Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Chroniques

Arlt

Feu la Figure

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En 2010, ce combo ‘frenchie’ publiait un premier album intitulé « La Langue », un elpee qui avait été très bien reçu par la presse, outre-Quiévrain. Au départ, le projet campe un duo partagé entre Éloïse Decazes et Sing-Sing. Le couple se partage les vocaux. Le second se réserve la guitare. Mais il arrive régulièrement que Mocke (aperçu chez Holden) vienne apporter son concours à la ‘six cordes’. Comme lors de l’enregistrement de ce second opus, « Feu la figure ».

Minimaliste, la musique d’Arlt sert de beaux textes écrits dans la langue de Molière. Des lyrics poétiques souvent consacrés au monde animal (« Tu m’as Encore Crevé un Cheval », « Une Sauterelle », « Rhinocéros »). Leur folk/rock dépouillé, légèrement teinté de blues, est manifestement inspiré par la scène indépendante montréalaise. Pensez au label Constellation. Et justement, c’est là-bas que ce long playing a été enregistré. En 5 jours. Sous la houlette de Radwan Ghazi Moumneh, un producteur du cru. Tour à tour aride ou délicate, l’instrumentation alimente un climat empreint de mystère. On a parfois l’impression que les interventions de gratte sont improvisées. Que les mots sont aussi improvisés. A l’instar de « Chien Mort, mi Amore », une magnifique toile sonore peinte en direct, lors d’une démonstration.

Bref, cet album navigue à des années-lumière de la variété française. C’est même tout à fait novateur dans l’univers de la chanson. Un léger bémol quand même : les vocaux. Légèrement plaintifs, ils gâchent parfois le plaisir d’écoute…

 

Anathema

Weather Systems

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Un vrai rayon de soleil...

Je dois avouer que j'attendais ce nouvel album avec une certaine appréhension. "We'Re Here Because We'Re Here", le chef-d’œuvre d'Anathema, le meilleur album de rock progressif de 2010, avait placé la barre si haut qu'il semblait impossible de renouveler une telle réussite, et encore moins de la surpasser. Et bien, dans l'ensemble, je n'ai pas été déçu par ce nouvel opus des frères Cavanagh. "Weather Systems" navigue dans la parfaite lignée de son prédécesseur. On y retrouve la même volupté, la même plénitude, la même lumière, même si dans l'ensemble, les compositions sont un peu moins marquantes.

Christer-André Cederberg s’est chargé de la production de ce neuvième elpee ; il a donc eu la lourde tâche de succéder au Maître en personne, le 'Roi Wilson' (Steven Wilson, de Porcupine Tree), qui avait si brillamment mis en boîte "We'Re Here Because We'Re Here". Les sessions d'enregistrement se sont déroulées au sein de trois studios différents. Tout d’abord le Parr Street de Liverpool, la ville d'origine du groupe, ensuite le Cederberg, à Oslo, et enfin au Pays de Galles, dans un bunker désaffecté et aménagé pour la circonstance.

Les quatre chansons qui ont servi de base à l'album sont "The Gathering of the Clouds", "Lightning Song", "Sunlight" et "The Storm Before The Calm". Composées vers 2010, elles partagent pour point commun la métaphore du climat pour évoquer les émotions, l'amour, la vie, la mort, la philosophie... Ce qui explique le titre de l’opus, "Weather Systems". Dans l’ensemble, leur structure est similaire, des introductions sonores d'orages sont ainsi suivies de superbes riffs en picking dispensés par Daniel Cavanagh, à la guitare acoustique. Viennent ensuite des lignes de chant, aériennes, déposées sur des nappes de synthés ou de violons, qui s'entrelacent en parfaire harmonie. L'ensemble évolue ensuite progressivement vers un paroxysme où guitares et percussions explosent, avant de laisser la place au calme et à la sérénité.

On notera que "Lightning Song" est chantée par Lee Douglas, qui acquiert ici un statut de ‘lead vocalist’ aux côtés de Vincent et de Daniel. "The Storm Before The Calm", une composition du batteur John Douglas, le frère de Lee, est un peu différente, car elle installe une ambiance plus noire, plus obscure. L'ombre de l'Arbre au Porc-épic (Porcupine Tree) plane non loin et c'est un des meilleurs moments de la plaque. On est dans l'œil du cyclone et après la tempête vient le calme absolu, illuminé de quelques notes de guitare et de chant.

"The Lost Child" est inspiré d’un songe de Daniel Cavanagh. Il avait rêvé d’un enfant autiste, perdu, chantant une mélodie lancinante en se balançant sur sa chaise dans un institut psychiatrique. Au réveil, il avait réussi à se souvenir des notes et a composé cette chanson bouleversante.

"Internal Landscapes", le dernier morceau, résume la thématique musicale du CD en relatant une expérience proche de la mort. La voix d'un homme raconte son voyage et son immersion au milieu d'une lumière et une chaleur indescriptible, le tout dans une ambiance musicale éthérée et magique. La chanson se déploie ensuite tout en douceur, comme un "Us And Them" moderne.

Pas de doute, Anathema a réalisé ici un nouvel exploit musical. Les structures mélodiques sont profondément belles et intensément puissantes, tout en restant très simples et accessibles. Elles transportent l'auditeur au cœur de la vie, c'est-à-dire, en son for intérieur. C'est également un œuvre de polarités. L'ombre et la lumière, la naissance et la mort, l'amour et la peur: ces émotions simples de la vie sont toutes explorées ici. Elles sont canalisées dans des mélodies, des harmonies, des paroles, des orchestrations et des arrangements qui frisent la perfection. Un voyage affectif qui touche à l'essence de la vie. Un vrai rayon de soleil...

 

Amsterdam Klezmer Band

Mokum

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Vous aimez la musique issue d’Europe centrale ? De l’Est ? Le klezmer ? Vous êtes tombé sous le charme du magnifique ouvrage d’Albert Londres, le « Juif Errant ». Le rite initiatique ‘bar mitzvah’ n’est pas un secret pour vous ? Vous ne jurez que par Emir Kusturica et son No Smoking Orchestra. Vous ne pouvez passer à côté de l’Amsterdam Klezmer Band (AKB).

Ce collectif néerlandais (NDR : sept musicos ont participé aux sessions d’enregistrement) nous propose donc son nouvel opus intitulé « Mokum » (NDR : en yiddish, il signifie ville). Un disque immortalisé ‘live’ qui réunit une partie de leur répertoire. Si vous l’ignoriez encore, le klezmer est la musique traditionnelle des Juifs ashkénazes (NDR : établis en en Europe centrale) depuis le XVième siècle. Une musique, une tradition qui a survécu au temps et que tente de nous transmettre aujourd’hui AKB. En réalité l’expression sonore de l’AKB lorgne surtout du côté des Balkans. Pensez à Kusturica ou encore à Boban I Marko Marković Orkestar. Quoiqu’il en soit, virevoltante, allègre, cette musique vous donne des fourmis dans les jambes et vous incite à faire la fête. Les solos de trompette, de contrebasse, etc. s’enchaînent. Tous plus impressionnants les uns que les autres. Peu de vocaux. Chantés alors soit en yiddish (NDR : je suppose) ou en néerlandais…

Perso, j’ai l’impression que l’AKB est surtout performant en ‘live’. Sur disque, votre serviteur a eu plus de mal à accrocher. Faut dire aussi que l’écoute de ce « Mokrum » m’a semblé interminable…

 

Ultravox

Brilliant

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Votre serviteur apprécie vraiment la période 'revival' des années '80 que nous traversons pour l'instant! Après le retour de John Foxx opéré l'an dernier, un come-back acclamé par la critique, nous assistons aujourd'hui à celui d'Ultravox.

Dans l'histoire de ce groupe anglais, j'ai toujours été un grand fan de la période John Foxx ('76-'79). Ultravox est en effet le premier groupe qui était parvenu à combiner Punk, Krautrock, Glam et Art Rock pour créer un nouveau genre de musique, qu’on appellera plus tard ‘new-wave’ (‘synth-pop’).

Malheureusement, le succès n'était pas au rendez-vous et Ultravox s’est séparé. Lorsque Midge Ure relance le groupe quelques mois plus tard, Ultravox trouve alors la bonne recette (commerciale), grâce à des chansons accrocheuses telles que "Vienna" et "Sleepwalk". Par la suite, Ultravox devient un des fers de lance de la vague des ‘Nouveaux Romantiques’ et publie plusieurs elpees particulièrement intéressants : "Rage In Eden" (sur lequel figure le single "The Voice"), "Lament" (…"Dancing With Tears In My Eyes") et "U-Vox". Entre '80 et '86, ils glissent d'un son minimal, cold-wave (inspiré de la période John Foxx) vers un power-pop plus symphonique.

Après leur deuxième séparation en '88, se produit un nouvel avatar en '93 (Currie est alors le dernier membre orginel) et c'est en 2008 qu'Ultravox se reforme, à l'origine seulement pour une tournée ‘Reunion Tour’, qui les conduira aux ‘Lokerse Feesten’ en 2009. Suite au succès de la tournée, ils décident d'enregistrer un nouvel opus et de reprendre leur carrière.

"Brilliant" constitue donc la première production studio du groupe depuis "U-Vox", publiée en... 1986! Sur ce disque, vous retrouverez la formation 'classique' de '79-'86, soit Midge Ure (voix, guitares), Billy Currie (synthés, violon), Warren Cann (batterie) et Chris Cross (basse). L'opus réunit 12 nouvelles chansons qui correspondent parfaitement au style Ultravox typique de cette période. Les ingrédients sont connus : son énorme, riffs de piano joué à l'octave, voix aiguës, harmonies sophistiquées et refrains majestueux. La seule différence procède de la voix de Midge Ure. Elle a un peu évolué et semble plus mature.

Le Cd démarre en force par "Live", "Flow" et "Brilliant", le premier single: ce sont des hymnes somptueux, drapés dans de magnifiques textures sonores. "Change", "Remembering" et "One" ralentissent le tempo et proposent des ballades romantiques, tandis que "Fall" présente une approche plus sophistiquée, plus progressive. "Lie", au contraire, est un autre hit potentiel dans un style de rock symphonique qui rappelle John Wetton et Asia. L'album se termine sur un autre brûlot, "Satellite" et une ballade douce et poignante, "Contact", illuminée par le violon de Currie.

Un grand album! Même ceux qui n'aiment pas les aspects emphatiques et commerciaux de l'Ultravox de Midge Ure devront admettre que les chansons sont très bien conçues et très efficaces. Leur concert au Trix à Anvers le 11 octobre prochain s'annonce... "Brillant"!

 

Sebastien Tellier

My God is Blue

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En constante remise en question, Sébastien Tellier nous revient sous les traits (NDR : la pochette !) d’un gourou repeint en bleu. A moins que ce ne soit sous la forme d’un prophète de la mystérieuse ‘Alliance Bleue’. Totalement barré ou résolument décalé, le Français avait fort à faire pour offrir un digne successeur au magnifique « Sexuality », sorti en 2007. « My God is Blue » n’atteint pas les mêmes sommets que l’ode à Marc Dorcel mais devrait néanmoins ravir les fans du plus sérieux des candidats successeurs à Gainsbourg (NDR : on ne parle pas du génie de l’homme à la tête de chou, bien sûr). Les synthés vintage nous invitent à osciller entre grandiose et ridicule ; en outre, Tellier n’hésite pas à recourir à des chœurs ‘célestes’ ou même des cloches. Très inégal, « My God is Blue » assume sa grandiloquence avec humour et classe lorsqu’il ne se plante pas. Ainsi, si on s’extasie à l’écoute du disco magnifique « Cochon Ville » ou du délicatement pop « Mayday », il faut se farcir le plus que dispensable « Russian Attractions ».

Si Tellier n’existait pas, il aurait fallu l’inventer. Et il a au moins le mérite d’exister. Je reprendrai bien une dose de Pepito Bleu, et tant pis si je risque une overdose de kitsch progressive !

Sébastien Tellier se produira au festival de Dour, ce 13 juillet. Le barbu assure en live ! Rendez-vous, dès lors, à la messe païenne célébrée par cet attachant génie-arnaqueur ! 

 

Soap&Skin

Narrow

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A 18 ans, Anna Plaschg livrait tout son saoul sur « Lovetune For Vacuum », un premier album qui prouvait une nouvelle fois qu’en matière de talent, l’âge importe peu. Trois ans plus tard, la jeune Autrichienne nous revient, un nouvel LP de Soap&Skin sous les bras. Un disque affecté par la mort de son père à qui elle dédie le morceau introductif, « Vater », interprété dans sa langue natale. Une superbe composition tout en crescendo. Des délicates premières notes de piano à l’explosion mélodique du final, la jeune femme laisse libre cours à sa peine et ses tourments, qu’elle verse également sur l’étonnante reprise du classique de Desireless (si, si), « Voyage, Voyage ». Soap&Skin ou comment faire du kitsch une superbe mélopée tout en spleen.

L’Autrichienne retrouve ensuite ses expérimentations à la Xiu Xiu sur des titres tels que « Deathmental » qui doivent certainement prendre toute leur amplitude sur scène, encore plus lorsqu’elle s’accompagne de son Ensemble. « Narrow » est un disque affecté mais sans excès, dont l’hétérogénéité est la principale qualité mais également le principal défaut. Soap&Skin ne se laisse pas appréhender facilement. C’est ce qui fait tout son charme.

 

Slide On Venus

Topless

Écrit par

Il y a deux ans, Slide on Venus publiait son troisième Ep (« Put Music to »). A l’époque, votre serviteur avait chroniqué ce disque ; et malgré l’enthousiasme manifesté par la presse spécialisée française, je ne l’avais guère apprécié. A vrai dire, face à ce pseudo-phénomène bisontin (autrement dit ‘de Besançon’), j’étais resté de marbre. Indifférent, si vous préférez. Alors devoir analyser le premier opus de ce groupe hexagonal n’était pas davantage de nature à m’emballer… 

Mauvais signe, la pochette ne m’inspire pas du tout. Pressentiment confirmé par la musique proposée par la formation sur cet elpee. Toujours aussi fade. Et pourtant, les médias, outre-Quiévrain, ont remis le couvert, en encensant ce « Topless ».

Finalement, le qualificatif utilisé par le groupe résume parfaitement leur musique : ‘power-pop high energy’. Autrement dit, un punk-rock aux mélodies prévisibles. Car finalement, hormis la voix qui devient rapidement insupportable, le reste n’est pas de mauvaise facture. Simplement, l’expression sonore manque cruellement d’originalité. Alors si Slide on Venus est la nouvelle révélation du rock français, c’est que nos voisins ont perdu tout sens critique…

 

Quantum Fantay

Bridges of the old fishingmine

Écrit par

Cet album ‘live’ a été enregistré dans le cadre des Fonnefeesten de Lokeren, en 2011. Et le tout a été minutieusement retravaillé en studio par la suite. Ainsi les parties de flûte, assurées par Charles Sla, ont été rajoutées. Ce dernier avait déjà quitté la formation avant le concert, et c’est donc par le biais de la technologie moderne qu’elles figurent sur ce cd. Samples et anciennes prises ont ainsi été intégrées, sans que personne, d’autre que ceux qui avaient assisté au set, ne puisse déceler la combine.

Sans quoi, on retrouve, sur cet elpee tout ce qui fait la caractéristique de la musique de Quantum Fantay. C’est-à-dire cette expression sonore instrumentale, fruit d’ mélange de space et de prog rock, judicieusement parfumé de psychédélisme, d’électro, de reggae et de dub, qui doit autant à Ozric Tentacles que Steve Hillage.

Le groupe belge fête ses 10 années d’existence, en 2012, mais on se demande quand même comment il va se débrouiller pour pallier l’absence de leur flûtiste…

 

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