Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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The Features

Wilderness

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Ce disque était déjà sorti en 2011 aux Etats-Unis. Et il faut reconnaître qu’il a mis du temps pour traverser l’Atlantique. Pour quelle raison ? Difficile à comprendre, car après l’avoir écouté, il méritait un manifestement davantage d’intérêt de la part du Vieux Continent.

 

The Features est né à Sparta, dans le Tennessee, mais le groupe s’est installé à Nashville. Leur rock-blues-psyché est typiquement yankee. Mais sudiste. Dans l’esprit de ce que King of Leon pratiquait au début du millénaire, et en particulier sur leurs premiers albums. Eraillée, la voix de Matt Peham rappelle manifestement celle de Caleb Followill. Et même si l’expression sonore de The Features est davantage psychédélique, ils partagent de nombreuses affinités. Pas étonnant dès lors que les deux formations soient signées chez Serpent & Snakes (NDR : écurie au sein de laquelle milite également The Weeks), label fondé par la famille Followill.

Mais les comparaisons touchent des époques différentes. D’ailleurs, il faut reconnaître, que l’élève a dépassé le maître. Et de loin. Sa musique est authentique. Le spectre du Creedence Clearwater Revival est bien vivace. Et un titre bien rock comme « Rambo » en est une belle illustration. En outre, si le sens mélodique de leurs chansons est particulièrement soigné, il ne sombre jamais dans la pop niaise dépourvue d’identité.

« Wilderness » constitue le troisième elpee de The Features. Et après l’avoir écouté, vous risquez fort de balancer les derniers essais de King of Leon à la corbeille. Sans le moindre remord, je vous l’assure…

 

Iris Dement

Sing the Delta

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Chanteuse/compositrice, Miss Iris Dement s’est forgé une notoriété dans l’univers du folk et de la country. Bien qu’originaire de l'Arkansas, sa famille a rapidement émigré vers Los Angeles. Sa première œuvre, "Infamous angel", date déjà de 1992. Depuis, elle a publié trois autres albums, dont le dernier était consacré à des chants gospels. Elle opère son retour après une longue absence de huit années. « Sing the Delta » réunit douze compositions personnelles. Les premières depuis seize ans! Issue d'une famille de 14 enfants, dont elle est la cadette, Iris a toujours fréquenté l'Eglise de la Pentecôte ; sa foi inspire donc beaucoup ses chansons.

Sans surprise, "Sing the delta" a été enregistré à Nashville. Il a bénéficié de la collaboration de quelques excellents musiciens dont Al Perkins à la pedal steel et Reese Wynans à l'orgue Hammond.

"Go on ahead and go home" ouvre l’elpee. Une superbe compo introduite par le piano de notre dame. Jolie, un rien chevrotante, sa voix est taillée pour chanter la musique country. Subtile, l’instrumentation met en exergue l'orgue de Reese. Les mélodies sont particulièrement riches. A l’instar des tendres ballades "Before the colors fade" et "If that ain't love", deux compos balayées par la pedal steel. En écoutant, "The kingdom has already gone", on ressent bien l'emprise gospel sur la voix cristalline de la chanteuse. "The night I learned how not to pray" est d’inspiration religieuse. Le titre maître et "Livin' on the inside" sont d’élégantes ballades discrètement traversées de cuivres. "Mama was always tellin' her truth" est un cri d’amour adressé à sa mère qui l'a tant marquée. Purement country, ce disque s’achève par l’intimiste "Out of the fire".

 

Akron

Voyage of Exploration

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« Voyage of Exploration » est un titre judicieux choisi pour ce premier album signé Akron. Son étrange mélange d’Exotica et de ‘space-pop’ nous transporte en effet dans un autre monde. Projet d’un seul homme, Akron nous invite à participer à un voyage interstellaire rétro-futuriste et surtout sous influence…

D’influence(s) à référence(s), il n’y a qu’un pas. Que nous franchirons allègrement, puisque la musique de cet artiste en est bombardée. Elles oscillent de Sun Ra à Les Baxter, en passant par Martin Denny ou encore des BO des ‘giallos’ italiens issus des années 70 ; et la liste est loin d’être exhaustive…

 

Wax Poetic

On a Ride

Écrit par

Le collectif Wax Poetic compte déjà plus de 15 années d’existence. Il n’a donc plus rien à prouver. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à enregistrer des disques. Fondé à New York, en 1997, par le saxophoniste/claviériste Ilhan Ersahin, l’ensemble implique une équipe à géométrie variable. Objectif : créer une musique qui oscille entre trip-hop et drum’n’ bass. Ce qui a permis à l’expression sonore d’évoluer constamment. Norah Jones a ainsi participé à l’aventure mais aussi N’Dea Davenport, Bebel Gilberto et Saul Williams. La fille de Ravi Shankar est d’ailleurs de retour pour un titre, « Fall Away » !

Outre leur tête pensante, Ilhan Ersahin, le line up réunit Zeke Zima (guitare), Jesse Murphy (basse) et Jojo Mayer. Leur dernier elpee, « Brasil » était paru en 2007. Cinq longues années que Wax Poetic n’avait donc plus publié d’opus. Et lors des sessions d’enregistrement, Sissy Clemens, Gabriel Gordon et Nathalie Walker sont également venues apporter leur concours aux compos dont les douces mélodies sont trempées tour à tour dans l’americana, le jazz ou trip-hop. Parfois un peu lisse, « On a Ride » emprunte une forme très pop. Il se laisse donc facilement écouter, mais ne suscite guère, chez votre serviteur, un fol enthousiasme…

 

Various Artists

Rhythms del Mundo Africa

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Après avoir publié « Rhythms del Mundo : Cuba », place à la version africaine du projet APE (Artists Project Earth), un organisme de charité fondé par Kenny Young. Des artistes tels que Beyoncé, R.E.M., Coldplay, Eminem ou Plan B ont été remixés par les mains expertes de Loz Brazil. En outre, des musiciens africains notoires comme Toumani Diabaté, Ali Farka Touré ou Rokia Traoré ont également apporté leur concours à ces nouvelles versions. Une touche exotique qui donne une toute autre dimension à des hits 1 000 fois entendus comme « Viva La Vida », « Crazy » ou « Losing My Religion ». N’hésitez pas… ruez-vous sur cette compilation. Elle est ludique et de qualité ; mais surtout l’intégralité des bénéfices récoltés pour la vente de ce disque est destinée à subventionner des organisations qui tentent de réduire l’impact des changements climatiques et des catastrophes naturelles en Afrique de l’Ouest. Et pour une fois, petit coup de pied au cul au premier qui téléchargera cet album illégalement…

 

Seddy Mellory

Fake as your Mom's Orgasm

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Vu son titre et l’image reproduite sur la pochette, il ne fallait pas s’attendre de cet opus à des compos aussi subtiles que chez Grizzly Bear. Seddy Mellory est un groupe issu de Brescia, en Italie et son « Fake as Your Mom’s Orgasm » lorgne plutôt vers le garage de The Hives. Encore que certains accents sont aussi binaires que ceux dispensés par AC/DC, au cours des 70’s. Bref, ces guitares qui tachent, ces accents à la Elvis et ce rythme bien assuré, sont les ingrédients d’une recette vieille comme le rock. Cet elpee devrait donc plaire aux fans du genre et laisser de marbre les autres. « Fake as your Mom’s Orgasm » peut-être, mais ‘True as your old Daddy Records’ pour sûr!

 

Bat For Lashes

The haunted man

Bat For Lashes c’est le projet de Natasha Khan, une Britannique d’origine Pakistanaise. Née à Brighton, elle ne manque ni de personnalité, ni de charisme. Et en plus, elle est particulièrement jolie. Un elfe plein douceur, d’innocence, de joie de vivre et d’optimisme En 2010, elle a décroché deux awards. Un pour le meilleur concert alternatif. Faut dire que ses spectacles sont à la fois ludiques, tendres ou dynamiques. L’autre pour la meilleure chanson contemporaine (« Daniel »).

Capable de jongler entre le piano, la guitare, la basse, l’autoharpe et les percussions, outre le chant, elle pratique une forme de folk ténébreux, menaçant, fragile, théâtral et gothique. Et ses inflexions vocales sont susceptibles d’évoquer tour à tour Kate Bush, Alison Godfrapp, Toni Halliday (Curve), Elisabeth Frazer (Cocteau Twins), Alison Shaw (The Cranes), Lou Rhodes (Lamb), Anneli Drecker (Bel Canto) et même Jón Þór Birgisson (Sigur Rós).

« The haunted man », son dernier elpee, révèle un face plus épanouie de l’artiste. Elle y aborde ses textes sous un angle philosophique et psychologique. Un disque qui recèle des compos tour à tour solennelles, claustrophobes, désinvoltes, cool, entraînantes, impératives ou à la limite explosives, mais toujours soigneusement construites… Les rythmes sont hypnotiques. Stimulés par l’électronique et alimentés par les basses, les synthés et les drums, ils grondent profondément. Et au sein de cet univers dramatique, la voix de Natasha libère une large palette d’émotions. Dans ces conditions, difficile de ne pas tomber sous le charme…

L’illustration de la pochette est superbe. Elle est signée Ryan McGinley. Dénudée, mais pudique, Khan porte un jeune homme sur les épaules…

 

Staff Benda Bilili

Bouger le Monde!

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La magie qui opérait sur le premier opus de Staff Benda Bilili allait-elle s’estomper lors de la sortie de leur deuxième essai. Leur magnifique aventure était-elle éphémère ? Pas du tout ! Les Congolais ont ici l’ambition de « Bouger le Monde » et le pari, risqué, est remporté haut la main. Toujours inspirés par les effluves musicaux de Kinshasa, ces artistes handicapés ne se sont pas embourgeoisés, même si leur nouvelle livraison a été enregistrée dans un studio et non plus dans les jardins d’un zoo local ! On y retrouve la ‘satonge’ de Roger Landu (‘home made’ guitare faite de boites de conserve et de fils), responsable de sonorités si particulières, mais aussi leurs harmonies vocales très élaborées. En outre, leur mélange de blues, rumba, soukou et zouk libère toujours un groove unique en son genre. Enfin, leurs lyrics sont alimentés par des histoires de gangs (« Kuluna »), de religion ou encore puisent dans leurs propres expériences vécues dans l’une des villes les plus impitoyables de la planète. Il ne faut pas oublier que, victimes de la polio, la plupart des musicos du combo ont gardé de graves séquelles de la maladie. Ce qui ne les a pas empêchés de devenir musiciens. Même les Etats-Unis ont succombé et accueilli à bras ouverts les Congolais. C’est dire si le Staff Benda Bilili parvient à faire « Bouger le Monde » !

 

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