L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Chroniques

Carl Barât

Carl Barât

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Carl Barât et Pete Doherty étaient co-leaders au sein des The Libertines ; mais le premier cité n’est pas, à l’instar de son ex-compère, adepte des tabloïds british. Depuis le split de la formation, en 2004, il tente, vaille que vaille, de refaire surface, malgré les moments difficiles qu’il a traversés (dépression, maladie, …) En 2005, il avait ainsi fondé les Dirty Pretty Things, une aventure qui lui avait permis de publier deux albums. Faute de succès vraiment convaincant, il décide de mettre un terme à l’histoire du groupe. C’était en 2008. Depuis cette époque, il ne donnait plus signe de vie. Et puis deux bonnes nouvelles sont venues simultanément, le remettre sous les feux de l’actualité. Tout d’abord une reformation des Libertines, afin d’accomplir une mini-tournée. Et surtout, la sortie de son premier elpee solo.

Sur ce long playing, on découvre un Carl Barât introspectif, authentique, sincère. Mélancolique, mais jamais morose. Il se dévoile à travers des textes qui parlent de sa vie, de ses désillusions, de ses déceptions amoureuses. Il tire, en quelque sorte, le bilan de son existence. Et l’artwork de la pochette, illustré par une photo qu’il a prise de lui-même, sur laquelle on aperçoit sa compagne, confirme cette impression. En outre, davantage qu’éponyme, le titre de son album est vraiment explicite.

Pourtant les compos de son elpee sont rythmées et intenses. Les arrangements sont parfaits. Et je pense tout particulièrement aux accords de piano prodigués tout au long de « The Fall » ou aux cordes qui bercent « So Long, My Lover ». Ce qui n’empêche pas certaines plages de se révéler très allègres, à l’instar de « Run With The Boys ».

Perso, j’estime qu’il s’agit du meilleur opus d’un ex-Libertines depuis la séparation du groupe. Mais surtout, il révèle le talent d’un songwriter, qu’on n’imaginait pas…

Autolux

Transit Transit

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Paru pendant la période des vacances, l’excellent dernier album des Etasuniens d’Autolux est plutôt passé inaperçu. Un dix titres qui mérite pourtant un arrêt sur image.

Fondé en 2000 et rapidement signé en 2001, sous le label DMZ –petite écurie créée par T-Bone Burnett et les frères Coen– Autolux a dû attendre 2004 pour nous illuminer de son premier long playing, « Future Perfect ».

Malgré un accueil élogieux de la critique, le trio de Los Angeles doit encore patienter six longues années avant de pointer le nez sous la forme d’un deuxième opus. Une paresse créative (deux LP et un Ep en dix ans !), un caprice artistique, un défi à la perfection ? Peu importe. Le résultat est stupéfiant. Une pop lo-fi expérimentale subtilement éclectique qui conjugue les genres : dream-pop,  shoegaze, krautrock, électronica, post-punk... « Transit Transit » se caméléonne habilement et superpose des nappes atmosphériques joliment souillées et simplement tortueuses. Une simplicité cachée d’un kaléidoscope aux facettes sonores plus brillantes les unes que les autres. Une diversité de sons dissemblables chantant à l’unisson. Véritable laboratoire musical, la galette allie le limpide et le brouillon, le chaos et l’harmonie. Un pur désordre coagulé d’un bricolage électro intelligemment organisé. Deux voix exsangues et désincarnées viennent porter le coup final. Une œuvre qui ne s’enlise pas dans la fréquente linéarité de la scène indie rock des années 80-90. Bien entendu, les comparaisons vont bon train : Blonde Redhead, Sonic Youth, Can, My Bloody Valentine, Swirlies, Pale Saints… Mais le groupe parvient à conserver une identité unique. Sans se couper de son passé, il innove.

Les plus belles expressions esthétiques ne suscitent-elles pas souvent de la tristesse ? Si tel est le cas, écoutez la première piste et vous tomberez rapidement sous le charme dépressif d’« Autolux ». Un nymphée d’où s’échappe un timbre plaintif qui imprimerait la voix d’un Thom Yorke sous Effexor, une séquence électro lugubre en boucle, des backing vocals venues des contrées les plus tristes d’Islande… D’emblée, « Transit Transit » s’évertue à assouvir vos pulsions les plus morbides.

Globalement, ce dernier long playing made in California explore des ambiances hautement atmosphériques. A grands coups de guitares noisy et de pédales de distorsion, « Census » et « Headless Sky », hybrides entre My Bloody Valentine et Ride, font écho aux grands remous bruyants des côtes du Pacifique.

Autre facette du groupe, les tendres ballades oniriques de « Spots », « The Boucing Wall » et « The Science Of Imaginary Solutions ». Lieux sonores où la caresses des deux voix mixtes (Eugene Goreshter et Carla Azar), le piano domestiqué, la batterie délicate tracent d’étranges voyages imaginaires. Puis, soudainement, changement de cap. La folie confuse ressurgit sur les mélodies alambiquées de « Audience No. 2 ». Un single complet sur lequel l’ancien Autolux rejoint le nouveau. Un tracklisting qui ne s’ennuie jamais. Qui ne vous ennuie jamais.

« Transit Transit », un sadisme sonore hypnotique chaudement recommandé.

 

24 Pesos

Busted broken and blue

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24 Pesos n’est pas une formation texane ou mexicaine, mais bien insulaire. Il faut d’ailleurs avouer que la scène blues britannique, n’est plus très prolifique. C’est donc une bonne surprise. Les musiciens sont issus de Londres et du Sud de l’Angleterre. Leur leader n’est pas un inconnu, puisqu’il s’agit du chanteur/guitariste/compositeur Julian Burdock. Habitué des circuits belges, il avait monté, il y a quelques années, un trio répondant au patronyme de Waterzooi, un combo impliquant une section rythmique tournaisienne. Il se produit encore régulièrement sur le Vieux Continent, en compagnie de musicos locaux, sous le patronyme de Julian Burdock Blues Experience.

Il aime, par-dessus tout, la musique qui remue : le funk et le blues. Il a monté 24 Pesos en 2008, un quartet au sein duquel milite le bassiste Silas Maitland (NDR : également producteur de l’opus), l'organiste Moz Gamble et le batteur Mike Connolly. Le band avait publié un premier elpee en 2009 : "The boogie worm"

"Maxwell street" est une ouverture royale. Le son du dobro est métallique. La voix de Burdock sort vraiment de l'ordinaire. Rocailleuse, elle véhicule un vécu certain. Elle nous entraîne dans cet univers sonore rythmé à souhait. Tous les acteurs sont bien en place. En trame de fond, les sonorités de l'orgue Hammond apportent une densité judicieuse à la compo. La slide en profite pour se libérer. Julian a du métier. Sa musique est excitante. Comme si vous aviez des fourmis dans les jambes. Nous avons tous envie de regagner Maxwell Street, ce soir. L’orgue est toujours bien présent pour le funkysant "Never saw the devil", une obsession des bluesmen. Nos Pesos s’inspirent ici manifestement du géant texan disparu, Freddie King. La section rythmique est imparable. Direction les grands espaces du delta du Mississippi pour un "Waitin' at the station", toujours imprimé sur un tempo soutenu. Julian double avec bonheur et panache, slide et harmonica. "In the summertime" (NDR : non, non, ce n’est pas le hit de Mungo Jerry) baigne au cœur d’une atmosphère torride. La slide et l'harmo sont toujours à l'avant-plan. Julian malmène son bottleneck comme un vétéran du sud. Ses partenaires répondent à son chant conquérant. Le band possède un style bien propre et affiche une cohésion qui force le respect. Les compos sont solides. Orgue et slide dialoguent à haut niveau, tout au long de "Lowdown sweet and dirty", une compo qui mêle gospel, blues et soul, en lorgnant vers Memphis. Outre leur delta funk, les Pesos injectent un zeste de rap sur "Live my life to sing the blues". Une plage puissante, musclée, dévastatrice. Le registre vocal de Julian est particulièrement ample. Et il le démontre tout au long la douce ballade soul, "Somebody else". Swing et le jump alimentent le titre maître, une compo réminiscente des Stray Cats de Brian Stezer. "Day become night" campe le slow blues de circonstance. En finale, "Neckbones and gumbo" nous replonge dans ce que les 24 Pesos font le mieux : le funky blues. Cette voix chaleureuse, les cordes et l’orgue : tout nous rappelle la Nouvelle Orléans et en particulier l’ensemble mythique Little Feat. Un chouette album !

Suzanne Vega

Close Up – Vol 2 – People & Places

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Suzanne Vega, c’est 25 ans de carrière, 7 millions d’albums vendus et 7 nominations aux Grammy Awards. L’Américaine s’est imposée comme l’une des plus grandes songwriters de sa génération et une inspiration pour beaucoup de musiciens.

Née à Santa Monica, en Californie, le 11 juillet 1959, Suzanne Vega grandit dans un quartier défavorisé de New York. Très tôt, elle commence à embellir son quotidien en écrivant des poèmes, puis des chansons. Elle apprend également à jouer de la guitare, et se construit une solide culture musicale, en écoutant de vieux disques de folk, de jazz ou encore de bossa nova. Le soir, après ses études, elle joue dans des petites salles de Greenwich Village et commence à se faire connaître. Son style très traditionnel, inspiré de grands noms de la musique comme Bob Dylan, Leonard Cohen, les Beatles et Lou Reed, séduit le public mais ne convainc pas les producteurs. Il lui faudra persévérer jusqu'en 1985 pour sortir enfin un premier album éponyme. Deux ans plus tard, « Solitude Standing » la révèle au monde entier. Il recèle des tubes comme « Tom' s Dinner » ou « Luka », qui aborde le thème de l'enfance maltraitée. L'opus suivant, « Days of Open », est plus expérimental et rencontre un accueil mitigé, vite effacé par la rythmique contemporaine de « 99, 9 Degrees Fahrenheit », produit par son époux Mitchell Froom. Leur divorce sera d'ailleurs le thème principal de « Songs in Red and Gray », paru en 2001.

Dès lors, Suzanne Vega se repose sur une gloire assurée. Mais après cinq ans d’absence volontaire, entrecoupée de la sortie d’un best of en 2003, « Retrospective », elle décide de sortir de son mutisme pour nous proposer son dernier album studio en date « Beauty and Crimes ».

La Newyorkaise qui a collaboré avec, entre autres, Léonard Cohen, revient ainsi pour une série de 4 albums qui compileront quelques uns de ses plus grands succès comme ses plus belles perles rares revisitées en acoustique minimalement folk...

« Close Up » en est le second volume. Le premier tome de ses mémoires « Close up volume 1 - Love songs »,  compilation mielleuse et mélancolique était sorti en juin dernier.

Pour les fans uniquement.

Various Artists

Strange Games & Funky Things Volume 5, Compiled by DJ Spinna & BBE Soundsystem

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Figure incontournable dans le milieu du hip hop, le producteur et DJ Vincent Williams, plus connu sous le pseudonyme de DJ Spinna, s’est illustré, entre autres, sur des remixes réalisés pour De La Soul ou encore Stevie Wonder. En plus d’être un technicien hors pair, le Newyorkais est également, au même titre qu’un Danny Krivit, une bible en matière de raretés que les puristes tentent de dénicher en vain. Sa dernière galette en date est donc publiée sur le label londonien bbe. Les Britons se sont penchés sur Spinna afin de concocter leur cinquième compilation de leur superbe série intitulée « Strange Games & Funky Things ». Ces compiles créées au cours de l’été 1997 recouvrent la soul, le hip hop et le R&B des 70’s, 80’s et 90’s. Elles proposent des tracks aux grooves hypnotiques ; et les raretés mixées sont un véritable régal, à l’instar des recueils issus du catalogue Soul Jazz ou encore Strut.

Pour ce 5ème volume, la complicité entre DJ Spinna et la BBE Soundsystem (Peter Adarkwah et Jonathan Rau) est irréprochable et les mixes s’enchaînent à la perfection. Jonglant entre hymnes soul et grooves disco, les titres défilent à une vitesse vertigineuse. Faut dire que les morceaux sont, en général, assez courts. Ce qui n’empêche pas de savourer des plages comme « Family Tree ». Ou encore la cover du « Gimme Shelter » des Stones par Merry Clayton, une petite merveille au cours de laquelle le rock qui roule vient se frotter à la soul black. Le tout magistralement remodelé par Clayton. Sans oublier le très bossa nova « Brazilian Skies » de Bill Summers (percussionniste de Herbie Hancock), un titre superbement remixé par Spinna qui clôt cette compilation qui vous en met plein les oreilles. Indispensable !

 

Sharko

Be(a)st of

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Sharko, c’est David Bartholomé. Et David Bartholomé c’est le Tintin du rock belge… Ses débuts, il les a accomplis en solitaire. Déjà. Dès 1992. Mais il meuble rapidement sa solitude, à l’instar du plus illustre reporter de notre plat pays. Et pour cause, après avoir publié un premier cd solo, intitulé « Feuded », en 1997, dont il extrait l’excellent single « Wake Up », il s’adjoint les services d’un fidèle compagnon. Depuis le second millénaire, dans le rôle de l’inséparable Milou, Henri Teuk l’épaule donc aux guitares.

Douze mois plus tard, vêtu d’un imperméable vert (NDR : celui de Tournesol ?), Julien Paschal débarque et récupère les baguettes que David se réservait énergiquement jusqu’alors. Le line up résiste jusqu’en 2008 où, fatigué par le rythme et lassé des tournées, le drummer passe le relais à Charles Decroix (Dupont ?), lui-même remplacé en 2010 par Laurens Smagghe (Dupond ?)

Depuis les prémices de sa carrière, David a toujours privilégié la musique qui pouvait ‘percuter’ sur scène. C’est dans ce contexte qu’il faut donc aborder ce Be(a)st of. Quinze titres qui sont autant de crochets à la face, de directs au foie, d’uppercuts au menton ou de jabs en pleine poire. Après douze ans de carrière, notre Tintin national a choisi et remasterisé ce qu’il y avait de plus révélateur parmi ses cinq albums studio. Dans sa sélection (elle aurait pu être plus large encore), on épinglera plus particulièrement les trois versions inédites de « Excellent », « Spotlite » et du très dance-floor « We Should Be Dancing ». A ces trois nouvelles versions s’ajoutent pêle-mêle, pour le plus grand bonheur des fans, des titres tels que « Rise up », « Motels », « Sweet Protection » ou encore « Since You Called » et « Yo Heart ».

Une excellent sélection, donc pour ce Be(a)st of, résumé parfait d’une carrière débutée, ben oui, en 1992, où exilé aux USA, David faisait déjà parler de lui dans de petits clubs folk-grunge de la côte ouest.

‘Tintin en Amérique’, seconde version, en quelque sorte !!!

A voir d’urgence sur scène si vous n’en n’avez pas encore eu l’occasion. Son dernier set, auquel j’ai pu assister était même mémorable. C’était dans le cadre de l’édition 2010 du festival Sugarock (NDR : voir le compte-rendu consacré à cette prestation, dans notre rubrique festivals).

A qui attribuer le rôle du capitaine Haddock, dès lors ???

Ben ce s’rait p’têt bien leur producteur Dimitri Tikovoï (Placebo, The Horrors, Goldfrapp) qui, depuis cinq ans, se décarcasse pour les pousser vers le haut en leur donnant toujours plus de puissance et de moyens d’expression.

Indispensable !

 

N'Relax

Oak tree

Écrit par

Diffusé par le label Grolektif depuis le 9 novembre dernier, le second disque de N'Relax se révèle être assez surprenant. Bien qu'inégal, l'album "Oak Tree" démontre que le groupe possède de réelles qualités et une personnalité qui s'affirme. Si la voix de Marine Pellegrini s'inscrit dans la mouvance déjà surchargée des chanteuses-femmes-enfants, initiée par Björk ou Joanna Newsom, l'instrumentation tour à tour jazz, électronique ou pop, dessine des ambiances originales.

Le premier groupe de Marine Pellegrini s'appelait Pink Petticoat, et l'on peut écouter sur leur MySpace de jolies compositions, mêlant habilement jazz et chanson française. Déjà, à l'époque, le goût du texte était présent. 

N'Relax est la suite de son parcours, pour lequel la chanteuse s'est entourée de Pierre Vadon pour la guitare et les claviers, Lucas Garnier à la trompette, Matthieu Play au sampler et les ‘petits instruments’ ainsi que Nicolas Taite pour la batterie. Voix et instruments s'entrecroisent en d'obsédants vas-et-viens. Les textes, hypersensibles et corrosifs, sont chantés avec une certaine malice qui les rend plus légers. Un côté un brin désuet, romantique et brut à la fois, des textes récités sur quelques notes, souvent à la première et deuxième personne, charpentent une musique intimiste.

Derrière le titre de fable "Tiger and sparrow" (le tigre et le moineau) se cache l'histoire d'une maladie (le tigre) et d'une âme (le moineau), vivant à l’intérieur de la même cage thoracique, rappelant le nénuphar grandissant dans le poumon de Chloé ; celui de « L'Ecume des jours » de Boris Vian. ‘You know this place is too small for both of us’ dit le moineau au tigre, ‘I can't see the light’. "Early autumn" se réfugie dans un jazz mélancolique, laissant place à la trompette et à la voix pour un duo digne de Beth Gibbons. Quelques titres sont chantés en français, comme "La treille des rêves" qui débute sur quelques notes d'accordéon-jouet, derrière lequelles on entend des oiseaux. La voix dépose des mots acérés. Quelques sonorités de carillon et l'univers se dessine. Ces poèmes chantés révèlent une certaine qualité d'écriture. Les morceaux n'abusent pas des effets, le son semble brut, peu retouché. Certains morceaux sont plus acidulés, sur des mélodies pop rappelant Ellen Allien, comme "L'horloge" et son refrain de générique de dessin animé. "Eddy (part I)" est léger et grave à la fois, répétant le même refrain soutenu par une batterie et une trompette. "Eddy (part II)", superbe dans sa lenteur, débute sur quelques notes de guitare, à laquelle viennent s'ajouter un tuyau chantant dans les airs, et une trompette funèbre. Le chant forme comme une ligne ininterrompue, jusqu'au manque de souffle. "I can see" commence ainsi : ‘I can see myself dying everyday, on the street, on the way’, puis Marine Pellegrini énumère les façons dont elle s'imagine mourir, écrasée par un bus, par une étoile… le tout sur une ballade mi-entrainante mi-angoissante soutenue par des violons. "Eddy (part III)", avant-dernier morceau du disque, offre la même simplicité de composition (quelques notes de carillon, synthé et voix) et une densité émotionnelle similaire.

L'album oscille entre accords dissonants, jazz fusion, et ambiances plus convenues. N'Relax cherche dans différentes directions ; mais, n'est-ce pas ainsi que l'on découvre des chemins inconnus ?

N'Relax pourrait partir encore plus loin dans cette fouille viscérale. Même si les Lyonnais flirtent avec des ambiances pop acidulées, leur originalité procède plutôt de ce regard introspectif, certainement plus difficile, et du goût du texte, qui prend toute son ampleur quand celui-ci est dans la langue de Molière.

Pour ma part, je parierais bien volontiers que l'on entendra parler de cet ensemble lyonnais d'ici peu.

Le Singe Blanc

Babylon

Écrit par

Il y a deux ans, suite à une tournée accomplie en Chine, Le Singe Blanc publiait « Baî Ho », son opus le plus abouti en presque une décennie d’existence. Aussi, on se demandait comment les Lorrains (NDR : issus de Metz, plus précisément) allaient se débrouiller pour concocter, au moins, un album de la même trempe. D’autant plus que la formule pour le moins atypique et minimaliste du groupe (deux basses, une batterie) n’a pas changé d’un poil.

Et bien, je vous rassure directement, Le Singe Blanc est en pleine forme. Sa fougue est toujours aussi présente. Indocile, il continue de bondir dans tous les sens en multipliant les cabrioles. On y retrouve ces rythmes saccadés, épileptiques, ces cris sauvages poussés dans une langue issue de leur imagination. Le tout en mélangeant noisy et punk. Et le résultat fait à nouveau mouche. Les délires sont légion comme pour mieux narguer le mélomane. Sur certains titres, on ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire, à l’instar des singeries concédées sur « Miozopor », caractérisées par ses cris évoquent des mioches qui paillent dans une cour de récré. Mais d’autres plages inspirent le respect. Et je pense tout particulièrement au très puissant « Sblaf ».

Une critique ? Oui la pochette. D’un goût plus que douteux, ce Kebab n’incite guère à l’optimisme. Et pourtant, si l’emballage ne convainc pas, le contenu a de quoi susciter l’enthousiasme. Du moins pour celles et ceux qui apprécient les élucubrations délirantes du band hexagonal au style tellement décalé. Dans la négative, il vaut mieux s’abstenir ; sans quoi vous risqueriez de vous taper une crise de nerfs. Perso, je m’en suis tapé une bonne tranche. De singe ? Non, non, de bon temps !

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