L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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The Intemperate Sons

La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

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The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent incomparable a attiré l'attention de Ryan Shuck et Amir Derakh - légendes dans le monde du rock grâce à leur travail pour Orgy, Dead By Sunrise et Julien-K - qui ont signé le groupe sur leur label, Frame|Work.

Formé par la famille Watson - Keith (batterie), Jake (guitares) et Max (chant, guitares, clés) - ainsi que le bassiste Mark Marks, The Intemperate Sons est une affaire de famille avec une connexion profondément enracinée qui imprègne chaque note que les musiciens jouent.

Keith, artiste chevronné connu pour avoir dynamisé des foules massives lors de projets tels que Gun Hill, Natural Born Thrillers et Agents Of Solace, pose les fondations lyriques et rythmiques du combo. Son travail sur des titres comme « Dust To Dust », « The Color Within » et « Unrealized » montre sa capacité à puiser dans les recoins les plus sombres de la psyché humaine, transformant la douleur personnelle en un rock hymnique.

Max Watson, multi-instrumentiste et leader du band, apporte un mélange unique de polyvalence et d'intensité. L'approche méticuleuse de Max en studio, où il crée sa collaboration avec Keith sur des titres comme « Way Back When » révèle une voix aussi fascinante que diffusent des harmonies vocales complexes, garantit que chaque chanson résonne à un niveau viscéral. Sa voix lyrique sur des plages comme « Faceless Man » et « Once Again » met en évidence son talent en tant que voix d'une génération.

Jake Watson, le principal architecte sonore de la formation, est un maître de la narration musicale. Son approche novatrice de l'écriture de chansons - évidente dans des morceaux comme « Remission », « Way Back When » et « Wading in the Gray » - transforme les paroles en récits puissants. Son rôle va au-delà de la musique, car sa vision artistique influence tout, de l'identité visuelle du groupe à sa présence sur scène.

Mark Marks, la force unificatrice à la basse, apporte à la fois son expérience et son groove au groupe. Vétéran de la scène musicale de Dallas, il apporte une contribution indispensable au processus d'écriture de The Intemperate Sons. Ses succès passés, dont la première partie d'icônes du rock comme Sebastian Bach, témoignent de son talent et de son dévouement.

Le partenariat avec Tony Franklin (The Firm, Whitesnake) sur ce premier long playing, « The Color Within », souligne encore l'engagement de la formation envers l'excellence, le travail de la basse de Franklin ajoutant de la profondeur à des titres marquants comme « Dust to Dust » et la chanson-titre.

The Intemperate Sons propose une approche convaincante du rock alternatif, fusionnant l'intensité grinçante du hard rock et des éléments folk et grunge. Sa musique est un voyage sombre et introspectif qui résonne dans l'âme, suscitant des comparaisons avec des combos emblématiques comme Alice In Chains, Stone Temple Pilots et R.E.M. Le lien familial entre le clan Watson se manifeste dans leur son unique - un mélange d'hymnes à la guitare et d'harmonies vocales complexes qui résonnent longtemps après le dernier accord.

La vidéo du single « Dum, radio edit » est disponible

 

Vera Daisies

Le jeu d’échecs de Vera Daisies

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Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies.

Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess Game". Produit aux côtés de Geagea, mixé par Alex Farrar (Wednesday, Snail Mail) le morceau trace une ligne claire : guitare tranchante, influences rock 90s assumées, et une écriture frontale qui transforme les désillusions amoureuses en cris d’émancipation. Un projet solo où l’image dialogue avec le son, porté par une énergie brute et sans concession.

Entre nostalgie adolescente et mélancolie amoureuse, "Chess Game" parle de ces connexions qui ressemblent à des parties d’échecs : complexes, stratégiques, parfois trop cérébrales pour laisser place à la spontanéité.

La sortie de "Chess Game" s’accompagne d’une proposition visuelle forte : une série de mini dessins-animés diffusés sur les réseaux sociaux de l’artiste, ainsi qu’un vizualiser au ton singulier. Réalisé par l'artiste, il met en scène la musicienne en gros plan, impassible, tandis qu’en arrière-plan, une ville s’effondre dans un chaos coloré, peuplé de références à la pop culture. Ce contraste entre l’intime et le spectaculaire propose une double lecture du morceau : celle d’un amour hésitant, vécu et raconté dans un monde qui vacille.

En transposant ce décalage entre émotion personnelle et climat collectif, Vera Daisies interroge avec poésie la place de la vulnérabilité dans un contexte social et politique tendu et affirme une voix singulière, autant musicale que visuelle.

"Chess Game" est un morceau indie rock aux influences pop évidentes. Produit en explorant les outils de production actuels (autotune, glitchs) il garde pourtant une essence 90’s bien assumée.

Le clip est à voir et écouter

 

Wati Sera

Le temps est venu pour Wati Sera

Écrit par

Quand le blues saharien croise l’énergie brute du rock, on obtient Wati Sera, un quatuor où la transe rythmique se mêle à une intensité électrique. Son premier Ep, « Le Temps Est Venu », est disponible depuis le 10 avril 2025. Né du projet Strange O’Clock, Wati Sera inclut Cély Laurent (chant, calebasse, tambourin), Tof Balasakis (guitare), Guillaume Chevillard (batterie) et Bertrand Dessoliers (basse, membre du groupe No One Is Innocent), qui vient insuffler une puissance nouvelle à cette alchimie musicale.

Sa musique puise dans le blues africain, le rock psychédélique et la transe saharienne, mêlant percussions organiques, riffs hypnotiques et une voix envoûtante qui alterne dioula et anglais. Entre groove lancinant et éclats électriques, Wati Sera redessine les frontières qui séparent héritage et modernité. Son patronyme, signifiant ‘Le temps est venu’ en dioula, langue d’Afrique de l’Ouest, incarne la promesse d’être au bon endroit, au bon moment, pour partager une musique authentique et riche d’histoire. Wati Sera déploie une musique originale en puisant dans un socle blues et en s’inspirant de la musique africaine, psychédélique et rock. Cette fusion audacieuse crée un afro-rock blues à la fois contemporain et profondément enraciné.

La voix évocatrice de Cély Laurent se marie à la virtuosité de Tof Balasakis, tandis que Bertrand Dessoliers et Guillaume Chevillard apportent une dimension rythmique puissante. Selon l’harmoniciste Vincent Bucher : ‘Tantôt trépidante, tantôt méditative, la musique de Wati Sera déploie un groove jazz-blues agrémenté de transes sinueuses du Sahara et d’un chant inspiré en dioula ou en anglais, le tout filtré par une savoureuse sensibilité européenne’.

La vidéo de « Feel Yourself » est disponible ici

 

 

 

 

 

Linea Aspera

La nouvelle ‘new-wave’ de Linea Aspera fait de belles vagues au Botanique…

Par un doux vendredi printanier, le Botanique dévoile une superbe affiche, où s’entrelacent les volutes sombres et envoûtantes de la new-wave, de la darkwave et de la synthpop. En cette soirée riche de promesses, votre chroniqueur, humble serviteur du webzine qui vous est cher, peut afficher une discrète fierté : il a eu l’honneur de contribuer, en tant que conseiller, à l’élaboration de ce programme d’exception.

Les premières notes résonnent à 20 heures précises dans la salle du Musée, déjà nimbée d’une foule attentive. C’est Luminance, projet porté par le talentueux DA, qui ouvre le bal. Ce Français, établi depuis plus d’une décennie dans notre capitale bruxelloise, tisse une toile sonore d’une richesse captivante, où la synthpop s’habille d’échos ténébreux. On y perçoit les ombres de Depeche Mode, les harmonies de Martial Canterel ou encore la pop fiévreuse de Taxi Girl, le tout relevé d’un chant onirique, parfois teinté d’une mysticité troublante.

Ce soir, DA présente « Dragon Reine », son cinquième opus, à paraître sous peu chez Objetrouvé, label du Français Stéphane Argillet. Solitaire sur scène, entouré de ses synthétiseurs et de sa guitare, le musicien livre une prestation d’une intensité saisissante.

Des rythmes électroniques, d’une précision ciselée, enveloppent une voix travaillée par des effets multiples, alternant avec des nappes de synthés analogiques qui semblent flotter dans l’éther. Si la scénographie demeure sobre, DA, lui, s’affirme avec une aisance croissante. Sa présence, empreinte d’une subtile androgynie, évoque Automelodi, tout en élégance contenue. Parmi les joyaux de la soirée, la pièce éponyme « Dragon Reine » se distingue, flirtant avec les accents d’Indochine, mais dépouillée de toute arrogance. « Trop Fragile » et « Butterflies Someday » confirment la promesse d’un album d’exception : une musique aérienne, d’une finesse exquise, portée par une voix ensorcelante. Le son, d’une clarté irréprochable, doit autant au pré-mix réalisé par l’artiste sur scène qu’au travail magistral de Jeremie Bezier à la table de mixage. Durant ces trente minutes, hélas trop brèves, l’auditoire est transporté dans un univers de pur ravissement. Luminance, grâce à cet art qu’il peaufine à chaque opus, s’impose comme une figure majeure de la scène dark belge, un alchimiste des ombres et des sons (page ‘Artistes’ ici).

Après un entracte fugace, Linea Aspera prend possession des planches. Ce duo, formé par Alison Lewis, alias Zanias, chanteuse australienne établie à Berlin, et Ryan Ambridge, compositeur et claviériste anglais, incarne l’une des forces vives du renouveau de la vague 'wave' depuis 2010. En seulement deux elpees et quelques Eps, il a façonné un univers singulier, mêlant la froideur des sons analogiques à des harmonies d’une profondeur sidérante, sublimées par une voix féminine envoûtante, sensible et sensuelle. Notons, au passage, qu'Alison explore aussi des contrées plus intimes à la tête de son projet solo Zanias, où se croisent avant-pop et trance.

Ce soir, la chanteuse irradie dans un ensemble noir scintillant, tandis que Ryan, barbe fournie rappelant Rick Davies (de Supertramp), orchestre avec maestria un ballet de synthétiseurs et d’arpégiateurs. Le répertoire, véritable florilège de leurs plus belles compositions, met à l’honneur leur second opus à travers des titres tels que « Red Shift », « Solar Flare » et « Entropy », dont les accents cosmiques transportent l’auditoire dans des galaxies sonores. La voix d’Alison Lewis, d’une justesse irréprochable, s’élève avec une clarté cristalline, chaque note frappant l’âme avec une précision d’orfèvre. Absorbée par ses chants aux textes d’une intelligence rare, Zanias se métamorphose dès qu’elle le peut en une prêtresse frénétique, dansant avec une énergie sauvage de part et autre de la scène. Pendant Solar Flare, une compo dédiée à sa sœur, elle atteint un paroxysme d’émotion, se roulant au sol dans une transe incantatoire, tel un succube habité par ses démons intérieurs.

Le public, ensorcelé, ondoie au gré des nappes synthétiques, frissonnant à chaque inflexion de cette voix magnétique. « Attica » s’aventure brièvement sur les terres de l’EBM, avant que « Malarone » et « Reunion » concluent le concert dans une apothéose synth-pop. À l’issue de cette performance, comblé, l’auditoire quitte la salle, non sans un léger regret : une telle affiche aurait mérité une foule plus vaste, dans une enceinte comme l’Orangerie. La ‘nouvelle new-wave’, malgré ses charmes, demeure l’apanage d’une niche de passionnés, trop peu nombreux. Puisse une nouvelle génération de 'wavers' raviver la flamme de ce genre qui, depuis plus de quarante-cinq ans, continue d’enchanter les âmes sensibles à la beauté de l’ombre…

Setlist Luminance :

Seigneur du Soleil Noir

Un Soupir de Trop (Crystal Magic 2021)

Trop Fragile

Dragon Reine

Butterflies Someday

 

Setlist Linea Aspera :

Preservation Bias

Red Shift

Hinterland

Entropy

Decoherence

Lamanai

Mycelium

Attica

Event Horizon

Malarone

Solar Flare

Reunion

Crédit photos : Ivo Moeys (Groovylinepics - Facebook)

Vera Sola

Le chemin du désir parcouru par Vera Sola…

Écrit par

Danielle Aykroyd mieux connue sous le pseudo Vera Sola, est une auteure-compositrice-interprète, multi-instrumentiste et artiste-interprète américano-canadienne.

Alors que son premier album, « Shades », avait été réalisé presque entièrement seule, son nouveau single, « Desire Path » a été coproduit en compagnie de Kenneth Pattengale et enregistré à Nashville à l’aide de plus d'une douzaine de musiciens. Il marque un changement radical par rapport à la nature sombre et fermée de ses premiers enregistrements, vers un nouveau paysage sonore.

« Desire path » est en écoute ici.

 

 

Therapy?

Sympa, mais sans surprise…

Écrit par

Therapy ? compte quand même 30 années d’existence. Il a même publié un quinzième elpee, l’an dernier. Intitulé « Cleave », il a bénéficié de la mise en forme de Chris Sheldon, dont la carte de visite mentionne, notamment, Foo Fighters, Garbage, et les Pixies.

Mais le supporting act est assuré par Adolina. Une formation mouscronnoise que votre serviteur avait déjà eu l’occasion de voir à plusieurs reprises lors de festivals hennuyers (Rock’n’troll, D’hiver rock, etc.), et pour laquelle il avait à cœur d’assurer le compte-rendu d’un de ses concerts, un jour ou l’autre. Après s’être cantonné au Hainaut Occidental, fin des 90’s, le groupe hurlu a donné un gros coup d’accélérateur vers 2006, en sortant ses premières démos. Puis il a multiplié les concerts. Plus de 300 ! Accordés en Belgique mais aussi en France, aux Pays-Bas et en Suisse, partageant même l’affiche avec, notamment, Chokebore, 31 Knots ou encore Girls in Hawaii. Et tout au long de cette période, il a gravé trois elpees et deux eps.

Ce soir, en grimpant sur l’estrade, les sympathisants sont déjà bien nombreux, aux premiers rangs, même si la salle va se remplir progressivement, au cours du set. Les deux gratteurs balancent du lourd. De quoi décrocher les piliers de comptoir et les spectateurs qui en ont marre de faire des (toujours) longues files au bar. Si leurs riffs empruntent à God Machine, la section rythmique basse/batterie rappelle plutôt d’Helmet, alors que l’énergie, retenue ou maîtrisée selon, lorgne vers Fugazi voire Unwound, le chanteur arborant même fièrement le t-shirt du band d’Olympia. Si l’expression sonore est résolument noisy et réminiscente des 90’s, elle laisse également de l’espace au math et au post rock (Godspeed You! Black Emperor, 65daysofstatic). Et lorsque les deux chanteurs s’éclipsent, c’est pour permettre aux guitares de nous plonger au sein d’un climat plus mélancolique, en empruntant une grande route ténébreuse digne de l’univers de David Lynch sur « Lost Highway » ; le titre d’intro, sobrement intitulé « Night drive », corroborant cette métaphore. Bref, une première partie qui valait le déplacement. D’ailleurs la foule ne s’y est pas trompée, en nourrissant généreusement, ses applaudissements.

Set list : Night drive, Bad timing, Posology target, Headache, Boiled frog, Mauvaise graine (bande), Versus (bande), Jackie Chan, Charlie B, Nouvelle

Therapy ? tourne régulièrement chez nous. Sous différentes formules. En acoustique, au cours du mois de novembre 2016 au même Bota. En électrique, au cours du mois de septembre 2017 à l’AB où ils se produisaient en première partie de Sisters of Mercy. Ou plus récemment encore au Depot de Louvain, en novembre dernier. Pas de surprise, ce soir, puisque la set liste est quasi identique à celle proposée, lors de ce dernier concert. Difficile de blâmer le groupe, quand on connaît son parcours, car vu la présence d’un auditoire constitué de quadras et de quinquas qui semble avoir mal vieilli, on peut comprendre que le trio se repose sur ses acquis et ne cherche plus à l’étonner. Dans ces conditions, on voit mal le band avoir l’audace d’ignorer ses hits, lors d’un concert, pour se concentrer sur son catalogue expérimental ou constitué de flip sides, un peu comme l’ose Radiohead ou Morrissey. D’ailleurs, ce public reste amorphe à l’écoute des morceaux issus du dernier opus, « Cleave », ne s’enthousiasmant que sur des tubes comme « Die Laughing », « Screamager », « Potato Junkie » ou encore « Nowhere », exécuté lors du rappel. Il y a bien quelques timides pogos et même du gentil stage diving. On épinglera, quand même la version de « Teethgrinder » et l’hommage rendu à Triggerfinger. Et puis surtout le coup de gueule à l’égard du Brexit et de Donald Trump, poussé par Andy Cairns –dont la coupe de cheveux est aussi punk que rebelle– en intro de « Kakistocracy ».

Bref, un concert bien trop lisse. Sympa, comme une bonne copine dont on ne tombera jamais amoureux, mais sans surprise. Un peu comme ceux accordés par Nada surf ou Fun Lovin’ Criminals, au cours des dernières années, reflétant quelque part une image bien terne, à l’instar de cette toile tendue en arrière-scène ou des pochettes d’albums, pas toujours très recherchées. Il serait quand même temps, s’il n’est pas trop tard, que Therapy explore de nouveaux horizons ou prenne davantage de risques.

 (Organisation : Botanique)

The Hidden Cameras

Silence on tourne...

Trois groupes aux ambiances contrastées se partagent l'affiche de l'Orangerie en ce samedi automnal. Parts & Labor est un trio de Brooklyn qui fait beaucoup de bruit : deux hommes se tiennent prostrés sur leurs machines en s'agrippant parfois au manche de leur guitare/basse, tandis qu'un troisième larron martèle sa batterie comme s'il allait mourir demain. On pense parfois à Wolf Eyes au niveau visuel, à Oneida et à Whirlwind Heat pour la musique. Si les deux machinistes se partagent le micro, on aurait préféré qu'ils se taisent un peu plus : instrumentale, leur musique aurait encore gagné en puissance et en évocation. Le public, encore clairsemé à cette heure-là de la soirée, se laisse pourtant aller.

Ce n'est qu'un échauffement, avant la tornade pop, The Hidden Cameras. Entouré de sept musiciens à l'air décontracté (deux violonistes, un violoncelliste, un bassiste, deux claviéristes et une batteuse), Joel Gibb entame son set par « A Miracle », petit bijou tiré de l'excellent « The Smell Of Our Own », sorti en 2003. Après c'est « Lollipop », et l'on évitera toute blague potache sur les homosexuels, les sucettes, et tout le toutim, puisque ensuite Joel Gibb nous fait cadeau de « Smells Like Happiness » et de « Day is Dawning », pour rappel deux pièces majeures de « The Smell Of Our Own », leur meilleur disque à ce jour. « Music is my Boyfriend » enfonce le clou (à défaut d'autre chose…), puis « Bboy » et « I Want Another Enema » rappellent que « Mississauga Goddam » valait lui aussi le détour. En fin de compte, seuls les titres de « Awoo », le nouvel album, donnent moins envie de se donner des claques sur les fesses (« Learning the Lie », « Heji », « Waning Moon », « Death of a Tune »). En rappel, un bon vieux « Golden Streams », de l'excellent « The Smell Of Our Own », achève de nous convaincre : s'il y a bien un disque à posséder de ces gays Canadiens, c'est l'excellent « The Smell Of Our Own ». A noter également que l'un des violonistes ressemblait étrangement à John Locke de « Lost » : et nous qui pensions que c'était Jack qui allait se faire Sawyer !

Rien que pour son nom, I Love You But I've Chosen Darkness vaut la peine qu'on s'y attarde. Surtout que le premier disque de ces Texans est produit par Paul Barker himself, l'ex-compère d'Al Jourgensen de Ministry. Pas d'inquiétude, cependant : on ne parle pas ici d'indus metal mais bien de cold wave rigide, qui ne manque pas de puissance et de quelques refrains efficaces. Set court, qui prendra surtout de l'altitude vers les derniers titres : I Love You… ne connaîtra sans doute pas la trajectoire brillante d'Interpol, mais il y a chez ces types une élégance qui pour une fois n'a rien de tape-à-l'œil. Quand on sait qu'ils ont des accointances avec les exemplaires Windsor For The Derby, on ne peut donc que taper des deux mains. C'est ce que beaucoup de gens ont fait ce soir. Comme quoi le spleen à la Psychedelic Furs s'accorde parfois bien avec la fièvre du samedi soir.

Minerale

Oooooh Minerale!

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Si mes souvenirs sont bons, la dernière fois que si peu de monde s'était déplacé pour un concert rock à la Maison de la Culture, c'était en 2002. Le 21 décembre, très exactement. Mais pour un spectacle qui se déroulait au beau milieu de l'après-midi. Etonnant, lorsqu'on sait que depuis, ces rendez-vous ont toujours été couronnés de succès. Mais un peu moins de 150 personnes pour accueillir Tahiti 80, lorsqu'on sait qu'au Japon ils se produisent devant des dizaines de milliers de personnes, donne à réfléchir. Manque de promo ? Absolument pas ! Même s'il faut reconnaître que l'annonce de l'affiche n'a guère été matraquée sur les ondes radiophoniques… Une mauvaise date ? Probablement. D'abord, en automne il y a prolifération de manifestations de ce type. Et elles font suite aux festivals estivaux de plus en plus nombreux et de plus en plus onéreux. Or à la rentrée, les portefeuilles des jeunes sont vides… Une tentative d'explication qui en mérite d'autres. Mais une chose est sûre, les absents de ce vendredi 23 septembre 2005 ont eu tort !

Finaliste du Concours Circuit, Minerale pratique une musique particulièrement rafraîchissante. Une sorte de britpop dont les mélodies contagieuses balayées de sonorités de guitares bringuebalantes peuvent rappeler House Of Love. En outre, le timbre vocal de Jack est capable d'inflexions aussi haut perchées que Guy Chadwick, voire de Peter Perrett (Only Ones). Un chanteur/guitariste qui passe épisodiquement à la sèche. Tout comme le claviériste a la faculté de est capable de se distinguer aux six cordes. Vêtu d'un élégant costume de grenadier (?), le bassiste se sent comme un poisson dans l'eau (NDR : oui je sais, le jeu de mots est facile) ; et lorsque tout le groupe s'arrête de jouer et se fige dans un salut militaire, il ressemble à un soldat de plomb. En fin de parcours, le groupe intègre habilement le « Love will tear us apart » de Joy Division dans une de ses chansons, démontrant à nouveau son goût prononcé pour la musique insulaire. Une chose est sûre, il y a du talent chez Minerale. Et à force de travail, il pourrait finir par payer.

Révélation de la dernière édition du festival d'Hiver Rock, qui s'est déroulée en février dernier, Malibu Stacy vient d'enregistrer un Ep 5 titres. Un disque qui prélude la sortie d'un premier album. Mais la formation liégeoise ne veut pas brûler les étapes. Et souhaite donner le meilleur d'elle-même pour le concocter. Ce qui explique pourquoi le combo travaille dur et tourne inlassablement à travers la Belgique ; histoire d'être au top le jour J. Mais l'expérience acquise se traduit à travers leurs sets, de plus en plus soignés et de plus en plus explosifs. En outre, le chanteur, Dave de Froidmont, s'impose de plus en plus comme la tête de proue du band. Non content de disposer d'un timbre vocal puissant, sensuel et souple, mais il se révèle un fantastique showman. Il bondit sur les planches à la manière d'un Paul Smith (Maxïmo Park) ou se contorsionne comme Iggy Pop. Enorme différence, Dave est toujours habillé, et même bien fringué. Agile comme un chat, il lui arrive de descendre du podium pour rejoindre l'auditoire, avant d'y retourner comme s'il était monté sur ressorts. Pas étonnant que parfois, le fil de son microphone reste coincé dans les retours de scène. Episodiquement, il se saisit d'un micro astatique, accentuant ainsi l'aspect sauvage des mélodies alimentées par des riffs de guitare incisifs, des drums frénétiques, une basse pulsante, et éclaboussées par un moog aux sonorités désuètes. La musique de Malibu Stacy peut faire penser à Pavement et Weezer. Mais les influences sont tellement diluées, qu'il est difficile de les discerner. Et c'est là tout le mérite de la formation liégeoise. Le public est conquis et sollicite un rappel. En échange, Dave lui demande de quitter ses sièges et de s'approcher de l'estrade. Le pari est gagné.

Auteur d'un troisième album en mai dernier (« Fosbury »), Tahiti 80 est donc reparti en tournée. Un périple pour lequel la formation rouennaise s'est adjoint un cinquième musicien : un percussionniste (NDR : capable de doubler aux drums lorsque Sylvain passe aux claviers). Un choix judicieux pour une musique qui lorgne de plus en plus vers le funk, la soul et le r&b. La première chose qui frappe chez Tahiti 80, c'est la voix de Xavier Boyer. Un beau gosse qui doit faire tomber une multitude de filles en pamoison. Xavier passe en outre régulièrement aux claviers, instrument installé sur le devant de la scène. Limpide et fluide, sa voix surfe sur des mélodies chaloupées et paradisiaques. Qu'illumine des textes toujours chantés dans la langue de Shakespeare. Des lyrics qui traitent essentiellement d'amour et des flirts de l'été. Barbe de trois jours (NDR : on dirait le sergent Garcia qui aurait bu un élixir de jouvence), Pedro - le bassiste - entretient le groove. Tout comme le drummer, par ailleurs. Mais Sylvain est également capable de donner une coloration jazzyfiante à son drumming. A charge pour Mederic de fignoler les sonorités de ses interventions presque cliniques à la six cordes. Une chose est sûre, le son est parfaitement clean. Mais manifeste beaucoup plus de punch que sur disque. Et lorsque Pedro coiffe une tête de panda, c'est pour amorcer une fin de set endiablée. Un épilogue au cours duquel le groupe va interpréter un « Never forget » et un « Changes » totalement irrésistibles. Lors de ce dernier morceau, Pedro va même rejoindre Sylvain pour donner davantage d'intensité percussive à la compo. En guise de rappel, Tahiti 80 va tout d'abord nous proposer un morceau mid tempo, puis le slow « Something about you girl". Et alors qu'on pensait qu'il allait terminer sur un mode mineur, la formation normande s'est replongée dans le funk excitant à travers « Heartbeat ». Beaucoup plus atmosphérique, le deuxième rappel nous a même démontré que les instrumentistes avaient plus d'une corde à leur arc…

Dennis Herrera

You stole my heart

Écrit par

Dennis est originaire de San Jose, une ville ancrée dans la baie de San Francisco. Ce chanteur/guitariste californien drive son band depuis une bonne dizaine d’années. Pourtant, si son premier elpee, "Blues well done!", remonte à 2007, son deuxième, "Livin' life not worryin'", est seulement paru l’an dernier. Son savoureux cocktail de blues, il le puise aussi bien à Chicago, au Texas qu’en Californie. Il signe les 11 plages de ce troisième LP. Une œuvre dont les sessions se sont déroulées aux studios Greaseland de Kid Andersen, dans sa bonne ville de San José, ainsi qu’au sein de l’Ardent de Los Angeles. Pour la circonstance, il a reçu le concours de redoutables musiciens. 

Quatre plages ont été mises en boîte à Greaseland, dont l'ouverture "You stole my heart". Très rapide, ce boogie blues est un véritable brûlot. Sid Morris se déchaîne sur ses ivoires, alors que le notoire Jack Sanford (NDR : il a notamment côtoyé Rick Estrin & The Nightcats, Mark Hummel, Chris Cain ou encore Nick Moss) brille au saxophone. R&b classique, "Look out" se distingue par ses échanges entre l'orgue de Rich Wenzel et le sax. Les cordes de Dennis et le piano de Sid sont bien mis en exergue tout au long de l’instrumental très West Coast, "You can name it".

Le reste a été immortalisé à LA. Dont "Recovery", un blues/jazz aux accents latinos, caractérisé par des notes de guitare singulières. Blues nerveux, "Backed-up" est le fruit de la rencontre entre l'harmonica de Denis Depoître et le piano de Rich Wenzel. Deux titres sont exécutés en formule trio, guitare/batterie/orgue Hammond (NDR : les parties de basse sont jouées à l’aide des pédales). Tout d’abord le blues lent classieux, "My past time". Puis le shuffle rythmé classique, "Run with the losers". Enfin, Dennis Herrera est seul pour attaquer le morceau final "Bittersweet", un titre acoustique au cours duquel il se consacre au chant et aux cordes…

 

Ephemerals

Chasin Ghosts

Écrit par

Après le succès –mérité– récolté par l’impressionnant Benjamin Clementine, il était écrit que d’autres artistes allaient s’engouffrer dans cette brèche ouverte par sa transcendante soul écorchée et à fleur de peau… Drivé par Hillman Mondegreen, Ephemerals en est une belle illustration. Tout au long de son second opus, le jeune combo anglais propose donc une musique ‘soul’ chargée d’un dose d’émotion phénoménale…

Une expression sonore dont le climat essentiellement soul (« You’ll Never See Me Cry ») se teinte d’ambiances jazzy (« Everyday Killer ») voire de hip-hop rétro (« Howl »). Mais surtout caractérisé par un son très ‘live’. Malgré une voix qui impressionne par sa puissance, Wolfgang Valbrun, le chanteur franco-américain, ne parvient pas à atteindre une même intensité que celle libérée par Benjamin Clementine ; et parfois « Chasin Ghosts » tape sur le système lorsque l’interprétation s’avère ‘too much’. A l’instar de morceaux aux sujets trop plombants, comme « Beauty in the Everyday » et surtout sur le fatiguant « God’s Gonna Make You Laugh ». Heureusement, l’ensemble est judicieusement adouci par de parfaites interventions de cuivres et un groove indéniable parfaitement illustré par le très agréable « Everyday Killer », une compo lorgnant davantage vers les récentes œuvres de Leon Bridges et de Charles Bradley ! Ephemerals nous offre un album dont l’écoute nous bringuebale constamment entre plaisir et répulsion… Votre appréciation fluctuera donc en fonction de votre état d’âme du moment… 

 

Anthony Geraci

Fifty shades of blue

Écrit par

Anthony Geraci est considéré comme un des meilleurs pianistes de blues contemporains. Et pourtant, il y a près de 40 ans qu'il roule sa bosse sur les routes. Au cours des 70’s, il avait participé aux aventures de deux excellents groupes issus de Boston : Sugar Ray & The Bluetones et Ronnie Earl and the Broadcasters. Puis, au sein de Little Anthony and The Loco-Motives, il avait publié deux elpees : "Can't take it" et "Don't wait on me", chez Deluge. Une époque au cours de laquelle il avait collaboré aux sessions d’enregistrement d’une pléiade d’artistes.

Signé chez Delta Groove (NDR : label établi à Los Angeles), il nous propose ce "Fifty shades of Blue", qu’il attribue au patronyme d’Anthony Geraci and The Boston Blues All-Stars. Et manifestement, pour concocter cet LP, il a bien reçu le concours du gratin des musicos issus de la grande cité du Massachusetts. Des sessions qui se sont déroulées au studio Keep the Edge, à Quincy. Son backing group implique le guitariste Monster Mike Welch, le bassiste Mudcat Ward ainsi que les batteurs Marty Richards et Neil Gouvin. Anthony se consacre au piano et à l’orgue. S’il ne chante pas, les vocaux sont assurés par de fameux vocalistes, comme Sugar Ray Norcia et Darrell Nullish, ainsi que deux chanteuses, Toni Lynn Washington et Michelle Wilson. Geraci signe les treize plages.

Superbe blues, "Everything I do is wrong" ouvre la plaque, une plage qu’interprète d’une voix naturellement puissante, Darrel Nuslish, alors que le jeune Mike Welch brille à la gratte en dispensant des notes parcimonieuses et d’une efficacité redoutable. Swing/blues, "Fifty shades of blues" élève le tempo. Michelle 'Evil Gal' Wison et Sugar Ray Norcia, dont la voix est vraiment taillée pour le style, chantent un duo. Geraci et Welch sortent de leur réserve. Le premier au piano. Le second à la guitare jump! Rien que du bonheur ! Norcia se consacre au micro pour cinq autres chansons. Tout d’abord deux Chicago Blues, au cours desquels il dégaine son harmo pour nous entraîner vers les sommets. Soit "Sad to be true", qu’il domine de sa voix puissante et expressive, pendant que Mike Welch triture sa slide. Puis "Heard that Tutwiler Whistle blow", au cours duquel le piano de Geraci semble hanté par Otis Spann. Des blues comme on les aime! Puis "Don't keep me waiting", une tendre ballade destinée à s’étreindre sur la pise de danse. Et encore la valse roots "Too late for coffee", une plage caractérisée par une très belle mélodie entretenue par des ivoires empreints d’une grande douceur. Sans oublier une dernière piste indolente remarquable, "You turn to cry". Michelle Wilson a récupéré le micro pour "If you want to get to Heaven", une ballade soul bien ficelée qu’elle interprète autoritairement. Darrell Nullish s’y consacre pour deux morceaux. Soit le shuffle chaleureux "The blues never sleeps", au cours duquel Anthony s’applique sur son piano tandis que Darrell s’autorise, à son tour, une sortie sur la musique à bouche. Et puis "Too Late for Coffee", encore une ballade soul/blues empreinte de douceur, que magnifie Anthony de ses ivoires. Originaire de la Caroline du Nord, Toni Lynn Washington est âgée de 80 balais. Et elle manifeste toujours autant de vigueur pour attaquer "Diamonds and pearls", un blues très rythmé, chargé de swing, qu’elle chante d’une voix impeccable, alors que Geraci et Welch se libèrent sur leurs instruments respectifs. L’opus propose deux plages instrumentales. Tout d’abord "In the quicksand, again", au cours de laquelle le doigté de Mike Welch se révèle aussi subtil que celui de Freddie King. Puis "Blues for David Maxwell", un hommage bouleversant adressé à l'un des meilleurs pianistes de blues blanc, qui a sévi au cours des 20 dernières années. Disparu en février 2015 des suites d'un cancer, ce disciple d’Otis Spann était également issu de Boston. 

 

Erazer

L’océan des âmes

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Quoi de neuf au Royaume des Morts ?

Venus du fin fond des abysses, après avoir bravé Hadès en personne, Erazer nous propose son premier LP : « L’océan des âmes ». Les Français nous démontrent qu’il n’y a pas que le Chablis en Yonne, mais aussi une nouvelle école du métal que le label M&O Music a choisi de porter à nos oreilles. Car « L’océan des âmes » est une œuvre à vocation pédagogique,  pour ceux qui douteraient que le métal est un art et pas un vulgaire bruit de fond. Pour preuve, cet album, qu’il serait réducteur de cantonner dans le tiroir Death tant on y rencontre d’influences et une volonté de proposer une technique musicale maîtrisée, tout en simplicité, sans fioritures incongrues. Si, dès la première écoute, j’ai eu l’impression que les musicos s’étaient sûrement procuré l’intégrale de Sepultura, d’autres points de vue sont apparus : ceux des ficelles du Death viking et américain, du hardcore, et même des arrangements stoner voire blues. Manifestement, le combo a une véritable envie de proposer une musique de qualité. L’intégration de la batterie comme élément à part entière est très appréciable. Elle joue avec les autres instruments, sans se contenter de la noyade provoquée par le recours aux doubles pédales. Les constructions musicales sont parsemées de fractures rythmiques qui accentuent l’impression de Death progressif. Tout est fait pour que l’ensemble ne soit en rien ‘chiantissime’ comme certains albums de Death où il est parfois nécessaire de vérifier si on a changé de piste.

Puissance, énergie et originalité, c’est ce qui caractérise l’œuvre d’Erazer. Mais « Pourquoi l’océan des âmes ? », me direz-vous ? Parce qu’Erazer s’assume aussi au niveau vocal. Si les thèmes restent les classiques de la détresse, de la peine, des regrets et des souffrances de l’âme, les variations de chant sont aussi au registre. Erazer nous distille un growl polyglotte anglais-français-démon accompagné de voix claires et graves. Sur plusieurs titres, on se demande d’ailleurs si Nick Holmes de Paradise Lost n’a pas été invité au chant.

En 10 titres et un peu moins de 45 minutes, Erazer parvient à satisfaire les amateurs avertis du genre et à convertir certains allergiques au Death. D’autres ne s’y sont pas trompés puisqu’ils ont déjà été draftés par Lofofora, Mass Hysteria ou encore No Return pour assurer certaines de leurs premières parties.

On chausse son scaphandre et on s’y plonge !

Tesseract

Le ‘djent’ dans toute sa splendeur !

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Soirée métallique à l’AB Club ce samedi 1er novembre, en compagnie de 3 groupes : Navene K, Animals As Leaders et Tesseract qui assurent une tournée européenne ensemble. C’est cette dernière formation, insulaire par ailleurs, qui va constituer la bonne surprise de l’affiche. Et pour votre serviteur, c’est à la fois une découverte… Le spectacle est sold out depuis un bon bout de temps, mais avant de débarquer au lieu de ralliement, il a fallu chercher un emplacement pour parquer mon véhicule. Quelle galère !

Je n’ai donc pu assister au set de Navene K, alias Navene Koperweis, un one man band que conduit l’ex-batteur d’Animals As Leaders et Animosity. Mais il ne se contente pas des drums, puisqu’il se consacre également à la guitare et se sert de l’électronique. Bref ce sera pour une autre fois.

Un petit changement de matos plus tard, place aux trois lascars d'Animals As Leaders. Le combo est né en 2007. Tosin Abasi en est le guitariste et le fondateur. Le line up inclut également le second gratteur Javier Reyes et le batteur Matt Garstka. Eponyme, leur premier elpee, est paru en 2009, chez Prosthetic. Et le deuxième, « Weightless », en novembre 2011. Publié ce 25 mars 2014, « The Joy Of Motion » constitue donc leur troisième et nouvel opus. Animals As Leaders pratique un métal progressif exclusivement instrumental. Particularité, toutes les grattes ont huit cordes, Tosin se consacrant même parfois à une basse de ce modèle. Les musicos sont techniquement (sur)doués. Les rythmiques ne sont jamais écrasantes, plutôt légères même. Et les compos ciselées, très soignées, recherchées.

Le set s’ouvre par « Tooth And Claw », un extrait du nouveau long playing. Et embraie par « Tempting Time », un titre issu du premier. « Wave Of Babies » est plus fédérateur. Normal, il s’agit d’un single gravé en 2010. « Kascade » est découpé dans des rythmiques fragmentées, tendues. La ligne de basse arrache tout sur son passage sur le puissant « Lippincott », alors que les drums ne cèdent pas leur part aux chiens. A charge pour la guitare de tempérer le tout. Un climat plus paisible baigne « Air Chrysalis », un morceau destiné à détendre les tympans délicats. « Point To Point » (NDR : tiré du premier LP), « The Price Of Everything And The Valio Of Nothing/Behaving Baby » et « Espera » constituent de remarquables exercices de style accomplis par les instrumentistes. Peut-être hantés par l’esprit du jazz… Pourtant, le trio parvient également à créer des riffs contagieux et efficaces. Histoire de rendre les compositions plus accrocheuses ; qu’elles ne se résument pas à de la démonstration nombriliste. La ligne de basse claque littéralement pour amorcer « Physical Education », un titre qui libère un fameux groove. Elle devient même hypnotique et grisante sur « The Woven Web ». Des cordes de guitare hispanisantes balisent « Weightless ». Le concert s’achève par  « CAFO », leur tout premier single. Les riffs sont gras, malsains. Bref, un morceau percutant…

Fondé en 2003, Tesseract (souvent écrit TesseracT) est un groupe britannique qui pratique une forme de prog/metal qualifié de ‘djent’. Il s’agit même d’un des leaders de cette scène musicale. A son actif deux albums studio : « One » et « Altered State ». Ce quintet réunit Daniel Tompkins au chant (il y a milité de 2009 à 2011 et est revenu en 2014), Alec ‘Acle’ Kahney (membre fondateur) et James Monteith (depuis 2006) aux guitares ainsi que Williams à la basse (il a débarqué en 2006) et le drummer Jay Postones (et ce dernier en 2005). Quatre des musicos sont bien en ligne et le drummer, plus classiquement, est installé en retrait. Daniel possède une voix à couper le souffle, mais très harmonieuse. Les lignes de guitares sont bien structurées et les riffs limpides. Le sens mélodique des chansons est particulièrement soigné et n’écorche jamais les oreilles. Leur prestation va durer une heure et on ne verra pas le temps passer. Finalement, je suis venu revoir Animals As Leaders et finalement, c’est Tesseract m’a réservé les meilleures sensations. Dès que la formation revient, elle pourra de nouveau compter sur ma présence…   

Setlist : « Of Matter – Proxy », « Of Matter – Retrospect », « Of Matter - Resist », « Concealing Fate, Part 2: Deception », « Concealing Fate, Part 3: The Impossible », « Concealing Fate, Part 4: Perfection », « Concealing Fate, Part 5: Epiphany », « Concealing Fate, Part 6: Origin », « April », « Of Energy – Singularity », « Of Mind – Nocturne » et « Concealing Fate, Part 1: Acceptance ».

(Organisation: Ancienne Belgique)

Camera

Motorikissime

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Les Berlinois de Camera entamaient ce mardi leurs trois dates belges à Liège. Un concert que votre serviteur attendait impatiemment, suite à la sortie de leur formidable nouvel album, "Remembre When I Was Dioxide Carbon" (voir rubrique chronique de notre site). Leur premier passage à Liège, dans le cadre du Microfetival 2013, m'avait laissé un peu sur ma faim. Le groupe, de fort mauvaise humeur suite, semble-t-il, à un conflit interne et des soucis techniques, n'avait pas vraiment justifié sa réputation de brillant performeur. JauneOrange avait alors promis de les inviter une nouvelle fois, à la première occasion. Ce nouveau rendez-vous a par contre amplement répondu à mon attente. Camera a démontré de la plus brillante manière qu'il est bel et bien une machine motorik exceptionnelle rôdée par des années de concerts sauvages dans les lieux publics berlinois et une tournée dans le monde entier quasi ininterrompue depuis 2012.

Mais commençons par évoquer la prestation du trio liégeois Back to Whitworth. Né sur les cendres d’Eté 67, le band n’a pourtant rien en commun avec le groupe de pop champêtre. Si le début du set peut rappeler la musique cosmique des années 70, en particulier les sonorités spatiales de l'orgue vintage, le propos se muscle progressivement et évolue vers des compositions plus math-rock saupoudrées de stoner. Agréablement surpris au départ, cette évolution me parle moins. Le son métallique de la batterie est agressif et cet instrument prend trop de place. On peut louer la technicité mais elle finit par lasser. Difficile de trouver un fil conducteur dans les courts morceaux finaux. Surtout quand on n'a jamais été grand fan de ce style. Ceci expliquant sans doute cela.

Chez Camera aussi, la batterie tient la place centrale. Motorikissimes, les rythmes de Michael Drummer (apparemment ce n’est pas un pseudo ; de quoi croire en la prédestination) sont l'élément moteur (fatalement) de la transe qu'impose progressivement le groupe. A côté de lui, sérieux comme Joseph Ratzinger, Timm Brockmann distille quelques drones sur son laptop mais surtout des sonorités synthétiques tournoyantes. Les deux compères sont accompagnés par un guitariste dont on n'apercevra le visage qu'à la fin du concert. Penché sur son instrument, les cheveux ballotant dans l'air rare de La Zone, il livre les accords cosmiques bouclés propres au krautrock.

D'interaction avec le public, il ne sera pas question. Pas un mot, pas un regard, pas un geste. Une froideur toute teutonne qui pour votre narrateur n'a pas d'importance mais peut-être, explique en partie le manque de réaction d'un public nombreux mais majoritairement amorphe voire même peu concerné.

Et pourtant, cette musique est terriblement excitante. Transique, psychédélique, faite de répétitions évolutives, elle passe de moments d'accalmie à des passages ébouriffants d'une rapidité extrême au gré du tempo des rythmes tribaux de Drummer.

Le premier morceau dure 15 minutes, le second 20. Enormes, hallucinants. On est entraîné sur les montagnes russes des percussions, le corps en ébullition et le cerveau déconnecté. On voudrait qu'ils nous emportent encore plus loin, on espère les mélodies synthétiques de l'album, des envolées de guitare. Elles ne viendront pas. Qu'importe. La scène semble pour Camera un monde à part où la transe prime, engendrée par les variations d'énergie et la répétitivité. Et tant pis pour ceux qui voulaient une copie conforme de leur remarquable travail en studio. Aucun morceau ne semble familier. C'est le royaume de l'improvisation maîtrisée. La dernière saillie, un peu plus brève et sans doute un rien moins intéressante donne à nouveau la part belle aux rythmiques. Drummer est vidé. Rideau.

Ce concert a provoqué en moi ce que seules certaines musiques africaines traditionnelles ont réussi à engendrer. Une déconnection quasi spirituelle, un état modifié de conscience. Pourtant, en y repensant, je suis certain de ne pas avoir assisté à la plus grande performance de Camera ce mardi soir. Mais je sais que la prochaine fois, l'expérience qu'ils me proposeront sera totalement semblable et complètement différente. Le propre du Krautrock. L'essence d'un grand groupe.

(Organisation JauneOrange)

Camera

Remember When I Was Carbon Dioxide

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Décidément, Bureau B ne cesse de nous livrer de très bons albums. Cette fois, c'est le retour de Camera, qui nous avait déjà séduits lors de la sortie de son premier elpee, "Radiate!", il y a deux ans. Depuis lors, il n'a cessé de tourner, s'accordant juste une respiration pour enregistrer le maxi 4 titres "Système solaire". A ses débuts, le duo se produit régulièrement dans le métro, les gares et autres endroits publics sans autorisation. Ce qui lui vaut le surnom de Krautrock Guerilla. Les Berlinois aimeraient pourtant qu'on cesse de les cantonner à ce style. Ils clament haut et fort que leur musique n'est pas une simple copie de Can, Neu! ou Faust.

Il est pourtant impossible de ne pas voir une évidente filiation avec les légendes de la Kosmische Muzik, vu la place dominante de l'improvisation dans leurs compositions. Le premier opus est en effet le fruit de longues sessions d'expérimentation cherchant à reproduire fidèlement les atmosphères de leurs jams sauvages. Les rythmiques motorik, les synthés cosmiques, les guitares spatiales et la répétitivité transique, si caractéristiques du genre, constituent en outre la base de leurs compositions. Difficile donc de blâmer ceux qui les considèrent simplement comme de dignes successeurs des pionniers du Kraut. Et ce ne serait déjà pas mal tant le résultat est probant. Peu de groupes sont arrivés à une telle excellence dans le style depuis les années 70.

"Remember When I Was Carbon Dioxide" confirme d'ailleurs ce lien du sang par son utilisation encore plus massive de la technique de l'overdub. En effet, sur le premier opus, seul Franz Bargmann était crédité à la guitare. Ici plus de trace du monsieur mais différents guitaristes sont dans un premier temps venus laisser leurs empreintes sur l'oeuvre lors de sessions d'improvisation si chères au duo. Michael Drummer et Timm Brockmann ont ensuite retravaillé, superposé, enrichi le résultat de ces jams, explorant bien plus loin les possibilités de la production en studio. C'est là la principale évolution de ce nouvel et formidable LP.

Isoler des morceaux est malaisé ou plutôt terriblement subjectif. Contentons-nous de dire qu'aucun ne peut être considéré comme du remplissage. C'est une histoire que Camera nous raconte, tour à tour dansante et hypnotique, pleine de psychédélisme et de mélodies spatiales. Il ne reste qu'à se laisser porter et succomber à cette Autobahn sans fin.

Oui il y a bien du Can et du Neu! dans le moteur voire un zeste de Kraftwerk mais il y aussi beaucoup de rock psychédélique apatride et même quelques très agréables remous de Garage. Loin d'être un énième ersatz, Camera démontre au contraire que "When I Was Dioxide Carbon" affirme une réelle personnalité et trouve sa place dans la cour des très grands groupes instrumentaux actuels. Ne ratez pas la bretelle.

 

 

Generationals

Alix

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L’indie-rock est un univers foutraque. On peut y mettre tout ce qu’on veut, pourvu qu’il soit plus ou moins alternatif. En pratique, il est issu de la contre-culture, de l’underground si vous préférez, et réunit des artistes et groupes à la recherche d'un rock authentique, éloigné des standards commerciaux.

Generationals ne serait pas indé. Pourquoi ? Parce qu’il est américain ? Quelle erreur ! Ce duo a la grande classe. Mais si le ‘Star and Stripes’ est bien dessiné sur le passeport de Ted Joyner et Grand Widmer, à l’écoute d’« Alix » on aurait plutôt misé sur l’‘Union Jack’. Autre erreur, imaginer que le pays de l’Oncle Sam ne pourrait pas enfanter des musicos dont l’approche artistique est aussi flegmatique que celle de leurs amis britons.

Fondé en 2009, Generationals compte 4 albums studio à son actif, dont cet « Alix ». Si les précédents elpees exploraient un créneau plus fondamentalement rock, ce dernier adopte un profil davantage pop aux relents 90’s.

Caractérisé par ses beats délicatement ciselés en une voix chaloupée, les morceaux se savourent comme un dessert au parfum créole vanillé ; et c’est volontiers que l’on s’en ressert de nouvelles tranches…

Si en général les artistes apportent un soin tout particulier aux 3 voire 4 premières plages de leurs long playings, y réservant même la quintessence de leur création, avant de remplir le reste, pour respecter le timing, la paire étasunienne a recours au processus inverse. 

Ainsi « Black Lemon », qui ouvre maladroitement l’LP, est de facture douteuse et franchement cheap. Sur des faux airs de calypso, « Gold Silver Diamond » est paru en single. Une plage contagieuse que vous risquez de siffloter le reste de la journée. Et un bon coup de boost pour relancer la machine. Car la suite, que ce soit « Reading Signs », « Charlemagne », « Welcome to the Fire », « Heart in Two », « Now Look At Me » ou « Would You Want Me » rivalisent d’excellence.

Finalement, la seule interrogation réellement fondée procède du jour de sortie de l’album. Ce sera le 16 septembre pour les shops et le 15 sur les plateformes légales de téléchargement. Car il aurait pu devenir un magnifique compagnon de vacances que l’on aurait embarqué dans sa valise entre ses chemises à fleurs et les huiles de bronzage, tant le climat festif de longues journée d’été ressort tout au long de l’opus.

Ou alors, ce serait là, la troisième erreur : penser que l’été se termine le 21 septembre.

« Alix », est un très bon album, simple, plaisant et attachant.

 

Perera Elsewhere

Everlast

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Ses parents étaient sri lankais. Elle est pourtant née à Londres et s’est finalement établie à Berlin. Une artiste au parcours atypique, puisque après avoir milité chez le groupe de trip hop Jachoozi, au cours des 90’s, elle s’est reconvertie en DJ.

A l’instar de son premier elpee, « Everlast » est à la fois complexe et multi facettes. Une œuvre découpée en douze pistes particulièrement originales. Difficile de relever des références au sein de son électro/folk à la fois minimaliste et bidouillé. On y retrouve quand même des traces de trip hop et puis des influences afro, pourtant parfaitement intégrées. Il y a du piano, des machines et de guitares acoustiques. Et puis, trahissant des accents soul, la voix de Perera semble parfois hantée. Ce qui explique sans doute pourquoi cet opus baigne dans une forme de mysticisme.

Pour enregistrer cet elpee, Perera a bénéficié de la participation de quelques collaborateurs. Gonjasufi est crédité sur « Giddy ». Chanteur africain, Aremu pose sa voix sur « Ebora ». Et le musicien allemand Springingput apporte son concours à « Shady ».

 

Feral & Stray

Between you and the sea

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Feral & Stray, c’est le nom du projet solo de l’artiste montréalaise Erin Lang. Vous avez peut-être eu l’occasion d’assister à l’un de ses concerts, puisque la Canadienne a servi de supporting act pour la ‘star’ Agnes Obel, lors de sa tournée européenne. Au pays des caribous, elle a acquis une certaine notoriété en multipliant ses collaborations ; et tout particulièrement au sein de The Foundings, en compagnie de Roger O'Donnell.

« Between you and the Sea » s’apprécie en savourant un verre de vin rouge, un soir d’hiver, devant un feu de bois. La voix d’Erin Lang est envoûtante. En 14 pistes, elle nous guide à travers les forêts enneigées canadiennes. Mais si la musique est paisible, elle ne suscite jamais l’ennui. Délicate, parcimonieuse et pertinente, l’instrumentation est essentiellement partagée entre harpe, violon, piano et clarinette.

Et comme parfois une image parle plus que les mots, il suffit de jeter un coup d’œil à l’image reproduite sur la pochette pour se faire une idée de la sérénité au sein de laquelle baigne cette œuvre… 

 

Terakaft

Le blues des hommes bleus

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Terakaft en Tamasheq, la langue des Touaregs, se traduit par la caravane. Une caravane qui s’est accordée une halte à Bruxelles, ce samedi, pour notre plus grand plaisir. Moins connue que Tinariwen, la formation entretient pourtant pas mal de liens avec les membres du plus célèbre des groupes de blues touareg. Le leader, Kedhou ag Ossad et le guitariste Diara, frère d'un des membres fondateurs, ont d'ailleurs collaboré à l'enregistrement du tout premier album de Tinariwen, en 1992, ainsi qu’à celui des « Radio Tisdas Sessions », en 2001. Khedou est autant adulé par la communauté touareg pour ses compositions que pour sa participation active à la rébellion des années 90. Blessé et annoncé plusieurs fois mort par les médias à l'époque, il demeure un symbole de la révolte des hommes bleus face à l'indifférence des gouvernements maliens et nigériens. 

Nous n'avons malheureusement pas eu droit au line up complet. Le bassiste et le percussionniste ont en effet été remplacés par deux musiciens occidentaux que l'on a senti très heureux de pouvoir partager la scène auprès de tels artistes. Ils ont eu le bon goût de ne pas trop en faire, se contentant d’épauler humblement les deux Berbères. Le batteur va même apporter une dimension légèrement plus dansante aux compositions.

Il est 23h lorsque le concert commence devant une petite assistance qui va très vite être emportée par la transe de cette musique. Enchaînant des morceaux relativement courts, Terakaft a l'intelligence de proposer un set varié. On avait en effet un peu peur d’éprouver une certaine redondance. Ce n'est pas le cas. Tour à tour, on se balance nonchalamment, comme hypnotisés, puis on sautille carrément quand le rythme s'accélère. On perçoit bien toute l'influence de la musique occidentale sur certaines chansons qui vont puiser dans le rhythm’n’blues et le rock psychédélique des années 60 et 70. Le groupe a d'ailleurs souvent cité Jimi Hendrix et John Cipollina (Quicksilver Messenger Service) comme références. Mais la dimension africaine est également très présente. Certaines parties de guitare évoquent le blues gnawa quand d'autres nous entraînent davantage vers l'Afrique noire. Décidément, cette musique est majestueuse et le flow arabisant des deux Touaregs nous transporte loin, très loin. A la fois apaisants et euphorisants, ces chants sont puissants et spirituels. Le corps ne peut que suivre, happé par les notes psychédéliques de ces guitaristes émérites. Que ce dépaysement fait du bien. C'est sans doute un cliché mais un concert de Terakaft est un vrai voyage. Envoûtant, pénétrant, dense, poétique même. De ceux que l'on n'oublie pas.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout)

 

The Baptist Generals

Jackleg Devotional to the Heart

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10 ans ! C’est le temps qu’il a fallu à Chris Flemmons et ses sbires pour enfin nous léguer un successeur à « No Silver/No Gold », sorti en 2003… Et c’est peu dire que le folk-rock hanté des Texans nous a foutrement manqué. « Jackleg Devotional to the Heart » constitue leur 3ème album. Il réemprunte le chemin tracé quelque part entre Neutral Milk Hotel et Modest Mouse, mais sous une formule plus dépouillée (« Clitorpus Christi », « Turnunders and Overpasses »). Instrumental acoustique, « Machine en Prolepsis » met en exergue le potentiel de la bande de Denton. Mais dès le deuxième titre, on retrouve la voix si particulière, profonde de Flemmons, une voix qui rappelle celle de Will Johnson. « Dog That Bit You » libère, en outre, une énergie pop contagieuse. Si certaines pistes s’égarent inutilement dans des constructions alambiquées (« Oblivion Overture », « 3 Bromides »), les Généraux livrent le plus souvent des batailles folk plutôt épiques, au cours desquelles il manque toutefois le grain de folie d’un Neutral Milk Hotel. Bien que de bonne facture, ce nouvel opus n’atteint pas le niveau des précédents essais. Et à ce titre, c’est une petite déception. Les aspirations étaient peut-être trop importantes après une telle absence…

 

Generationals

Heza

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Generationals n’est sans doute pas destiné à incarner le groupe d’une génération, mais démontre une nouvelle fois, après l’éclosion de Woods et Real Estate, que la scène folk yankee est en bonne santé. Si vous appréciez ce style conjugué aux mélodies pop (« Awake ») ou dispensé sous une forme plus contemporaine (« Extra Free Year »), vous serez fatalement comblés et surtout ne risquez pas de sombrer dans un état neurasthénique souvent propre au genre. Issu de la Nouvelle-Orléans, ce duo réunit Ted Joyner et Grant Widmer ; et il a le bon goût de se démarquer de l’expression sonore proposée, en général, du côté de la Louisiane. « Heza » constitue son troisième elpee, une œuvre au charme discret mais également à la rage euphorisante. Les harmonies vocales glissent sur des rythmiques trépidantes à la limite de la surf-music, mais dans l’esprit de The Drums (« Say When »), une mini-chorale entame un refrain imparable (« You Got Me ») avant que des samples ne propulsent Generationals aux côtés de The Radio Dept. ! Et comment résister au funk mutant de « Put a Light On » ? Un opus proche de la perfection, donc…

 

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