L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Têtes Raides

L’an demain

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Les Têtes Raides sont sept. Un duo, c’est un groupe réunissant deux personnes. Un trio, trois. Un quatuor, quatre ; mais comment appelle-t-on un collectif impliquant sept membres ? Un septuor ? Si, si, ça existe !

Sept personnes constituent donc le line up de cette formation responsable de ce qui apparaît déjà comme leur onzième album studio. Vous avez certainement déjà entendu parler de ce combo. Mais êtes-vous capables de citer ne fût-ce qu’un seul titre de son répertoire ? Pourquoi donc ? Et bien parce qu’en fait, les Têtes Raides, ce ne sont pas que des disques. C’est surtout un concept né… il y a 26 ans. Ce fameux clan des sept dispense une musique qui se vit, se voit, se partage lors des sessions live plutôt que des albums qui s’écoutent gentiment au coin du feu. Il faut savoir que lors de leurs concerts, ils sont souvent bien plus que sept, car ils invitent en effet des amis musiciens, des danseurs et parfois même, c’est déjà arrivé, des trapézistes. C’est dire !

Après un détour chez Warner, le groupe retourne chez Tôt ou tard. Retour du fils prodigue émaillé par des arrivées (celle du bassiste Antoine Pozzo di Borgo et du batteur Eric Delbouys) et des départs : ceux d'Edith Bégout et de Caroline Geryl, celui enfin de Pascal Olivier, dit Cali, qui fonda la première mouture du groupe en compagnie de son frère Christian et du saxophoniste Grégoire Simon. C'était en 1984, Têtes Raides s'appelait alors Red Ted. Ce nouvel elpee, « L'An demain », est dédicacé à ces anciens compagnons de route. Une page se tourne, sans tristesse, ni nostalgie.

Tendons donc l’oreille vers les 13 compos qui peuplent ce nouvel opus. On constatera que la poésie habite chacun des titres chantés en français (un seul en ‘anglais approximatif’, « So Free »), de belles illustrations d’un style ‘chanson brute’, enrichies de cuivres ou guitares, influencée par le cabaret, le cirque, Brel ou les Clash. Des textes et des mots justes, une instrumentation subtile, joliment relevée par le violoncelle d’Anne-Gaëlle et le violon de Jeanne Robert. Autres invités de marque, Jeanne Moreau qui pose sa voix rocailleuse sur un tango délirant, « Emma ». Ou encore Jacques Martyn Richard des « Tiger Lillies » qui chante sur « So Free » et « Marteau Piqueur ». Enfin, comment passer sous silence cet anonyme qui a écrit les paroles de « Je voudrais » avant de les déposer sur le répondeur de Daniel Mermet, l'animateur de « Là-bas si j'y suis » (France Inter).

Il n'en faudrait (presque) pas plus pour nous convaincre que ce onzième album des Têtes Raides est un bon cru. Après vingt-cinq ans de musique, les Têtes ont gardé leur parfum de néo-guinguette alternative aux rythmes martelés, mais ont aussi su retrouver une fraîcheur poétique, et même une douceur qu'on ne leur connaissait guère.

Un album sincère et émouvant. A découvrir, à écouter et à digérer lentement pour en déguster toutes les saveurs.

The Third Eye Foundation

The Dark

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C’est dans son caractère. Matt Elliott n’est pas un rigolo. Et sa musique reflète parfaitement le tempérament de l’énergumène. C’est qu’il prend la musique au sérieux le bougre. D’ailleurs, ce n’est pas le sixième album de Third Eye Foundation, son projet électro le plus méchamment sombre, qui va changer le cours des événements, malgré la confection de travaux en solitaire, exécutés dans une veine plus folk. « The Dark » fait suite à « Little Lost Soul », sorti en 2001. Une œuvre ravagée mais envoûtante qui s’étale sur 40 minutes. On se demande même comment on a pu se débrouiller, pendant aussi longtemps, pour se priver de ses voyages trip hop aussi lugubres que majestueux ?

Découpé en 5 plages, « The Dark » s’écoute d’une seule traite. Ténébreux, esthétique, profond, son univers sonore est alimenté par des boîtes à rythmes discrètes, parcouru, tel le souffle d’un blizzard venu de l’Est, d’instruments à cordes, hanté de voix féminines issues d’outre-tombe et fouetté de beats électro hypnotiques. Sans pour autant négliger l’aspect mélodique insidieusement contagieux. Et paradoxalement, au cœur de ce climat glacial, Third Eye Foundation parvient à communiquer de subtiles vibrations. Je me demandais, il y a peu, quelle était la source d’inspiration majeure de Forest Swords, responsable de « Rattling cage », une œuvre aussi dérangeante que séduisante ? Pas la peine de vous casser la tête…

 

Tormenta

La Ligne âpre

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Bien que fondé en 2006, Tormenta, nouvelle signature du label African Tape, vient seulement de publier son premier album. Et il s’intitule « La Ligne âpre ». Pourtant, les deux compères, Vincent Beysselance et de Jeff Grimal, n’en sont pas à leur coup d’essai, puisque le tandem a sévi au sein d'un autre projet, Cheval de Frise, entre 1998 et 2004, alors que le second a également été le guitariste d’Elusiv. L’un est originaire de Paris et l’autre de Bordeaux. Les deux musicos ont mis quatre longues années pour accoucher de cet elpee ; mais, à la première écoute, il faut reconnaître que le jeu en valait la chandelle. 

A l’instar de la majorité des artistes relevant de l’écurie indépendante African Tape !, Tormenta frappe fort et juste. Et vise dans le mille. Le choix de leur patronyme ne pouvait être plus judicieux ; car tout au long des plages de ce long playing, les coups de tonnerre provoqués par l’orage (tormenta en espagnol) grondent, ne nous accordant que peu de répit.  La musique évolue clairement au sein d’un univers sonore math-rock ; mais contrairement à Pneu ou à Chevreuil, Tormenta creuse davantage dans la veine métal. Puissants, hypnotiques, les riffs de guitare sont parfaitement et distinctement soutenus par les interventions survoltées des drums. Derrière ses fûts, Vincent se révèle tout bonnement époustouflant ; et à chaque coup de baguette on prend une claque. Néanmoins, malgré la dépense d’énergie et la répétition des breaks, Tormenta s’accorde de temps à autre, une pause, le temps de reprendre sa respiration. Et après plusieurs écoutes, on se surprend, à découvrir un sens mélodique, pourtant bien caché sous ce chaos sonore apparent.

Si vous estimez que mes chroniques consacrées aux artistes du label African Tape sont systématiquement positives, n’y voyez aucune duplicité. Simplement, la plupart d’entre eux le méritent. C’est vrai qu’ils évoluent dans un style plus ou moins proche. Mais ils y excellent. Et puis c’est ma tasse de thé ! Ne soyez donc plus étonnés si mes analyses sont opérées dans le même état d’esprit. D’ailleurs, j’attends déjà impatiemment, la prochaine sortie de l’écurie…

 

Tu Fawning

Hearts On Hold

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Plus qu’un simple projet parallèle, Tu Fawning est une histoire d’amour. Lorsqu’ils ne tournent pas chacun de leur côté, Corinna Repp et Joe Haege, leader de 31Knots, se retrouvent sur les planches, comme à la ville. Le couple devient alors Tu Fawning et couchent sur papier des textes et mélodies complexes qui prennent un tournant théâtral dès leur mise en forme. Ou plutôt leur mise en scène. Car « Hearts On Hold » est une pièce en 10 actes dans laquelle Repp et Haege se donnent la réplique et entraînent leur public dans un univers où se partage fragilité et intensité. Entre rythmiques tribales, orgues inquiétants et cuivres planants, Tu Fawning se refuse de suivre quelque courant que ce soit et délivre un disque de rock aux couches multiples.

Parfois difficile d’accès, « Hearts On Hold » ne satisfera pas nécessairement le plus large des publics. Mais nul doute que tel n’est pas l’intention du duo, devenu récemment quartet. Souvent comparée à Portishead, l’œuvre de Tu Fawning se rapproche bien plus des travaux de Carla Bozulich. Etrange, habité, « Hearts On Hold » est le genre de disque qui peut diviser, tout en étant indéniablement intriguant.

Le 9 mars à la Maison des Musiques. C’est à Bruxelles.

 

The Two

The Two

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Très surprenant, The Two est un duo! Bicéphale, cette formation parisienne réunit Ara et David, une peintre et un musicien. Ils ont pu lancer leur aventure musicale en 2009, grâce à « I Wanna Be With You Again », un superbe morceau d’amour, qui ouvre leur premier opus. Un titre qu’ils avaient proposé au label Wagram, qui les a signés d’emblée.

David compose la musique tandis qu’Ara écrit les textes. Le couple semble très complémentaire. Et des titres comme « I’m 22 » ou « Close to Me » illustrent parfaitement cette symbiose. Ce sont aussi les deux meilleures plages de l’elpee. En général, leurs chansons sont sculptées dans un pop/folk aux arrangements dépouillés, essentiellement acoustiques, même si d’autres instruments entrent également parfois en ligne de compte. Interventions à la guitare électrique (« Everyday »), au piano (« Close to Me ») ou au mellotron (« Hold my Heart ») permettent ainsi de donner une plus grande amplitude à l’expression sonore. Malheureusement, on ne peut pas dire que The Two brille pas on originalité. Et sur la longueur, il faut avouer qu’une lassitude finit par s’installer, malgré la séduisante alternance des vocaux.

Maintenant, il y a une situation qui me chiffonne. Je ne voulais pas trop en parler, mais la tentation était trop forte. Ara est la fille de Philippe Starck et David le fils de Charlotte Rampling et Jean-Michel Jarre. Ce projet ne serait-il donc que le passe-temps de deux enfants de stars ? A méditer ! Une chose est sûre, The Two ne risque donc pas de prendre la place des White Stripes dans nos cœurs, au panthéon des duos, dans l’histoire du rock. Par contre, leur musique devrait plaire au grand public. Celui qui privilégie les stations radiophoniques pas trop dérangeantes, à la programmation un peu passe-partout et consommable sans trop se poser de questions. A conseiller si vous aimez Cocoon, Yael Naïm ou Angus & Julia Stone…

Women

Public Strain

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Women aime prendre son public à contre-courant. Si l’éponyme, publié en 2008, pouvait parfois laisser perplexe, ce « Public Strain » ne fait qu’amplifier ce sentiment. « Can’t You See », la plage introductive, ne laisse aucun doute planer. « Public Strain » rentre dans le lard dès ses premières notes, là où le disque précédent laissait le temps à l’auditeur de s’acclimater. Le quatuor canadien sature, déconstruit, triture et reconstruit sans jamais souffler. Et même lorsqu’il égrène des mélodies pop-rock qui, de prime abord, semblent élémentaires, une écoute répétée du morceau révèle bien plus de profondeur que ne laisse penser la première audition, souvent légère.

Women jongle parfaitement entre le rock le plus basique et les expérimentations noise et psychés les plus bruts. Un peu à la manière d’un Sonic Youth. « Public Strain » représente l’évolution naturelle d’une formation qui se dévoile par à-coups. La formation s’y réserve cependant une assez large marge de manœuvre. Les Canadiens exécutent leur sortie au son de « Eyesore », single condensant tout leur savoir-faire et laissant le public en suspens, dans l’attente de morceaux encore plus percutants. L’ascension inéluctable de Women ne fait que commencer.

 

Big’n

Dying Breed

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A l’instar de Shellac et de Jesus Lizard, Big’n est une véritable institution sur la scène Noise chicagolaise des années 90. En à peine deux albums (« Cutthroat » en 94 et « Discipline Through Sound » en 96), le groupe est parvenu à se forger une certaine notoriété, mais dans l’univers underground. Vous l’aurez compris, il n’est jamais réellement parvenu à percer.

Fondé en 1990 et séparé en 1997, le groupe a décidé de renaître de ses cendres. Tout d’abord en publiant une compile intitulée « Dying Breed », un recueil réunissant toute une collection de singles et d’inédits parus entre 1990 et 1995, dont une cover d’AC/DC, « Dirty Deeds Done Dirt Cheap » (« TNT » était déjà parut sur un album précédent).

Chez Big’n, la batterie de Brian Wnukowski est percutante, la guitare de Todd Johnson, incisive et le chant de William Akins, violent. Leur musique est d’une efficacité redoutable. Si à premier abord elle peut paraître minimaliste, en vérité, elle ne fait pas dans la dentelle, flirtant même parfois avec une certaine forme de cacophonie. Puissante, brutale, elle ne souffre guère de concurrence sur la scène contemporaine. « Dying Breed » est une bonne amorce pour découvrir l’univers sonore de ce quatuor yankee. Car la reformation de Big’n n’est ni fictive, ni à but lucratif ; et pour cause, la sortie d’un nouvel opus est prévue pour le mois d’avril. Mis en forme par Mr. Steve Albini, en personne, il paraîtra sur le désormais incontournable label African Tape ! Une bonne mise en bouche, donc…

Claire Diterzi

Rosa la Rouge

Écrit par

Claire Touzi Dit Terzi fêtera ses 40 ans en 2011. Elle s’est forgé une certaine notoriété au début des années 90, comme chanteuse et leader du groupe folk-punk Forguette Mi Note. Diplômée en arts graphiques, elle a également bossé tout un temps comme prof d'illustration. En 1995, elle fonde un combo qui répond au patronyme de Dit Terzi et publie un premier opus éponyme. L’aventure s’achève cependant en 2001. Par la suite, elle est invitée à composer pour Philippe Decouflé, responsable de spectacles de danse contemporaine. Ce qui lui permet de l’accompagner pour deux ans au Japon. A son retour, elle remet les compteurs à zéro et, décide, deux ans plus tard, d’entamer une carrière individuelle. Elle grave alors un premier elpee solo en 2006, intitulé « Boucle ».

A partir de cet instant, elle se consacre surtout à la confection de bandes originales. Citons en vrac la BO du long métrage « Requiem for Billy the Kid », l'illustration sonore de l'exposition de « Titouan Lamazou », organisée au Musée de l'Homme en 2008 et un album intitulé « Tableau de chasse », destiné encore une fois à des représentations, et notamment pour le Théâtre national de Chaillot.

En mai 2010, Claire Diterzi écrit et interprète le rôle de Rosa Luxemburg, dans la pièce musicale originale « Rosa la Rouge », mise en scène par Marcial Di Fonzo Bo, au Théâtre du Rond-Point à Paris.

C’est également elle qui, évidemment, s’est fait un devoir d’écrire la BO de ce nouveau projet.

Claire nous livre donc un album qui est à mettre en relation directe avec le spectacle du même nom. Dans ces conditions, écouter ce disque, sans connaître les tenants et les aboutissants de cette pièce nouvelle pièce musicale, n’a pas beaucoup de sens.

Restent cependant quelques morceaux qui s’écoutent agréablement, tels « Je touche la masse », « J’étais, je suis, je serai » ou « Rosa la rouge ». Le reste du Cd est très difficile à apprécier, tant les compositions à elles seules n’arrivent pas à accrocher l’auditeur qui ne connaît pas l’histoire pour laquelle ces plages ont été écrites et composées.

A réécouter éventuellement après avoir assisté à une des représentations.

Esben & The Witch

Violet cries

Écrit par

Patronyme inspiré d'une vielle légende danoise, Esben and The Witch affiche clairement ses influences gothiques dès le premier morceau (« Argyria »). Progressivement l'atmosphère s'installe. Dans l'écho lointain, des cris d'angoisse se fondent dans un crépuscule glacial. Au-dessus des ramures d'arbres séculaires, se profile la silhouette de la sorcière… Siouxsie. Frissons garantis ! De ce cercle de fées, montent les flammes tourmentées de guitares saturées, quand soudain, le calme s(')ab(b)at comme un linceul flottant à l'aube d'un renouveau. Ensorcelant ! Le « Marching song » qui lui emboîte le pas n'est en rien moins efficace. Jouissant d'une vidéo inspirée, cet extrait recèle probablement du potentiel nécessaire à ériger le groupe en nouvelles figure de proue d'un genre souvent décrié, mais pourtant toujours adulé. « Marine Fields Glow » plonge dans des eaux glaciales où une nuée d'ondines appellent à l'abandon. Pour qui est sensible à ce type d'ambiance sombre et torturée, la suite de l'album est de la même veine et ne livre ses secrets qu'au fil d'écoutes répétées. L'ivresse gagne à l'écoute de « Light Streams » et de ses notes répétées en cascade quand des perles digitales scintillent sur un « Hexagon IV » incantatoire. Loin de déstabiliser, ce traitement numérique se marie habilement à l'ensemble ésotérique, issu du meilleur de la Cold Wave, amenant le groupe sur des terres moins empreintes du lourd héritage des années 80. Les sonorités shoegaze des guitares embrumées de « Chorea », le battement binaire de « Warpath » et sa mélodie envoûtée d'une réjouissance maligne, les cris et les bruits lugubres de « Battlecry / Mimicry » qui doucement s'envolent et font place à une mélancolie qui pénètre chaque pore de la peau (« Eumenides ») et enfin le final grave et sépulcral de « Swans » en cygne d'adieu, tout ici tend vers une œuvre au noir diablement inspirée. Beau, triste, et teinté d'un espoir chagrin.

Du fond de leurs alcôves, les Banshees en rient encore. Si une phrase devait à elle seule résumer la grâce de cet album, je citerais cet extrait de Macbeth : ‘L’inquiétude présente est moindre que l’horreur imaginaire.’ (William Shakespeare)

 

The Go ! Team

Rolling Blackouts

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Les fans de The Go! Team sont fidèles. Mais faut dire aussi que chacune de leurs sorties, permet à ses aficionados de faire le plein d’énergie positive. De quoi tenir coup jusqu’à la parution de l’album suivant. Un calendrier qui ne semble pas trop mal fonctionner jusqu’à présent. Et qui ne risque pas une quelconque remise en question. Car le nouveau long playing, « Rolling Blackouts », n’accuse aucune baisse de régime. Un troisième LP qui fait suite à « Thunder, Lightning, Strike », gravé en 2004 et « Proof Of Youth », en 2007.

Flanqué de ses acolytes hystériques, Ian Parton, le chef d’orchestre n’a, en outre, aucune intention de mettre la pédale douce. Au contraire, il est bien décidé à libérer un max d’énergie, à travers une noisy très spécifique, qui a fait la réputation du groupe. Très spécifique, car elle se nourrit aussi bien de samples, de riffs presque métalliques (l’efficace single inaugural « T.O.R.N.A.D.O. », dynamisé par le MC Ninja), du phrasé hip-(p)hop (« Apollo Thowdown »), de comptines pop (« Ready to Go Steady », caractérisé par ses interventions de trompettes sucrées), de restes de gospel morriconien (« The Running Range ») que de guitares funk euphorisantes.

Chez The Go! Team, les samples sont bien sûr, toujours présents. Mais ils ne constituent plus le fondement de la structure sonore. Ils appuient simplement une ossature live préexistante et ca s’entend. L’aspect mélodique est, en outre, davantage soigné. Et cette manière de mettre un peu d’eau dans son vin ou de tempérer ses impulsions, leur sied à merveille. En outre, la participation aux chœurs de Satomi Matsuzaki (le chanteur de Deerhoof est irrésistible sur « Secretary Song ») et de Betty Cosentino du Best Coast (pour « Rolling Blackouts » et « But Nothing Day ») sur plusieurs morceaux est manifestement un plus. Et finalement pas tellement étonnante, quand on connait le génie avant-coureur de la bande issue de Brighton…

The Go! Team prend soin de nos tympans ! Et cet elpee constitue la meilleure nouvelle depuis le début de l’année.

De plus, leur mix(te) reste assurément un must sur scène ! A ne pas manquer le 23 mars au Botanique.

Harrys Gym

What Was Ours Can’t Be Yours

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Premier indice, ce band nous vient du même pays que le Père Noël. Second indice, ses quatre membres ont les mêmes origines que l’un géant de la pop des eighties, A-Ha. Alors ? Gagné, c’est bien de Norvège que débarquent Anne-Lise Frǿkedal, à la guitare et au chant, par ailleurs également responsable de toutes les compos, Ole Myrvold aux claviers, Bjarne Stensli aux fûts et Erlend Ringseth à la basse, les quatre membres principaux qui composent Harrys Gym.

Il y a deux ans, le groupe norvégien sortait, en toute discrétion, un premier album éponyme et terriblement aérien. Cette année, “What Was Ours Can’t Be Yours” marque donc leur retour, un album produit par James Rutledge (Bloc Party, Dntel, Grizzly Bear, Late Of The Pier, My Bloody Valentine, The Kills, Radiohead…)

Pendant la quarantaine de minutes que durent les onze titres, Anne-Lise et sa bande nous emmènent sur des sentiers musicaux doux et aériens, vaporeux et planants.

Si la musique dispensée par Harrys Gymest est nettement moins dansante que celle de A-Ha, elle n’est toutefois pas dénuée d’intérêt. S’appuyant sur une voix splendide, chaque chanson est une petite merveille de douceur et de grâce. Superbement secondée par une instrumentation efficace, on ne s’ennuie pas une seule seconde en écoutant cet album. Sans être une œuvre majeure qui révolutionnera la planète rock, on peut en toute honnêteté parler d’une chouette découverte et on a simplement l’envie de l’écouter jusqu’au bout, voire de le remettre une seconde fois lorsqu’on arrive au bout de la dernière plage. Que demander de plus ?

Grâce aux jolies mélodies et aux belles interprétations, quelque part entre électro-rock (« No Hero », « Extraordinary Girl »), pop discrète (« Toothpasat ») et mélancolie (« Mountains », « The Visitor »), Anne-lise et ses acolytes ont tout pour nous séduire et nous proposer un tout bon album.

A déguster tout en douceur mais sans retenue.

 

Jonny

Jonny

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Chaque pays a le Jonny qu’il mérite. En France, une pseudo-légende du rock n’roll émigrée à Gstaad fait les choux gras de la presse ‘people’ hexagonale. Le Pays de Galles et l’Ecosse peuvent se targuer de compter en son sein, un magnifique duo, bien moins tape-à-l’œil et surtout talentueux.

Jonny est un duo réunissant Norman Blake de Teenage Fan Club et l’ex-Gorky’s Zygotic Mynci, Euros Childs. Le premier a apporté son savoir-faire dans le domaine des harmonies vocales. Le second, son art à opérer des arrangements sophistiqués. Résultat des courses, leur album éponyme baigne dans une pop bien british digne des productions les plus élégantes issues des 60’s. Pensez aux Monkees, Byrds et Kinks et dans une version plus contemporaine, aux Posies. L’elpee recèle des compos délicatement teintées de psychédélisme, à l’instar du superbe titre mid tempo « Circling the Sun » ou de « Goldmine », hanté par Ray Davies. Et difficile de résister à des plages aussi contagieuses que « Bread » ou « Candyfloss », des classiques en miniature. Délicieusement rétro, bourré de charme cet opus regorge de tubes. Et si les morceaux sont diablement référencés, ils ne sont jamais décalqués. On éliminera cependant, une digression plus que dispensable de plus de 10 minutes, intitulée « Cave Dance ») ! Retour gagnant pour ces deux héros de la cause pop et des mélodies sucrées. Ah que oui! 

 

Maserati

Pyramid Of The Sun

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Depuis 2007, année au cours de laquelle il avait publié l’excellent « Inventions For The New Season », Maserati s’était progressivement éclipsé de la scène post-rock, ne s’illustrant que sur un split Ep, commis en compagnie du combo Zombi. Par la suite, le quatuor originaire d’Athens, dans l’état US de Georgie, est revenu dans le circuit de manière plutôt singulière. Et pour cause, suite au décès de leur drummer, Jerry Fuchs (également impliqué lors des tournées de !!! et The Juan Maclean), Maserati organise un concert pour rendre hommage à ce grand bonhomme. Dans la foulée, le combo décide de publier un nouvel elpee. Mais comment le reste de la troupe allait-elle se débrouiller pour se passer de son batteur, pion essentiel au sein du line up ? De sa présence, d’abord. Et puis de son kick à la fois dynamique, puissant et inégalable. Que les fans se rassurent, les prises de batterie avaient été enregistrées avant la disparition de Fuchs. Et ses interventions ont été parfaitement intégrées à l’ensemble, une expression sonore électro psyché magistralement dispensée par les autres musicos et mise en forme par Justin Van Der Volgen, l’ex-bassiste de !!!, au mixage.

Si « Pyramid Of The Sun » constitue donc un ‘tribute’ ultime à Fuchs, il démontre également que Maserati est une formation incontournable dans l’univers electro/post/rock/psyché. Si vous aviez flashé sur « Inventions For The New Season », vous pouvez foncer tête baissée pour vous procurer cette nouvelle galette. Les rythmiques sont racées. Les lignes de basse très pures. Les beats efficaces. L’envie de remuer le corps est irrésistible. A l’instar de « They’ll No More Suffer From Thirst ». Mais les palmes reviennent à « Oaxaca » et « Bye M’Friend, Goodbye », deux plages époustouflantes, d’une intensité soutenue. Caractérisées par des guitares au delay héroïque, elles sont imprimées sur un tempo frénétique. A tomber le cul par terre ! Un disque impressionnant ! R.I.P. Gerhardt Fuchs !

Men

Written in Reverse

Écrit par

Derrière le sobriquet de Men se cache une femme, JD Samson, à l’allure très androgyne. Féministe jusqu’au bout des ongles, Samson n’est pas une complète inconnue puisqu’elle a déjà milité au sein de Bikini Kill et Le Tigre. « Talk About Body », le premier LP de Men, reprend là où se sont arrêtées ses précédentes formations, une bonne dose de beats électro en plus. De quoi faire danser sans retenue le public présent ce 22  février au cœur de la Rotonde du Botanique.

Men zappe la case ‘première partie’ et s’installe sur les planches de la Rotonde vers 20h30. JD Samson s’installe aux côtés de son laptop. Quelques mots soufflés dans le micro provoquent la surprise chez certains membres de l’assistance. Oui, oui, derrière cette petite moustache se dissimule bel et bien une demoiselle. Ses deux acolytes, préposés aux guitares et à la basse, viennent se placer à ses côtés et le set démarre en trombe par les extraits les plus percutants de « Talk About Your Body ». La salle est pleine aux trois-quarts, ce qui laisse largement la place au parterre pour effectuer quelques pas de danse sans retenue. Tant mieux, vu le potentiel énorme de morceaux tels que « Off Our Backs », « Make It Reverse », « Credit Card Babie$ » ou le single « Who Am I To Feel So Free ?». Titre repris récemment par Antony Hegarty (Antony & The Johnsons).

Les textes de Men sont ultra-militants et agissent souvent tel un uppercut. Ils visent principalement la communauté LGBT, que JD Samson défend bec et ongles avec pour seule arme des beats bien capitonnés. Mais après une première demi-heure irréprochable, la cadence faiblit un peu. « Boom Boom Boom », « My Family » ou « Be Like This », déjà pas terribles sur disque, passent difficilement le cap du live. En bout de course, la petite heure prestée par Men était de l’ordre du sympathique, sans plus. Peut-être qu’une setlist inversée aurait pu s’avérer plus efficace…

(Organisation : Botanique)

Et de trois pour Wye Oak

Écrit par

Le troisième opus de Wye Oak paraîtra ce 7 mars 2011. Il s’intitulera « Civilian ». Pour le mettre en forme, Jenn Wasner et Andy Stack ont fait appel à John Congleton (St. Vincent, Shearwater).

Tracklisting

1. Two Small Deaths
2. The Alter

3. Holy Holy
4. Dogs Eyes
5. Civilian
6. Fish
7. Plains
8. Hot as Day

9. We Were Wealth
10. Doubt

http://www.wyeoakmusic.com/
http://www.myspace.com/wyeoak

 

Psychotic Waltz : en attendant que reviennent les valses de...

Écrit par

Personne n’osait espérer le retour de Psychotic Waltz. Le groupe culte de la scène prog métal de San Diego nous a laissé quinze ans sans nouvelles ; ce qui est, avouons-le,  un brin longuet pour une pause carrière (NDR : « Bleeding », son dernier album en date est sorti en 1996). D’autant que son leader, l’énigmatique Buddy Lackey (Alias Devon Graves), qui semble être tout à fait heureux au sein de Deadsoul Tribe, vient de publier un superbe album en compagnie d’un tout nouveau projet appelé The Shadow Theory.

Pourtant, c’est officiel : la ‘Valse Psychotique’ est bien de retour. Les membres du groupe ont repris contact en 2010 et sont actuellement en pleine répétition de la tournée européenne qui passera chez nous, le 27 février 2011 au Hof Ter Lo (Trix) d’Anvers. Psychotic Waltz participe en effet au ‘Power Of Metal Tour’ qui emmène Nevermore, Symphony X, Mercenary et Thaurorod sur les routes du Vieux Continent.

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule : le label Century Media annonce la sortie imminente d’un box (édition limitée à 500 exemplaires) reprenant une réédition au format vinyle des quatre albums studio du groupe  (« A Social Grace » (1990), « Into the Everflow » (1992), « Mosquito » (1994) et « Bleeding » (1996)) ainsi que ses deux premières démos (« Aslan » (1986) et « Psychotic Waltz » (1988)). Ce box sera normalement en vente au stand merchandising du groupe lors du ‘Power Of Metal Tour’. Les albums « A Social Grace », « Into The Everflow » et « Bleeding » seront aussi pressés en version vinyle colorés et vendus individuellement.

Psychotic Waltz aurait aussi l’intention de s’attaquer à la composition de nouveaux titres, et n’exclut pas la possibilité d’enregistrer un nouvel album avec son line-up d’origine.

Janelle Monáe

Firestarter

Écrit par

Elle s’est fait attendre, la petite Janelle. Ce dimanche 10 février, la nouvelle coqueluche de la Soul foulait enfin les planches d’une Orangerie sold out depuis des mois. Elle y présentait « The ArchAndroid », un premier album à l’effet feu d’artifice, combinant classe, énergie et originalité. Sur scène, Miss Monáe en fait voir plein les yeux à son public. Et la prestation de ce soir n’a pas dérogé à la règle.

Initialement prévu le 8 décembre dernier, le concert de Janelle Monáe (prononcer Moné) avait tout d’abord été annulé avant d’être finalement reporté de plusieurs semaines. Du haut de ses 25 ans, la chanteuse originaire de Kansas City avait pourtant bien tenu son engagement le lendemain à la Cigale de Paris, stage diving à l’appui. Rien de plus normal, donc, que ses fans belges l’attendaient au tournant, et de pied ferme.

20h30. A l’heure où les lumières de l’Orangerie s’éteignent, un maître de cérémonie tiré à quatre épingles, un haut de forme sur le crâne, entre en scène et s'adresse au public. Après une courte présentation, des images commencent à défiler sur le grand écran surplombant la scène. Un petit film mettant en scène la chanteuse marque le point de départ de la soirée.  S’ensuit un show digne de Las Vegas. Le band s’installe et entame une intro sur laquelle se meuvent trois silhouettes dissimulées sous de longues toges, dos à la scène. « Dance Or Die », la phrase est lâché ; et Janelle Monáe ainsi que ses deux danseuses envoient valser leur camouflage. Le public s’affole à la même cadence que les grosses caisses. La Texane est vêtue de son fameux costard blanc et noir ; et sa célèbre coiffure est toujours de circonstance. La starlette embraye, sans transition, d’une chanson à l’autre. « Faster » colle de près à « Locked Inside » tandis que sur scène défilent de drôles de créatures aux visages morbides et à la démarche de zombie. Un canon à confettis boucle les festivités d'un premier acte qui aura défilé à toutes vitesses. Les influences scéniques des Flaming Lips et de ses potes d’Of Montreal sont définitivement palpables.

Deuxième acte. Janelle revient sur l’estrade, sans artifice, pour la reprise de « Smile », le grand classique de Chaplin, suivi de « Sincerely, Jane », un extrait de son Ep « Metropolis ». La chanteuse invoque ensuite « Wondaland », ce lieu imaginaire autour duquel gravite son univers artistique. Retour au calme sur un « Mushroom & Roses » au cours duquel elle dévoilera une autre facette de son talent. Le micro à la main, et un pinceau dans l’autre, Janelle esquisse quelques formes et le mot « Love » sur une toile posée à ses côtés. Toile qu’elle cèdera à la fin du spectacle à un fan aux anges. Les cinq musiciens de la belle assurent comme des bêtes, notamment un guitariste accoutré d’un postiche à la André 3000 circa « Hey Ya ! ». A l’issue d'un solo à la gratte rondement mené, un déluge de ballons noir et blanc tombe sur le public, pour accompagner les premières notes de « Cold War », signifiant ainsi le début de la fin du show. Mais c’est, évidemment, son méga-tube « Tightrope » qui clôture sa setlist. Morceau pendant lequel elle mettra la salle à genoux, littéralement.

Un dernier pour la route. En guise de rappel, Janelle et sa troupe délivrent un « Come Alive (War Of The Roses) » résolument rock’n’roll. D’aucuns reprocheront à la demoiselle le côté bien trop millimétré de son spectacle, qui ne laisse aucune place à l’improvisation. Un manque de spontanéité pardonné par l’énergie incroyable de la petite qui, en une heure à peine, a mis le feu à l’Orangerie et a largement prouvé qu’elle en a dans le ventre.

(Organisation : Botanique)

 

Festival D'Hiver Rock 2011 : samedi 19 février

Changement de décor pour ce samedi 20 février. Il y a déjà bien 150 personnes pour accueillir la première formation. Et on en dénombrera 950 en début de soirée. Un beau succès, par rapport à la veille et même l’an dernier, lorsqu’on comptabilise l’ensemble des spectateurs sur les deux jours. Faut dire aussi que l’affiche était bien plus alléchante. Compte-rendu.

Un groupe mouscronnois est invité à donner le coup d’envoi de la seconde journée du festival : Markünkl. Sur scène : 3 guitaristes, un bassiste et un batteur. Il n’y a pas de chanteur. Seule la musique fait vibrer les amplis. Quoiqu’influencé par Isis et surtout Explosions In The Sky, le band essaie de se forger son propre style. Exercice de style plutôt difficile, quand on pratique du post rock…

Particulièrement populaire dans les régions de Mouscron et de Tournai, Black Sheep est une formation qui en jette sur scène ! Son style ? Punk, mais dans l’esprit des débuts d’Offspring, même si on y décèle quelques traces de ska. Le line up réunit un bassiste, deux guitaristes (dont Peanuts qui double au chant) et un drummer. Enervé, le chanteur déborde d’une énergie surprenante. Il bondit d’un côté à l’autre de l’estrade abandonne même sa gratte, un moment, au milieu du show. Punk is not dead !

Franck Shinobi est un quatuor liégeois  composé d’un drummer, de deux sixcordistes, et d’un bassiste. Ce dernier et l’un des deux gratteurs (NDR : un sosie de Gérard Deprez, mais en plus jeune) se partagent le chant. Leur musique est étiquetée mathrock. S’ils reconnaissent pour influences majeures At The Drive-in, Foals, 31 Knots (NDR: c’est d’ailleurs Jay Pellicci de 31 Knots qui s’est chargé de produire leur premier album, « A Little Less More ») et The Redneck Manifesto, on y décèle des références à The Fall, Girls Against Boys, mais aussi à la prog (NDR : pensez aux débuts de Genesis et au King Crimson circa « Larks’ tongues in aspic »). Pas étonnant que ce soit des excellents instrumentistes et que paradoxalement, le préposé aux quatre cordes possède des inflexions vocales rappelant John Wetton, alors que celles de son condisciple me font plutôt penser à Mark E. Smith. Bref, si leur expression sonore n’est pas très facile à assimiler, elle est fort bien torchée. En fin de parcours, ils rejouent pour le D’Hiver Rock leur titre « Chanson reggae »… qui, en fait, n’a rien de reggae !

Random Hand serait une formation de post punk comme les autres (NDR : les références au ska sont classiques dans le genre), s’il n’y avait la présence de Robin Leitch. Il se réserve le lead vocal et le trombone. Et sur son cuivre, il se révèle vraiment brillant. Le quatuor londonien implique également un drummer, un bassiste et un guitariste. Une prestation solide pour un groupe qui a manifestement des planches…

Deux guitaristes, dont le chanteur, un bassiste et un batteur, Willis Drummond est un quatuor qui nous vient du Pays Basque. Ecorchés vifs, les vocaux sont exprimés dans la langue de Cervantès, ce qui confère à leur expression sonore, fruit d’un mélange de punk, de funkcore, de metal et d’alt rock (NDR : pensez à Incubus) une identité très spécifique. En fin de parcours, le combo se lance dans un morceau plus déstructuré ou psychédélique, si vous préférez. Pas mal du tout !

C’était le premier concert de Château Bourneville, et il faut l’avouer, il nous a réservé une bonne surprise. Le quatuor avait décidé de soigner son look. Et question look, on peut dire que le quatuor avait mis la gomme : pompes cirées et peau de mouton par-dessus les épaules pour l’un, lunettes de soleil, gants squelettiques, veste de smoking et caleçon kitsch pour le chanteur. Bref, on en avait plein la vue. Mais Château Bourneville nous en a mis aussi plein les oreilles. Et dès son arrivée sur l’estrade, le combo a montré de quel bois il se chauffait. ‘C’est le premier groupe de rock où tous les membres descendent de la ligne royale… sauf Thomas Rasneur, l’aventurier !’ confie le chanteur. Leur post punk expérimental ne manque pas d’humour, et leur set a vraiment marqué les esprits. Bien plus que de la musique, c’était une représentation théâtrale…

Ils sont quatre en nous viennent d’Anvers. DAAU (NDR : acronyme de Die Anarchistische Abendunterhaltung!) était donc venu présenter son 10ème album lors de cette nouvelle édition du d’Hiver Rock. Pour apporter un peu de calme et d’harmonie dans un contexte essentiellement rock ! Un clarinettiste, un accordéoniste, un violoncelliste et un contrebassiste constituent le line up. Le public semblait attentif et ému tout au long de ce rendez-vous musical. Leur reprise de la célèbre musique du film « Requiem for a dream » a flanqué la chair de poule à plus d’un mélomane ! Une belle découverte pour les amateurs de jazz et de musique classique. Par contre, pour celles et ceux qui ont déjà assisté à un de leurs concerts, le constat est identique : ce type de spectacle serait bien mieux mis en valeur, s’il était soutenu par des projections ; car leur solution sonore est filmique et finit par devenir lassante, si vous ne parvenez pas à entrer dans leur univers cérébral…

Showstar est un groupe qui a des planches. Et dont la musique n’a jamais déçu, même si elle a toujours été considérée comme ‘underdog’ au sein d’un soi-disant rock wallon. La formation a publié un troisième elpee, « Think Ringo », l’an dernier, un disque qui n’a peut-être pas bénéficié du soutien nécessaire et indispensable pour pouvoir faire la différence (NDR : Musiczine ne l’avait d’ailleurs pas reçu). Depuis ses débuts, il a connu quelques changements de line up, mais il pratique toujours ce type de pop/rock mélodique et contagieux, alimenté par des guitares ‘ligne claire’. Le chanteur, Christophe Danthinne, et un vrai personnage. A la fois charismatique et discret, il possède une très bonne voix. Plutôt statique sur scène, habillé d’une veste gris/bleu, il joue surtout sur l’attitude derrière ses lunettes de prof, qu’il ôte puis rechausse tout au long du spectacle. Un titre issu de leur dernier album pourrait franchement faire un tube : « We are the Residents ». Mais le reste du traklisting ne manquait pas d’allure. Un coup de chapeau à Showstar quand même, pour avoir livré un set d’une telle qualité, quand on sait que 15 jours plus tôt, des malfrats avaient volé leurs guitares, mésaventure (dixit Christophe) qui leur était d’ailleurs déjà arrivée il y a 7 ou 8 ans.

Un duo étonnant : Chevreuil. Un batteur et un guitariste qui se réserve également le synthé. Ce tandem français a décidé d’installer son matos au beau milieu du hall d’entrée de la maison de la culture. Une manière de happer le public à l’entrée du festival. Ils pratiquent une musique à la fois instrumentale et expérimentale, parfois à la limite du métal. L’auditoire semblait conquis cette nouvelle formule de scène ; car outre le fait de se produire en un endroit inédit de cette institution tournaisienne, ils utilisent 4 amplis différents, simultanément ou séparément. Original !

Des rockeurs habillés classe, ça existe ?! Et bien oui : Inspector Cluzo en est la preuve humaine ! Seul petit hic, le chanteur porte des Adidas blanche en dessous de son costard noir! Et le drummer (NDR : un support en arc de cercle passe au-dessus de sa tête pour qu’il puisse donner de la voix ; dans le micro, bien sûr, comme chez les Ting Tings) ressemble plutôt à un caissier de banque, comme on le voit dans les films. Ce duo français (Issu de Mont-de-Marsan, dans les Landes) a de la gouaille. Le chanteur/guitariste tout particulièrement. Physiquement, il me fait penser à un Rubeus Hagrid endimanché. Et possède un timbre vocal susceptible de passer du grave à un falsetto digne de Prince. Il aime la provoc’ et n’hésite pas à haranguer le public (NDR : verbalement, et pas seulement en affichant ses doigts en cornes de diable) ou à pourfendre les institutions, dénigrer les hommes politiques et autres personnages illustres (Sarkozy en tête) ainsi que les bassistes (NDR : une des chansons s’intitule d’ailleurs « Fuck the bass player »). Il affirme qu’en Australie, on les a surnommés ‘The French bastards’, fait monter une fille des premiers rangs à se trémousser sur les planches, mais surtout le cameraman de la télé locale auquel il subtilise quelques instants la caméra pour le filmer en action (NDR : doit avoir eu des sueurs froides le garçon !) Dommage que le public ne participe pas davantage au spectacle. Manque de réplique ! C’est d’ailleurs ce que Laurent Lacrouts cherche et espère. Maintenant faut aussi comprendre et apprécier son humour au quatrième degré. Certains diront, un peu lourd. Néanmoins, le duo va enflammer l’audience à l’aide de son funk/blues/rock qui doit autant à Fishbone, Rage Against The Machine, Incubus et Primus qu’à AC/DC et aux White Stripes. Et malgré l’absence de basse, ça groove du tonnerre. Faut dire que le batteur utilise beaucoup la grosse caisse et que le gratteur se sert aussi de ses grosses cordes. Un excellent moment du festival !

La cerise sur le gâteau du d’Hiver Rock nous est venue de Hurra Torpedo. Un trio norvégien qui n’a pas peur de faire du bruit et de la casse ! On ne les connaissait pas et pourtant, ils sont spectaculaires. Leur style oscille du bon vieux rock à l’indus, et n’hésite pas à exécuter des reprises dans un style très personnel (NDR : Bonnie Tyler, Britney Spears et les Pixies, par exemple). Ils sont vêtus de trainings bleus (NDR : des schtroumpfs ?) Le public est intrigué et fasciné par ces étranges bêtes de cirques ! A chaque extrémité de la scène, se plante un guitariste percussionniste. Derrière, au beau milieu, un colosse. Au rythme de leurs riffs, il massacre des fours à coups de pièces métalliques (les deux autres aussi, mais quand ils ne se concentrent pas sur leurs six cordes), tout en donnant le tempo, à l’aide d’un congelo. De quoi en prendre plein les mirettes et les feuilles de chou ! En fin de parcours, l’un des deux gratteurs enfile sur sa tête, un tambour de machine à laver, et commence à taper dessus, à l’aide d’un ustensile, alors que le mec balèze monte sur son congélateur, après avoir empoigné une des cuisinières, et la fracasse sur l’estrade (NDR : le public au premier rang ne devait pas être rassuré). Et de quitter l’audience en lâchant (NDR : l’humour scandinave ?) un ‘Norway 2 points’…

Après un tel spectacle, on peut affirmer que la barre était placée bien haut, pour le groupe suivant. En l’occurrence, Tagada Jones, quatuor breton qui pratique un mélange de métal, d'électro et de punk rock tout en véhiculant des textes engagés, traitant aussi bien de la mondialisation, du capitalisme, du fanatisme que de la justice sociale. Des lyrics interprétés d’un timbre éraillé par Niko, dans la langue de Voltaire. La musique est nerveuse, énergique et déboule à cent à l’heure. Le son est brut et énorme. Mais on ne parvient pas à se concentrer sur le sujet. Dans ce cas, il est préférable de prendre une pause…  

‘Personne ne m’arrêtera puisque je ne vais nulle part’, telle était la phrase inscrite sur le t-shirt de Louis Warynski. Un slogan très significatif pour Chapelier Fou. Pas besoin d’être fan d’Alice au Pays des Merveilles pour tout de suite basculer dans le monde de ce mélomane. Il est seul sur scène mais en impose beaucoup en se servant d’un ordinateur et de machines pour réaliser des boucles à l’aide de son violon, sa guitare et sa mandoline. Il jongle avec ses instruments au fil des mélodies, les pose en couches successives afin d’en créer une symphonie électronique et finit par parfumer l’atmosphère d’une ambiance tamisée et mystérieuse. Nous sommes alors à mi-chemin entre le rêve et la réalité…

Pas eu le temps de voir le set d’Alek et les Japonaises ni des Irradiates, mais on a entrevu celui de Thee Vicars, trio garage particulièrement imprégné par la culture des sixties (NDR : le look, la musique, les voix). Par contre, nous avons capitulé avant la prestation de Périls of Penelope. L’heure avancée et la fatigue aidant, nous avons préféré quitter le festival sur ce moment d’évasion, les images plein la tête. D’ailleurs, nous vous invitons à découvrir les clichés en rubrique ‘photos’.

 

The Pains Of Being Pure At Heart sans la moindre douleur…

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Le second elpee de la formation déjà culte The Pains Of Being Pure At Heart va-t-il, une nouvelle fois, faire chavirer les âmes adolescentes ? Une chose est sûre, pour le concocter, le combo a reçu le concours de Flood (Depeche Mode, U2) et d’Alan Moulder (Depche Mode, Smashing Pumpkins, Jesus and Mary Chain, Ride), pour le produire et le mixer. « Belong » sera dans les bacs ce 28 mars,

http://www.thepainsofbeingpureatheart.com

Une belle brochette de producteurs pour Adam Kesher

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En 2007, Adam Kesher publiait un premier elpee qui lui avait permis de se placer en ordre utile sur l’échiquier du rock hybride, primitif et synthétique. Le second opus de la formation française, « Challenging Nature », a été mis en forme par Dave One (Chromeo) et mixé par Zdar (Cassius), A Trak et Pierrick Devin ! De quoi vous inciter à vous le procurer ce 11 avril…

Tracklisting:

1- Hundred Years Later
2- Hour of the Wolf
3- Attraction
4- Blue Purple
5- Gravy Train
6- Knock Myself Out
7- Armed Hands
8- Kiss Me Kinski
9- Waterfall

10- Julien, Julie

 

Festival D'Hiver Rock 2011 : vendredi 18 février

Pour la première journée de l’édition 2011 du d’Hiver Rock, on ne peut pas dire qu’il y avait foule. Si vers 18h30, on dénombrait 80 spectateurs, on a à peine dépassé les 450 âmes, vers 22h30. Paradoxalement, a contrario des années précédentes, le bar est resté quasi-désert toute la soirée. Le public était dans les salles. Davantage de mélomanes que de flâneurs ou même de fêtards. Une inquiétude se lisait quand même dans les yeux des organisateurs. Une explication qui en vaut certainement une autre : l’absence de ‘tête d’affiche’, même si le festival est surtout consacré aux découvertes. Ainsi, pour ce vendredi, on ne recensait aucun article spécifique, consacré aux 9 artistes présents, dans Musiczine. Mais bien 8 lors du samedi, sur 17 participants.

Il revenait à Rue des Pêcheries d’ouvrir les hostilités. Un collectif réunissant huit musicos : un drummer/bidouilleur, un claviériste, un bassiste, un percussionniste, un MC et une section de cuivres partagée entre un saxophoniste ténor, un trompettiste et un tromboniste. Si le combo reconnaît pour influences majeures The Roots, les Beastie Boys et Herbaliser, son hip hop old school est teinté de funk et de jazz. Et laisse une bonne place à l’impro. Les textes sont cependant exprimés dans la langue de Molière. Très intéressants, ils posent un avis critique, voire ironique, sur l’avenir de notre génération postindustrielle. Ne m’en demandez pas plus, je ne suis jamais parvenu à accrocher au hip hop, au rap et à ses dérivés. Mais je respecte ceux qui défendent cette cause, surtout lorsqu’elle est exprimée avec talent.

Bang Bang Bazooka est une formation néerlandaise. Issue d’Eindhoven, très exactement. Née en 1987, elle a mis son histoire entre parenthèse après le décès accidentel de leur roadie. Chaque musicien s’est alors lancé dans des projets différents. Avant de se réunir et de recommencer l’aventure, en compagnie d’un nouveau drummer. Le quatuor pratique un rockabilly de toute bonne facture, lorgnant même parfois carrément vers le countrybilly (NDR : pas toujours une bonne idée, cependant). Deux images qui me restent en tête : la superbe gratte blanche du chanteur/guitariste et le look pas possible du contrebassiste. Une chose est indéniable, le set était de bien bonne facture et m’a même rappelé les Romantics…

Il y a deux ans, j’avais eu un coup de cœur pour Lucie Carton, une formation scaldéenne. Bien en place, elle proposait une musique festive rappelant Les Négresses Vertes. Se distinguant par ses vocaux essentiellement partagés entre une très jolie vocaliste au timbre limpide et un lutin enthousiaste. Et puis par des lyrics traitant de questions relatives à la vie et à son absence. Le tout traversé par de savoureuses interventions à l’accordéon, apportant une touche cabaret particulièrement judicieuse à l’ensemble. Aujourd’hui ils sont 10 et plus 9. Un des gratteurs partage également les vocaux. Et un nouveau venu est venu s’ajouter à la section de cuivres. C’était déjà le point faible. Passée à un trio, elle manque de cohésion. Ce qui n’arrange rien. En outre, c’est à peine si on entend l’accordéon. Et les arrangements sont totalement bâclés. C’est bien beau d’enregistrer un album, mais est-ce vraiment nécessaire si c’est uniquement pour participer aux fêtes estudiantines ou au carnaval ? Quand on dispose d’un tel potentiel, on doit avoir de l’ambition. Bosser, répéter et au moins prévoir un voire deux ingénieurs du son lorsqu’on se produit en ‘live’. On ne règle pas une balance entre autant de musiciens, les doigts dans le nez. C’est extrêmement périlleux. Et complètement casse-gueule. Au cours des années 70, les sections de cuivres de Blood Sweat & Tears et de Chicago étaient dirigées par un chef d’orchestre spécifique. Maintenant, les fans se sont bien amusés. Tant mieux pour eux. Mais pour notre part, c’est une grosse déception.

Chez The Caroloregians (NDR : rien avoir avec VanCau !) militent certains membres des Moon Invaders. Un quintet qui pratique un mélange de funk, d’early reggae et de soul à coloration sixties. Le vocaliste possède une très belle voix et le claviériste s’est dégoté un orgue Hammond de collection. Les différents instrumentistes ne sont pas des manchots, la musique ne manque pas de groove, mais les compos accrochent difficilement. Si bien qu’après 20 minutes, votre serviteur est allé se désaltérer.

Heureusement, la soirée allait nous réserver une toute bonne surprise : La Troba Kung-Fu. Chez cette formation, on retrouve Joan Garriga, le chanteur/accordéoniste du groupe légendaire catalan Dusminguet. Mais aussi Muñeco (multi-instrumeniste chez Amparanoia, Ojos le Brujo et Macaco), ‘Totti’ (Wagner Pa), Marìa Roch (Jarabe le Palo) et le guitariste andalou flamenco ‘Muchacho’. A l’instar d’Ojos de Brujo, d’Amparanoia et de Macaco, Dusminguet était un des groupes phares de la scène ‘mestizo’ espagnole. A l’issue de la sortie de son troisième opus, « Go », il s’est séparé. Fruit d’un mélange entre cumbia, dub, raï, reggae, rumba, salsa et boogie woogie, la musique de LTKF revisite le folklore espagnol, cubain et sud-américain. Les vocaux sont interprétés (le plus souvent) en catalan. Et ce souffle venant de la Méditerranée a apporté un vent de fraîcheur au festival. Leur énergie communicative et leur bonne humeur ont conquis les spectateurs qui se sont lancés dans d’interminables farandoles. Et non seulement, le public a participé à la fête, mais les musiciens ont aussi démontré une grande maîtrise instrumentale. Le set a dépassé son timing prévu, mais on ne s’en est guère rendu compte, le quintet achevant sa prestation par des reprises de chansons traditionnelles et un morceau quasi a capella que la foule a repris en chœur.

Peter Pan Speedrock est également un band issu d’Eindhoven. Mais il pratique du métal old school dans la lignée de Motörhead. Un trio fondé en 1997 qui compte quand même huit albums à son actif. Dès les premiers accords, on est complètement soufflé par la puissance du son. Le chanteur/guitariste arpente la scène de long en large. Le drummer cogne dur et le bassiste manifeste énormément de versatilité sur ses (3 ?) cordes. Mais après 3 morceaux, ayant oublié mes boules-Quiés et craignant les acouphènes, j’ai préféré m’esquiver. Sorry !

Dubioza Kolektiv nous vient de Bosnie-Herzégovine. Apparemment, le line up habituel réunit 7 musiciens, mais ce soir je n’en ai dénombré que 6. A moins peut-être que le préposé aux effets électroniques se cachait en coulisses. Un zeste de reggae, un chouia de rock, du dub, un parfum d’Europe de l’Est et beaucoup de hip hop (NDR : la présence de deux MCs n’y est pas étrangère). C’est un peu la formule de leur expression sonore. Ces deux personnages se ressemblent quand même physiquement. Ils portent une coupe de cheveux de type Iroquois, même si l’un des deux possède une longue chevelure retenue par un nœud, derrière la tête. Tous les musicos sont vêtus d’un training. Jaune et noir pour tout le monde, sauf pour l’un des deux vocalistes. Il est noir et jaune (NDR : cherchez l’erreur !) Peut-être des nostalgiques du Royal Racing Club de Tournai. Dans le style, leur set tient la route, mais décidément ce soir, hormis la Troba Kung-Fu, je reste sur ma faim.

La mort du roi de la Pop, Michaël a monopolisé une grande partie des médias ces dernières années. Mais ce soir, c’est un autre King qui va renaître de ses cendres. Dead Elvis est un one-man band dans le style de Bob Log III. Coiffé d’un masque de tête de mort, et vêtu d’un authentique costume, plutôt dépareillé, de l’idole de Memphis, notre homme revisite les compos à sa façon. Armé d’une guitare et tambourinant du pied sur une grosse caisse minimaliste, le résultat est surprenant. Le public, en partie fan de rockabilly vu les dégaines, se déhanche devant la scène. Le bonhomme nous fait rire, et joue la carte du mythe derrière son masque qu’il n’ôtera jamais. Bref un set humoristique avant tout, qui a son effet en festival, mais qui n’ameuterait pas grande foule en salle !

Et la soirée se termine par les régionaux de l’étape : Red Soul. Avec l’avantage que leur show est diffusé simultanément en direct sur Radio Campus. La célèbre radio universitaire du Nord de la France (Villeneuve d’Ascq plus exactement) qui a vu le jour il y a maintenant plus de 40 ans. Et durant ce festival, un studio radio squattait même le deuxième étage de la Maison de la Culture, tout comme une expo BD de Mezzo. Bref, revenons-en au band tournaisien, qui distille un blues-psyché aux accents de vieux hard. Le chanteur possède d’ailleurs une voix nasillarde qu’il module, un peu, à la manière d’un Bon Scott. Il n’a évidemment pas le même charisme, même si certaines compo sonnent très AC/DC. Leur guitariste péruvien n’est d’ailleurs pas avare de riffs plutôt percutants. Mais il est déjà passé une heure du mat’ et le public se fait rare. Et l’on décide aussi de prendre congé en milieu de set, pour rejoindre les bras de Morphée. D’autant plus que la deuxième journée (samedi) s’annonce bien plus chargée et surtout plus intéressante…

(Voir aussi notre section photos)