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Hooverphonic
Kreator - 25/03/2026
Chroniques

Holy Family

Values

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Suivant l’adage, Il n’est jamais trop tard pour bien faire ! Bien que paru en 2017, le second elpee de Holy Family, « Values », mérite toujours qu’on lui accorde une chronique.

A l’époque, il marquait le retour au pays de la formation suédoise après des piges de longues accomplies à Montréal ou à Athens (en Géorgie où l’album a d’ailleurs été enregistré en compagnie de Kevin Barnes, la folle tête pensante d’Of Montreal). Réunissant Anton et Viktor, Holy Family reconnaît alors pour influences majeures, Blur, Grizzly Bear et les années 60 en général.

Tout au long de cet LP, le groupe explore une indie-pop au groove plutôt imparable (le tube « Erratic »), rappelant même Wild Beast. Un profil confirmé par « Empty Gestures », une plage caractérisée par la ligne de basse caoutchouteuse.

Bien que très plaisant, cet opus manque sans doute d’identité distincte pour permettre à Holy Family de se distinguer d’autres groupes du même genre…

Population II

À La Ô Terre

Écrit par

Premier album pour ce trio montréalais, au sein duquel milite Emmanuel Ethier (Chocolat, Corridor, Jonathan Personne). Intitulé « À La Ô Terre », il puise ses influences au sein d’une multitude de styles : rock, pop, prog, stoner, space, psyché, kraut, garage, blues, jazz, etc., tout en s’autorisant parfois des ouvertures orientales. Un peu comme de nombreux groupes qui ont traversé les 70’s ; mais en parvenant à jouer sur les contrastes… Acide et légèrement sous reverb, la voix délivre des textes en français, mais elle s’intègre tellement bien à l’ensemble qu’on n’y prête guère d’attention, même si parfois elle adopte une forme hymnique voire exotique.

En général, les compos se fondent l’une dans l’autre sans qu’on s’en rende compte. A l’instar du triptyque « Les vents » / « L’offrande » / « La nuit », au cours duquel la harpiste Marylou Lyon apporte son concours (NDR : sur le premier fragment !) Ligne de basse énigmatique, solos de gratte, drums souples et orgue vintage discrètement rogné (Iron Butterlfly ?) alimentent un fameux groove sur plusieurs plages. Un peu à la manière de Motorpsycho. Surtout lorsqu’elles s’emballent.

Floydienne (« Echoes ?), la basse palpite tout au long d’« Attraction », un titre qui s’ouvre et s’achève sur un rythme indolent, prend son envol à mi-parcours et concède des accès de free jazz au saxophone (NDR : invité pour la circonstance, Samuel Hampbell y souffle également sur le titre d’entrée, « Introspection »). Une structure qu’on retrouve sur « Ce n’est rêve », une compo sinueuse qui évolue d’abord sur un tempo tribal voire martial, monte en crescendo, explose et finit par retrouver sa langueur. Et le long playing de s’achever par le serpentueux « Je laisse soleil briller ». Excellent dans le style !

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que l’album est sorti chez Castle Records, le label qui appartient à John Dwyer, le leader de Osees.

Jeremiah Johnson

Unemployed highly annoyed

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Jeremiah Johnson est issu de St Louis, dans le Missouri. Sa musique baigne dans le blues et le southern. Ce presque quinquagénaire s’est entouré d’un backing group en 2009. Et dans la foulée, la formation a gravé "9th & Russell", un premier elpee. En 2018, Thomas Ruf l’intègre dans son écurie. Jeremiah y publie alors "Straitjacket", un long playing qui rencontre un énorme succès, en décrochant une pole position au sein du ‘Billboard Blues Chart’.

Lors des sessions de son quatrième LP, Jeremiah a reçu le concours de ses musiciens ; en l’occurrence le bassiste/claviériste Paul Niehaus IV et le drummer Tony Antonelli. Mais Niehaus a également invité des potes dans son studio Blue Lotus. En outre, non seulement il se charge des claviers sur la grande majorité des plages, mais il assure également la production. "Unemployed highly annoyed" recèle huit plages dont une reprise. Elles s’inspirent de la sombre époque que nous vivons, une situation causée par une pandémie qui force les musiciens à l’inactivité.

Southern rock, "Burn down the garden" est une superbe ouverture. Face à l’orgue, la voix colle parfaitement au style et Jeremiah s’autorise déjà une belle envolée sur ses cordes. Tout comme sur "Muddy black water", un titre dont le climat singulier et exotique est entretenu par les percussions et le piano électrique. La cover du "Cherry red wine" de Luther Allison est impeccable, un bues lent qui n’atteint cependant pas l’excellence de la version originale. Pas de claviers pour "Daddy's going out tonight", un rockin' blues dispensé sous la formule du trio classique, qui fait mouche. Naturellement funky, théâtre de beaux échanges entre cordes et clavier, le titre maître est contaminé par cette période Covid. Slow blues somptueux mené à la texane, "Different plan for me" est tapissé par la chaleur feutrée de l'orgue. Jeremiah est convaincant au chant, tout en arrachant de sa gratte, des notes dignes d'Albert Collins. Orgue et cordes continuent de nous enchanter tout au long du lent et intimiste "Love and sympathy". De très bonne facture, cet opus s’achève par le judicieusement intitulé "Rock'n'roll for the soul"…

Lizzy Young

Coocoo Banana

Écrit par

Originaire de la banlieue parisienne, Lizzy Young a vécu quelque temps à Barcelone, avant d’émigrer à New-York, où elle réside maintenant depuis plus de 10 ans. Elle y milite comme bassiste au sein de différentes formations, outre sa carrière solo, qu’elle mène en parallèle.  

Inspirée des 80’s, la musique de Lizzy Young baigne au sein d’un climat dépouillé, froid et ombrageux. Vaporeux ou tourbillonnants, parfois dispensés en boucle ou simplement réduits aux sonorités de piano, les claviers vintage (un casio ?) entretiennent parfaitement cette atmosphère.

En général, semblable à une prière, sa voix est plutôt incantatoire, mais quand elle susurre, on ne peut s’empêcher de penser à Connan Mockasin (« God is pink », « Squid juice in Hollywood »). Les compos sont, pour la plupart, imprimées sur un mid tempo, par une boîte à rythmes. Trois exceptions qui confirment la règle, l’hypnotique « Obvious », l’offensif « She farts while she walks », et la valse électro « This morning I woke up ».

Tout au long de cet opus, Lizzy exprime son désenchantement (« Elephants », seul titre interprété dans la langue de Molière), expose ses craintes et ses doutes (« Oh ! Jupiter ! » ) quand elle ne traduit pas ses lyrics poétiques en plaidoyer protestataire…

FACS

Void Moments

Écrit par

Le guitariste Brian Case et le batteur Noah Leger n’ont pas eu besoin de bien longtemps pour oublier leur aventure vécue au sein de Disappears, une formation qui a clôturé les affaires courantes en 2017. L’expérience a été vite relayée à travers FACS, déjà responsable de 3 albums en 3 ans ! Pas question de rigolade sur cet opus, le son très ‘dark’ des Américains naviguant quelque part entre post-punk et noise, tout en concédant des accès de shoegaze (« Casual Indifference »). La lourdeur hypnotique de « Void Walker » est dévastatrice. La batterie y est particulièrement remarquable. Et c’est Alanna Kalaba qui trace les lignes de basse. Une œuvre sombre mais un groupe au talent décidément lumineux !

Dan Penn

Living on Mercy

Écrit par

Dan Penn est aujourd’hui âgé de 79 balais. Ce célèbre chanteur, producteur et compositeur américain a notamment écrit les célèbres "The letter" et "Cry like a baby", deux énormes tubes, pour les Box Tops. Originaire de l'Alabama, il s’est établi à Memphis après avoir fêté ses 25 ans où il va notamment bosser en compagnie d’Aretha Franklin. Il a peu enregistré pour lui-même. "Living on mercy" réunit cependant treize de ses compositions. Les sessions se sont déroulées au sein des studios Muscle Shoals, non loin de son lieu de naissance, et à Nashville. Il y a reçu le concours de Will McFarlane à la guitare et Clayton Ivey aux claviers.

L’elpee recèle une majorité de ballades lentes qui mettent en exergue le sens de la mélodie ainsi que la voix chaude et profonde de Mr Penn. A l’instar du titre maître qui ouvre l’album, d’"I do", compo qui ne manque pas de charme, de "What it takes to be true" ou encore de "One of these days", morceau final au cours duquel il s'interroge sur le temps qui lui reste à vivre. Heureusement, le long playing propose quelques plages rythmées. Dont "Edge of love", un blues bien remuant et enrichi de cuivres. "I did'nt hear that comin'", ensuite. Dynamisée par les ivoires et les percussions, cette piste nous entraîne jusqu’à la Nouvelle Orléans. Enfin, "Clean slate" et "Soul connection" véhiculent quelques accents soul…

Beingmoved

Smile and bigger hearts

Écrit par

A l’origine, Beingmoved était le projet du guitariste Andrea Nocco. Son frère, Edoardo, le rejoint ensuite. Il se charge de la seconde gratte. Puis une section rythmique basse/batterie vient compléter le line up qui passe alors à un quatuor. Et c’est sous cette forme que la formation enregistre son premier Ep, « My everyday pop songs », en 2019.

« Smile and bigger hearts » constitue son tout premier opus, un œuvre qui nous replonge dans l’alt rock des 90’s. Pensez à Sebadoh, Dinosaur Jr., Buffalo Tom ou encore Bob Mould. Déchiquetées, robustes, angulaires, rugissantes, saccadées ou acidulées, les guitares s’en donnent à cœur joie, tout en respectant un fil mélodique. Des mélodies pop soignées, soulignées d’harmonies vocales (elles sont superbes tout au long du ‘REMesque’ « Happiness » !), contagieuses ou mélancoliques, mais toujours bien balancées. Solide mais efficace, la section rythmique dynamise parfaitement les 8 plages rafraîchissantes et entraînantes de cet LP. Un disque revivaliste, mais qui fait du bien à écouter…

Soft People

Absolute Boys

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« Absolute boys » constitue le second elpee de Soft People, un duo établi à San Luis Obispo, quelque part entre San Francisco et Los Angeles. « American Men », son premier, est paru en 2017. Un opus aux lyrics engagés, condamnant, notamment, les décisions jugées arbitraires du gouvernement Trump. Plus question de discours sociopolitique sur le nouvel album, mais des textes motivés par une situation plus personnelle, puisque mariés, Caleb Nichols et John Metz, y défendent (la) leur condition homosexuelle.

Le long playing s’ouvre par l’excellent « New moon », un titre pop qui bénéficie d’une jolie mélodie. Mélancolique, imprimé sur une boîte à rythmes minimaliste, il est délicatement coloré par une ligne de guitare tour à tour slide ou tintinnabulante. Elles sont encore chatoyantes tout au long du morceau suivant, « Shot through », mais il s’enfonce déjà dans une électro pop sophistiquée, précieuse, qui va contaminer une bonne partie des autres compos. Des compos qui évoquent vaguement Pet Shop Boys (ce vocal falsetto !), Notwist et New Order… Et la voix autotunée qui hante « Alex » devient même rapidement exaspérante. Pas une bonne idée, vu les capacités vocales des deux musicos. Finalement, c’est lorsque l’expression sonore sort des sentiers battus que le tandem devient le plus intéressant. A l’instar de « Louis », une valse cabaret, balisée par des sonorités d’orgue de Barbarie, qui aurait pu figurer au répertoire de The Divine Comedy. De « 22 lunes » également. Slammé, ombrageux, il est soutenu par des beats puissants. Et enfin « Emberina ». Un titre hanté par Joy Division. A cause de cette basse cold et puis de ces claviers vintage, frémissants et lugubres à la fois...

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