Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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The Cure
Ora Cogan
Chroniques

The Strange Boys

Live Music

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Il s’agit déjà du troisième album, en trois ans, pour cet ensemble texan. Issu de Dallas, mais établi à Austin. Leur nouvel opus a été enregistré, un peu comme un ancien vinyle ; la première face a d’ailleurs été concoctée à Austin, sous la houlette de Jim Eno, et la seconde au studio Costa Mesa (NDR : c’est en Californie) par Mike Mc Hugh.

Ce qui frappe tout d’abord chez cette formation yankee, c’est la voix du chanteur/guitariste/harmoniciste, Ryan Shamble. Ecorchée vive, elle campe un hybride entre celle de Ray Davies (Kinks) et de Peter Perrett (Only Ones). Seul problème, au fil du temps, elle peut finir par taper sur le système. Car musicalement, ce « Live Music » tient parfaitement la route, même si on aurait souhaité, de temps à autre, quelques accélérations de tempo. Puisant ses références essentiellement dans la country, le garage, le blues et le r&b. Et en particulier chez Screamin’ Jay Hawkins, les Animals ainsi qu’Alan Price (surtout lors des ballades), et accessoirement chez les Stones et Bob Dylan (NDR : l’harmo !) Le son est sale et régulièrement éclaboussé d’accords de piano ‘honky tonk’. Un coup de cœur ? « Over the river and through the woulds ». Une plage caractérisée par ses riffs de gratte bien crades, mais terriblement excitants, dignes de Keith Richards.

 

Skeletons

People

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Ce deuxième album de Skeletons (ou Skeleton$) est une œuvre dont on risque fort de se souvenir encore d’ici quelques années. Une qualité que l’on ne rencontre que très rarement. Dommage que mon top 20 de l’année soit déjà établi, sans quoi, ce « People » figurerait certainement sur le podium.

Cerveau de la formation new-yorkaise (Brooklyn, comme par hasard !), Matt Mehan appartient à cette catégorie de génies qui se foutent pas mal des formats préétablis. L’Américain redéfinit tout simplement les contours de la musique. Dans sa manière de composer tout d’abord. Loin de tout modèle, seul dans sa bulle. Mais la musique de cette formation à géométrie variable évoque irrémédiablement Animal Collective, Gstr Del Sol et Tortoise

Skeletons n’est pourtant pas le type de groupe qui accepte de se laisser coller l’une ou l’autre étiquette. Pourtant, il pourrait revendiquer relever du nu-folk, du post-math-rock et même du nu-jazz. A l’instar de l’artwork reproduit sur la pochette, la musique de Skeletons possède de multiples facettes. Difficile dans ce cas de décrire cette solution sonore, à l’aide de mots. En extrapolant, on pourrait cependant l’imaginer à la croisée des chemins d’Animal Collective (NDR : en compagnie desquels ils ont d’ailleurs bossé), Akron/Family, Battles et même Sufjan Stevens. Malaisé de faire mieux au niveau de références !

L’album s’ouvre par « L’il Rich », une plage qui aurait pu figurer au répertoire d’Animal Collective. Soit sur l’album « Sung Tongs » ou alors « Feels ». A cause de cette ligne de guitare en retrait, des chuchotements mélancoliques et des claviers atmosphériques. A l’instar du groupe de Baltimore, Skeletons maîtrise parfaitement l’art des crescendos psychédéliques. Les riffs de guitare hypnotiques dispensés tout au long de « Grandma » et « Tania Head » évoquent plutôt Battles. Chaque titre jouit de ses propres caractéristiques. Huit perles atypiques et majestueuses qui s’enfilent sans le moindre accroc. Et lorsque le disque est terminé, on n’a qu’une seule envie : appuyer une nouvelle fois sur la touche ‘play’.

Une chose est sûre, ce « People » risque fort de devenir mon disque de chevet. Et pour un bon bout de temps. Skeletons est clairement ma découverte de l’année.

 

Seapony

Go with me

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Il s’agit du premier album de ce trio américain, issu de Seattle très exactement; un elpee qui fait suite à la sortie de quelques singles et Eps. Pas de drummer chez cette formation, mais une boîte à rythmes, ce qui plonge les 12 compos de cet opus, dans un climat, ma foi, plutôt new wave. D’autant plus que duveteux ou bringuebalants, les accords de guitare sont sculptés tour à tour, dans la noisy ou le surf. Des chansons qui baignent dans un climat empreint de douceur et de mélancolie. A cause de la voix éthérée, monocorde de Jen Weidl. Sans pourtant sombrer dans la monotonie. Les mélodies des chansons sont particulièrement contagieuses. C’est ce qui fait le charme de cet opus susceptible de rappeler, à des degrés divers Belle & Sebastian, Magnetic Fields, Vivian Girls, The Raveonettes ou encore The Field Mice, mais en plus dépouillé.

 

S.C.U.M.

Again into eyes

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Chez S.C.U.M., militent Huw Welb, c’est-à-dire le frère de Rhys, bassiste chez The Horrors et Samuel Kilcoyne, le fils de Barry Smith, ex-membre du groupe electro Add N to (X), une formation londonienne qui a choisi pour patronyme le sigle de la société Cutting Up Men (S.C.U.M.), association féministe qui prône la castration des mâles. Marrant quand même de relever chez ce combo, la présence d’une seule femme, Melissa Rigby. Et elle est préposée aux drums (NDR : bon, bien sûr, elle peut mener son entourage à la baguette…) Franchement, à la place des mecs, je protégerai surtout les bijoux de famille…

Produit par Ken Thomas (Coldplay, Kings of Convenience), “Again into eyes” est partagé en deux parties bien distinctes. La seconde, se concentre essentiellement sur les compos expérimentales, atmosphériques, ambient, krautrock, indus même. Pas vraiment une réussite. Quant aux premiers morceaux de l’elpee, ils passent beaucoup mieux la rampe, baignant, en général au sein d’un climat cold wave. A cause du tempo, bien sûr. Tribal, hypnotique. Puis des synthés glaciaux. Sans oublier le baryton maniéré, de mauvais augure, incantatoire, de Thomas Cohen. Les fantômes de Joy Division et d’Echo & The Bunnymen rôdent…

 

ProXima

Lost Blood in Paris

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En observant l’artwork de la pochette (NDR : pas vraiment une réussite !), je m’attendais à devoir me farcir une solution sonore à la fois kitsch, à l’instar de celle des Pet Shop Boys, et destinée à la bande FM, comme seul Billy Idol était capable de la concevoir. Et finalement, ce sont plutôt les spectres des Libertines (« What Should I Do ? »), de David Bowie (« Goodbye My Love ») et de Placebo (« Hey Little Princess ») qui hantent le plus souvent cet opus. Malheureusement, malgré les riffs très rock ’n roll, dignes de Pete Doherty, qui alimentent de chouettes mélodies susceptibles d’accrocher instantanément l’oreille, les compos sont régulièrement gâchées par les vocaux (« The Seeds of Hope », « My Little Sweet Aida »).

Pour votre info, sachez quand même que ProXima est une formation fondée à Colombes, en 2001. Et que « Lost Blood in Paris » constitue le nouvel opus de ce band français, auquel il serait peut-être judicieux d’apporter du sang frais…

 

Pre

Third Album

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Ce troisième essai de Pre, comme le mentionne fort justement son titre, n’est pas un véritable album, mais un Ep auquel on a rajouté du rabiot. Et pour cause, les cinq nouvelles compos qui ouvrent le disque ne dépassent pas les 2 minutes.

Fidèle à leur punk convulsif, le quintet londonien est toujours décidé à pousser le mélomane lambda vers la crise de nerfs. Toujours dopée par l’hystérique Japonaise Akika Matsuura, responsable d’une voix excessivement aigüe, et balisée par des guitares grinçantes, la musique de Pre continue de marcher sur les traces de ses compagnons de label, Melt-Banana et Arab On Radar. Pourtant, contrairement à ses deux premiers opus, « Third Album » passe plus aisément la rampe. Pas difficile à comprendre, puisque cinq morceaux, c’est le maximum que l’on puisse endurer chez ce combo insulaire. Au-delà, la pilule est plus dure à avaler. Aussi, on se demande quand même pourquoi le label Skin Graft a ajouté huit pistes ‘inédites’ dispensables. Pas une bonne idée ! Dommage, car les 5 plages valent leur pesant de frémissements. Enfin, si ce type d’expression sonore ne vous rebute pas trop…

 

Plaid

Scintilli

Écrit par

Plaid est un duo réunissant Andy Turner et Ed Hanley, militant autrefois sous le patronyme de The Black Dog. Le groupe, mine de rien, compte déjà 20 années d’existence, et « Scintilli » constitue son nouvel opus.

Instrumental, le morceau d’ouverture introduit intelligemment et subtilement l’œuvre, caractérisée par sa sensibilité féminine et ses sonorités cristallines. Mais au fil de l’écoute de cet elpee, c’est la déception qui finit par nous envahir. Pas que le disque soit de mauvaise facture, mais il est un peu trop paisible. Ne prend aucun risque. Trop sur la réserve. Mou du genou, il ne décolle qu’en de trop rares occasions.

En opérant un tri au sein du tracklisting, on épinglera « Unbank », qui est une véritable perle, au cours de laquelle le tandem envoie l'artillerie lourde. Et puis « Upgrade », dont les arrangements électro-synthétiques nous propulsent directement la tête dans les étoiles. A contrario, plus que dispensable, « Eye Robot » est sevré de mélodie. Il faut alors attendre le dernier morceau, judicieusement intitulé « At Last », pour enfin ouvrir de nouvelles perspectives. Quoiqu’atmosphérique, il est dynamisé par ses brisures de rythmes et se révèle, au final, renversant. Dommage que tout l’album ne soit pas de cette trempe ; Plaid aurait alors pu donner une nouvelle dimension à l’électronica…

 

Josh Ottum

Watch TV

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On avait perdu de vue Josh Ottum depuis la publication en 2007 du confidentiel et agréablement estival « Like The Season ». C’est qu’il a pris son temps, le diable. Quatre ans plus tard, il publie « Watch TV », une nouvelle série de douze ritournelles que l’on attendait impatiemment. Une patience qui n’est que peu récompensée par l’auteur des faits. Ottum ne franchit pas sans embûche le cap du douloureux second album. Et, même sans le comparer à son précèdent essai, « Watch TV » est une œuvre linéaire qui ne dégage rien qui ne puisse en faire le disque de la révélation. Les morceaux intéressants se comptent d’ailleurs sur les doigts de la main (« Not Build For Two », « Fool In The Night », « Storms In the Summertime »). Et la présence de Richard Swift aux manettes ne parvient pas beaucoup plus à sauver cet opus du naufrage. Ottum l’a peut-être compris lui-même, en intitulant son œuvre « Watch TV »...  

 

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