Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Chroniques

Jamie Lidell

Compass

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Deux ans à peine après avoir sorti le très acclamé « Jim », l’extravagant Jamie Liddell nous propose son cinquième opus. Et à nouveau, il a pris un malin plaisir à brouiller les pistes. Bien que recelant quelques morceaux sculptés dans le funk/rock/soul et d’autres dans l’électro/rock, « Compass » constitue l’elpee le plus éclectique et expérimental, paru à ce jour, de l’artiste. Les nouveaux territoires explorés tout au long de ce nouveau long playing, Jamie en avait déjà manifesté un bel aperçu, lors de la publication de « Multiply », en 2005. Un disque qui avait quand même récolté un certain succès. Et le bidouilleur confirme cet état d’esprit sur cette œuvre. Il ne relève pas de l’écurie Warp par pur hasard !

Beck, Feist, ‘Chilly’ Gonzales et des musiciens de Wilco ont participé aux sessions d’enregistrement de la plaque. Un disque qui recèle quelques hits potentiels. A l’instar de « Enough’s Enough », plage soul qui aurait pu figurer au répertoire des Jackson Five ou du mielleux mais fantastique « She Needs Me ». Chris Taylor, le bassiste de Grizzly Bear, s’est chargé de la mise en forme. Il marque de son empreinte les morceaux les plus complexes. Et je pense tout particulièrement au titre maître, une plage épique, acoustique, digne d’une b.o. signée Ennio Morricone. Et puis du rock ténébreux « Gypsy Blood ». A contrario, les compos d’inspiration techno/funk passent moins bien la rampe. L’agaçant « I Wanna Be Your Telephone » en est probablement la plus belle illustration. Le sorcier de l’électro-soul a encore plus d’un tour dans son sac, c’est une certitude. En progression constante, il devrait, nous réserver, à l’avenir, de belles surprises. Sans oublier qu’il est un remarquable showman sur les planches. Il viendra le démontrer sur celles du chapiteau, dans le cadre des Nuits du Bota, ce 17 mai, où il partagera l’affiche, en compagnie de Little Dragon.

Et si le plus digne héritier de Michael Jackson était né dans une petite bourgade, sis au Nord de l’Angleterre ?

Damien Saez

J’accuse

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Après « Jours étranges », « God blesse », « Debbie », « Varsovie/L'Alhambra/Paris » et « Yellow Tricycle », « J'accuse » constitue déjà le sixième opus de Damien Daez. Ce rocker français, au phrasé quelque peu inhabituel, ne fait pas dans la dentelle. Tout au long de cet elpee, on a droit à l’artillerie lourde, du moins en ce qui concerne ses textes.

La place quelque peu abandonnée par Noir Désir, depuis le ‘crochet à Vilnius’, opéré par Bertrand Cantat, a vite été convoitée par des groupes ou chanteurs venus d’horizons divers (Luke, Eiffel, …) Damien Saez en révolutionnaire averti pousse à gauche et à droite afin de pouvoir occuper l’espace laissé vacant, par ce petit jeu de la chaise musicale…

Les thèmes abordés dans ses chansons sont toujours d'actualité et reflètent la pensée collective depuis une décennie. En ces moments de crise et paradoxalement en pleine jouissance/dérive (NDR : biffez la mention inutile) de la société de consommation, Saez s’érige un peu en donneur de leçons ; il devrait toutefois faire attention de ne pas devenir ce qu’il a facilement tendance à critiquer. Je m’explique, à force de critiquer un système et surtout un business dont il fait partie intégrante ; et bien en gros, il crache un peu dans la soupe, qu’il nous sert… Néanmoins, il a toujours les yeux grands ouverts sur le monde qui nous entoure et ses textes sont résolument engagés. Ouais, on n’est vraiment pas loin de Noir Désir, CQFD.

Ne retenir cependant que cet aspect du personnage serait un peu réducteur. D’abord, Saez est un vrai artiste ! Quelqu’un qui plaît ou qui dérange, c’est selon. Lorsqu’il dit : ‘Oh non, l'homme descend pas du singe il descend plutôt du mouton’ on a fait un peu le tour du propriétaire. Il dénonce, accuse, et assume ! Il dit ce que tout le monde pense tout bas ou ce que les gens ne veulent pas voir. La musique est un art non ? Et un art, c'est sensé nous faire passer un véritable message.

Cet album, comme l'indique le titre, est un fameux message, c’est même une dénonciation. Mais pas une dénonciation vague, comme le font la plupart des artistes pseudo engagés. Saez, lui, met le doigt sur ce qui ne va pas, en accusant le machisme social, la manipulation des médias, la croissance de la société de consommation... Les phrases s'enchaînent, s’entrechoquent. On a l'impression d’entendre un tourbillon de mots se déverser sur une musique violente, agressive ; en un mot, rock.

« J’accuse » premier single issu de l’album du même nom est déjà devenu un hymne dans lequel chacun peut aisément s’identifier. Ce titre à lui seul résume les 13 autres compos écrites, composées et interprétées par cet écorché vif. Le prochain sera sans aucun doute « Des p’tits sous » qui est du même tonneau. Une fois de plus un texte qui fait mouche souligné par une ‘mélodie’ accrocheuse en diable.

Le petit Zola de la chanson française s’appelle Saez, Damien Saez. On n’a pas fini d’en parler… Pour l’énergie qu’il dégage dans ses chansons, pour l’ambiance qu’il doit créer dans les salles, il faut vite se procurer un sésame et aller ‘râler’ avec lui sur notre ‘condition humaine’…

Avi Buffalo

Avi Buffalo

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Avi Buffalo est un quatuor originaire de Long Beach en Californie. Des garnements dont l’âge moyen doit osciller autour des 19 ans, réunis par la force de l’imaginaire d’Avi Zahner-Isenberg, à l’époque où il n’avait encore que 16 printemps. Autour de lui, gravitent Sheridan Riley, chargée des grosses caisses, Rebecca Coleman au piano et Arin Fazio à la basse. Le leader de la bande, plutôt spontané, conte le récit de la rencontre de ces quatre entités et de l’avènement d’Avi Buffalo au cœur du livret accompagnant la jolie plaque. Jeune protégé de Sub Pop, le quatuor propose une première œuvre folk tant gracieuse qu’atmosphérique. Côté harmonies, ces petits artistes en herbe en connaissent déjà un rayon. Les vocalises féminines et masculines se partagent équitablement l’espace sonore. Et lorsque les voix se croisent, Avi Buffalo s’offre de belles mélopées lyriques qui feraient fantasmer bon nombre de ses aînés.

L’éponyme d’Avi Buffalo évoque Los Campesinos!, sous analgésique, interprétant des ‘mash-up’ de The Shins et The Beach Boys sur une plage déserte. Les surprises s’enchaînent. De l’introductif « Truth Sets In » au tendre « Where’s Your Dirty Mind », en passant obligatoirement par l’indispensable single « What’s In It For? » et les sept minutes magiques de « Remember Last Time ». En concoctant un premier LP de cette trempe, Avi Buffalo a de grandes chances de constituer une formation de référence pour la prochaine génération de folkeux. Tout simplement exemplaire.

A voir en ‘live’ dans le cadre des Nuits Botanique le 16 mai 2010.

 

Drew Andrews

Only Mirrors

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« Only Mirrors », premier essai de Drew Andrews n’est pas une nouveauté en soi. Publié pour la première fois en 2008, le disque n’est parvenu à traverser l’Atlantique que deux ans plus tard. Le chanteur, originaire de San Diego, n’en est pas à son coup d’essai puisque c’est au sein de The Album Leaf qu’il a fait ses premières armes. Il profite donc aujourd’hui de la sortie de « A Chorus Of Storytellers », nouvel LP de sa formation originelle, pour hisser son nom vers le haut de l’affiche, dans un même mouvement. Mais « Only Mirrors » est de ces œuvres discrètes dont l’existence même repose sur la confidentialité de sa sortie. Un secret bien gardé, tout à l’honneur de son géniteur.

« Only Mirrors » recèle 14 proses aigres-douces et intimistes. Une pop acoustique solaire à mi-chemin entre un Elliott Smith et un Ed Harcourt, testée et approuvée par Rogue Wave et The Black Heart Procession. Ce qui n’est pas rien. Drew Andrews est de ces artistes qui vous prennent par la main et vous entraînent au cœur de panoramas resplendissants, dressés au gré de leur imagination. « I Could Write A Book », « I Will, You Won’t », « Angeli », « Hospitals Again » sont autant de refuges contre l’ennui, des abris ‘cosy’ au sein desquels on peut se blottir au bras de l’être aimé. Qui a dit que le romantisme était mort ?

 

Pony Pony Run Run

You Need Pony Pony Run Run

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Boosté par l’imparable single « Hey You », « You Need Pony Pony Run Run » constitue le premier essai des Nantais de Pony Pony Run Run. Sa date de sortie initiale remonte déjà à juin 2009. Depuis, bien des choses ont changé pour le trio. Soutenus par Canal + et France 2, entre-autres, les frangins Gaëtan et Amaël Réchin Lê Ky-Huong flanqués de leur acolyte Antonin Pierre, ont remporté, en mars dernier, le titre de ‘Révélation du public de l’année’, aux Victoires de la Musique. Un bon coup de pub pour les trois gaillards. Et une occasion en or pour stimuler les ventes du disque en assurant une deuxième vague de promo. En l’espace d’un single, Pony Pony Run Run est d’ores et déjà considéré comme une valeur sûre de la scène  pop française. Un peu trop tôt, peut-être… Car  à l’écoute des balbutiements musicaux de la formation, « Hey You » n’est, finalement, rien d’autre que de la poudre aux yeux. Pony Pony Run Run ou comment miser sur le mauvais cheval.

En matière de reconnaissance internationale, ce n’est donc pas grâce à « You Need Pony Pony Run Run » que la France gagnera plus de points. Le disque, tout à fait instantané, évoque une partie de jambes en l’air entre The Killers (« Out Of Control », « Show Me Show Me ») et White Rose Movement (« First Date Mullet », « Girl I Know »), au terme de laquelle chacun rentrerait chez lui complètement frustré. Entre morceaux faussement énergiques (« Walking On The Line », « 1997 (She Said It’s Alright) ») et passades insipides (« What I Feel », « Future Of A Nation »), l’œuvre introductive de Pony Pony Run Run est de celles qu’on oublie aussi vite qu’une intrigue des « Experts ». N’est pas Phoenix qui veut…

Caribou

Swim

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‘Cariboooooooou’ hurlait Frank Black, à tue-tête, il y a quelques années. Et son appel n’a pas été ignoré. Aujourd’hui, le renne canadien a investi les terres internationales, avec la ferme intention d’y déverser sa pop électronique. Après nous avoir entraînés en plein cœur des splendides plaines d’« Andorra », Dan Snaith nous pousse, la tête première, dans les abysses de son imparable « Swim ». Contemplatives à souhait, les neuf étendues liquides de Caribou, sont parcourues, de long en large, sans manifester le moindre essoufflement. Les mélodies psychédéliques de Snaith évoluent à la même vitesse que le compteur de la platine. Et le travail d’écriture y est, évidemment, irréprochable.

Le multi-instrumentaliste, autrefois connu sous le pseudonyme de Manitoba, s’offre le pendant orienté dance-floor du dernier Four Tet. La froideur en moins. « Swim » regorge de rythmiques qui vous retournent le cerveau d’un gros coup de bois, sans révérence. Les obsédants appels à l’évasion « Odessa », « Bowls », « Hannibal » et « Sun » en sont les parfaits exemples. Caribou délivre, une fois encore, une œuvre subtile et fascinante. « Swim » constitue tant un retour aux sources qu’un regard résolument tourné vers l’avenir. Et si vous ne deviez jeter votre dévolu que sur un seul disque cette année, le Caribou nouveau est celui qu’il vous faut. A condition de pas tomber dans les filets de l’énorme Flying Lotus, troisième du nom.

 

The Fabulous Thunderbirds

The Fabulous Thunderbirds

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Plus de trente années que la formation texane roule sa bosse sur les routes du blues. Et au cours de cette longue existence, elle a enregistré le séjour d’une multitude de musiciens talentueux. Dont, bien sûr, Jimmie Vaughan. Membre fondateur et guitariste. Et puis des tas de sections rythmiques. Aussi talentueuses les unes que les autres. Mais du line up originel, il ne reste plus que le chanteur/harmoniciste mythique Kim Wilson. Pourtant, il a embrassé, en parallèle, une carrière solo. Mais son projet immortel demeure les T-Birds. Au sein du line up actuel, militent les guitaristes Johnny Moeller et Mike Keller, le bassiste Randy Bermudes et le drummer Jay Moeller. Ils ont tous un peu moins de 40 balais, alors que le toujours jeune Kim en fêtera bientôt soixante.

Enregistré aux studios Churchhouse d'Austin, en 2009, "Fab T-Birds" constitue bien le dernier elpee concocté par Kim. Mais il n’est disponible que lors des concerts accordés par le combo.

L'attaque pratiquée sur "Satisfied" est assez brutale. A cause des deux guitares texanes largement amplifiées ; pourtant, la voix chaleureuse et si caractéristique de Kim reprend rapidement le dessus, tout au long de ce R&B bien entraînant. Très rythmiques, les cordes impriment une cadence infernale. Elles sont appuyées par les percussions franches et précises du cadet des Moeller. Le tempo ralentit pour aborder "I'll be around". Les guitares restent bien à l'avant. Des effets de réverbération communiquent une coloration bayou, mais également lugubre, à l'ensemble. Nerveux, Moeller est prêt à bondir à la première occasion ; mais il est rapidement rejoint par son comparse Keller pour célébrer cette fête des cordes. Un train lancé à vive allure propulse "Take me as I am". La section rythmique est accrocheuse et solide. Les lignes de basse tracées par Bermudes pètent de santé. Soutenues par un orgue, elles vont au combat, alors qu’un chant gospel est conjugué par la voix masculine de Kim Wilson et celle, féminine, de Miss Lavelle White. Superbe ballade lente, "Do you know who I am" est remarquablement chanté par Kim. Une compo dont les lyrics soulèvent la question de l’intégration. Il raconte l’histoire d’un homme considéré comme un étranger au sein de son propre quartier, à New Orleans. Alimentée par l'orgue Hammond de David Boyle ou d’Anthony Farrell, cette chanson interpelle. "Payback time" s’ébroue dans une ambiance très roots, proche du blues du Delta. Nous somme précipités dans l’univers quintessentiel des T-Birds. Kim sort enfin son harmo de sa poche et se met à souffler. Un véritable régal ! Il a d’ailleurs conservé toute la puissance de son souffle. La machine à rythme reprend le dessus et monte progressivement en puissance, tout au long de la cover du "Love the way you love" d'O.V Wright. Kim chante à la manière d’un James Brown au sommet de sa forme. Miss White le seconde. Les cordes entament un véritable ballet. Funk et groove envahissent "Got to bring it with you". Shuffle texan de toute bonne facture, "Baby I love you" est partagé entre les plus grands spécialistes du style ; et bien entendu, la musique à bouche revient à l’avant-plan. Signé Randy Bermudes, "Runnin' from the blues" est un superbe R&B dont la ligne mélodique imparable est soulignée par un orgue Hammond. Autre R&B, mais comme Mr Wilson l’affectionne, "Hold me" est investi par des guitares classieuses et incisives. D’excellente facture, cet elpee s’achève par une cover saignante du "Cat squirrell" de Doctor Ross. Une interprétation sauvage, plus que probablement opérée ‘live’, mais en studio, caractérisée par des interventions très offensives à l’harmo et un Jay qui cogne dur sur ses fûts.

Plusieurs extraits sont en écoute sur la page MySpace du groupe. Un site sur lequel plusieurs clips vidéo sont également visibles. Les T-Birds sont annoncés en Belgique pour le début du mois de juillet. Mais leurs nombreux fans se demandent si cet opus, sortira un jour sous une version physique officielle…

 

Jimi Hendrix

Valleys of Neptune

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Johnny Allen ‘Jimi’ Hendrix est né à Seattle, en novembre 1942. Il est décédé à Londres, en septembre 1970, moins de 28 ans plus tard. Et pourtant, 40 ans après sa disparition, son culte n’a jamais été aussi vivace. Cet opus réunit des enregistrements inédits. Vous me direz, encore un. Faut dire qu’on ne compte plus les albums non officiels ou piratés, parus depuis sa mort. La société Experience Hendrix est dirigée par Janie, la demi-sœur adoptive de Jimi. Elle est aujourd’hui âgée de 50 ans et détient tous les droits de succession de l’artiste. Et manifestement, elle compte bien profiter de cette situation. Tant mieux et tant pis à la fois.

La maison d’édition avait publié "First rays of the new rising son", en 1997 (NDR : un elpee réunissant des versions inédites, datant de 1968) et "South Saturn Delta", une compilation de fonds de tiroirs se focalisant sur les différentes incarnations du mythe : Experience, Gypsy Sun and Rainbows (époque Woodstock) et Band Gypsies. Enfin, l’année 2000 a livré un coffret intitulé "The Jimi Hendrix Experience", consacré à 4 heures de prises alternatives…

Et pourtant, la carrière du génial guitariste n’a duré que cinq ans. C’est l’ex-Animals, Chas Chandler qui le découvre à New York. Il l’invite à traverser l’Atlantique, et à rejoindre Londres. Et il lui déniche rapidement deux musiciens insulaires : le bassiste Noël Redding ainsi que le drummer Mitch Mitchell. The Experience vient de naître. Le combo accorde déjà quelques concerts en France (merci Johnny !) et même un en Belgique. Les hits vont alors se succéder. Dont l’éternel "Hey Joe". Puis "Purple Haze" et "The wind cries Mary". L’album "Are you experienced" est publié en avril 67. Il est suivi par "Axis bold as love" ; et enfin par son chef-d’œuvre, "Electric Ladyland". Fin juin 1969, c’est la fin du Jimi Hendrix Experience. Quelque temps plus tard, il lance un nouveau groupe : Gypsy Sun and Rainbows. Une aventure de brève durée, il faut le préciser. Avant de fonder Band of Gypsies, en compagnie de Billy Cox et Buddy Miles.

Cet opus constitue la suite d’"Electric Ladyland". Il puise donc au sein de bandes inédites concoctées par le Jimi Hendrix Experience. Les trois premières plages impliquent Billy Cox à la basse. A cette époque, les relations étaient tendues entre Jimi et Noël Redding. Ce dernier allait d’ailleurs bientôt quitter le trio pour rebondir chez Fat Matress. "Stone free" est une compo écrite en 1966. Cette nouvelle version a été adaptée en 69. Caractérisée par les répliques vocales de Roger Chapman (Family) et la participation d’Andy Fairweather-Low (Amen Corner) à la seconde gratte, elle est très différente de l’originale. Le morceau maître est ma foi, une compo fort singulière. Une ballade sont le climat atmosphérique et aventureux évoque "The wind cries Mary", mais imprimée sur un tempo plus enlevé. Le répertoire d’Hendrix incluait la cover du "Bleedin' heart" d'Elmore James. Cette adaptation est totalement différente de la version originale. Jimi est ici soutenu par Billy Cox, le drummer Rocky Isaac, Chris Grimes au tambourin et Al Marks aux maracas. Assurée par Al Kramer, la mise en forme est tout à fait contemporaine. "Hear my train a comin?" est une compo particulièrement impressionnante. Un ‘transe’ blues dont le climat torturé, psychédélique, est digne du célèbre "Voodoo chile". "Mr Bad luck" est le seul morceau antérieur à mai 1967. Chas Chandler en assume la production et les parties de basse ainsi que de batterie ont été réenregistrées, par les mêmes musiciens, en 1987. Lorsque Hendrix a débarqué en Angleterre, il a fait la connaissance d’Eric Clapton, alors impliqué dans l’aventure de The Cream. Et leurs contacts sont devenus fréquents. D’ailleurs, l’Experience avait adopté le même line up : celui du trio. Jimi rend un hommage ‘hendrixien’ au Cream, à travers une version instrumentale du fameux "Sunshine of your love". "Lover man" est le traitement réservé au célèbre "Rock me baby" de BB King. On décèle chez l’Américain, sa manière très particulière, unique en son genre même, d’appréhender le blues. "Ships passing through the night" a été mis en boîte le 14 avril 1969, c’est-à-dire lors de la toute dernière session accomplie par les trois membres originels de l'Experience. Hendrix y laisse libre cours à son inspiration. Son périple est déconcertant et périlleux, mais bigrement prodigieux. Sa six cordes passe un sale moment. La suite propose des morceaux plus connus de son répertoire. A l’instar de "Fire" et "Red House". Il ne s’agit cependant pas de prises alternatives réalisées en 1967, mais bien de nouvelles versions retravaillées en studio, en février 69. Evoluant sur un rythme allègre et parcouru par des accords de guitare débridés, "Fire" affronte les réponses vocales agressives de Redding. Quant à "Red house", il est la parfaite illustration de l’expérience ( ?!?!?) acquise par l’artiste, au cours des deux années précédentes. L’elpee s’achève par deux instrumentaux inédits : "Lullaby for the summer" et "Crying blue rain". 

 

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