Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Chroniques

Thalia Zedek

Fighting Season

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A bientôt 60 ans, Thalia Zedek est quasiment considérée comme une figure tutélaire au sein de la scène indie US. Depuis les débuts de sa carrière, elle a milité chez Live Skull, E, Come (avec Chris Brokaw d’ailleurs ici au générique) et Uzi avant de se lancer en solitaire. Son admiration pour Patti Smith doit, en outre, être énorme tant on sent cette fureur qui hante sa voix et emporte tout sur son passage tout au long de « Fighting Season », son dernier et fulgurant album en date ! Revenue de ses démons –une addiction à l’héroïne, Thalia a décidé de reprendre les armes et surtout sa guitare pour défendre les causes qui lui tiennent à cœur depuis toujours, comme la défense de la communauté LGTB ou des immigrés. Saturés à souhait, les accords de grattes sont dignes de Jon Mascis (NDR : pas étonnant, quand on sait qu’il est également de la partie !) et tout au long de cet irrésistible elpee, portés par un piano et autre violoncelle, ses propos sincères s’élèvent de son âme... Une œuvre à découvrir d’urgence ! Grâce à ce genre d’insoumise, les Etats-Unis ne sont pas encore devenus une terre trumpiste…

 

Edmond Jefferson and Sons

The winter

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Après avoir écouté cet album de Jefferson and Sons, inévitablement, on pense à Jefferson Airplane ou Starship. Oui, oui, ces groupes légendaires qui ont marqué la fin des sixties et le début des seventies, en pratiquant une musique psychédélique qu’on a aussi taxée d’acid rock. Les plus jeunes évoqueront plutôt Lola Colt, la voix de Josette Seydoux se rapprochant davantage de celle de Gun Overbye que de Grace Slick, même si elle emprunte parfois les inflexions de PJ Harvey voire de Patti Smith.   

« The winter » constitue le second elpee de ce quintet suisse, un disque enregistré en analogique et découpé en 11 pistes. Tour à tour bluesy (l’aride « Avril, Orange », « Helsinki » et « Lost », une plage au cours de laquelle une gratte est jouée en slide), languissante (« Les Botanistes », interprété dans la langue de Molière), frénétique (« Laïtak »), angoissante (« Zingueria »), fiévreuse (« First race ») ou tribale (« Hotcha »), elles baignent au sein d’un climat ténébreux. Entretenues par deux guitares, les sonorités sont souvent sales, torturées, mais aussi parfois tintinnabulantes, gémissantes ou vibrantes et peuvent s’adosser à une solide section rythmique… (pour découvrir le clip du titre maître, c'est ici)

Flávio Cristóvam

Hope & dreams

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Premier elpee pour cet artiste açorien (NDR : il est originaire de l’île de Terceira) dont l’indie folk est enrichi d’arrangements et d’orchestrations de cordes comme chez Chris Rea (NDR : pensez à « I Can Hear Your Heartbeat ») voire Charlie Winston. Une chose est sûre, sa musique colle parfaitement à la bande FM. Il possède une belle voix, profonde aussi, et est plutôt doué à la guitare, surtout lorsqu’il la joue en picking. Enfin, les mélodies de ses compos sont souvent très jolies, des compositions à l’instrumentation riche (Hammond, piano, banjo, trompette, violoncelle, violon, sans oublier la section rythmique basse/batterie et l’une ou l’autre gratte supplémentaire, parfois traitée en slide), mais parfaitement équilibrée…

Si Cristóvam a tout pour lui, même le physique susceptible de faire craquer le (grand) public féminin. Il ne lui manque plus que le succès… Ce qui ne devrait tarder, si ses chansons sont régulièrement diffusées sur les ondes radiophoniques…. Maintenant, si elle est bien faite, on ne peut pas dire que sa musique soit particulièrement originale…

Il viendra présenter son album, le 14 mars à la Tricoterie, dans le cadre du Discovery Festival. Pour plus d’infos voir ici

 

Mind Over Mirrors

Bellowing Sun

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Pour enregistrer le sixième opus de son projet Mind Over Mirrors, le musicien et producteur Jamie Fennelly a reçu le concours d’une flopée d’invités prestigieux. Dont la chanteuse Janet Beveridge Bean (Freakwater, Eleventh Dream Day), qui se charge également ici de la cithare, le violoniste Jim Becker (Iron & Wine, Califone) et le batteur Jon Mueller (Death Blues) ; sans oublier le concours de John McEntire (Tortoise) à la mise en forme. Outre les synthés, Jamie se charge de l’harmonium indien. Toute une panoplie instrumentale qui aurait dû déboucher sur un résultat intéressant. Malheureusement, si les rythmes et les boucles minimalistes créent parfaitement la structure, il faut reconnaître que malgré les harmonies vocales en forme de sirènes, seules les interventions de violon, et tout particulièrement tout au long de « Vermillion pink » ainsi que « Coculate beings », parviennent à extraire les compos de ce « Bellowing sun », d’une sorte d’ambient propice à la méditation, si chère à Tangerine Dream…

Robert Forster

Inferno

Écrit par

« Inferno » constitue le septième elpee solo de Robert Forster, un disque enregistré à Berlin, alors que les sessions du précédent, « Songs to play », s’étaient déroulées près de chez lui, du côté de Brisbane, en Australie.

Quand on parle de Robert Forster, on ne peut s’empêcher de penser aux Go-Betweens, un groupe mythique qui a mis un terme à son aventure, suite au décès du coleader, Grant McLennan, en 2006. Il est disparu à l’âge de 48 ans, des suites d'une crise cardiaque, dans sa maison à Brisbane. D’ailleurs sur ce nouvel elpee, Robert ravive ce souvenir, à travers « The morning », une chanson au cours de laquelle il exprime le sentiment d’être encore vivant, lors d’une carrière au cours de laquelle de nombreux amis ne sont plus de ce monde…

Entre compos allègres et ballades tendres, Robert reste égal à lui-même. Ses cordes acoustiques, semi-acoustiques, parfois un peu plus électrifiées, sont toujours aussi délicates et limpides. Il nous réserve quelques percus latino sur « Life has turned a page » et son épouse Karin, vient enrichir les backing vocals, à plusieurs reprises. Un album brillant, dramatique, tendre, agréable à l’écoute, parfois bouleversant, mais qui ne révolutionnera certainement pas la planète pop/rock…

Saloli

The deep end

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Saloli, c’est le patronyme du projet de Mary Stutton, une pianiste originaire de Portland. « The deep end » constitue son premier album, une œuvre intégralement interprétée au synthé. Elle avoue s’être inspirée d’Erik Satie, et tout particulièrement de ses thèmes basés sur l’itération, pour composer les morceaux de cet opus. Essentiellement instrumentaux, ils sont parfois portés par une structure à deux voix, dont l’une assure la répétition alors que l’autre se charge des mélodies. Mais le résultat est tellement monocorde qu’il finit par flanquer le bourdon. Idéal pour sonoriser des obsèques dans un crématorium…

Susan Williams

It's about time

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"It’s about time" constitue la première plaque gravée par Susan Williams & The Wright Groove, un groupe réunissant des vétérans issus de la scène blues de Chicago. Fondé en 2016, il est drivé par la chanteuse/bassiste Susan Williams. Elle est soutenue par le guitariste Mike Gallemore, le drummer Rob Davis et Darryl Wright à la lead bass. Il y a donc deux bassistes au sein du line up, une spécificité idéale pour accentuer l'approche funky de l’expression sonore. Les sessions se sont déroulées au studio 401 de Georgetown, à deux pas de Chicago.

Susan signe neuf des onze plages, Gallemore, les deux dernières. "Tell me you love me" ouvre l'elpee, un blues lent qui met en exergue la voix de Susan. Invité, Michael Cruse siège derrière l’orgue alors que Mike signe une sortie soignée sur ses cordes. Bien plus rythmé, "I love what you do" est plutôt classique, un morceau caractérisé par deux envols, celui de la guitare d'abord, et de la basse ensuite, une formule qui va se répéter tout au long de cet opus ! A l’instar du très efficace –et funky– "I'm sorry". Darrvl Wright maîtrise parfaitement son instrument. C’est sans aucun doute le moteur de la formation, d'ailleurs baptisée Wright Groove. Et il étale encore tout sa classe sur "Keep moving on". La voix de Susan domine son sujet sur l’impeccable blues lent "Please come back to me", Gallemore injectant une belle dose de feeling dans son toucher de guitare.

Kenny Smith

Drop the Hammer

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Kenny ‘Beedy Eyes’ Smith n’est autre que le fils de Willie ‘Big Eyes’ Smith. Dans la famille, les grands yeux sont donc devenus globuleux mais père et fils se partagent la passion pour la batterie. Il est vrai que le regretté Willie a milité, durant 18 ans, au sein du Muddy Waters Band, un fameux pedigree pour tout bluesman qui se respecte. Beedy Eyes est devenu un drummer très respecté et il a déjà remporté de nombreux awards. Il a créé son propre band, the House Bumpers. C'est le bassiste Felton Crews, un ancien musicien de Miles Davis qui complète la section rythmique. Autour de ce duo, d'excellents musiciens ont collaboré à la confection de cet opus, dont plusieurs gratteurs talentueux, parmi lesquels figurent l’omniprésent Ari Seder, mais également le vétéran Billy Flynn, un blanc passionné de jazz.

Blues authentique, "Head pounder" est une ouverture royale, une piste idéale pour une formule trio. La voix de Kenny est poignante. Elle peut cependant s’appuyer sur des cordes acoustiques, le sitar de Flynn et l'harmonica du concitoyen, Omar Coleman. Luca Chiellini balise "Hey daddy" de ses ivoires, un Chicago blues classique au cours duquel les trois rejetons du leader, Mae, Clara et Theodore, donnent la réplique vocale à leur daddy. Superbe blues lent, le titre maître est enrichi de chœurs féminins, alors que les interventions de Greg Guy (NDR : c’est le fils de Buddy et il sait de qui tenir !) à la six cordes sont somptueuses. Et chacune d’entre elles est un réel bonheur. Que ce soit sur les plages funky aux arrangements contemporains ("What in the world" et "Living fast", souligné par l’harmo de Sugar Blue) ou le blues indolent "No need brotha'", un slow tapissé par l'orgue Hammond de Luca. Billy Flynn est aussi en verve tout au long du shuffle "Keep on pretending" ainsi que du r&b nerveux "Scratchin' your head". Et c’est sous la forme d’un trio, Nelson Strange se chargeant de la gratte et Kimberley Johnson des vocaux, que Kenny se révèle le plus orignal, à travers "One big from". Excellent !

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