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Tim Woods

The Blues sessions

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Tim Woods est un bluesman de couleur blanche. Chanteur, guitariste, compositeur, il n’est guère notoire ; mais à l’instar de nombreux modestes artisans, il est animé d’une passion constante. C'est ce qu'il a voulu prouver tout au long de ces "Blues sessions", en exploitant différentes formules. L'homme a pourtant déjà plus de 25 années de carrière. Ce qui lui a permis de côtoyer de nombreux musiciens qui partagent cet amour inconditionnel pour les douze mesures.

"The Blues sessions" constitue son tout premier opus ; et saluons son initiative d’avoir voulu la traduire en hommage au blues et aux musiciens légendaires qui ont forgé ce style. Tim est originaire de la Pennsylvanie ; il a passé l'essentiel de sa vie musicale en Georgie, surtout du côté de Macon! Il a donc dû prendre son bâton de pèlerin pour concocter cet elpee. Six mois ont donc été nécessaires pour boucler les différentes sessions studio (NDR : à Chicago, à Clarksdale dans le Mississippi et chez lui, à Atlanta, en Georgie). Des sessions auxquelles ont participé une bonne quinzaine de musiciens. Ce qui lui a permis d’aborder des styles très différents. Tant électriques qu’acoustiques. Du blues lent au rapide en passant par le boogie! Et c’est le patron du label Earwig (de Chicago), Mr Michael Franck, qui s’est chargé de la production, aux côtés de Woods.

Les sessions s’ouvrent par le traditionnel "Deep ellum blues". Le line up campe un trio. Woods est soutenu par le guitariste Eric Noden (NDR : un musicien le plus souvent associé à l'harmoniciste Joe Filisko) et le drummer Kenny Smith (NDR : le fils de Willie ‘Big Eyes’). La voix de Tim n’est ni passionnante et encore moins passionnée, mais elle est solide et passe bien la rampe. En outre, elle est bien mise en exergue par les deux grattes acoustiques. Tim voue une admiration sans borne au légendaire bassiste de Chicago, Willie Dixon ; sans doute le compositeur le plus prolifique de l’histoire du blues! Mais aussi à un autre pionnier, Howlin’ Wolf. Et il le démontre sur "Do the Do". Le tempo est allègre. Les sessions se sont déroulées à Chicago. Elles ont bénéficié de la collaboration d’acteurs locaux réputés, comme le guitariste John Primer, le pianiste Alan Batts et le bassiste Bob Stroger. Les échanges de cordes sont de haute facture. "Castle rock boogie" trempe évidemment dans le boogie. Une compo signée par un spécialiste du genre, le pianiste Roosevelt Sykes. Pour la circonstance, Batts se réserve les ivoires de main de maître. Tim a aussi invité un vieux bluesman de couleur noire, Honeyboy Edwards. Issu du Delta, il est aujourd'hui âgé de 95 ans. Il a participé aux sessions de trois plages. Et elles sont chargées d'une intense émotion. Les deux musicos se partagent chant et guitare sur "Bad whiskey & cocaine" et "Wind howlin' blues". Honeyboy chante seul "Drop down Mama". Les 3 titres sont issus de la plume d'Edwards. Caractérisé par ses cordes acoustiques, la lecture de "Spoonful" est très personnelle. Le rythme s’est accéléré. Noden, Smith et Tim reforment le trio. Pour la session de Clarksdale (NDR : c’est dans le Mississippi, au cœur du delta) il est épaulé par l’un des maîtres des lieux, Big Jack Johnson, ainsi que par le bassiste Terry ‘Big T’ Williams. Allen Batts siège derrière l’orgue tout au long de "Clarksdale boogie", un instrumental bien nerveux. Le traitement du "Built for comfort" de Dixon est très funky. La cover du "Who's been talkin'" de Howlin' Wolf, superbe. Pour votre info, sachez quand même que Batts a accompagné les plus grands. Que ce soit Freddie King, Jimmy Witherspoon, Eddy Clearwater ou Albert Collins. Et pour être complet, signalons la présence de deux plages assez longues, au cours desquelles participent des musiciens moins connus, mais dont le rendement est tout à fait honorable. En l’occurrence le violoniste Joe Craven, l’illustre Ike Stubblefield, plutôt balèze derrière son orgue Hammond, et enfin Bobby Lee Rodgers, dont l’habileté aux cordes, reflète des affinités évidentes pour le jazz. Cette équipe se fend alors d’une adaptation du "It don't make sense you can't make peace" de Dixon et d’un "World comes tumblin' down", traversé d’accents country.

 

Lail Arad

Someone New

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Lail Arad est la fille de Ron Arad, le célèbre designer israélien émigré à Londres. « Someone New » constitue son premier album et retenez dès aujourd’hui son prénom car la presse risque de beaucoup en parler dans les mois à venir

L’Anglaise a en effet tout pour plaire. Les mélodies de ses chansons sont contagieuses et facile à fredonner. En outre, elles communiquent une belle dose de bonne humeur. Sa voix est littéralement craquante et son sens de l’humour aussi féroce que british. Dans un esprit proche de celui Kate Nash ou de Soko, elle assène des chansons pop-folk qui devraient envahir les ondes hertziennes. Les Inrocks seraient déjà tombés amoureux de la belle Anglaise. Et on ne peut leur donner tort. Difficile de ne pas succomber à ses compos drôles, narrant avec beaucoup de justesse les péripéties du quotidien. A l’instar d’« Over My Head », racontant une histoire d’amour à l’ère d’internet, de « Who Am I ? », une autocritique hippie-bourgeoise ou encore de « The Magic », un morceau folk attendrissant et toujours un peu hippie sur les bords. L’accompagnement de la plupart des morceaux est sobre : un piano, des cuivres ou une guitare acoustique. Paraît même que Lail Arad assure sur les planches. Evidence trop soudaine pour être honnête ou don de naissance ? Peu importe, « Someone New » est un disque à la fois attachant et divertissant, à défaut d’être bouleversant.

L'album sort ce 28 février 2011. 

Lucie Bernardoni

Mélancosmiaque

Écrit par

A 23 ans à peine, un bébé sur le dos et un compagnon qui s’est fait la malle, la jeune Niçoise ne baisse pas les bras. Après avoir réuni les 50 000 € nécessaires pour l’enregistrement et la distribution d’un CD, elle publie ses premières compositions.

Mais commençons par le commencement…

Il n’est pas inutile de rappeler un peu le parcours de cette jeune auteur/compositeur/interprète.

Née en 1987, elle monte très tôt sur les planches, dès 10 ans, participe à divers concours et décroche, à 13, un doublage pour « Annie », une production Disney. A 15, elle signe chez Atoll Music et sort un premier single. A 17, elle participe à la quatrième édition de ‘Star Academy’ et échoue en finale face à Grégory Lemarchal.

Début 2009, après avoir collaboré à divers projets aussi vite oubliés les uns que les autres, elle s'inscrit sur Akamusic afin de laisser aux internautes la possibilité de produire son premier elpee, « Mélancosmiaque », qu'elle a travaillé durant plus de 3 ans. Et le plus beau, c’est que ça marche. Y’a vraiment des pauv’gens qui savent pas quoi faire de leur fric…

Précédé du single « Juste mon homme », chaudement soutenu par un clip où elle apparaît très légèrement vêtue, pour ne pas dire nue, Lucie attire plus de 250 000 auditeurs ou voyeurs, c’est selon !

‘Chère Lucie, si votre ramage…bla bla bla…plumage…bla bla bla…’ Une voix qui lui ferait perdre son fromage ? Que nenni !!! J’ai moi aussi jeté un œil sur son clip (http://www.wat.tv/video/lucie-bernardoni-son-clip-hot-36uph_2exyv_.html) et j’ai en même temps écouté ses dix ‘chansonnettes’. Ben pour être sympa, je la préfère actrice (si l’on peut dire) que chanteuse ! Ben oui, chacun son truc… quoiqu’un peu maigrichonne à mon goût !

Reparlons musique deux secondes, il n’en faudra pas plus. Elle est cataloguée chanteuse ‘jazz-variétés’. Or si je comprends bien le terme variétés, là où j’ai un doute, c’est pour l’utilisation du mot ‘Jazz’ ??? Quelqu’un pourra peut-être m’expliquer.

Les petites ballades sirupeuses, les chansons d’amour débiles, les leçons à deux balles, style Jennifer ou autre cruche issue du même moule (Star’Ac) et autres niaiseries du genre, non merci. Je laisse ce produit de consommation aux membres de son fan club ! Ben oui, j’vous jure qu’y en a un !

Et si on parlait de la pochette puisque musicalement… No comment !

 

The Dallas Explosion

Off to War

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The Dallas Explosion doit probablement avoir un rapport avec l’assassinat de Kennedy. Ben non, vous n’y êtes pas du tout. Il s’agit ‘tout simplement’ du patronyme d’un groupe rock bruxellois. Facile à deviner, non ? Et cette réponse semblait évidente, pourtant. Allez, soyez beaux joueurs, voyons !

Cette formation belge vient donc de publier son troisième disque. Il fait suite à l’Ep « Depression is a Fulltime Job », paru en 2004 et « Girlfriends & Excess », en 2007. Perso, jamais entendu parler. Ouf, il y a Musiczine !

Heureusement, il n’est jamais trop tard pour découvrir un talent, surtout lorsqu’il émerge de notre fabuleux vivier national. Et puis, on ne peut pas dire qu’ils sont totalement inconnus au bataillon non plus. Quand on a enflammé les premières parties de groupes ou artistes tels que The Killers, Bush, Monster Magnet, Travis, Eagle-Eye Cherry, Living Colour ou feu Willy Deville, lors de leurs passages en Belgique, on ne peut pas être des ‘manches’ non plus !

Après quatre années d’existence, deux Cd et des tonnes de concert, The Dallas Explosion ‘explose’ à son tour en 2010 mais se refait une santé autour du chanteur/guitariste Dallas Geoffrey Hautvas, la tête pensante du groupe. Sont venus le rejoindre, le bassiste Baptiste Charles, le drummer Remy Polfliet et plus épisodiquement, la jolie Stine Wintley-Jensen aux claviers et percussions.

Puisant ses influences dans le blues, le classic-rock crasseux enragé (ça vient d’eux), qu’ils teintent d’un brin de soul et d’une touche de psychédélisme, tout en y ajoutant ce petit quelque chose de surréalisme belge, le combo de la capitale nous propose 11 nouveaux titres dans son petit panier.

Afin de mettre toutes les chances de son côté, le trio (quatuor ?) a demandé à Peter Crosbie (Sharko, The Tellers, Austin Lace) de produire le disque et à Brad Blackwood (Maroon5) de le masteriser à Memphis. Rien que ça !

Le résultat est à la hauteur. Le band nous balance un bon rock, puissant, super efficace où l’on décèle circonstanciellement des traces de Stones, de Paul Weller voire de ZZ Top. Pourtant, selon la rumeur, Dallas Geoffrey affirme que son groupe est unique et ne ressemble à aucun d’eux…

Si la majorité des titres traite, comme le nom de l’album l’indique, de violence à travers des guerres ou des combats (« What is what », « Die Monkey die », « Off to War », « Fight fight fight », …), quelques morceaux proposent une orientation différente. A l’instar de « Blonde Ambition », ode à la provoc sexy féminine ou encore le très romantique ( ?) « For the Love of Lust ».

Bref, pour votre serviteur, c’est une belle découverte, surtout musicale, remuante, et le plus important, sans faiblesse…

 

Dr Wu

Texas Blues Project Volume 2

Écrit par

Ce duo issu de Fort Worth (NDR : c’est au Texas !) nous propose le deuxième volet de son "Texas Blues Project". Il fait suite à un premier chapitre publié en 2008. Et pour réaliser ce projet, les deux amis, Bryan Freeze et Jim Ashworth, ont décidé de conserver le patronyme Dr Wu', un nom tiré d'une chanson de Steely Dan. Le duo d’amis a composé les douze plages ; mais ils se sont également chargés de la mise en boîte, du mixing ainsi que de la production de ce nouvel opus. Pour la pochette, ils ne se sont pas trop cassé la tête, puisqu’ils ont repris celle qui illustrait le premier volume ; celles de vaches texanes à (très) longues cornes! Paradoxalement, nos deux compères n'exercent qu’un rôle secondaire au cours de toute cette série d’exercices de style. Bryan Freeze est crédité de la guitare rythmique et Jim Ashworth, de rien (NDR : ‘nothin’). Je le soupçonne cependant de gratter parfois les cordes! En fait, le concept Dr Wu' est destiné à mettre en exergue le talent de tas de potes locaux. Indubitablement, on assiste à une fête de la guitare blues texane.

Au premier rang des guests, on retrouve le saignant Buddy Whittington (NDR : il a sévi comme sixcordiste, au sein des Bluesbreakers de John Mayall, pendant de nombreuses années). C'est d'ailleurs Buddy qui ouvre le feu par "That ain't rtight", une compo qu'il cosigne en compagnie de Bryan et Jim. D'emblée ce musicien révèle sa force de frappe et tout son talent. Il ne faut pas plus de 5" pour  s'apercevoir que nous sommes en présence d'un grand! Buddy met toute sa force vocale au service de l'ensemble. Ses cordes sont explosives, incisives, inspirées par Freddie King. Le vieil ami Charlie Bassham est revenu pour chanter "Can't keep a good man down". Lui aussi possède une voix autoritaire. Red Young (de Red and the Redhots) siège derrière l'orgue Hammond. Le ton est assez Memphis R&B. Mace Maben se révèle également très versatile à la guitare. Charlie chante encore admirablement le lent "Even a wolfman gets the blues". Manifestement, les gratteurs sont ici tous excellents. Et l’intervention de Dave Milsap, un ex-membre du Delbert McClinton Band en est une belle illustration. Mais déjà le géant Buddy Whittington refait surface. C’est même lui qui va prendre l’ascendant sur presque tout le reste du projet. Il chante "Bryan Irvin road", en échangeant quelques petits soli en compagnie de Freeze, préposé à la slide. Le tempo change. Place au boogie. Lors du percutant "Boogie in the rain", Buddy est aux vocaux. Il est soutenu par les brillantes interventions de Gary Grammer à l’harmo. Les deux hommes s'entendent comme larrons en foire! Le rythme est toujours aussi vivifiant sur "Fort Worth bound", une plage dédiée à la bonne ville de Fort Worth (NDR : voisine de Dallas). Mouse Mayes (ex-Black Oak Arkansas, ex-Pointblank) chante devant l'harmo de Grammer et les cordes acoustiques de Freeze. "Why is it so hard to say goodbye ?" est toujours aussi sémillant, une plage au cours de laquelle Whittington a repris les rennes. Sans le moindre répit, "Bo Diddley tribute" embraie, tout en empruntant, au passage à "Road Runner". C’est Mouse Mayes qui dirige la manœuvre tout au long de "Hey Bo Diddley". On en a des fourmis dans les jambes. Les percussions sont stimulantes et on se régale du Bo Diddley beat ! Le récital texan conserve tout son intérêt lors d’un "You give me the rain", caractérisé par la présence de trois guitares rythmiques pour épauler le soliste Mayes (NDR : leader de The Powerhouse, il invite régulièrement Whittington à venir renforcer son team). Instrumental, "My man's specialty" met aux prises Buddy et Red Young". Un nouveau convive a empoigné le micro : Geral Lawrence. Il attaque "Rockin' Chuck Berry blues", du pur rock'n'roll. Lee Pickens joue ici le rôle de Berry Whittington. Geral interprète "Slow rollin' train", une finale excitante, imprimée sur un rythme très ‘rollingstonien’, au cours duquel Buddy s’accorde une dernière sortie sur sa slide. Une magnifique propagande pour le rockin' blues texan!!

Frank Shinobi

A Little Less More

Écrit par

« A Little Less More » est le premier album de Frank Shinobi, un quartet liégeois dont le style évolue quelque part entre les Dublinois de The Redneck Manifesto et, surtout, 31Knots. Le disque est d’ailleurs produit par Jay Pellicci, batteur de la formation ricaine. Et tout comme ses principales influences, Frank Shinobi se démène à coups de riffs bien placés, relevés par des textes scandés avec force et détermination. « A Little Less More » est une œuvre directe, complexe et acérée à point. « Cortège Hippotracté », « FS et le poney jaune », « Turbodépression » et « Gazoduc dans la steppe » sont les quatre moments forts d’un disque qui ne manque pas de cran.

Frank Shinobi, membre du collectif Honest House, est l’une de ces formations qui n’a pas besoin d’un succès à la Puggy pour briller ou montrer ce dont il est capable. « A Little Less More » est le genre de disque sur lequel certaines autres formations de la scène rock belge devraient prendre exemple. Ne serait-ce que pour la détermination dont les quatre Liégeois font preuve. Les fans de 31Knots vont adorer.

En concert le 12 mars au Beurskaffé (gratuit) et au festival d’Hiver Rock ce 19 février.

 

Giant Sand

Blurry Blue Mountain

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Howe Gelb est un cowboy insatiable. Je parie qu’il continuera à publier des albums, jusque sa mort. Et à une cadence métronomique. Son style unique en son genre et son timbre de voix inimitable sont le ferment d’œuvres originales, quoique souvent inégales. D’ailleurs, « Blurry Blue Mountain » n’est pas le meilleur opus du Texan même s’il recèle quelques morceaux très réussis. Et particulièrement, lorsqu’ils baignent dans la plus pure tradition de la country alternative chère à Howe Gelb ; c’est-à-dire lorsqu’il est accompagné de son groupe. Un backing band plus exactement, puisque le line up est à géométrie variable. Ce qui n’a pas empêché Giant Sand de célébrer ses 25 années d’existence.

Que ce soit à travers la ballade foutraque et romantique, « Love a Loser » ou des morceaux davantage rock comme « Thin Line Mane » ou « Better Than Me », l’ami Gelb nous entraîne dans l’immensité des déserts de l’Ouest américain (« Blurry Blue Mountain » a pourtant été enregistré au Danemark…) Alors ne boudons pas notre plaisir à l’écoute d’une œuvre concoctée par un des songwriters yankees les plus réguliers, honnêtes et talentueux de sa génération. Même lorsqu’il est en roue libre. Car chacune de ses livraisons recèle l’une ou l’autre perle. Et je pense tout particulièrement à « Chunck of Coal », caractérisée par son ambiance saloon, entretenue par la pédale steel et le piano vintage. Quant à la voix d’Howe, elle continue de vous accompagner, tel un vieil ami, en compagnie duquel on se sent parfaitement à l’aise et avec lequel on irait boire un verre (de mezcal ?) tranquillement. Moins poignant que Johnny Cash, Gelb n’en demeure pas moins tout aussi authentique !

 

Cee-Lo Green

The Lady Killer

Écrit par

Faut-il encore présenter Cee-Lo Green, celui même qui a, en compagnie de son pote Danger Mouse, inondé les ondes FM au cours de l’été 2009, avec le tube « Crazy » ? Goodie Mob relégué aux archives et Gnarls Barkley placé entre parenthèses, Cee-Lo reprend sa carrière solo en main en délivrant un troisième album qui, au contraire des deux précédents, ne risque pas de passer inaperçu. Preuve en est le carton du single « Fuck You », rebaptisé « Forget You » pour les oreilles chastes. Un tube qui aura même été harponné par la série musicale « Glee » dans laquelle il y est interprété par… Gwyneth Palthrow. Une incartade rapidement oubliée à l’écoute d « The Lady Killer », un disque de Soul et R&B classieux, distingué et d’une richesse impressionnante. Fait plutôt rare dans le R&B contemporain. Cee-Lo verse son cœur et ses tripes au sein de onze morceaux tous aussi exaltants les uns que les autres. Les fans de la première heure lui regretteront certainement le manque d’audace, par rapport aux deux disques précédents. Mais même dans la simplicité, le tombeur de ces dames réussit à en imposer, ne serait-ce que par sa voix inimitable.   

Outre les évidents « Fuck You » et « Bright Light Bigger City », « The Lady Killer » regorge de tubes potentiels comme « Old Fashioned » ou « Cry Baby », deux titres qui auraient pu sans problème voir le jour dans les sixties ou seventies. Ou encore le sulfureux « Please », un duo au sein duquel Green partage son micro avec une autre voix exceptionnelle. Celle de notre Selah Sue nationale ! Même si ce titre n’est présent que dans la version européenne du CD, il s’agit d’une belle reconnaissance pour la petite Louvaniste. Cee-Lo Green, quant à lui, est de ces artistes qui n’inspirent rien d’autre que le respect le plus total. « The Lady Killer » est sans nul doute un futur grand classique de la Soul.

Chris James & Patrick Rynn

Gonna boogie anyway

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Chris James et Patrick Rynn sont issus de San Diego, dans l'extrême sud de la Californie. Chris est chanteur et guitariste. Patrick, bassiste. Ils avaient déjà publié ensemble "Stop and think about it", en 2008. Ce qui leur a valu un Blues Music award! Ils jouent ensemble depuis vingt ans et sont établis à Chicago. Ils militent également chez les C-Notes, le backing band du chanteur/harmoniciste local, Rob Stone.

L’elpee s’ouvre par "Money don't like me", un Chicago shuffle très Westside. Chris nous balance le riff cher à Magic Sam. Sa voix est vraiment excellente. Le tempo est imprimé par le drummer notoire Sam Lay (NDR : il sourit derrière ses fûts). David Maxwell, pote de toujours, aligne ses notes sautillantes sur les 88 touches d'ivoire, pendant que Jonny Viau s'époumone sur son sax ténor. Une adaptation en version instrumentale est également proposée sur cet elpee. James a toujours vénéré le bluesman rocker, Bo Diddley. Il reprend ici deux titres assez peu connus du mythe disparu en 2008. Tout d’abord "Dearest darling". Le célèbre beat est soutenu par les maraccas de Rob Stone et le piano de Maxwell! "You can't trust nobody", ensuite. Inspiré par Lil' Son Jackson, le légendaire bluesman noir texan, ce downhome blues chargé d’émotion est interprété en trio par Chris, Patrick et David Maxwell. "Life couldn't be sweeter" nous replonge dans le Chicago blues des années 50, une plage qui figurait au répertoire d'Elmore James. Chris est passé à la slide, les deux saxophones sont à l'arrière-plan tandis que le vieux pianiste Henry Gray (85 ans), ancien musicien de Howlin' Wolf, se libère. Henry est toujours au poste pour l'instrumental "H.M Stomp". Il est épaulé par l’illustre harmoniciste Bob Corritone. James et Rynn se réservent deux plages en duo. Soit "Headed out west", narrant l’histoire des deux amis quittant la cité des vents pour l'Ouest, par cette célèbre nationale, la route 66. Ainsi que le "Black spider blues" de Robert Lockwood Jr. Deux plages qui reflètent leur sensibilité à fleur de peau. Le "Can't stand to see you go" de Jimmy Reed est une cover bien ficelée, abordée dans l'esprit de ce célèbre bluesman. Un hommage rendu à Reed et son guitariste Eddie Taylor. Rob Stone souffle dans les aigus de son harmonica. Le bon vieux boogie n’a pas été négligé. Et il alimente un des sommets de cet opus : "Gonna boogie anyway", une plage qui adopte le style jump, bien balisé par le piano de Henry Gray ainsi que les saxophones de Viau et d'Allen Ortiz. Du 5 étoiles ! "The tables have turned" a la fièvre et frissonne. Maxwell et Stone s’y impliquent sans la moindre réserve. Le "Little girl" de Bo Diddley clôt l’elpee sur un rythme endiablé. La participation de Corritone est précieuse. Un album de grande classe !

Lower Dens

Twin-Hand Movement

Écrit par

Absente des circuits depuis 2007, Jana Hunter avait publié deux Eps et deux elpees sculptés dans le folk. Sans oublier un split cd partagé en compagnie de Devendra Banhart. Des œuvres acclamées par critique. « Twin-Hand Movement » n’est pas on nouvel opus réalisé en solitaire, mais un long playing concocté par son nouveau groupe : Lower Dens. Un combo dont les musicos sont, comme elle, issus de Baltimore. Et première constatation, l’Américaine a abandonné ses confidences pastorales pour laisser place à la fée électricité. Tout au long de cet elpee, sa voix douce et profonde est moins mise en évidence. En fait, elle la met davantage au service de l’instrumentation basique guitare/basse/batterie, afin de permettre à la formation de développer un rock atmosphérique, chargé de nuances et souvent convaincant. Le disque recèle même en « Holy Water », un titre instrumental redoutable. Mais en général les compos baignent au sein d’un climat vaporeux, mélancolique, au spleen palpable. Superbe plage ‘shoegaze’, « Tea Light » conjugue parfaitement intensité et harmonie alors que le bouleversant « Rosie » lorgne carrément vers l’univers de Galaxie 500. En fait, ces sonorités ouatées, élégantes, Lower Dens les doit probablement à Chris Coady, producteur qui avait mis en forme « Teen Dream », le dernier album de Beach House. Et pour que votre info soit complète, sachez que ce disque est paru sur Gnomonsong, le label de Devandra Banhart et Andy Cabic (Vetiver).

Si plusieurs écoutes sont nécessaires, afin de bien s’imprégner de « Twin-Hand Movement », cette œuvre constitue certainement un des meilleurs albums paru en ce début d’année !  

 

Daniel Norgren

Horrifying death eating blood spider

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Cet homme-orchestre suédois avait gravé, l’an dernier, "Outskirt", une œuvre particulièrement singulière. Imprégné de blues, folk et world, elle constituait, pour votre serviteur, une véritable révélation. Son nouvel opus, "Horrifying death eating blood spider" est tout aussi imprévisible. A cause des percus tonitruantes, primaires, dispensées par Pelle Nyhage. Et puis de la voix déjantée, scandée à tue-tête. Son blues est brut. Il est alimenté par des accords de guitare amplifiés, répétitifs, dessinant des motifs sans fin. Daniel chante, éructe, siffle comme un révolté. Son attitude est menaçante.

Un climat de torpeur et d’inquiétude envahit "Nr.& Nr.2 Nr.3". Manifestement, ce n’est pas la joie. Il s’abandonne aux tourments des artifices synthétiques, tel un repenti, la corde au cou! Et ce n'est pas "Highbird" qui va nous combler d’optimisme. Calfeutré dans sa maison, au cœur de la nature scandinave, Daniel se confesse à son enregistreur à cassettes. Il triture sa pauvre guitare sans ménagement. "Blind" est une complainte empreinte de mélancolie et de morosité. Sa voix est très assurée, mais les tonalités des instruments sont terriblement fragiles. "Crooked John" pénètre au sein d’un univers postindustriel d'une autre époque. Les sonorités sont indescriptibles. Les percussions accablantes. La flûte dissonante. Nous sommes proches  de l'anoxie, comme oubliés dans une fosse de garage. Daniel adopte un rythme plus enlevé pour aborder "Get the moon up". Son timbre est aussi ravagé que celui de Tom Waits. L’inspiration est nettement puisée dans le pré-war blues. La rythmique s’active pendant que l’harmonica communique un peu de couleurs à l'ensemble. "Mean old devil got on II" est également marqué par ce blues primaire. Il attaque ses cordes sur le fil du rasoir. L’accent est placé sur le message de notre artiste, issu du Nord. Ses riffs deviennent incandescents sur "Lowbird". Un vieil orgue, sorti de nulle part, hurle tel un Zeppelin des années trente! La plus belle chanson est sans doute aussi la plus accessible : "Stuck in the bones". Sa voix semble libérée. Daniel tolère même la présence d'autres musiciens, dont Berra Karlsson, préposé à la steel guitare. Et ses interventions sont judicieuses. Cependant, "Perfect jazz" replonge dans l’univers glauque avant de célébrer sa délivrance, lors de la finale, "Tough it aches". Introspective, cette œuvre est vraiment très originale. 

Omar Rodriguez-Lopez

Tychozorente

Écrit par

Décidemment, Omar Rodriguez Lopez n’arrête pas de bosser. Et pour cause, le prolifique chevelu a gravé quatre albums (dont ce « Tychozorente »), sans compter ses diverses collaborations et ses projets visuels (entre autres la réalisation de son premier film). L’ancien gaucher d’At the Drive-In est tout simplement incapable de se reposer. Sa création, il veut la publier. Tout ce qui lui passe par la tête. Sous n’importe quel format. Et parfois sans réelle promo (NDR : certains de ses projets sont téléchargeables pour un prix dérisoire). Malheureusement, il faut bien avouer qu’il y a bien longtemps qu’il n’est plus parvenu à produire quelque chose d’abordable, dépassant ses performances psyché à rallonge, parfois à la limite de l’audible (NDR : une exception qui confirme la règle : « El Nuevo Grupo de Omar Rodriguez Lopez »). Une constante, cependant –et « Tychozorente » en est une nouvelle illustration– le très mauvais goût de l’artwork de ses pochettes. Pour la circonstance, il semble tout de même avoir atteint le sommet. Juste par curiosité, jetez-y un œil.  

Sur ce nouvel opus, pas question de guitare. Le génial gratteur la troque contre des claviers, boîtes à rythmes et consorts. Ce projet est né d’une première collaboration opérée en compagnie d’Elvin Estella (aka Dj Nobody) au Japon. Dans la foulée, outre Dj Nobody, Omar a convié sa famille –dont son frère Marcel ainsi que sa femme, actrice et chanteuse, Ximena Sarinara Rivera– à venir se défouler. Tout au long de ce long playing, les quatre musiciens développent une électro ambient minimaliste au cours de laquelle les sonorités insolites se succèdent. Et Rivera pose sa voix sur la majorité des morceaux.

Omar Rodriguez a donc voulu prendre une nouvelle direction en explorant le monde de l’électro. Paradoxalement, pour la première fois, on peut se farcir l’écoute d’un de ses albums, d’une seule traite. Mais l’ennui guette toujours.

 

Sufjan Stevens

All Delighted People (Ep)

Écrit par

Sufjan Stevens est un artiste incontournable. Alors, quand il publie un disque, on s’emballe avant même de l’avoir écouté. Faut dire que sa discographie est irréprochable. Ce nouvel Ep et paru, voici quelques mois aux States. Il fait suite à « The Age of Adz », une divagation électro-folk parue en octobre 2010. Le génie de la pop moderne nous propose donc « All Delighted People », un disque découpé en 8 morceaux en 58 minutes (NDR : peut-on dès lors parler vraiment d’Ep ?) Et dans un style plus proche de son folk rituel. Et le résultat est largement à la hauteur des espérances. Le morceau maître s’étale sur 11 minutes, une plage ébouriffante, aux mélodies sinusoïdales, parcourues d’arpèges, de flûtes traversières et de chœurs angéliques. « Djohariah » en atteint 17. Un titre presque baroque, corrodé par des guitares détraquées. Et cette construction ‘cathédralesque’, permet ainsi à Sufjan Stevens, suivant son habitude, de modeler des chansons à tiroirs multiples. Si le reste de l’album n’est pas de la même trempe, il recèle encore quelques chouettes compos. A l’instar d’« Enchanting Ghost » ou de « The Owl and the Tanager », dont le charme lyrique est alimenté par la voix douce et claire du trublion américain.

Si la crise économique a frappé de plein fouet l’industrie automobile du Michigan, Detroit a enfanté un des artistes les plus doués de sa génération. Et aussi un des plus créatifs.

Swans

My father Will Guide Me Up A Rope To The Sky

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Avant la sortie de « My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky », j’avoue n’avoir jamais écouté un album de Swans. Bien sûr, j’avais déjà entendu parler de cette formation avant-gardiste américaine fondée en 1982 ; et d’après mes lectures, j’avais compris qu’il s’agissait d’un des piliers de la scène no wave, à l’instar de Sonic Youth. Faut dire aussi, qu’à l’époque de leur séparation, en 1997, je n’étais pas encore mûr pour assimiler ce type de musique. Est-ce une bonne excuse ? Aucune idée. Soit !

Swans vient donc d’opérer son retour, après treize années de séparation, en publiant ce douzième opus, intitulé « My father Will Guide Me Up A Rope To The Sky ». Entretemps, le leader avait quand même entrepris une carrière solo et remonté un autre combo, Angels of Light. Et puis, il ne faut pas oublier qu’il a fondé le label Young God Records, au sein duquel militent ou ont milité, notamment, Akron/Family, Devendra Banhart, Ulan Bator, Lisa Germano et Wovenhand. Le Californien avait déclaré que cette reformation n’était pas destinée à ressasser le passé, mais simplement à reprendre le processus dans l’évolution de la musique du groupe. Il a donc rappelé Norman Westberg, autre membre originel du combo, ainsi que quelques musicos qui avaient déjà bossé en compagnie de Swans.

L’album s’ouvre par « No Words/ No Thoughts ». Un tintement de cloches prélude le développement d’un climat ténébreux et malsain, réalisé par couches sonores successives. Progressivement, le tempo s’accélère. Les drums entrent en lice puis le timbre grave et sombre de Michael Gira. A vous flanquer des frissons partout. Après neuf minutes, le morceau a atteint sa puissance ultime et s’achève dans le drone. L’elpee recèle plusieurs morceaux sculptés dans un dark folk sous tension électrique. Une intensité électricité qui peut même prendre le dessus, à l’instar de « My Birth » ou « Eden Prison ». Des chœurs envahissent « Jim » et « You Fucking People Make ». Devendra Banhart sur l’un et la fille de Gira sur l’autre collaborent aux vocaux.

Manifestement, Swans a eu une influence majeure sur le mouvement dark folk. Et notamment sur un groupe comme 16 Horsepower et surtout Wovenhand. Silver Mount Zion également. Chez qui les similitudes sont flagrantes, lorsqu’ils accompagnaient Vic Chesnutt. Et même sur un groupe belge comme Kiss The Anus of the Black Cat.

Perso, je viens de faire une découverte. Ce qui va m’inciter à me pencher sur l’œuvre de Gira. Qu’elle soit en solitaire, au sein d’Angels of Light ou à travers Swans.

Yann Tiersen

Dust Lane

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Juillet 2001, Eurockéennes de Belfort.

J’ai seize ans et j’assiste au concert de Yann Tiersen, sous le Chapiteau. C’est un grand moment, le public est dans ses petits souliers à l’écoute des accords de piano, accordéon et violon, et à la vue de l'artiste virtuose. Les pieds dans le sol boueux, chacun retient son souffle. L’archet fou use ses crins qui se détachent et dansent frénétiquement. Tiersen est là, dans une densité de concentration assez époustouflante.

La chanteuse qui l'accompagne, Claire Pichet, pose sa voix, visiblement émue et impressionnée par la foule. Ce concert restera gravé dans mon esprit, comme une grande émotion musicale. Des sensations que je peux éprouver de nouveau en réécoutant l'album « Le Phare ». Ensuite, il y a la B.O. d'‘Amélie Poulain’, qui l'a révélée à un public beaucoup plus large. Egalement une franche réussite, même si à force d'écoute et de médiatisation, on a pu s’en lasser.

Que dire aujourd'hui de Dust Lane, sorti fin 2010 ? Tout d'abord, on ne reconnaît pas Yann Tiersen. L’innovation est louable ; il n'est pas si courant qu'un artiste bien assis s'aventure dans une direction inconnue. Tiersen a manifestement le désir de changer, de s’orienter vers des pistes plus électroniques. Dans « Dust Lane », les couches se superposent, créent des ambiances cycliques qui rappellent la B.O. des Virgin Suicide, signée par Air. Des chœurs étoffent le tout, dans des accents parfois médiévaux. Des bruits de petits instruments se mêlent aux enregistrements de l'océan, rappellent Arcade Fire. Mais ces couches de poussière s'amalgament et forment une matière qui manque de pureté, un peu comme lorsque l'on mélange trop de couleurs et que l'on obtient un gris-marron.

Il m'est assez difficile de faire la part des choses, vu la haute estime que je porte à Yann Tiersen. Alors… je m'arrêterai ici, en souhaitant qu’il se remette vite en route, vers d'autres horizons.

 

Various Artists

Keb Darge And Little Edith : Legendary rockin' R&B

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Keb Darge est deejay. Il est aussi spécialiste dans la northern soul et le rockabilly. Danseur lui-même, il aime naturellement les musiques qui alimentent son art. Cet Ecossais était encore, il y a peu, animateur de deep funk et de house ; mais récemment il a décidé d’enflammer un club qui se consacre exclusivement à la northern soul, au jump blues, au vieux R&B et au rockabilly. Little Edith partage la même passion musicale. Ensemble, ils ont donc sélectionné cette collection de plages, qui datent essentiellement des années 50. Elle est d’ailleurs sous-titrée "A collection of Ultra rare black rockers from the 50s and early 60". Un œuvre qui procure beaucoup de bonnes vibrations. Une constante : le dynamisme et le rythme ; mais des morceaux interprétés par des artistes pour la plupart inconnus aujourd'hui! Dommage que l’œuvre ne soit pas accompagnée d’un livret informatif sur ces 20 plages, comme d'autres labels le proposent. A l’instar d’Ace ou Edsel, par exemple, dans des registres semblables.

Le thème du chemin de fer hante "The freedom riders". Imprimée sur un rythme soutenu, cette compo d’Harold Jackson et ses Jackson Brothers date de 1962. Teddy McRae était un saxophoniste réputé. Il a côtoyé Cab Calloway, Lionel Hampton et Louis Armstrong, au cœur des fifties. Il avait choisi pour pseudo Mr Bear. "HiFi baby" est une plage rafraîchissante. Du jump swing très nerveux, au cours duquel tous les instrumentistes se révèlent excellents : le pianiste, le guitariste et le sax ténor. Junior Wells est un bluesman chicagolais notoire ; l’un des meilleurs harmonicistes du style. Il est disparu en 1998. En 1957, il gravait "Lovey dovey lovey one", un rock'n'roll percutant, rehaussé par la présence d’un guitariste très imaginatif. Marie Knight possède une voix assez extraordinaire. Son interprétation du très rapide "I tought I told you not to tell them" traduit une santé éclatante. L’œuvre épingle plusieurs artistes très rock'n'roll, fort proches de Little Richard, mais qui ne manquent pas de talent. Et tout d’abord Bill Johnson, dont le "You better dig it" est parcouru par un piano très sautillant et un sax ténor classieux. Puis Little Ike, dont le "She can rock" déménage, je vous assure! Autre style, le rock coloré de chœurs doowop. Des ensembles qui soignent avant tout les harmonies vocales. Comme les Willows, un quintet de vocalistes de couleur noire, qui a sévi fin des fifties, responsable de "Don't push don't pull don't shove". Les Electras également. Et surtout les Egyptians, lors d’un rockin' R&B étincelant intitulé "Flipping their top". Et non seulement les voix sont superbes, mais la guitare est terriblement contemporaine, fort proche même des meilleurs acteurs du style jump actuel. Parmi les plages les plus légères, pétillantes, en général assez humoristiques, on retiendra le "Pretty please" des Kinglets, drivés par le chanteur Leroy Thomas. Le "Tarzan" d’Artie Wilson est propice à la bonne humeur. Et le "Love blood hound" de K.C Mojo Watson, le "Zindy Lou" des Mariners ainsi que les "Zimba Lulu" des Rays baignent au sein du même climat. Johnny Guitar Watson était un illustre bluesman avant de se convertir au funk. "The bear" nous rappelle qu'à ses débuts, son style émargeait au rock'n'roll originel. Surtout connu comme guitariste, il était influencé par T-Bone Walker et Clarence Gatemouth Brown. Il est mort sur scène. A Yokohama. Il avait 61 ans. Le meilleur est pour la fin : le "That's a pretty good love" de Big Maybelle. Puissante, sa voix reflétait du vécu. C’est une des toutes premières chanteuses de R&B. Cette figure mythique avait entamé sa carrière dans les années 40. Elle avait même enregistré le fameux "Whole lotta shakin' goin' on", deux ans avant Jerry Lee Lewis. Elle est décédée en 1972, après être tombé dans un coma diabétique. Elle n'avait que 48 ans.

Let’s dance !

William Fitzsimmons

In Sickness And In Health

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Paru il a deux ans et des poussières, « Goodnight » révélait William Fitzsimmons à un public beaucoup plus large que celui qui s’était intéressé à ses deux premiers travaux. C’est donc sans surprise que son passage au Witloof Bar du Botanique a rassemblé autant de monde que de places disponibles. Une occasion unique de découvrir les nouveaux morceaux du barbu, dans une configuration des plus intimistes.

William Fitzsimmons est vraiment un chic type. Victime d’une extinction de la voix la veille de son passage dans notre capitale, le singer-songwriter ne s’est pas laissé démonter et a malgré tout répondu présent, plutôt qu’annuler la seule date belge de sa tournée. Sous un crâne récemment rasé et derrière sa longue barbe, qu’il arbore élégamment sur la pochette de « Gold In the Shadow », son nouvel LP à paraître fin mars, Fitzsimmons est seul sur scène. Seul, armé de ses guitares et face à son public, l’homme s’excuse avec une bonne pointe d'humour de l’état de ses cordes vocales (‘I sound like Eddie Vedder now…’) et fera preuve tout au long de la soirée d’une générosité sans pareil au niveau des échanges avec ses fans. Et côté setlist, personne n’est oublié. Le chanteur parcourt quelques morceaux de son prochain disque (les magnifiques « The Tide Pulls From the Moon » et « Wounded Head »), ainsi que de jolies reminescences de sa discographie antérieure (« If You Would Come Back Home », « Everything Has Changed », « After Afterall », « It’s Not True »…)

William Fitzsimmons pratique la thérapie par le chant sans tomber dans le lugubre. Car malgré le ton profondément pathos des compositions du folkeux, celui-ci fait preuve d’une bonne humeur communicative, même lorsqu’il parle de son ‘état de dépression chronique’. Pour le rappel, il termine son set en plein milieu du parterre, entouré de sa petite centaine de thérapeutes, pour lesquels il interprète une petite série de requests dont « Afterall » et sa fameuse reprise du « Heartless ». Malgré ses problèmes vocaux, Fitzsimmons a offert ce soir un superbe concert d’1h15 qui restera vraisemblablement autant gravé dans les esprits du public que de l’artiste lui-même. Ce dernier devrait être de retour plus tard dans l’année, accompagné de ses musiciens. On y sera à nouveau sans hésitation !

Organisation : Botanique

Explosions In The Sky 3 fois prudents

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Les héros texans du post-rock, Explosions in The Sky, publieront leur cinquième album, “Take Care, Take Care, Take Care”, le 18 avril, chez Bella Union. Et autant vous dire que cet opus est attendu…

Tracklisting

1.  Last Known Surroundings
2.  Human Qualities
3.  Trembling Hands
4.  Be Comfortable, Creature
5.  Postcard From 1952
6.  Let Me Back In

http://explosionsinthesky.com/

Le groupe se produira le 24 mai à l’Ancienne Belgique de Bruxelles.

 

Qwartz 7

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Les Qwartz organisent, cette année, la 7ème  édition de leurs ‘Electronic Music Awards’, du 30 mars au 3 avril, à Paris. L’évènement déménage, afin de réunir la quintessence des musiques électroniques ; c’est donc dans le Théâtre du Trianon, totalement restauré, que se déroulera la manifestation.

Préalablement, une soirée lancera les Qwartz 7 et le festival Némo, pour la première fois partenaires. La date ? Le mercredi 30 mars 2011. Où ? A la Cigale ; et pour la première parisienne de ANNB, le duo composé d’Alva Noto et Blixa Bargeld (Einstürzende Neubauten).

http://www.dailymotion.com/Qwartz

 

The White Stripes: C'est officiellement fini!

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The White Stripes n'est plus. C'est le site officiel du duo qui l'annonce. Il ne s'agit cependant pas de différents artistiques ou personnels qui motivent cette décision. Jack & Meg White estiment simplement que le moment est venu de mettre un terme à leur aventure.

Le dernier message du duo à ses fans: "The White Stripes n'appartiennent plus à Meg et Jack. The White Stripes vous appartiennent et vous pouvez en faire ce que vous voulez. Ce qui fait la beauté de l'art et de la musique, c'est qu'ils peuvent durer eternellement si les gens le désire. Merci d'avoir partagé avec nous cette expérience. Nous vous en sommes vraiment reconnaissants."

The White Stripes laissent donc derrière eux une floppée d'albums et de singles cultes, publiés entre 1997 et  2007. Un split plus que profitable pour Jack et Meg qui ont vu, suite à cette annonce, les ventes de leur CD/DVD live "Under Great White Northern Lights" se multiplier de... 2644% en Grande-Bretagne!!  Suit "White Blood Cells" avec 612% et "Elephant" avec 402% de vente supplémentaires cette semaine.

Rendez-vous dans 10 ans pour le 'Reunion Tour" ?

Oh No Oh My

People Problems

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Intro peut-être un peu facile mais, c’est une certitude, les problèmes de nos chers lecteurs risquent de s’alléger en quelques minutes, après avoir écouté ce « People Problems », le second album des Américains d’Oh No Oh My. Et puis, les fans des Shins ou de Yo La Tengo devraient apprécier la musique de cette formation, qui opère donc son retour cinq longues années après sa première livraison! Quelque part entre la fragilité de Minus Story (« Again Again », « I Don’t Know »), l’écriture pop-rock classique des Shins (« No Time for Talk ») et l’évidence mélodique de Death Cab for Cutie (« You Were Right »), les Texans livrent des morceaux d’une honnêteté et d’une qualité rare. Bénéficiant d’arrangements qui frisent la perfection –guitares, cuivres et cordes sont au rendez-vous– leur solution sonore est raffinée par la voix délicate de Greg Barkley. « People Problems » est découpé en 12 morceaux accrocheurs, mélancoliques, aux lyrics subtils, à l’instar de « You Are Right » ou du single imparable « Again Again ». Le point culminant de l’elpee est atteint lors de la ballade folk « Should Not Have Come to This », une compo qui s’achève par les mots déchirants ‘C’est la Vie…’, soutenu par des violons frémissants.

Originaire d’Austin, le combo réunit des multi-instrumentistes qui ont commencé à composer dès l’âge de 14 ans. Ce qui explique leur maîtrise instrumentale indéniable. Et puis lorsqu’on est invité à se produire en première partie des Flaming Lips, c’est qu’on dispose d’un potentiel certain…  

Oh no… vous ne pouvez passer à côté de cette perle issue des bushes texans. Un disque que vous pouvez écouter des centaines de fois, tant les titres se révèlent d’une grande richesse. Oh My… God, le groupe est en concert le 6 mars au Café Video à Gand! A ne manquer sous aucun prétexte.