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Amplifier

The Octopus

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A l’instar de ses compatriotes de Marillion, le trio rock alternatif britannique Amplifier a choisi de se passer du soutien financier du ‘music business’. Aucun contrat ne le lie plus désormais à un label. Il a donc le contrôle total sur tout ce qui touche de près ou de loin à sa création. Sans personne pour leur imposer de limites, Sel Balamir (guitare et chant), Neil Mahony (basse) et Matt Brobin (batterie) ont disposé de toute la liberté nécessaire à la réalisation de « The Octopus », un double album conceptuel ambitieux qui est, sans doute possible, l’un des points culminants de leur carrière.

Né à Manchester dans le courant de l’année 1999, Amplifier a sorti un premier opus éponyme chez Music For Nations, en 2004. Son second, « Insider » a été publié en 2006 par le label allemand SPV. Pas vraiment lié à une scène particulaire, le groupe a tourné en compagnie de formations assez  différentes telles que les  Deftones, Opeth ou Porcupine Tree. Le nouvel elpee, dont la composition a été mise en chantier dès 2007, est désormais disponible à la vente sur son site officiel (http://www.amplifiertheband.com/merchandise.php )

Ceux et celles qui, interpellés par l’association des mots ‘rock’ et ‘Manchester’, espèrent trouver ici un palliatif à leur manque d’Oasis peuvent passer leur chemin. On n’aborde pas  le chef-d’œuvre d’Amplifier comme la ‘britpop’ insipide des frères Gallagher. « The Octopus »  est un pavé musical intense s’étendant sur plus de deux heures. Une pièce conceptuelle découpée en seize plages, dont le contenu appelle immanquablement à la réflexion. Amplifier jette ici une idée effrayante : ‘Et si quelque chose avait pris le contrôle’ ? Une chose  immonde, aussi proche de vous que votre propre peau et dont vous n’avez même pas conscience…

Ce n’est pas un hasard si les trois Britanniques ont mis plusieurs années pour écrire, enregistrer et produire ce nouvel essai. La musique y est variée, complexe, voire même schizophrénique par moment. Pourtant, elle se révèle parfois étonnamment accessible. « The Octopus » semble constituer le point de convergence de plusieurs styles. On découvre au fil des écoutes des bribes imbriquées de rock alternatif, de rock progressif, de hard rock et de heavy métal. Un peu comme si le groupe s’était imprégné de la musique de Muse, Porcupine Tree, Tool, Oceansize, Radiohead, Marillion (période Hogart), Black Sabbath et Led Zeppelin, avant de s’attaquer à ses propres compositions. 

L’intro « The Runner » installe l’ambiance paranoïaque de la plaque. Des bruits de pas rapides et un fond sonore oppressant tiennent en haleine. On attend une déflagration sonore. Cependant, le déluge de décibels n’arrive pas tout de suite. C’est la voix sublime de Sel Balamir, combinée à un piano grandiloquent, qui plante le décor sur un « Minion's Song » intimiste. La déflagration vient plus tard sur « Interglacial Spell ». Distorsion maximale et ligne de basse monstrueuse pour introduire un titre dont le tempo rappelle le « Kashmir » de Led Zeppelin. Sur « The Wave », le trio s’arrange pour sonner comme s’il était un quintet en construisant un mur de guitares heavy impénétrable. Vient ensuite l’étonnant « Octopus » et ses neuf minutes hypnotiques, atmosphériques, … magiques.

Il faudrait plusieurs pages pour décrire ici toutes les circonvolutions et toutes les tournures qu’empruntent les compositions. Métalliques, acoustiques, brutales, planantes, organiques, synthétiques. Chaque titre est une aventure et un pas vers la perfection. Amplifier est probablement l’une des meilleures choses qui soit arrivée à l’Angleterre depuis bien longtemps. Ne passez pas à côté de cette œuvre.

« The Octopus » est disponible au format double Cd ou triple LP (NDR : pour ceux et celles d’entre vous  qui adhèrent au retour du grand vinyle noir). Une édition limitée à cinq cent exemplaires de la version Cd contient, quant à elle, un livret de 70 pages détaillant, à la manière d’un roman, le concept caché derrière cet énigmatique « Octopus ». Chaque exemplaire de cette édition limitée sera dédicacé par les membres du groupe. Avis aux collectionneurs.

Andy Cohen

Built right on the ground

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Andy Cohen n'est pas vraiment notoire au sein des milieux du blues européen! Pourtant, ce chanteur/compositeur/multi-instrumentiste s'est forgé une solide réputation chez lui dans les sphères folk et blues. Certains spécialistes prétendent même qu’il mériterait autant de considération que Taj Mahal et Ry Cooder! Originaire de Boston, il est surtout imprégné du climat musical de Memphis. D'abord pianiste, ce grand amateur de jazz traditionnel s’est finalement converti au folk blues authentique, immortalisé par Rev Gary Davis, Leadbelly, Blind Lemon Jefferson, Big Bill Broonzy, Skip James ou Bukka White! D’une grande pureté, cet essai est découpé en 15 chapitres.

Andy a calé sa machine à remonter le temps, près de 80 ans en arrière, pour aborder le titre maître. Un folk blues sans concessions signé par l'obscur Teddy Darby. Je lui préfère le thème du chemin de fer, généralement propice à un tempo plus vivifiant. A l’instar de "Railroad blues", une compo au cours de laquelle Cohen se révèle très en verve sur les cordes. L’adaptation de "Cairo blues", un titre écrit en 1929, est très intéressante. Un assemblage complexe basé sur onze mesures et non douze. Son répertoire suscite notre curiosité tout au long des trois quarts d'heure que dure l’opus ; car il y a de la diversité chez ce musicologue averti. D’ailleurs, il est aussi bien à l'aise derrière les 88 touches d'ivoire du piano. Et le démontre sur "Honky Tonk train", un classique du boogie issu de la plume de Meade Lux Lewis ainsi que tout au long de "Shake-a-boogie". Andy aborde aussi les douces ballades country. Et en particulier deux plages signées Jimmie Rodgers : "Miss the Mississippi and you" et "My old pal" qu’il chante en duo en compagnie de son ami Kurt Anderson. Il se réserve aussi les vocaux sur le "Mopper's blues" de Big Bill Broonzy, un morceau qui figurait, à une certaine époque, au répertoire de Rod Stewart, et sur le "Me and my chauffeur" de Memphis Minnie. L’elpee recèle quelques plages instrumentales. Tout d’abord "Jim Dickinson stomp", un hommage rendu par Cohen au célèbre producteur, disparu l'année dernière. "Temptation rag", ensuite. Un classique du pré-jazz, adapté en leur temps par Sidney Bechet et Bennie Goodman. Et enfin le  "Grandpa's spells" de Jelly Roll Morton. Andy clôture cette session d'amour pour sa musique lors d’un duo qu’il partage en compagnie de sa chère épouse, Larkin Bryant. Une dernière ballade intitulée "Tennessee blues". Une compo écrite par Bobby Charles, une gloire du swamp pop, disparue début 2010. 

Crystal Fighters

Star Of Love

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Ce n’est pas gagné d’avance pour les Crystal Fighters. « Star Of Love », le premier album de ce quintet originaire d’Espagne et installé à Londres, est ce qu’on peut qualifier de sacré bordel. Découvert il y’a plus ou moins un an lors de la sortie de l’excellent single « I Love London », distribué par Kitsuné, les Crystal Fighters proposent onze morceaux sculptés dans une d’électro-pop tribale mâtinée d’instrumentation basque. Ce métissage, qui aurait pu se solder sur un labeur tout à fait original, débouche sur une œuvre inégale et lassante. La BBC va même jusqu’à comparer une composition du quintette (« At Home ») à de la musique d’une publicité pour Body Shop. Pas faux ! Mais Crystal Fighters peut également évoquer, dans ses meilleurs moments, un Go! Team survitaminé (« I Do This Everyday », « In The Summer »). De jolis passages, bien trop sporadiques. Et dans ses plus délires les plus dispensables, « Star Of Love » passe pour une version cheap du « Subiza » de Delorean (« Follow », « Xtatic Truth », « Solar System »). Le premier LP des Crystal Fighters déborde d’énergie pour peu d’idées et ne laisse, en bout de course, aucune empreinte indélébile. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

Crystal Fighters, réputés excellent en ‘live’ (c’est toujours ça de gagné), seront sur les planches de Tour&Taxis lors de la Pias Nite du 26 mars.

Deerhoof

Deerhoof Vs. Evil

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A travers Satomi Matsuzaki, sa chanteuse d’origine japonaise, les Californiens de Deerhoof ont toujours été en quelque sorte les grands frères détraqués de Blonde Redhead. Le trio concocte depuis des années une musique bizarre, intransigeante et inclassable qui, si elle s’est adoucie au fil du temps, ne caresse pas les oreilles tout en demeurant extrêmement originale. « Deerhoof Vs. Evil » constitue leur 10ème album publié depuis leurs débuts, en 1996. Et le combo vient de frapper un nouveau coup sonique et unique à la fois. Entre les élucubrations bruitistes, le rythme lent et étrange de « The Merry Barracks », la guitare hispanisante du superbe « No One Asked to Dance », les deux minutes rock n’ roll loufoque de « Dance the Jet » ou le plus exotique « Hey I Can », pas la peine de chercher la moindre ligne conductrice tout au long de leurs 12 nouveaux titres. A mi-parcours, on croit même rêver, Deerhoof aurait composé son premier véritable single, « Super Duper Rescue Heads !», un morceau qui pourrait passer sur les ondes les plus mainstream ! Mais, très vite, pour notre plus grand bonheur, les effets de pédale refont surface. Donc les accords de guitare dissonants. Mais aussi le falsetto bizarre de Satomi. Deer… ouf (ahah…)! Les Américains sauvent la face… même s’ils marchent sur les plates bandes de Yeasayer, pour la circonstance.

Difficile de tomber amoureux de la musique de Deerhoof dès la première écoute mais votre –très relatif– courage nécessaire sera mille fois récompensé ! En concert le 26 avril à De Kreun à Courtrai.

DJ /Rupture & Andy Moor

Patches

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Deux univers antinomiques entrent en collision. « Patches » est le fruit d’une collaboration entre Jace Clayton alias DJ /rupture, prophète du Mash-Up, et Andy Moor, guitariste au sein de The Ex. Enregistré en 2007 lors d’une tournée en commun, le mariage entre les distos de Moor et les beats de DJ /rupture, est assez surprenant de prime abord. Mais cette union inattendue prend tout son sens dès le second morceau de la plaque, « Sometimes It Can Be Hard To Breathe ». Une compo où les riffs acérés du guitariste s’entrelacent subtilement aux bidouillages électroniques du DJ. Ce dernier ne ménage pas son collègue en virevoltant du dubstep à de l’abstract hip hop ou même de l’ambient et de la world music au trip hop. Il va même jusqu’à incorporer des samples hors-sujets de Tracy Chapman ou encore Diana Ross ! Mais le musicien hollandais, même en pleine improvisation, a plus d’un tour dans son sac et place chaque note à l’emplacement qui lui semble être destiné. « Patches » est une véritable joute musicale, captivante de la première à la dernière manche. Et c’est l’auditeur qui en sort gagnant, haut la main.

 

The Ex

Catch my shoe

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A l’instar des Young Gods, The Ex est un autre groupe culte. La légende prétend que leur formation se serait réalisée dans un squat d’Amsterdam. Trente années que la formation batave roule sa bosse sur la scène alternative. Et des groupes comme Sonic Youth, Fugazi ou Sloy les citent en référence.

Et c’est d’ailleurs directement à ces deux dernières formations que je pense, à l’écoute du titre d’ouverture, « Maybe I was the pilot ». Mais très vite mon enthousiasme va s’essouffler. Pourtant, l’opus est produit par Steve Albini ; mais ses 9 titres manquent de subtilité. Et pas seulement parce que le nouveau chanteur Arnold de Boer (NDR : de boer se traduit par ‘le paysan’ en néerlandais, ca ne s’invente pas) ne possède pas le charisme de Sok, membre fondateur, qu’il a remplacé. Il y a bien quelques touches jazzyfiantes ou encore garage qui assouplissent, circonstanciellement, le tranchant des six cordes. Ou encore une compo plus insolite et tempérée, intitulée « Eoyelo », un morceau évoquant la beauté des femmes Gurage, un groupe ethnique de l’Ehiopie, pays dont est passionné le nouveau leader de The Ex. Mais dans l’ensemble, cet opus m’a laissé sur ma faim. Cependant, vu l’aura dont dispose le combo (NDR : son engagement sociopolitique, son concept de distribution DIY et ses prestations ‘live’ fabuleuses), on leur pardonnera ce faux pas. En attendant une prochaine sortie, qui ne devrait tarder, la discographie du groupe se révélant plutôt prolifique…

Artús

Drac

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La France regorge de talents à découvrir. Malheureusement, une poignée de privilégiés continuent de s’accaparer les médias, la TV surtout.

Heureusement, les labels indépendants continuent de faire de la résistance. A l’instar du ‘Folklore de la Zone Mondiale’. Lancée par les Bérurier Noir, cette écurie à notamment sorti de l’ombre des formations comme Ethnopaire, Guarapita ou encore Lucrate Milk. Familha Artús, c’est leur dernière révélation. Son album « Drac » (dragon en Gascon) constitue un véritable produit du terroir. Il sent bon le savant mélange de cultures, la chaleur du pays basque ainsi que la découverte de contrées inexplorées jusqu’alors.

Attention cependant, à moins d’avoir une oreille avertie, cet elpee nécessite plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Les compos oscillent allègrement du tribal (« Jo vos i voi diser ua cançon ») au futuriste (« Monem »), en passant par le folk, l’ethno, l’urban, l’électro le prog rock et même le métal (« Demens la vila de bordeu »), sans pour autant négliger le groove.

Mais au beau milieu de ce voyage surprenant et agréable, figure un titre étincelant, un véritable joyau à l’état pur, à écouter en boucle : « Capiteni salias ». Une petite merveille. Un véritable chant de bataille de plus de 10 minutes. Et si un clip vidéo devait être consacré à ce titre, il faudrait carrément lui réserver un court-métrage. Et encore, il pourrait servir de BO à lui tout seul !

« Cantem en allegressa » prend le mélomane en otage, le séquestre en terre inconnue, et l’endoctrine afin qu’il rejoigne la cause du collectif. Réellement captivant, cet opus donne envie de découvrir le groupe en live. Leurs prestations accordées sur les planches ont d’ailleurs défrayé la chronique au sein de l’Hexagone (NDR : notamment lors de leur set accordé aux Vieilles Charrues), mais également en Italie et en Espagne. Espérons qu’ils feront bientôt un crochet par la Belgique. Un appel du pied est lancé aux organisateurs.

Cécile Hercule

La tête à l’envers

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Si vous jetez un coup d’œil sur son profil MySpace, vous y trouverez Cécile Hercule répertoriée comme artiste  pratiquant de la ‘musique classique japonaise’… Ah bon ! Ben oui, pourquoi pas ?

Touche-à-tout dans le milieu artistique, cette jeune Lyonnaise débute par une école de cirque, apprend la guitare en compagnie de son père, qui lui communique le goût de la pop (NDR : des Beatles, en particulier) et de la chanson française. Elle suit des cours de théâtre, écrit même une pièce, s’achète une guitare lors d’un voyage à Madagascar, compose cinq maquettes dans la foulée et accorde son premier concert dès 2005. Ouf !

Repérée et vite adoptée par Michaël Furnon (Mickey 3D), elle le suit durant sa tournée de 2009 pour assurer des premières parties empreintes de fraîcheur, mais également pour participer à ses concerts.

Grâce à ce coup d’accélérateur, sa carrière prend enfin son envol et c’est en fin de printemps 2010 qu’elle propose son premier opus, « La tête à l’envers ».

Dix titres et un clip nous sont proposés par l’ex-cracheuse de feu et jongleuse. Visiblement, les arts de la rue l’ont marquée. Ses ritournelles font immanquablement penser à un spectacle ambulant. Légères mais parfois lourdes de sens, ses chansonnettes s’écoutent, un petit sourire en coin. La force de ses morceaux réside dans ces textes d’une grande poésie bien soutenus par des mélodies aux sonorités résolument pop.

Mélange d’humour, d’amour, de gravité et de légèreté, ce disque original, qui ne dure pourtant que 31 minutes, devrait plaire facilement à tout amateur de chanson française.

I Like Trains (iLiKETRAiNS)

He who saw the deep

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Ben oui, j’avais mentionné cet elpee dans mon Top 20 de l’année 2010. Un choix qui a certainement dû s’imposer à tout cadre de la SNCB…

A ce jour la formation insulaire (NDR : de Leeds, très exactement) a publié une poignée de singles, deux Eps et deux elpees. Le premier, « Elegies to lessons learnt » avait donné d’ailleurs donné lieu à une suite sous la forme d’un Dvd réalisé par Ashley Dean (NDR : voir notre chronique à ce sujet).

Première constatation ILiKETRAiNS a changé son patronyme en I Like Trains. Plus facile à écrire quand même. Guy Bannister est toujours bien présent. Et surtout sa voix de baryton. De quoi continuer à communiquer une ambiance caverneuse aux titres. Et à surfer sur la vague du succès des Editors, Interpol, The National, Get Well Soon et consorts. Pourtant, après avoir bien écouté cet opus, il faut reconnaître que le combo commence à se libérer progressivement du stéréotype et surtout à briser une certaine uniformité qui prévalait tout au long du premier long playing. Les poussées de riffs noisy se révèlent davantage atmosphériques. Des chœurs sortent de l’ombre. Bref, si le climat n’est pas nécessairement optimiste, il est néanmoins moins ténébreux et introspectif que sur le premier essai. De quoi se libérer d’une filiation revivaliste post-punk voire d’un héritage ‘joydivisonesque’, auxquels de nombreuses formations contemporaines sont toujours prisonniers. D’ailleurs certaines compos pourraient servir de BO de film. Cependant, le combo a eu le bon goût de ne pas gommer toutes les caractéristiques essentielles de son expression sonore. La voix, bien sûr. Sans trop en faire, quand même. La ligne de basse très 80’s. Et surtout le sens mélodique classieux et évanescent.

Chez un artiste ou un groupe, le second essai est souvent périlleux. En publiant ce « He who saw the deep », I Like Trains vient donc de réussir parfaitement cette épreuve. Tout en empruntant une nouvelle direction. Et c’est tout à leur honneur…

 

Liz Janes

Say Goodbye

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Liz Janes possède certainement beaucoup de talent. Pas pour rien qu’elle apporte régulièrement son concours au grand Sufjan Stevens. Ils militent, d’ailleurs, tous les deux sur le même label, Asthmatic Kitty. « Say Goodbye » constitue son quatrième elpee.

« I Don’t Believe » ouvre l’elpee. Un compo qui baigne au sein d’un climat r&b particulièrement chaleureux. Puis, c’est le vide. De quoi endormir un hyperkinétique. Son folk teinté de jazz voire de blues est même tout bonnement soporifique. Pourtant les arrangements sont parfaits, l’instrumentation irréprochable, la voix superbe et les lyrics tiennent la route. Mais je défie quiconque de vibrer à l’écoute des comptines de Miss Janes. Sur la toile, je n’ai pas rencontré le moindre article détracteur. Cependant, après avoir écouté le quatrième morceau, intitulé, « Anchor », j’ai arrêté les frais. Serais-je passé à côté du message de cette native de l’Indiana ? Possible. Une chose est sûre, l’indolence des compos est absolument désespérante. J’ai cherché vainement un grain de folie. Je n’ai même pas trouvé une mélodie à laquelle s’accrocher. Non mais imaginez : mes parents n’ont jamais supporté que l’on puisse partager un repas en écoutant de la musique. Pourtant, dans ces conditions, l’écoute de cet opus de Liz Janes ne les a pas dérangés. C’est dire…

Melissmell

Ecoute s’il pleut

Écrit par

Suite à l’excellent, quoique très bref Ep, paru fin novembre 2010 (voir par ailleurs la critique du 14-12-2010), Mélissmell nous revient pour un premier album complet, découpé en 12 titres et intitulé « Ecoute s’il pleut ».

Subjugué, il y a quelques semaines, par ce talent naissant, le charme de la Strasbourgeoise d’adoption opère à nouveau et me laisse sur le c... Les trois morceaux annonciateurs n’étaient en fait que l’arbre qui cachait la forêt. La jeune femme a plus d’une corde à son arc. Et elle vise juste la diablesse ; ses flèches font mouche !

Lorsqu’elle s’engage dans la voie rock, elle écrase la pédale de gaz à l’aide de textes réalistes qui bastonnent dur sur une rythmique dévastatrice. Pour enfoncer le bouchon encore plus loin, elle martyrise (si j’ose dire) son organe vocal à la perfection, le poussant dans ses derniers retranchements, aux portes de la rupture. Une voix qui sert admirablement des compos telles que « Aux armes », « Je me souviens », « Sobre la muerte », « Les enfants de la crise », « Le silence de l’agneau », « Sens ma fatigue » que ne renieraient certainement pas Noir Désir ou Eiffel.

Mais Mélissmell va au-delà de ces comparaisons. Le reste de l’album est, musicalement parlant, complètement à l’opposé des revendications un peu brutes de l’Ardéchoise de naissance. C’est là que l’artiste ose nous dévoiler une face cachée de sa personnalité. Une face qui laisse la place à la sensibilité, la légèreté et la douceur acoustique. Une autre où Mélanie (de son véritable prénom) met son cœur à nu, où elle laisse enfin s’exprimer d’autres sentiments tels l’amour (« Viens », « Ecoute s’il pleut », « L’éveil »), la joie ou le rêve (« Plutôt rêver »). Elle en arrive même à faire (sou)rire lorsqu’elle joue avec les mots sur « Le mouton »…

Un album fluide et rempli de sens, mais également révélateur du parcours de Mélanie Coulet : engagé, lucide, romantique, tendre et violent à la fois.

A (re)découvrir ! Sans doute une des révélations de la scène française de ce début d’année.

Moke

The Long & Dangerous Sea

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‘Moke from Asterdam’, comme ils se présentent, est un groupe néerlandais peu notoire en Europe continentale, qui connaît pourtant un énorme succès aux Pays-Bas et jouit d’une certaine notoriété chez les mélomanes avertis anglais et allemands. Lors de l’enregistrement de leur premier album, « Shorland », en 2007, ils ont rencontré Paul Weller chez leur producteur commun, Joeri Saal, qui leur a d’emblée proposé d’assurer la première partie de sa tournée européenne. Leur carrière était donc lancée à Londres avant même que leur premier disque ne soit dans les bacs. Les médias prennent ensuite le relais pour leur fournir une couverture qui les transforme en businessmen malgré eux : suite à des plateaux télé remarqués, leurs singles ont servi de soundtrack à la ligue des champions de l’UEFA sur la télé néerlandaise en 2007. Ils apparaissent également dans une publicité pour Toyota, et pour la bière Grolsch. Enfin, dans cette ivresse commerciale, Karl Lagerfeld a lui-même revisité leur look ébène chic et épuré en leur consacrant une entière collection. Leur popularité nationale s’en voit donc solidement assise.

Mais cette glorieuse envolée n’a pas été sans amener quelque pression dans les expectatives pour l’album suivant : la formation a cependant décidé d’éviter le réchauffé et de modifier les balances, en insistant sur le synthé et les cordes, même si les deux guitares principales sont toujours bien présentes. S’ils définissent leur musique par ‘de l’indie pop à orientation brit’, ils ajoutent désormais ‘qui peut [et doit] remplir les stades…’ Leur montée fulgurante est proportionnelle à l’augmentation de la taille des salles où ils ont joué ; ils ont constaté que leur musique sonnait mieux face à 1000 personnes que dans un petit bar et c’est donc leur grandiloquence qui a influencé la production de leur second opus. Pas étouffés par la modestie, ils avaient de grandes attentes… et c’est mission accomplie : le spectre sonore de « The Long and Dangerous Sea » est élargi à l’aide d’un orchestre, ce qui lui a permis de dépasser le disque d’or, tout comme son précédent elpee.

Ce disque véhicule l’esprit de nos groupes flamands, en plus… commercial (« Window of Hope »). La voix de Felix Maginn est une pâle copie de Starsailor (« The Long and Dangerous Sea », « Love My Life ») aux paroles moins explicites. Le synthé est grésillant  (« Window of Hope », « Ghost »), redevient piano (« Nobody’s Listening ») ou est supplanté par un saxophone (« Black and Blue »). Moke réinscrit Amsterdam sur la carte du pop rock grâce à leur esprit de ‘grandeur’ interpolienne ; espérons que leurs concerts ne soient pas aussi stériles que ceux de leurs modèles…

Le Blues des Fleet Foxes

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Les Fleet Foxes sont enfin de retour avec leur très attendu second album. Il s’intitule « Helplessness Blues » et sera disponible dès le 30 avril en Belgique. Une tournée suivra la sortie du disque. Aucune date belge n’est encore au programme mais nul doute qu’on les croisera lors de l’un ou l’autre festival. Les plus impatients pourront se rendre le 30 mai au Bataclan, à Paris.

 

La plage-titre de l’album est disponible gratuitement au téléchargement ici!

Plus de détailms sur le nouveau Metronomy

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Les détails du 3e album de Metronomy ont enfin filtrés. "The English Riviera" verra le jour le 11 avril. Il est précédé du single "She Wants", déjà disponible au téléchargement. La formation viendra par ailleurs défendre ce nouveau disque sur la scène du VK* le 6 mai.

Tracklist:

The English Riviera
We Broke Free
Everything Goes My Way
The Look
She Wants
Trouble
The Bay
Loving Arm
Corinne
Some Written
Love Underlined

Arthur’s Landing

Arthur’s Landing

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Depuis 2004, l’esprit d’Arthur Russell ne cesse d’alimenter l’inspiration de nombreux adeptes des sonorités expérimentales et du milieu disco underground. Après avoir publié l’excellent documentaire « Wild Combination », réalisé par Matt Wolf, la biographie essentielle de Tim Lawrence (« Hold On To Your Dream ») ou encore les rééditions de l’énorme discographie de Russell signées Souljazz Records, Audika et Sleeping Bag Records, c’est Strut qui vient s’ajouter à la liste en signant le remarquable Arthur’s Landing, un collectif de 6 musiciens emmené par Steven Hall. Caractéristique particulière chez ce team, les six membres on tous collaboré avec Russell durant sa courte vie (il est décédé en 1992 des suites du SIDA). On retrouve entre autre Ernie Brooks des Modern Lovers, Peter Zummo ou encore Joyce Bowden, l’irrésistible voix sur le tube disco « Tell You (Today) » signé Loose Joints. Véritable influence pour ses paires contemporaines (DFA, Hercules and Love Affair, etc.), Russell méritait bien encore un hommage. Et qui de mieux pour y parvenir, que ses anciens collègues ! Richement orchestré par Brooks à la basse, Hall à la guitare, Zummo au trombone sans négliger les percussions de Mustafa Ahmed, « Arthur’s Landing » comprend des nouvelles versions des compositions de Russell. Quelques unes connues et d’autres jamais entendues auparavant. Le tout produit par le légendaire Zummo.

On épinglera donc les versions sublimes de « Love Dancing » issu du classique de Loose Joints, « Is It All Over My Face ? » ou encore la transformation du magnifique « In The Light Of The Miracle » intitulé « Miracle 2 » où on reconnait distinctement la voix et le clavier de Elodie Lauten, co-compositrice du track. A cette plaque, s’ajoute des inédits dont l’exceptionnel ébauche de « I’ll Be Fencing » sur lequel Ernie Brooks pose sa voix.

« Arthur’s Landing » est encore une preuve de la notoriété post mortem grandissante d’Arthur Russel. Un joli moment d’extase pour les oreilles. Et comme presque toujours, c’est signé Strut. Merci !

Forest Swords

Dagger Paths

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J’avoue qu’après avoir écouté cet album, j’ai éprouvé les pires difficultés à définir le style musical de ce Forest Swords. Une chose est sûre : il est étrange. Conservons-donc le résultat de cette périlleuse analyse pour la fin de l’article !

Forest Swords c’est le projet solo de Matthew Barnes. Un producteur anglais quasiment inconnu au bataillon. « Dagger Paths » constitue son premier elpee. Un disque dont l’expression sonore ressemble à un puzzle sonore atmosphérique. Atmosphérique, mais aussi sombre, puissant et menaçant. Les morceaux sont partagés entre riffs de guitares, samples, voix tribales, réverbération ou encore beats singuliers, à l’instar du titre qui ouvre l’elpee, le spectaculaire « Miarches ». Barnes reconnaît avoir été influencé par le hip-hop et le R&B. Désolé, mais hormis quelques beats, je n’en ai pas relevé d’autres traces sur ce disque. Il y aurait même un sample d’Aaliyah. Faut vraiment bien chercher, alors. Découpé en huit fragments, « Dagger Paths » pourrait cependant sonoriser les scènes les plus abscondes du cinéma de Lynch ; ultime référence en matière d’ambiance onirique et glauque. « Forest Swords » serpente entre les paysages mentaux d’une jungle inhospitalière et claustrophobe. Le plus bel exemple ? « Holylake Mysst », une compo de sept minutes dont le parcours parsemé de percussions, de basses dub caverneuses et de distorsions malveillantes s’élève jusqu’aux ténèbres… Charmant ! Et le reste de l’œuvre est de la même trempe. Bref, on ne rigole pas beaucoup à l’écoute de cette messe noire célébrée par le maître de cérémonie. Et franchement, si c’est du hip-hop, c’est alors Missy Elliott remixé par SunnO)))) !

Si cet album constitue une belle découverte, pour votre serviteur, elle n’est pas à mettre entre toutes les oreilles du mélomane lambda. D’abord je vous déconseille vivement son écoute si vous êtes de mauvaise humeur, à moins que vous ne vouliez ruminer votre vengeance. Ah oui, j’allais oublier ? Le style musical ! Quelque part entre la house, la techno tribale et le drone. Difficile à imaginer ? Mais après avoir procédé à plusieurs auditions, vous me comprendrez mieux. « Dagger Paths » ? Cauchemars assurés.

Les Strokes arrondissent les angles…

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Après plus de 4 années d’absence, les Strokes publieront un nouvel album le 21 mars prochain. Intitulé « Angles », il sera précédé, dès ce mois de février, par la sortie du single « Under Cover of Darkness ».

Track listing:

1. Machu Picchu
2. Under Cover of Darkness
3. Two Kinds of Happiness
4. You’re So Right
5. Taken For A Fool
6. Games
7. Call Me Back
8. Gratisfaction
9. Metabolism
10. Life Is Simple In The Moonlight

 

Alex Winston : une promesse made in US

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La nouvelle prodige de la scène pop américaine, Alex Winston, est sur le point de publier son 1er  mini LP. Produit par The Knocks et Charlie Hugall (Florence and the Machine), “Sister Wife » paraîtra ce 14 février. Très attendu, ce disque est déjà encensé par les magazines The Sunday Times et Nylon.

http://www.myspace.com/alexwinston

 

Wilco fonde son propre label

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Les musiciens de Wilco ainsi que leur manager ont créé dBpm Records, leur propre label, afin de publier les prochains albums du groupe américain, mais également ceux de formations qu’ils souhaitent soutenir, dans le futur. Et c’est ANTI-Records qui se chargera de la distribution.

Signé Cat’s Eyes…

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Cat’s Eyes est un duo réunissant Rachel Zeffira, une soprano canadienne multi-instrumentiste et Faris Badwan, le chanteur de la formation psychédélique insulaire The Horrors. Le tandem proposerait une pop particulièrement influencée les productions 60’s chères à Phil Spector et Joe Meek. Leur premier Ep, « Broken glass » sera publié ce février. Et un album est annoncé pour le 25 avril.

Tracklisting

1. Cat’s Eyes
2. Best Person I Know
3. Sunshine Girls

4. Love You Anyway

Un enregistrement ‘live’ du morceau « I Knew It Was Over », accordé au Vatican ( !), est en téléchargement gratuit sur le site du groupe. Les cardinaux ont, paraît-il, adoré !

Cat's Eyes sera de passage à l'AB le 19 mai.

http://www.catseyesmusic.com

 

Jacques Brel, Smooth Lee, le punk et la politique belge !

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Smooth Lee est une formation de ska-punk qui s’est inspirée de l’impasse politique belge, pour composer une chanson intitulée « The Great Divide ». En fait, le groupe s’est souvenu de Jacques Brel, qui déjà au cours des 70’s, dénonçait l’absurdité des querelles communautaires en Belgique. Ce titre est à écouvrir sur le net…

http://www.youtube.com/watch?v=BgBlVj10ZWc

Et tant qu’on y est une interview accordée par le Grand Jacques… de son vivant, bien sûr...

http://www.youtube.com/watch?v=dCTUvW6Slys&feature=related