Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Coffee Or Not

Ghost

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Un peu à l’image des Senseo et autres machines à faire le café pour Monsieur et Madame tout le monde, il en existe une à consensus musical qui vous pisse son avis pour un oui ou pour un non.

Et de nous dire ce qu’il est de bon ton d’écouter ou non.

Ainsi, Coffee Or Not commence-t-il à jouir d’un certain engouement.

Pour ma part, après quelques tasses, je me suis rangé à l’idée qu’il s’agissait plutôt de thé que de café. Et encore ! Trop sucré à mon goût.

Les chansons figurant sur cet elpee (leur deuxième) parlent du fantôme du passé qui hante nos présents.

Avec une douceur ouatée qui confine à l’ennui par moments.

Gentiment acoustique, poli pour ne pas déranger, il possède des vertus tellement apaisantes qu’il en devient soporifique.

Sauf peut-être sur le judicieusement nommé « Wake Up ».

Pour le reste, « Ghost » n’est pas un mauvais album et il est fort à parier qu’il charmera les oreilles remplies de miel.

Perso, son insipide robe à peine troublée d’un nuage de lait ne m’a guère émoustillé.

 

The Bopcats

25 years of rock’n’roll

Écrit par

Les Bopcats sont issus de Richmond en Virginie. Il y a plus de trente années que ce groupe de rockabilly écume les bars de la côte Est des USA. Leurs premiers enregistrements datent de 1984. Il s’agit de vinyles. Mais également de ‘démo tapes’ et de cassettes. La formation est toujours active et continue de se produire en live. Sous la forme d’un trio. Réunissant le guitariste Linda Fralin, le drummer Paul Hammond et le contrebassiste Steve Hudging. Ils se partagent les vocaux. Leurs idoles ? Sans surprise, elles répondent au nom d’Elvis Presley, Eddie Cochran, de Chuck Berry, Jerry Lee Lewis et autres rockers de la grande époque!

Cette collection retrace 25 années de carrière, à travers onze compositions originales et six reprises. Les Bopcats nous replongent au cœur des 50’s, période qui a vu éclater ce style toujours au goût du jour, le rock'n'roll ! Au cours des premières années, Gary Fralin, le frère de Lindy était préposé au piano. Un instrument qui apportait une plus grande diversité aux morceaux, et surtout cette couleur ‘Jerry Lee Lewis’ à l'ensemble.

"Don't want to be alone" ouvre les hostilités. Le tempo est vif. Le son impeccable et en particulier les sonorités des guitares. Une ouverture souveraine. "Dark train" maintient le rythme, toujours soutenu par les interventions échevelées de Gary au piano. Le Néo-orléanais Dave Bartholomew signe "Who drank my beer", une plage au climat bien plus blues et R&B. Le quartet est ici rejoint par un autre frère Fralin, John. Il se débrouille également très bien aux ivoires et incite Lindy à prendre un envol sur les cordes, dans un style jump d’excellente facture. Blues enlevé, "Broke down" est contaminé par le country rock. A cause de la pedal steel de Lindy qui alimente la piste. Ce dernier est épaulé par John ‘Sparkly’ Otte qui double au chant et au sax ténor sur "All I need", tout en célébrant un retour au rock'n'roll. Brad Tucker est passé à la basse acoustique sur le rockabilly "Wheels of mine", un titre chanté par les frangins Fralin. Trois reprises sont absolument superbes. Tout d’abord le "Red Cadillac" de Robert Gordon. Ensuite le "Ventilator blues" des Rolling Stones, un cover qui adopte un tempo plus cool. L’intensité du blues dispensée par Fralin nous entraîne dans une atmosphère digne de Howlin' Wolf. Et enfin, sans surprise, le "Marie Marie" de Dave Alvin. A cet instant, on ne peut que penser aux Blasters, passés eux, à la postérité. Caractérisé par son riff très ‘stonien’, "Sweet thing" se distingue également par le piano barrelhouse de Gary, une compo renforcée pour la circonstance par les saxophones et les vocaux. "Life of crime" baigne également dans un même climat. Gary s’y réserve l'orgue. Manifestement, la musique des Bopcats était en pleine phase d’évolution. Remarquable titre aux accès de guitare réverbérés, "Jenny Jenny" lorgne vers les Paladins. Jusqu'au terme de l’opus, les Bopcats jurent fidélité au rock'n'roll. A l’instar de l’adaptation du "Get rhythm" de Johnny Cash et d’"On a roll". Parfois, cette formation me rappelle les Flamin' Groovies, un band que j'ai toujours adoré! Et ne vous trompez pas de Bopcats ! Pourquoi ? Dans l’univers du rockabilly, c’est un patronyme courant. Il en existe d’ailleurs un spécimen en Finlande, aux Pays-Bas, au Canada et même dans l’Oklahoma…

 

Vienna

One Heart At A Time

Écrit par

Non, non, nous ne sommes pas en présence d’un groupe américain spécialisé dans le rock FM… Ce sont des braves petits Flamands bien de chez nous ; et ils sont responsables de cette bonne vieille daube très susceptible de nourrir de bons gros Ricains avides de ce genre musical.

Vienna est une formation brugeoise drivée par le chanteur Gayle Van Hollebeke. Ses acolytes ont pour nom et rôle, Sven Herssens à la guitare et aux chœurs, Fre Gereels à la guitare, Bas Vermeulen à la basse ainsi que Miguel Ryde à la batterie.

Inconnu dans notre belle région wallonne, Vienna jouit déjà d’une bonne petite réputation au nord du pays grâce à ses prestations accordées en lever de rideau, lors des concerts (sans doute une de leurs idoles) d’Avril Lavigne, il y a un peu plus d’un an.

Pas de doute, à l’écoute des 11 morceaux proposés par Vienna, les cinq jeunes musicos sont fans d’Alanis Morissette, Sheryl Crow et autre ‘rockstarlette’ du même acabit. Le style est très vite reconnaissable, un ‘tchac-boum, tchac-boum’ dynamique et puissant mais quasi constant et répétitif. Bref un style à la fois simpliste et faussement musclé ! Ou si vous préférez, un pastiche de ce que proposent les trois gonzesses précitées. Pas mauvais en soi, mais vite lassant et encore plus vite oublié…

Ce bon ersatz pourrait, circonstanciellement, servir de belle petite affiche à moindre frais ; et déboucher sur un résultat très semblable à ce qui coûte, à n’en pas douter, une réelle fortune à l’organisateur…

On notera quand-même pour l’anecdote que c’est Universal qui les a signés, un signe ?

 

Various Artists

Cumbia Beat Vol 2

Écrit par

Convaincu par le potentiel irrésistible du genre, Vampisoul a décidé d’offrir un second chapitre à ses compilations destinées à mettre en exergue une Cumbia décidément bien à la mode ! Cette nouvelle livraison du fameux « Beat Cumbia » va remuer bien des guiboles… Le courant péruvien aussi connu sous le nom de ‘Chicha’ mélange les styles exotiques colombiens et cubains aux influences occidentales, et en particulier le rock psyché des sixties cher à Santana. Les percussions caribéennes, les solos inspirés, les pédales ‘wah wah’ et autres claviers Moogs alimentent une musique joyeuse et tout bonnement irrésistible ! Les maîtres du genre tels qu’Enrique Delgado ou Manzanita sont bien entendu présents à travers leurs groupes respectifs Los Destellos ou El Monje Loco, leur ‘side-projects’ comme Los Camenos ou même en solo. Cette musique principalement instrumentale, qui a sévi entre 1966 et 1983 au Pérou, demeure pop dans l’âme tout en s’avérant véritablement hypnotique et groovy. L’Amazonie regorge de secrets ; et cette nouvelle compilation réellement passionnante en est une nouvelle preuve vivante…

 

Hans Theessink

Delta time

Écrit par

Dans le milieu du blues et de la roots music, Hans Theesink compte déjà une bien longue carrière. Hans est né à Enschede, aux Pays-Bas, en 1948. Mais il y belle lurette qu’il réside à Vienne ; en fait depuis qu’il a épousé sa manager. Ses premiers enregistrements remontent aux 70’s, et on lui attribue plus de vingt albums personnels.

Terry Evans est un chanteur noir. Il est originaire de Vicksburg, dans le Mississippi. Il est surtout connu pour avoir chanté en compagnie de Bobby King ; et ce duo a souvent soutenu Ry Cooder. Terry est également un chanteur de studio très apprécié et sollicité. Il a, en outre, commis quelques excellent elpees de blues, parus chez Telarc, Audioquest et Virgin. La paire Theesink/Evans avait déjà gravé un long playing en 2008, "Visions".

"Delta Time" plante parfaitement le décor. Les cordes acoustiques nous entraînent au cœur du Delta du Mississippi. Hans est aux vocaux. La réplique est accordée par un canon de trois voix impliquant Evans, Arnold McCuller et Willie Greene Jr. "Blues stay away from me" est une compo signée par les frères Delmore, un tandem de country/blues qui a marqué les années 30. La nouvelle version est somptueuse et fragile à la fois. Le baryton de Hans et le ténor de Terry font merveille, sur fond de cordes tapissées par Ry Cooder! La cover du "It hurts me too" de Tampa Red est un classique du blues. Guitare et mandoline soulignent les voix empreintes d’émotion de notre duo. La slide électrique de Ry Cooder opère un retour magique sur le "How come people act like that" de Bobby Charles, un chanteur louisianais canadien. Un bottleneck glisse sur les cordes tout au long du "Down in Mississippi" de J.B Lenoir. La voix de Terry y est envoûtante. Lorsque celles d’Evans, McCullum et Greene se conjuguent, c’est un véritable régal pour les oreilles. On entre même dans le gospel sur "Build myself a home" ainsi que "Heaven's airplane", et le spiritual sur "Shelter from the storm", une plage marquée par une dernière apparition de Ry Cooder. Le duo propose aussi sa version du traditionnel "Pouring water on a drowning man", une compo notamment reprise, et à des époques différentes, par Little Milton, Otis Clay, Percy Sledge, Darrell Nulisch et Elvis Costello. Le "Honest I do" de Jimmy Reed est une autre cover à épingler. La finale est longue. Elle s’étale sur plus de 10’. Une piste intitulée "Mississippi" qui évolue dans un registre nonchalant et intimiste proche de Tony Joe White. Pendant que Hans souffle dans l'harmonica, les trois chanteurs noirs lient intimement leurs voix, prolongeant notre périple dans le Delta, tout en se remémorant tous les bluesmen célèbres, nés sur cette terre sacrée.

 

Roland Tchakounte

Ndoni

Écrit par

Roland Tchakounte est né au Cameroun. Il a chopé le virus de la musique dès son plus jeune âge. Il s’intéresse d’abord au percus, puis à la guitare, et enfin au piano ainsi qu’à l'harmonica. C'est à l'écoute de John Lee Hooker qu'il s’est converti au blues, tout en conservant ses racines africaines. A ses débuts, il chantait dans son dialecte maternel, le bamiléké. Il publie son premier elpee en 1999, "Bred bouh shuga blues". En 2005, il grave "Abango", flanqué de Mick Ravassat. Un album acoustique qui lui ouvre les portes des States et du Canada! En 2006, le line up s’enrichit d’un percussionniste, Mathias Bernheim. Il embraie par "Waka" en 2008, puis "Blues Menessen", deux ans plus tard. Depuis, il écume les scènes de tous les Continents, pour y partager sa musique qu'il qualifie de ‘mélodie sauvage’.

Roland avoue pour références majeures, John Lee Hooker, Ali Farka Touré, Robert Johnson et Son House. Outre le guitariste Mick Ravassat et le percussionniste Mathias Bernheim, il est également épaulé aujourd’hui par le bassiste Laurent Legall.

L’elpee s’ouvre par "Fang am", un excellent blues amplifié sans excès, souligné par l'orgue Hammond de Renaud Cugny. Morceau acoustique, "Kemen" est dominé par la voix grave de Roland. Il l’interprète dans son dialecte ; ce qui ne nous permet pas de comprendre son message qui émane des hauts plateaux du Cameroun. Superbe blues, "Farafina" est empreint d’une émotion délicate ; une plage au cours de laquelle il partage le chant avec la voix féminine de Tatoumata Diawara, face à l'harmonica puissant de Christophe Dupeu et la guitare très présente de Ravassat. "Bouden ndjabou" est une piste à la mélodie séduisante. Piano et guitare rivalisent de subtilité. Condensé de douceur, "Mbak Tchann yogsou kidi" campe un blues rock discrètement boogie. Les cordes de Mick puisent leur inspiration chez Clapton. Les interventions à l'orgue Hammond de Cugny son chaleureuses. Et "Adendja" adopte un même profil. Blues lent, "Smile" nous conduit au bord du désespoir. Roland y concède quelques mots en français : ‘La vie est un combat’ ! Et dans la foulée, il suscite larmes et soupirs, tout au long de "Lana", une compo acoustique tout autant déchirante. Musicalement, Tchakounte me fait parfois penser à Mark Knopfler. Ou plus exactement au Dire Straits des débuts. C’est manifeste sur "Chuboula", mais également tout au long de l'évocateur "If you try black woman", piste illuminée par les interventions bouleversantes dispensées par la guitare de Ravassat. L'harmonica de Christophe ouvre "Me den mbwoga", un Chicago blues classique imprimé sur un mid tempo. De toute bonne facture, cet album s’achève par "Anetchana". La slide est tourmentée. La magie camerounaise opère une dernière fois…

 

Kreidler

Den

Écrit par

Kreidler est un quatuor allemand fondé à Dusseldorf, en 1994. Le groupe pratique du post rock électro-expérimental. Et « Den » constitue déjà leur 11ème album. Une régularité qui force nécessairement le respect.

Maintenant, il faut reconnaître que leur musique n’est pas du tout ma tasse de thé. Epuré, leur style est systématiquement balisé par une ligne mélodique en boucle, tracée au synthé et stimulée (?) par une boîte à rythmes hypnotique oscillant entre trois ou quatre niveaux de sonorités de basses différentes, au maximum.

Votre serviteur apprécie l’électro. Mais mélodieuse. Impliquant un(e) bon(ne) vocaliste. Et dont la construction des morceaux est créative et entraînante. Et quand une belle césure au beau milieu d’une compo vient interrompre le rythme, avant de le relancer de plus belle, c’est encore mieux ! Ce n’est vraiment pas ce que Kreidler propose. Leur solution sonore est trop linéaire et ne tolère que de (très) légères variations, de manière à provoquer chez les amateurs du genre, un état de ‘transe’. On n’était donc pas fait pour s'entendre…

Evidemment, les aficionados de Kreidler risquent d’adorer cet elpee, découpé en 7 pistes. Et particulièrement « Sun » et « Cascade », les deux morceaux les plus travaillés du disque. On ne peut d’ailleurs pas reprocher à la formation teutonne de les trahir, puisqu’elle pratique le même style musical, depuis ses débuts.

 

Rubatong

Rubatong

Écrit par

The Ex est un groupe hollandais fondé en 1979. C’est-à-dire en pleine apogée du mouvement punk. Plus de trente ans plus tard, The Ex a toujours bon pied bon œil. Néanmoins, le line up a connu de nombreux changements. Y ont ainsi milité Han Buhrs et Luc Ex. Et ce sont ces deux musicos qu’on retrouve chez Rubatong. Han chante, suivant l'humeur du moment, tantôt en anglais, néerlandais, français voire en patois allemand. Luc se charge de la basse acoustique. René Van Barneveld (Urban Dance Squad) est préposé à la guitare. Un gratteur qui aime mêler funk, rock et rap. Enfin, Miss Tatiana Koleva, issue du monde de la musique contemporaine, se réserve le vibraphone et les percussions. Toute l’équipe est responsable de l’écriture des dix chansons de cet opus. La musique est totalement expérimentale, étrange, parfois proche du free jazz, même si on y décèle des traces de blues contemporaines.

Dès "In a haze" on est frappé par la voix peu conventionnelle, possédée, mais très claire de Han. Minimaliste, la section rythmique imprime un tempo hypnotique. Bien intégrée, la slide colle parfaitement aux basques de Mr Buhrs. Soudain, c’est le calme. Puis une impro. Une exploration sonore dirigée par la basse et le vibraphone de Tatiana. Un vibraphone qui balise "Future hung around". La ‘quatre cordes’ y rejoint la percussion lugubre. La voix de Han hante ce climat inquiétant, chargé de torpeur. Elle se mue en instrument pour dialoguer avec ses partenaires. Ces échanges étranges me rappellent ceux qu’entretenaient Damo Suzuki et les membres de Can, groupe phare du krautrock. C’était il y a bien longtemps… La folie instrumentale déborde sur "G-Spot democracy". Les cordes de Van Barneveld décapent et délirent, tel un Zappa se tortillant au cœur de ses ‘mères des inventions’. Débridé, décoiffant, "Protilanenmensch" est un blues de l'impossible. Telle une âme damnée, Buhrs évacue de son corps tous les maléfices qui l'avaient envahi, face aux cordes à l'agonie. Enfin, la douceur contenue de "Finger prints" apporte un peu de réconfort. La guitare de René découpe "Dirty lil' kiss". Les interventions de la slide sont lacérées au rasoir, comme un blues chirurgical qui aurait échappé aux canons du style! "F voor af" adopte un profil blues plus traditionnel. On imagine un John Lee Hooker désorienté revenu sur notre planète pour exprimer tous les mots débutant par la lettre F! Deux plages sont chantées en français. Tout arrive. D’abord, "Il-y-a des choses", un exercice de style ludique et rythmique, ciselé soigneusement par les percussions de Tatiana. Ensuite, "A ce moment", une autre piste empreinte de douceur et d’intimisme. Très particulière, cette œuvre est indéniablement originale. Elle se referme par "Riga", un bref accès de colère slave…

 

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