Fence n’en a rien à foutre…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Chroniques

Barbarossa

Lier

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Depuis la sortie de son dernier album, « Imager », la vie de James Mathé, alias Barbarossa, a connu quelques turbulences. Le Londonien d’origine est devenu père et a quitté la frénésie de la capitale anglaise pour s’installer à Margate, une petite ville côtière, sise à l’Est de l’Angleterre. C’est dans ce nouvel environnement que le Britannique a composé son cinquième opus, intitulé « Lier », dont les thèmes principaux traitent de la géographie et des bouleversements personnels. 

Si on avait déjà discerné les penchants de James Mathé pour la musique électronique tout au long de ces long playings précédents, sur celui-ci, il a décidé de franchir une nouvelle étape, en se servant plus que généreusement des sonorités synthétiques. Une contribution qui souligne, cependant, un songwriting encore bien ancré dans le folk. Le piano constitue toujours le fil conducteur de ses compos, à l’instar de l’excellent « Cyclone ». Néanmoins, certaines plages se concentrent davantage sur les claviers et les rythmiques électro, une expression sonore sur laquelle vient se poser la voix paisible et sensuelle de James Mathé, tellement proche de celle de son compatriote James Blake (« Aluminium Skies »).

Sans faire de bruit, Barbarossa enchaîne des albums de très bonne facture. Hormis la reconnaissance de ses pairs (notamment de José Gonzalez, en compagnie duquel il a joué), James Mathé mériterait une reconnaissance au-delà de l’Albion. Espérons que « Lier » y parvienne !

 

Beach Fossils

Somersault

Écrit par

Les hipsters de Beach Fossils composent leurs morceaux de pop alternative à partir de leur QG de Brooklyn, depuis 2009. Réunissant Dustin Payseur, Jack Doyle Smith et Tommy Davidson, le trio navigue dans les eaux mélodiques chères à Real Estate. Agréable à l’écoute, son quatrième elpee, « Somersault », a bénéficié du concours de Rachel Goswell (Slowdive) sur « Tangerine » et « Saint Ivy », ainsi que du rappeur de Memphis, Cities Aviv, tout au long de « Rise ». En outre, il a été publié sur Bayonet, le propre label de sieur Payseur ; la formation new-yorkaise ayant décidé de quitter l’écurie mythique, Captured Tracks.

Claire, la voix de Dustin Payseur continue naviguer au cœur d’une pop atmosphérique. Si un titre comme « This Year » rappelle Real Estate au sommet de sa forme, entre les cordes de « Closer Everywhere » et les guitares shoegaze de « Be Nothing », l’instrumentation se révèle particulièrement léchée ; mais ce sont surtout les mélodies **** qui impressionnent, même s’il manque encore un tube potentiel dans le lot. Au fil de l’album, les New-yorkais tissent donc des sonorités lascives et cotonneuses qui siéraient à merveille aux images tout aussi hype et mélancoliques chères à Sofia Coppola.

 

Cristobal and The Sea

Exitoca

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Cristobal and the Sea est le résultat du cosmopolitisme londonien. Fondée en 2012, cette formation réunit le drummer Elliott Arndt (un Anglais), le bassiste Alejandro Romero (un Espagnol), le guitariste João Seixas (un Portugais) et la flûtiste Leïla Séguin (une Française). Ces trois dernier participent aux vocaux. « Exitoca » fait suite à un premier opus, publié en 2015, un disque qui sort à nouveau sur le label City Slang (Caribou, Calexico, Lambchop, …)

La musique de Cristobal and the Sea est un melting-pot d’influences qui reflètent, on l’imagine, les origines des musiciens. L’album s’ouvre par plusieurs plages aux accents ensoleillés, tropicaux même, dont « Goat Flokk ». « Salsa Dude » et « The Seed » véhiculent des accents psychédéliques. Mais régulièrement, les références s’entremêlent au cœur d’un joyeux micmac, paradoxalement aux mélodies entêtantes. Et le tout baigne au sein d’une bonne humeur communicative. Idéal pour égayer les longues journées d’été !

 

Tommy Dardar

Big Daddy Gumbo

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Tommy Dardar n’a guère de notoriété. Ce chanteur/compositeur/harmoniciste a pourtant gravité, à une certaine époque, autour de la Gulf Coast, aux USA. Il avait publié un album intitulé "Fool for love", en 1999. Il avait ensuite commencé à mettre en boîte ce qui devait être son second opus. Mais pour des raisons financières, il dû abandonner le projet. Neuf plages avaient alors été enregistrées à Los Angeles, au studio Ultra Tone. Il avait alors bénéficié de la collaboration de la crème des musiciens locaux ; et notamment Tony Braunagel, Hutch Hutchinson, Jon Cleary et Johnny Lee Schell. Depuis Braunagel a acquis une solide réputation comme producteur. Il a donc décidé de retravailler les morceaux, après avoir invité quelques amis, dont Terry Wilson, Teresa James, Joe Sublett et quelques autres encore. En bénéficiant du soutien de la Société de Blues de Houston, il a ainsi pu retravailler une œuvre qui datait quand même de près de 20 ans !

Le riff de slide découpé par Schell imprime le tempo du Chicago shuffle "It's good to be King", lorsqu’elle n’entre pas en effervescence. L’harmo participe activement à cette agitation. Et solide, la voix est taillée pour le blues. Dardar a composé deux plages de toute bonne facture. D’abord "Headed down to Houma", une piste qui nous entraîne dans le Sud profond, jusqu’au cœur des bayous. Puis l’indolent "In my mind", un morceau dominé par l’orgue, mais qui permet un envol des cordes de Johnny Lee. Au piano, John Cleary tire régulièrement son épingle du jeu. Et tout particulièrement lors de l'excellent "Baby I Can tell" et de "Let's go back to New Orleans", un titre entretenu par les percussions de Tony Braunagel. Roots, "Dangerous woman" est tapissé par l'orgue et enfiévré par l'harmonica de Dardar. Et les solistes ont littéralement la rage, que ce soit Cleary aux ivoires, la guitare ou l’harmo, tout au long du boogie rock, "Shake a log"…

 

Charlotte Gainsbourg

Rest

Écrit par

Charlotte Gainsbourg appartient à cette catégorie d’artistes qui soit parvenue à vivre à travers l’ombre de leurs parents.

Fille de l’union entre l’homme à la tête de chou et Jane Birkin, elle s’impose depuis les années 2000, grâce à la crème de la crème du moment.

On se souviendra notamment du très hypnotique « 5:55 », produit par le duo electro Air, en 2006, pile poil deux décennies après avoir publié « Charlotte for Ever », premier album de la chanteuse composé par le paternel ; un opus qui recèle le sulfureux « Lemon Incest » (paru aussi une première fois, en 1984, sur « Love on the Beat »).

Sans oublier « IRM », pour lequel elle avait reçu le concours de Beck, un opus gravé trois années plus tard. Tout comme pour « Stage Whisper ». Tombé dans les bacs, fin 2011, ce double elpee réunissait 11 anciens titres en version ‘live’ et 8 originaux.

Miss G. n’avait osé jusqu’alors se frotter à la langue de Verlaine, préférant s’assurer dans une zone de confort, en empruntant la langue de maman.

Changement de direction ici, puisque la majorité des compositions sont interprétées en français. Hormis les refrains, en anglais.

Ce mélange idiomatique communique une touche très ‘frenchy’ aux compos et reflète l’audace à laquelle se sont livrés les géniteurs de ce disque.

Enregistré à New York, ce bébé d’une série que l’on espère encore longue a été mis en forme majoritairement par un DJ, compositeur et producteur parisien, répondant au nom de SebastiAn.

Le poulain de l’écurie électro Ed Banger est ainsi parvenu à réinventer un genre en lui apportant autant de chaleur que de délicatesse. Si certains producteurs se seraient contentés d’appauvrir le format des compos en leur injectant une forme froide et industrielle, sa patte très caractéristique confère à l’ensemble un univers très aérien.  En outre, elles adoptent également une vision organique grâce au concours de Vincent Taeger (Poni Hoax) et du multi-instrumentiste Emile Sornin (Forever Pavot).

En parcourant les onze plages, l’auditeur navigue entre deux eaux, tantôt empreintes d’une nostalgie profonde dans laquelle on aime se napper. A l’instar de « Dans vos airs » et « Les crocodiles ». Ou se révèlent nettement plus dansantes, comme « Sylvie Says » ou de « Deadly Valentine ».

Puissant, l’opus laisse planer l’ombre du padre « Lying With You » ou de sa sœur, « Kate », disparue tragiquement en 2013…

Cerise sur le gâteau, sa petite Alice s’y colle au détour d’une plage cachée dans laquelle elle s’amuse véritablement à pousser la chansonnette sur l'air de « Twinkle Little Star ».

Bref, Dame Gainsbourg parle avec justesse et sincérité dans une œuvre intimiste et déchirante et nous réserve là le plus joli cadeau de toute sa carrière.

Kris Lager

Love songs & life lines

Écrit par

Issu du Nebraska, le Kris Lager Band pratique ce qu’on appelle, de l’americana. Les musicos se proclament d’ailleurs, des ‘roots revivalists’. Et il est vrai que dans l’expression sonore de la formation, beaucoup d'éléments s'y retrouvent : blues, rock, funk, r&b, folk, country, latin, cajun, gospel et hip hop. Le backing group du chanteur/guitariste, Kris Lager, implique le bassiste Aaron Underwood, le batteur John Fairchild, alias Scooby Sha Bo Bo, et le claviériste Jeremiah Weir. Sans oublier, un jeune saxophoniste, qui répond au nom de Lefever. Entre 2006 et 2009, le groupe se produisait sous le patronyme d’Indigenous pour soutenir le chanteur, Mato Nanji, dans un registre bien plus rock! C'est Jim Gaines en personne qui a assuré le mixage de ce nouvel opus, le combo se partageant la production.

Instrumental, "Aurora Borealis" ouvre l’opus et annonce déjà la couleur. Rythmées, les atmosphères sont particulièrement agréables. La conjugaison entre cordes acoustiques et l'arsenal de percussions dont disposent Scooby Cha Bo Bo et Adrian Underwood fait mouche. Très riches, les compos bénéficient d’excellentes harmonies vocales. Baignant au sein d’un tempo exotique, mais bien cadencé, "The heart wants what the heart wants" est traversé par une slide hantée par Ry Cooder. Ballade tendres, "Sweet magnolia" et "San Francisco Bound" sont comparables à des friandises sucrées par la slide, les percussions et le saxophone de Lefever. Talentueux, ce dernier colore judicieusement la plupart des plages. Mais il brille surtout tout au long de la superbe ballade, "You know I love you", une piste tapissée par l’orgue et au cours de laquelle les répliques vocales excellent. Ainsi que sur le r&b dansant et entraînant, "You and I". Ses envols rejoignent ceux des cordes pendant "Pickin' up the piaces" ; et ils sont beaux à pleurer. Kris Lager a un don pour torcher des jolies ballades bien mélodieuses, à l’instar de "Guiding light" et "I'm still here & I ain't lettin' go", au cours duquel la chaleur débordante de l'orgue Hammond souligne le chant profond. Un très bon album, dans le style…

 

Artur Menesez

Keep pushing

Écrit par

Brésilien, Artur Menezes est un chanteur/guitariste, mais il vit aujourd'hui à Los Angeles, ainsi que son groupe. Il a atteint la finale du dernier ‘International Blues Challenge’ de Memphis, et y a décroché le ‘Gibson/Albert King Award’, comme meilleur guitariste. Dans son pays, il est considéré comme une star du blues. En outre, il est très investi dans l'organisation de concerts et événements de ce style musical. "Keep pushing" constitue déjà son quatrième. Il y signe les 10 plages. Pour l’enregistrement, il a bien sûr, reçu le concours de son backing group, en l’occurrence, la bassiste Daniel Ages, le batteur Gary Novak, le claviériste Carey Frank ainsi que deux préposés au cuivres. Josh Smith (NDR : âgé de 38 ans, ce chanteur/guitariste a essentiellement accompli sa carrière en Floride, mais il vit depuis, à L.A.) s’est chargé de la production.

Soutenu par les cuivres, "Now's the time" s’ouvre dans un climat soul, mais teinté de jazz. Artur prend un billet de sortie, dans un style très personnel, caractérisé par sa vitesse d’exécution sur les cordes. Et il récidive tout au long du titre maître, un blues/rock au cours duquel agréable, la voix se détache devant les ivoires de Carey Frank. Il la force, cependant, sur "Come with me", un morceau davantage hard, balisé par de solides riffs, et qui se signale par des interventions de gratte aussi allumées qu’aventureuses. Nerveuses, elles entrent même en délire sur "Til the day I die", une plage balisée par les percussions de Novak. Si "Love 'n' roll" agrège rock'n'roll et jazz, "Can't get you out of my mind", conjugue blues et jazz. Un titre indolent qui met en exergue l’incursion douce et légère de Jamelle Adisa, à la trompette. Enfin, bien blues, "Pull it throuh" est imprimé sur un mid tempo...

 

Julien Pras

Wintershed

Écrit par

Il y a des secrets qu’on aime garder pour soi… Responsable d’une irrésistible indie pop, Calc –qui a sévi de la fin des 90’s au début du nouveau millénaire– constitue l’un d’entre eux. Cette formation hexagonale était emmenée par le très doué Julien Pras, un artiste qui a décidé depuis, de multiplier les projets, dont Pull, Victory Hall, Mars Red Sky (consacré au stoner !), outre son intéressante carrière solo.

C’est cette dernière qui nous intéresse. Loin des riffs de Mars Red Sky, le Bordelais nous propose, tout au long de « Wintershed », des compositions pop/folk mélancoliques aux mélodies crève-cœur, influencées par la lointaine étoile d’Elliott Smith.

Pour ce troisième chapitre de son aventure en solitaire, il a reçu le concours de l’ingénieur du son Leonard Brémond et d’Helen Fergusson aux chœurs. Le titre de cet LP colle parfaitement à sa musique. Et pour cause, ‘Wintershed’ signifie ‘abri pour l’hiver’ et on s’imagine à merveille se blottir au coin du feu tout en se délectant de ses harmonies. Julien Pras est un artiste à chérir… car il est capable de réchauffer les cœurs, auprès de l’âtre, lors de grands froids… et même tout de suite, en plein été... Qu’importe !   

 

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