Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Chroniques

Lincoln Durham

The shovel vs the Howling bones

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Lincoln Durham est originaire de Whitney. Il est donc né au cœur des collines sises au sud-ouest du Texas. Au cours de sa jeunesse, il apprend à jouer du violon. A 10 ans, c’est déjà un virtuose, et il décroche toute une série de prix qui mettent en exergue son talent d’instrumentiste. Il s’intéresse ensuite à la guitare et se concentre enfin sur l'écriture. Une écriture qu’on pourrait facilement qualifier de ténébreuse.

Lincoln avait publié un Ep 4 titres en 2010. Quatre plages qui figurent sur ce premier opus. Il signe les 15 titres. Pour enregistrer cet elpee, il a reçu le concours du drummer Rick Richards, membre du backing band de Ray Willie Hubbard, célèbre songwriter texan, mais également de quelques invités. C’est d’ailleurs Hubbard qui s’est chargé de la mise en forme, assisté par son fidèle bassiste George Reiff. Une œuvre solide qui mêle subtilement folk, blues et country!

Lourdes et menaçantes, les percus de Richards introduisent le mystérieux "Drifting wood", tels les roulements de tambours qui mènent à l’échafaud. Les cordes acoustiques entrent dans le cortège. Elles sont dispensées par Durham et Derek O'Brien (NDR : ce bluesman est un vétéran qui fréquente régulièrement le club Antone's, à Austin). La voix est saisissante, expressive, quelque peu ébréchée, rappelant celle de Paul Rodgers du Free (NDR : même si on est ici dans un univers totalement différent !) "Last red dawn" est une ballade qui doit autant au blues qu’au folk. Autoritaire, la voix dominatrice émerge d'une myriade de cordes prodiguées par la sèche et la mandoline de Jeff Plankenhorn (NDR : c’est un autre pote à Hubbard). Le blues de Durham est très singulier. Sa voix est envoûtante et marque au fer rouge "Living this hard", une plage au cours de laquelle, l’artiste double à l'harmonica. Sculptée dans le folk, "Clementine" est une jolie ballade. La voix me rappelle étrangement celle de Rod Stewart, à ses tous débuts, quand elle était moins ravagée. Ce cri d'amour est souligné par les cordes à la fois belles et immaculées de Hubbard, mais également les interventions aux ivoires de Bukka Allen (NDR : et un ami de plus, issu d’Austin). "Mud puddies" est un blues pur et dur ! Il nous renvoie aux pionniers qui sillonnaient le Mississippi au cours des années 20 et 30. Les coups de bottleneck assénés à la Gibson de 1929 nous permettent de croiser le chemin d’artistes légendaires, comme Charley Patton, Son House ou Robert Johnson. La guitare est amplifiée sur "Reckoning lament". Les sonorités de la slide sont empruntées à Mississippi Fred McDowell, cité dans le texte. "How does a crow fly" est un autre blues primaire. L’instrumentation est minimaliste. Elémentaires, les cordes épousent la voix étrange. Mais où est donc passé ce corbeau qui vole comme un aigle ? Les cordes talonnent le chant sur "Love letters", un blues trempé dans le Delta. "Georgia Lee" entretient le mystère. La lune est blafarde. La nuit étouffante. Un sentiment de torpeur plombe le climat de la compo. Lincoln chante "People of the land" en s’accompagnant à la guitare (NDR : celle de 1929 !) Il est soutenu par de frêles percussions, avant de passer au violon, alors que des backing vocaux lointains tapissent le fond sonore. "Trucker's love song" clôt l’elpee. Empreinte de mélancolie, cette chanson conte la solitude d'un chauffeur de poids lourd, qui sillonne constamment les routes du Sud profond. La voix de Lincoln est rejointe par celle d'Idgy Vaughn et l'accordéon de Bukka. Dans le style, cet album est vraiment exceptionnel…

 

Buffalo Killers

Dig, sow, love, grow

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Ce trio vient de Cincinnati dans l'Ohio. Il réunit les frères Gabbard. Andrew se réserve la guitare et Zachary, la basse. Ils chantent tous les deux. Ils sont soutenus par le drummer Joseph Sebaali. "Dig, sow, love, grow" constitue leur quatrième opus. Parfaitement soudée, la formation brille dans un style largement influencé par le rock de la fin des sixties et du début des 70s.

Excellente entrée en matière, "Get it" autorise une première sortie de la guitare. Trempé dans le fuzz, le son est remarquable. Très rythmique, le piano dynamise la compo. Superbement orchestré, "Hey girl" est hanté par le spectre de Buffalo Springfield. A cause du sens mélodique soigné, de la voix très proche de celle de Steve Stills et puis de la guitare, rappelant celle de Neil Young à ses débuts. Un esprit qui erre également tout au long de "Rolling wheel", même s’il y rencontre également Joe Walsh, Band et Grateful Dead. Ces Tueurs de Bisons sont très à l’aise quand ils ralentissent le tempo. Leur style est alors bien mieux mis en évidence. Les frangins chantent "Blood on your hands", un morceau contagieux plus proche du southern rock, même s’il adresse un clin d’œil au blues. Chez ce combo étasunien, les riffs de guitare sont souvent très structurés. "Those days" est alimenté par une rythmique plus rock, alors que les vocaux empruntent une forme davantage pop. Andrew libère un solo de gratte acide, torturé. Les chœurs y adhèrent tel un collage, rappelant les 45trs de l'époque flower power, baptisés nuggets. Petit joyau, "I'm always here" est subtilement bercé de psychédélisme. Plus expérimental mais majestueux, "Farewell" témoigne d’un passé qui a apporté beaucoup de noblesse à la rock music. Les guitares sont déjantées. Les vocaux se conjuguent sur une rythmique volontiers lourde. Inévitablement, on pense au chef-d’œuvre des Beatles, "Sgt Pepper's lonely hearts club band". Plus sucré, "Graffiti eggplant" trempe dans le country rock. "My sun" s’illustre par des vocaux impeccables. "Moon daisy" achève l’elpee. Une plage tendre, ouatée et finalement, à l’instar de l’elpee, très agréable à écouter…

 

Bob Brozman

Fire in the mind

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Brillant guitariste caractérisé par son souci constant de l’esthétisme, Bob Brozman a vu le jour en 1952. A New York. Très à l’aise dans le blues, le folk ou le jazz, cet ethnomusicologue est passionné par la musique world. Depuis la sortie de "Blue Hula stomp" en 1982, il a publié un nombre impressionnant d'œuvres personnelles. Il est parvenu à adapter et surtout vivre les styles rencontrés aux quatre coins de la planète, auxquels il s’est frotté. Issus des USA bien sûr, mais également des Caraïbes, Hawaï, Afrique, Inde, Japon, et j’en passe… Il a réussi à intégrer, assimiler et maîtriser toutes ces techniques pourtant bien différentes et particulières. Bob chante et joue de tous les instruments à cordes. Tout d’abord, la guitare National Reso-Phonic, mais également le bouzouki, l'ukulélé et la liste est loin d’être exhaustive. Il est soutenu par Jim Norris à la batterie et Daniel Shane Thomas au triangle ainsi qu’à l'accordéon.

"Breathing the blues" ouvre l’elpee. Un blues né d’un savant dosage entre cordes diverses, ponctué de quelques prises de respirations. La musique est très riche. Au sein d’une même compo, on rencontre une multitude d’influences. A l’instar de "Cannibal stomp", un titre caractérisé par ses percus tribales et cette alternance entre cordes espagnoles, italiennes ou indiennes, apparemment hors contexte, mais que maîtrise parfaitement le virtuose. "American House Fire blues" émane du Mississippi profond. On en ressent un terrible frisson. La voix de Bob semble provenir de l'au-delà en faisant revenir ces fameux songsters et autres storytellers d'avant la grande guerre. La Réso-Phonic libère une sonorité métallique d’une grande beauté. A en pleurer ! Dès qu’il en a l’opportunité, Norris imprime le rythme. Notamment sur "Rhythm is the thing". Brozman se laisse entraîner par cet élan. Il chante en tentant de s'accrocher à cette folie de percussions et de cordes. "Blue Mars over Sorrento" est un instrumental bien nerveux. Sublimes, les cordes créatives de Bob émergent des percussions galopantes. Mr Brozman s’exprime dans un patois créole, vaguement inspiré de la langue de Molière, pour chanter "Banm Kalou Banm". Daniel Shane Thomas se réserve l'accordéon et assiste à une superbe envolée de la guitar National. Mr Bob pousse son ukulélé dans ses derniers retranchements pour attaquer "Ow! My uke's on fire". Magique ! Il nous replonge dans le climat oppressant du Delta sur "Memory blues". Son bottleneck caresse subtilement ses cordes, communiquant des cris de détresse. Bouleversant ! Une atmosphère au sein duquel baigne également "Lonesome blues", le titre final de l’opus. Mais aussi le sommet de l’œuvre. L’émotion est à son paroxysme. Le son est limpide. Empreint d’une grande sensibilité, la voix me rappelle la quintessence des chanteurs de blues originels. Skip James, par exemple, l’âme du Bentonia blues (NDR : Ah ce "Devil got my woman"). Un excellent album !

 

Bootleggers

Heart of Dixie

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Bootleggers est une formation française née en 1987. Elle pratique le southern rock, fruit d’un mélange détonnant de rock, country et boogie, style qui a connu ses heures de gloire tout au long des les seventies, au Sud des Etats-Unis, sous l’impulsion de Lynyrd Skynyrd. Bootleggers nous vient aussi du Sud, mais de l’Hexagone. Issu de Pau, ce line up réunit Didier Céré au chant et à la guitare rythmique, Fred Bordeneuve aux grattes, Polo Lugan à la basse et Nicolas Lacaze à la batterie. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées dans leur fief, mais également au Texas, à Austin et Fort Worth, lorsqu’elles impliquaient des invités. Ils jouent la musique de leur cœur et de leurs tripes, mais ne composent pas vraiment. Leur répertoire est donc puisé chez les songwriters américains qu’ils affectionnent.

Nos Sudistes nous entraînent à Nashville pour le "Red Nekkid" de Tom Douglas. Bien mise en avant, la rythmique est puissante. De toute bonne facture, leur southern rock véhicule des accents bluesy. Excitante, leur musique évoque le Georgia Satellites de Dan Baird. "I'm afraid" est une piste écrite par l’Australien James Blundell. Un country rock galopant traversé par le violon de Thierry Lecocq et balisé par l’excellent jeu en pickin' de Fred. Un tempo vivace dynamise le "Out of habit" de Chuck Mead. La voix est impeccable tout au long de ce rockabilly hanté par les sonorités de gratte authentiques et parcouru par les accords de piano sautillants d'Eric Suzi Allibe. Ce dernier siège toujours derrière ses ivoires pour guider le boogie woogie "Mama screw your wig on tight" de Leroy Parnell et Kevin McKendree. Incontestablement, Allibe est un brillant pianiste. Il participe à un autre projet musical de Mr Bordeneuve, les Fredcasters. "Alabama highway" est une ballade indolente. Une compo issue de la plume de Steve Young. A l’instar de Waylon Jennings et Hank Williams, il est considéré comme un des plus grands songwriters de country rock. La voix est chargée de passion. Les cordes sont minutieusement libérées. Une plage de toute beauté. Et le meilleur titre de d’elpee. Le "High on the mountain" de Flynnville Train (NDR : un groupe de Nashville drivé par les frères Flynn) bénéficie du concours de Don Raby au violon, un musicien qui milite au sein du backing group de Dale Watson. Ses interventions apportent une coloration western swing judicieuse. Dale Watson est texan, d’Austin très exactement. Un chanteur/compositeur notoire dans le monde de la country. Il signe "Exit 109", une piste au cours de laquelle il donne également la réplique. Quoiqu’harmonieuses, les sixcordes déménagent. Popularisé par Mr Thorogood, "Move it on over" est issu de la plume Hank Williams. Ce rockin' blues fumant vire à la jam. S’y aventurent, Rusty Burns, le guitariste de Pointblank, Roger Lepreux, au piano et à l'orgue Hammond et surtout Nico Wayne Toussaint à l’harmo. Ses interventions sont explosives. Et le résultat est étincelant. Le "51 pieces" de Cody Canada clôt le long playing. Un délicieux boogie caractérisé par des échanges de haut vol entre les cordes de Bordeneuve et l'harmo de Nico Wayne.

 

Arthur Adams

Feet back in the door (single)

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Ce single serait la première sortie du label Kind of Blue Music, une nouvelle écurie issue de Nashville. Keb Mo, lui aussi chanteur/guitariste noir établi à Los Angeles, en assure la production.

Arthur est né le jour de Noël, en 1943, à Medon, dans le Tennessee. Il chante le gospel dans l'église du quartier, avant de rejoindre les Gospel Travellers. Il émigre ensuite à Nashville, puis à Dallas où il accompagne Chuck Berry, Lightnin' Hopkins et Buddy Guy. Il publie ses premiers singles début des 60’s sous le nom d'Arthur K. Adams. En 1967, il atterrit enfin à Los Angeles, Son premier album, "It's private tonight", paraît en 1972. Chez Blue Thumb. La mise en forme est confiée à Bonnie Raitt. Ses trois albums suivants se révèlent plus funk et soul que blues. Il les grave au cours de la même décade. Fin des 80s, il monte son propre band. Ce qui ne l’empêche pas d’apporter régulièrement son concours au grand BB King. Et quand le BB King's Blues Club s'ouvre à Holywood, Arthur en devient l'une des plus régulières attractions. Il faut encore attendre 1999 pour voir la sortie de "Back on track", chez Blind Pig ; un opus pour lequel bénéficie de la participation de BB King. Son dernier elpee, "Stomp the floor", était sorti chez Delta Groove en 2009. Il y dispensait un blues traditionnel largement teinté de R&B et de jazz. Bref dans un style purement Adams !

Dansant, "Feet back in the door" est blues superbe, Arthur possède une voix pure, délicate, idéale pour chanter la soul. Ses interventions à la guitare sont discrètes et ne reflètent pas le potentiel de l’artiste (NDR : on s’arrache cet esthète des cordes, lorsqu’il s’agit de dénicher un musicien de studio). Une excellente compo néanmoins, tapissée par l'orgue Hammond. "Like only she can do" adopte un profil semblable. Empreinte de douceur, la voix d’Arthur est enrobée de chœurs tout au long de ce morceau légèrement funk. Il se réserve néanmoins une brève sortie aux cordes, particulièrement inspirée. Ce single est aisément téléchargeable sur la toile…

 

Hermann Szobel

Szobel

Écrit par

Hermann Szobel est né à Vienne, en 1958. A 17 ans, ce jeune prodige enregistre un album de jazz fusion très en avance sur son temps : "Szobel". Ce pianiste/compositeur puise alors déjà ses influences chez Keith Jarrett, Weather Report et Frank Zappa. C'est cet opus qui vient d’être réédité en compact disc. L’artiste souhaitait créer une musique instrumentale élaborée. Un an plus tôt, il s’était envolé pour New York afin de concrétiser sa mission sacrée. Il recrute pour collaborateurs le bassiste Michael Visceglia, le drummer Bob Goldman, le vibraphoniste/percussionniste David Samuels ainsi que Vadim Vyadro aux cuivres et bois.

Détail qui a son importance, Hermann était le neveu de l'imprésario Bill Graham (NDR : le propriétaire des salles du Fillmore à New York et San Francisco). Ce qui allait lui ouvrir pas mal de portes ; et en particulier celle d’un label major : Arista! Malheureusement, un peu trop prétentieux, le gamin va s’égarer dans ses excentricités ; si bien que le Hermann Szobel Band ne se produira qu'à une douzaine de reprises. Et l’aventure de l’ensemble ne durera que huit mois. L'enregistrement d'un second elpee va avorter et Hermann repartira en Autriche où plus personne n'entendra parler de lui. Il est pourtant toujours bien en vie, mais semble sorti des circuits musicaux.

Trente-cinq ans plus tard, Lazers Edge vient donc d’exhumer ce disque. Seul au clavier, Hermann ouvre "Mr Softee", avant d'être rejoint par le bassiste, puis de Vyadra au saxophone. L’écriture des compos est complexe. Les changements de rythmes sont brutaux et improbables comme les affectionnait tant Zappa et ses Mothers of Invention. Créative, laissant libre cours à l’improvisation, l’expression sonore puise autant dans l’univers du jazz que du classique. L’artiste trace les lignes de base de ses morceaux, pour permettre aux autres instrumentistes de pointer le nez à la fenêtre. A l’instar de "The szuite", piste qui met en exergue la basse, les percussions et enfin le saxophone, de toute évidence un élément important dans la structure de son puzzle imaginaire. Szobel se divertit de ses divagations aux ivoires, tout au long de "Between 7 and 11" et "Transcendental floss". Délire cosmique, "New York City 6 am", est le fruit d’un dialogue visionnaire entre piano et section rythmique. C’est aussi le titre final.

Ce long playing était donc paru en 1975. Il y a déjà une dizaine d’années que Zappa explorait ce style. Et puis, il ne faut pas oublier qu’en Angleterre, fin des sixties, l’école de Canterbury a enfanté des groupes de jazz/rock expérimentaux comme Nucleus ou Soft Machine. Et qu’en Allemagne, le krautrock avait déjà livré toute sa quintessence. Dès lors, le terme avant-gardiste n’est sans doute pas trop approprié pour qualifier cet album. On lui préférera celui de cérébral.

 

Swod

Drei

Écrit par

« Drei » constitue le troisième album de ce duo allemand, réunissant Oliver Doerell et Stephan Wöhrmann. Ces deux Germanophones ont pris leur temps pour concocter cet opus, puisque 4 années séparent ce disque de leur précédent LP, « Sekuden », et pas moins de 8 ans, leur premier, « Gehen ».

L’elpee s’ouvre tout en délicatesse, par une intro au piano. Un climat empreint de douceur, entretenu par les ivoires, qui ne va plus nous quitter jusqu’en fin de parcours. Car si les Teutons émargent à l’électronica, c’est assurément du côté abstrait et orchestral de ce style que le duo penche, plutôt que vers le drum & bass énergique.

Cette œuvre dégage une certaine force tranquille. Ou plus exactement une forme de mélancolie douce (NDR : on y revient !) Superbe mais sombre, une plage comme « Largo » en est certainement la plus belle illustration. Mais les autres pistes sont aussi réussies.

On est transporté au sein d’un univers propice au rêve. Des songes romantiques, faut-il le préciser ? Paisibles, les morceaux (NDR : surtout des ballades !) s’égrènent et finissent par envoûter. Discrète l’électro cède volontiers la place aux ivoires et aux instruments à cordes.

Plutôt adepte d’électro énergique et rythmée, je dois même avouer m’être laissé séduire.

Un chouette album !

 

Such Gold

Misadventures

Écrit par

Je pensais vraiment que ce style musical était tombé en désuétude ; mais à ma grande surprise certains groupes pratiquent encore cet emocore à tendance screamo, tel que le dispensaient, à l’époque, d’horribles groupes comme The Used ou Finch. Such Gold figure parmi ces nostalgiques. Et son premier elpee, « Misadventures », est manifestement hanté par cet esprit. Les 10 morceaux ont d’ailleurs été produits par Steve Evetts que l’on a vu aux côtés d’Every Time I Die, des très bons Snapcase ou de Saves The Day. Ces New-yorkais sont responsables d’un punk hyper mélodique, criblé de cris empruntés au hardcore… Nostalgiques, ces musicos le sont certainement, pour choisir un tel patronyme, car il considère cette scène toujours comme « Such Gold » pour eux… Les fans adoreront, les autres ne se laisseront pas embarquer dans l’aventure. Mais les membres de Such Gold ne seraient-ils pas un peu jeunes pour exhumer un genre à peine disparu ?

 

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