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Gary Numan
Editors
Chroniques

Naughty Mouse

Staring At The Sun

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Après avoir enregistré la capitulation des excellents Cowboys n’Aliens, on se demandait bien qui aurait bien pu avoir l’audace de publier une plaque de Stoner Rock en Belgique.

Nos compatriotes de Naughty Mouse semblent vouloir relever le défi en délivrant un « Staring At The Sun » allègrement graissé et lubrifié. Ils s’auto-définissent comme les fils spirituels d’Elvis, des Stooges et de Kyuss. Ils ont écouté énormément ces derniers, mais aussi Fu Manchu et Soundgarden. A la frontière du Desert Rock, bien que la nuance entre ce style et le Stoner m’a toujours un peu échappée, Naughty Mouse se veut aussi groovy et psychédélique. Les instruments trébuchent, entrent en collision. Le son sature, grince, et le chant, plaintif et huileux, s’inscrit dans la pure tradition du genre.

Si certains riffs peuvent paraître banals et entendus 1 000 fois, on se réjouit davantage de l’atmosphère désertique, omniprésente tout au long des treize plages de ce premier effort des Bruxellois. On leur souhaite d’ailleurs de pouvoir défendre ce « Staring At The Sun » durant les festivals d’été. Le Stoner Rock belge se conjugue désormais au présent ! Qui s’en plaindra ?

 

My Bee’s Garden

Hunt The Sleeper

Écrit par

Fort d’une tournée opérée en compagnie de Tame Impala en 2010, My Bee’s Garden publie un premier disque tout en retenue qui n’est pas sans évoquer Little Dragon ou Deerhoof, le grain de folie en moins. Ce qui n’est pas un point négatif. Parce que le projet mené par Melody Prochet privilégie la douceur et le raffinement aux expérimentations tous azimuts. Cette douceur, on la doit aussi bien aux arrangements luxuriants qu’au joli timbre de voix de la demoiselle, proche de la fort regrettée Trish Keenan (Broadcast).

Sans jamais hausser le ton, elle nous entraîne dans un univers féérique, surréaliste, aux limites de la conscience. Un véritable travail d’illusionniste dans lequel on se laisse piéger avec délectation. Parce que « Hunt The Sleeper » est avant tout une ode aux songes. Les réverbérations bien dosées rehaussant les magnétiques « The Noise It Makes », « Alison »  ou « Les Mêmes Histoires » amplifient ce sentiment. « Hunt the Sleeper » est un disque hypnotique, à écouter couché, les yeux rivés au plafond. Et les oreilles grandes ouvertes,  la voix de la petite fée parisienne se chargeant du reste…

 

Gary Moore

Live At Montreux

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La sortie de “Live At Montreux” était prévue bien avant le décès du célèbre guitariste irlandais. La plaque, également déclinée en format DVD, fait ainsi figure de premier hommage ‘commercial’ à l’ex-Thin Lizzy. Un show qui présente un Moore dans sa version hard rock et non bluesy. En témoigne, une set list axée prioritairement sur les elpees « Run For Cover », « Wild Frontier » et « After The War ».

C’est dans le cadre du célèbre Montreux Jazz festival, en juillet 2010, que ce flamboyant témoignage a été enregistré, et filmé. En ouverture, on se prend le puissant « Over The Hills And Far Away », titre qui a connu une seconde jeunesse avec la version bien ficelée de Nightwish.

Gary n’a rien perdu de ses qualités guitaristiques, et la prise de son est excellente. En revanche, sa voix n’est plus celle qu’il avait au beau milieu des années 80. Une performance qui fort heureusement s’améliore au fil des morceaux. « Military Man », « Blood of Emeralds » et « Out In The Fields », sont autant de classiques du hard eighties qui nous filent le frisson.

L’autre intérêt de ce bel ouvrage procède de trois titres inédits, et fort probablement, des dernières compos de Gary. Un titre très heavy, aux accents celtiques (« Days of Heroes »), une ballade au solo ravageur (« Where Are You Now ? ») et un bon tube rock en puissance (« Oh Wild One »). Le final, constitué d’un « Johnny Boy » joué en acoustique et d’une version longue durée du grand classique « Parisienne Walkways » est tout simplement époustouflant. Un grand moment d’émotion indispensable à tous les amateurs de ‘classic rock’.

 

Mister Heavenly

Out of love

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Non content de sévir chez Islands et The Unicorns, Nick Thorburn multiplie les projets, à une cadence infernale. Le dernier ? Mister Heavenly, un super groupe, au sein duquel il a réussi à entraîner Ryan Kattner (Man Man) et Joe Plummer (Modest Mouse). Et Nick a décidé de créer un nouveau style : le doom wop, fruit de la rencontre entre l’indie et le doo-wop. En réalisant en quelque sorte un compromis entre le pop/rock alternatif contemporain et la musique des 50’s, et tout particulièrement en pastichant les ensembles vocaux classiques de R&B de cette époque comme les Penguins, les Platters et les Moonglows (NDR : c’est Nick qui le prétend!) Le tout en y injectant une bonne dose d’humour. Bref, un opus plutôt agréable à écouter, dont les riffs parfois très tranchants sont cependant bien maîtrisés, et dont les compos oscillent entre le surf, le rétro, la pop hymnique (NDR : ces harmonies vocales à la Supergrass !) et le rock branque, sans jamais tomber dans le kitsch. Et ça c’est déjà une performance ! On attend impatiemment la suite des aventures de Mister Heavenly…

 

The Minutes

Marcata

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Ce trio irlandais a enregistré son premier elpee au studio Marcata à New York. Ce qui explique le titre de cet album. Un disque découpé en 11 plages pulsantes, stimulantes, urgentes, qui déchirent littéralement. Boostées à l’énergie punk et saupoudrées tantôt de garage, de blues ou de noisy, elles libèrent un rock n’ roll old school de toute bonne facture. Des références ? White Stripes, The Datsuns, Therapy ?, Black Rebel Motorcycle Club (NDR: l’hypnotique, groovy et lancinant “I.M.T.O.D.”, caractérisé par ses accords de gratte brumeux et guidé par une ligne de basse mélodique), Led Zeppelin (NDR : frénétique, « Guilt Quilt » semble parfois calqué sur « Rock and roll »), mais surtout et avant tout Humble Pie. Même le chanteur emprunte certaines inflexions vocales (NDR : graveleuses !) à Steve Marriott. L’opus recèle le single « Black keys », qui était paru en 2009 et puis une compo quand même mid tempo, quoique particulièrement puissante, « Heartbreak ». C’est probablement celle qui m’a fait le plus flasher. Confidence : j’ai toujours adoré ce type de métal…

 

Christophe Maé

On trace la route-Le live

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Christophe Maé est, depuis quelques années, un véritable phénomène. C’est de notoriété publique. Il est beau gosse, il a la classe, une voix hors du commun, et sa musique est imprimée sur des rythmes endiablés… On aime ou on n’aime pas, mais ce p’tit gars-là est un véritable artiste. Il sort un second ‘live’ qui suit sa tournée « On trace la route ». Un peu facile et commercial ce concept, c’est certain. Pour rappel, « Comme à la maison », un ‘live’ enregistré sur une plage corse, avait déjà succédé à « Mon Paradis ». N’empêche qu’à chaque fois on est invité à une grande fête emplie de bonne humeur communicative, de la part de l’interprète. Ça chante, ça danse! En alternance, des mélodies qui perforent la tête telles qu’« On s’attache » ou « Belle demoiselle » et de douces chansons à l’écriture remarquable et remarquée comme « Mon P’tit gars », dédiée à son fils Jules. Et comme de coutume, quelques inédits viennent se glisser (« Un peu de blues », « Un autre monde »). Mais bien évidemment, on ne fait pas peau neuve sur un ‘live’, il n’est pas question de redécouvrir ici le chanteur sous un nouveau jour. C’est toujours du Chritophe Maé tout craché! Les Belges y trouveront peut-être une satisfaction supplémentaire puisque Christophe Martichon (oui, oui, il s’agit bien du vrai nom de Christophe Maé) a choisi d’honorer la magnifique salle de Forest National pour y enregistrer « On trace la route-le live ». Plus d’un chanteur a déjà encensé le public bruxellois, le natif de Carpentras le récompense quelque peu.

 

Joker

The Vision

Écrit par

4AD est un label indépendant insulaire qui a toujours eu le nez creux pour dénicher de nouveaux talents. Les derniers en date ? Deerhunter, Bon Iver et Iron and Wine. Je m’attendais donc, en écoutant, le premier elpee de Liam McLean, alias Joker, à savourer une nouvelle découverte de l’écurie. Or, dès les premières notes de ce « The Vision », j’ai failli pousser un cri d’effroi. Je ne m’attendais pas du tout à me taper du r’n’b. Et pourtant, cette pochette ignoble aurait dû me mettre la puce à l’oreille.

Et la première plage de cet opus n’était pas de nature à me rassurer. Il faut dire que « Slaughter House » incarne tout bonnement ce qui provoque mon aversion pour ce style musical. Et si c’était une mauvaise blague, on ne peut pas dire qu’elle soit du meilleur goût. J’ai donc essayé de l’interpréter au second degré, afin de pouvoir continuer la lecture du cd. Car finalement, le natif de Bristol a le bon goût de ne pas trop insister. Enfin dans la foulée. « Tron » adopte ainsi un profil dubstep. Tout comme « My Trance Girl ». Manifestement, c’est dans cet univers, que l’Anglais s’est forgé une certaine notoriété comme producteur. Et il faut avouer qu’il y excelle ! On a même droit à du hip hop (« Lost »). Et puis, patatras, après nous avoir servi une plage aussi interminable que dispensable, Joker replonge dans le r’n’b. De quoi indisposer définitivement votre serviteur. Dommage, car si Liam s’était limité à ce qu’il fait de mieux, il aurait pu sauver cet elpee du naufrage...

 

Hey Colossus

RRR

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Si on tient compte des Eps, Hey Colossus vient de publier son huitième disque. Pas mal pour cet ensemble insulaire dont la discographie a débuté en 2004 ; d’ailleurs peu de groupes peuvent se targuer d’une telle productivité. Surtout lorsqu’elle est de qualité.

Hey Colossus a pourtant décidé de changer d’orientation musicale. De franchir le pas qui les séparait de la noise à l’expérimental. De libérer toute sa puissance. Chaque morceau semble ériger un véritable mur de son. Et les hurlements, du moins ce qui semble ressembler aux cris proférés par une voix humaine, amplifient toute cette violence obscure. De quoi vous flanquer des frissons partout ! Première conséquence de cette métamorphose, « RRR » se révèle bien moins accessible que ses précédents essais. Certaines pistes lorgnent même du côté de la drone de SunnO))). Une exception qui confirme la règle, « The Drang ». Une plage plus abordable, élaborée davantage dans l’esprit du Hey Colossus originel.

Hey Colossus a rejoint Todd et Part Chimp au sein de la catégorie des groupes les plus bruyants de Grande-Bretagne…

 

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