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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

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The Cure
Biohazard 8/8/26
Chroniques

Miles Kane

Colour of the Trap

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Miles Kane, c’est le compère d’Alex Turner au sein des magnifiques Last Shadow Puppets, mais également l’ex-leader du groupe The Rascals. Pas étonnant que le projet solo de la petite frappe anglaise ait déclenché un véritable un raz-de-marée médiatique, au cours de ces dernières semaines. Mais l’engouement populaire provoqué par le natif de Liverpool est-il mérité (NDR : le concert au Botanique est complet, alors qu’il n’a pas encore sorti d’album !)

Dans les grandes lignes, la musique de Miles Kane évoque une version ‘croonée’ de celle d’Artic Monkeys. Alex Turner a d’ailleurs coécrit la moitié des compos de « Colour of the Trap ». Suffit d’écouter « Kingcrawler » ou le single « Inhaler », pour en être convaincus. Produit par Dan Carey et Dan The Automator, l’album trempe dans la pop bien britannique, au sens mélodique si caractéristique. La britpop, si vous préférez. Ainsi, « Telepathy » et « Quicksand » se révèlent très ‘Merseysound’ dans l’esprit de The Coral (NDR : Miles est d’ailleurs le cousin de James Skelly…), « Colour of the Trap » est une ballade réminiscente de The Verve, « Rearrange » affiche une gouaille que n’aurait pas renié Supergrass alors que pour le classieux « My Fantasy », Kane est soutenu par Noël Gallagher. Sans oublier le single imparable « Millions Miles Away ». Autre duo, celui qu’il partage auprès de la Française Clémence Poésy, sur « Happenstance ». Sexy, mais décevant !

Outre son sens mélodique très aiguisé, Miles Kane possède la classe de Plan B tout en affichant la morgue et la nonchalance des frères Gallagher. A ne pas manquer le 18 août au Pukkepop !

Kill The Young

Thicker than water

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« Thicker than water » est un magnifique hymne à la mémoire.

Après plusieurs années d’absence, absence consécutive à l’état de santé d’un proche, qui s’est éteint après avoir lutté contre une longue et pénible maladie, les trois jeunes frères natifs de Manchester reviennent plus forts que jamais.

Toujours fidèles à leur ligne de conduite, les musiciens de Kill The Young continuent de défendre leurs revendications (NDR : le rythmé « Darwin smiles ») face à la pression exercée par la société de consommation sur les jeunes. Et dans un créneau qui leur est bien propre. Même s’ils puisent leurs influences autant dans le post-punk anglais que le rock yankee ; et plus précisément le grunge de Smashing Pumpkins et la noisy de Sonic Youth.

Après avoir commis deux elpees, en 2005 et 2007, deux opus qui avaient séduit le Continent, par sa singularité et son style, Kill The Young a gagné en maturité. Et « Thicker than water » en est la plus belle démonstration. Il faudra donc s’attendre à ce que ce groupe reprenne la place qu’il avait provisoirement abandonnée. Et récupère son statut de formation conquérante. Personnellement, je suis conquise !

Marcus Malone

Let the sunshine in

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Originaire de Detroit, Marcus est un chanteur de couleur noire. Il est très présent sur le circuit du blues européen, depuis plusieurs années ; il est même plus populaire en Angleterre que sur sa terre natale. Il a déjà publié quelques albums : "One more time" en 2000, "Walkin' shoe" en 2002, "Blue radio" en 2005 et enfin "Hurricane" en 2007. "Let the sunshine" constitue donc son tout dernier.

Le titre maître ouvre l’elpee. Malone imprime le rythme d'un boogie sur cette compo qu’il a écrite en compagnie de Gene Black, l'actuel gratteur du Joe Cocker Band ; une chanson au refrain particulièrement contagieux. L’ex-harmoniciste de Nine Below Zero, Alan Glenn, souffle puissamment dans son harmo pendant que Julian Burdock (24 Pesos) malmène sa slide et Stuart Dixon enchaîne les riffs rythmiques, à l'avant-plan. "If I had another chance" est un shuffle à la sauce texane, un style que Stevie Ray Vaughan défendait si bien naguère. Campant un timbre oscillant entre Paul Rodgers et Joe Cocker, la voix de Malone est ici superbe. Julian Burdock impressionne par son assurance. "Back to paradise" est hydraté par les infiltrations d’orgue Hammond dispensées par Moz Gamble et alimenté par une section de cuivres. Dans un registre, à nouveau fort proche de l’ancien leader de Free, sa voix ressort admirablement de l'ensemble. "Would it matter" est une superbe ballade indolente, un blues volontiers dramatique, au cours duquel l'orgue de Gamble réconforte par ses interventions chaleureuses, pendant que Stuart Dixon tire son épingle du jeu. Autre ballade, "Heartbreak kid" est plutôt sculptée dans le country rock. Mélodieuse, mais plus rythmée, elle est enrichie de superbes chœurs développés à la manière des Eagles. Boogie pétillant, "99 tears" est balisé par l'orgue et le piano. Blues rock typique, "Bad girls" est un morceau rondement mené. La voix colle parfaitement à ce style. Elle est ainsi très susceptible de monter en puissance sans se forcer. R&B très musclé, "She's my girl" nous ramène à l’époque du J Geils Band ; d’ailleurs, Alan Glenn souffle probablement en pensant à Magic Dick. "I was a fool" est encore une compo issue de la plume de Malone. Elle est adaptée à sa voix. Gamble se prend alors pour Booker T, en nous inondant de sonorités très Memphis Stax. Marcus est tellement heureux et fier du résultat obtenu sur cet elpee, qu’il nous refourgue son "Let the sunshine in", à l’aide des mêmes collaborateurs : Burdock, Black, Glen et compagnie. Mr Malone achève ce disque de bonne facture en solitaire. Il s’accompagne à la guitare pour chanter, d’une voix empreinte d’émotion, le "Love somebody" des Bee Gees (NDR : celui de la première époque !)

Medi

You Got Me (Moving)

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Medi, c’est le nouveau tombeur de ces dames Made in France. Un Lenny Kravitz à la française. Et la comparaison entre les deux est inévitable dès les premières notes de « You Take The Weight », la plage d’ouverture de ce « You Got Me (Moving) ». Mêmes sons d’orgue et de Wurlitzer, mêmes riffs de guitares, mêmes intonations. Bref, rien de neuf sous le soleil de Nice. Après avoir publié un premier disque en compagnie d’un backing band sous le sobriquet de ‘Medi & The Medecine Show’ et tourné derrière les grosses caisses de Charlie Winston, Medi s’est attelé à l’écriture de 12 morceaux pop-rock dont l’originalité n’est certainement pas le point fort.

Reste que les compositions de Medhi Parisot, alias Medi, forment de parfaites petites ritournelles pop radiophoniques qui n’ont rien à envier à celui qui les a influencés. Hormis Kravitz, le Français puise également son inspiration chez Stevie Wonder, ce qui procure au disque un spectre Soul pas complètement dégueulasse. Mais il en faut bien plus pour convaincre. « You Got Me (Moving) » s’adresse de toute évidence principalement aux filles…

A consommer de préférence à très petite dose. 

Live : Francofolies de Spa (20/07), Brussels Summer Festival (14/08), Fête de Wallonie de Namur (17/09)

Muzzled

Reborn

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Au moins trente neuf orteils des quatre pieds de Muzzled sont restés ancrés dans le passé. Et encore, l’appendice manquant a dû être amputé.

Quand le Stoner Rock devient lourdingue et peu inspiré, s’égare dans des solos de guitares mièvres et se prend les pieds dans le tapis, avant de se vomir dessus, il ne peut accoucher qu’un disque de cette trempe.

Signes avant-coureurs, la pochette vintage et le titre nauséeux de l’album : « Reborn », comme une sentence fatale affichant une nostalgie mal digérée. Et dès l’entame, le riff d’« Interstellar Overdrive » est rapidement noyé dans un liquide (NDR : de la testostérone ?) grassouillet (NDR : Barrett, réveille-toi, ils ont salopé ta chanson !)

La suite se résume à une suite insipide et assommante aux titres parfois pertinents (« A Waste Of Time »).

En bonus, la cover de « Gimme Shelter » ne rend guère hommage aux Pierres qui Roulent. Pas très subtile, il faut le reconnaître, cette version.

Muselez-les !

 

Papercuts

Fading Parade

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Papercuts est un groupe à géométrie variable drivé par le compositeur et producteur Jason Quever. Son dernier et deuxième opus, le déjà excellent « You Can Have What You Want », était paru en 2009. Depuis la formation californienne (San Francisco) a signé chez Sub Pop. Et manifestement, en concoctant ce troisième elpee, elle a voulu honorer ce contrat. Car, sans la moindre contestation possible, en publiant ce troisième essai, la bande a Quever vient à nouveau de frapper fort.

Si à première écoute, on décèle une structure comparable à celle développée sur leurs œuvres précédentes, au fil des écoutes, on se rend compte de l’évolution en profondeur de leur musique. Tout en baignant dans la dream-pop chère à Beach House ou à Grizzly Bear, Papercuts emprunte des chemins davantage shoegaze, rencontrant alors des plages brumeuses, atmosphériques et séduisantes. A l’instar du « Do You Really Want Know » ou encore de « Winter Daze ». La voix de Quever est bien sûr toujours un des atouts principaux de leur expression sonore. Elle me fait toujours autant penser à Ben Bridwell (Band of Horses) ou alors à Jim James (My Morning Jacket). Et ses lyrics sont  nouveau particulièrement inspirés. Un morceau m’a cependant fait particulièrement flasher : « I’ll See You Later I Guess ». Une marche funèbre bouleversante à la mélodie contagieuse, suscitant même dans le for intérieur, un désir d’atteindre l’autre bout du tunnel, tant le cheminement est apaisant…

Partagé entre 10 véritables pépites, « Fading Parade » constitue le meilleur album commis par Papercuts, à ce jour. Une œuvre qui entrera sans problème dans mon top 2011.

A noter que Papercuts se produira au Botanique, le 17 juin. A bon entendeur…

Pneu

Highway to health

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Pneu est un duo français qui conjugue, dans sa musique, décibels et rapidité. Et en concert, leur concept est parfois poussé à l’extrême, notamment lorsqu’il dépasse les limites de l’audible. Ce qui explique aussi pourquoi, leurs sets ‘live’ peuvent paraître brouillons…

Sur disque, le tandem apporte davantage de soin à son expression sonore. Et son deuxième opus, intitulé « Highway to Health » en est une parfaite démonstration. Un disque sur lequel le groupe atteint la quasi-perfection. Leur post-math-punk-noise (NDR : et une nouvelle étiquette !) n’a jamais semblé aussi fluide. Il faut dire que lors des sessions d’enregistrement, la paire a bénéficié de la collaboration de Kurt Ballou, qui n’est autre que le guitariste de Converge. La grande classe donc…

Le chanteur d’Oxbow est venu poser sa voix sur un des neuf morceaux de cet elpee. En l’occurrence sur « Knife Eyes ». En 27 minutes, Pneu démontre tout son savoir-faire pour allier vitesse et puissance, sans tomber dans la précipitation. Leur science du riff est imparable. Le drumming époustouflant. Les mélodies sont bien présentes ; masquées, elles n’en sont que plus belles. Bref, une recette idéale pour accrocher instantanément…

 

Prince of Assyria

Missing note

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Cette formation au patronyme improbable (NDR : mais comme disait Oscar Wilde, on devrait tous être légèrement improbables), est responsable d’une musique très belle.

Prince of Assyria est le projet de Ninon Danhka, un Suédois né à Bagdad (NDR : et comme disait Oscar Wilde, faudrait voir à pas pousser l'improbable dans ses derniers retranchements) qui a échappé de peu à la mort… Sa voix est profonde et bouleversante. Son folk sombre et classique. Quant à ses paroles, elles coulent de sa bouche comme autant d'aveux d'abandon.

« Missing note » est un opus découpé en 10 chansons graves et fort bien serties.

Inutile de chercher les rapprochements avec d'autres noms qui traversent votre esprit à l'écoute de ce disque, car « Missing Note » se suffit à lui même.

Bien orchestré et admirablement produit, l'album se distingue sur les plages 3 (« Sail The Ships Away ») et 8 (« Sleep tight »), pour les émotions qui en émanent. Tandis que la quatrième (What Ever You Want ») et la septième (« We As People ») lorgnent du côté d'une pop subtile et plus enlevée.

Certainement vouée à l'oubli, cette oeuvre révèle un artiste discret qui s'expose dans ce qui lui apparaît de plus cher : sa musique.

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