Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Tommigun fait de vieux os…

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The Cure
Biohazard 8/8/26
Chroniques

Passion Pit

Gossamer

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Trois ans après le succès de « Manners », disque recelant les implacables singles « The Reeling » et « Sleepyhead », Passion Pit passe la seconde. Et pour cause, « Gossamer » est une collection de douze morceaux presque aussi infectieux que les premiers travaux de la bande. Michael Angelakos, figure de proue de la formation, se révèle corps et âme sur ce deuxième LP. Un disque à la fois libérateur et thérapeutique pour le chanteur, sujet à des troubles bipolaires qui ont considérablement freiné la sortie de ce second essai, accouché dans la douleur. Angelakos se livre d’ailleurs entièrement sur « Where We Belong », seule ballade de l’opus, une troublante lettre ouverte traitant de sa tentative de suicide.

Pour la bonne mesure, Angelakos lance néanmoins en début de parcours un « I’ll Be Alright » lénifiant, déboulant à toute vitesse. Comme pour rassurer ses fans sur l’avenir de Passion Pit et de son géniteur. Loin d’être cafardeux, « Gossamer » dégouline même d’un positivisme sans faille. Un positivisme qui se traduit par des mélodies Pop estivales aux bidouillages électroniques bien dosés (« Take A Walk », « It’s Not My Fault, I’m Happy », « Cry Like A Ghost »  ou le récent single « Carried Away »). Le côté enfantin, à la limite de la comptine, et la petite touche de fantaisie qui faisait la force de « Manners », se confirment sur ce second travail résolument optimiste et presque impeccable.

 

Elizabeth Shepherd

Rewind

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Lorsqu'elle se décide à entamer la composition de son quatrième album, la Canadienne Elizabeth Shepherd découvre qu'elle est enceinte. Elle décide alors de modifier ses projets et de se consacrer à l’enregistrement d’un album de reprises. Lesquelles ? De morceaux qui l'ont marquée depuis l'enfance. La native de Toronto est loin d'être une inconnue pour les amateurs de jazz. En effet, son premier opus paru en 2006, « Start To Move », est désigné par les auditeurs du prestigieux Gilles Peterson Show comme l'un des meilleurs albums jazz de l'année. Les deux réalisations qui suivent recueillent également un solide succès critique et lui valent plusieurs nominations pour différents prix dans son pays d'origine. Elle est d'ailleurs la seule chanteuse de jazz qui ait concouru pour le Polaris Prize. Très vite, les plus grands festivals et les meilleures salles lui ouvrent leurs portes. Elle s'y produit soutenue par son trio, mais également en compagnie de pointures comme Branford Marsalis, Victor Wooten ou Christian McBride. Elle assure aussi régulièrement la première partie de Jamie Cullum.

Il faut reconnaître à cette pianiste émérite un vrai talent pour les arrangements que l'on peut encore mieux apprécier sur le présent « Rewind ». En effet, la plupart des morceaux sont d'énormes standards et l'on est très souvent conquis par la façon dont elle les revisite. Nancy Elizabeth n'est pas de ces jazzmen (NDLR : jazzwomen ?) qui surchargent leurs interprétations de mille fioritures et circonvolutions. Ici, il n'y a pas une note de trop, le ton est délibérément minimaliste et intimiste. Une sobriété que l'on retrouve également dans sa façon de chanter jamais démonstrative mais tout en nuances qui a suscité les comparaisons avec Joni Mitchell et Ricky Lee Jones. Il existe évidemment une énorme maîtrise technique derrière cette interprétation, mais on ne sent pas l'effort. Au contraire, l'atmosphère est décontractée, agréablement groovy.

« Rewind », plus que nous replonger dans le passé, nous entraîne dans l'intemporalité, malgré ces morceaux d'un autre âge signés Gershwin, Kurt Weil ou Cole Porter. Les minutes s'égrènent au son d'une guitare des îles puis se bousculent sur un solo de Wurlitzer ou de Hammond. On redécouvre aussi Brassens et ses ‘amoureux des bancs publics’ dans une version violon/contrebasse des plus réussies. Elizabeth Shepherd, qui a résidé quelques années en France, se lance même dans une version francophone de « Porque Te Vas » qu'on préfère quand même dans la langue de Cervantès. Et puis, il y a des moments plus enlevés comme le « Sack of Woe » de Cannonball Aderley et son groove diabolique mais surtout une version de « Feeling Good » mémorable ne fut-ce que par la performance de Colin Kingsmore, à la batterie. Bref, un disque maîtrisé de bout en bout, plein de maturité et de tendresse que l'on pourra ressortir de l'armoire ces dimanches paisibles où le temps se dilate.

 

The Rebel Assholes

Deactivated

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The Rebel Assholes sont des mercenaires. Punk dans l’âme, ce quatuor n’a pas pour objectif de faire dans la dentelle, comme l’indique leur très raffiné patronyme…

Depuis 2003, ces amis de lycée multiplient les raids sonores, depuis leur QG provincial de Montbéliard. « Deactivated » constitue leur 3ème album en 10 ans de carrière. Un parcours au cours duquel, le groupe s’est forgé une place enviable au sein de la scène punk européenne, aux côtés, par exemple, des Allemands de Beatsteaks ou de leurs compatriotes de Burning Head (NDR : une influence majeure, en Head (headcompagnie de laquelle il a d’ailleurs tourné). Leur power pop est chargé de riffs percutants mais mélodiques (« Grang My Hand »). Leur esprit sauvage  (« Come in my Church ») est hanté par la scène californienne des nineties ; et en particulier des institutions comme Lagwagon, Bad Religion ou encore Pennywise.

Rebelles et trous-du-cul (sic) peut-être, mais authentiques alors.

 

Loki Starfish

A season For Weepers

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Né en 2008, Loki Starfish est un groupe établi à Paris. Depuis sa naissance, il a connu toute une série de changements de line up. Leur premier opus, "Love-like banners" avait récolté un succès d’estime auprès de la critique.

Le combo grave un Ep intitulé "Silence + Evidence", un disque sur lequel figure un seul inédit et quatre remixes de morceaux issus du premier elpee. La presse spécialisée est enthousiaste. Ce qui permet à Loki Starfish de signer chez un nouveau distributeur : Believe.

Et c'est sur ce label que le quatuor français, décidément très en verve, nous propose un nouvel Ep. Ou plus exactement un mini-album. Baptisé, « A season For Weepers », il est découpé en six plages. Et pour un si jeune groupe qui a vécu tant de remue-ménage, je dois avouer avoir été impressionné par le résultat. Car leur dernier-né affiche une maturité plutôt bluffante.

Pas d'intro qui tire en longueur ou de pré-ambiance destinée à mettre le mélomane en condition. Non, dès le premier morceau, titre maître par ailleurs, le groupe envoie la sauce et impose son style.

L’équilibre entre la mélodie et le chant est parfait. Et cerise sur le gâteau, un accent particulier est mis sur le refrain. Auquel on accroche instantanément. Pas question de beats brutaux ici. Ni de psychédélisme. Mais une électro qui coule de source. Comme quoi, ce n'est pas toujours dans les vieilles casseroles qu'on fait la meilleure soupe… A découvrir !

 

Lavender Diamond

Incorruptible Heart

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Le cœur des musicos de Lavender Diamond serait-il incorruptible ? Après avoir écouté ce disque, on doit avouer ne pas avoir résolu cette énigme. « Incorruptible Heart » constitue le second elpee de cette formation étasunienne. Californienne, très exactement, puisqu’elle nous vient de Los Angeles. A sa tête, la charismatique Becky Starck, responsable des parties vocales.

« Incorruptible Heart » succède à « Imagine Our Love », publié en 2007. Entretemps, Becky s’est investie dans plusieurs projets. Chez The Decemberists, où elle a pu élargir son horizon sonore, aux côtés de l’acteur John C. Reilly (NDR : ensemble, ils ont signé des titres country) et le trio Living Sisters. Bref, fallait s’attendre à des accents americana sur ce long playing. Qui sont notamment perceptibles sur « Come Home » et « Everybody’s Song ». Bref, l’expression sonore s’éloigne quelque peu de leur folk théâtral initial, afin de privilégier des ambiances soigneusement mises en forme par Damain Kulash, le leader d’OK Go. L’instrumentation est enrichie de violons, de cor, de piano (« I Don’t Recall », caractérisé par son swing palpitant). Il y a des chœurs, quelques touches électro (« Light My Way »). Les climats proposés sont variés. L’elpee recèle quelques pépites pop/folk empreintes de charme et de romantisme (« Perfect love »). Bref, hormis le soporifique « Dragonfly », ce disque ne manque pas de potentiel. Maintenant, si mon cœur est incorruptible, je dois avouer que le groupe a encore une belle marge de progression qu’il lui appartiendra de combler, pour passer en division supérieure…  

 

Docker’s Guild

The Mystic Technocracy, Season 1: The Age of Ignorance

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Dans l’univers du rock progressif, les artistes font rarement les choses à moitié. Surtout lorsqu’il s’agit d’enregistrer un disque. Preuve supplémentaire chez Docker’s Guild, qui signe ici la première partie d’un projet ultra-ambitieux, à la tête duquel on retrouve Douglas R. Docker. Ce claviériste a notamment travaillé en compagnie de Therion. Le premier volet de cet opéra rock en cinq saisons tente donc d’établir le lien entre science et religion, s’appuyant sur un thème classique dans la science-fiction : Dieu est une invention extraterrestre, destinée à faciliter la manipulation des êtres humains. Beaucoup de blé à moudre sur un sujet pareil, et il n’y a pas à douter que Docker trouvera facilement de quoi remplir les 5 volumes prévus pour ce périple, ouvertement inspiré par les sérials SF des années 30, Babylon 5 ou Buck Rogers en tête.

Musicalement, le projet est largement influencé par les ténors du genre que sont Yes, Genesis, Dream Theater, David Bowie voire Pink Floyd. Parfois plus proche du hard rock, voire de l’AOR, que du heavy metal, les chansons s’appuient plus volontiers sur une construction en crescendo que sur une succession de démonstration technique qui plombent souvent le style. Ici, les chansons et l’histoire sont mises en avant, ce qui rend l’album d’autant plus digeste.

Au final, même si l’LP est finalement très rock, très années 80, il est aussi particulièrement varié, notamment grâce à un line up très fourni. Une quinzaine de musiciens sont crédités, et Docker a le bon goût de leur laisser assez d’espace pour s’exprimer, se contentant la plupart du temps de lier le tout grâce à des nappes de clavier parfaites pour retranscrire l’ambiance SF old school, mais aussi à ses lignes de chant qui permettent à l’album de ne pas s’éparpiller.

 

The Delano Orchestra

Eitsoyam

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Fine fleur de l’excellente maison clermontoise Kütü folk (NDR : sur laquelle on retrouve également les tout aussi excellents Hospital Ship, St Augustine et Zak Laughed), The Delano Orchestra publie son nouvel opus en même temps que sort ‘Royal Weekend’, le film consacré au plus célèbre des Delano, le 32ème président des Etats-Unis, Franklin Roosevelt. Fruit du hasard ? Peut-être pas ! Car après avoir écouté « Eitsoyam », on soupçonne fort que ce soit prémédité.

Le folk spectral, mystérieux, de ce sextuor français est également hanté par un esprit indie folk yankee. En outre, leur quatrième opus baigne dans une ambiance cinématographique. Et en particulier celle de ‘La Nuit du Chasseur’ (Charles Laughton, 1953). Un climat mis en forme, et de main de maître, par Peter Deimel. Après l’intro fantomatique « Everything », les pépites se succèdent et oscillent entre douce comptine (« Wollaws »), attaque légèrement noisy (« XxX »), virage subtilement pop, (« Light Games »), harmonies à la Fleet Foxes (« Dreams »), aura mystique et détraquée réminiscente de Sparklehorse (« November ») et électricité foutraque chère à Pavement (le magnifique « Always », caractérisé par l’intervention surprenante d’une trompette). A ce titre, The Delano Orchestra mérite d’être sacré président de la scène indie US ‘made in France’. Premier coup de cœur officiel en 2013 ! Et on n’oubliera pas de signaler une nouvelle fois que la pochette, véritable œuvre d’art, a été cousue main (Kütü folk)…

 

Terry Brisack

Brighton 1932

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Terry Brisack est un bluesman français qui milite également au sein des Honkytonkers, formation dont le country/blues trempe dans le ‘deep south’. Après avoir publié plusieurs albums solos, le bluesman français Terry Brisack revient cette fois accompagné d’un nouveau band pour une collection de morceaux surannés, piochant dans les répertoires du rock fifties et sixties, du folk et même du surf. Il chante ces compos d’une voix chaude et brisée (parfois un peu trop, comme sur le pénible « Midnight on the Cliffs »…) Si l’originalité n’est pas le fort de ce musicien, ses morceaux revisitent souvent l’histoire du rock. Sur « Brighton 1932 », les compos sont régulièrement balisées par un piano inspiré (« Victorian Memories ») et des interventions de guitare rappelant Urge Overkill (« Season of Rage »). Et il ose même des envolées lyriques à la Matthew Bellamy, sur « Hiroshima »…

 

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