La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Chroniques

Gazpacho

The March Of Ghosts

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Un vrai nectar!

Il y a comme ça des albums lumineux, qui vous enchantent les oreilles du début à la fin.  "March Of Ghosts" en est un bel exemple. Sur ce 7ème opus, le groupe norvégien de rock post-progressif a atteint ce que tout groupe recherche : l'inspiration, la perfection et une certaine plénitude. Un peu comme Anathema dans "We're Here Because We're Here", paru il y a deux ans. Mais la comparaison entre les deux formations ne s'arrête pas là. On retrouve chez Gazpacho et Anathema un goût pour les longues compositions intenses et mélancoliques, emmenées par un chant suave et romantique et parcourues de guitares cristallines.

Comme son titre l'indique, "March Of Ghosts" relate des rencontres imaginaires avec des fantômes. L'œuvre a été enregistrée quasi d'une traite, au cours d'une ‘orgie d'écriture’ qui a duré une journée et une nuit. C'est un recueil de contes courts, dans lesquels le personnage principal passe une nuit où des fantômes (morts et vivants) passent devant lui pour raconter leurs histoires. Les personnages sont incarnés par des criminels de guerre haïtiens, l'équipage de la Marie Céleste, un soldat américain de la Première Guerre mondiale projeté en 2012 et un écrivain anglais injustement accusé de trahison.

La musique évoque Marillion, Porcupine Tree, Riverside ou Clannad. La voix de Jan-Henrik Ohme (aka ‘O’) est envoûtante et rappelle tant Vincent Cavanagh (Anathema) et Steve Hogarth (Marillion) que Thom Yorke (Radiohead) et Matthew Bellamy (Muse). Les paysages sonores sont éthérés et grandioses, enrichis de touches irlandaises (les ‘uilleann pipes’ dans "Mary Celeste") ou arabes (le bouzouki sur "Golem"). Au fil des différents titres, on se laisse emporter dans un océan de douceur et de volupté, baigné d’une lumière réconfortante.

En quelques mots, c'est une réussite totale, qui devrait permettre au combo de franchir les frontières du style ‘prog’ pour conquérir de nouveaux territoires. Indispensable!

Regardez la vidéo de "What Did I Do":
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=hwKm4rASyfk

Vous pouvez aussi écouter les albums en streaming sur leur site ici 

 

Tiësto

Club Life – Volume two Miami

Écrit par

Tiësto est un DJ et producteur connu et reconnu sur le plan international. Un personnage que l’on ne présente plus dans le milieu de la House et l’électro, puisqu’il y milite en effet sous divers pseudos depuis 1994.

L’artiste hollandais nous propose aujourd’hui « Club Life Volume 2 : Miami », soit la suite spirituelle de « Club Life Volume 1 : Las Vegas », sorti l’année dernière. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il confirme à nouveau tout le bien que l’on pensait de lui, en démontrant qu’il n’a rien perdu de la maîtrise de son sujet. Bref, on est ici en présence d’un elpee, avouons-le directement, réussi de bout en bout !

Le fan presqu’inconditionnel que je suis va néanmoins essayer de nuancer son propos et décortiquer un peu plus cet opus, pour tenter de vous en livrer son essence.

Première constatation : le cd est bien rempli ; on note 16 tracks au compteur. Le style est varié puisqu’y figurent des remixes de titres signés Coldplay, Gotye et Afrojack, notamment. De même, les Dee-Jays ne sont pas non plus en reste : Wolfgang Gartner et John Dahlback figurent parmi la liste de ses comparses. Que la crème de la crème donc. Chouette !

Et cette combinaison de talents est un choix judicieux qu’on ressent immédiatement une fois la galette glissée dans le lecteur : ça démarre sur les chapeaux de roues et les morceaux s’enchainent à une vitesse folle. Tantôt tendres ou plus âpres, les mélodies ne manquent pas de charme. Quant à la répartition vocaux/instruments, point d’anicroche systématique en électro, elle est ici impeccable.

Sur cet LP, parmi toutes les pistes, se démarque toutefois la version très inspirée et rythmée de « Somebody that I used to know » de Gotye, ainsi que le mix original de Tiesto : « Chasing Summers », véritable bombe house en puissance et – prenons les paris– le futur hit du DJ.

Alors évidemment, les détracteurs de l’artiste objecteront que ce dernier n’a pas pris de risques réels en remixant des morceaux qui étaient déjà à l’origine des tubes, et qu’il l’a plutôt joué ‘commercial’. En outre, ils reprocheront également, et avec raison, une fin d’album un peu moins inspirée et moins percutante que la première partie.

Mais diantre, à l’écoute d’une house toujours nerveuse, énergique et d’aussi bonne qualité, pourquoi bouder son plaisir ? Définitivement un succès qu’on ne saurait que trop vous conseiller !

Vinicio Capossela

Marinai, Profeti e Balene

Écrit par

Quand on parle de crooner en Italie, on pense automatiquement à Paolo Conte ; et jamais on ne fait allusion à Vinicio Capossela. Pourtant, c’est un exercice de style qui lui colle relativement bien à la peau, style qu’il a régulièrement habillé de compositions jazzy. Le parallèle a d’ailleurs toujours été de mise au-delà des Alpes ; même Tom Waits lui a été comparé, c’est dire…

Cet 'espèce' de Capitaine Haddock de la chanson transalpine, du haut de ses 47 ans, barbe au vent et couvre-chef napoléonien sur le crâne, nous invite à un périlleux voyage en mer, pas une petite croisière d’agrément ! Dix-neuf titres regroupés sur deux CD, dix-neuf chansons qui délaissent quelque peu le côté jazz pour aller se promener du côté des chansons plus ‘recherchées’, plus travaillées et qui servent à merveille ce beau projet, ce voyage sur et sous les flots. Plus festives, mieux ciselées, incroyablement belles et innovantes, les mélodies soutiennent parfaitement une voix chaude et profonde qui explore un monde marin plein de sirènes, de baleines et… de monstres !

Pour rendre cette exploration plus réaliste, Vinicio a puisé son inspiration auprès d’auteurs classiques de haut vol, allant de l'Odyssée d'Homère aux romans d’Herman Melville, pour ne citer que ceux-là.

Afin de mettre toutes ses aventures en musique, le capitaine a utilisé un nombre incroyable d’instruments parfois ahurissants : clavecin, scie musicale, flûtes à bec, vibraphone, piano, chaînes, hautbois, thérémine, maracas, lyre crétoise, escargots de mer, orchestre mécanique...  Mais son plus grand talent est l’écriture des partitions qui mettent en valeur les mots qu’il puise chez ses auteurs favoris. Délaissant les rythmes jazzy, Vinicio a opté pour une grande diversité musicale, allant de la chanson de variété purement italienne aux rythmes forains en passant par des airs médiévaux ou encore des chants de pêcheurs sardes. Le tout merveilleusement arrangé et soigné aux petits oignons. Du grand art. Le qualificatif d’‘œuvre folklorique fabuleuse’ sied parfaitement à ce double album qui, petit bémol quand-même, contient un ‘silence’ de près d’un quart d’heure. Pas compris le but…

Excellente découvert d’un artiste qui, oui, oui, est une star au pays des vespas.

Riche et passionnant !

 

Tommy Bolin

Great Gypsy soul

Écrit par

Originaire de l’Iowa, Tommy Bolin n’est guère notoire. Et pourtant, c’était un surdoué de la guitare. Il a en effet succombé à une overdose d’héroïne. Il avait à peine 25 ans. Son parcours, il l’avait entamé au sein de Zephyr. En 1969. Un groupe en compagnie duquel, il avait publié deux long playings. Il forme Energyen en 1972, une formation de fusion jazz rock ! Il succède, un peu plus tard à Joe Walsh (NDR : dont la carrière va culminer chez les Eagles) au sein de James Gang. Nous sommes alors en 1973. Il rejoint alors Deep Purple. Entre 75 et 76. Quelques mois. Pour remplacer Richie Blackmore. Le temps d’enregistrer “Come taste the band”. Quatre mois plus tard, il s’éteignait. Et pourtant, entretemps, il avait réussi à monter son propre band. Un Tommy Bolin Band responsable de deux opus officiels : “Teaser” en 1975 et “Private eyes” l’année suivante.

« Great Gypsy soul » épingle 9 pistes issues de son premier elpee. En fait des versions alternatives et des inédits ! Une collection opérée sous la houlette du producteur Greg Hampton et de Warren Haynes (Gov’t Mule, Allman Brothers Band) ; un travail opéré à partir des bandes enregistrées originales, sur lesquelles des invités sont venus apporter leur petites touches personnelles. Une initiative curieuse destinée à faire revivre un artiste qui nous a quittés voici plusieurs décennies.

Tommy n’était pas un chanteur inoubliable. L’elpee s’ouvre par “The grind”, une compo sur laquelle intervient Peter Frampton, un personnage qui a roulé sa bosse, tant sous son propre nom que chez Humble Pie! Très bluesy, ce rock est plutôt bien charpenté. La slide est gouailleuse et les échanges de cordes s’opèrent à haut niveau. “Teaser” constitue sans aucun doute le sommet de l’elpee. Une plage sur laquelle Mr Warren Haynes, un des meilleurs sliders contemporains, y ajoute ses interventions. Et elles sont aussi riches, denses que surprenantes ; à tel point que parfois on se demande si les deux gratteurs ne sont pas côte à côte. Rock blues lent, “Dreamer” concède des accents dramatiques. Changement de décor pour “Savannah woman”, qui goûte aussi bien à la samba qu’au jazz. Des touches de jazz apportées par Scofield. Du jazz que l’on retrouve sur “Smooth fandango”, mais dans l’esprit d’un Carlos Santana, un instrumental marqué par la présence d’un musicien particulièrement talentueux, Derek Trucks. Glenn Hughes chante passionnément “Sugar shack”, une piste alimentée par les interventions redoutables à la slide du notoire Sonny Landreth. Il est toujours au micro pour le morceau final de l’elpee, “Lotus”. Un blues de bonne facture, indolent, atmosphérique, rehaussé par la présence du jeune et charismatique Joe Bonamassa ainsi que de Niels Cline de Wilco, aux six cordes. Intéressant, cet opus est double. Il est enrichi d’un bonus recelant “Flying fingers” et “Marching bag”, une suite en quatre mouvements!

 

V.O.

On Rapids

Écrit par

Pour enregistrer leur troisième opus, la bande à Boris Gronemberger a bénéficié de la mise en forme de John McEntire (Tortoise, The Sea & Cake), travail qu’il a opéré au sein des célèbres studios Soma de Chicago. Un elpee qui recèle trois titres chantés dans la langue de Molière : le minimaliste « L’exode », l’angoissant « L’orage et le vent », une compo signée Aurélie Muller, et l’étrange « Dans la pénombre », une plage qui aurait peut-être pu figurer au répertoire de Dominique A.

Mais venons-en à l’ensemble de l’œuvre. D’abord, oui, on y ressent très fort la patte de McEntire. Et surtout ses influences originelles. Qu’il puisait à ses débuts dans la Canterbury School. Pensez à Robert Wyatt, Caravan, mais surtout Hatfield & The North. Prog alors ? Oui mai une prog pop subtilement teintée de jazz. N’empêche on y retrouve ces harmonies vocales limpides si caractéristiques, ces cuivres éthérés et cette complexité instrumentale. Pour info, c’est un sextet qui a bossé sur toutes les compos. Et franchement, dans ce style il excelle. On est même très proche du concept album, même si de multiples nuances colorent chaque plage. Le plus bel exemple ? « Giant steps in the plains », dont les pulsations rythmiques krautrock (Can ?) contrastent avec les arrangements orchestraux. Ou encore le faux lent et mélancolique « A safer place ». Un bien bel album, mais malheureusement trop cérébral pour son époque…

 

VCMG

SSss

Écrit par

A ma gauche, VC pour Vince Clarke, à ma droite, MG pour Martin Gore.

Sous mon nez, une ligne blanche qui serpente sur la cuvette d’un WC.

« SSsss » ondule jusqu’à mes narines, s’immisce et se tortille jusqu’à mon conduit auditif. « SSss » pour sons, pour savoir faire, pour sac de billes, et un pour dollars.

Sauf que pour ce dernier, c’est mal barré. Un détail sans importance.

Comparses d’hier au sein de DM, VC et MG ont composé cet LP à distance. Un elpee qui tient difficilement la distance.

Truffé d’idées mais pataud par moments, il soulève tantôt un certain engouement, tantôt des relents nauséeux. Honnête et sans prétention, il jouit de quelques belles trouvailles mais pêche trop souvent par ses excès.

Entre trip à Ibiza et délire à l’Hacienda, Martin et Vincent s’éclatent et ça se voit.

 

Matt Elliott

The Broken Man

Écrit par

Matt Elliott est le fondateur du projet électro-folk The Third Eye Foundation ; mais depuis 2003, il épure également son folk en publiant des disques sous son propre nom. Vu sa voix grave, ses arpèges de gratte particulièrement aride et la longueur de ses morceaux, on pourrait le prendre pour un Leonard Cohen neurasthénique (NDR : et c’est d’ailleurs flagrant sur le meilleur titre du lot : « Dust Flesh and Bones »). « The Broken Man » est judicieusement baptisé. Ce n’est cependant pas une surprise, car le climat qui y règne est toujours aussi ténébreux. Ne comptez d’ailleurs pas sur Matt Elliott pour vous remonter le moral. Faut dire que la production de clinique de Yann Tiersen renforce cette impression. D’une rare austérité, hormis la présence d’une guitare andalouse sur « This is For », les longues plages psalmodiées trempent dans un dark-folk balayé de cordes, de chœurs, d’accords de piano et de cloches ; un climat propice à la damnation des âmes… Un bel opus, mais chargé d’une profonde tristesse. Brrrr… Comme l’artiste anglais le dit si bien sur « Dust Flesh and Bones » : ‘This is how it feels to be alone, just like we’ll die alone…’

 

Kid Congo Powers

Gorilla Rose

Écrit par

Inoculée dans mes veines depuis quelques mois, je gardais jalousement cette came pour moi, sans oser vous en parler, de crainte que vous ne m’en subtilisiez le moindre fragment à mon insu. Paranoïa du junkie, que voulez vous ?

Mais un album de cette trempe mérite d’être partagé.

A présent que j’ai assimilé l’évidence qu’il y en aurait pour tout le monde, je ne peux résister à la tentation de répandre cette substance comme une ligne de poudre blanche, plus explosive que ‘cocaïnisante’.

Co-fondateur de Gun Club et membre émérite des Cramps ou encore des Bad Seeds de l’oncle Nick, Kid Congo Powers met à sac une certaine histoire de la musique pour nous servir, album après album, un condensé frétillant de Psychobilly Garage aux relents Punk qui ne manque pas de piquant.

« Gorilla Rose » ne déroge pas à cette non-règle.

Intitulé ainsi en hommage à l’une des figures mythiques d’un mouvement de performers non moins mystiques, le troisième opus de cette joyeuse bande d’allumés sonde les délires sous Peyolt d’un rock hanté, obsédant et sexy en diable.

Accueillant au sein de sa formation un nouveau membre au drôle de nom d’oiseau (Jesse ‘The Candyman’ Roberts), le Kid semble au meilleur de sa forme après cinquante années passées à arpenter la surface de cette terre.

En ressortent quelques titres de haute volée sur la durée d’un album annihilant la notion du temps.

Piégeant l’auditeur afin de l’entraîner au sein d’un désert où poussent des cactus gorgés de Tequila, mais hanté de squelettes défiant la mort, un sombrero sous l’humérus, cet album s’avère jouissif tout au long de ses treize plages que je vous recommande chaudement, après les avoir gardées jalousement si longtemps.

 

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