Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

logo_musiczine

Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26871 Items)

Pas si dramatique que ça…

Écrit par

Le label anglais Dramatico (Katie Melua, Mike Batt, Florence Rawlings, Gurrumul…) vient de signer l’artiste australienne Sarah Blasko. Son troisième album « As day follows night » devrait paraître chez nous à la mi-mars 2010.

Enregistré en Suède sous la houlette du producteur Björn Yttling (NDR, c’est celui de Peter, Björn and John) « As days follows night » a décroché un disque d’or en Australie, trois semaines à peine après sa sortie !

http://www.myspace.com/sarahblasko

 

Les frères Engels

Écrit par

Après avoir enflammé les foules sur les dancefloors, lors de leurs DJ sets, les Hermanos Inglesos ont décidé d’enregistrer un premier album. Intitulé « The Wander Of You », il paraîtra ce 29 mars. Pour vous faire une petite idée, allez jeter une oreille et même un œil sur leur MySpace, puisque « Mastermind », extrait de cet elpee, fait également l’objet d’un clip vidéo. Un clip auquel ont participé Tiga et Tommie Sunshine. Et si vous aimez ce type d’électro pop, sachez que le duo belge tournera à travers la Belgique, au cours des prochaines semaines…

13.03 Kitsch Club - Knokke
18.03 Charlatan - Gent
19.03 Anarchic - Brussel
20.03 Petrol - Antwerpen
25.03 official release party @ secret Location – Gent

http://www.myspace.com/hermanosinglesos

 

Benjamin, la victoire tu l’auras pas Biolay !

Écrit par

Le 6 mars prochain auront lieu les traditionnelles Victoires de la musique.

Benjamin Biolay y est nominé dans trois catégories :

            - Artiste Masculin de l'année

            - Album de l'Année

            - Chanson originale de l'année

Comme le public peut participer au vote pour cette dernière catégorie, peut-être assisterons-nous enfin à la ‘Victoire’ du talent sur le marketing et le milieu surprotégé des médias franchouillards…

« La Superbe » mériterait bien cette distinction. Pour le reste, on peut rêver mais l’homme ne fait pas l’unanimité dans le métier, loin de là ! Hélas pour lui et pour ses admirateurs !

 

Les frangins de Black Keys

Écrit par

Deux ans après l’excellent « Attack & Release » produit par Danger Mouse et leurs élucubrations hip-hop de l’an dernier sous le sobriquet de BlakRoc, the Black Keys reviennent avec un sixième album. Il s’intitulera « Brothers » et sera, cette fois, autoproduit. Danger Mouse apparaîtra néanmoins derrière les manettes d’un seul morceau (« Tighten Up »). Dans les bacs le 17 mai.

Tracklist "Brothers":

Everlasting Light
Next Girl
Tighten Up
Howlin' For You
She’s Long Gone
Black Mud
The Only One
Too Afraid To Love You
Ten Cent Pistol
Sinister Kid
The Go Getter
I'm Not The One
Unknown Brother

Never Gonna Give You Up
These Days

Seasick Steve chante pour Elizabeth

Écrit par
Ce lundi 8 mars, Seasick Steve publiera son nouvel album, "Songs For Elizabeth", une compilation de ses meilleurs morceaux dédiées à sa bien aimée. Il contiendra un inédit, "Ready For Love". 
 
Tracklist:

1. 8 Ball
2. Walkin Man
3. My Donny
4. Dr Jekyll & Mr Hyde
5. Just Like A King
6. My Home (Blue Eyes)
7. Ready For Love

Un océan de CocoRosie

Écrit par
Les déjantées Sierra et Blanca, aka CocoRosie, feront un détour par le Cirque Royal le 15 mai dans le cadre des Nuits Botanique. Mais 4 jours auparavant, elles délivreront « Grey Oceans », leur nouvel opus

1. Trinity’s Crying
2. Smokey Taboo
3. Hopscotch
4. Undertaker
5. Grey Oceans
6. R.I.P. Burn Face
7. The Moon Asked the Crow
8. Lemonade
9. Gallows
10. Fairy Paradise
11. Here I Come

Saint Damien Jurado

Écrit par
Damien Jurado, le secret le mieux gardé du label Secretly Canadian publiera le 25 mai. « Saint Bartlett », un album très orchestral produit par Richard Swift. Il fait suite à « Caught In The Trees », paru l’an dernier.

Tracklisting :
1. Cloudy Shoes
2. Arkansas
3. Rachel & Cali
4. Throwing Your Voice
5. Wallingford
6. Pear
7. Kansas City
8. Harborview
9. Kalama
10. The Falling Snow
11. Beacon Hill
12. With Lightning In Your Hands

Un avant-goût sur http://www.saintbartlett.com


Keane se met… au rap !

Écrit par
Après The Black Keys et leur projet hip-hop BlacRok, ce sont les Britons de Keane qui se tournent vers l’ « Urban Music ». Le 8 mai paraîtra « Night Train », un EP à dominance rap-pop auquel K’naan et Tigarah prêteront leur voix.
 
Tracklisting

'House Lights'
'Back In Time'
'Stop For A Minute' (feat. K'naan)
'Clear Skies'
'Ishin Denshin' (You've Got To Help Yourself) (feat. Tigarah)
'Your Love'
'Looking Back' (feat. K'naan)
'My Shadow'

LCD Soundsystem, #3

Écrit par

Le très attendu troisième album de LCD Soundsystem devrait être publié le 14 mai prochain. Le disque n’a pas encore de titre mais on en connaît déjà la tracklist. A noter qu’il ne contiendra pas le ‘one-off’ single « Bye Bye Bayou ». Pour rappel, James Murphy a annoncé qu’il s’agira probablement du dernier disque de la formation. Ceux qui n’ont pas obtenu le sésame pour les voir sur scène le 5 mai à l’AB pourront se consoler à Rock Werchter le vendredi 2 juillet.

Tracklisting

Dance Yrself Clean
Drunk Girls
One Touch
All I Want
Change
Hit
Pow Pow
Somebody's Calling Me
What You Need

30 Seconds To Mars

Retourne sur ta planète Jared!

Écrit par

Waouw, quel événement ! Le groupe des frères Leto cartonne actuellement partout sur la planète et fait escale à Lille. Ni une ni deux, je saute dans ma voiture avec ma complice photographe pour aller immortaliser pareil événement. Une fois n’est pas coutume, l’Aéronef est plein comme un œuf. Plein de ‘petits jeunes’ (surtout du beau sexe) dont la moyenne d’âge frôle les 16-17 printemps à peine. Bon ben, on est déjà sûrs d’une chose, ça va ‘gueuler’ du début à la fin ! Préparons-nous à subir les hurlements de jeunes filles en fleur (en chaleur serait plus approprié).

Pour chauffer l’assistance, si c’était encore nécessaire, Street Drum Corps assure la première partie des festivités ; un rôle joué par le combo partout où Jared et sa bande se produisent. Y’a pas à dire, ils connaissent leur métier les bougres. Pour chauffer, ça chauffe ! Le ton est donné. Une musique au son destructeur. Du néo-punk/rock qui rend plus d’un spectateur complètement sourd…

Il est 20h35 et une première opération marketing se dessine. On est où là ? A la foire à la grosse saucisse ? En tout cas, ça y ressemble fort puisqu’on assiste à une distribution gratuite de bracelets phosphorescents, jetés du balcon, et qu’on a droit à une mini animation ‘style foire commerciale’ avant d’entrer dans le vif du sujet. Mais kékséksa ??? Jamais vu un truc pareil !

Et Jared de faire son apparition sous les roulements de tambour (comme au cirque) dans une tenue à la limite du ridicule (c’est lui le clown ?) Une veste militaire galonnée bleu marine et une coupe de cheveux digne des ‘marines’ U.S. (This is War of course…) Délire chez les ados qui ne se contrôlent plus, poussent, tirent, sautent à qui mieux-mieux dans tous les sens. Mais qu’est ce que je fous ici moi ?

« Night Of The Hunter » est le premier titre interprété par les troupes du ‘sergent chef’ Leto. Et c’est parti pour 90 minutes de bonheur pour les uns, d’insatisfaction voire d’ennui pour les autres (NDR : ben oui j’suis dans les autres !) Durant tout le set, Jared entretient le culte de la vedette. 30 Seconds to Mars, c’est LUI, en pleine lumière, et quelques autres, dont son frère, dans l’ombre. Parfois, il fait appel à ses larbins de Street Drum Corps, maquillés et tatoués à faire peur, pour agiter un drapeau ou taper sur une caisse claire. Comme si ce n’était pas suffisant, il sait très bien que les filles en pincent pour lui. Il en remet une couche, et même parfois deux. Il devient même parfois très lourd lorsqu’il éructe dans un ‘franglais’ très subtil des ‘Je t’aime’ ou ‘Voulez-vous coucher avec moi ce soir’. De ridicule, on passe à pathétique. Comme si on avait besoin de ces artifices pour apprécier la (bonne) musique dispensée par le groupe sur disque. Mais visiblement, ce soir, ce n’est pas le chanteur qui est sur scène, c’est l’acteur. Et aucun espoir pour lui, la prestation réalisée ne mérite ni César (on est en France) ni Oscar… Comble du ‘léchage de cul’, Jared se drape dans le drapeau bleu blanc rouge ; ce qui visiblement provoque un orgasme chez une groupie. Son soutien-gorge atterrit aux pieds du petit soldat qui s’empresse, comble de la bêtise, de l’enfiler. Ben oui, on n’est plus à une facétie près.

‘Il est aussi con que ses fans’. J’ai pas rêvé, j’ai bien entendu ça. Et de la bouche d’une fille en plus. Ouf je ne suis pas seul sur mon île. Et ce n’est pas tout. Son ramage n’étant pas à la hauteur de son plumage, quand l’exercice vocal se fait trop pointu (ben oui, on n’est pas en studio), le bel américain se tait et invite ses admiratrices à chanter. Hé pas con hein !!! Et il parle, il parle entre deux titres. Finalement je me demande même s’il n’a pas plus parlé que chanté durant son show. Et pour ne rien dire ou si peu…

Si j’étais prof, je noterais sa copie comme ceci : bien au début (dernier album en majorité), a créé alors une bonne ambiance, creux au milieu, difficile à supporter dans le troisième quart et lamentable en fin de set. Inconsistant et superficiel ! A améliorer d’urgence !

Ah oui, j’allais oublier de vous raconter : pour clôturer la soirée, une seconde opération marketing s’est à nouveau déroulée : Jared, non seulement nous offre des affiches de ses ‘ouvriers’ de Street Drum Corps, mais en outre, il nous invite à le rejoindre gratuitement à Bercy. Oui, oui, vous ne rêvez pas, les tickets sont distribués à la demande. Faut croire que le bide n’est pas très loin !!! Ça ferait deux de suite…

Y paraît qu’y’a de l’eau sur Mars. Fais gaffe de pas te noyer Jared !

Organisation A Gauche de La Lune

(Voir aussi notre section photos)

Peter Von Poehl

Entre miel et fiel…

Écrit par

Que serait devenu Brett Dennen s’il avait été suédois et talentueux ? Certainement Peter von Poehl.

Mentionnons brièvement les introspections narratives dont usait le chanteur suédois pour exorciser ses mélancolies de l’exil (NDR : l’auteur-compositeur-interprète scandinave vivait alors entre Paris, Malmö et Berlin) sur son brillant premier opus intitulé « Going to where the tea-trees are ». Errance musicale et thérapeutique qui s’exhalait sur toutes les scènes européennes comme le parfum de son sillage.

Las de traîner ses guêtres sans fin vers l’horizon, Peter von Poehl pose enfin ses valises à Paris et y concocte « May Day ». Lieu de sédentarisation où il fait la rencontre de Marie Modiano (fille du célèbre écrivain français prix Goncourt 78 pour ‘Rue des boutiques obscures’). De cette rencontre artistique naît « May Day ». Un album écrit, composé et mis en scène par le duo couple franco-suédois. Apaisé, Peter von Poehl imprime des influx plus sereins à sa création artistique : ‘J'accompli fait beaucoup de concerts en solo, surtout en Grande-Bretagne où il n'est pas toujours facile de te faire entendre et c’est à cause de cela que j'ai probablement mis davantage l'accent sur l'intensité dans les nouvelles chansons. Je voulais sentir qu'il y avait quelqu'un sur l'autre extrémité. Ecouter quelqu'un. Ce n'était vraiment pas une préoccupation à l'époque du premier album’. Cette autre extrémité se nomme Marie Modiano.

Grâce à cet album, Peter von Poehl exorcise ses peurs et quitte les sentiers troubles de l’exil. Son univers jadis tissé de sentiments ombragés, éphémères et destructeurs finit par se dissoudre dans des eaux plus limpides. Les replis abyssaux de la nuit intérieure s’estompent peu à peu. Le visage lumineux de Peter quitte alors la chambre obscure de son existence et se projette sur les planches de la Rotonde.

Théâtre subtilement habillé de cordes, de cuivres, de percussions et de piano d’où émerge la voix angélique du chanteur nomade qui touche le public par sa sincérité. Lieu cousu de fils d’or mélodiques et finement brodé d’orchestrations cuivrées, paradoxalement policées et grinçantes. Mais aussi d’accords de piano vaporeux, aux sonorités Hammond, et d’un mélodica improvisé. Lieu insolite et personnel à l’écart des modes et des courants, sans filiation musicale : ni folk, ni pop, ni rock…

Autour de ce cocon musical, Peter von Poehl architecture son sens inné de la mélodie de sons travaillés, d’harmonies de chœurs... Ses compositions claires tirent sur une corde sensible mais sans lyrisme sous les sons caressants du clavier de Marie Modiano.

Un set entre miel et fiel qui alterne le nouveau et l’ancien, le radieux et l’obscur, l’intime et le public. Quand "Parliament", morceau rythmé, s’amuse de piano, synthés et cuivres, "May Day" ronronne d'une basse très sonore sur laquelle se posent alternativement des cordes et un joli ensemble piano/cuivres.

Malgré un set globalement plus lumineux, Peter Von Poehl n'est cependant jamais aussi touchant que lorsqu'il chante en spleen. L'histoire d’une funeste balade vers nulle part contée sur "Forgotten Garden" en témoigne délicieusement. Quant au final ("Lost In Space"), il nous habite somptueusement d’une sensation de solitude orchestrée de claviers et de chœurs aériens.

Trois rappels viendront finalement clôturer ce délicieux moment sur terre. Un dernier morceau sous forme d’impro session mêlant un rock-jazz-cabaret explosif, posera le dernier souffle sonore du combo franco-suédois. Ultime cadeau qui ravira un public conquis de la première à la dernière note.

(Organisation Botanique)

 

Hockey

Ce Hockey m’est resté en travers de la gorge, toute la soirée…

Écrit par

A l’instar de MGMT et de Passion Pit aux States, mais également de Friendly Fires en Grande-Bretagne, Hockey fait l’objet d’un véritable ‘hype’. Il se produisait au Botanique ce 3 mars 2010, pour y défendre son « Mind Chaos », un très bon premier opus sorti durant l’été 2009. Le combo avait, par la même occasion, la ferme intention de montrer son savoir-faire ; mais également prouver qu’il méritait une place au sein de la scène pop indie festive...

Début des hostilités à 20 heures. Ce soir la Rotonde n’affiche pas complet. Lorsque les musiciens montent sur les planches, on constate que le line up s’est enrichi d’un nouveau membre. Un claviériste, plus précisément. Tout au long du set, il va saupoudrer la solution sonore d’interventions électro. Si leur elpee brillait par son dynamisme et sa vivacité, on ne peut en dire autant de sa transposition en live. Et pourtant la prestation avait commencé en force. Mais après avoir aligné quelques morceaux excitants, Hockey a progressivement perdu son fil conducteur. Et la version country de « Four Holy Photos » (NDR : une horreur !) ainsi que l’adaptation d’« Everyone’s The Same Age » en slow ringard, en sont vraiment de parfaites illustrations. Et franchement, elles n’ont vraiment plus rien de percutant. On a même eu droit à une nouvelle compo. Pathétique ! Drôle d’idée de briser constamment le rythme. Ce qui n’annonce rien de bon pour le prochain album…

Les Ricains vont achever leur show par « Too Fake ». Les percus sont enfin judicieuses et stimulantes, mais elles ne font pas long feu. De quoi accentuer notre sentiment de désillusion. D’ailleurs on ne peut pas dire que les acclamations aient été nourries. Alors qu’on s’attendait à un concert festif et riche en déhanchés, ont a dû se contenter d’un spectacle mou et laborieux…

(Organisation : Botanique)

Various Artists

Next Stop… Soweto

Écrit par

Au même titre que Soul Jazz Records, Strut est un label notoire pour son catalogue consacré aux rééditions. Des rééditons fort judicieuses qui vous évitent, par exemple, de rechercher inlassablement, le 12 inches qui manquait à votre collection. Et pour cause autant Soul Jazz que Strut sont capables de réunir plusieurs pépites sur une même compilation ! Peut-être moins affuté que son homologue londonien, Strut a néanmoins déjà publié des recueils aussi indispensables que « ZE 30 – ZE Records Story 1979-2009 » ou encore récemment « Bob Blank, The Blank Generation – Blank Tapes NYC 1975-1985 » (NDR : que je vous conseille vivement !)

La dernière en date s’intitule « Next Stop… Soweto ». Et je vous avoue que même si je ne suis guère expert en musique africaine, cet opus m’a complètement soufflé. De quoi m’inciter à suivre davantage la production de cette écurie. Il s’agit de la première étape de cette trilogie. Elle revisite l’univers sonore des townships de Soweto (NDR : la banlieue noire d’Afrique du Sud), au cours des 60’s et 70’s. Deux décennies réputées pour symboliser l’âge d’or du Mbaqanga ou encore du Township Jive. Les racines rythmiques rurales zulu s’y fondent dans les percussions sotho, tout en concédant des influences occidentales, puisées dans les lignes de basse et les accords de guitare. Très populaire au sein des townships durant l’Apartheid, ce courant n’a cependant franchi les frontières de l’Afrique du Sud, que bien plus tard. Ainsi, Paul Simon a été un des premiers artistes à le propager sur les autres continents. En opérant un travail particulièrement intensif dans les archives vinylographiques des artistes qui ont sévi à l’extrémité australe du pays africain, il y a maintenant entre 4 et 5 décennies, le fureteurs ont rendu des lettres de noblesses à des tas d’artistes injustement méconnus et souvent disparus, dont les pionniers du mouvement Mahlathini & The Queens, mis en exergue par le tribal « Umkhovu ». Ou encore Zed Nkabinde dont le vivifiant « Inkonjane Jive » est parcouru de flows de saxophone évoquant un certain Manu Dibango.

Alors que la presse spécialisée nous fait l’apologie de Vampire Weekend, hype qui se contente de pomper son inspiration chez les légendaires Talking Heads, il est fort intéressant de remettre les pendules à l’heure. En rappelant que c’est d’abord Byrne et ses têtes pensantes qui ont popularisé cette musique, bien avant ces intellos issus de Harvard. Et notamment en commettant l’album culte « Remain in light ». En 1980. Et à cet égard, « Next Stop… Soweto » est un disque qui tombe à point. Non seulement il est génial, mais il rend à César, ce qui est à César…

 

R.U.N.I.

Fula Fula Fular

Écrit par

Le logo de Wallace Records véhicule un véritable symbole : Marcellus Wallace. Ben oui, souvenez-vous du ‘Pulp fiction’ de Tarantino. Car l’écurie italienne ne fait pas dans le détail. En effet, les artistes qui y sont signés privilégient un goût certain pour l’expérimentation. Parmi les moins anonymes, on peut citer X-mary, ZU, Bachi Da Pietra ou encore Mulu. Mirko Spino en est le fondateur. Une boîte qu’il a montée en 1999. Objectif : rendre des couleurs à la musique alternative italienne. Faut dire qu’elle en en avait bien besoin. Toute proportion gardée (NDR : j’insiste sur cette précision), Wallace Records pourrait incarner le pendant italien d’Ipecac.

« Fula Fula Fular » est paru en 2008. Un mini album disponible uniquement en vinyle chez Mandaï Distribution. Il fait suite à deux long playings. En mêlant toute une série de styles oscillant du krautrock à la noise, R.U.N.I parvient à concocter une musique très alternative. Les vocaux sont acérés. Les mélodies déstructurées. On pense parfois à Deerhoof ou au Singe Blanc, mais en moins délirant. Bref, on est en présence d’un joyeux bordel sonore sur ressorts. Mais le plus étonnant procède de cette capacité à rendre les mélodies particulièrement tourmentées et contagieuses. Et après plusieurs écoutes, on se surprend même à les fredonner. Vous rendant même de bonne humeur. « Se Vooi Un Bassista » et « Eppore Mi Cambio Le Mutande Tutti I Giorni » en sont les plus belles illustrations. Partagé en sept plages, « Fula Fula Fular » ne va pas au-delà de la demi-heure. Juste assez pour pouvoir apprécier le groupe à sa juste valeur...

 

Miossec

Finistériens

Écrit par

Septième galette pour le breton Miossec. Et quelle galette ! Elle est lourde, très lourde, voire indigeste. Pire que du pain rassis. L’ennui coule par tous les trous. On ne peut pas vraiment dire que le gars déborde de joie et de bonne humeur… Ah ça non ! Il aurait des envies suicidaires que je ne serais pas étonné tiens.

Et dire que c’est Yann Tiersen qui s’est chargé de la réalisation. Ben dis donc, il nous avait habitués à autre chose l’animal. Ses compos à lui sont d’une autre trempe, bien plus enjouées.

Visiblement, le ciel gris et la pluie bretonne ont fait leur œuvre. Après avoir écouté cet elpee, quelques réflexions en vrac me viennent à l’esprit :

- Fatigué ? Pas de sédatif ? Pas grave, un petit coup de « Finistérien » et hop, vous êtes dans le gaz. « Finistérien », le somnifère efficace et sans danger pour la santé. Quoique !

- Dépressif ? Ecoutez-moi ça ! Alors, ça va mieux ? Ben vous voyez, y’a pire que vous !

- Des difficultés à évacuer ? Ballonné ? Constipé peut-être ? Une bonne dose de Miossec et ça dégage aussi sec !

- Un petit jeu ? Une roulette russe ? Non ? Vous cherchez mieux ? Alors écoutez cet album. A quel titre succomberez-vous ? Vous faudra-t-il un deuxième essai ?

 Ok, stop, j’arrête mon petit ‘concon’.

Ben oui, j’aime pas. Mais alors pas du tout. Rien n’arrive à m’accrocher. Miossec demeure pour moi une énigme de la chanson française. Porté aux nues par les médias culturellement spécialisés, il n’en touche pas une chez votre serviteur. Ses compos sont insipides, incolores et inodores ; or, je croyais qu’il avait déjà touché le fond. Mais non, il continue de creuser visiblement. Pas grave, s’il y trouve un quelconque plaisir. Mais franchement de cet album, tout comme du précédent, de celui d’avant et de celui qui précédait celui d’avant (où j’en suis là ?), je ne parviens pas à choisir ce qui me consterne le plus : la fadeur des textes insipides ou les mélodies faiblardes ?

Mais pas de problème pour celles et ceux qui l’aiment et chérissent le genre, il n’a pas changé de fusil d’épaule. Par contre, si vous n’appréciez pas trop son dernier recueil de ‘mouchoirs usagés et trempés’, vous pouvez toujours vous procurer le dernier Delerm.

 

Langhorne Slim

Be Set Free

Écrit par

Le nouvel opus de Langhorne Slim recèle une compo qui, à elle seule, justifie son acquisition. Et à prix fort s’il vous plait ! Son titre ? « Land Of Dreams ». Une chanson vraiment remarquable aux lyrics bouleversants, véhiculés par la superbe voix de Sean Scolnick. Une intro acoustique élégante. Des accords de banjo judicieusement dispensés. Et puis des chœurs, en finale, à vous flanquer des frissons partout. Digne d’un classique de Neil Young (NDR : ouais, c’est vrai, je m’emballe…) Grâce a cet hymne d’alt country, Langhorne Slim mériterait d’entrer au panthéon des meilleurs songwriters américains…

Agé à peine de 30 ans, Sean nous vient de Langhorne, en Pennsylvanie. Un folk singer peu connu de ce côté de l’Atlantique. Et pourtant, il a déjà tourné, notamment, en compagnie de Cake, Jeffrey Lewis, The Violent Femmes et Rocky Votolato. En outre, il s’est également produit lors d’une émission TV de Dave Letterman. Et « Be Set Free » constitue déjà son 6ème album.

Scolnick puise essentiellement son inspiration dans le country/folk traditionnel. Yankee surtout. Il possède un timbre vocal nasillard, émouvant, très caractéristique. Il arrive même à ce cowboy de se la jouer crooner. Les arrangements sont très ‘classe’ et riches. Piano, trombone, Hammond et Farsifa viennent régulièrement colorer l’expression sonore. De « Be Set Free » j’épinglerai, outre le morceau d’exception, « Be Set Free », « I Love You But Goodbye » et « Back To The Wild ». Confiée à Chris Funk (The Decemberists), la production est impeccable. Laura Veirs a collaboré à la confection de cet elpee. Pas étonnant, puisque son univers, finalement, jouxte celui Langhorne Slim. Le long playing recèle quelques titres plus anecdotiques, mais en général, cet elpee est agréable à écouter. Reste maintenant à savoir s’il est capable de traverser l’Atlantique, car sa musique est tellement américaine, qu’aucune date européenne n’est prévue pour l’instant…

 

Hot Chip

One Life Stand

Écrit par

« One Life Stand », le dernier elpee de Hot Chip, fait l’objet des critiques les plus diverses. Suffit de consulter la toile pour s’en rendre compte. Il fait suite « Coming On Strong » paru en 2004, « The Warning » en 2006 et « Made In The Dark » en 2008. Faut dire que les cinq geeks jouent de plus en plus au caméléon. Et ce nouvel elpee en est une nouvelle illustration.

Après avoir successivement trempé dans l’ambient, le nerd disco et le dark disco, Hot Chip a décidé de passer à la pop, mais une pop subtilement saupoudrée de techno. « One Life Stand » puise ainsi son influence majeure chez le pionnier de la techno ‘made in Detroit’, Carl Craig, un personnage génial qui a d’ailleurs remixé leur titre éponyme. Et pourtant, à l’issue de la première écoute de ce long playing, je n’étais pas particulièrement emballé. Etonnant lorsque je me souviens, voici quelque mois, avoir vibré aux beats de « Take It In », premier single issu de leur nouvelle galette, et m’être dit ‘Yeah ! Voilà le grand retour des lunettes à grosses montures !’ Sculpté dans une électro brillante et caractérisé par un refrain terriblement efficace, ce morceau avait été bien mis en forme. Or, en écoutant cet elpee pour la première fois, ce n’est pas l’impression que je ressens. Et rester sur cette impression est une erreur ; car il est nécessaire de réécouter cette œuvre à plusieurs reprises, avant de pouvoir vraiment l’apprécier. C’est à ce moment, et à ce moment seulement, qu’on se rend compte que Hot Chip est arrivé au sommet de son art. Une affirmation qui risque sans doute de déclencher une pluie de critiques. Je les assume. Et comme dirait l’adage : ‘Ca glisse sur …’

Hot Chip est un drôle de phénomène quand même. Il est capable de s’adapter à toutes les situations et à en tirer la quintessence. Riche en claviers et sonorités synthétiques (NDR : dont celles très présentes de marimbas hawaiiens) les plages de cette plaque sont d’une efficacité redoutable sur les dancefloors (NDR : déjà testé !) Les séquenceurs rythmiques et les percussions balisent à merveille les vocalises toujours aussi pointues d’Al Doyle, de Joe Goddard ou encore du nerveux Alexis Taylor. Et c’est ainsi qu’un titre comme « Hand Me Down Your Love », caractérisé par sa programmation de cordes mélancoliques, se transforme en une merveille pop. « One Life Stand » affronte de gros beats techno alors qu’« I Feel Better » est un morceau ringard. Comparable aux navets ‘techno’ diffusés sur Radio NRJ. Mais sa texture est scintillante et il accroche. A un tel point que sa ringardise finit par séduire….

En quatre albums, Hot Chip a démontré qu’il était en progression constante. Sous leurs airs de benêts, les cinq Anglais sont finalement des personnages particulièrement ingénieux. Et aujourd’hui, sans aucun doute un des meilleurs groupes ‘électro’ de la planète. Tant pis pour la contestation ; perso je dis ‘respect’ !

Efterklang

Magic Chairs

Écrit par

Le troisième long playing du groupe sorti ce 22 février 2010 imprime une petite révolution dans le monde post-rock-électro de la formation danoise. « Magic Chairs » reflète en effet le premier album pop (de chambre) du combo scandinave. Efterlang sort du confort autosuffisant de son bunker Rumraket de Copenhague (label qui héberge Grizzly Bear, amiina, Taxi Taxi !, Slaraffenland…) et foule des territoires restés encore inexplorés par le quartet. Processus de réalisation qui s’éloigne des rythmiques électroniques complexes et des grands élans orchestraux présents sur les deux albums précédents (« Tripper » et « Parades ») pour se concentrer sur de nouveaux sons, des structures ‘pop’ sensiblement plus épurées.

A l’image de l’album, le morceau d’ouverture « Modern Drift » se construit d’arpèges en boucles complexes. La batterie est solide et omniprésente. La basse ronflante. Les refrains sont mélodieux et entêtants. La valeur sûre de la scène post-rock européenne souvent associée à des groupes tels que Sigur Ròs et mùm rend son espace sonore plus accessible au public sans effacer cependant les stigmates d’antan. La marque de fabrique du groupe transparaît en filigrane et parsème parcimonieusement le champ musical de buzz électronique et de fleurs chorales. Bref, un travail studio plus rationnel, un groupe qui évolue en pop mais continue à se poser intelligemment sur un substrat solide, essentiel au développement original des ambitions nouvelles. Le résultat final dresse un tableau kaléidoscopique aux facettes fracturées de rythmiques ‘trip pop’ sur « Alike », de ballades chaleureuses sur « The Soft Beating », de caresses folk sur « Natural Tune »… 

Un virage artistique concordant avec son entrée dans la légendaire écurie 4AD (TV On The Radio, Bon Iver, Cocteau Twins…) et la collaboration artistique du producteur-ingénieur britannique Gareth Jones (Nick Cave, Depeche Mode, Mogwai, Interpol, Grizzly Bear…) qui a assuré le mixage final à Londres. Un artwork intime et confidentiel ponctué par la présence du duo de designers danois Hvass&Hannibal.

Les célèbres et somptueuses orchestrations organiques du combo danois illumineront les planches du Cirque Royal ce 15 mai 2010 en première partie de CocoRosie lors de la prochaine édition des Nuits Botanique.    

Deadmau5

For Lack Of A Better Name

Écrit par

Le Mickey Mouse canadien revient pour la cinquième fois et frappe fort. Un an après son « Random Album Title. », Joel Zimmerman, alias Deadmau5, prend une nouvelle fois son pied en balançant des beats sous acide, sans concessions et tapageurs à mort. Le genre de tubes pas subtil pour un sou mais qui parvient à faire danser les kids jusqu’à ce que leurs pieds soient en sang. La souris, adulée autant par la presse spécialisée que par ses confrères, réalise avec « For Lack Of A Better Name » le disque de la consécration, atteignant le top 20 des charts ‘dance’ américains et britanniques.

Deadmau5 (prononcez dead mouse) ne semble plus aujourd’hui avoir la moindre prétention de réinventer la Progressive House ou d’y ajouter quoi que ce soit de neuf, comme à ses débuts. Il envoie, le plus naturellement du monde, dix moteurs à sudation qui atteignent souvent leur cible en plein dans le mille (« Moar Ghosts ‘n’ Stuff », « Strobe » et son intro planante, « Hi Friend! » et son sample inversé du « Thriller » de Michael Jackson ou le spasmodique « Lack Of A Better Name ») et parvient encore à surprendre (la jolie partition piano de « Soma »). Mais un disque de ce genre ne peut être parfait. Le DJ/producteur commet donc parfois des erreurs de calcul comme sur un « Word Problems » radicalement plat ou un « Ghosts ‘n’ Stuff » superflu dont les vocalises autotunées et exaspérantes sont assurées par Rob Swire (Pendulum). Et malgré ces réserves, « For Lack Of A Better Name » vaut mieux que dix Tiësto d’affilée.

En concert le 15 mai à l’AB.

Nick Curran

Reform school girl

Écrit par

Nous l’avions évoqué lors de la sortie de son dernier album, Nick Curran pourrait bien reprendre la place laissée vacante par feu Sean Costello, disparu l'année dernière. Ce jeune chanteur/guitariste texan possède en tout cas, tout le talent, pour y parvenir. Nick a signé chez un solide label, Eclecto Groove, mais une écurie orientée davantage vers le rock. Faut dire que ses influences originelles, il les puise dans le blues mais aussi le rockabilly. Originaire de Portland dans le Maine, il a été très tôt repéré par la chanteuse de rockabilly texane, Kim Lenz. Elle lui demande d’intégrer ses Jaguars. Il accepte et vient vivre au Texas ; ce qui lui permet de fréquenter les scènes musicales de Dallas et d’Austin. Son premier elpee, il se grave en 2000. Soutenu par son groupe The Nitelifes. Il s’intitule "Fixin' your head". Et l’année suivante paraît "Nitelige boogie". Les deux disques sont publiés sur le label Texas Jamboree. Mais en 2002, il rejoint le label de San Francisco, Blind Pig. Il y publie "Doctor Velver". En 2002. Et deux ans plus tard, "The Player!". Sollicité par Kim Wilson, il rejoint les Fabulous Thunderbids de Kim Wilson, en 2005. Il y militera jusqu’en 2007 et participe à l’enregistrement de l’elpee "Painted on".

Pour concocter "Reform school girl", Nick a remonté un backing band : les Lowlifes. Comme à ses débuts, il aime enregistrer sur du vieux matériel, du vintage fifties, histoire de communiquer le son direct des vieux vinyles 45 et 33 tours. Nick a suivi ses premières leçons auprès du regretté Ronnie Dawson, un chanteur de rockabilly texan qui nonobstant un succès d’estime a connu une assez longue carrière.

Phil Alvin, le chanteur/guitariste des Blasters est responsable des notes consignées à l’intérieur de la pochette. Il nous présente un Curran, adepte d’un rock'n'roll biberonné au funk, punk, blues et psychobilly. Et après avoir écouté cet opus, la description me semble exacte.

Lors de la confection de cet elpee, Curran a reçu le concours du bassiste Billy Horton, également responsable de la coproduction en compagnie de Nick. Mais également du drummer Nikki K, du pianiste Derek Bossanova et des saxophonistes Jon Doyle et Dan Torosian. Etabli à Austin, Billy Horton est aussi contaminé par le virus du rockabilly. Il milite au sein des Horton Brothers, en compagnie de son frangin (NDR : fallait s’en douter), Bobby. Enfin, pour que votre info soit complète, cachez que Curran signe 11 des 14 plages.

Le "Tough lover" d'Etta James ouvre l’elpee. Du rock'n'roll brut, primaire et furieux. Nick chante comme un possédé. Dans un style ‘shouter’ proche de Little Richard. Le sax ténor s’autorise une belle envolée bien graisseuse. "Reel rock party" est une compo propice à danser le rock'n'roll au sein d’un cercle d’amis. L’ambiance est excellente. Nick se libère à la guitare. Jason Ricci concède une intervention brillante à l'harmonica. Toute une équipe qui prend littéralement son pied au sein des studios Fort Horton. "Reform school girl" est sculpté dans la pop. Une véritable perle mélodieuse qui aurait pu garnir un juke box poussiéreux de la fin des fifties. L’intro évoque curieusement l’univers sonore de Phil Spector. On se demande même si les interventions vocales ne sont pas assurées par Ronnie Spector. D’autant plus que l’ensemble est enrichi de chœurs. Pour la circonstance, assurés par les Honey Bee Babes. Les accords de guitare sont simples, directs et efficaces. "Kill my baby" est un rocker largement teinté de blues. La voix de Nick est dévastatrice au sein d’un univers sonore particulièrement cohérent. "Psycho" nous replonge au cours des années folles. C’est-à-dire vécues entre les années 50 et 60. Un morceau détraqué mais racoleur, au cours duquel les cordes libèrent, avec une facilité déconcertante, des sonorités pas possible. Remarquable, "Sheena'sback" nous invite à nouveau dans l’univers de Little Richard. Des chœurs ‘vintage’ répondent au chant nettement blues. "Baby you crazy" trempe dans un rock'n'roll pur et dur. De la dynamite prête à exploser. Nick se force les cordes vocales jusqu'au seuil de la douleur, alors que Derek dispense des accords sautillants sur ses 88 touches d'ivoire. "Ain't no good" campe un rockabilly d’une grande limpidité. Billy Horton répond instantanément aux phrases sauvages exécutées par le leader. "The lowlife" s’engage sur un riff emprunté à Chuck Berry. Un peu comme si Little Richard  chantait "Maybelline". On imagine alors facilement Curran exécutant la danse du canard, sur les planches. "Dream girl" est la plage la plus longue de l’elpee ; mais aussi la plus lente. Elle baigne au sein d’une atmosphère lugubre, un climat entretenu par les accords de guitare reverb et par la voix digne d’un film d’épouvante. "Flyin' blind" nous replonge dans une atmosphère plus allègre. Un rockabilly dont les vocaux sont partagés entre Phil et Nick. Et au cours duquel les guitares de Phil, Nick et Chris Ruest se conjuguent remarquablement. Une des meilleures plages de l’elpee, c’est une certitude. Une bonne humeur répercutée tout au long de l’enlevé "Filthy", une compo réminiscente du début des sixties, à une époque où la musique était prétexte à danser. Sans prendre le moindre temps de repos. D’excellente facture, cet opus s’achève par une par version infernale, mais à des années-lumière du heavy métal du "Rocker" d'AC DC.

Nick n’a pas encore 33 ans. Et affiche déjà une fameuse carrière derrière lui. La presse spécialisée estime qu’il pourrait succéder au défunt Sean Costello. Malédiction, il est également dans une mauvaise passe. Atteint d’un cancer de la langue, il suit pour l’instant un traitement particulièrement lourd. Chez lui, à Austin. Et il espère guérir de cette épreuve, pour revenir au sommet de sa forme. C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

 

Nick Cave & Warren Ellis

The Road

Écrit par

Deux ans plus tôt paraissait « La Route », un thriller psychologique magistralement écrit par le talentueux Cormac McCarthy. L’histoire d’un homme et de son enfant évoluant dans un univers post-apocalyptique inquiétant, où les hommes se laissent aller à leurs plus bas instincts. Le père et le fils n’ont qu’un but : atteindre le Sud. Et survivre, surtout. En 2009, le chef-d’œuvre, récompensé du prix Pulitzer, s’est matérialisé en un long-métrage porté à l’écran par Viggo Mortensen et Charlize Theron et diffusé fin janvier 2010, dans nos salles. Et qui dit long-métrage, dit bande originale. La production de celle-ci n’a pas été confiée à n’importe qui. Ce sont Nick Cave et son partenaire habituel de l’exercice de musique de films, Warren Ellis (Dirty Three), qui s’y sont collés.

Cette nouvelle collaboration a accouché d’un emballage sonore illustrant à merveille le film de John Hillcoat. Les paysages désolés, la tension, la grisaille sont enveloppées par un duo piano/violon classique de toute beauté. Tout à leur honneur, Nick Cave & Warren Ellis se détachent du côté pathos exacerbé de certaines scènes du film en esquivant les évidentes escalades symphoniques inhérente à ce type de travaux. Un peu comme si les deux hommes s’étaient davantage inspirés de la version littéraire, plus sobre, de l’œuvre. De fait, « The Road » est une bande son qui se suffit à elle-même. D’ailleurs, six morceaux sont repris indépendamment sur la compilation « White Lunar », réunissant le meilleur des travaux du duo. Du beau travail, néanmoins réservé aux amateurs du genre.