La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Chroniques

Craven Faults

Erratics & unconformities

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Derrière ce patronyme énigmatique et déjà maladif, se cache un musicien anglais anticonformiste, visionnaire et sans doute génialement dérangé.

Et qui n’a pas peur de bousculer le mélomane, comme tend à l’indiquer la plage d’ouverture de son premier opus qui s’étire sur 17 minutes intrigantes, angoissantes et claustrophobes.

« Vacca Wall » (du nom d’un chemin bordé de pierres mystérieuses dans le Yorkshire) tisse d’emblée une toile épaisse dans laquelle l’oreille vient se coller pour ne plus se détacher de cet objet à la fois beau et intriguant.

Évidemment, vous l’aurez compris, l’album n’offre pas de transe destinée à se trémousser sur les plages d’Ibiza, à moins d’un fameux bad trip sous acide.

Zébré d’éclairs blafards comme les néons d’une autoroute fantôme, les compositions sont délayées dans une texture sombre et épaisse comme le goudron.

À certains moments, « Erratics & Unconformities » sonne comme la berceuse d’un délire d’Alejandro Jodorowsky dans un monde réduit au silence par les machines.

Ici les paysages d’une Angleterre industrielle s’étendent à perte de vue et le ciel plombé se reflète sur des flaques d’huile qui maculent chaque rue, chaque campagne, chaque espoir.

Et quand Craven Faults s’abandonne à la méditation, c’est pour dessiner en pointillés des parallèles qui jamais ne se rejoindront (« Hangingstones », « Signal Post »).

Certes, le propos peut paraître opaque, mais il est le reflet de sensations, de ressentis, d’ébauches d’images et de visions incertaines nourries par six titres magistraux traversés de sons analogiques, digitaux et même récoltés ci et là lors d’énigmatiques trajets entre ville endormie et activités industrielles.

Un road trip exceptionnel alimenté par les photos y afférentes que vous trouverez sur le site de l’artiste ici

De toutes façons, si certains films n’existent que dans votre imagination, Craven Fault se chargera de les mettre en musique…

Destroyer

Have We Met

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On ne présente plus le fantasque et talentueux Dan Bejar et son magnifique navire Destroyer. Le ‘dandy indie’ est actif depuis 1995 déjà et avait atteint des sommets sur le mal nommé « Kaputt », en 2011. Le natif de Vancouver est donc aujourd’hui de retour, pour publier « Have We Met » un LP élégamment illustré par Bejar en crooner débraillé…. Après le plus difficile d’accès « Ken », sorti en 2017, ce nouveau chapitre revient vers un son plus ample et des morceaux plus rythmés (« It Just Doesn’t Happen ») tout en conservant ce côté mystérieux qui lui sied à merveille. Les sonorités sont toujours bercées par les eighties, les claviers sont omniprésents et les textes –bien entendu– abstraits ! Bejar semble incarner à merveille une version désabusée et alternative des années 80’s, grâce à des morceaux élégants, pop mais légèrement expérimentaux, tout en recelant leur part de ‘darkness’… Un artiste aujourd’hui devenu majeur…

Giant Sand

Ramp (Réédition)

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Paru en 1991, « Ramp » constitue le septième elpee de Giant Sand, un disque qui vient d’être réédité après remasterisation. Il a été, en outre, enrichi d’une session live, immortalisée le 30 janvier 1991, aux Mad Dog Studios. Aux treize plages sont donc venues s’ajouter 7 autres, pour un total de 20 morceaux !

Lors des sessions de « Ramp », Howe Gelb avait reçu le concours du jeune et fraîchement arrivé Joey Burns, futur Calexico, à la basse, son compère John Convertino (également futur Calexico) aux drums, Victoria Williams ainsi que Pappy Allen, vétéran de la country, alors âgé de 74 balais, aux vocaux. Sans oublier Howe également au micro et aux grattes.

L’expérience révèle que Howe avait décidé d’enregistrer les compos en studio sous sa forme la plus électrique et d’y insérer l’acoustique (banjo, dobro, pedal steel, harmonica), via la machine DAT. Et le résultat ne manque pas d’allure, même si les brisures de rythmes sont légion. Et puis il y a la voix flemmarde de Gelb, très proche de celle de Lou Reed…

L’opus s’ouvre par l’offensif « Warm Storm », une plage enrobée de chœurs féminins, et s’achève par le funk blues « Patsy’s blues », une piste au cours de laquelle on entend un enfant chanter… faux… Hymnique « Romance of falling » navigue quelque part entre les Pixies et Kurt Vile. Des Pixies qui hantent encore le remuant, déjanté et enlevé « Always horses coming ». Mais encore « Anti-shadow » en fin de parcours, même si les soubresauts en amont évoquent plutôt Pavement. Lorsque l’intensité électrique envahit l’allègre « Wonder », on ne peut s’empêcher de penser à Neil Young et son Crazy Horse. Imprimés sur des tempos bien carrés, « Neon filler », que Gelb déclame en s’accompagnant au piano, et « Z.Z. Quicker foot » auraient pu figurer au répertoire de Lou Reed. Si « Jazzer Snipe » dévoile un jazz bien allègre (Soul Coughing ?), « Resolver » s’ouvre en mode cabaret, une valse lente et saccadée qui vire ensuite au c&w galopant. Country & western qu’on retrouve sur « Nowhere » (?!?!?) avant le retour du rythme. Sans oublier la cover du classique « Welcome to my world » de Jim Reeves, au cours de laquelle Gelb se prend pour un crooner.

Place ensuite aux « Mad Dog Sessions ». Piano, drums et bass alimentent le jazzy et enfumé « Back to the Black & Grey ». Ballade bluesy mid tempo un peu détraquée, « Trickel down system » vire ensuite au skiffle. Entre blues et jazz « Bible black, book II » est entretenu par un piano et une contrebasse. Effilées, les grattes découpent littéralement « Can’t find love », un funk/rock spasmodique, dansant et alerte. Plus électrique encore, la mouture ‘live’ de « Romance of Falling » redessine l’axe Pavement/Pixies. Enfin si la sobriété de « Still to far » nous replonge dans la folk/country, « Shadow to you » nous ressert un rock carré à la Lou Reed. Il y manque trois titres qui figuraient sur les sessions originelles. Pourquoi ? Aucune idée !

Dana Gavanski

Yesterday is gone

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Dana Gavanski est l’une des dernières signatures de l’excellent label londonien Full Time Hobby, une écurie au sein de laquelle militent, notamment, Timber Timbre, Micah P.Hinson, Tunng ou encore Jacco Gardner. D’origine serbo-canadienne, cette jeune songwritrice est née parmi une famille d’artistes. Et pour cause, son père est actif dans l’univers de l’industrie du cinéma et sa mère est peintre. Dana a longtemps hésité entre le cinéma et la musique, avant d’opter finalement pour ce dernier art. Elle a sorti un premier Ep en 2019 ; ce qui lui a permis de d’accomplir plusieurs tournées et d’assurer le supporting act, notamment de Damien Jurado.

A l’instar de son Ep, pour enregistrer son premier elpee, elle a reçu le concours de Mike Lindsay, une des têtes pensantes de Tunng. Dana cite des influences qui oscillent de King Crimson à Vashti Bunyan en passant par ses contemporaines Cate Le Bon et Aldous Harding.

Tout au long des dix morceaux qui figurent sur « Yesterday is Gone », elle parvient à communiquer ses émotions, grâce à une voix empreinte d’une grande sensibilité. Bien que basiquement acoustique, son expression sonore incorpore des sonorités électroniques et des instruments organiques. Et manifestement, la présence de Mike Lindsay y est pour quelque chose. Le psyché/folk de Dana Gavanski est donc riche ; et s’il mérite une attention particulière, il est nécessaire de s’y attarder voire d’y consacrer plusieurs écoutes afin de saisir la finesse des mélodies et la richesse de l’instrumentation.

Une petite découverte à suivre de près, dans le futur…. 

Thomas Howard Memorial

Bonaventura

Écrit par

Duc de Norfolk, Thomas Howard (1473 - 1554) est un homme politique et un courtisan du règne d'Henri VIII, mais c’est surtout le faux nom choisi par le célèbre hors-la-loi Jesse James, lorsqu’il s’est installé dans le Tennessee, comme fermier, pour tenter d’échapper à son passé. C’est ce patronyme, en y ajoutant ‘Memorial’, qu’a choisi ce quartet issu de Guingamp.

« Bonaventura » constitue son second elpee, un disque partagé entre plages instrumentales ou chantées par Yann Olivier, alors soutenu par les backing vocaux du claviériste Elouan Jegat, dans un style qu’on pourrait qualifier de liturgique voire contemplatif. Bien qu’essentiellement organique (guitare surf ou gémissante, basse bavarde, percus puissantes ou amples, clavier ou piano), la musique de cette formation bretonne a également recours à l’électronique. Mais de manière judicieuse. Mélancolique et atmosphérique, cette expression sonore semble puiser ses influences majeures chez Pink Floyd, Archive et Mercury Rev. Einstürzende Neubauten également. Surtout sur les compos les plus bruitistes. Encore qu’instrumentales et partagées au moins en trois parties, les 8’ du titre maître doivent autant à Ennio Morricone qu’à John Barry. Ecrite par la poétesse et slammeuse Clotilde de Brito, « Feel alright » recèle les rares paroles interprétées dans la langue de Molière. Caractérisé par ses interventions de gratte en picking (Vini Reilly ?), la ballade mid tempo « Let it glow » s’étoffe progressivement avant de virer au rock hypnotique. De nombreuses pistes adoptent d’ailleurs ce format de ballade mid tempo, même si des changements de rythme se produisent circonstanciellement. Une œuvre qui devrait faire mouche chez les aficionados de néo prog…

Kim Dies Laughing

Acid Rain

Écrit par

Kim Dies Laughing réunit un ex-bassiste de Treponem Pal, Kim S, et le chanteur/guitariste du défunt Curtain, Emma B, un duo parisien qui vient de graver son premier elpee, « Acid rain ».

Si la voix est particulièrement vindicative, la musique puise essentiellement ses sources dans les eighties. Depuis l’EBM au post punk, en passant par l’indus la cold wave, la dance et le synthrock. S’il n’y avait le vocal, le titre maître qui ouvre l’opus, les boucles entêtantes et la sonorité de claviers nous rappelleraient « Sleeper in Metropolis » d’Anne Clark. « Grounded cherche un compromis entre Joy Division et New Order. « No future » nous renvoie à l‘Ep de Wire, « Mannequin, 12XU/ Feeding Called Love » alors que le spectre de Depeche Mode circa « Construction time again » plane tout au long d’« Inner circle ». Hormis le plus cosmique « Somewhere », les compos sont régulièrement découpées par des riffs de gratte en fusion et parsemées de bruits stridents, indus si vous préférez. Des références ? Executive Slacks, Alex Sex Fiend et Front 242. Il y en a d’autres, mais les nostalgiques des eighties devraient les déceler aisément. Le meilleur morceau de cet LP ? « Razor blade ». Plus riche, il autorise des belles envolées de gratte carillonnantes, une incursion de claviers vaporeux et une ligne de basse caoutchouteuse tout en ne négligeant pas les accès de cordes grinçants…

Aziz Sahmaoui

Poetic Trance

Écrit par

Aziz Sahmaoui & University of Gnawa

Aziz Sahmaoui est loin d’un inconnu, puisque ce Marocain a fondé l’Orchestre National de Barbès, début des nineties, quand il a débarqué à Paris. Puis il a intégré le backing group du pianiste Joe Zawinul, fondateur de Weather Report et ex-collaborateur de Miles Davis. En compagnie de son University of Gnawa, tout au long de ce « Poetic trance », il cherche à établir des ponts entre l’Afrique et l’Europe. Pour y parvenir, il mêle les musiques traditionnelles du Maghreb à la pop, l’électro, le disco et le reggae. Mais le ton reste essentiellement world. D’ailleurs, même si les musiciens ont recours à l’instrumentation organique, mandole, kora, n’goni, guembri et karkabous la colorent généreusement, alors qu’interprétées en tamazight, wolof ou mina, les chansons parlent du profond attachement d’Aziz à la culture africaine, de la fraternité, de la résilience des victimes de guerre et puis de la peur qui nous ronge perpétuellement. Peur de l’amour, de sortir, de l’autre, de l’inconnu. Vu la situation sanitaire actuelle, cette réflexion n’est pas dénuée d’intérêt. Enfin l’opus a bénéficié du concours de Martin Meissonnier (Fela Kuti, Manu Dibango, Papa Wemba, etc.) à la mise en forme.

Remo Drive

A portrait of an ugly man

Écrit par

Fondée en 2013, Remo Drive est une formation drivée par les frères Erik et Stephen Paulson. Le premier se charge de la guitare et du chant, le second de la basse. Sam Becht assure depuis peu les drums.

Etablie à Bloomington, dans le Minnesota, elle pratique de l’émo, une empathie qu’elle puise manifestement chez Weezer (« Pinkerton » ?) et Morrissey. Erik adopte même les inflexions de Moz, mais sans en avoir le timbre. « A portrait of an ugly man » constitue le troisième elpee du band. Les guitares sont chargées, déchiquetées, arides, lisses ou tourbillonnantes et parfois élégantes, mais rarement percutantes. L’expression sonore agrège indie pop, power pop, un zeste de post punk et de dance, mais au fil de l’écoute l’ensemble commence à souffrir d’une pénible monotonie. Seul « A flower and a weed », un single hanté par Arctic Monkeys et Maxïmo Park (NDR : la voix d’Erik évoque alors celle de Paul Smith), est parvenu à sortir votre serviteur de son profond ennui. Et c’est l’avant-dernier titre sur les 10 que compte ce long playing !

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