L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Biohazard 8/8/26
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Chroniques

Dan Mangan

More or Less

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Au fil des albums, ce Canadien s’est forgé une certaine popularité. Et pour cause, il a décroché différents prix et partagé l’affiche avec de nombreux groupes, dont Father John Misty, Broken Social Scene ou encore Great Lake Swimmers. Sur le Vieux Continent, par contre, sa notoriété est plutôt confidentielle.  

Faut dire qu’après avoir sillonné les routes et à s’investir dans la musique, il a décidé de se consacrer davantage à lui et à sa famille. A présent père de deux enfants, il était normal que cette paternité se reflète –et elle est omniprésente– tout au long de son cinquième opus intitulé “More or Less”.

Si sur son précédent album, un disque fondamentalement plus rock, le songwriter avait reçu le concours du groupe Blacksmith. Tout au long de ce dernier, il privilégie une formule indie-folk qui sent bon les espaces verts (NDR : c’est dans l’air du temps). Et on pense tout particulièrement à “Just Fear”, sculpté dans un folk old school ou encore au minimaliste “Fool for Waiting”, dominé par les ivoires. D’ailleurs, la guitare acoustique et le piano servent, le plus souvent, de structure aux morceaux. Ce qui n’empêche pas Mangan d’enrichir certains titres d’éléments électroniques, à l’instar de la plage d’ouverture, “Lynchpin” ou encore, mais de manière plus subtile, de l’excellent “Peaks & Valleys. Exception qui confirme la règle, “Troubled Mind”, une piste énergique qui trouble la sérénité du paysage sonore…

Enfin, les changements de rythmes ainsi que la délicatesse des arrangements confèrent à cet LP une richesse et un charme dont vous ne soupçonneriez pas l’existence… A conseiller vivement ! 

Cullen Omori

The Diet

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Il y a cinq ans, le groupe chicagoan Smith Westerns splittait, laissant en héritage trois superbes albums. Depuis, les différents membres ont poursuivi leur petit bonhomme de chemin à travers des projets qui ont connu plus ou moins de succès. Ainsi, si Whitney est parvenu à tirer son épingle du jeu, Cullen Omori est resté curieusement dans l’ombre…

Deux ans après avoir publié un premier elpee de bonne facture, ce dernier nous propose son second essai, “The Diet”. Sur ce nouvel LP, l’Américain, désormais établi à Los Angeles, revient à ses fondamentaux ; c’est-à-dire à une forme de psyché/pop ensoleillée et rafraîchissante qui a fait le succès (relatif) de Smith Westerns. Caractérisés par leurs mélodies efficaces, les onze morceaux tissent une texture cristalline de cordes acoustiques et électriques que brode une voix éthérée. Une expression sonore qui lorgne vers des formations telles que MGMT, Unknown Mortal Orchestra ou encore Foxygen.

Au vu de la qualité de ce second opus, on est en droit d’espérer que Cullen Omori puisse atteindre une juste reconnaissance, et pourquoi pas semblable à celle acquise par ses ex-acolytes de Whitney. Une chose est sûre, pas besoin de se mettre au régime pour savourer “The Diet”…

Tahiti 80

The Sunshine Beat Vol. 1

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Plus grand monde ne semble se soucier des élégantes et régulières sorties de Tahiti 80 sous nos latitudes… pourtant les Français ont toujours le même talent pour composer des hits aux mélodies imparables. Et ils le démontrent, une nouvelle fois, tout au long de « The Sunshine Beat Vol.1 », un album présenté comme une collection de chansons nées de la rencontre entre la quintessence de la sunshine pop chère aux Beach Boys et du power beat de Big Star.

Depuis ses débuts (NDR : en 25 ans, le combo a gravé 7 elpees) la bande à Xavier Boyer, à l’instar de leurs compatriotes Phoenix, défend une certaine idée de la pop. Considéré comme un groupe culte au Japon, comme ses acolytes le sont aux States, Tahiti 80 tisse des mélodies ultra ‘catchy’, alimentées par une voix claire, une ligne de basse caoutchouteuse et des mélodies réellement imparables (« Natural Reaction »). La corrélation entre le band versaillais et rouennais est d’ailleurs évidente sur des titres comme « Hurts » ou « Wonderboy ». Que de bonnes ondes pop ensoleillées sous les tropiques de Tahiti 80 !

Kel Assouf

Black Tenerre

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Après le succès de son album « Tikounen » (NDR : The Guardian l’a qualifié de ‘bond en avant dans le son touareg moderne, vraiment radical’), Kel Assouf vient d’enregistrer un nouvel opus. Intitulé « Black Tenere », il a été produit par le claviériste du groupe, Sofyann Ben Youssef, le cerveau qui drive AMMAR 808.

Première constatation, cet elpee se recentre sur une formule trio boostée par l’énergie du leader nigérien Anana Ag Haroun. Né et élevé au Niger, ce guitariste et auteur-compositeur-interprète a émigré, il y a 11 ans à Bruxelles, pour y vivre avec sa femme. Il reconnaît qu’il existe une dualité dans sa vision du monde : ‘Mes trois filles sont nées en Belgique, donc ce pays est devenu une part de mon identité. Aujourd’hui je suis belge au Niger et nigérien en Belgique’. Et le line up est complété par le Belge Olivier Penu, un jeune batteur de jazz.

Kel Assouf a d’abord emprunté un parcours musical tracé par des pionniers du rock du désert comme Ishumar ou Tinariwen, qu’Haroun a rencontrés alors qu’il était un jeune musicien au Niger. Cet horizon s’est ensuite élargi au rock classique, institué par Led Zeppelin, Black Sabbath, Queens of the Stone Age, mais également au beat-club ainsi qu’à l’électro. Sur « Black Tenere », le groupe pousse ces différentes influences et textures dans leurs derniers retranchements.

Les messages véhiculés par les lyrics sont puissants et tragiques. La lutte des apatrides Kel Tamashek (qu’ils préfèrent au surnom colonial ‘Touaregs’) pour conserver le contrôle de leurs terres ancestrales ainsi que leur mode de vie nomade et leur dignité ne sont entrés que récemment dans les consciences occidentales. Pour immortaliser ces paysages sonores sous tension, le trio a bossé au sein du studio Stureparken, à Stockholm.

Kel Assouf est né à l’intersection d’un triangle d’influences, d’expressions culturelles et d’identités complexes. Ag Haroun conclut : ‘La musique est une arme de guerre sans violence. C’est une revendication de justice et l’âme de l’humanité. Elle rassemble des êtres humains de différents pays. Si nous investissions davantage dans la culture aujourd’hui et moins dans les armes, le monde serait différent. La musique est la paix pour nos âmes’. 

Pour découvrir le single « Fransa » qui figure bien sûr sur cet LP, c’est ici  

Fufanu

The Dialogue Series

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Malgré un patronyme cartoonesque qui prête presque à sourire, cette formation islandaise est responsable d’une musique plutôt sombre qui mêle techno et post-punk… Ciselées, les cordes de guitares et les programmations électroniques entrent en osmose tout au long de « The Dialogue Series », un 3ème album colligeant toute une série d’Eps touchant chacun à un style différent : des loops kraut-rock et trip-hop côtoient des salves plus rock, post-punk ou cold-wave. Un beau et inspiré dialogue de genres venu du froid…

 

Finn Andrews

One piece at a time

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Premier album en solitaire pour Finn Andrews, le leader de The Veils, un groupe dont le line up a souvent été chamboulé. Enfin, pas tout à fait en solitaire, car lors des sessions, il a reçu le concours de quatre musiciens ainsi que d’une section de cordes (violons, violoncelle), un disque coproduit par Tom He. En fait, suite à la fin d’une relation amoureuse, Finn est reparti en Nouvelle-Zélande. Puis il a fouillé au sein d’un livre au sein duquel il a retrouvé des tas de chansons, qu’il avait accumulées depuis 5 ans, sans trop savoir qu’en faire. Il a commencé à en faire le tri, puis a alors décidé de les consacrer à cet opus solo, estimant qu’elles ne correspondaient pas à son groupe. Des compositions profondes, en général autobiographiques, dominées par la voix fragile d’Andrews, qui traitent de la mort, de la fin des relations et des vicissitudes de la vie, mais aussi de la déchéance des stars du cinéma (« Al Pacino – Rise &Fall », « Hollywood forever »). En résulte donc ce « One piece at a time », une œuvre qui montre une nouvelle facette de cet artiste talentueux, mais dont le climat mélancolique au sein duquel elle baigne, n’est pas de nature à vous filer du peps si vous avez chopé le bourdon…

Bobby Blackhat

Put on your red shoes

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Originaire de Cleveland, dans l'Ohio, Bobby BlackHat Walters a passé 27 ans de sa vie dans l'armée. Ce bluesman vit aujourd’hui en Virginie, où il a entamé une nouvelle carrière comme compositeur, chanteur, harmoniciste, producteur, acteur et comédien. Il puise ses sources majeures à Chicago, Memphis, dans le blues du Delta et le Piedmont, dans un style fingerpicking, proche du ragtime.

Son sixième opus affiche 4 profils de son répertoire. "Something old" se consacre à de nouvelles versions d'anciennes compos, "Something new" s'intéresse à de nouvelles chansons, "Something borrowed" nous réserve ses adaptations de classiques et "Something blues" nous plonge, évidemment, dans le blues... 

Les sessions se sont déroulées près de chez lui en Virginie, en compagnie de son backing group. "I smell another man on you" ouvre la plaque, une plage qui augure une suite intéressante. Ce blues d’excellente facture met en exergue des musiciens chevronnés qui se partagent harmonica, piano, orgue et guitare. "Travelling lady" nous entraîne dans le Chicago southside, une piste bien rythmée au cours de laquelle Bobby se distingue par sa voix chaleureuse, lorsqu’il ne souffle pas dans son harmo. Passionné de southern rock, Larry Berwald se charge de la pedal steel, sur "This grey beard", un blues chargé de feeling, balisé par les cordes acoustiques. Et son instrument pleure littéralement, tout au long du poignant "May I have this dance". Le titre maître nous entraîne au cœur de la Nouvelle Orléans. Funky, "Put on your red shoes" se nourrit des percus de Michael Behlmar. Tout comme "Back to Cleveland", un morceau caractérisé par les interventions très recherchées aux ivoires de Lucy Kirkpatrick, mais également les envolées de Tom Euler aux cordes et de Bobby à l’harmonica. Du grand art ! Guitare et piano se réservent des billets de sortie, tout au long du rock’n’roll très énergique "Baby Mama Drama blues". Le long playing recèle deux covers. D’abord le "Hallelujah" de Leonard Cohen, une plage instrumentale chargée de feeling, puis le "You got me runnin" de Jimmy Reed, une compo imprimée sur un rythme incomparable. Mais encore deux longs blues lents empreints de mélancolie, "Grim reaper" et "I hear Mama's voice", une plage royale qui figurait déjà sur son premier opus, gravé en 2007, et au cours de laquelle Tom Euler laisse éclater les derniers sanglots de ses cordes…

Bill Ryder Jones

Yawn

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Bill Ryder Jones a milité chez The Coral jusqu’en 2009, avant de se lancer dans une carrière en solitaire. « Yawn » constitue son quatrième elpee solo, un disque dont l’intensité électrique évoque tantôt Red House Painters voire Sun Kil Moon, Slowdive ou Low. Donc qui navigue quelque part entre sadcore, shoegaze, noisy et slowcore, au sein d’un climat, bien évidemment, empreint de mélancolie. Encore que l’abrasif « There are worse things I could do » lorgne plutôt vers les Pixies, lorsque le tempo s’élève. Et que tout au long de « John » le fond sonore est tramé par des scintillement électriques dignes d’And Also The Trees. Si « Recover » est traversé par les interventions gémissantes du violoncelle de Rod Skip, alors que Bill étale tout son talent au picking, l’excellent « No one’s trying to kill you », se distingue par ses harmonies vocales qui reposent sur un échange entre voix masculine et contre-voix féminine. Un superbe opus, au sein duquel on épinglera encore le lyrique « And then there’s you », qui alterne sonorités de gratte bourdonnantes, chatoyantes, vaporeuses, abrasives ou bringuebalantes ainsi que le ténébreux « Mither », qui aurait pu carrément figurer au répertoire de Mark Kozelek. Superbe !

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