L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Chroniques

The Caribbean

The Discontinued Perfume

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The Caribbean est une formation originaire de Washington qui n’en est pas à son coup d’essai puisque « Discontinued Perfume » constitue leur sixième album. Le trio, devenu quintet en 2004, est né des cendres de deux autres formations, The Townies et Smart Went Crazy. Actif depuis 2001, The Caribbean cherche encore la reconnaissance. Dix ans plus tard, le projet des cinq Ricains demeure relativement discret. On comprend mieux à l’écoute de ce « Discontinued Perfume ». Quelques bribes d’idées jetées ici et là, sans conviction palpable. La formation se contente de produire une pop tranquille, qui fait son bonhomme de chemin sans se presser ou se soucier des états d’âme de l’auditeur.

The Caribbean tente d’installer ses bagages dans des cargos déjà investis et conquis par une myriade de leurs contemporains. Pas de pot, les embarcations se sont taillées tranquillement depuis un bail. Et, au lieu de plonger pour les rattraper, les cinq matelots demeurent à quai, contraints d’admirer les navires s’éloigner à l’horizon, loin de leurs ambitions. Pas étonnant dès lors que The Caribbean peine à susciter un quelconque intérêt de ce côté de l’Atlantique…

 

Buffoon

Familiar Sounds

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« Familiar Sounds » de Buffoon rejoint le panthéon des disques inutiles. Le titre révèle la supercherie. Pas besoin de tenter d’extirper une quelconque originalité de ce premier LP, Peter Vleugels et ses comparses l’ont tout simplement laissé à la porte du studio. D’autant plus navrant que les acteurs de Buffoon n’en sont pas à leurs coups d’essai. La formation réunit des membres de Fence, Millionaire, Evil Superstars et Creature With The Atom Brain. Rien que ça. « Familiar Sounds » est un disque certes sans détours, mais un peu facile. Chacun des riffs de la plaque renvoie à d’autres groupes autrement plus inspirés. « The More I Try », « Did We Forget (The Appendice) » et « What The Doctor Said » sont probablement les seuls titres qui se distinguent du reste de cette compote indigeste. Plus particulièrement « What the Doctor Said » et « Did We Forget », qui prouvent que la troupe belge a quelques bonnes idées, malheureusement trop inexploitées ici. Anecdotique.

 

Ryan Adams

Ashes & Fire

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De toute évidence, Ryan Adams n’est jamais parvenu, à ce jour, à égaler la beauté de son diptyque « Love Is Hell », la fraîcheur de « Heartbreaker » ou la grandeur de « 29 ». Si l’on omet « Demolition » et que l’on considère les deux volumes de « Love Is Hell » comme un seul et même ouvrage, « Ashes & Fire », représente le septième Lp solo du camarade Adams. Un nouvel élément discographique qui témoigne d’une volonté de retourner aux sources. On retrouve donc au sein de « Ashes & Fire » quelques-uns des ingrédients qui ont fait le succès des disques précités. Seulement, la fougue de la jeunesse qui alimentaient « Heartbreaker » ne sont plus ici qu’un lointain souvenir et les émotions libérées par « Love Is Hell » et « 29 » complètement délaissées.

« Ashes & Fire » n’est pas un mauvais disque en soi mais intéressera principalement les inconditionnels du chanteur. Adams met un petit bémol sur l’Americana pour créer des mélopées plus folky, mais elles ne provoquent d’étincelles qu’à quelques rares occasions (« Invisible Riverside », « Rocks », « Chains Of Love », « Lucky Now »). Le souci principal de Ryan Adams en ce moment, c’est que, depuis la sortie de « Cold Roses » en 2005, il devient difficile de distinguer ses œuvres en solitaire de celles pour lesquels il s’entoure de ses Cardinals. Ryan Adams s’est donc contenté de faire du Ryan Adams… Pas dégueulasse, mais pas inoubliable non plus.

 

Thundercat

The Golden Age of Apocalypse

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Derrière Thundercat se cache Stephen Brunner, un bassiste talentueux, mieux connu pour avoir bossé pour en compagnie de grosses pointures comme Leon Ware ou Snoop Dog. Il a donc décidé de se lancer dans une aventure en solitaire et nous propose aujourd’hui son premier opus, « The Golden Age of Apocalypse », un disque produit par Flying Lotus.

Le logo reproduit sur le recto de la pochette est plutôt réussi et nous renvoie à un célèbre dessin-animé des années 80. L’opus est découpé en 13 morceaux dominés par le clavier, la basse et la batterie. Pas de chant. Peu des titres transcendants, mais correctement torchés. Le problème procède surtout de la similitude des compos, ce qui rend, au final, l’ensemble monotone. En fait, il ne manque pas grand-chose à la musique de Thundercat pour faire la différence. Une voix. Féminine, par exemple. Et puis des interventions de basse plus percutantes, afin de dynamiser les pistes. En attendant, l’expression sonore se contente de baigner au sein d’une lounge paisible et légèrement jazzyfiante. Dommage !

 

The Strange Boys

Live Music

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Il s’agit déjà du troisième album, en trois ans, pour cet ensemble texan. Issu de Dallas, mais établi à Austin. Leur nouvel opus a été enregistré, un peu comme un ancien vinyle ; la première face a d’ailleurs été concoctée à Austin, sous la houlette de Jim Eno, et la seconde au studio Costa Mesa (NDR : c’est en Californie) par Mike Mc Hugh.

Ce qui frappe tout d’abord chez cette formation yankee, c’est la voix du chanteur/guitariste/harmoniciste, Ryan Shamble. Ecorchée vive, elle campe un hybride entre celle de Ray Davies (Kinks) et de Peter Perrett (Only Ones). Seul problème, au fil du temps, elle peut finir par taper sur le système. Car musicalement, ce « Live Music » tient parfaitement la route, même si on aurait souhaité, de temps à autre, quelques accélérations de tempo. Puisant ses références essentiellement dans la country, le garage, le blues et le r&b. Et en particulier chez Screamin’ Jay Hawkins, les Animals ainsi qu’Alan Price (surtout lors des ballades), et accessoirement chez les Stones et Bob Dylan (NDR : l’harmo !) Le son est sale et régulièrement éclaboussé d’accords de piano ‘honky tonk’. Un coup de cœur ? « Over the river and through the woulds ». Une plage caractérisée par ses riffs de gratte bien crades, mais terriblement excitants, dignes de Keith Richards.

 

Skeletons

People

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Ce deuxième album de Skeletons (ou Skeleton$) est une œuvre dont on risque fort de se souvenir encore d’ici quelques années. Une qualité que l’on ne rencontre que très rarement. Dommage que mon top 20 de l’année soit déjà établi, sans quoi, ce « People » figurerait certainement sur le podium.

Cerveau de la formation new-yorkaise (Brooklyn, comme par hasard !), Matt Mehan appartient à cette catégorie de génies qui se foutent pas mal des formats préétablis. L’Américain redéfinit tout simplement les contours de la musique. Dans sa manière de composer tout d’abord. Loin de tout modèle, seul dans sa bulle. Mais la musique de cette formation à géométrie variable évoque irrémédiablement Animal Collective, Gstr Del Sol et Tortoise

Skeletons n’est pourtant pas le type de groupe qui accepte de se laisser coller l’une ou l’autre étiquette. Pourtant, il pourrait revendiquer relever du nu-folk, du post-math-rock et même du nu-jazz. A l’instar de l’artwork reproduit sur la pochette, la musique de Skeletons possède de multiples facettes. Difficile dans ce cas de décrire cette solution sonore, à l’aide de mots. En extrapolant, on pourrait cependant l’imaginer à la croisée des chemins d’Animal Collective (NDR : en compagnie desquels ils ont d’ailleurs bossé), Akron/Family, Battles et même Sufjan Stevens. Malaisé de faire mieux au niveau de références !

L’album s’ouvre par « L’il Rich », une plage qui aurait pu figurer au répertoire d’Animal Collective. Soit sur l’album « Sung Tongs » ou alors « Feels ». A cause de cette ligne de guitare en retrait, des chuchotements mélancoliques et des claviers atmosphériques. A l’instar du groupe de Baltimore, Skeletons maîtrise parfaitement l’art des crescendos psychédéliques. Les riffs de guitare hypnotiques dispensés tout au long de « Grandma » et « Tania Head » évoquent plutôt Battles. Chaque titre jouit de ses propres caractéristiques. Huit perles atypiques et majestueuses qui s’enfilent sans le moindre accroc. Et lorsque le disque est terminé, on n’a qu’une seule envie : appuyer une nouvelle fois sur la touche ‘play’.

Une chose est sûre, ce « People » risque fort de devenir mon disque de chevet. Et pour un bon bout de temps. Skeletons est clairement ma découverte de l’année.

 

Seapony

Go with me

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Il s’agit du premier album de ce trio américain, issu de Seattle très exactement; un elpee qui fait suite à la sortie de quelques singles et Eps. Pas de drummer chez cette formation, mais une boîte à rythmes, ce qui plonge les 12 compos de cet opus, dans un climat, ma foi, plutôt new wave. D’autant plus que duveteux ou bringuebalants, les accords de guitare sont sculptés tour à tour, dans la noisy ou le surf. Des chansons qui baignent dans un climat empreint de douceur et de mélancolie. A cause de la voix éthérée, monocorde de Jen Weidl. Sans pourtant sombrer dans la monotonie. Les mélodies des chansons sont particulièrement contagieuses. C’est ce qui fait le charme de cet opus susceptible de rappeler, à des degrés divers Belle & Sebastian, Magnetic Fields, Vivian Girls, The Raveonettes ou encore The Field Mice, mais en plus dépouillé.

 

S.C.U.M.

Again into eyes

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Chez S.C.U.M., militent Huw Welb, c’est-à-dire le frère de Rhys, bassiste chez The Horrors et Samuel Kilcoyne, le fils de Barry Smith, ex-membre du groupe electro Add N to (X), une formation londonienne qui a choisi pour patronyme le sigle de la société Cutting Up Men (S.C.U.M.), association féministe qui prône la castration des mâles. Marrant quand même de relever chez ce combo, la présence d’une seule femme, Melissa Rigby. Et elle est préposée aux drums (NDR : bon, bien sûr, elle peut mener son entourage à la baguette…) Franchement, à la place des mecs, je protégerai surtout les bijoux de famille…

Produit par Ken Thomas (Coldplay, Kings of Convenience), “Again into eyes” est partagé en deux parties bien distinctes. La seconde, se concentre essentiellement sur les compos expérimentales, atmosphériques, ambient, krautrock, indus même. Pas vraiment une réussite. Quant aux premiers morceaux de l’elpee, ils passent beaucoup mieux la rampe, baignant, en général au sein d’un climat cold wave. A cause du tempo, bien sûr. Tribal, hypnotique. Puis des synthés glaciaux. Sans oublier le baryton maniéré, de mauvais augure, incantatoire, de Thomas Cohen. Les fantômes de Joy Division et d’Echo & The Bunnymen rôdent…

 

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