percutants, sensibles, et engagés. En 2019, les planètes s’alignaient pour un bel envol : une création durant les 41èmes Trans Musicales de Rennes, l’accueil du titre « Dilemme », puis la sortie de l’elpee « Gore », à l’automne 2020. Autour d’elle alors, quelques (très bons) génies gravitent : le batteur/producteur espagnol, El Guincho (El Mal Querer De Rosalía), le rappeur, beatmaker et ingénieur du son belge, Krisy (DeLaFuentes) et un pote à Damso : Ponko (prod. Hamza). Deux ans plus tard, son second opus « Iota » propulse l’artiste sur la scène internationale.

Elle a grandi entre la République démocratique du Congo, le Rwanda et la Belgique. Son enfance a été perturbée par la guerre. Elle a été séparée de ses parents. Parmi ses autres intérêts, Kakoma est obsédée par l'art japonais ; son habitude est de dessiner ses propres pochettes de disques. Le patronyme de groupe (The Yakuza) adresse un clin d'œil au syndicat du crime japonais. Elle a connu la rue et son inconfort ; elle y a été agressée. Par la suite, elle a enchainé différents petits boulots et passait de temps en temps les nuits dans un petit studio d’enregistrement. Ce qui lui a permis d’enregistrer des tas de chansons. Elle est également mannequin et égérie de Louis Vuitton et Chloé. Elle a assuré les premières parties d’Alicia Keys, de Coldplay et de Gorillaz aux States. Elle a été surnommée –sans doute un peu trop facilement– la Beyoncé belge.

Elle se produisait donc ce mardi 7 février à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Le concert est sold out depuis longtemps.

La première partie est assurée par un certain Rea. Artiste multi-casquettes, Rea est à la fois graphiste, peintre, danseur, grapheur, beatmaker, producteur et enfin rappeur : la liste est longue. En effet, Rea ne se laisse pas enfermer dans une catégorie. Son univers musical est à son image, peuplé d’influences rap, r&b et new wave, et le tout est parsemé de sonorités congolaises. Ses premiers titres, « Amoroso » et « Therapy », sortis tous deux en 2021, cumulent à eux deux, de nombreux streams sur la toile.

Début des hostilités à 19h55 précise, Rea est seul sur les planches. Sauf pour la dernière compo au cours de laquelle deux rappeurs viennent l’épauler au micro. Quelques minutes après le set décomplexé et étonnant de Rea, le duo revient sur scène pour interpréter deux morceaux. Apparemment, le supporting act était découpé en deux parties…  

Pour les photos, c’est ici

Une estrade est posée au centre du podium afin d’accueillir les musiciens : un drummer, deux claviéristes dont un des deux abandonne régulièrement son instrument pour empoigner une basse ou une guitare. Trois escaliers placés de chaque côté, permettent à Lous d’y accéder. Elle se consacre uniquement au chant.

Elle débarque les jambes serties dans des bottes noires de type cuissardes, sur un long manteau noir descendant très bas. Ce manteau s’ouvre pendant « La Money », laissant apparaître un body noir et une jupe portefeuille blanche sur un short noir. Elle réfléchit et déclare en anglais et surtout en français que la pénurie d'argent gâche une relation.

Elle ouvre le set par « Ciel », qu’elle interprète d’une voix à la fois belle, impérieuse et maîtrisée. Avant « Takata », elle va se délester de ses bottes pour chausser des baskets de couleur noire. Elle en explique la raison : un problème récent de paralysie des jambes. Elle est souvent plantée sur son estrade, mais vient parfois au contact des premiers rangs pour les inciter à bouger. Car la foule est plutôt statique, même si elle est acquise à sa cause. Faut dire que sa voix est relativement monocorde et n’incite pas à l’enthousiasme. Il faudra d’ailleurs attendre plusieurs morceaux avant que l’auditoire commence à se dandiner, et notamment lorsque le drummer donne des impulsions électro à certains morceaux. A épingler, quand même, l’agilité des doigts du claviériste sur ses ivoires.

Attaquée en piano/voix, sa version du « Under the skin » de Frank Sinatra est superbe. « Kisé » évoque une liaison passionnée, mais imprudente. Lous y intègre l'anglais au français comme s'il n’existait pas de déconnexion. Dans le refrain, au lieu de ‘À deux dans le moshpit, aux pieds nos Yeezys’, elle s’autorise ‘Ensemble dans le moshpit, Yeezys on our feet’ (NDR : en fait, Yeezys est la ligne de chaussures Adidas conçue par Kanye West). Sur disque, elle est accompagnée par Damso, sur « Lubie ». Elle nous en livre une version dépouillée, empreinte de douceur, mais magnifique.

23 morceaux enfilés, en 75 minutes ! La setlist de Lous & The Yakuza a quasiment visité les plages de ses deux albums « Gore » et puis surtout son dernier, « Iota ».

Finalement ce sont les compos les plus cool, parfois teintée de soul ou de jazz qui ont marqué les esprits…

Pour les photos, c’est

Setlist : « Ciel », « La Money », « Takata », « Interpol », « Tout Est Gore », « Dans La Hess », « Kisé », « Handle Me », « Bon Acteur », « Courant D'Air », « Under My Skin » (Frank Sinatra cover), « Lubie », « Je Ne Sais Pas », « Laisse-Moi », « Autodéfense », « Trésor », « Solo », « Yuzu Balade », « Hiroshima », « Monsters », « Téléphone Sonne », « Amigo ».

Rappel : « Dilemme »

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)

 

 

Rozi Plain

Prize

Écrit par

« Prize » constitue le cinquième LP de Rozi Plain, un disque pour lequel elle a reçu le concours d’une floppée d’invités, dont deux saxophonistes, une banjoïste, une harpiste, une violoniste, un préposé aux synthés ainsi qu’une section rythmique aussi discrète qu’efficace ; ondoyante, la ligne de basse s’insinuant même dans l’expression sonore, sans jamais s’imposer. Kate Stables, la leader de This is The Kit, combo au sein duquel milite également Rozi, est même venue donner de la voix sur l’une ou l’autre compo, quand elle ne participe pas aux superbes harmonies vocales.

Plain se charge du lead vocal, et elle accompagne sa douce voix d’une guitare électrique ou acoustique, mais minimaliste, qu’elle joue en arpèges envoûtants, complexes et élégants, tout en modulant ses interventions suivant le climat et de la structure souhaités. Son pop/folk lo-fi se teinte régulièrement de jazz bucolique. Enfin, des synthés ouatés (New Muzik ?) s’infiltrent naturellement dans les compos vaporeuses, évanescentes, intimistes ou introspectives et deviennent étonnement aventureux sur l’excentrique « Painted the room black ».

Crows

Beware believers

Écrit par

Pour composer les textes des chansons de ce « Beware believers », second elpee de Crows, James Cox a beaucoup lu les ouvrages de J.G. Ballard et de Kurt Vonnegut. Il en résulte des lyrics qui traitent de la décadence de la politique et de la société, en Grande Bretagne. Et notamment de l’angoisse face au Brexit (« Garden of England »), des dérives du Département d’aide sociale en matière de pensions et d’hébergement des enfants, le DWP (« Closer still »). Entre autres. Une angoisse que reflète également « Room 156 », une piste dont l’atmosphère est entretenue par le tempo hypnotique.

Le ton peut même devenir carrément nihiliste. A l’instar du frénétique « Only time », un morceau bien punk ou de « Slowly separate », imprimé sur un tempo tribal.

En général, le climat est sombre, la voix ténébreuse de Cox reflétant son désespoir sur « Moderation », mais aussi « Healing », une plage post punk chargée d’amertume et de haine. Et puis, l’inquiétude hante le puissant « Wild eyed and loathsome ».

« Meanwhile » adopte une forme de psychédélisme rencontré chez Black Rebel Motorcycle Club. Et dans le même registre, la voix de Cox s’élève et se couvre d’accents dramatiques en traversant une brume de guitares épaisses et saturées sur l’inquiétant et incisif « Sad lad » ; une voix qui régulièrement emprunte les intonations de Mark Burgess (Chameleons).

A conseiller vivement si vous appréciez The Murder Capital, IDLES ou encore Fontaines DC.

En concert le samedi 11 février 2023, à l’Aéronef de Lille.

My Idea

Cry Mfer

Écrit par

Nata Amos (Water From Your Eyes) et Lily Konigsberg (Palberta) forment le duo de pop avant-gardiste My Idea et détiennent, grâce à « Breathe you », titre sucré issu de « Cry Mfer », un hymne de poche plutôt irrésistible ! Dans un monde parfait, il passerait d’ailleurs en boucle à la radio tant il est addictif… Bande-son de leur couple qui traverse un quotidien souvent compliqué, « Cry Mfer » navigue entre indie folk (« Baby I’m the Man »), électro-pop (« Lily’s Phone ») et même parfois expérimentation (« Popstar »).

Inventif de bout en bout, avec une fausse légèreté mais un véritable talent, le duo de Brooklyn se fait de plus catchy et semble parfois à la limite du mauvais goût. Exigeant mais terriblement accessible, c’est un défi qui n’est pas donné à tout le monde !

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