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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

Jello Biafra

Shock-U-Py (Ep)

Écrit par

Les lyrics de Jello Biafra sont toujours sociopolitiques. Et c’est encore le cas sur cet Ep trois titres. Ils traitent ici de l’action ‘Occupy Wall Street’, mouvement de contestation pacifique dénonçant les abus du capitalisme financier. Le morceau maître pourrait même servir d’hymne à ces ‘indignés’. Les deux autres compos font un peu pâle figure. Même la dernière, « We occupy », pour laquelle Biafra a reçu le concours des musiciens de D.O.A. ; en outre, elle figurait déjà sur un single du combo canadien, paru il y a quelques mois. Sans intérêt.

 

The Chevin

Borderland

Écrit par

Amateurs et/ou amoureux de Keane, Snow Patrol et tutti quanti, cet album est pour vous !

Tous les ingrédients sont présents pour réaliser exactement la même tambouille que ces formations spécialisées dans une pop bien léchée, bien sucrée. Rien à dire, c’est top ! Mélodies entraînantes, refrains imparables, production hyper pro, succès assuré.

Le hic, c’est un ‘léger’ manque d’originalité. On ne peut s’empêcher d’avoir l’impression que les chansons ont déjà été entendues quelque part. On a comme un sentiment de déjà vu, de déjà entendu, de déjà rencontré. On ne se serait pas déjà croisé quelque part ?

Ce petit (?) défaut vite oublié, on profitera volontiers des dix titres très réussis qui peuplent ce premier elpee.

The Chevin est une formation ‘british’ qui nous vient en droite ligne de Leeds, sise en plein milieu de cette belle île, terreau propice, s’il en est, à une culture musicale dont les récoltes sont déjà très rentables grâce à des artistes ou groupes à la réputation bien établie.

The Chevin ne laisse pas passer l’aubaine et se lance à son tour dans la fosse aux lions. Le line up réunit Coyle Girelli (chant et guitares), Mat Steel (guitares and claviers), Jon Langford (basse) et Mal Taylor (drums). Un quatuor dont le premier elpee est partagé en dix titres impeccables, au cours desquels musicalité et efficacité se conjuguent pour un résultat plus que convaincant.

Dès l’entame, « Champion » creuse un sillon hors duquel aucune autre des neuf plages ne sortira. Rien, tout au long de l’album, ne viendra gripper la machine.

Il est certain que la bande à Coyle a du talent et une sacrée facilité tant au niveau de l’écriture que des compositions. Reste le ‘petit défaut’ à gommer au plus vite afin de trouver une personnalité qui ne devra rien à personne et qui permettra au groupe de sortir de l’ombre des grosses pointures dans laquelle The Chevin est confiné pour l’instant. A revoir !

Très plaisant malgré tout…

 

Neil Young

Psychedelic Pills

Écrit par

Après avoir commis un elpee consacré à des traditionnels américains (« Americana »), Neil Young et son illustre Crazy Horse ont donc décidé de graver une œuvre bien électrique. Le Loner et le trio Talbot/Molina/Sampedro nous ont même réservé un double elpee. Huit titres pour près de 90 minutes ! Et pour les fans du Canadien, c’est exactement l’album qu’ils attendent depuis longtemps. Oh, tout n’est pas parfait, mais on a droit à une bonne dose de grattes rugissantes, crépitantes, déchiquetées, expansives ; déchirées par la voix gémissante de Neil et soutenues par des chœurs hymniques. Classique ! Mais prenons un peu la peine d’analyser cette œuvre.

Elle s’ouvre par « Driftin’ back », une piste de 27’ qui s’ouvre par un léger grattage acoustique, avant de se lancer dans une jam électrique sinueuse et un peu gratuite. Le genre de compo qui ferait un malheur sur les planches. Sur disque, ça fait un peu bois de rallonge… « Ramada Inn » dure 16’50. Chargée de feeling, c’est une des meilleures plages de l’elpee. Quant aux lyrics, ils traitent de la vie commune qu’il partage avec son épouse, Peg. De leur amour. Des bons et moins bons moments rencontrés dans leur couple. Du refuge qu’ils ont parfois cherché dans la boisson, pour surmonter les difficultés de l’existence. Le troisième plus long morceau s’étale sur 16’20. Empreint de nostalgie, il s’intitule « Walk like a giant ». En fait, il revient sur le rêve hippie. Cette génération ‘Woodstock’ qui allait sauver le monde. Mais dont l’objectif n’a jamais été atteint. Une plage épique caractérisée par des sifflotements guillerets et surtout contagieux. A tel point qu’au bout de quelques minutes on se met instinctivement à siffloter avec lui. Le titre maître bénéficie de deux versions. Particulièrement soumise à la distorsion, la première me fait penser à Hawkwind. Mais en plus light. La seconde figure en morceau caché. Plus percutante, elle lorgne quelque part vers « Cinnnamon girl ». Sur « Twisted road », Neil nous parle encore de son passé. De Dylan, du Band et de Grateful Dead. Ses idoles. Passé qu’il évoque également sur « Born in Ontario », compo americana au cours de laquelle, il nous réserve un arrangement d’orgue dont il a le secret. Ballade sentimentale semi-acoustique, « For the love of man » est dédié à son fils handicapé. Et sur cet opus, figure un titre absolument remarquable, « She’s always dacing ». Le tempo est offensif. La mélodie irrésistible. Les chœurs magiques. Les ‘six cordes’ croisent le fer. Certains médias l’ont déjà comparé à « Like a hurricane ». Votre serviteur pense plutôt à l’album « Everybody knows this is nowhere », et à « Cowgirl in the sand », en particulier. Une chose est sûre, en écoutant cette compo, on ferme les yeux, et des frissons vous traversent l’âme…

 

Various Artists

Halo 4 - Original Soundtrack

Écrit par

Pas toujours facile de donner son avis sur une bande-son originale, quand on sait que l’audio doit idéalement correspondre au support de base, qu'il s'agisse d'un film ou ici, d'un jeu vidéo. Votre serviteur s’est cependant prêté au jeu (NDR : c'est le cas de le dire!) avec beaucoup de plaisir…

« Halo 4 » constitue, comme l'indique son titre, le quatrième opus d'une franchise exclusive à Microsoft. Probablement sa plus importante d'ailleurs, puisqu'elle a permis de forger la notoriété des consoles XBOX puis XBOX360. Nul doute qu'il s'agit d'une des ‘poules aux œufs d'or’ que la concurrence lui envie fortement.

La bande-son est découpée en 15 titres plus ou moins variés. L'ensemble est chapeauté par Neil Davidge, un producteur britannique. Ce nom ne vous est sans doute pas inconnu. Normal, puisqu’il a notamment apporté sa collaboration à Massive Attack. On sait s'entourer de beau monde dans la boîte de Bill Gates !

Et bien leur en a pris, puisque le long playing est, sans grande surprise, en grande partie dynamique (NDR: il s'agissait tout de même ici d'accompagner un jeu de tir à la première personne!) La mélodie bénéficie d'envolées et de baisses de rythme judicieuses, comme il se doit dans toute bonne OST, afin de soutenir l'action ou au contraire calmer l’ambiance…

Les morceaux alternent vocalises, bruits d'atmosphère et sonorités plus cotonneuses. Toutefois, on reste ici dans le même registre tout du long du disque, homogénéité et support à l'œuvre oblige. On épinglera particulièrement une splendide envolée lyrique dans la chanson numéro 6, "Haven" qui, il faut bien l'avouer, produit son petit effet. De même, les mélodies de morceaux tels que "Belly of the Beast" et "117" sembleront familières chez les fans de la licence.

En conclusion, il s'agit d'une bande-son de qualité pour un jeu qui a été acclamé par la critique. Une valeur sûre donc, et idéale pour celles et ceux qui souhaiteraient se replonger dans l'univers d'‘Halo 4’.

 

The Unwinding Hours

Afterlives

Écrit par

Chez Unwinding Hours on retrouve les ex-Aereogramme Craig B. et Iain Cook. « Afterlives » constitue leur second opus ; il fait suite à un elpee éponyme publié en 2010. Chez le duo écossais, Craig se réserve les vocaux et Iain les guitares, les deux musicos se partageant les autres instruments.

Découpé en 10 plages, le long playing s’ouvre par deux titres plus shoegaze, « Break » et « I’ve loved you for so long ». Tout en contrastes, les compos sont traversées d’interventions de cordes de guitare tintinnabulantes, stimulées par une ligne de basse mélodieuse, aventureuse, reptilienne, et puis raffinées par la voix limpide, angélique de Craig, soutenue par des chœurs astraux, sur le second morceau. Passé ces deux pistes, l’ensemble de l’œuvre pénètre dans un univers sonore plus atmosphérique. Les claviers sont de plus en plus présents. Tant les synthés que le piano. Solennel, martial ou ténébreux, le tempo (drums, boîtes à rythmes) accentue ce sentiment de mélancolie. Les cordes de guitare se fondent régulièrement dans l’ensemble, et lorsqu’elles remontent à la surface, ce n’est jamais pour très longtemps. Unwinding Hours alterne alors titres plus minimalistes et pistes élaborées en couches, parfois même enrichies d’arrangements somptueux (NDR : le final « Day by day »). Deux exceptions qui confirment la règle, le plus puissant « Wayward », caractérisé par son final explosif. Et le plus électro, voire indus (Ultravox ? John Foxx ?) « Skin on skin ». Une constante quand même : la superbe voix de Craig et puis les textes, truffés de références bibliques. Pourquoi pas ?

 

Three Second Kiss

Tastyville

Écrit par

Originaire de Bologne, Three Second Kiss est né au début des années 90. Déjà, à l’époque, ces Italiens ne juraient que par la musique étasunienne. Issue de deux villes en particulier : Chicago et Washington D.C. Leurs premiers albums trempent au sein d’un noise/rock énergique, largement inspiré de formations telles que Shellac ou Fugazi. Le trio a d’ailleurs rencontré un petit succès, puisque plusieurs de ces elpees sont parus sur le mythique label Dischord. Ce qui lui a sans doute permis d’ouvrir les concerts de groupes comme Shellac ou encore Shipping News. Leur précédent long playing, « Long Distance » remonte à 2008. Il avait également été enregistré sous la houlette de Steve Albini.

« Tastyville » constitue leur sixième essai, un disque qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit de leur discographie. Les compos reposent (?) sur une structure guitare-basse-batterie. Rien de neuf à l’horizon, donc. Pourtant, les neuf morceaux de la plaque ont le bon goût de ne pas régurgiter la même solution sonore. « Tastyville » possède ses propres caractéristiques. Three Second Kiss pratique un math-noise-rock atmosphérique et mélodique, malgré ses brisures et ses fluctuations de rythme, mais aussi la complexité des riffs de guitare et de basse. Le plus étonnant procède cependant du vocal, qui reste impassiblement monocorde, malgré les variations de tempo. Une recette singulière illustrée remarquablement par « A Catastrophe outside ». Planante au départ, la compo monte paisiblement en intensité, sans jamais réellement exploser.

Si le genre est actuellement bien encombré, il faut reconnaître que Three Second Kiss parvient parfaitement à tirer son épingle du jeu. Aujourd’hui la formation transalpine ne se contente plus de regarder outre-Atlantique, elle s’est forgé sa propre identité… 

 

Meursault

Something For The Weakened

Écrit par

Meursault est une formation écossaise, issue d’Edimbourg très précisément, née en 2006. Elle a choisi pour patronyme le nom du personnage principal de ‘l’Etranger’, le célèbre roman d’Albert Camus. A l’instar de sa référence, le groupe semble cultiver l’ambigüité. Et pour cause, sa musique évolue à des années-lumière de ce qu’on est en droit d’attendre d’un combo issu de ce pays recouvert de collines et de lacs.

Neil Pennycock en est le leader. Chanteur/guitariste, il doit certainement avoir grandi en écoutant davantage de country étasunienne que de musique traditionnelle écossaise. On ne lui en tiendra pas rigueur, cependant…

Pour concocter ce troisième elpee, le line up du combo s’est enrichi d’un drummer et d’un bassiste, une section rythmique qui apporte davantage de rondeur aux compos, mais surtout de profondeur. Une évolution parfaitement perceptible sur les premiers morceaux de « Something For The Weakened » ; et notamment sur le single « Flittin’ », certainement l’une des meilleures plages de l’opus. Les interventions de guitare et de piano sont également plus fréquentes. A l’instar de « Lament For a Teenage Millionaire ». A cet instant on pense aux Norvégiens de Golden Kanine voire aux appalachiens 16 Horsepower. Le début de parcours est impeccable. Malheureusement, au fil de la plaque, le ton devient plus mollasson et le tempo s’essouffle. Hormis « Dull Park », le reste du long playing aligne des pistes trop semblables, provoquant un sentiment légitime de lassitude.

Dommage ce manque de constance dans l’effort.

 

Maya’s Moving Castle

Maya's Moving Castle

Écrit par

Depuis quelques semaines déjà, le single « Next Life » fait le buzz sur Youtube et autres sites sociaux… 

Et non ! Ce titre n’est pas l’apanage de la plus cinglée des Islandais(es), Björk, pour ne pas la citer !

On pourrait pourtant s’y méprendre ; mais c’est ici de Maya’s Moving Castle qu’il s’agit ;  Maya est le prénom de la belle voix qui sévit sur ce nouvel opus. 

C’est, vous vous en doutez, dans un univers proche de ce que réalise cette dingue insupportable que naviguent Maya et ses petits copains. Car évidemment, même si elle compose et écrit tout, toute seule, elle a malgré tout besoin de petites mains… C’est donc sous la houlette des producteurs Stefan Bracke (Raveyards, ex-The Subs) et François De Meyer (Raveyards, Villa), et flanquée des excellents musiciens Nele De Gussem (voix, guitare), Stijn Vanmarsenille (basse, synthé) et Simon Segers (batterie) que son disque a pu être enregistré.

Maya a, dans un premier temps, grandi dans une fermette de campagne, un environnement peuplé d’insectes et de papillons et habité des sons de son vieux violon. C’est là qu’elle a construit son univers, solitaire, fantastique et secret. Exilée en ville, elle devient multi-instrumentiste ; et de soliste, elle passe à une vie plus sociale en rencontrant ses futurs collaborateurs. Ses chansons sous le bras, elle troque alors sa fermette contre un studio et le résultat vient de nous être servi tout chaud.

Une dizaine de chansons mélancoliques et charmantes, autant de mélodies envoûtantes, interprétées dans un anglais parfait, nous emmènent dans le monde féérique de Maya. Le parallèle avec Björk est toujours bien présent. A la différence près que l’Islandaise a le don de pondre de temps à autre un hit monstrueux, tube que l’on ne retrouve pas sur la galette de notre petite Belge. Il n’empêche qu’elle fait preuve d’une bonne dose de créativité et d’innovation dans ses jolies chansons. Le tout, dix plages au total, s’écoule de façon assez linéaire et s’écoute sans déplaire mais sans étonner beaucoup non plus. Une fois les trois premières pistes digérées, plus aucune ne parvient à surprendre même si la qualité reste au rendez-vous.

Maya aura sans aucun doute bientôt d’autres créations à nous révéler, dans son registre empreint de charme et de séduction…

 

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