Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Claire Diterzi

Rosa la Rouge

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Claire Touzi Dit Terzi fêtera ses 40 ans en 2011. Elle s’est forgé une certaine notoriété au début des années 90, comme chanteuse et leader du groupe folk-punk Forguette Mi Note. Diplômée en arts graphiques, elle a également bossé tout un temps comme prof d'illustration. En 1995, elle fonde un combo qui répond au patronyme de Dit Terzi et publie un premier opus éponyme. L’aventure s’achève cependant en 2001. Par la suite, elle est invitée à composer pour Philippe Decouflé, responsable de spectacles de danse contemporaine. Ce qui lui permet de l’accompagner pour deux ans au Japon. A son retour, elle remet les compteurs à zéro et, décide, deux ans plus tard, d’entamer une carrière individuelle. Elle grave alors un premier elpee solo en 2006, intitulé « Boucle ».

A partir de cet instant, elle se consacre surtout à la confection de bandes originales. Citons en vrac la BO du long métrage « Requiem for Billy the Kid », l'illustration sonore de l'exposition de « Titouan Lamazou », organisée au Musée de l'Homme en 2008 et un album intitulé « Tableau de chasse », destiné encore une fois à des représentations, et notamment pour le Théâtre national de Chaillot.

En mai 2010, Claire Diterzi écrit et interprète le rôle de Rosa Luxemburg, dans la pièce musicale originale « Rosa la Rouge », mise en scène par Marcial Di Fonzo Bo, au Théâtre du Rond-Point à Paris.

C’est également elle qui, évidemment, s’est fait un devoir d’écrire la BO de ce nouveau projet.

Claire nous livre donc un album qui est à mettre en relation directe avec le spectacle du même nom. Dans ces conditions, écouter ce disque, sans connaître les tenants et les aboutissants de cette pièce nouvelle pièce musicale, n’a pas beaucoup de sens.

Restent cependant quelques morceaux qui s’écoutent agréablement, tels « Je touche la masse », « J’étais, je suis, je serai » ou « Rosa la rouge ». Le reste du Cd est très difficile à apprécier, tant les compositions à elles seules n’arrivent pas à accrocher l’auditeur qui ne connaît pas l’histoire pour laquelle ces plages ont été écrites et composées.

A réécouter éventuellement après avoir assisté à une des représentations.

Big’n

Dying Breed

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A l’instar de Shellac et de Jesus Lizard, Big’n est une véritable institution sur la scène Noise chicagolaise des années 90. En à peine deux albums (« Cutthroat » en 94 et « Discipline Through Sound » en 96), le groupe est parvenu à se forger une certaine notoriété, mais dans l’univers underground. Vous l’aurez compris, il n’est jamais réellement parvenu à percer.

Fondé en 1990 et séparé en 1997, le groupe a décidé de renaître de ses cendres. Tout d’abord en publiant une compile intitulée « Dying Breed », un recueil réunissant toute une collection de singles et d’inédits parus entre 1990 et 1995, dont une cover d’AC/DC, « Dirty Deeds Done Dirt Cheap » (« TNT » était déjà parut sur un album précédent).

Chez Big’n, la batterie de Brian Wnukowski est percutante, la guitare de Todd Johnson, incisive et le chant de William Akins, violent. Leur musique est d’une efficacité redoutable. Si à premier abord elle peut paraître minimaliste, en vérité, elle ne fait pas dans la dentelle, flirtant même parfois avec une certaine forme de cacophonie. Puissante, brutale, elle ne souffre guère de concurrence sur la scène contemporaine. « Dying Breed » est une bonne amorce pour découvrir l’univers sonore de ce quatuor yankee. Car la reformation de Big’n n’est ni fictive, ni à but lucratif ; et pour cause, la sortie d’un nouvel opus est prévue pour le mois d’avril. Mis en forme par Mr. Steve Albini, en personne, il paraîtra sur le désormais incontournable label African Tape ! Une bonne mise en bouche, donc…

Women

Public Strain

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Women aime prendre son public à contre-courant. Si l’éponyme, publié en 2008, pouvait parfois laisser perplexe, ce « Public Strain » ne fait qu’amplifier ce sentiment. « Can’t You See », la plage introductive, ne laisse aucun doute planer. « Public Strain » rentre dans le lard dès ses premières notes, là où le disque précédent laissait le temps à l’auditeur de s’acclimater. Le quatuor canadien sature, déconstruit, triture et reconstruit sans jamais souffler. Et même lorsqu’il égrène des mélodies pop-rock qui, de prime abord, semblent élémentaires, une écoute répétée du morceau révèle bien plus de profondeur que ne laisse penser la première audition, souvent légère.

Women jongle parfaitement entre le rock le plus basique et les expérimentations noise et psychés les plus bruts. Un peu à la manière d’un Sonic Youth. « Public Strain » représente l’évolution naturelle d’une formation qui se dévoile par à-coups. La formation s’y réserve cependant une assez large marge de manœuvre. Les Canadiens exécutent leur sortie au son de « Eyesore », single condensant tout leur savoir-faire et laissant le public en suspens, dans l’attente de morceaux encore plus percutants. L’ascension inéluctable de Women ne fait que commencer.

 

The Two

The Two

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Très surprenant, The Two est un duo! Bicéphale, cette formation parisienne réunit Ara et David, une peintre et un musicien. Ils ont pu lancer leur aventure musicale en 2009, grâce à « I Wanna Be With You Again », un superbe morceau d’amour, qui ouvre leur premier opus. Un titre qu’ils avaient proposé au label Wagram, qui les a signés d’emblée.

David compose la musique tandis qu’Ara écrit les textes. Le couple semble très complémentaire. Et des titres comme « I’m 22 » ou « Close to Me » illustrent parfaitement cette symbiose. Ce sont aussi les deux meilleures plages de l’elpee. En général, leurs chansons sont sculptées dans un pop/folk aux arrangements dépouillés, essentiellement acoustiques, même si d’autres instruments entrent également parfois en ligne de compte. Interventions à la guitare électrique (« Everyday »), au piano (« Close to Me ») ou au mellotron (« Hold my Heart ») permettent ainsi de donner une plus grande amplitude à l’expression sonore. Malheureusement, on ne peut pas dire que The Two brille pas on originalité. Et sur la longueur, il faut avouer qu’une lassitude finit par s’installer, malgré la séduisante alternance des vocaux.

Maintenant, il y a une situation qui me chiffonne. Je ne voulais pas trop en parler, mais la tentation était trop forte. Ara est la fille de Philippe Starck et David le fils de Charlotte Rampling et Jean-Michel Jarre. Ce projet ne serait-il donc que le passe-temps de deux enfants de stars ? A méditer ! Une chose est sûre, The Two ne risque donc pas de prendre la place des White Stripes dans nos cœurs, au panthéon des duos, dans l’histoire du rock. Par contre, leur musique devrait plaire au grand public. Celui qui privilégie les stations radiophoniques pas trop dérangeantes, à la programmation un peu passe-partout et consommable sans trop se poser de questions. A conseiller si vous aimez Cocoon, Yael Naïm ou Angus & Julia Stone…

Tu Fawning

Hearts On Hold

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Plus qu’un simple projet parallèle, Tu Fawning est une histoire d’amour. Lorsqu’ils ne tournent pas chacun de leur côté, Corinna Repp et Joe Haege, leader de 31Knots, se retrouvent sur les planches, comme à la ville. Le couple devient alors Tu Fawning et couchent sur papier des textes et mélodies complexes qui prennent un tournant théâtral dès leur mise en forme. Ou plutôt leur mise en scène. Car « Hearts On Hold » est une pièce en 10 actes dans laquelle Repp et Haege se donnent la réplique et entraînent leur public dans un univers où se partage fragilité et intensité. Entre rythmiques tribales, orgues inquiétants et cuivres planants, Tu Fawning se refuse de suivre quelque courant que ce soit et délivre un disque de rock aux couches multiples.

Parfois difficile d’accès, « Hearts On Hold » ne satisfera pas nécessairement le plus large des publics. Mais nul doute que tel n’est pas l’intention du duo, devenu récemment quartet. Souvent comparée à Portishead, l’œuvre de Tu Fawning se rapproche bien plus des travaux de Carla Bozulich. Etrange, habité, « Hearts On Hold » est le genre de disque qui peut diviser, tout en étant indéniablement intriguant.

Le 9 mars à la Maison des Musiques. C’est à Bruxelles.

 

Tormenta

La Ligne âpre

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Bien que fondé en 2006, Tormenta, nouvelle signature du label African Tape, vient seulement de publier son premier album. Et il s’intitule « La Ligne âpre ». Pourtant, les deux compères, Vincent Beysselance et de Jeff Grimal, n’en sont pas à leur coup d’essai, puisque le tandem a sévi au sein d'un autre projet, Cheval de Frise, entre 1998 et 2004, alors que le second a également été le guitariste d’Elusiv. L’un est originaire de Paris et l’autre de Bordeaux. Les deux musicos ont mis quatre longues années pour accoucher de cet elpee ; mais, à la première écoute, il faut reconnaître que le jeu en valait la chandelle. 

A l’instar de la majorité des artistes relevant de l’écurie indépendante African Tape !, Tormenta frappe fort et juste. Et vise dans le mille. Le choix de leur patronyme ne pouvait être plus judicieux ; car tout au long des plages de ce long playing, les coups de tonnerre provoqués par l’orage (tormenta en espagnol) grondent, ne nous accordant que peu de répit.  La musique évolue clairement au sein d’un univers sonore math-rock ; mais contrairement à Pneu ou à Chevreuil, Tormenta creuse davantage dans la veine métal. Puissants, hypnotiques, les riffs de guitare sont parfaitement et distinctement soutenus par les interventions survoltées des drums. Derrière ses fûts, Vincent se révèle tout bonnement époustouflant ; et à chaque coup de baguette on prend une claque. Néanmoins, malgré la dépense d’énergie et la répétition des breaks, Tormenta s’accorde de temps à autre, une pause, le temps de reprendre sa respiration. Et après plusieurs écoutes, on se surprend, à découvrir un sens mélodique, pourtant bien caché sous ce chaos sonore apparent.

Si vous estimez que mes chroniques consacrées aux artistes du label African Tape sont systématiquement positives, n’y voyez aucune duplicité. Simplement, la plupart d’entre eux le méritent. C’est vrai qu’ils évoluent dans un style plus ou moins proche. Mais ils y excellent. Et puis c’est ma tasse de thé ! Ne soyez donc plus étonnés si mes analyses sont opérées dans le même état d’esprit. D’ailleurs, j’attends déjà impatiemment, la prochaine sortie de l’écurie…

 

The Third Eye Foundation

The Dark

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C’est dans son caractère. Matt Elliott n’est pas un rigolo. Et sa musique reflète parfaitement le tempérament de l’énergumène. C’est qu’il prend la musique au sérieux le bougre. D’ailleurs, ce n’est pas le sixième album de Third Eye Foundation, son projet électro le plus méchamment sombre, qui va changer le cours des événements, malgré la confection de travaux en solitaire, exécutés dans une veine plus folk. « The Dark » fait suite à « Little Lost Soul », sorti en 2001. Une œuvre ravagée mais envoûtante qui s’étale sur 40 minutes. On se demande même comment on a pu se débrouiller, pendant aussi longtemps, pour se priver de ses voyages trip hop aussi lugubres que majestueux ?

Découpé en 5 plages, « The Dark » s’écoute d’une seule traite. Ténébreux, esthétique, profond, son univers sonore est alimenté par des boîtes à rythmes discrètes, parcouru, tel le souffle d’un blizzard venu de l’Est, d’instruments à cordes, hanté de voix féminines issues d’outre-tombe et fouetté de beats électro hypnotiques. Sans pour autant négliger l’aspect mélodique insidieusement contagieux. Et paradoxalement, au cœur de ce climat glacial, Third Eye Foundation parvient à communiquer de subtiles vibrations. Je me demandais, il y a peu, quelle était la source d’inspiration majeure de Forest Swords, responsable de « Rattling cage », une œuvre aussi dérangeante que séduisante ? Pas la peine de vous casser la tête…

 

Têtes Raides

L’an demain

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Les Têtes Raides sont sept. Un duo, c’est un groupe réunissant deux personnes. Un trio, trois. Un quatuor, quatre ; mais comment appelle-t-on un collectif impliquant sept membres ? Un septuor ? Si, si, ça existe !

Sept personnes constituent donc le line up de cette formation responsable de ce qui apparaît déjà comme leur onzième album studio. Vous avez certainement déjà entendu parler de ce combo. Mais êtes-vous capables de citer ne fût-ce qu’un seul titre de son répertoire ? Pourquoi donc ? Et bien parce qu’en fait, les Têtes Raides, ce ne sont pas que des disques. C’est surtout un concept né… il y a 26 ans. Ce fameux clan des sept dispense une musique qui se vit, se voit, se partage lors des sessions live plutôt que des albums qui s’écoutent gentiment au coin du feu. Il faut savoir que lors de leurs concerts, ils sont souvent bien plus que sept, car ils invitent en effet des amis musiciens, des danseurs et parfois même, c’est déjà arrivé, des trapézistes. C’est dire !

Après un détour chez Warner, le groupe retourne chez Tôt ou tard. Retour du fils prodigue émaillé par des arrivées (celle du bassiste Antoine Pozzo di Borgo et du batteur Eric Delbouys) et des départs : ceux d'Edith Bégout et de Caroline Geryl, celui enfin de Pascal Olivier, dit Cali, qui fonda la première mouture du groupe en compagnie de son frère Christian et du saxophoniste Grégoire Simon. C'était en 1984, Têtes Raides s'appelait alors Red Ted. Ce nouvel elpee, « L'An demain », est dédicacé à ces anciens compagnons de route. Une page se tourne, sans tristesse, ni nostalgie.

Tendons donc l’oreille vers les 13 compos qui peuplent ce nouvel opus. On constatera que la poésie habite chacun des titres chantés en français (un seul en ‘anglais approximatif’, « So Free »), de belles illustrations d’un style ‘chanson brute’, enrichies de cuivres ou guitares, influencée par le cabaret, le cirque, Brel ou les Clash. Des textes et des mots justes, une instrumentation subtile, joliment relevée par le violoncelle d’Anne-Gaëlle et le violon de Jeanne Robert. Autres invités de marque, Jeanne Moreau qui pose sa voix rocailleuse sur un tango délirant, « Emma ». Ou encore Jacques Martyn Richard des « Tiger Lillies » qui chante sur « So Free » et « Marteau Piqueur ». Enfin, comment passer sous silence cet anonyme qui a écrit les paroles de « Je voudrais » avant de les déposer sur le répondeur de Daniel Mermet, l'animateur de « Là-bas si j'y suis » (France Inter).

Il n'en faudrait (presque) pas plus pour nous convaincre que ce onzième album des Têtes Raides est un bon cru. Après vingt-cinq ans de musique, les Têtes ont gardé leur parfum de néo-guinguette alternative aux rythmes martelés, mais ont aussi su retrouver une fraîcheur poétique, et même une douceur qu'on ne leur connaissait guère.

Un album sincère et émouvant. A découvrir, à écouter et à digérer lentement pour en déguster toutes les saveurs.

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