L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Ora Cogan
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Chroniques

Devon Allman

Turquoise

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Si vous aimez le blues, le southern rock ou toute forme de jam session, vous ne pouvez être insensible à tout ce qui touche à la famille Allman. Devon est le fils de Gregg, leader charismatique et intemporel de l’Allman Brothers Band. Originaire de Corpus Christi (NDR : c’est au Texas), il est âgé de 40 balais. Il a été élevé par sa mère, Sjhelley Kay Jefts, mais il a hérité des gènes musicaux de son père.

Il opère ses débuts au cours des années 90. A l’époque, il vit à St Louis, dans le Missouri. Il adoptera un style plus franchement blues, à partir de ses trente ans. Son album favori était "Layla" de Derek and the Dominoes. Eric Clapton en était le leader, mais le groupe pouvait aussi compter sur l’oncle de Devon, Duane Allman, virtuose de la guitare slide. En 1999, il fonde Honeytribe, une formation qui va s’accorder une pause dès 2001, avant de reprendre le collier dès 2005. Au fil des ans, il se produit aux quatre coins du monde. Il publie également deux albums, "Torch' en 2006 et "Space age blues" en 2010. L'année suivante, il rejoint le Royal Southern Brotherhood, un supergroupe de blues rock, au sein duquel militent le chanteur/percussionniste Cyril Neville (NDR : il est issu de la Nouvelle Orléans) et le très prometteur chanteur/guitariste Mike Zito. Le combo grave un elpee éponyme en mai 2012. Mais déjà, fin du mois de septembre, il entre en studio à Memphis, sous la houlette de Jim Gaines, pour enregistrer son premier opus personnel : "Turquoise". Lors des sessions, il a bénéficié du concours d’une section rythmique, soit le drummer Yonnico Scott et le bassiste Myles Weeks, mais également de quelques invités.

"When I left home" ouvre le bal. Une chanson inspirée par la bio de Buddy Guy. Du roots rock de toute bonne facture. La voix rappelle celle du père, mais en moins ravagée. Il est épaulé par Luther Dickinson des North Mississippi All Stars, à la slide. Et ses interventions sont limpides. Mike Zito cosigne "Don't set me free", une excellente ballade soul blues, hydratée par l'orgue Hammond de Rick Steff (de Lucero) et enrobée de chœurs, autorisant une sortie de cordes très cool. "Time machine" est une chanson douce, atmosphérique. Les cordes acoustiques épousent parfaitement la pureté du chant. "Stop draggin' my heart around" est un des sommets de l’elpee. Devon, de son timbre nasillard, et la délicieuse Samantha Fish (NDR : une autre artiste hébergée sur le label Ruf), se partagent un duo tout au long de cette remarquable composition issue de la plume de Tom Petty. Des rythmes latins et africains alimentent "There's no time", une piste caractérisée par des sonorités de guitare réminiscentes de Carlos Santana. Imprimé sur un mid tempo, "Homesick" est un blues rock qui s’illustre par une sortie de cordes originale. Devon dédie "Into the darkness" à son fils Orion, une ballade qui bénéficie du concours de Ron Holloway au sax ténor (NDR : cet ex-Dizzy Gillespie est membre du Warren Haynes Band). Et la dernière ballade, "Turn off the world", baigne dans un climat éthéré…

 

Lisa Cee

My Turn

Écrit par

Lisa Cee a accompli de respectables études dans le domaine de la musique et des arts théâtraux. Doué d’une très bonne voix, cette chanteuse est aussi capable de livrer toute son âme dans son interprétation. Elle vit à Los Angeles. Ce qui lui a permis de monter sur les planches, auprès d’artistes locaux de blues comme Johnny Mastro et ses Mama's Boys, Canned Heat, Kid Ramos, Kirk Fletcher, Rod Piazza, Robert Lucas ou encore Mickey Champion. Une certaine presse raconte que sa voix et son charisme rappellent de grandes dames du passé ; et en particulier Janis Joplin et Lydia Pense (de Cold Blood) ou encore Bonnie Raitt. Je n'irai pas jusqu’à oser ces comparaisons ; mais il faut reconnaître que Miss Cee est une fameuse vocalise, outre son talent de compositrice.  

En 2005, elle avait publié "Beast of honey". Pour concocter cet opus, elle a reçu le concours de son backing groupe habituel. En l’occurrence, l'excellent gratteur BR Million et le bassiste Mike Highwater, sans oublier Albert Trepagnier et Jim Kersey qui se partagent la batterie.

Le signal de départ est donné par "What good am I", un blues qui rocke vachement bien. Il semble calqué sur "Messin' with the kid", un classique de Junior Wells. Tout aussi nerveux, il est marqué au fer rouge par la guitare de Millon, alors que Lisa reste sur sa réserve. "Fire in the sky" est teinté de funk. La voix domine son sujet. Le tempo est appuyé par le sax baryton de Ron Dzuibla. De toute bonne facture, "Lost you" est un blues lent qui baigne au sein d’une atmosphère dépouillée à l'extrême. Lisa chante face à la guitare réverbérée de Scott Abeyta, le boss du label Rip Cat, alors que le soliste se réserve une nouvelle brillante sortie. Abeyta est toujours au poste pour entretenir le tempo boogie de "Good-bye baby", se frottant aux sonorités plus trash de l’autre gratte. Il ne faut pas oublier que les musicos de Canned Heat, considérés comme les rois de la boogie music, sont issus de la même cité. "Fire" est sculpté dans du pur funk. Lors de cette invitation à se secouer les hanches, la guitare rythmique répète ses accords à l’infini, alors que Dzuibla en profite pour faire hurler son saxophone. Ballade roots sensuelle, "My turn" est illuminée par une superbe partie de slide, signée Scott Abayta. Dansante, "I'll take you there" trempe dans le jazz R&B. Une plage acoustique au cours de laquelle la voix de Lisa est drapée de chœurs masculins. La sèche concède des accents manouches. Max Bangwell est une gloire locale. Il se charge des bongos. La basse de Mike fédère l'ensemble. Dès les premières notes de "Right man", on reconnait Johnny Mastro, à la puissance de son souffle dans l’harmo. Mais le leader des Mama's Boys n’empiète jamais sur la voix de Lisa, lorsqu’elle chante ce blues nerveux! Pour votre info, sachez quand même que c’est Mastro qui se charge de la production de cet opus. Très rythmique, le chant est talonné pare la guitare largement amplifiée de Million sur "Stop tryin", un blues climatique. Lent, "Bright shiny world" est un blues chargé d’intensité. Edo Guidotti siège derrière l'orgue Hammond. Féline, la voix de Lisa est de plus en plus furieuse. "Cold hearted woman" prend la direction de la Nouvelle-Orléans. Les percus sont bien mises en évidence. Le chant est plus tourmenté. Lisa et ses acolytes partagent le micro sur le paisible "Evil wind", une piste au cours de laquelle la guitare brille de mille feux. Une surprise ? La cover du "White rabbit" de Jefferson Airplane, une compo signée Grace Slick. La nouvelle version est superbe. Miss Cee chante divinement face au sax impérial de Dzuibla. Excellent, ce long playing s’achève par "Already", un titre folk empreint de tendresse, que Lisa interprète devant le violoncelle de Chris McCarthy.

 

Big Bill Morganfield

Blues with a mood

Écrit par

Bill est le fils de McKinley Morganfield, mieux connu sous le sobriquet de Muddy Waters, l'un des artistes de blues les plus mythiques, disparu en 1983. Son frère aîné, Larry ‘Mud’ continue de perpétuer le fabuleux héritage laissé par Waters. C'est bien plus tard que Bill se rend compte qu’il dispose d’un réel potentiel. A son tour, il se met alors à chanter le blues. Il faudra cependant attendre 1999 pour saluer son début prometteur, intitulé "Rising son". L’artiste embraie ensuite par "Ramblin' mind" en 2001 et "Blues in the blood" en 2003. Dès 2009, il fonde son label, Black Shuck, et publie "Born lover", un elpee coproduit par Bob Margolin, un ex-membre du Muddy Waters Band.

L'enregistrement a été réalisé à Nashville. Big Bill se réserve le chant et la guitare slide. Il est épaulé par le bassiste Tom Brill, le drummer Chuck Cotton et toute une série d'invités. Il signe sept des onze plages.

L’ouverture est royale. " Look what you done" baigne dans le climat du Chicago southside de Muddy Waters. Grave et puissante, la voix rappelle également celle du maître. Steve Guyger souffle comme un dieu dans son harmonica. Big Bill chante avec discernement le blues lent "Havin' fun", face à la lourde basse acoustique de Mookie Grill et le piano enchanteur d'Augie Meyers (NDR : Texan, c’est un ex-Sir Douglas Quintet). "Money's getting' cheaper" est également de toute bonne facture. Impeccable, la guitare d'Eddie Taylor Jr s’intègre parfaitement dans l’ensemble, balayé par les saxophones de Jim Horn. Nouvel arrêt dans le Southside, lors du remarquable "Ooh wee", une compo issue de la plume de Willie Dixon. A nouveau, Margolin et Guyger (tellement proche de Little Walter) sont au sommet de leur art, sans oublier Clark Stern, au piano. Ils font littéralement tourner la machine pour obtenir le meilleur rendement. Colin Linden se réserve le bottleneck sur "No butter for my grits". La voix devient grave, sombre et caverneuse. Elle soulève un problème vital : l'absence de beurre dans les céréales du grand Bill. Et cette situation le met en colère… Direction New Orleans pour le séduisant et percutant "Tight things". Tous les instruments s'emboitent à merveille : slide, piano, sax et drums. La slide de Morganfield dirige la manœuvre sur "Devil at my door", une rencontre avec le diable caractérisée par une sortie remarquée de Doc Malone à l’harmo. Très rythmé, enlevé même, "I feel alright again" est un blues qui permet une sortie téméraire du sax de Horn. Swing et jump se conjuguent sur l'entraînant "Another lonely night", une piste alimentée par le piano, les cordes (NDR : probablement celles de Linden) et le honky sax! Cet excellent long playing s’achève par "Son of the blues". Les interventions de slide sont magiques. Mais cette plage trempe dans un climat plus proche de John Lee Hooker que de Muddy.

Doug Macleod

There's a time

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Doug Macleod est originaire de New York ; cependant, il a beaucoup bourlingué au cours de son existence. Il s’est cependant fixé à Los Angeles, depuis un bon bout de temps. A l'origine, il se contentait de chanter du country blues. C’est au contact de George ‘Harmonica’ Smith, un prestigieux harmoniciste qui a sévi au sein de la bande à Muddy Waters, mais aussi de Pee Wee Crayton et Lowell Fulson, qu’il a pris de la bouteille. Prolifique, cet auteur/compositeur compte plus de 300 chansons à son actif. Dans l’univers du blues, on le considère comme un narrateur. Son premier album, "No road back home", date de 1984. Depuis, il en a sorti une vingtaine d'autres.

Ce nouvel elpee recèle 14 compositions personnelles. Elles traitent de sa vie et de ses expériences. Il est soutenu par le drummer Jim Bott (NDR : un ancien membre des Mighty Flyers de Rod Piazza et des Fabulous Thunderbirds) et de son fidèle bassiste Dennis Croy.

Quelle excellente entrée en matière que ce "Rosa Lee" ! Doug fait vibrer les cordes de sa National ResoPhonic. Son attaque est rugueuse et nerveuse. La voix est naturellement puissante. Il shoute littéralement son amour pour la dame. "Black nights" est un blues lent chargé d'émotion. Il pense tellement à sa déception amoureuse, que même lorsque l'aube pointe à l'horizon, il est toujours plongé dans la nuit. Le dépouillement de cette plage authentique est surprenant, mais aussi réaliste. Son jeu en picking libère toute sa férocité sur "My inlaws are outlaws". Il parvient à faire souffrir les cordes de sa vieille Gibson C-100. "The entitled few" est un autre blues totalement dépouillé. Doug ne tolère que de timides et lugubres percussions. Il se met en colère, en voyant un automobiliste qui abuse d'une carte destinée aux handicapés pour garer sa voiture. Macleod est attachant tant il arrive à exprimer ses sensations, ses humeurs et ses sentiments. Il les traduit à travers le timbre de sa voix et la tonalité qu'il communique à ses cordes. A l’instar de "Run with the devil". Ou encore d’"I'll be walking on", une piste au cours de laquelle la puissance et la rage de son chant contrastent avec la délicatesse du toucher de cordes. Son approche du réalisme est toujours aussi étonnante sur "East Carolina woman", le récit d’une nouvelle désillusion amoureuse. Ou le dramatique "The night of the devil's road". Enfin, l'artiste crie une dernière fois sa douleur sur "Ghost". Et elle est intolérable !

 

Bart Walker

Waiting on daylight

Écrit par

Bart Walker est un enfant de Nashville. C'est pourtant à Memphis qu'il s’est converti au blues. De retour dans la capitale de la country music, il reste fidèle à ce blues. Chanteur/guitariste, Bart a beaucoup appris à l'écoute de Stevie Ray Vaughan. Son premier opus, "Who am I", remonte à 2011.

"It's all good" nous embarque dans un funky R&B. Constitué de Smith à la basse et de Steve Potts aux drums, la section rythmique est très solide. Dave Bart possède une voix claire et directe. Sa première sortie sur la slide est remarquable. Elle lorgne même du côté de Duane Allman. Southern rock, "Black clouds" libère des riffs lourds et dramatiques. "Took it like a man" nous entraîne sur les routes du Texas, à la manière de ZZ Top. A l’instar du trio de Dallas, les sonorités de gratte sont bien grasses. Toujours aussi accablant, "Girl you bad" brandit une menace. La slide est constamment prête à bondir pour se défendre. Rock, "Gotta be you" est issu de la plume de Gary Nicholson. Une plage qui opère alors un retour vers le ZZ Top originel. Soit 40 ans plus tôt. Nous baignons dans l’ambiance de "Rio Grande Mud". Implacable, elle déblaie tout sur son passage ; aussi quand Bart écrase ses pédales, il est au sommet de son art et rien ne peut plus l'arrêter! Indolente, tendre, paisible même, "Waitin' on daylight" est une piste balisée par l'orgue de Rick Steff (de Lucero). "Happy" marque le retour au Southern. Du rock sans compromission. Les changements de rythme sont frappants. L’envol des cordes est réminiscent de l’Allman Brothers Band. Boogie et rock pactisent pour dominer la reprise saignante du "Hipshake it" de J.B Hutto, l'un des rois de la slide chicagolaise. Southern blues, "Mary & me" est subtilement coloré de country. L'orgue tapisse bien le décor sonore, et la slide en remet une couche. Toujours contaminé par le rock sudiste flamboyant, "99%" libère soigneusement ses riffs. Faut dire que la mise en forme de Jim Gaines, n’est pas étrangère au résultat. Cet elpee s’achève par un dernier clin d’œil adressé aux frères Allman, lors d’une cover ralentie de "Whipping post", un hymne sudiste que Bart chante d'un timbre éraillé, proche de Gregg, pendant que le fantôme de Duane hante les cordes…

 

Rikslyd

Ecotone

Écrit par

Tel un iceberg dérivant vers notre Continent, le son de cette jeune Norvégienne, dont le patronyme signifie précisément le son national, glisse imperturbablement entres nos écoutilles attentives à l’approche de ce qui pourrait bien être une révélation.

Pop dans ses gènes mais sans gêne quand il s’agit de mixer les genres, la DJ (connue sous le pseudonyme de Diis Paradis) propose une synthèse de ses influences qui à l’image d’un glacier retenant la lave d’un volcan, laisse exploser ses paradoxes au gré de ses envies.

Projetant en perspective un univers excitant où les styles musicaux se télescopent sous une chape de froid qui n’est que superficielle.

Car une fois au cœur de cette calotte glacière, la température monte d’un cran, frôlant même une transe purement primale propre à exciter les sens les plus introvertis (NDR : l’imparable « All In Love »).

A trop naviguer, l’embarcation s’égare parfois dans des paysages convenus et telles les ondes à la surface de l’eau, l’intérêt se perd peu à peu dans un océan de déconcentration.

Mais un nouvel écart en terres inconnues relance bientôt l’attention.

Soufflant ainsi en alternance le chaud et le froid, Rikslyd évite l’enlisement et suscite assez d’engouement pour que l’on prolonge le désir.

Fourmillant de bonnes idées, « Ecotone » s’avère un objet dansant non identifié, qui titille la curiosité et demande bien plus qu’une écoute distraite.     

 

Opossom

Electric Hawaii

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Que reste-t-il d’« Electric Hawaii » si on soustrait d’emblée la somme de clichés indéfectiblement liés au son de cet album et si on évite d’emblée les évidents raccourcis ?

Un excellent album de Pop dans son interprétation la plus large.

Faisons donc fi de la fratrie de Kody Nielson, qui serait bien là le seul point à mettre en commun avec Unknown Mortal Orchestra et chassons de nos esprits les encombrants spectres de Brian Wilson et consorts, qui reviennent aux lèvres comme l’écume à la bouche dès qu’il s’agit d’évoquer les sonorités des sixties, le surf et les veillées auprès d’un feu crépitant dans la nuit étoilée.

Car si c’est bien dans cette veine que le poison Opossom se distille avec allégresse, l’album se veut certes quelque peu irrévérencieux mais point iconoclaste.

Brassées dans un bain psychédélique, toutes les influences de ce Néo-Zélandais revenu en ses terres éclatent comme autant de bulles oniriques à la surface d’un océan de fausse candeur.

Car le spectre de couleurs auquel ces dix titres renvoient n’est pas à l’abri de certaines parts d’ombre.

Et si d’entrée, c’est de nos corps que « Girl » prend possession, emmenant dans son sillage un vent de fraîcheur ensoleillé (joli contre-pied pour un disque conçu principalement de nuit), bientôt, c’est de nos esprits que cet elpee aura raison.

Responsable d’un son ample, jouant avec l’espace et le temps, et ses airs de ne pas y toucher, Opossom, à l’instar du marsupial à qui il estropie le nom, colonise un terrain pas forcément gagné d’avance.

Et on ne songerait même pas à l’en déloger !

 

Vadoinmessico

Archeology Of The Future

Écrit par

Une véritable auberge espagnole, tant culturelle que musicale, c’est la description qui correspond le mieux à ce groupe aux allures de tour de Babel branlante sur ses propres structures.

Mais l’édifice tient bon, contre vents et marées.

Deux Italiens, un Mexicain, un Autrichien, un Anglais se sont réunis sous le ciel plombé insulaire et proposent une Pop décomplexée, baroque, joyeusement bric-à-brac.

Seulement, là où un tel brassage pourrait donner lieu à un bordel insignifiant, voire horripilant, « Archeology Of The Future » apporte une touche de nostalgie à un futur pas encore dessiné.

Certainement enfouis sous des tonnes d’indifférence, Vadoinmessico ressurgira un jour futur et enthousiasmera nos lointains descendants tout à la joie de découvrir qu’au vingt et unième siècle, de joyeux fêlés pouvaient encore se fendre de telles pépites dans un climat plutôt propice à la grisaille.

Un album foncièrement déconcertant et foutrement agréable, même si voué à l’oubli. Loin des modes, doté de sa propre norme esthétique, pluriel et à la fois si singulier.

Une trace intemporelle de l’éclectisme Pop faisant le grand écart entre les Continents du globe.

 

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