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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

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Various Artists

Various Artists - Dreamscape - Drum´n´bass Legends

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Et encore un double CD qui ne prend pas trop de risques, pimenté qu'il est d'incontournables de la jungle. Goldie, Roni Size, Krust, LTJ Bukem et Omni Trio ouvrent chacun des deux albums sur lesquels figurent des classiques comme le "Helicopter Tune" de Deep Blue. "Drum'n'bass Legends" est une excellent intro au genre, destinée aux... retardataires curieux puisque ça fait quand même tout de suite trois ou quatre ans que nombre d'artistes présents ici se sont acquis une certaine réputation.

 

Various Artists

Various Artists - Freestyle - The Ultimate Skateboarding Experience

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Autrement plus éclectique et conséquente que "Skank You Too", cette compile-ci s'adresse pourtant également aux glisseurs de tous poils. Voilà pour le plan marketing, d'autant qu'elle est sponsorisée par une marque de pompes. Passant allègrement de la drum'n'bass la plus hystérique (le "Temper Temper" de Goldie remixé par Grooverider et Optical) au skank le plus juteux (Fatboy Slim encore, avec le fédérateur "Love Island"). "Freestyle" va cependant un peu plus loin, en piochant aussi dans d'autres répertoires. On y croise ainsi Primal Scream ("Kowalski"), Urban Species, les Fun Lovin' Criminals et autres Stone Roses. Et même pas tous remixés pour les faire entrer dans un format artificiel, soulignons-le.

 

Various Artists

12 Massive Garage Anthems

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Mélange de house, de disco, de funk, de groove et de soul, cette galette ira sans doute rejoindre les tonnes d'autres du même genre déjà sorties par le passé. Non qu'elle soit foncièrement inintéressante, on y retrouve même le tube que fut "Now That We've Found Love" (SBH Project feat. Gerideau), mais bon, un peu de variété de temps en temps, dans les rythmes comme dans les idées, c'est pas plus mal...

 

Peter Green

Destiny road

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Manifestement, le label Artisan profite au maximum de Peter Green tant qu'il peut rester dans le parcours. "Destiny road" est un opus flambant neuf. Pour la 1ère fois depuis le retour en 1996, les musiciens ont eu le temps de prendre du recul et d'écrire de nouvelles compositions en compagnie du célèbre Pete Brown.

Cet elpee vous propose donc 10 compos personnelles, incluant "Indians", déjà gravé sur le "Soho sessions", et deux reprises, "Madison blues" d'Elmore James et "There's a river" de Stevie Winwood. Disons-le tout de suite, la production de Pete Brown est excellente. Le son est bien clair. Une atmosphère se dégage manifestement de cet album. Peter Green a peut-être trouvé sa nouvelle voie. En produisant un nouveau son qui colle plus à la peau de l'homme qu'il est aujourd'hui ; enfin décidé à ne plus contempler, en vain, les flammes d'un passé révolu. Si on l'écoute d’une nouvelle oreille, ça passe. Le Splinter Group se meut dans un style très laidback. Une ambiance assez feutrée plus hospitalière pour Peter qui ne hausse plus le ton de la voix. Tout au long de la première partie de l’œuvre, elle fonctionne d’ailleurs bien dans ce style. La guitare est discrète mais efficace. L’orgue colore le son et les chœurs féminins donnent la réplique. "Big change is gonna come", "Say that you want to" et "Heart of stone" forment une unité très cohérente. La tendresse, la beauté, la clarté de "You'll be sorry someday" n'est pas sans nous rappeler de très heureux moments comme "Need your love so bad". J'accuse aussi un faible pour "Burglar", une plage bâtie sur un riff exotique, une guitare appuyée, un break d'harmonica et surtout une mélodie qui accroche. C'est le Peter Green sound de la fin de millénaire. "Turn your love away" qui suit est assez complexe et met bien en évidence les qualités du Splinter Group. La version de "Madison blues" soutenue par un piano et un sax est percutante. J'aime moins les derniers titres, tous chantés par Watson, bon chanteur mais sans étincelle. L'album est terminé depuis près d'une minute que resurgit la mélodie de "Man of the world". Une beauté à couper le souffle. Nouvel espoir du côté de chez Green ?

 

Scott Holt

Dark of the night

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Scott Holt vient du Tennessee. Agé de 33 ans, il apparaît régulièrement et depuis une dizaine d'années, dans le backing band du célèbre Buddy Guy. Il a aussi été fortement marqué par le style de Jimi Hendrix. Pour ce 2ème album, ECM, un label de Nashville, a mis les petits plats dans les grands. Et c'est Eddie Kramer (Led Zeppelin, Stones, Dylan,…) qui se charge de la production!

Scott apparaît au sein de trois formations différentes. Sur trois titres, il est rejoint par d'anciens musiciens de Hendrix. En l’occurrence Mitch Mtchell d'Experience et Billy Cox du Band of Gypsies. Ce qui nous vaut l'accrocheuse plage d'ouverture "Five women" (de Prince), au cours de laquelle la guitare rappelle celle de Carlos Santana, "You gotta serve somebody" de Dylan, et surtout, encore plus proche de Jimi Hendrix, un "Breakin' up somebody's home" qui a reçu le renfort de Buddy Guy.

Sur quatre fragments, il est accompagné de Double Trouble, l'ancien groupe de Stevie Ray Vaughan. Un autre adepte de Hendrix. Le feeling est tout de suite plus blues, chaleureux, et le groove de la section rythmique à son maximum. L’environnement sonore est coloré par l'orgue Hammond de Reese Wynans. "Stand by me" lui colle à la peau. Sa voix, bien modulée, épouse les contours rythmiques. Excellent!

La même équipe nous emporte avec la même réussite dans des thèmes connus, "I believe to my soul" (Ray Charles), "Dimples" (John Lee Hooker) et "Right place, wrong time" (Otis Rush). Enfin, cinq titres ont été enregistrés en compagnie de son groupe, le Scott Holt Band. Le blues rock y est parfois un tantinet hard. A l'exception du blues très sensible, écrit par Guitar Slim, "It hurts to love somebody". C’est d’ailleurs ici que la guitare de Holt, retenant parcimonieusement ses notes, se fait la plus délicate et aussi la plus performante. Scott Holt vaut tous les Kenny Wayne Shepherd, Mike Welsh et Joni Lang de la Terre.

 

Eddie Kirkland

Movin’

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Toujours très colorée la tenue d’Eddie Il trône en pochette tout enturbanné d’or et cerné de rouge. Peut-être un reliquat de la Jamaïque qui l’avait vu naître voici 71 ans. Pourtant, sa jeunesse, il la passe dans les champs de coton de l’Alabama! Il émigre à Detroit à la fin des 40s, au bon moment pour se joindre à un John Lee Hooker en pleine ascension dans sa carrière. Depuis, il mène sa carrière en dehors de toute influence majeure. Il compose, comme nul autre. Son jeu de guitare est unique. Un style qui peut parfois paraître fragile, aux confins de la dissonance, mais en même temps clair, amplifié, épousant de près son chant.

Et c’est vrai dès le titre d’ouverture, "Love me". Il aime jouer sur les sons, mais en les dominant. La mélodie peut être au rendez-vous. Comme sur "Rainbow", au cours duquel la voix de ténor est bien posée. C’est du tout bon Kirkland. Sur "Honey bee" (pas celui de Muddy), il accélère le rythme et sort son harmonica avec plein de fougue et d’enthousiasme. Il a été, dans les 60s, le guitariste d’Otis Redding. Il peut nous le rappeler par le son Stax de "Movin’ on", grâce aux Nutmeg Horns et l’orgue de Bruce Feiner. Eddie chante avec beaucoup de passion, de vécu, de feeling dans la voix, de persuasion aussi, à l’instar du remarquable "Got to find me another woman". Cet elpee nous réserve quelques sommets.

 

Johnny Laws

Blues burnin´ in my soul

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‘Un des secrets les mieux gardés de Chicago’, précise les notes de pochette! Je n’en sais rien, mais une chose est sûre, Johnny Laws est doté d'une voix remarquable, faite de douceur et de sensualité, proche du blue soul.

Manifestement, il affirme sa classe dès l'ouverture, "Driving wheel", de Roosevelt Sykes. L'harmonica de Chris Whiteley et le piano de Tyler Tarema font ici preuve d’un maximum de retenue et de discrétion. Aussi proche, la reprise de "Sweet sixteen", est toujours cajolée par une voix réservée et mielleuse. Comme son style ne le trahit pas, Johnny est bien un vrai bluesman de Chicago, né dans le South Side, il y a 56 ans. Et le blues, il peut le chanter sans discussion, injectant la sensibilité naturelle qui est la sienne. A l’instar du "Part time love" de John Hammond, " I’ll take care of you " de Brook Benton et surtout le "Steal away" de Jimmy Hughes". Ces plages baignent au sein d’une douceur infinie et une beauté extrême. De très grands moments! Dans sa jeunesse, Laws a été encouragé par Jimmy Reed. Il reprend ici 2 de ses meilleures compositions, "Ain't that lovin' you baby" et le très beau "Honest I do". Laws est un fin guitariste, mais son tempérament discret, économe, prend le plus souvent le dessus. Peu d'exercices de style en solitaire à se mettre sous la dent ; sauf le célèbre et rondement mené "Little by little". Cette œuvre délicate se termine par une reprise veloutée de "Sadie" de Hound Dog Taylor. A découvrir!

 

Willie Lomax

Ribs are ready

Écrit par

Le bluesman du soleil, au cœur de la Floride. Pour enregistrer son second album, Lomax a eu le nez creux. En recevant le concours de grosses pointures. Et notamment d’excellents vocalistes. En l’occurrence, Frank Frost et Shawn Brown. Il doit être friqué le Lomax car pour son 1er il avait déjà du beau monde. Bon, c'est peut-être aussi son talent et sa personnalité qui veulent cela. Mais si Willie est un guitariste talentueux, il n’est que piètre chanteur. Ce qui explique ses appels à l'aide.

Et c'est vrai qu'il a eu le nez creux, car "Back rub" nous transporte rapidement dans le monde des juke joints du Sud… Sam Carr à la batterie, Frank Frost au chant et à l’harmonica, ça vous dit quelque chose? Frost chante aussi un "Eddie Mae's cafe" bien carré, shuffle torride un peu pompé sur "Sweet home Chicago". Mais comme chanteur principal, il a trouvé l'oiseau rare en la personne de Shawn Brown. Il partage le chant et l'orgue comme s'il était dans le chœur de l'église baptiste du quartier. Nul doute qu'il ait forgé sa voix dans les chants de gospel, sa voix, talonnée par les envolées de la Strato à Willie. "Don't know what I did" et "For better or worse" sont de ces blues! Shawn chante comme un ange blessé le modérément rythmé "Take away your loneliness". Parfois comparé à Steve Earl, Lomax est un guitariste qui sait placer les notes qu'il faut, pas une de trop, au bon moment. Excellent musicien, il aborde tout naturellement l'exercice instrumental, humble et sacré sur le "People get ready" de Curtis Mayfield. Avec Sam Carr et Frank Frost au bord de la rupture sur "Ribs are ready" et "Hip joint". Il y a aussi le paternel à Lucky Peterson, James, qui se joint aux festivités. Il chante "She's so sweet" et "Don't fight the feeling". Un bon album de ce musicien soucieux de ses invités.

 

Janiva Magness

My bad luck soul

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Deuxième album pour la craquante Janiva, toujours accompagnée de l’homme de sa vie, Jeff Turmes, qui joue principalement de la basse. Le jeune prodige italien, Enrico Crivellaro, tient le manche et le vieil Ed Mann (ex-Mighty Flyers) percute ! L’ambiance est toujours très West Coast et le swing discret emprunté à T-Bone Walker et Pee Wee Crayton. Janiva a un petit bijou de voix, très cabaret. On l’imagine volontiers aguicheuse, accrochant d’un regard les premiers rangs de l'auditoire.

Elle démarre ainsi par "My bad luck soul" avec la charmante Karen Hammack au piano ! Enrico se libère sur "Tears of Joy", de Leiber et Stoller. Karen impose un style très jazzy, cool, à l’arrière. Kid Ramos fait son entrée pour un délicatement rythmé "What’s the matter with the mill". Climat fin de soirée pour le lent "Empty bed blues". Quelle tristesse ce blues du lit vide ! Jeff chante son "Take a number" sur un rythme rockant, avec un Crivellaro en verve et "She never gets a minute of sleep", soulignant ses phrases vocales, de petits riffs au sax baryton. Jeff possède une manière originale de traiter les cordes lorsqu’il empoigne une guitare et qu’il la joue comme sa basse. Avec en prime, une slide au son pas possible sur "She’s a little bit much"! Mais les meilleurs moments de ce disque appartiennent au "Mojo boogie" de J.B Lenoir ; ou encore lorsque Enrico s’emballe sur le connu "It’s love baby (24 hours a day)". Janiva Magness possède une voix puissante, qu’elle met toujours au service de la chanson qu’elle interprète. Une attitude faite de respect, de feeling et… de talent. Respirez-la sur "Billie’s blues" en hommage à Billie Holiday. Elle laisse pourtant parfois le talent de ses musiciens s’exprimer. Comme sur le swing "Baby, baby, every night", tiré du répertoire d’Etta James.

 

Mick Martin

Winning hand

Écrit par

" Winning hand " célèbre le retour du géant de Sacramento flanqué de ses fidèles musiciens. A ce jour, les Blues Rockers comptent une bonne dizaine d’albums à leur actif ; et il faut reconnaître que ces musiciens talentueux se sont toujours montrés à la hauteur de leur réputation.

L’opus s’ébroue sur un " I bought it for you " dont le tempo est discrètement emprunté à Bo Diddley, et sur lequel Tim Barnes se manifeste par une 1ère intervention de choix à la slide. Le même Tim à la voix rauque échange les vocaux avec Mick pour un "Everybody gets the blues", très rocker et accrocheur, soutenu par le piano de Mike Caselli. Mi-parcours, le rythme change et Caselli passe à l'orgue avant que Mick ne s'envole à l'harmonica. Vraiment super! Comme toujours, la composition reste le point fort du groupe. "Don't panic" et "Life on the road" se révèlent assez irrésistibles, assistés, il est vrai, par Rick Metz, venu prendre des soli de ténor sax. La manette des gaz est à fond. Jerry Banks aux percussions et Steve Schofer à la basse impriment le rythme pour un offensif et chouette "In the dark of night", ponctué d’un solo (trop court) d'orgue, qui nous rappelle de bien belles époques. Ambiance assurée ! Et la présence de cet orgue est bien la nouveauté de cet album. Cependant, le blues reste présent, avec de sérieuses tripes si vous me permettez l’expression. Barnes chante d'une manière très sale "Burn the house down". Mick y souffle un solo dégoulinant, avant de passer le témoin à la guitare déchaînée. "Shining star" est un petit joyau de blues. Le piano libéré de Caselli combine avec la redoutable section rythmique derrière qui emballe ; alors que les cordes de Barnes attaquent en fin de parcours. Trop!!! " Notch on my gun " est un autre brûlot de fin de parcours. Et ce n'est pas fini, puisqu'en "bonus tracks", l’album recèle une reprise de "Mustang sally" et une autre de "House of the Rising Sun". Personnellement, j'apprécie le band de Mick Martin et ce n'est pas cet album qui me fera changer d’avis.

 

Mojo Hands

Rockville

Écrit par

Formation danoise, largement amplifiée, Mojo Hands entame cet album live –oh surprise– par "Sneakin' suspicion". Un brûlot de Dr Feelgood 1ère époque écrit par Wilko Johnson. Et ça continue de manière heureuse, grâce au très rock’n’roll, assez Rockpile, mais toujours très british, "We got a good thing going". Un moment choisi par Esben Just, en renfort au piano, pour y pratiquer le boogie furieusement. Climat plus ténébreux, mais assez original procuré par le phrasé de guitare de Michael Nadolny, pour le célèbre "Tainted love" (revitalisé ces dernières années par Soft Cell). Une adaptation live fort réussie ! Suit un "Let's buzz", bien gras et autrement plus lourd que la version des Paladins. "Livin' in a cabin" déménage impeccablement. L'harmoniciste Henrik Hensen se réveille. La boogie music continue de déménager tout au long d’"I love to boogie" et un superbe "Hard on Gumbo", sur un riff cher à Bo Diddley. Les Mojo Hands jouent admirablement ce type de répertoire. Leur "Evil ways" est un R&B à larges coups de riffs, épaissi par les vocaux éructés de Henrik. Une formation qui achève son concert, en rock et en roll, par un sémillant "Ballad of Big Sally. Les Mojo Hands ne sont pas un groupe révolutionnaire, mais ils s'amusent beaucoup en faisant ce qu'ils aiment!

 

Eric ‘Two Scoops’ Moore

Cleanplate

Écrit par

Eric Moore est en forme conséquente, prêt à décoller vers New Orleans dès "Pork Shops", souvenir d'un sandwiche (?!?!) Un artiste de valeur. A la fois chanteur à la voix puissante, aisée, et pianiste très versatile. Il s'emballe sur "Twelve inches". La guitare de l'Italien Leonardo Boni et le sax de Gordon Beadle sont aussi bien placés sur la rampe de lancement. "Sam old girl" est un blues bien rythmé, soutenu par l'ami Jimmy Gordon à l'harmonica. Le même duo ralentit cependant le tempo, avec ravissement, sur "True blues". Tom Hambridge frappe le solide tempo de rigueur pour "Rockin' Doc rocker", chanté à la manière d'un rapper. Tom a naguère joué pour Roy Buchanan. Il produit cet album. "The place of love" est une ballade pop majestueuse et lente faite pour se serrer. "Let's get hammered", rythmé en diable, style New Orleans fait ici, à nouveau, honneur au rythme forcené de Tom et au solo de sax ténor de Beadle. Cette fête du rythme se poursuit par "Towards Josephine". Peut-être pour rappeler une autre Joséphine célébrée par Fats Domino, dont le fantôme n'est pas vraiment absent. Très bon album marqué par l'étincelle qui scelle la rencontre du piano et du sax. Et notamment lors du blues "Stop shopping Mama!", le boogie "Pill takin' woman" ou sur le chemin de fer "Here tomorrow, gone today". Seules les guitares ne sont pas au même niveau!

 

Mike Morgan

I like the way you work it!

Écrit par

Un chapitre de plus à la déjà longue collection des enregistrements de Mike Morgan pour Black Top. Le 8ème si on compte "Let the dogs run!", qu’il avait commis en compagnie de Jim Shuler. Et comme Lee McBee reste bien en place cette fois, la paire redoutable nous livre une brillante collection de blues texan! Redoutable, c'est bien le mot.

Nous sommes directement au cœur de la scène dès ce "Somebody help me" qui crache le feu! Et c'est ce diable de Riley Osborne qui tient les ivoires; présence de bonne augure, pour permettre à Mike d’aligner un 1er solo majestueux! Quant à Mc Bee il est facilement et indiscutablement l'un des meilleurs vocalistes du circuit actuel. Il possède une pêche, une puissance de tous les instants! Mike introduit de quelques notes simples l'harmonica de Lee pour sonner le 1er shuffle de l'album. "One of a kind". Qui rocke et rolle avec une désinvolture qui en dit long sur le talent que renferme le Crawl. Car question de groove, Willie J. Campbell et Richard Ennis en connaissent un sacré bout. Quant au solo de Mike, il nous prouve ses racines puisées dans la poussière texane, avec son zeste de country! Le rythme ne se désunit en aucune façon pour amorcer la plage titulaire. Les vocaux sortent directement des tripes de McBee. Quelles ressources! Riley Osborne passe à l'orgue pour l'exercice du funk "What do that mean?", et du blues rythmé "The hammer", alimenté par une nouvelle partie de gratte, résumé brillant des possibilités de Morgan. Et pourtant Mike ne redoute pas d'inviter un autre guitariste, en l'occurrence le jeune Shawn Pittman, responsable d'un excellent album sur Cannonball. Le duo s'engage dans la musique roots, pour "Face down in the dirt", au cœur du Delta, les vibrations électriques en plus! Et sur l’instrumental country swing, "Chasin' Casey". Le titre lent "I wanna know" nous plonge au cœur du westside de Chicago. Un album brillant qui se termine par "Martinis for two", une plage aux accents de jazz fin de soirée…

 

Charlie Musselwhite

Continental drifter

Écrit par

En 35 ans, depuis ses timides débuts discographiques à Chicago jusqu’aujourd’hui, Charlie a acquis une expérience inégalable. Et depuis pas mal de lunes, ce vétéran arrive encore à dérider le blues, l'ami! Pour lui, toute musique forgée dans la sensibilité, le feeling des musiciens, c'est du blues. A l'occasion de ses incessantes tournées, il a rencontré des tas de musiciens. Surtout cubains et brésiliens. Il a donc assimilé des éléments de leur culture musicale. Si "Continental drifter" présente le blues habituel, électrique et acoustique de Charlie, il propose une très intéressante fusion avec la musique cubaine.

Trois séquences. La première classique, en compagnie du band actuel de Musselwhite. John Wedemeyer y tient la guitare. J'aime particulièrement "Can't stay away from you". Charlie part dans un solo à l’ambiance orientale, très réussie, assez envoûtante. La lente (et longue) reprise de "Voodoo garden" de Tom Mc Farland permet à Wedemeyer de s’évader dans un solo excitant. Seconde séquence exotique avec les musiciens cubains, Eliades Ochoa et le groupe Cuarteto Patria. Il est tout à fait réjouissant, rafraîchissant d'entendre le divertissement de l'harmonica au milieu des rythmes latins. Manifestement très plaisante et réussie, cette direction mériterait d’être approfondie. La fusion des percussions latines, des chœurs joyeux et des cordes de guitare hispanisantes qui rencontrent la voix bluesy de Charlie et son harmonica, est assez irrésistible. La joie de "Que te parese, Cholita" et des trois plages suivantes vous apporteront la bonne humeur. Le temps d'un bon shuffle sur "My time someday" et Charlie aborde la troisième et dernière finale. Très roots, seule en immersion dans le Delta de "Blues up the river" et de "Please remember me". Excitant ce nouveau Musselwhite!

 

The Nighthawks

Still wild

Écrit par

Malgré plus de 25 années passées sur les routes du blues et du rock’n roll, les Nighthawks de Washington D.C ont toujours bon pied bon œil. Super tatoo Mark Wenner n’a pas changé.

Il démarre en rocker en se servant de sa voix si ravagée pour le "Tiger in your tank" de Willie Dixon. Pete Kanaras donne à sa guitare des accents surf pour introduire "The wild one", titre pour la route aux réverbérations métalliques. Les Nighthawks possèdent plusieurs faire-valoir, lorsque l’ambiance se fait soul. La voix riche et suave du batteur Pete Ragusa fait son apparition, un chant taillé pour les ballades et le R&B. A souligner les excellents "Jump into my fire" et "That’s the way love is" (proche du "Heard it through the grapevine" de Marvin Gaye). Mais si la voix de Pete possède manifestement plus de relief, celle de Mark est bien la plus sale, un mauvais genre qui plane en permanence ; et Mark, même usé, parvient encore à faire baver instinctivement son harmonica hargneux, teigneux même, sur "Read way back" (de Muddy Waters) et "I don’t play" (de Dixon). Toujours dans son style mauvais garçon, il reprend deux titres qui remontent à son 1er album solo, "Guard my heart" et le traditionnel "Washed my hands". Wenner adore souffler dans les aigus, à la manière de Jimmy Reed. Il le démontre ici sur "Illustrated man", composé par l’homme de Nashville, Fred James. Ne pas oublier le bassiste, un grand blond vêtu de noir : Jan Zukowski. Ce n’est sans doute pas leur meilleur album, mais les Nighthawks restent un groupe pour la route.

 

Nightporters (UK)

Rollercoaster

Écrit par

Deuxième album pour les Nightporters, formation aussi populaire chez eux en Angleterre, que chez nous, en Belgique. Si leur premier opus, "Feelin’ good", nous avait ravis, leur second n’est certes pas pour nous déplaire. A cause de ce son puisé au cœur des années 50, dans l’âge d’or du rockabilly et du R&B. Chris Robbins-Davey et Kevin Crowe propulsent les guitares de Martin Vowles et de Ian Roberts. Ce dernier se réserve, bien sûr, l’harmonica et l’essentiel des parties vocales.

Ils ont gardé toute leur fraîcheur pour s’attaquer au "Just keep loving her" de Little Walter. Une composition qui leur colle parfaitement à la peau et qui bénéficie de la présence du redoutable Ben Waters au piano. Sur cet album, les Nightporters présentent deux visages. Comment dire ? Face noire/blanche, sale/propre, méchante/gentille, Stones/Beatles. Si vous me suivez, je leur préfère à chaque fois le 1er choix. Et fort heureusement, il l’emporte largement. Ce ne sont pas des maître-techniciens, mais plutôt des musiciens qui aiment communiquer avec leur public. Vibrer et transmettre ce qu’ils ressentent au plus profond d’eux-mêmes pour le plaisir de leur audience. Nul doute que si un album des Nightporters est bon, restitué live, ce sera meilleur encore. De leurs compositions, j’épinglerai donc d’abord le long "I’m going to change my whole direction" ; en quelque sorte la plage qui donne le nom à l’album : "Rollercoaster". "Everybody's in the mood" est un boogie qui bénéficie à nouveau du piano virevoltant de Ben Waters. J’ai aussi apprécié les reprises de "Wang dang doodle" et surtout "Catfish blues". Et puis également la lente ballade de Mike Sanchez (des Big Town Playboys), "Baby please". Ce que j’ai moins goûté, c’est leur côté plus gentil, comme "That's what you do to me" et "I want you".

 

Shawn Pittman

Something's gotta give

Écrit par

A l'âge d'or des Fabulous Thunderbirds, la place blues au Texas, c'était Austin. Aujourd'hui, c'est bien la grande ville, Dallas-Forth Worth qui est devenue le centre de gravité du Texas Blues. Shawn Pittman, jeune chanteur guitariste compositeur, signe ici son 2ème album (après "Burnin' up"). Un chapitre musical bien plus personnel que le premier ; et qui demandera, sans doute, plus d'écoute pour l'assimiler.

Nous sommes au Texas, le shuffle est donc bien présent, comme sur "Just a game". Shawn n'est pas un guitariste extraverti mais quand il le veut, il sort des soli sans faille. A l’instar de "Make it through", caractérisé par une intervention inspirée d'Albert King! On trouve aussi 3 instrumentaux dont le galopant rocker "Cruisin'", au cours duquel Riley Osborne au piano tente de suivre les cordes. Pittman referme par "That first drink", un trip dans le Delta! Très bon album qui démontre une forte maturité pour son jeune âge. Il délivre ici un album très varié, découpé en 11 fragments dont une seule reprise, réussie il est vrai, du "Something to remember you by" de Guitar Slim. La plage d'ouverture, "Something's gotta give", est une présentation qui indique bien le style de ce nouvel album. Le rythme est dansant. La section rythmique porte les autres musiciens. La guitare de Shawn, le plus souvent en mode rythmique, et l'orgue de Riley Osborne se mêlent dans ce décor très riche. Le célèbre concitoyen Mike Morgan apporte son appui sur "Payin' the price".

 

Tom Principato

Blues over the years

Écrit par

Tom est un guitariste internationalement connu pour tous les albums concoctés au sein de son band Powerhouse. Virginien, proche des Nighthawks, il est l'un des principaux acteurs de la scène de Washington. Il a fait d'ailleurs équipe en compagnie de Jimmy Thackery chez les Assassins dans les 70s. Cet opus, comme son nom l’indique, nous entraîne à la découverte de son passé. Une sélection opérée parmi ses 4 premiers albums personnels, enregistrés entre 1985 et 92. Intéressant quand on pense que les 3 premiers n'ont jamais été édités en CD.

En 85, pour "Smokin", il s’était entouré de Steve Wolf à la basse et de Robbie Magrader, à la batterie. 3 titres ont été choisis sur cet elpee. Dont la reprise de Steve Earle, "My baby she worships me", relevée par la présence de Kim Wilson à l'harmonica.

En 87, il commettait "I know what you're thinkin". Dave Palamar remplace alors Robbie Magrader. La plage titulaire est magique. Le rythme de "Try to reach you" entraînant, est traversé par le piano sautillant de Kevin McKendree et appuyé le support de Big Joe Maher. La reprise du "Congo square" de Sonny Landreth est également incluse sur cet album.

D’"In orbit", sorti en 90, on n’y retrouve qu’un seul titre, "Deep in the heart of Texas" de l'anglais Geraint Watkins, dont l’atmosphère colorée fait incontestablement très tex mex. De l’excellent "Tip of the iceberg", paru en 1982, je retiendrai surtout le superbe instrumental "Sweet little thing", coloré par l'orgue très Booker T de McKendree ; et "It all went down the drain", caractérisé par cette grande guitare qui fait face à l'orgue de Chuck Leavell et aux percussions de Gali Sanchez (Santana).

Principato a sorti début 99 un album live (" Live and kickin "), dont une partie a été pise à Gorica pour la radio nationale slovène. Suivez l'homme !

 

Kid Ramos

Kid Ramos

Écrit par

Kid Ramos s'est taillé au fil des ans une bien solide réputation. Il affiche toujours un look bad boy, tatoué et un rien teigneux ; mais le musicien présente déjà un fameux pedigree. Notamment à cause de ses participations au James Harman Band, aux Fabulous Thunderbirds et ses évasions d'artiste libre, souvent en compagnie de son pote harmoniciste Lynwood Slim. Ce qui lui a valu, au passage, de tisser de solides amitiés dont il profite largement ici. Kid n'est pas vraiment un chanteur, il a donc eu recours à des renforts de premier choix. Et notamment ses ex-patrons, Kim Wilson, James Harman, Lynwood Slim déjà cité, mais aussi Cesar Rosas de Los Lobos, Willie Chambers (souvenez-vous des Chamber Brothers) et la suave Janiva Magness.

Et l'album me direz-vous? Impeccable! Il s’ouvre par le "Dead love" de Little Milton, soutenu par Kim Wilson au chant, et enchaîne avec "No more alcohol", très fifties. Rob Rio se réserve les ivoires et Lynwood Slim le chant. Willie Chambers a gardé la voix brûlante qu'il avait quand il chantait "Time has come today" dans les 60s. Pour "Leave me alone", un R&B écrit par Ray Agee, l'effet est remarquable. Cesar Rosas mène de sa voix de chicano le célèbre "300 pounds of joy", alors que Gene Taylor a pris la place au piano. Un album sans faille, sur lequel les cuivres sont omniprésents, épinglant au passage, un certain Jeff Turmes au sax baryton. Mais avant tout c'est un album de Kid Ramos. La guitare est donc en effervescence sur toutes les plages. Ramos est un gars qui a tout compris et assimilé le meilleur de ses maîtres. A l’instar de "Cold chicken and beer", un instrumental hanté par le fantôme d'Albert Collins. Ou encore le "Fiddle De Dee" de Pee Wee Crayton, balayé par la slide ! Un album remarquable qui nous permet de retrouver ensemble la majorité des musiciens qui formaient le James Harman Band des 80s.

 

Lousiana Red

Millennium Blues

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Quelle bonne idée Iverson ‘Lousiana Red’ Minter a eue de revenir enregistrer à Chicago. Lui qui vit en Allemagne depuis si longtemps. Un disque très ‘rouge’ pour Red. A la pochette où le rouge voisine le noir. Le Red qui intervient aussi sur 3 titres dont l'ouverture très Muddy Waters, "Red's vision". Red y développe sa vision des événements qui font l'actualité. Il est entouré de musiciens de première main qui s'entendent à merveille. Et cela se remarque.

C'est la fête sur "Play on your harp": Willie "Big Eyes" Smith à l'harmonica (pas à la batterie) et Allen Batts au piano. Quant au rythme il est mené par la basse de Willie Kent. Et puis vient enfin la slide, roucoulant dans un blues lent qui ne peut venir que de Chicago. Tout est parfaitement en place, bien huilé. Une superbe parenthèse jazz dans l'instrumental qui suit "Red's jazz groove" avec un solo pas piqué des vers, commis par Brian Bisesi. Musicien habituel de Luther Johnson, il a été invité pour gratter sur quelques plages. Brian et Red s'échangent des soli juteux sur le lent "Too poor to die", à nouveau très Waters. Red a eu une enfance très difficile dans les orphelinats. Sa mère est décédée d’une pneumonie, alors qu’il ne comptait que 7 jours. Il avait 5 ans lorsque son père est lynché par des membres du Ku Klux Klan. Le thème de sa jeunesse revient souvent dans son œuvre. Comme sur "Red's childhood memories", témoignage parlé, et "Orphanage home blues", absolument poignant, où Red n’est accompagné que de sa guitare. Ce couple reste pour "Leechie gardens" et "Got a home in that rock". L'amplification revient pour les 4 derniers titres, dont "That Detroit thing". Un rappel d'années passées dans la Motor City, parfois aux côtés de John Lee Hooker. Cet excellent album se termine par le "Millenium blues".

 

Paul Rishell & Annie Raines

Moving to the country

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J'attendais tellement de ce nouvel album, après avoir craqué sur le sublime "I want you to know", qu'autant l'avouer de suite, je suis déçu. Oh, la qualité n'est pas en cause, au contraire, mais le titre de l'album nous met immédiatement au parfum. Il est tourné vers le country blues. Ce qui, sans doute, n'est guère surprenant ; car Paul Rishell est avant tout un artiste de country blues.

"Kansas City blues" ouvre le bal et nous permet de découvrir une nouvelle facette du talent d'Annie Raines. Elle joue de la mandoline. La plage titulaire suit. Imprimée sur un tempo solide, marquée par les baguettes de Marty Richards du Duke Robillard Band. Annie chante "I got the blues" de Bo Carter manifestant infiniment de respect pour la tradition. Une tradition à laquelle Paul reste très attaché. Mais comme il est surdoué, ça passe sans problème. Sa reprise de "Keep your hands off her" de Leadbelly est admirable, très roots ; sa guitare amplifiée se conjugue à la mandoline d'Annie. L’éclair, la claque survient à mi-parcours. A travers le très nerveux instrumental "Sweet tooth". Un tour de force à l'harmonica. Annie chante alors « Good women have bad days », une de ses compositions au titre tellement évident, avec à la clé, un solo d'harmonica chromatique, très Little Walter. Elle chante aussi son "Turning corner", tout en pianotant un Fender Rhodes électrique. Paul y décoche son meilleur solo. Beauté et pureté pour l'instrumental "Tears" de Django Reinhardt et Stéphane Grapelli. Annie y joue la partie violon sur son instrument chromatique. Voilà, c'est tout, c'est un bon album mais je m'en vais remettre "I want you to know" dans ma platine.