L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Chroniques

Captain Kid

67 Songs

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C’est sur des eaux résolument pop que navigue l’excellent Captain Kid. A quelques encablures de l’embarcation de Badly Drawn Boy pour être exact… Le Français Sébastien Sigault compose de mini-hymnes au cours desquels son sens mélodique aigu fait mouche. En parfait flibustier sonore, il pille le répertoire de la pop anglaise de ces 40 dernières années mais avec beaucoup de classe et de panache ! « 67 Songs » est en effet truffé de morceaux imparables très joliment orchestrés (« Not Reliable ou « Shiny Crown »). Cette évidence pop n’a d’ailleurs pas échappé aux publicitaires qui ont déjà utilisé l’acoustique « We & I » pour illustrer les saillies commerciales de la ‘Caisse d’Epargne’.

67 est apparemment le nombre de morceaux composés par Captain Kid pour finaliser cet album… si les chutes sont du niveau des morceaux conservés, on ne soucie pas pour la carrière de ce très doué songwriter !

 

June Bug

This is the story of…

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Délicieuse insecte mélomane, la Lilloise June Bug débarque armée de son ukulélé et soutenue par ses Storytellers bicéphales. En l’occurrence, Beryl et Flox ; respectivement préposés à la guitare (ou au banjo) et à la contrebasse. Le folk de cette drôle de petite bête est atteint par ce léger grain de folie qui lui permet de se démarquer de la très nombreuse concurrence qui sévit au sein de ce créneau. Marchant sur les traces de Kimya Dawson, Emily Loizeau ou The Rodeo, leurs compos sont fraiches et drôles à la fois ! Sans prise de tête ou pose inutile à la Soko... « This is the Story of… » constitue le premier elpee du trio français ; et leurs anecdotes fragiles (« Not Perfect »), rigolotes (« I Hate You »), légèrement mélancoliques (« Here with You ») ou plus entraînantes (« Just Another Day »), mais toujours bancales et charmantes donnent vraiment envie de les suivre jusqu’au bout de leur histoire… 

 

Bart Constant

Tell yourself whatever you have to

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Rudger Hoedemaekers est né aux Pays-Bas. Il y a quelques années, il a décidé de s’exiler à Berlin. Et puis de se choisir un pseudonyme : Bart Constant. Il faut supposer que ce choix a une signification particulière pour cet auteur-compositeur ; car franchement, il n’est pas davantage accrocheur.

« Tell Yourself Whatever You Have to » constitue son second opus. Hoedemaekers ou plutôt Constant est un sacré touche-à-tout. Il joue d’une multitude d’instruments. Depuis la trompette au piano en passant par le saxophone. Son elpee est partagé ente compos imprimées sur un tempo plus lent et un rythme plus entraînant. Lorsqu’il a recours à la basse, on ressent ce feeling batave si particulier. Outre sa polyvalence et son talent, Bart Constant est également capable de pondre des mélodies entêtantes. A l’instar de « Joralemon Street» ou encore « Gravity », deux morceaux très susceptibles de rappeler Postal Service. Quant aux titres les plus excitants, ils évoquent plutôt un Dan Deacon sous morphine (« The Only One », « Tough Cookie »).

Une chouette découverte. Un rayon de soleil au sein de cette pénombre estivale.

 

Gun

Break the silence

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Née au milieu des années 80, cette formation écossaise vient de refaire surface. Mise sur pied, par les frères Gizzi, Gun s’était forgé un nom, en publiant un premier elpee intitulé “Taking on the world”. L’aventure s’achève cependant en 1998. Après un long break de dix années, Gun réapparait en 2008, toujours drivé par Dante (chant) et Jools (guitare) Gizzi. Le line up est complété par Derek Brown à la basse et Paul McManus à la batterie. En 2010, le combo grave un Ep baptisé “Popkiller”. Et « Break the silence » constitue leur nouvel opus. Un disque qui a été produit par Dave Eringa, personnage qui a notamment travaillé pour les Manic Street Preachers!

Le long playing s’ouvre par “Butcher man”. L’ambiance est très ‘Stones’. La plage s’écoute aisément. Les sonorités des guitares sont très contemporaines. La pression est maintenue tout au long de “14 stations”, une piste imprimée sur un rythme très soutenu. Pas d’agressivité dans les vocaux, à l’instar d’un Deep Purple originel. La mise en forme met bien en exergue la densité des grattes. Nous ne sommes d’ailleurs pas loin d’un Boston sur “Lost & found”, la touche pop apportée à cette piste, accentuant cette sensation. L’album part néanmoins un peu dans toutes les directions. A l’instar de “Caught in the middle”, new wave, mais dans l’esprit clean et recherché de Squeeze. Le titre maître affiche un potentiel commercial indéniable. Tout comme “Bad things”, new wave, mais sous une forme punk et paradoxalement proprette. Plus power pop, “Last train” ferme la marche.

“Break the silence” n’est pas un disque de mauvaise facture, mais il est loin de tour renverser sur son passage. La ligne mélodique est bien trop sage et planifiée pour autoriser la moindre surprise…

 

Mangoo

Neverland

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Mangoo nous vient de Finlande. De Turku, très exactement. Leur naissance remonte à 2005, mais leur premier album, “Neolithic”, n’est sorti qu’en 2009. Pickles dirige la manœuvre. Il se réserve le chant et la guitare. Il est soutenu par Igor à la basse, Teemu aux drums Nikky aux claviers et un second gratteur, Mattarn.

L’elpee s’ouvre dans un chaos métallique. Une intro majestueuse qui précède la sérénité et la douceur engendrées par le titre maître. La voix de Pickles est distante avant que ne perce un cri. Les éléments de la machine de guerre sont désormais en place. Lourde, la section rythmique est intimement liée. Doublée, la guitare épouse le riff savamment élaboré. Un clavier pénètre solennellement dans l’ensemble. Les cordes se développent et libèrent des sonorités fuzz particulièrement déjantées, au cœur d’une chambre d’écho largement amplifiée. Un début plus que prometteur ! L’organe vocal de Pickles me rappelle très souvent celui d’Ozzy Osbourne. “Deathmint” célèbre son “Noir Sabbat”. Une sorte de messe noire, dont la liturgie des ténèbres est envahie par des claviers débridés. Après le tonitruant “Diamond in the rough”, retour au calme. “You” baigne au sein d’une forme de dépouillement sonore. Mais dans cette configuration, la voix montre ses limites. Elle tire davantage son épingle du jeu, lorsque son Mangoo est au complet, et surtout au sein d’un climat propice au déchaînement des passions, dans l’esprit tour à tour d’un Black Sabbath voire de Foo Fighters. Encore que sur ce long playing, on décèle des traces de space rock. Des bruitages évoquant d’autres vétérans insulaires : Hawkwind. Lorsqu’ils célébraient les forces primitives des galaxies devant les structures mégalithiques de Stonehenge. Mangoo se déchaîne sur “Moom”, en manifestant une sauvagerie digne du Motörhead de Lemmy. Le combo est quand même plus efficace sur des titres un peu moins enlevés. A l’instar de “Painted black”, au cours duquel Pickles se montre plutôt hystérique. “Datzun” clôt l’opus, une longue finale synthétisant toutes les sources d’inspiration de Mangoo : stoner, metal, garage, space rock, sans oublier les quelques touches de prog et de psychédélisme.

 

Lord of Mushrooms

Perspectives

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Lord of Mushrooms se revendique du ‘progressive metal’. Il a été fondé, à la fin du siècle dernier, par Laurent James (guitares) et Julien Negro (basse). Deux Français, établis à Nice. “Perspectives” constitue leur dernière œuvre. La première remonte déjà à 2005. Depuis, le line up a subi quelques changements. Ex-Adagio, le chanteur Gus Monsato est ainsi venu rejoindre le combo. La formation implique donc aujourd’hui deux musiciens français, deux italiens et un chanteur brésilien. Un band ma foi cosmopolite, qui s’est rendu au Canada pour enregistrer son nouvel elpee. 

Dès le départ, “Imago” balise le terrain emprunté par les ‘Seigneurs des champignons’. On est dans la prog bien insulaire. Guitares et claviers tissent une structure sonore complexe, tout en mettant bien en exergue le chant de Monsanto. Plus musclé, “Warmth in the wilderness” évoque Uriah Heep. A cause de ces riffs en intro et puis des interventions à l’orgue de Luca Mariotti. Aux cordes, Laurent se mue alors en disciple de Blackmore. La voix de Gus s’intègre parfaitement à l’ensemble. Elle varie au gré émotions, rappelant même le sémillant Jon Anderson sur “Grace”. Toujours en relief, leur compos sont susceptibles de libérer énormément de puissance. Les développements instrumentaux sont ambitieux. Et “Circles on the water” en est un parfait exemple, une plage au cours de laquelle Mr James étale tout son talent aux cordes. Hymne empreint de délicatesse, “The missing link” nous plonge dans un océan de douceur et de solennité. On y remonte le temps de plusieurs décennies, pour permettre à Mariotti de se réincarner en Rick Wakeman. En général, les plages sont assez longues. Faut dire que ce style musical nécessite de l’espace et donc du temps. Un opus de toute bonne facture, qui a bénéficié, en outre, d’un excellent travail de production…

 

Neil Young

Americana

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Ben voilà Neil Young qui s’est mis en tête de reprendre des chansons traditionnelles américaines. Déjà qu’il ne lui arrive pas souvent d’adapter les compos de ses contemporains ; mais s’attaquer à un tel répertoire, me semblait quand même risqué. Pensez : des titres comme « Oh Susannah », « Tom Dula » ou encore « Jesus’ Chariot ». Et pourtant, ce sont ces versions qui figurent parmi les plus réussies de l’opus. Des morceaux qu’il a électrifiés comme lui seul est capable de le faire. Enfin, pas tout à fait, puisque pour y parvenir, il a quand même reçu le concours de son fidèle Crazy Horse. Neuf ans quand même que son band n’avait plus participé à la confection d’un disque (NDR : c’était pour « Greendale »). Et 16 pour Sampredo qui a décidé de réintégrer le line up. Sur cet elpee, j’épinglerai encore l’excellent « High Flyin’ bird » du Jefferson Airplane, préparé suivant la même recette et puis le plus acoustique « Wayfarin’ stranger ». Car si le Canadien a creusé dans l’histoire de la musique américaine, il n’en a pas pour autant oublié le XXème siècle. Comme sur la cover de « This is your land », une protest song écrite par Woodie Guthrie, en 1940. Et puis de quelques morceaux qu’il a trempés dans l’Americana pur jus, au sein d’un décor typiquement country & western. Pas nécessairement une réussite, à l’instar d’un « Gallows Pole » qui avait déjà été adapté en son temps –et beaucoup mieux– par le Led Zeppelin. L’album s’achève curieusement par une version –électrique celle-là– de l’hymne national britannique, qui sans le concours d’une chorale d’enfants aurait pu tourner au bide. N’empêche, un demi-cédé qui tient la route aujourd’hui chez Neil Young, est un bon album. D’ailleurs le dernier opus irréprochable remonte à 1995 ; il avait été enregistré en compagnie des musiciens de Pearl Jam (« Mirror Ball »). Hormis « Freedom », publié en 1989, la quintessence de son œuvre oscille entre 1969 et 1979. « Everybody knows this is nowhere », « After the gold rush », « Harvest », « Tonight’s the night » et « Rust nevers sleeps » constituent les autres elpees indispensables de sa discographie (NDR: et on ne parle pas de son aventure au sein du CSN&Y). C’est même dans ce prestigieux passé qu’il puise l’essentiel de sa setlist en ‘live’ ; car c’est encore et toujours sur les planches que le mythique artiste canadien donne toute la mesure de son talent tout en manifestant sa générosité (NDR : un concert set dure en général 2 heures). Un nouvel album est annoncé. Il bénéficiera à nouveau de la collaboration de son backing group…

 

The Mannish Boys

Double Dynamite

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Delta Groove est probablement le label le plus prolifique dans l’univers du blues. Enfin, au cours des dernières années. Les Mannish Boys c’est un peu leur groupe fétiche. Un collectif impliquant un grand nombre de musiciens qui opère habituellement du côté de Los Angeles. Il compte déjà à ce jour huit années d’existence. Et “Double Dynamite” constitue son sixième opus ; une œuvre partagée en deux disques pour pas moins de vingt-six plages.

Le line up initial implique les chanteurs noirs Finis Tasby et Sugaray Rayford, l’harmoniciste Randy Chotrkoff (NDR : par ailleurs patron de Delta Groove), deux guitaristes (NDR : soit Kirk Fletcher et Frank Goldwasser) et la section rythmique réunissant Willie J. Campbell et Jimi Bott. De nombreux invités ont participé aux sessions d’enregistrement qui se sont déroulées au studio Ardent, à Torrance.

La première plaque est sous-titrée “Atomic Blues”. Au menu, un concentré de Chicago blues. La slide de ‘Paris Slim’ Goldwasser introduit le classique “Death letter”. Sugaray chante d’une voix puissante ce morceau signé par le mythique Son House. Rod Piazza se réserve l’harmonica, Elvin Bishop la slide et Tasby le chant sur le “Mean old world” de Little Walter. Et on baigne déjà dans le véritable bonheur. Tout au long du “She’s 19 years old” de Muddy Waters, nous pénétrons dans le Chicago southside. Jackie Payne est préposé au vocaux et Piazza souffle comme un dieu. Mud Morganfield, le fils à Muddy, chante “Elevate me mama”, un titre issu de la plume de Sonny Boy Williamson, un blues lent au cours duquel Rob Rio siège derrière le piano pendant que le notoire Bob Corritone se consacre à la musique à bouche. Superbe Chicago shuffle, “Please forgive me” a été écrit par Chortkoff. Il prend ici le rôle de souffleur, derrière Rayford. L’elpee regorge de plages remarquables. Jason Ricci est à l’harmonica sur “Everybody needs somebody”, une compo signée Little Walter. James Harman chante son “Bad detective”, soutenu par de brillantes interventions de Fletcher aux cordes. Glodwasser vient donner un coup slide magique à “Bloody tears”, pendant que Rob Rio ressuscite le légendaire Otis Spann au piano. Enfin, Morganfield chante, en finale, le “Mannish boy” de son père!

La seconde plaque est sous-titrée “Rhythm & blues explosion”. Nous quittons le blues urbain chicagolais pour nous rendre au sein d’un climat plus dansant, celui de Memphis. Ce cd s’ouvre par le “Born under a bad sign” d’Albert King. Les enchaînements sont parfaits. Les cuivres sont bien présents. Mike Finnigan siège derrière l’orgue Hammond et Elvin Bishop se charge des cordes. Les interventions de Fletcher sont détonantes tout au long de “That dood it”, une piste qu’il attaque dans un style jump qui lui est bien familier. Ce compact-disc recèle trois covers de James Brown. Tout d’abord “You’ve got the power”, un morceau indolent chanté par Rayford et Cynthia Manley, au cours duquel Nathan James se révèle bouleversant à la guitare. L’instrumental funky “Cold sweat”, ensuite. Enfin “Why does everything happen to me”, encore une composition lente, adaptée à la sauce louisianaise. Finis Tasby chante cette plage empreinte d’une grande sensibilité, pendant que Kid Ramos se charge des cordes. Mike Finnigan s’accompagne au piano pour chanter le “Mr Charles blues” de Ray Charles. Et sa performance est épatante. Le “You don’t love me” de T-Bone Walker est un exercice de style fort bien ficelé. Une piste qui regorge de swing, au cours de laquelle Tasby se réserve les vocaux, pendant que Kid Ramos est passé aux cordes et Fred Kaplan au piano. La virtuosité de Kaplan aux ivoires sur “Woke up screaming” nous rappelle le jeu particulièrement subtil, tout en technique, du grand Junior Watson. Retour au blues classique pour le “West Helena blues” de James Cotton. Rayford chante divinement cette compo pendant que Randy the Boss souffle dans son harmonica diatonique. Le blues dans toute sa splendeur !     

 

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