Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Biohazard 8/8/26
Chroniques

Saint Saviour

Union

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Saint Saviour est le nouveau projet de Becky Jones qui s’est distinguée (façon de parler) en 2010 sur le « Black Light » de Groove Armada, auxquels elle avait prêté voix et plume. Deux ans et deux Eps plus tard, la demoiselle présente son premier LP en solo. Et le constat est plutôt accablant. A moins d’adhérer à 100% à la voix criarde de l’Anglaise, mieux vaut se tenir à l’écart de cette « Union » sans grand avenir. Mélodiquement, les compositions de Jones tiennent plus ou moins la route, lorgnant parfois  du côté de Dido ou Niki & The Dove. Par contre, vocalement, ses gammes et modes donnent l’irrépressible envie de s’assourdir en s’enfonçant des boules Quiès jusqu’au fond de la boîte crânienne. Tout est dit!

 

Memoryhouse

The Slideshow Effect

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Pour leur premier LP, Denise Nouvion et Evan Abeele, alias Memoryhouse, quittent peu à peu le domaine de la Dream Pop au profit d’un Pop-Rock nostalgique et estival. Le genre de disque que l’on s’enfile au bord de mer, la tête perdue dans le bleu du ciel et de l’eau. Mais point trop n’en faut, le duo ayant perdu de sa superbe entre la publication de leurs Eps et leur premier album. La pilule de « The Slideshow Effect » serait en fait passée plus facilement si les deux musiciens avaient scindé l’œuvre en deux Extended Play. Ou s’ils l’avaient tronquée d’un ou deux morceaux inutiles comme « Punctum » et ses touches ineptes d’Americana ou l’assommant « Heirloom ».

Outre ces faux-pas, Memoryhouse est également capable du meilleur (« Little Expressionless Animals », « Pale Blue », « The Kids Were Wrong »), lorgnant à de trop rares occasions du côté de Beach house (« Walk With Me »). Le léger changement de cap effectué sur leur « Slideshow Effect » permet  au duo de se distinguer de la masse de projets Dream Pop qui fleurissent depuis quelques mois. Leur potentiel demeure entier. Reste à la formation de concocter quelques ritournelles un chouïa plus solides, sans se détourner de la formule qui leur avait permis de s’avancer d’un pas sous les projecteurs. 

 

Joan & The Sailors

Mermaid

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Aargh, Matelot ! Joan et ses six Sailors ont embarqués dans un grand navire en direction des spotlights. Encore au stade des balbutiements, cette formation suisse a de quoi faire parler d’elle. Joan & The Sailors puise clairement son inspiration du côté de Portishead (« Jailheart », « Better Off Dead »), en évitant toute empreinte d’imitation, « Mermaid » étant essentiellement orienté Folk.

En matière d’écriture, Joan Seiler et son acolyte principal, Mario Dotta, possèdent un savoir-faire au potentiel énorme. Certaines plages sont captivantes, de bout en bout. Comme « Où Est-Tu ? » (sic) interprété par Dotta et Seiler dans la langue de Molière et appuyé par quelques envolées lyriques de la figure principale du septuor, soulignant le penchant de la formation pour les effets théâtraux. Ou  ce splendide « Rain In My Chest » qu’on ne peut que très vivement recommander. De sa voix envoûtante, la « Mermaid » en chef a tout ce qu’il faut pour propulser Joan & The Sailors sur le devant de la scène. Un disque aussi bon qu’inattendu.

 

Human Don’t Be Angry

Human Don’t Be Angry

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Derrière le masque de Human Don’t Be Angry se cache Malcolm Middleton, ex-Arab Strap. Après avoir publié cinq LP en solitaire, l’Ecossais suit les traces de son ancien camarade de route Aidan Moffat et change de cap sur ce projet principalement instrumental. Au menu, guitares et boîtes à rythmes. Middleton ne pousse la chansonnette qu’à trois reprises. Chiffre qu’il aurait dû ramener au néant tant les morceaux entièrement instrumentaux sont les plus étincelants de la galette. Etincelants mais pas trop, l’univers grisâtre du bonhomme enveloppant encore et toujours ses compositions.

Ecrits en à peine quatre semaines, les neufs morceaux qui composent ce premier LP éponyme n’ont rien de tout à fait original mais le projet prend son sens sur quelques-uns d’entre eux comme « After The Pleasuredome » et « 1985 », deux savoureuses mélopées flirtant de très près avec le Post-rock.  En publiant « Human Don’t be Angry », Middleton n’est pas encore arrivé au pays de Candy mais y travaille, comme le souligne la dernière plage du disque, « Getting Better (At Feeling Like Shit) ». Une jolie étape supplémentaire dans la carrière du Scottish.

Malcolm Middleton présentera son nouveau projet à la Rotonde du Botanique le 16 septembre.

 

Mathis Haug

Playing my dues

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Mathis Haug est âgé de 46 ans. Il est originaire de la Forêt Noire, en Allemagne. Mais la plus grande partie de sa vie, il l’a passée en France. Il prend goût à la musique en écoutant Bob Dylan, Tom Waits, Janis Joplin, Prince et Gainsbourg, une palette d’artistes bien variée. Il se lie d’amitié au guitariste anglais, Seamus Taylor. Faut dire qu’ils partagent une même passion pour le funk et le R&B. Ensemble, ils fondent Mathis and the Mathematiks, en 2003. De ce projet naîtra l’album “Five”.

« Playing my dues » constitue le premier elpee solo de Mathis, un opus qui privilégie le folk et le blues. “Playing my dues” est une plage très travaillée et riche. Des cordes acoustiques préparent le terrain pour la voix sombre, grave et profonde de Haug. Place ensuite aux cordes du banjo et celles de la guitare aux accents très métalliques mais d’inspiration orientale. Mathis est doté du don d’ubiquité. A cause de son habileté à conjuguer tous ces instruments. Bien plus proche des racines, “Birthday cake” est un blues trempé dans le Delta. Le dosage des cordes est à nouveau surprenant et bien équilibré, malgré le recours à une guitare électrique au son gras et bien amplifié! “Workless” opère un retour à un folk très mélodique. Logée à l’avant-plan, la voix est très autoritaire. Elle s’impose sur les cordes pourtant bien performantes. Tout au long de la bien jolie ballade “Family fire”, Mathis est épaulé d’une voix féminine fragile. Soignée, la production met en exergue le banjo de Haug. Sa voix est proche de celle de Bob Dylan, mais le Zim de 1969 époque “Nashville skyline”. Composition somptueuse, “The wind blew strong” s’étale dans un climat qui ne respire pas vraiment la joie de vivre! “Pickpocket” est monté comme un film découpé en différentes séquences au cours desquelles Haug module le ton de sa voix. Et au cœur de cet univers mélancolique, il nous réserve quelques ballades. Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que c’est son ami Seamus Taylor qui signe la plupart des textes…

 

Grandchaos

Rumours of my life

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Grandchaos, c’est le projet solo de l’artiste belge Tcheleskov Ivanovitch, impliqué dans la musique mais aussi la peinture depuis les 80’s. A l’époque, il militait au sein du groupe IDLO. C’est au début des années 2000 qu’il s’est lancé dans une carrière en solitaire, au cours de laquelle il a déjà publié deux Eps, un album de remixes et trois opus, dont ce « Rumours of my life ».

Autant vous mettre au parfum tout de suite, ce disque baigne dans l’EBM old school. Bien dans la lignée des premiers Front 242. Une violence froide, sombre est martelée au fil des bpms, pendant qu’une voix caverneuse vient poser ses lyrics (slogans ?) qui traitent d’aliénation, de haine, douleur, mélancolie et solitude…

Pour concocter ce long playing, Tcheleskov a reçu le concours d’un autre artiste belge, Jacky Meurisse, tête pensante de Signal Août 42. Il y apporte sa collaboration aux vocaux. Des vocaux également assurés par quelques voix féminines, en fin de parcours. De quoi accentuer le climat apocalyptique de l’œuvre.

Un disque qui recèle deux bonus tracks. Deux remixes. L’un opéré par Fortaste et l’autre Groupe T.

Enfin, pour que votre info soit complète sachez qu’en live Grandchaos est rejoint par Olivier T., responsable de la mise en scène de représentations vivantes ainsi que de la projection des visuels.

 

Girlseeker

1-800-Greed

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Premier album pour ce trio danois, dont la musique s’inspire à la fois du psychédélisme expérimental d’Ariel Pink et de l’électro-pop japonaise. Pensez à Yellow Magic Orchestra et surtout à Pizzicato Five. Encore que parfois leur démarche me fait penser à un autre groupe scandinave, mais finlandais, 22 Pistepirkko. Pas sous sa forme garage, comme à ses débuts, mais plutôt contemporaine, c’est-à-dire depuis qu’il a intégré davantage d’électronique dans sa solution sonore. Parce que des sonorités synthétiques, il n’en manque pas chez Girlseeker. Outre la boîte à rythmes, les claviers dominent le sujet et sont capables de produire un éventail de sonorités particulièrement ample. Rognés, ils nous replongent dans les sixties, atmosphériques, les seventies, et aquatiques, les eighties. Sans oublier les interventions épisodiques d’un piano allègre. Quant à la guitare, torturée, cosmique, elle plane constamment dans la stratosphère. Ajoutez-y une voix de baryton caverneuse, parfois trempée dans la reverb, et vous obtiendrez un album qui tient bien la route, guidé par son fil mélodique inaltérable de la première à la neuvième plage…

 

Ganashake

Flirty fishing

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Trio issu du Nord du Pays (NDR d’Erps-Kwerps, très exactement) Ganashake réunit le chanteur/guitariste Jess Jacob, le bassiste Sander Goethals et le drummer Bert Minnaert. Ce groupe flamand jeune et dynamique est né en mai 2009. Six mois plus tard, il met en boîte un Ep 5 titres. Leur style ? Une combinaison de blues, rock et funk. Pour la circonstance, le disque bénéficie de la mise en forme de Jean-Marie Aerts. En 2010, le combo multiplie les concerts et se produit notamment au R&B Festival de Peer ainsi que dans le cadre des Gentse Feesten. En juillet, il retourne en studio (NDR : ICP à Bruxelles, pour être plus précis), toujours sous la houlette de l’ex-TC Matic, et enregistre six autres compositions. Eponyme, l’album sort en octobre de la même année.

Pour concocter « Flirty fishing », le band brabançon est retourné au même endroit, mais cette fois sous la houlette de Michel Dierickx. Le second elpee est découpé en onze plages. Légèrement funk, “I’ve been waiting” ouvre l’elpee tout en douceur. Puis, survient l’étincelle. A cet instant, les cordes de Jess nous plongent dans une ivresse enchanteresse. Les changements de tempo sont légion. Solide, la section rythmique permet au leader de laisser libre cours à ses moments de délire. Ecrasantes, les quatre cordes de Sander tracent le chemin mystérieux de “Dancing dose you trust”. Tout en relief, la voix s’épanche. Patrick Riguelle participe aux chœurs sur cette plage au charme indéniable. Lors du mixing, l’ingénieur du son a ajouté des effets spéciaux, afin d’apporter davantage de nuances à l’œuvre. Changement de cap pour “Keep falling”, un blues rock dont l’impact est direct. Nerveux, le jeu rappelle le Dr Feelgood des débuts. Wilko Johnson est impliqué dans l’attaque rythmique. “Hurts & harms” démontre que Ganashake a plus d’une corde à son arc. Très contemporain, ce rock illustre une forme de recul dont le groupe est capable de manifester, en toutes circonstances. L’intervention lumineuse de Riguelle à la lap steel est lumineuse sur “Picture book”. En studio, le trio n’hésite pas à tenter des constructions complexes, à contrario de leurs prestations scéniques, plus roots. “Are you happy” baigne au sein d’un climat menaçant. Acides, gémissantes, torturées, déjantées, les cordes entretiennent l’atmosphère de cette compo au cours de laquelle la voix de Riguelle rayonne littéralement. Cette incursion dans le psychédélisme contamine également “Little back room”, un blues de l’impossible plongé dans le chaos. Mais un chaos organisé, guidé par une ligne de basse dont la puissance rythmique monte en crescendo. Retour au funk ou plus exactement au soul/rock sur “Rearrange my soul”, une piste irriguée par l’orgue Hammond de Jan Hautekiet. Mr Jacob arrache ses cordes à la manière de Rory Gallagher sur “Temporary shutdown”, une piste énergique taillée sur mesure pour la formule trio. “Stopsigns” achève l’opus. Le funk est ici teinté de jazz. A cause du piano électrique de Hautekiet dispensé à la manière de Steely Dan. Et le résultat est loin d’être déplaisant. De bonne facture, cet album nécessite une écoute attentive (NDR : renouvelée aussi) pour être apprécié à sa juste valeur. L’évolution de ce groupe est, manifestement, à suivre de très près…

 

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