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Chroniques

Editors

The Blanck Mass Sessions

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Si vous êtes un fidèle du festival Rock Werchter, vous n’êtes pas sans connaître Editors, une formation qui s’y est produite à maintes reprises. Si vous êtes un vrai fan, vous possédez certainement, dans votre collection, son album « Violence », publié l’année dernière. Si vous voulez prolonger le plaisir et replonger dans l’ambiance électrique de ce groupe né en 2002 à Birmingham, vous vous ferez certainement plaisir en acquérant sa dernière production qui n’en est pas vraiment une.

En effet, est paru en avril dernier, lors du ‘Record Store Day’, « The Blanck Mass Sessions ». Nouveaux morceaux ? Non ! Tout simplement des titres de « Violence » revus et corrigés par Benjamin John Power, membre du duo britannique de musique électronique, Fuck Buttons. Originaire de Bristol, en Angleterre, B.J. a travaillé sur ces morceaux dans le cadre de son projet solo Blanck Mass.

Revus et corrigés ? Non pas vraiment. En fait « The Blanck Mass Sessions » est paru un jour avant la sortie de « Violence » ; l’équipe des Editors, alors qu’elle bossait sur son elpee, a proposé à B.J. Powers d’y poser sa patte électro-industrielle personnelle. Ce dernier y apporte sa propre vision de ses arrangements : rythmique plus présente, synthés plus rugueux, lignes de basses plus dynamiques. Bref une vision qu’on pourrait qualifier de plus métallique et moins adoucie que « Violence »

Quel est l’intérêt de se procurer ce précieux opus ? Tout d’abord à cause du titre d’entrée inédit, « Barricades », non retenu pour le long playing, publié en 2018. Morceau qui ravira les fans dont les paroles invitent à dépasser les barricades de l’autisme induit par l’addiction aux moyens de communication. Présentes aussi les versions plus dynamiques et moins étouffées de « Hallejujah (So Low) » et de « Magazine ». Ne figurent pas sur cet exercice de style, les plages « No sound but the wind » et « Belong », deux titres plus aériens ne nécessitant pas un travail de déconstruction rythmique.

Bref, c’est un objet de collection qui ne s’adresse qu’aux inconditionnels. Une vision externe plus percutante, plus actuelle dans le traitement du son de compos qui allaient naître en 2018.

Préférant l’album de 2018, mon impression finale reste mitigée. Maintenant, je ne suis pas un inconditionnel des Editors non plus.

Aficionados, faites-vous plaisir avec cette prélecture survitaminée, élaborée lors des Blanck Mass Sessions.

David Lombard

Looking for a dream

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“Looking for a dream” constitue le tout premier elpee de David Lombard, un disque enregistré au studio de la Province de Liège ainsi qu’au sein de l’église de Rosa, puis mixé et masterisé par Rudy Coclet (Simple Minds, Girls In Hawaii, Sharko, Arno, Mud Flow, An Pierlé, …) au Jet studio de Bruxelles. Ce chanteur/compositeur/musicien liégeois nous y propose une œuvre en deux volets. La première partie recèle cinq plages électrifiées. David y est soutenu par une belle brochette de collaborateurs, dont un gratteur électrique, un préposé à la pedal steel, à la mandoline et au banjo, un violoniste, un claviériste, un percussionniste, une violoncelliste, un bassiste et un contrebassiste. La seconde nous réserve cinq versions acoustiques et épurées des mêmes morceaux ainsi que deux bonus tracks tout aussi unplugged. Sept plages hantées par les spectres de Dylan et Springsteen, le recours à l’harmonica amplifiant cette impression.

Le long playing s’ouvre par « Looking for a dream », un morceau dont la mélodie rappelle Perry Rose. Plus paisible, le single « Walden » est dominé par le piano et la sèche. Le banjo véhicule des accents country tout au long de l’enlevé « The range of life », alors que le mid tempo « Stay » et surtout l’allègre « Happening somewhow » lorgnent davantage vers l’americana. Mais toutes ces chansons sont enrichies par la superbe voix de David, dont le timbre versatile rappelle un certain Don McLean…

Frankie Lee

Stillwater

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Il a fallu attendre 2016, et la sortie de son premier elpee, « American dreamer », pour que Frankie Lee sorte de l’anonymat. Un opus remarquable unanimement apprécié par la critique. 

Ce farmer du Minnesota est né à Stillwater d’où le nom de ce nouvel ouvrage musical. « Stillwater » peut se traduire par eau calme, eau stagnante ou eau tranquille. Cet intitulé correspond au sens propre comme au sens second, au contenu musical du disque autant pour les morceaux aériens que pour les textes évoquant la vie du patelin.

De quoi s’agit-il, me direz-vous ? Une musique country issue de l’Amérique profonde au travers de laquelle les cowboys, épuisés par leurs journées laborieuses de leurs exploitations fermières, assis autour d’un feu de camp, se laissent aller à la poésie de leur quotidien en souffrance.

Personnage simple et autonome, Frankie Lee avait, pour son premier elpee autoproduit, joué de tous les instruments.

Bien que le monde de l’industrie musicale l’incite à enregistrer dans des studios de renom, celui-ci refuse ces propositions et préfère immortaliser ses productions dans sa cabane en bois. Néanmoins, pour la circonstance, il s’est entouré de potes musicos et a donné naissance aux titres du long playing, en seulement une ou deux prises.

Sa voix un peu nasillarde évoque vaguement celle de Neil Young avec parfois des intonations à la Dylan. Steel guitares, sèches, son chaleureux, voix agréable étoffent des mélodies agréables très faciles à écouter, rappelant le début des Eagles.

Les titres proposés pourraient à la longue lasser l’auditeur. Mais la qualité du mixage et les riffs acoustiques rendront accro le fondu de Country Music authentique.

Quels titres mettre en avant ?

  1. “Downtown lights” qui évoque un rêve au cours duquel il marchait aux côtés de Jessica Lange (le remake de ‘King Kong’ en 1976, le remake du ‘Facteur sonne toujours deux fois’ en 1981, ‘Les nerfs à vif’ en 1991), qui avait vécu à Stillwater. Frankie y appose une vision de sa ville ayant perdu de sa tranquillité suite au développement du tourisme.
  2. “In The Blue” est une ballade douce empreinte de mélancolie par rapport aux choses de la vie fugace et à ses bons moments qui s’écoulent inexorablement sans pouvoir les retenir.
  3. “Speakeasy”. Ce morceau envoûtant qui ouvre l’album ne vous laissera pas de glace et vous incitera à poursuivre la lecture de l’œuvre d’un véritable artiste privilégiant la sincérité à la musique industrialisée.

Si vous souhaitez acquérir cet objet, je vous le conseille sous forme de CD. L’écoute en ligne et la compression mp3 risquent d’effacer la richesse du son, d’étouffer les guitares cristallines et d’aplatir la présence agréable de la voix de Frankie.

Les Countrymen équipés d’une vraie chaîne hi-fi apprécieront, assis dans leur canapé, devant leur feu de bois aux bûches qui crépitent.

Chris Robinson

Servants Of The Sun

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Chris Robinson Brotherhood

Chris Robinson n’est pas inconnu des fans des Black Crowes, puisqu’il était le chanteur de ce groupe yankee.

Après l’avoir écouté plusieurs fois, sans véritablement convaincre son auditeur, ce sixième LP du CRB finira au rayon ‘Rock Classic’. Il est fort peu probable qu’il ressortira de son bac pour finir usé par le diamant de votre platine. Ce ne sera pas dû aux musiciens qui sont néanmoins des pointures dans leur domaine mais plutôt à un manque de créativité, de folie qui suscite les ‘Waouw !’

L’album se laisse écouter sans piquer l’intérêt. Il risque d’induire la somnolence du chauffeur écoutant les morceaux de cet opus en streaming au volant de sa voiture.

Trois morceaux sur dix ont un peu bousculé mon indifférence. Il s’agit tout d’abord de « Rare Birds », par son côté plus groovy. Ensuite « Madder Rose Interlude », un intermède psycho-déjanté de 43 secondes. Et enfin le titre final, « Smiling Epitaph », qui réveille l’écoute de cet elpee dans sa dernière minute. Hélas l’épitaphe joyeuse est tardive pour cet essai transpirant la routine transportée par les ‘serviteurs du soleil’. Me semblerait qu’il y avait comme une éclipse le jour de sa conception.

Hen Ogledd

Mogic

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Ben Ogledd n’est pas un artiste islandais ou scandinave, mais le patronyme d’une formation britannique, probablement galloise, dont le choix se réfère à une région englobant le sud de l’Ecosse et le nord de l’Angleterre, avant le Moyen-Age. « Mogic » constituerait son troisième elpee, un disque dont les compos mélancoliques, atmosphériques, luxuriantes et parfois bruitistes (« Dyma fy robot », « Transport & travel ») ou psychédéliques, se révèlent très souvent déroutantes, tout en conservant un solide fil mélodique.

Quatuor, ce combo réunit le chanteur Sally Pilkington, la harpiste/guitariste Rhodrie Davie, le préposé aux machines et synthés, Dawn Bothwell, ainsi qu’une remarquable section rythmique composée du bassiste Richard Dawson (NDR : il joue carrément de la basse comme Simon Gallup sur « Problem child », mais pas seulement !) et du drummer Will Guthrie, dont la discographie (aussi bien personnelle qu’issue de collaborations diverses) est longue comme un bras. Parfois un saxophone vient s’immiscer dans l’expression sonore, à l’instar de « Tiny witch hunter », un morceau probablement chanté par les lutins pour se moquer des sorcières… enfin si vous y croyez… car finalement, tout au long de cette œuvre, dont le titre a été judicieusement choisi, on a l’impression d’être plongé dans un univers mystérieux et féérique, mais qui se nourrit aussi bien de mysticisme que de technologie. Le quatuor nous réserve même un interlude déclamé par un enfant en gallois (« Gwae Reged O Heddiw ») et une version barrée de « Welcome to hell » du groupe de heavy metal Venom. A cet instant, on est aux portes du pandémonium… Heureusement, au terme du périple, grâce aux chœurs religieux, « Etheldreda » nous aide à retrouver le chemin vers l’Eden… 

Vous avez dit « Mogic » ?, comme c’est ‘mogique’…

In tall buildings

Akinetic

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In Tall Buildings, c’est le projet d’Erik Hall, un compositeur et multi-instrumentiste issu de Chicago. « Akinetic » constitue son troisième opus, un disque pour lequel il a reçu le concours du producteur et ingé-son Brian Deck (Modest Mouse, Iron & Wine). Hybride, dream pop, mélancolique, sa musique navigue quelque part à la croisée des univers fréquentés par Broadcast, Robert Wyatt et Talk Talk, même si la voix évoque plutôt Will Johnson, mais davantage celui de South San Gabriel que de Centro-matic. Encore que les harmonies vocales, sans doute par la grâce de l’overdubbing, sont aussi limpides et ondoyantes que chez Crosby, Stills & Nash, à l’instar de « Beginning to fade », un morceau qui s’épanouit en crescendo. Eric échange même un duo avec Heather Wood Broderick tout au long de « Days in clover ». Mêlant subtilement instrumentation électronique et organique, les 10 compos aux textures riches évoluent, en général, sur un mid tempo ; faussement nonchalant « Overvconscious » lorgne même vers Tahiti 80.

Les lyrics de « Cascadia », la meilleure plage de l’elpee, abordent la question de l’instabilité géologique de la côte ouest du Pacifique, une instabilité qui risque de déclencher une éruption volcanique et surtout un séisme qui pourrait avoir des conséquences désastreuses. Cette piste est secouée par des cordes de gratte bien shoegaze, des cordes de ce type qu’on retrouve circonstanciellement tout au long de l’opus, lorsqu’elles ne sont pas jouées en picking. Bref, un chouette album auquel il manque peut-être un peu plus de punch…

Savak

Cut-ups

Écrit par

Savak est une formation établie à New York qui implique des membres de The Make Up, Obits, Holy Fuck, Ted Leo & The Pharmacists et The Cops. Rien que du beau monde donc. “Cuts up” constitue son deuxième elpee, il fait suite à « Best Of Luck In Future Endeavors », gravé en 2016. Accrocheuses, les mélodies rappellent Kaiser Chiefs, alors que les intonations du chanteur, évoquent régulièrement Graham ‘Suggs’ McPherson (Madness). Pas étonnant que les compos soient circonstanciellement colorées par l’intervention d’une trompette. A l’instar de « Like Gary Wilson said », une plage dont les riffs de guitare acides lorgnent vers Gang of Four, sans pour autant virer au funk blanc. Des sonorités de grattes bien électriques et judicieusement conjuguées, l’une d’entre elles piaillant régulièrement pour le plaisir des oreilles (« Christo’s peers », « They are bones »). Manifestement, Savak est davantage influencé par la musique britannique qu’américaine ; une plage comme « I don’t want to be defended » émargeant même au post punk, la ligne de basse ténébreuse et les vocaux déclamatoires accentuant cette impression, même si un solo de gratte distordu vient couronner le toute en fin de parcours. Les compos sont, en outre, souvent enrichies d’excellentes harmonies vocales, qu’on pourrait presque qualifier de byrdsiennes sur « Keys to the city », une superbe plage au cours de laquelle, bringuebalantes, les cordes de guitare s’infiltrent insidieusement. Et elles se révèlent même lumineuses, parfois même pixiesques, sur le titre final de l’opus, « I left America », une chanson au message sociopolitique, dont la mélodie semble inspirée par Mercury Rev ; un discours qu’on retrouve lors du morceau d’ouverture, « Sick of war » … Excellent !  

Korto

Korto

Écrit par

Premier elpee pour Korto, un trio savoyard, mais établi à Lyon, réunissant le drummer Léo Moriaud, le guitariste Marius Mermet et le bassiste Clément Baltassat, ces deux derniers assurant également les vocaux. Première constatation, les 5 pistes de cet elpee sont imprimées sur un tempo enlevé par un drumming, la plupart du temps, particulièrement ample. Les harmonies vocales sont soignées, les cordes de guitare discordantes, chatoyantes ou tintinnabulantes, mais également torturées sur la piste finale, « Oï », malgré sa ligne de basse entêtante et ténébreuse. Bref, tout au long de ce long playing, l’expression sonore se nourrit aussi bien de rock indé, de noisy, de shoegaze, de psychédélisme que de post, space ou kraut rock, trahissant même quelques accents empruntés à la country. Des références ? Motorpsycho, Stone Roses circa « Second coming », Neu ! et même Hawkwind, mais en gommant l’aspect heavy…

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