Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

logo_musiczine

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Guns N Roses
Editors
Chroniques

Balkan Beat Box

Blue eyed black boy

Écrit par

Si Balkan Beat Box rencontre autant de succès, c’est sans doute parce que ce groupe est à l’image d’une génération : celle qui a grandi à l’ère du village global et a voyagé un peu partout, autour du globe. Une jeunesse révoltée contre le racisme et la guerre.

Ce collectif new-yorkais est drivé par trois musiciens d’origine israélienne : Ori Kaplan au saxophone, Tamir Muskat à la batterie et Tomer Yosef au micro. La plupart des membres du line up ont déjà roulé leur bosse musicale dans des groupes punko-klezmer tels Gogol Bordello, Firewater, Big Lazy et Shotnez. Et depuis la sortie de leur premier album éponyme, en 2005, les BBB sont parvenus à se faire une place de choix, notamment grâce à leurs concerts frénétiques. Sept invités new-yorkais et israéliens sont venus enrichir, de leurs sonorités aux couleurs venues d’ailleurs, les compos du nouvel elpee de Balkan Beat Box.

Si leurs racines sont balkaniques, leurs influences évoluent et s’élargissent de disque en disque. Leur premier opus (« Balkan Bet Box ») était surtout le fruit d’un mélange entre fanfares et musiques plus actuelles (hip hop, electro), le second (« Nu-Med ») empruntait également aux musiques traditionnelles orientales. « Blue eyed black boy » y ajoute des rythmes latins de cumbia, des sons caribéens, et du raeggeton. Le tout fortement agrémenté, grâce à la magie du numérique, de breakbeat, de drum'n'bass et d’électro.

C’est parfois beaucoup pour un même morceau et l’on se perd un peu dans ce zapping d’influences. Le résultat ressemble parfois aux hymnes de Manu Chao, surtout l’entraînante « Marcha de la vida », chantée à travers un mégaphone et reprise par une foule en délire. Entre dub balkanique et samba de carnaval, les styles changent mais l’énergie passe du début à la fin. Il faut donc avoir la forme pour danser sur cette musique résolument taillée pour le live (qu’on pourra écouter aux Nuits du Bota).

Quant à la détermination ‘politique’ de Balkan Beat Box (qu’on se rappelle la pochette de leur premier album ou les groupes au sein desquels ont milité les 3B), il faut avouer que si elle émane du punk, elle prône davantage aujourd’hui une philosophie mondialiste. 

« Blue eyed black boy » (un garçon noir aux yeux bleus) prône le pluriculturalisme et la paix dans le monde, mais n’annonce rien de nouveau. La musique s’oriente vers le global-sound, une musique universelle pour un village global. Mais ce qui fait la richesse des peuples et nationalités, n’est-ce pas justement leurs différences ? Peut-on garder une identité quant on prétend les embrasser toutes à la fois ?

Le Balkan Beat Box propose, en un tour un peu rapide du globe, une musique pour aller danser et se défouler. Mais pour entrer dans une culture, un état d’esprit, il faudra résolument prendre le temps, ailleurs.

 

Algernon

Ghost Surveillance

Écrit par

« Ghost Surveillance » constitue déjà le troisième album de ce quintette issu de Chicago. Mais il s’agit du premier enregistré chez le Cuneiform, label indépendant américain devenu notoire pour la réédition des albums de Soft Machine et de son chanteur Robert Wyatt. Pour la majorité des Européens, Algernon est une formation énigmatique. Et pourtant, fondée en 2005, elle a connu, au sein de la plus grande ville de la région du Middle West, une ascension plus ou moins rapide.

Au sein du line up, un duo de guitaristes. Dave Miller, le leader, tout d’abord. Puis, Toby Summerfield, un personnage qui a sévi tout un temps chez Larval. Le quintette est complété par le bassiste Tom Perona, le vibraphoniste Katie Wiegman et le drummer Cary Healey. Algernon parvient à mélanger une multitude de styles, tout en conservant une ligne de conduite bien précise. Si l’expression sonore trempe manifestement dans le post prog rock, elle recèle également des accès noisy réminiscents de Sonic Youth (« Objective Compromised »), des poussées jazzyfiantes alimentées par le vibraphone (NDR : « Time Killer » et l’excellent « Broken Lady » évoquent inévitablement Jaga Jazzist) et des traces de kraut rock héritées en ligne droite de Can et Neu ! Pas étonnant que tout au long de « Ghost Surveillance », l’instrumentation est riche et les climats variés. Néanmoins, si certaines plages passent facilement la rampe, d’autres exigent une concentration certaine pour vraiment être appréciées. Quelques unes poussent cependant l’expérimentation un peu trop loin et perdent alors tout intérêt… Hormis cette réserve, « Ghost Surveillance » est un petit coup de fraîcheur dans le monde du post rock. Et il en avait bien besoin…

 

Sam VerleN

Les mémoires de l’éléphant

Écrit par

Enregistrer un bon Cd, c’est comme préparer une bonne soupe, il faut les bons ingrédients. A priori, pour la soupe, il faut de bons légumes, de l’eau et des épices. Et puis bien sûr, le savoir-faire du cuistot. A fortiori, pour une bonne chanson, il faut un bon texte, une bonne mélodie et de bons arrangements. Pour le potage, lorsqu’un ingrédient fait défaut, on obtient soit, une bouillie de légumes indigeste, soit une espèce de lavasse épicée mais sans aucun goût. Et puis, le premier gourmet, ne s’improvise pas ‘chef’, du jour au lendemain …

Sam VerleN est donc responsable de cet album intitulé « Les mémoires de l’éléphant ». Ben vraiment désolé, mais sa tambouille me fait vraiment penser à cette cuisine de cantine d’école ou de camp scouts. Elle se laisse manger quand on a faim et que l’on n’a rien d’autre à se mettre sous la dent. Mais en ce qui concerne la saveur, sorry mais c’est l’agueusie totale ! Aucun fumet, aucune consistance, rien dans ces 11 titres ne parvient à enchanter le palais d’un amateur de bonne chère. Et ce ne sont certainement pas les calembours lourds, que l’on sent arriver deux heures à l’avance qui amélioreront cette fadeur indigeste. En un mot comme en cent, « Les mémoires de l’éléphant » ne resteront certainement pas dans la mienne.

Ah oui, j’oubliais,  j’ai été scout et … jamais je n’avais aussi mal mangé… Vite un aspro et un grand verre d’eau gazeuse, pour faire digérer le tout…

 

Squarcicatrici

Advance ruffmixes

Écrit par

Amateurs d’étiquettes et de choses bien ordonnées, n’écoutez pas Squarcicatrici ou vous deviendrez fous. Est-ce du free-jazz, de l’afro beat ou une bossa nova avant-gardiste ? Impossible de répondre. Squarcicatrici est un groupe à géométrie variable, qui évolue d’un disque à l’autre, selon les collaborations, autour du compositeur Jacopo Andreini.

L’elpee s’ouvre par des sonorités de cloches brésiliennes. Le son est mat. La musique saccadée, balkanique, cuivrée. Immédiatement, on pense à Think of One, groupe itinérant et polymorphe, aux multiples influences. Mais Squarcicatrici semble encore plus hétéroclite, puisant ses influences au sein de racines plus diversifiées. Ici des cris humains rappellent des cris d’oiseaux, l’accordéon évoque une guinguette parisienne, puis c’est une sorte de barrissement à peine identifiable. De la musique sauvage, issue de rencontres, qui opère des virages surprenants. Là c’est un slam acéré sur fond électronique, évoluant dans l’esprit du groupe belge (NDR : encore méconnu) C A R L. Puis dans une ambiance très jazzy, les saxophones se posent sur une discrète contrebasse. S’en suit une accélération précipitant le morceau vers d’inquiétantes improvisations, prolongée par un piano aux sombres résonances.

Soudainement, un homme hurle en portugais, sur une musique décomposée, lourde, hachée, qui s’emballe vers une dansante mascarade de piano et saxophone. Un violon féroce tourne autour, tel un frelon fou ; mais jamais l’ensemble ne vire à la cacophonie.

Chaque instrument s’exprime, se tait, est relayé par un autre, et reprend immédiatement quand le second a terminé. C’est comme une discussion virulente, le soir dans une ruelle craignos. Qui se poursuit, à l’aube, dans un quartier gitan, quelque part en Andalousie. Parfois on pense à Fantazio. A cause du mélange entre cris bestiaux et sensibilité instrumentale. De la voix masculine qui braille comme un nouveau-né sur des pizzicatos de contrebasse. Le dub est aussi présent puisque Squarcicatricci a reçu, lors des sessions d’enregistrement, le concours des stars bosniaques du dub, Vuneny.

Trop riche pour pouvoir en faire le tour à l’issue d’une seule audition, ce disque s’apprivoise au fil des écoutes…

 

Peggy Sue

Fossils and Other Phantoms

Écrit par

Afin d’appréhender Peggy Sue, il serait peut-être utile d’oser une petite comparaison. Avec le groupe The Dodos. Il existe, en effet, de nombreux points communs entre ces deux groupes. Tout d’abord, les deux formations se produisent en trio. Entièrement masculin pour The Dodos, au deux-tiers féminin chez Peggy Sue. Ensuite, ils relèvent tous les deux du label Wichita. Musicalement, leurs expressions sonores évoluent dans l’univers acoustique. Et leurs harmonies vocales sont particulièrement soignées. Enfin, lors des sessions d’enregistrement, les deux groupes ont bénéficié du concours de l’expérimenté John Ashew, à la mise en forme, même si Alex Newport (At The Drive-In / Two Gallants) est également venu apporter sa collaboration à la confection de « Fossils and Other Phantoms ».

Passons maintenant aux différences. Les musicos des Dodos ont grandi, sous les rayons du soleil, face à l’Océan Pacifique. Ceux de Peggy Sue se sont contentés de contempler les plaines britanniques du Sussex et les eaux brunâtres de la Manche. Et pour cause, ils sont issus de Brighton. Comme quoi, on peut venir d’environnements différents et afficher des sensibilités musicales fort proches…

Mais revenons à nos moutons. Ceux de Peggy Sue, en l’occurrence. Peggy Sue n’est pas une formation née de la dernière pluie. Avant de publier cet elpee, la formation avait d’ailleurs commis quelques maxis sous différents patronymes (Peggy Sue and The pirates et Peggy Sue and The Pictures). Le combo a également eu l’opportunité d’assurer le supporting act pour des groupes ou artistes comme Mumford & Song (NDR : Ben Lovett y avait apporté son concours), Kate Nash ou encore The Maccabees. Ce qui avait permis au band d’acquérir une certaine notoriété outre-Manche, mais également sur le Vieux Continent.

Le Peggy Sue nouveau implique les chanteuses/guitaristes (NDR : ce sont aussi des amies) Rosa Rex et Katy Klaw. Deux compositrices d’exception. Elles sont soutenues par le drummer Olly Joyce. Empreint de fraîcheur et minimaliste, leur folk est essentiellement tramé sur des guitares acoustiques. Ce qui n’empêche pas l’intervention circonstancielle d’autres instruments, comme l’accordéon ou le banjo. Mais c’est surtout la conjugaison subtile des voix féminines qui fait la différence (NDR : ces chœurs tout au long de « Careless Talk Costs Lives » !) Quant à leur lyrisme, il évoque tour à tour une version anglaise de Joana Newsom voire d’Alela Diane. Tradition british oblige ! Si l’ensemble de l’opus baigne dans la mélancolie, un morceau comme « Yo mama » (NDR : c’est le single) est un véritable rayon de soleil, au sein de l’œuvre. Caractérisé par ses rythmes caoutchouteux, il lorgne même carrément vers The Dodos (NDT : si, si !), tout en communiquant un enthousiasme contagieux.

Peggy Sue confirme donc tout le bien que l’on pensait de lui. Bien sûr, les mauvaises langues leur reprocheront d’explorer un filon déjà éprouvé. Mais pourquoi faire la fine bouche, lorsqu’on peut se faire plaisir. Et comme un concert vaut mieux qu’une longue chronique, pourquoi ne pas aller les applaudir à la Rotonde, ce 7 mai, dans le cadre des Nuits Botanique, avant que les Londoniens d’Archie Bronson Outfit, ne viennent déverser leurs décibels…

The Other

New Blood

Écrit par

L’horror Punk marie, de manière humoristique, le punk rock à une imagerie sombre et kitch inspirée des films d’horreur de série B. La paternité du style est habituellement attribuée aux Misfits. Si d’autres combos américains ont pris la relève (Frankenstein Drag Queens From Planet 13, 45 Grave, Murderdolls, Wednesday 13), les formations européennes se grimant en squelette pour faire pogoter les foules ne sont pas très nombreuses. Les Allemands de The Other constituent donc l’exception qui confirme la règle.

A une époque, les sorties d’albums produits par Waldemar Sorychta provoquaient de mini-émeutes chez les disquaires branchés métal. Et pour cause : le guitariste/producteur n’associait son nom qu’à des disques de qualité. Dans les années 90, le son du « Wildhoney » de Tiamat, « Ceremony Of Opposites » de Samael, « Mandylion » de The Gathering ou « Irreligious » de Moonspell, c’était à lui qu’on le devait. Depuis, l’homme s’était fait un peu plus rare et, hormis le « Karmacode » de Lacuna Coil ou le « Memorial » de Moonspell, publiés en 2006, on ne peut pas dire que ses productions aient fait la une de l’actualité. C’est donc plutôt une bonne surprise de le retrouver derrière les manettes de ce « New Blood ». Une bonne surprise ? Oui, enfin presque puisqu’il n’est pas vraiment certain que le son léché, peaufiné à l’extrême, qui a fait la renommée de Sorychta soit vraiment adapté à un disque de punk rock. Curieusement, la qualité, c’est un peu le problème de ce disque. Pour être honnête, le son des guitares puissant, presque métal, associé aux vocaux évoquant à la fois Elvis Presley et Glen Danzig, rapproche davantage la musique de The Other d’une version simplifiée du thrash/rock’n’roll des Danois de Volbeat que du punk rock déjanté des Misfits. « New Blood » est puissant, oui, mais pas ‘destroy’ !

Reste donc l’iconographie Horror Punk. Et là, nous sommes servis. Maquillage de zombie et de boucher ensanglanté, textes évoquant les cimetières, les vampires, les démons et les loups-garous. Bref, toute la panoplie du petit ‘horror-punk-rocker’ qui fait rire en faisant peur !

The Other s’aventure parfois sur le terrain du métal gothique et notamment sur « The Lovesick Mind » un titre, à l’écoute duquel on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée émue pour l’ami Peter Steele (Type-O-Negative) décédé récemment.

« New Blood » est donc un album qui ratisse bien plus large que le public Horror Punk. Un album horrifique et attachant qui plaira aux punks, aux gothiques, aux métalleux ou tout simplement aux rockers.

 

My Little Cheap Dictaphone (MLCD)

The tragic Tale of a Genius

Écrit par

« The Tragic Tale of a Genius » est le fruit du projet solo de Red Boy, membre fondateur et éminence grise des Hollywood Porn Stars. Ce projet, il l’a baptisé ‘My Little Cheap Dictaphone’ à cause de l'orientation lo-fi (en opposition à hi-fi) empruntée par sa musique, à l'origine. My Little Cheap Dictaphone se décline sous la forme d’un trio (un quatuor sur les planches) que les règles et conventions intéressent peu. Entre folk de cabaret et rock déjanté, l'univers théâtral de ce groupe originaire de Liège est plus qu’intéressant.

Red Boy est un obstiné. Depuis trois ans, il veut écrire un opéra rock. Il y a travaillé ardemment. Il aurait même cassé sa tirelire pour y parvenir. En outre, il a réussi à attirer dans l'aventure d’autres chanteurs (NDR : et pas des moindres !) tels Jonathan Donahue de Mercury Rev, Ralph Mulder d'Alamo Race Track et Pall Jenkins de Black Heart Procession.

‘Ce n'est ni "Tommy" ou "The Wall", plutôt un conte moderne, explique Redboy. "The Tales Of Genius" trace la trajectoire d'un génie maudit. Avant d'écrire les chansons, j'ai lu les biographies de Brian Wilson des Beach Boys, de Johnny Cash et de Tom Waits. Ce qui m'a frappé, c'est le nombre de points communs qu'on peut retrouver dans leur parcours. Une enfance difficile, la reconnaissance critique, le sentiment d'aliénation et l'isolement dans un monde dont ils sont les seuls à posséder les clefs. Pour élargir le propos, le groupe s'est enfermé dans un chalet de Vielsalm. On se passait des films de David Lynch, de Lars von Trier ou d'Hitchcock et on jouait en improvisant’. Chaud chaud l’ambiance !

Le résultat de cette préparation surréaliste est un véritable chef-d’œuvre. Une histoire, un cabaret, un opéra rock/pop moderne qui raconte le parcours d'un artiste surdoué mais torturé par des démons intérieurs (Brian Wilson pour ne pas le nommer) décliné en treize morceaux de choix. Les envolées symphoniques côtoient les ballades pop du meilleur acabit. La réussite est totale. D’abord, les textes sont écrits de manière à vraiment frapper l’imagination. Ensuite, les mélodies sont variées à souhait, mettant en valeur toute la créativité et l’authenticité du projet. Dès la première plage, « Ouverture », on est pris au piège, capturé par cette musique théâtrale, envoûtante, imprévisible.

Chaque compo est une nouvelle création. Toutes les trois ou quatre minutes, on a l’impression que le rideau se lève et fait place à un nouveau numéro, différent des précédents. Quelle richesse !

L’ensemble des treize titres est indissociable ; mais on épinglera quand-même deux ou trois singles potentiels tels « He’s not there », « What are you waiting for » ou encore « Slow me down ».

Red Boy n’en a pas encore terminé avec son projet. Il a décidé maintenant de le monter et de tourner en compagnie d’un orchestre classique de trente musiciens. Le jeu en vaudra certainement la chandelle et les chançards qui sont parvenus à se procurer un ticket d’entrée pour les 7 et 8 mai à Bruxelles ou Liège ne le regretteront sûrement pas. 

Un des meilleurs et peut être déjà le meilleur album belge de l’année.

 

Molly Hatchett

Justice

Écrit par

Le plus rassurant chez des groupes comme Molly Hatchett ou AC/DC, c’est que l’on sait toujours à quoi s’attendre avant d’écouter leurs albums. Tout comme nos hard rockers australiens préférés, les rockers sudistes floridiens tracent une ligne de conduite musicale dont ils ne dévient que très rarement. Dès lors, si l’on a aimé un jour l’un des albums du combo, il y a de fortes chances que l’on ne soit pas déçu par le suivant.

Alors, si comme votre serviteur, vous avez craqué en 1983 pour le hard rock teinté de blues et de country rock de l’album « No Guts No Glory » ou pour l’un des 12 autres opus studios enregistré par le combo depuis 1978, une écoute de ce « Justice », tout droit sorti de la machine à rock sudiste de Jacksonville, s’impose d’urgence.

Comme toujours dans le rock du pays des cow-boys, les guitares s’en donnent à cœur joie. Slide, électrique, acoustique : Dave Hlubek et Bobby Ingram sont au top de leur forme et délivrent leur pesant de riffs épiques et de soli magnifiques. Les parties de claviers (synthé, piano, orgue Hammond) de John Galvin dévient parfois le rock sudiste vers le classic rock ou même l’AOR. Les vocaux de Phil McCormack sont, toujours aussi gras que l’huile de vidange et enivrants que le bourbon.

Pour Bobby Ingram, le cerveau du combo, la justice est une philosophie de vie. Comme son nom l’indique les textes de « Justice » sont consacrés aux nombreuses déclinaisons ce thème. A l’instar de la magnifique ballade « Fly On Wings Of Angels (Somers Song) ». Elle raconte l’histoire vraie du petit Somer Thompson dont le viol et l’assassinat brutal avaient profondément choqué le guitariste. Ce dernier n’avait pas hésité à participer à un concert de charité destiné à aider les parents de la victime. La petite fille qui chante au début du titre est d’ailleurs la propre sœur de Somer.

Molly Hatchett est l’un des piliers du rock sudiste, au même titre que Lynyrd Skynyrd, 38 Special ou The Allman Brothers Band. « Justice » est une nouvelle pierre apportée à l’édifice construit par ce groupe légendaire, depuis la fin des seventies. Il sera, sans doute possible, l’album de l’été des bikers qui pourront l’écouter, une bière à la main et la barbe dégoulinante de ketchup, en laissant refroidir les braises du barbecue.

Page 500 sur 1252