Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Afghan Whigs
Afghan Whigs
Chroniques

My Bloody Valentine

Ep’s 1988-1991

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Dans la foulée de la remasterisation d’« Isn’t anything » et de « Loveless », Sony a donc décidé de publier un double cd réunissant, quelques Eps gravés par la formation irlandaise entre 1988 et 1991 (NDR : vu le titre, c’était pas difficile de l’imaginer…) Pas tous, mais probablement les plus essentiels. Enfin, ceux qui permettent d’analyser l’évolution du groupe entre la sortie d’« Isn’t anything » et de « Loveless ». Enfin, pas tout à fait puisque « You Made Me Realize » est paru avant « Isn’t anything » et « Tremolo » avant « Loveless ». Par conséquent, les deux autres « Feed Me with Your Kiss » (1988) et Glider (1990), entre les deux. Le tout est enrichi de raretés, comme ces deux fameux instrumentaux, dont je vous parlais dans la chronique d’« Isn’t anything ». L’opus est double et recèle 24 plages. Probablement la sortie la plus intéressante des trois, si vous ne possédez pas les versions originales des deux long playings dont question dans cet article…

 

The Jezabels

Prisoner

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The Jezabels est une formation australienne, issue de Sydney très exactement. « Prisoner » constitue son tout premier album. Il fait suite à trois Eps publiés entre 2009 et 2010.

Cet opus est partagé entre deux plaques. La seconde nous propose trois extraits de leurs différents Eps, deux adaptations acoustiques  (« Endless summer », « City girl ») et quatre versions ‘live’, immortalisés au » Heaven » de Londres.

Mais l’essentiel nous vient de l’opus proprement dit. Découpé en 13 plages, il constitue une véritable claque. D’abord, il y a la voix de Haley Mary, sorte d’hybride entre Stevie Nicks et Florence Welch. Pas de bassiste, mais une claviériste/pianiste, dont les interventions peuvent nous plonger aussi bien dans une atmosphère ambient (« Reprise », le cinématique « Austerlitz »), spectrale (la ballade incantatoire « Peace of mind ») ou carrément gothique (l’orgue d’église en intro du titre maître), que suppléer à cette absence de basse. Et si les cordes de guitare peuvent se révéler épiques, U2esques (le final « Catch me », « City girl » davantage en staccato), il faut reconnaître qu’en général le climat qui règne tout au long de l’œuvre est ténébreux. Il se révèle même dramatique sur « Deep wide ocean », caractérisé par ses drums martiaux, et « Nobody nowhere », un hymne flamboyant au cours duquel le timbre de Haley s’élève dans la stratosphère, à la manière de Liz Fraser. Et paradoxalement, sur « Horsehead », elle emprunte celui de Dolores O’Riordan, lorsqu’elle n’embrasse pas les inflexions de Patti Smith. Ce qui n’empêche pas le quatuor de dispenser des compos plus contagieuses.  A l’instar du single « Endless summer » ou du plus soft rock « Long higway », un morceau de 6’.

Pour mettre en forme cet elpee, le band a non seulement fait appel à Latchan Mitchell, mais surtout à Peter Katis, notoire pour avoir bossé pour The Natinal, Interpol, Jonsi et The Swell Season. Un superbe album !

 

Arthur H & Nicolas Repac

L’or noir

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Aïe, aïe, aïe, on s’attaque à du lourd ! Arthur H si vous l’ignorez encore n’est autre que le fils d’Higelin, chantre et doux dingue de la chanson française. Nicolas Repac est musicien et compositeur. Il a apporté son concours sur pas mal d’albums d’Arthur, dont le dernier en date « Baba Love », est sorti il y a douze mois à peine. D’ailleurs, Nicolas et Arthur collaborent ensemble depuis une bonne quinzaine d’années.

Contrairement à son prédécesseur, « L’or noir » ne ressemble pas à un recueil de ‘chansons’ comme on a l’habitude d’en entendre de la part de ce quadra un peu déjanté, baroudeur et aventurier.

Sur ce nouvel opus, le duo a imaginé un concept totalement différent. D’un côté onze textes empruntés à une collection de poètes du XXème siècle, issus d’Afrique, d’Haïti ou des Antilles françaises, l’or noir. De l’autre, un monde musical tout ce qu’il y a de plus intime, expérimental. On dira même plutôt ‘ambiance musicale’ que musique. Nicolas Repac et Arthur H ont ‘composé’ une atmosphère émotionnelle, une couleur sonore qui vibre avec chaque poème qu’Arthur récite en rythme mais sans jamais chanter.

Bizarrement, on se laisse prendre au jeu ; et les textes ainsi ‘interprétés’ prennent une dimension nouvelle, plus forte, plus authentique que lors d’une lecture banale, normale.

Evidemment, ce disque se démarque de la ‘chanson française traditionnelle’ ; ce projet n’a sans doute pas l’ambition d’occuper une place en vue dans les charts ou de viser un public amoureux de variétés.

Néanmoins, il a le mérite d’exister et le tandem n’a pas eu peur de prendre un risque en réalisant un tel travail.

Curieux, étonnants, hypnotiques, ces onze titres s’écouteront plus attentivement qu’ils ne s’entendront.

Pour public averti !

 

Guided By Voices

Let’s Go Eat the Factory

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En abandonnant Guided By Voices, Robert Pollard était presque devenu chronophage, multipliant les projets, en solitaire ou autres, à tel point que plus grand-monde ne parvenait à s’y retrouver. Et, surprise, il a remonté, pour célébrer l’anniversaire du label Matador, son GBV ! Qui vient d’enregistrer un 17ème album.

La discographie de GBV est fabuleusement inégale ou inégalement fabuleuse, selon. En fait sur un même opus on peut y retrouver des chansons exceptionnelles et des titres sans aucun intérêt. Alors imaginez les compos réalisées lors de sa phase expérimentale, pré-2011…

De toutes manières, depuis 1983, l’Américain et sa bande n’en ont jamais fait qu’à leur tête ; et ce n’est pas aujourd’hui qu’ils vont changer. Toujours aussi lo-fi, éclectique et généreux, ce « Let’s Go Eat the Factory » réunit 21 morceaux en un peu plus de 40 minutes. Les allumés de Dayton (Ohio) passent aisément du rock garage (« Laundry and Lasers ») ou psyché (« The Big Hat ») aux ballades foutraques mais hautement mélodiques (« Doughnut for a Snowman »), mais parviennent une nouvelle fois à faire foirer quelques titres, dont le single « The Unsinkable Fats Domino ». Bref, un disque qui comporte sans doute trop de plages, mais recèle plusieurs véritables pépites dont le magnifique « Waves ».

Les fans du groupe vont apprécier la réouverture de l’usine GBV. Les autres accueilleront ce long playing –qui semble réellement avoir été enregistré dans la cave du voisin– avec une indifférence polie…

Craig Finn

Clear heart full eyes

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Craig Finn, c’est le leader de The Hold Steady, une formation new-yorkaise qui compte déjà 5 albums à son actif. Craig Finn en est le leader et il vient de s’autoriser un interlude en solitaire, sous la forme de ce « Clear heart full eyes », un disque qui a été enregistré au Texas (NDR : à Austin, plus précisément), sous la houlette de Mike McCarthy (Spoon, Trail of Dead).

Mais ce qui frappe d’abord à l’écoute de cet opus, c’est la voix de Craig. Déclamatoire, torturée, elle me fait penser à celle de Vic Chesnutt. Le début de l’elpee se révèle plus électrique. Une slide gémissante balaie « Appolo Bay », la compo qui ouvre le disque. Un blues nonchalant réminiscent de Calvin Russel. Vivifiant mais fiévreux, « When no one’s watching » nous replonge dans l’univers Paisley Underground de Dream Syndicate. Enfin, plus basique, « No future » campe un rock très ‘reedien’. Le reste de l’album alterne compos blues ou country. A l’instar de « New friend Jesus », bien enlevé dans l’esprit de Johnny Cash. De l’entraînant et contagieux « Terrified eyes », que les Drive By Truckers auraient pu mettre à leur répertoire. Ou encore du plus country/rock « Balcony » qui bénéficie du concours de Rocky Ray Jackson, à la pedal steel. Une exception qui confirme la règle, le plus pop « Jackson », caractérisé par sa guitare vibrato. Et si « Rented room » campe un blues mid tempo, « Honolulu blues » emprunte un format blues/rock, ma foi, fort classique. Un album sympa, mais pas révolutionnaire…

 

Fanfarlo

Rooms filled with light

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Ils ne sont pas canadiens, mais britanniques. Encore que le vocaliste principal est suédois, mais s’est établi à Londres. Bref, si vous aimez Arcade Fire, vous devriez apprécier Fanfarlo. La musique est pourtant différente, en général plus allègre, mais aussi riche en instrumentation (NDR : outre la structure de base et les gadgets électroniques, on y retrouve violon, mandoline, xylophone, scie musicale, trompette, piano, glockenspiel, melodica, mandoline, saxophone et clarinette). La comparaison irréfutable nous vient de Simon Balthazar, dont le timbre est très proche de celui de Win Butler. Les quatre autres musicos assurent les backing vocaux à des degrés divers.

Bien équilibré, l’opus recèle quelques petites perles. A l’instar de « Replicate », balayé par un violon judicieux, de l’enlevé « Deconstruction », caractérisé par sa basse propulsive et ses cordes staccato. Du cuivré « Tunguska », mais dans l’esprit d’un Beirut. De « Lenslife », dont le refrain luxuriant (ces arrangements !) contraste avec le couplet minimaliste (Talking Heads ?) Du latino « Feathers ». Et puis du remarquable et entraînant « Tightrope », tramé sur une ligne de basse irrésistible. Dommage que le dernier quart de l’elpee soit moins percutant.

Et pour que votre info soit complète, sachez que mis en forme par Ben H. Allen (Deerhunter, Animal Collective), « Room filled with lights » constitue le second opus de Fanfarlo. Il fait suite à « Reservoir », paru en 2009.

 

Dear Reader

Idealistic Animals

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Si vous appréciez les mélodies douces, cet album est fait pour vous. Si vous préférez les émotions fortes ou la musique alternative, passez votre chemin…

Dear Reader est une formation sud-africaine formée en 2006 par le producteur/bassiste Darry Torr et la chanteuse/compositrice Cherilyn McNeil. Aujourd’hui elle est seule maître à bord. Elle a même émigré de Johannesburg à Berlin, la décidément très prisée capitale allemande. « Idealistic Animals » constitue le 3ème elpee du groupe. Il a de nouveau été produit par Brent Knopf (Menomena) et bénéficie du concours d’un invité de luxe, Martin Wenk, multi-instrumentiste chez Calexico.

Tout au long des 11 morceaux de cet opus, l’ambiance est paisible et vaporeuse. La riche instrumentation place régulièrement le violon ou la trompette (« Whale (BooHoo) ») en avant. La voix de Cherilyn McNeil est puissante mais malheureusement parfois un peu lisse, ne permettant pas réellement de secouer le mélomane, comme Feist est capable d’y parvenir, par exemple… Chaque morceau est emprunté au nom d’un animal (Fox, Monkey, Giraffe, …) ; néanmoins, malgré la présence d’un ours ou d’un renard au générique, on ne décèle aucune trace de férocité ou grain de folie… Un zoo bien trop sage pour convaincre totalement.

 

Leonard Cohen

Old Ideas

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Alors que Bob Dylan avait décidé de surfer sur la vague de la musique folk et populaire dès la naissance du genre, au début des années 60, Leonard Cohen, dans l’ombre de son contemporain, avait surpris et convaincu les labels qu’il était possible de graver des disques très personnels, follement poétiques, anarchiques et capables de plaire au grand public dès 1967, en publiant « Songs of Leonard Cohen ».

Quarante-cinq ans de carrière plus tard, le sublime dandy ténébreux âgé de 77 ans nous démontre encore, à travers son douzième album intitulé « Old Ideas », qu’il demeure vraisemblablement le meilleur parolier du monde.

On aurait en effet pu craindre une œuvre de plus ou de trop qui aurait suivi les plus que mitigés « Ten New Songs » (2001) et « Dear Heather » (2004) ; mais le dernier opus studio du chanteur canadien a pris huit ans avant d’éclore comme un authentique événement musical.

Dix titres sur lesquels le diseur magnifique, imprégné de son âge, se raconte dans un dialogue sincère avec lui-même. Un exercice de style, et non d’égo, où le poète canadien égrène ses réflexions sur la mort, le temps qui passe, les vicissitudes de la vie et du corps, sans jamais quitter les rivages sombres de son lyrisme ténébreux, portant même le cap au large de l’autodérision. Dix titres au cours desquels Leonard Cohen atteint un sommet artistique d’une rare beauté. Moment choisi par le dandy, plutôt adepte du self control, pour nous livrer son être.

 Chaque album de Cohen possède sa propre atmosphère, sa propre ambiance et son propre langage. Sur « Old Ideas », la voix bien timbrée, érodée par le temps, n’a jamais été aussi grave, aussi profonde, virilement éraillée, presque fragile. Une voix parée des arrangements habituels –claviers minimalistes, violons langoureux, chœurs féminins, soli old-fashioned– sur un fond délibérément dépouillé, mieux dosé. Léonard Cohen ne réinvente pas sa musique mais semble revisiter ses différentes facettes. Ici, on y retrouve quelques-unes des grandes dames de la chanson américaine, tous répertoires confondus, du folk au jazz et du blues au gospel ; les traditions yiddish et même celtiques ne sont pas oubliées. Dix nouvelles chansons d’où s’exhalent avec grâce l’essence du grand âge et l’expérience quintessenciée qui, d’esquisse en épure singulièrement précises, tenteraient le sublime, l’œuvre absolue. Les textes, admirablement ciselés, semblent caresser la vie d’un homme usé par le temps, un old man en fin de chemin ; il le sait et chante qu’il ne lui reste guère de temps devant lui à durer : « The Darkness ».

Malgré la richesse de l’œuvre antérieure du musicien montréalais, le pessimisme existentiel et la quête intérieure érigent ce dernier essai en l’(une des) œuvre(s) la plus importante(s) de la carrière de Léonard Cohen. Tirons trois perles de cet album somptueux : «  Going Home », texte à l’ironie aussi cruelle que désabusée, « Show Me The Place », douloureux et splendide cantique d’amour défunt, et « Come Healing », parfum de rédemption qui invite à la réconciliation de l’âme et du corps… 

C’est précisément parce que le Beau n’est rien d’autre que le commencement du terrible que cette œuvre d’une tragique noirceur se transforme en un hymne étincelant, d’une ténébreuse beauté. Maudit d’entre les poètes maudits, Leonard Cohen (fan absolu de Baudelaire) tend le doigt vers des horizons brûlés laissant transparaître implicitement des références à la grande littérature américaine du XXème siècle. Ainsi, on y retrouve des accents inspirés de William Faulkner, Ernest Hemingway, William Burroughs, John Fante, Allen Ginsberg ou encore Charles Bukowski. « Old Ideas » : un moment de pure grâce musicale et d’intensité littéraire. Un album déjà culte !         

        

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