L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Gary Numan
Chroniques

Arthur Adams

Feet back in the door (single)

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Ce single serait la première sortie du label Kind of Blue Music, une nouvelle écurie issue de Nashville. Keb Mo, lui aussi chanteur/guitariste noir établi à Los Angeles, en assure la production.

Arthur est né le jour de Noël, en 1943, à Medon, dans le Tennessee. Il chante le gospel dans l'église du quartier, avant de rejoindre les Gospel Travellers. Il émigre ensuite à Nashville, puis à Dallas où il accompagne Chuck Berry, Lightnin' Hopkins et Buddy Guy. Il publie ses premiers singles début des 60’s sous le nom d'Arthur K. Adams. En 1967, il atterrit enfin à Los Angeles, Son premier album, "It's private tonight", paraît en 1972. Chez Blue Thumb. La mise en forme est confiée à Bonnie Raitt. Ses trois albums suivants se révèlent plus funk et soul que blues. Il les grave au cours de la même décade. Fin des 80s, il monte son propre band. Ce qui ne l’empêche pas d’apporter régulièrement son concours au grand BB King. Et quand le BB King's Blues Club s'ouvre à Holywood, Arthur en devient l'une des plus régulières attractions. Il faut encore attendre 1999 pour voir la sortie de "Back on track", chez Blind Pig ; un opus pour lequel bénéficie de la participation de BB King. Son dernier elpee, "Stomp the floor", était sorti chez Delta Groove en 2009. Il y dispensait un blues traditionnel largement teinté de R&B et de jazz. Bref dans un style purement Adams !

Dansant, "Feet back in the door" est blues superbe, Arthur possède une voix pure, délicate, idéale pour chanter la soul. Ses interventions à la guitare sont discrètes et ne reflètent pas le potentiel de l’artiste (NDR : on s’arrache cet esthète des cordes, lorsqu’il s’agit de dénicher un musicien de studio). Une excellente compo néanmoins, tapissée par l'orgue Hammond. "Like only she can do" adopte un profil semblable. Empreinte de douceur, la voix d’Arthur est enrobée de chœurs tout au long de ce morceau légèrement funk. Il se réserve néanmoins une brève sortie aux cordes, particulièrement inspirée. Ce single est aisément téléchargeable sur la toile…

 

Hermann Szobel

Szobel

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Hermann Szobel est né à Vienne, en 1958. A 17 ans, ce jeune prodige enregistre un album de jazz fusion très en avance sur son temps : "Szobel". Ce pianiste/compositeur puise alors déjà ses influences chez Keith Jarrett, Weather Report et Frank Zappa. C'est cet opus qui vient d’être réédité en compact disc. L’artiste souhaitait créer une musique instrumentale élaborée. Un an plus tôt, il s’était envolé pour New York afin de concrétiser sa mission sacrée. Il recrute pour collaborateurs le bassiste Michael Visceglia, le drummer Bob Goldman, le vibraphoniste/percussionniste David Samuels ainsi que Vadim Vyadro aux cuivres et bois.

Détail qui a son importance, Hermann était le neveu de l'imprésario Bill Graham (NDR : le propriétaire des salles du Fillmore à New York et San Francisco). Ce qui allait lui ouvrir pas mal de portes ; et en particulier celle d’un label major : Arista! Malheureusement, un peu trop prétentieux, le gamin va s’égarer dans ses excentricités ; si bien que le Hermann Szobel Band ne se produira qu'à une douzaine de reprises. Et l’aventure de l’ensemble ne durera que huit mois. L'enregistrement d'un second elpee va avorter et Hermann repartira en Autriche où plus personne n'entendra parler de lui. Il est pourtant toujours bien en vie, mais semble sorti des circuits musicaux.

Trente-cinq ans plus tard, Lazers Edge vient donc d’exhumer ce disque. Seul au clavier, Hermann ouvre "Mr Softee", avant d'être rejoint par le bassiste, puis de Vyadra au saxophone. L’écriture des compos est complexe. Les changements de rythmes sont brutaux et improbables comme les affectionnait tant Zappa et ses Mothers of Invention. Créative, laissant libre cours à l’improvisation, l’expression sonore puise autant dans l’univers du jazz que du classique. L’artiste trace les lignes de base de ses morceaux, pour permettre aux autres instrumentistes de pointer le nez à la fenêtre. A l’instar de "The szuite", piste qui met en exergue la basse, les percussions et enfin le saxophone, de toute évidence un élément important dans la structure de son puzzle imaginaire. Szobel se divertit de ses divagations aux ivoires, tout au long de "Between 7 and 11" et "Transcendental floss". Délire cosmique, "New York City 6 am", est le fruit d’un dialogue visionnaire entre piano et section rythmique. C’est aussi le titre final.

Ce long playing était donc paru en 1975. Il y a déjà une dizaine d’années que Zappa explorait ce style. Et puis, il ne faut pas oublier qu’en Angleterre, fin des sixties, l’école de Canterbury a enfanté des groupes de jazz/rock expérimentaux comme Nucleus ou Soft Machine. Et qu’en Allemagne, le krautrock avait déjà livré toute sa quintessence. Dès lors, le terme avant-gardiste n’est sans doute pas trop approprié pour qualifier cet album. On lui préférera celui de cérébral.

 

Swod

Drei

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« Drei » constitue le troisième album de ce duo allemand, réunissant Oliver Doerell et Stephan Wöhrmann. Ces deux Germanophones ont pris leur temps pour concocter cet opus, puisque 4 années séparent ce disque de leur précédent LP, « Sekuden », et pas moins de 8 ans, leur premier, « Gehen ».

L’elpee s’ouvre tout en délicatesse, par une intro au piano. Un climat empreint de douceur, entretenu par les ivoires, qui ne va plus nous quitter jusqu’en fin de parcours. Car si les Teutons émargent à l’électronica, c’est assurément du côté abstrait et orchestral de ce style que le duo penche, plutôt que vers le drum & bass énergique.

Cette œuvre dégage une certaine force tranquille. Ou plus exactement une forme de mélancolie douce (NDR : on y revient !) Superbe mais sombre, une plage comme « Largo » en est certainement la plus belle illustration. Mais les autres pistes sont aussi réussies.

On est transporté au sein d’un univers propice au rêve. Des songes romantiques, faut-il le préciser ? Paisibles, les morceaux (NDR : surtout des ballades !) s’égrènent et finissent par envoûter. Discrète l’électro cède volontiers la place aux ivoires et aux instruments à cordes.

Plutôt adepte d’électro énergique et rythmée, je dois même avouer m’être laissé séduire.

Un chouette album !

 

Such Gold

Misadventures

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Je pensais vraiment que ce style musical était tombé en désuétude ; mais à ma grande surprise certains groupes pratiquent encore cet emocore à tendance screamo, tel que le dispensaient, à l’époque, d’horribles groupes comme The Used ou Finch. Such Gold figure parmi ces nostalgiques. Et son premier elpee, « Misadventures », est manifestement hanté par cet esprit. Les 10 morceaux ont d’ailleurs été produits par Steve Evetts que l’on a vu aux côtés d’Every Time I Die, des très bons Snapcase ou de Saves The Day. Ces New-yorkais sont responsables d’un punk hyper mélodique, criblé de cris empruntés au hardcore… Nostalgiques, ces musicos le sont certainement, pour choisir un tel patronyme, car il considère cette scène toujours comme « Such Gold » pour eux… Les fans adoreront, les autres ne se laisseront pas embarquer dans l’aventure. Mais les membres de Such Gold ne seraient-ils pas un peu jeunes pour exhumer un genre à peine disparu ?

 

Magic Slim

Bad Boy

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De son véritable nom Morris Holt, Magic Slim est un des derniers grands bluesmen chicagolais, encore actifs. Il est né dans le Mississippi, il y a déjà 75 ans. Sa génération est celle qui a suivi les Muddy Waters, Howlin' Wolf, Willie Dixon et consorts qui fréquentaient le quartier sud de Chicago. Slim s'est révélé dans le Westside, au cœur des années 70. Les autres ténors de ce style répondaient au nom de Luther Allison, Otis Rush, Magic Sam et Buddy Guy. Certains d’entre eux sont encore en vie. En 1968, les Teardrops deviennent le backing group de Magic Slim, un groupe au sein duquel militait son frère Nick Holt, vers la fin des seventies. Et plus exactement à partir de 1978. Son nom était ainsi apparu lors de la sortie du deuxième volume du "Living Chicago blues", chez Alligator! Magic Slim a gravé une quarantaine d’albums, principalement sur le label californien Blind Pig et en Europe pour l’écurie autrichienne Wolf.

Le plus souvent souriant, Slim a un visage buriné. Son blues est authentique, primaire, immédiat et fleure bon le Sud. Ses Teardrops contemporains réunissent le guitariste Jon McDonald, le bassiste Andre Howard et le drummer BJ Jones. Ils ont rejoint leur boss dans le studio Rax Trax de Chicago. Le répertoire est largement emprunté à d'autres artistes, car Slim n'a jamais vraiment eu la plume féconde.

"Bad Boy" ouvre l’elpee. Une compo signée Eddie Taylor. C’était le gratteur en titre de Jimmy Reed, l'une des stars du blues en son temps. Mais Slim s'approprie ce "Bad boy", tant il l’intègre au plus profond de lui-même. Il dialogue en permanence avec les cordes de sa Gibson. Ses Teardrops le talonnent et lui donnent la réplique vocale. Magic Slim, c'est une recette, un style bien personnel. Les plages de cet opus forment d’ailleurs un ensemble bien homogène. Le bassiste André Howard et Magic partagent le chant tout au long de "Someone else is steppin' in", une compo qui rappelle manifestement le célèbre "Sweet home Chicago". Slim passe à la moulinette "I got money", une plage issue de la plume de Detroit Junior, un excellent pianiste chicagolais qui avait débuté sa carrière à Detroit. Imprimée sur un tempo soutenu, cette piste est légèrement teintée de funk. "Sunrise" c'est du Slim au sommet de son art. Issu de sa plume, ce blues basique et sans aucune fioriture est garanti 100% Holt. Il n’y libère les notes nécessaires que selon le feeling de l'instant. Les Teardrops forment un backing group solide. Et "Girl what you want me to do" en est la plus belle illustration. La guitare rythmique, la basse et la batterie forment une assise sans faille pour se mettre au service du boss. Ce dernier a alors le loisir de prendre des billets de sortie, dès qu’il en a l’occasion. "Hard luck blues" est le slow blues de circonstance. Très dépouillé, véhiculant des accents dramatiques, il macère dans le Chicago Westside. Magic appuie sur le champignon pour nous délivrer son "Gambling blues", puis embraie par sa version du "Champagne and reefer" de Muddy Waters. Une adaptation bien agréable de ce blues spécifique à la Cité des vents. La bande des quatre s'amuse et prend son pied tout au long du "How much more lang" de J.B Lenoir. La cover du "Matchbox blues" d’Albert King est fidèle à l’originale. "Country Joyride" achève l’opus, une plage nerveuse comme j’adore…

 

Pro-Pain

Straight to the dome

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Malgré 20 années de carrière, on ne peut pas dire que la routine ait altéré les ardeurs de ces vétérans de la scène métal hardcore new-yorkaise ! Pro-Pain nous propose d’ailleurs son treizième opus. Découpé en 11 plages, ce « Straight to the Dome » ne devrait pas décevoir les aficionados du combo étasunien. Onze bombes ‘old school’ sauvages, excitantes et qui font mouche à tous les coups. A l’instar de « Nothing Left » ou « Bitter Pill », deux pistes illuminées par la voix inimitable de Gary Meskil, malmenées par la double grosse caisse de Dan Richardson et fouettées les riffs métalliques gargantuesques d’Adam Phillips. Mais le groupe ose néanmoins s’aventurer en terres inconnues. Comme sur « Zugabe ! », une ‘chanson à boire’ destinée à ses nombreux fans allemands… L’album a été enregistré en Suisse et mixé par le producteur helvétique V.O. Pulver. Pas une raison pour que le son soit neutre. Pro-Pain a toujours été un groupe énervé et monolithique (NDR : il est parfois difficile de discerner un titre de l’autre…), d’ailleurs, « Straigh to the Dome » ne déroge pas à la règle.

 

Malka Spigel

Every day is like the first day

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Malka Spigel était la chanteuse et la bassiste du groupe mythique israélien Minimal Compact. La formation a essentiellement sévi de 81 et 88, et si elle s’est reformée en 2003/2004, c’était uniquement pour accorder quelques concerts. Faut dire que tous les musicos ont depuis leurs propres projets.

Malka est également l’épouse de Colin Newman, le frontman de Wire. Ensemble, ils participent d’ailleurs à l’aventure de Githead. Mais elle se consacre aujourd’hui surtout à la photographie et à la vidéo. Il lui arrive cependant de tenter l’aventure en solitaire. A l’instar de ce nouvel elpee, « Everyday is like the first day », qui n’est que son quatrième publié sous son propre nom. Enfin, en solo, c’est vite dit, puisque lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu le concours de son époux, de Johnny Marr ainsi que de quelques autres. Des sessions qui se sont déroulées sous la houlette de Ronald Lippok, Teho Teardo et Gil Luz, tantôt à Berlin, Rome ou Tel Aviv. Le tout après avoir dégrossi les compos à Londres, en compagnie d’Andy Ramsay (Sterolab, High Llamas, Add N to (X)), et surtout pu se servir d’instruments insolites ou vintage, tels que le bouzouki, le vibraphone ou les synthés analogiques).

En résulte un album découpé en 12 plages inégales. Lorsque les compos glissent excessivement vers l’électro/ambient, on a l’impression d’entendre du Stereolab sous prozac (« Lost in sound », « Dream Time », « After the rain » et même « European weather », malgré la présence de drums). A contrario les morceaux les plus vivifiants nous replongent dans un post punk digne de Wire, mais dynamisé par les interventions de basse pulsantes de Malka. A l’instar du tempétueux titre maître, du magnétique « See it sideways », de l’hypnotique « Finding you », caractérisé par ces accords de gratte presque en boucle, des accords encore plus saturés sur les excellents « Chasing shadows » et « Two dimensions in a single frame », cette dernière plage jouant parfaitement sur le contraste entre la section rythmique nerveuse et la voix éthérée de Malka. De l’opus, j’épinglerai encore « Ammonite », une mélopée ténébreuse, enrichie d’arrangements de violon, dont la progression de cordes tout en subtilité me rappelle quelque part Bel Canto ; et puis enfin l’énigmatique « Back in the old city », piste hybride réussie, à cause de l’équilibre parfait entre instrumentation organique et électronique. 

 

Gauntlet Hair

Gauntlet Hair

Écrit par

Gauntlet Hair nous vient de Lafayette, dans le Colorado. Un duo réunissant Andy R. (guitare, chant) et Craig Nice (batterie) qui se connaissent et partagent leurs goût musicaux, depuis l’âge de 15 ans. Certains médias comparent déjà leur musique à celle d’Animal Collective. Pour la créativité, peut-être. Et le recours à la technologie moderne, sans doute. Mais certainement pas pour les vocaux, Andy les dispensant constamment en reverb. Propulsé par les drums, mais aussi toute une panoplie de percus et de basses synthétiques, les rythmiques sont puissantes, pulsantes, palpitantes. Les cordes de guitare, bringuebalantes, tintinnabulantes, elliptiques, un peu comme chez Vini Reilly (Durutti Column), mais davantage écorchées voire déchiquetées.

Paru fin de l’année 2011, cet opus est éponyme. Il recèle neuf plages qui baignent dans une forme de noisy contemporaine. Expérimentale aussi ; mais sans jamais sombrer dans l’intellectualisme à tout crin, Gauntled Hair parvenant à baliser toutes ses compos sur une trame subtilement mélodique. A découvrir !

 

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