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Twin Temple, amants maudits ?

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Chroniques

Patti Smith

Outside Society

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Le dernier ‘best of’ de la marraine du punk réunit ses 16 hits les plus fondamentalement rock (« Because the night », « Rock N Roll Nigger », « So you want to be a rock n roll star », « People have the power », « Summer cannibals », etc.) et deux covers, dont la plus célèbre reste évidemment le « Gloria » du Them, qui ouvre la plaque. L’autre est consacrée au « Smells like teen spirit » de Nirvana. De quoi rendre une nouvelle fois un hommage à Kurt Cobain, que Patti a toujours beaucoup apprécié. Les compos sont proposées dans l’ordre chronologique. Deux par album. Et s’étalent de 1975 à 2007. Ah oui, j’allais oublier, le tout a été remasterisé.

 

Paul Simon

Songwriter

Écrit par

32 titres sur cette compile consacrée à Paul Simon. 32 chansons sélectionnées tant au cours de sa carrière solo qu’en duo avec Art Garfunkel. Un recueil dont le choix des compos a été opéré par l’artiste en personne. Peu de hits. Et ils figurent en début de parcours. En fait, l’intérêt de ce double cd procède de la présence d’une majorité de titres peu ou pas connus, composés depuis 1955. Excusez du peu !

Pour rappel, Paul Simon est plus que probablement responsable de l’ouverture de la pop vers la world. C’est d’ailleurs un des premiers artistes pop/rock qui se soit intéressé aux musiques traditionnelles issues de l’Amérique latine et d’Afrique du Sud. Et à intégrer ces courants dans sa musique.

L’opus est accompagné d’un superbe booklet illustré, au sein duquel figurent les lyrics de toutes les chansons de cette anthologie et un article signé Tom Moon consacré au New-Yorkais.

 

Richmond Fontaine

The High Country

Écrit par

Une histoire tragique a inspiré ce « The High Country », le 10ème album de Richmond Fontaine. L’écrivain et leader du groupe, Willy Vlautin, narre en effet la romance qui était née entre Claude et Mélanie, un mécanicien et une vendeuse de pièces d’automobile. Bouleversante, cette véritable histoire d’amour se déroule au fin fond de l’Oregon rural, et nous entraîne dans une spirale infernale où se mêlent drogues, violence, folie aveugle et solitude. Un scénario bien réjouissant !

Suivant un rituel bien balisé, chez ces Yankees, l’expression sonore est alimentée par la rencontre entre americana pur jus et rock garage et met en scène des saynètes cinématographiques hantée par un spoken-word. Les 17 plages sont, en outre, parfaitement produites par John Askew (The Dodos, Karl Blau).

Mais impossible de pénétrer dans l’univers de Richmond Fontaine, sans prendre en compte les lyrics de Vlautin (NDR : pour vous faire une petite idée, sachez qu’un de ses romans, ‘The Motel Life’, est actuellement transposé au cinéma ; un tournage au cours duquel participent des acteurs comme Emile Hirsch, Dakota Fanning, Stephen Dorff et Kris Kristofferson). D’ailleurs, « The High Country » est un album à écouter d’une seule traite et en se concentrant sur les textes. Pas de single à se mettre dans le tuyau de l’oreille. Bien entendu, la musique de Richmond Fontaine peut parfois sembler un brin austère, malgré les belles voix spectrales de Willy Vlautin et Deborah Kelly. Mais si l’Amérique profonde des laissés-pour-compte, si bien racontée par Bukowski ou Raymond Carver vous botte, cet album est résolument fait pour vous !

 

R.E.M.

Part lies part heart part truth part garbage 1982 – 2011

Écrit par

R.E.M. a donc décidé de mette fin à son aventure en septembre 2011. Après 31 ans d’existence et l’enregistrement de 15 albums. Ben faudra donc s’attendre à la publication de compiles en tous genres, dans le futur. Et la première vient de nous tomber dessus. Elle est double et épingle 40 titres issus de leur répertoire, dont trois inédits, « A Month of Saturdays », « We All Go Back To Where We Belong », et « Hallelujah », concoctés lors des sessions d’enregistrement de leur dernier elpee, « Collapse Into Now », sous la houlette de Jacknife Lee.

Pour la première fois, le recueil puise aussi bien dans le répertoire issu des années I.R.S. (leurs débuts) que réservé à Warner Bros (NDR : à partir de 1988 !). Tous leurs singles y sont et dans l’ordre chronologique. Et chaque chanson, fait l’objet, au sein du booklet, d’un commentaire avisé. Ne pas oublier que même si elle est devenue de plus en plus accessible au fil du temps, la musique de la formation issue d’Athens (NDR : un quartet jusqu’en 1998) a toujours véhiculé des lyrics engagés, pour la plupart sociopolitiques ou encore destinés à dénoncer le fondamentalisme religieux.

 

Wild Flag

Wild Flag

Écrit par

Sous le pseudonyme quelque peu aguicheur de « Wild Flag », se profile un quatuor féminin originaire de Portland et de Washington DC. Engagé, aussi. Carrie Brownstein (guitare/chant), Marie Timony (guitare/chant), Rebecca Cole (claviers/chant) et Janet Weiss (batterie/chant) haussent fièrement le drapeau féministe et défendent, corps et âmes, ses couleurs par les voies d’un garage punk-rock. Un exercice auquel, du reste, elles s’étaient déjà livrées par le passé dans de nombreuses et honorables formations telles que Sleater-Kinney, Hélium, Quasi, The Minders et Stephen Malkmus & The Jicks (side-project articulé autour du leader de Pavement).

Si l’on trace rapidement le diagramme de « White Flag », on constate qu’il était presque inévitable que ces quatre Dames de la musique rock convergent un jour vers un projet collectif. Plus d’une décennie de collaborations indirectes et de tournées communes où Brownstein, Cole, Timony, et Weiss gravitaient inlassablement autour de la même sphère musicale.

C’est dans le cadre du documentaire ‘! Women Art Revolution !’ de Lynn Hershman, film dont les quatre artistes étaient chargées de la production instrumentale, que les quatre femmes bossent ensemble pour la première fois. Une coopération contagieuse qui donne naissance à « Wild Flag » : ‘Je pense que nous avons réalisé que nous pouvions être supérieures à la somme de nos parties, que nous n’étions plus simplement quatre pièces d’un puzzle disparate. Faire sens ensemble, mais le sens d’un ensemble cohérent et dynamique. Il s’agit encore de chimie, il est toujours exaltant et valorisant d’apprendre à jouer collectivement. Vous devriez essayer !’, s’explique Brownstein.

C’est donc sereinement que le quartet étasunien se dirige vers le studio Hangar de Sacramento pour enregistrer son album éponyme en avril 2011, bénéficiant de la participation de l'ingénieur Chris Woodhouse. Les voix exceptées, toutes les pistes sont enregistrées en direct.

Les premières impressions laissées par ce premier elpee reposent d’abord sur l’immédiateté, la spontanéité des mélodies renforcées d’une incroyable énergie, d’une joie de jouer et du pur délice inventif du songwriting. Une musique qui force le corps et le visage à s’exalter et frôle l’incandescence.

Les sons qui s’élèvent du morceau d’ouverture se revêtent très vite d’un jeu de guitare imbriqué et de rageuses mélodies vocales. "Romance" est un titre complet, un tourbillon radieux poignardé d’orgues sixties et d’une batterie percutante. Ensuite, « Future Crimes » (premier single de l’album), un rock classique et populaire merveilleusement interprété par Marie Timony. A la guitare et au chant. Et sa voix confère une dimension quasi épique à la composition initiale. Quant à "Glass Tambourine», il adopte une approche plus furtive, édifiant un crescendo puissant. Les harmonies douces cèdent progressivement l’espace musical à des sons tous azimuts et à une distorsion prégnante.

Un elpee qui s’écoute jusqu’à la fin et propose, à l’image des autres pistes, deux derniers titres de qualité. Tout d’abord, "Racehorse" et son groove furieux mené par Carrie Brownstein qui excite l'auditeur en murmurant ‘Je suis un cheval de course, oui, je suis un cheval de course, mettez votre lune sur moi !’ Et, franchement, qui déclinerait une aussi charmante invitation? Attisé par le piano de Cole et la batterie tonitruante de Weiss, ce final nous plonge dans les atmosphères sulfureuses d’un night-club miteux, bruyant et criard. Un tourbillon extatique qui ne peut ne pas séduire. Un dix titres qui s’achève par « Black Tiles ». Un ultime morceau aux guitares classiques décalées et aux vocaux subtils.

« Wild Flag », l’un des plus impressionnants albums punk-rock de l'année qui devrait certainement plaire aux mélomanes les plus exigeants.

 

Wilco

The Whole love

Écrit par

Outre Jeff Tweedy, le leader de Wilco, il ne demeure plus du groupe originel que le bassiste John Stirratt. Le claviériste Mikael Jorgensen et le percussionniste Glenn Kotche n’ont débarqué qu’en 2000. Et c’est en 2007, que la formation a accueilli le multi-instrumentiste Pat Sansone ainsi que le guitariste Nels Cline. Depuis, le line up semble s’être stabilisé.

« The whole love » fait donc suite à « Wilco (The Album) » paru en 2009. Et il s’agit du premier album publié sur leur propre label, dBpm. En fait, le band estimait ne plus avoir la maîtrise de sa création chez Nonesuch.

Découpé en12 titres, l’elpee s’ouvre et s’achève par les deux plus longues pistes. Respectivement 7’12 pour « Art of Almost » et 12’02 pour « One Sunday morning ». Atmosphérique, la première s’achève dans une nébuleuse krautrock. Quand à la deuxième, semi-acoustique, elle constitue manifestement une des plus belles compos réalisées par le groupe. L’intensité y est permanente. L’émotion aussi. Faut dire que les lyrics y traitent du différent qui a déchiré Jeff et feu son père. Des textes le plus souvent sinistres, mais qui pour la circonstance, se veulent quelque part prophétiques…

Le reste de l’opus ne manque pas d’allure, mais se révèle beaucoup plus éclectique. L’elpee recèle ainsi l’une ou l’autre chanson plus intimiste (« Sunloathe », « Open mind » et un « Black moon » tapissé d’arrangements de cordes). Un titre de music-hall fantaisiste, abordé dans l’esprit des Beatles époque « Double blanc » (« Capitol City ») et un autre bien enlevé, dont la guitare rythmique épouse un motif de guitare réminiscent de Wire circa « 154 » (« Rising red lung »). Puis deux morceaux offensifs, propulsés par la section rythmique, et dont le sens mélodique peut rappeler la face la plus pop de Broken Social Scene (« I might » et le contagieux « Born alone », lardé d’accords de six cordes ‘stridulents’).

Le 8ème elpee de Wilco est particulièrement réussi. Probablement le meilleur depuis « Yankee Hotel Foxtrot ». Et plutôt que la somme de talents, comme constaté sur les deux précédents long playings, il est le résultat d’une cohésion remarquable entre tous les musicos, chacun d’entre eux se mettant au service de l’ensemble.

 

Laurent Voulzy

Lys & Love

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La soixantaine déjà bien entamée (il est né en 1948), Laurent Voulzy, perfectionniste jusqu’au bout des ongles, nous sort seulement et hélas, ajoutera-t-on, son cinquième album studio. « Le cœur grenadine » date de 1979, « Bopper en larmes » de 1983 et ensuite, il faut quasiment attendre une petite dizaine d’années avant de pouvoir se mettre sous la dent une nouvelle galette de ce Guadeloupéen, Parisien d’adoption et ‘petit frère’ de cœur d’Alain Souchon. Certains diront que c’est une forme de paresse, d’autres parleront de souci du détail…

Quoi qu’il en soit, Laurent Voulzy est parvenu à fidéliser un large public et a signé une vingtaine de tubes comme chanteur en seulement quatre albums, et plus d'une trentaine comme compositeur pour Alain Souchon. A ce titre et rien que pour cette raison, même si on peut parler de lenteur excessive ou bien de perfectionnisme exacerbé, la parution d’un nouvel album de Laurent est un (petit) événement en soi.

« Lys & Love » ne déroge pas à la règle, événement il y a. L’objet en lui-même est déjà une œuvre à part entière. Pochette cartonnée luxueuse, photo de couverture superbe (Voulzy de dos au sommet d’une falaise en bord de mer), carnet richement illustré, paroles imprimées dans les trois langues utilisées, parfait !

Et le contenu ? A la hauteur du contenant ?

A la première écoute, c’est la surprise, la grosse, l’énorme même. Pas de tube immédiat à l’horizon. Les fans de la première heure seront passablement étonnés. On est à des lieues des hits qui nous harponnaient toutes les trois/quatre minutes sur « Caché derrière » ou « Avril ».

Laurent Voulzy tente ici un pari, un projet atypique. « Lys & Love » se lit, se regarde, s’écoute comme une suite de tableaux. L’objet de tous les désirs est « Jeanne » femme rencontrée sur « Le tableau » en 2010 et qui va replonger cet éternel amoureux en 1400. C’est par ce morceau que débute l’opus, titre plus chuchoté que chanté, déclic historique, clé qui nous ouvre une porte vers le Moyen-âge. De l’autre côté de la Manche, quelque part au milieu de vieilles ruines perdues dans les brumes des Cornouailles…

La quête de l’artiste est parsemée d’épisodes relatifs à l’histoire de France, aux croisades, à la recherche perpétuelle de l’amour et aux légendes moyenâgeuses. Rêve d’enfance et de jeunesse !

Musicalement, à la fin de l’œuvre, l’impression laissée est que le premier instrument et le principal sont les chœurs. Tout semble s’articuler autour de ceux-ci. Envoûtants, ils donnent une dimension réellement aérienne aux plages phares que sont « En regardant vers le pays de France », « Ma seule amour », « Le ciel et la terre » et « La neuvième croisade ». Fausse impression cependant, car Laurent laisse éclater son immense génie musical sur d’autres perles dont le premier single issu de l’album, l’excellent « Jeanne » ou encore le très médiéval « Blackdown », caractérisé par son instrumentation d’époque (?)…

« C’était déjà toi » sera probablement le second single issu de cet album. Du Voulzy pur jus, coécrit avec son compère de toujours à qui l’on doit encore les lyrics de la superbe ballade « La nuit ».

Deux morceaux absolument fabuleux captent inévitablement encore l’attention, « Ma seule amour », poème de Charles d’Orléans génialement mis en musique, tout en chœurs et en subtilité et dont le refrain, en anglais, est confié à Roger Daltrey (ex Who), véritable pépite de la chanson française depuis perpète.

Reste une toute grosse pièce, « La 9ème croisade », plage d’un quart d’heure, aux rythmes et sonorités arabes, envoûtant l’auditeur dès les premiers arpèges. Le texte est un poème d’Abu Firas à nouveau retravaillé, pétri par les mains de Laurent qui en fait une croisade d’amour ; sa croisade, sa quête vers l’amour absolu qu’est sa ‘Jeanne’. Ce titre, en première partie tout empreint d’une couleur exotique arabisante se transforme en rock progressif de la meilleure veine que n’aurait certes pas renié le « Yes » de la meilleure époque (NDLR : voire même Supertramp !) Absolument dantesque !

« J’aime l’amour » résume en cinq petites minutes la finalité de ce voyage, de cette croisade d’un autre style, d’une autre époque.

Laurent Voulzy a vraiment un côté maniaque qui l’honore. Poussant le souci du détail jusqu’à introduire des sons qui laissent pantois. Cavalcades, cloches, chœurs, instruments baroques, grelots, tout y est pour nous plonger dans une espèce de ‘Merlin l’enchanteur revisité’.

Enchanteur, Voulzy l’est sans conteste, nous entraînant dès la première note dans un monde dont on ne sort pas indemne douze titres plus tard. Et dire que ce type a 63 ans et peut-être faudra-t-il attendre qu’il passe le cap de la dizaine supérieure avant de ne nous livrer sa prochaine œuvre…

La réussite absolue ! L’album français de l’année, voire de ce début de XXIème siècle ! 

 

Toto

In The Blink of an Eye / Greatest Hits 1977-2011

Écrit par

S’il ne s’agit pas de la première compilation de Toto, nous tenons ici sans nul doute la meilleure. Il serait difficile de faire mieux en matière de récapitulatif d’une carrière irréprochable. « In the Blink of an Eye » balaie trente-cinq années de hits AOR, Metal, pop rock, voire carrément funky.

Certains titres présentent un intérêt relatif, tant ils ont été diffusés en radio. « Africa », « Hold the Line », « 99 », « Rosanna », « Georgy Porgy » etc. sont tous excellents, mais il faut bien avouer que le gavage médiatique dont nous sommes les victimes les a rendus quelque peu ennuyeux. Par contre, quel bonheur de redécouvrir des compos de la période plus hard, et moins commerciale, de la formation élitiste.

« Don’t Chain My Heart », et surtout le sublime « Wings of Time » constituent de véritables pépites, mais nettement moins diffusées.

Au total, seize titres incontournables d’un combo qui a marqué son époque par l’intensité de ses mélodies et le côté ‘Haut de gamme’ de tous les musiciens qui s’y sont succédé. Un cadeau de fête plutôt sympa !

 

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