New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Snow Patrol

Up To Now

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Fêtes de fin d’années oblige, tous nous balancent leurs ‘Greatest Hits’, ‘Best Of’ et autres compiles servant à renflouer les caisses. Comptant cinq ouvrages à leur actif, les Ecossais de Snow Patrol n’allaient certainement pas se priver de suivre le mouvement. Et ils ont bien raison, les garçons. Après avoir galéré une demi-douzaine d’années sans parvenir à se forger un nom (« Songs For Polar Bears », « When It’s Over We Have To Clear Up », passés relativement inaperçus), le quatuor a trouvé la parade, dès 2004, en signant chez Universal. S’ensuit la publication de « Final Straw » ainsi que de ses singles « Run », « Spitting Games » et « Chocolate », tous devenus des cartons commerciaux en Grande-Bretagne. Les comparaisons évidentes n’ont pas trainées, mais Snow Patrol est parvenu à garder le cap en enchaînant deux ans plus tard un « Eyes Open » qui lui a ouvert tout grand la porte de la reconnaissance internationale. En cause, « Chasing Cars », le hit incontournable diffusé ad nauseum.

« Up To Now » retrace l’histoire de la formation, depuis 1998 à nos jours, en 30 morceaux répartis sur deux disques. Une décennie et des poussières émaillée de véritables réussites (« Chasing Cars », l’énorme « Run » repris récemment par Leona Lewis, « Spitting Games », « Shut Your Eyes », le magnifique « Set The Fire To the Third Bar » enregistré en compagnie de Martha Wainwright) mais également d’instantanés anodins (« Open Your Eyes », « Take Back the City », « You’re All I Have », « Starfighter Pilot »). Plus qu’un ‘Greatest Hits’, « Up To Now » propose également flip sides, raretés, extraits ‘live’ (dont la très dispensable reprise du « Crazy In Love » de Beyoncé) et autres inédits. L’occasion également de (re)découvrir The Reindeer Section, l’espace de deux morceaux (« Cartwheels », « You Are My Joy »). Il s’agit du projet mené par Gary Lightbody, regroupant des membres de, notamment, Teenage Fanclub, Belle & Sebastian, Idlewild et Arab Strap ; et dont la discographie compte déjà deux travaux à écouter de toute urgence.    

« Up To Now » n’est donc pas réservé exclusivement aux fans hardcore de Snow Patrol. Il s’adresse d’ailleurs essentiellement à ceux qui n’ont découvert la formation qu’après la sortie de « Final Straw », voire du single « Chasing Cars ». Un régal ! A condition de ne pas être allergique aux ‘blockbusters’ radiophoniques.

 

The Temper Trap

Des kangourous encore trop sur leur réserve…

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La Rotonde était pleine comme un œuf, ce samedi 19 décembre, au Botanique, pour accueillir deux groupes qui sont à l’aube de leur carrière. Faut dire que lorsque l’arène est sold out, 250 personnes tout au plus garnissent les ‘gradins’ et la fosse (?) Une audience visiblement séduite par le single du moment, « Sweet Disposition » (NDR : qui cartonne sur les ondes de Pure FM), puisqu’elle avait bravé les conditions hivernales afin de faire connaissance avec la formation australienne. Responsable d’un seul elpee à ce jour, « Conditions », on savait que le set de The Temper Trap ne durerait pas deux heures ; et que tout serait emballé et pesé pour 22h30 au plus tard…

En première partie, un combo gallois, répondant au patronyme de The Joy Formidable avait pour mission de réchauffer l’assemblée transie par le froid, avant de pénétrer dans l’hémicycle. Mission réussie pour le trio gallois qui peut compter sur un bassiste sobre mais efficace, un batteur à l’énergie démesurée et une chanteuse/guitariste tout autant mignonne que talentueuse. Une grosse demi-heure de rock spontané et ‘électrique’ plus tard, la ‘foule’ est toute ragaillardie et prête à accueillir ses favoris…

Un seul technicien a la lourde tâche de mettre tout en œuvre afin que Temper Trap soit paré pour monter sur les planches. Il a fort à faire le malheureux : câbler, accorder, régler, coller les tracklists, disposer serviettes et bouteilles d’eau. C’est ainsi qu’on se rend compte que les ‘Aussies’ ne sont qu’aux balbutiements de leur aventure. Pas très fortuné, le band ! Pendant les préparatifs, on apprend via 4 fans lillois que le groupe s’est pris un bide dans le Nord de la France. ‘Normal, prétend l’un d’eux. On est toujours en retard d’un an ou deux sur la Belgique !!!’ Il est vingt et une heure, tout est fin prêt.

Les cinq membres font leur apparition : un batteur, un bassiste, un premier guitariste, un second qui joue aussi des claviers et le chanteur également ‘armé’ d’une guitare et coiffé d’une casquette. Aucun décor. Un jeu de lumières des plus discrets. Visiblement le band ne compte que sur sa musique… qui est tout bonnement excellente ! Véritable révélation australienne au sein de la scène indie rock, The Temper Trap revendique une musique pop explosive, agrémentée par les envolées vocales du frontman.

La prestation s’ouvre par une intro instrumentale inédite, inconnue au bataillon. Et embraie par l’intégralité de son elpee (10 plages seulement !), joué à la perfection. Le chanteur montre des dispositions assez remarquables. Une voix qui peut monter, monter,… sans jamais connaître la moindre hésitation, la moindre faiblesse. Ses quatre complices se mettent au diapason. L’interprétation est de très bonne facture ; mais léger bémol (NDR : règle cependant importante lors d’un concert), le combo ne prend guère de risques et ne communique guère avec son public ; un public pourtant conquis et qui ne demande qu’à s’enflammer. 

Les Australiens attendront le dernier titre, « Drum Song », pour se déchaîner et montrer qu’ils sont capables d’investir une scène et de se l’approprier totalement. C’est le moment choisi par Dougie, le chanteur, pour couvrir d’eau la peau de son gros tambour et de le frapper comme un sourd pour faire surgir des gerbes d’eau à chaque coup de baguette. Effet garanti !

La troupe se retire avant un rappel, décevant pour les deux premiers titres. Une reprise du boss (« Dancing in the Dark ») et un inédit (pas à la hauteur du reste). Avant de terminer sur l’excellent « Science of Fear ». C’est à cet instant que certains regrets nous traversent l’esprit. Pourquoi ne pas avoir manifesté la même énergie tout au long du ‘show’. Musicalement remarquable, la formation australienne demande à être revue d’ici un ou deux ans, après avoir étoffé son répertoire et acquis cette maturité scénique qui lui fait un peu défaut à l’heure actuelle.

Il est 22h30 comme prévu ! Retour à la maison. Gaffe au volant ! Neige, gel et… conducteurs maladroits sur les routes !!!

Organisation Botanique

(Voir aussi notre section photos)

 

Jeronimo

‘Tuer l’Apache pour tourner la page’ !!!

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Pas de quatrième album pour Jeronimo. Le talentueux et créatif clown-triste de la scène pop-rock belge a résolument décidé d’inhumer son ‘éternel petit groupe’. C’est après 10 ans de sueurs électriques et de voyages cathartiques que le projet ‘Jeronimo’ prend tristement fin sur une très unique trilogie : « Un Monde sans Moi » (2002), « 12h33 » (2005) et « Mélodies Démolies » (2008). Trilogie qui aura marqué les esprits et fait couler beaucoup d’encre tant par son audace que par son ingénue ingéniosité. Qui mieux que Jérôme Mardaga, leader de la formation liégeoise, peut vous conter ce merveilleux récit de vie ? Ce dernier nous offre cet ultime cadeau avec beaucoup de sincérité empreinte de nostalgie sur son blog personnel : http://roma-caput-mundi.blogspot.com

Dans ce journal intime, l’artisan artiste nous dévoile humblement que ‘Jeronimo s'arrête ici au bon endroit, au bon moment, soucieux de laisser la voie libre à un autre projet.’

Quelques soupirs encore avant de retrouver Jérôme Mardaga, Thomas Jungblut et Calogero Marotta dans de nouvelles épopées musicales.

Tous à vos agendas : Jeronimo livrera ses derniers souffles à La Chapelle de Mons ce 16/01/2010.

 

Biffy Clyro

Fire Water Burn

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Pour clôturer en beauté sa saison 2009, le Vk* avait convié ce mercredi 16 décembre, la formation écossaise, Biffy Clyro. Actif depuis 2001, le trio goûte enfin aux joies de la reconnaissance, notamment grâce à « Puzzle », un quatrième ouvrage incandescent, publié il y a deux ans. Mais également suite à une longue tournée mondiale opérée d’abord en compagnie de Bloc Party, puis tout seuls comme des grands ; et, enfin, dans les bagages de Queens Of the Stone Age. En 2009, le combo a finalement acquis une base de fans solide en dehors des frontières de la Grande-Bretagne. Si bien que la petite salle molenbeekoise affichait complet à l’heure où les trois Britons entraient en scène pour défendre leur dernier né, « Only Revolutions ».

C’est une tradition au Vk*, les concerts ne démarrent que très rarement avant 21h30. Après une prestation très anecdotique de People In Planes et quelques bières, un public complètement surexcité (la fin des examens ?) attendait le trio de pied ferme. Lorsque Simon Neil et les frères Johnston apparaissent sur les planches, ouvrant le bal par « That Golden Rule », dernier single extrait de leur nouvel opus, la frénésie est immédiate. Elle prendra de l’ampleur au fur et à mesure que les morceaux s’enchaînent. Ainsi, l’énorme « Living Is A Problem Because Everything Dies » suivi de « A Whole Child Ago », « Who’s Got A Match ? » ou le sublime « 9/15ths » marquent le début des hostilités. Aux premiers rangs, les fans pogot(t)ent sans relâche et n’ont pas l’air prêts de s’accorder une pause.

D’autant plus que Biffy Clyro embraie par l’incontournable single « 57 », extrait de l’œuvre introductive « Blackened Sky ». L’occasion pour quelques casse-cous de donner le signal de départ du crowdsurfing. Difficile ensuite de poursuivre par des morceaux plus calmes. Ayant chauffé à blanc l’assistance, les trois Ecossais doivent affronter un public dissipé qui ne prête que peu d’attention à « Machines », « God & Satan » ou « Now I’m Everyone », pourtant sublimes. A ces titres, le public belge préfère les défouloirs « Justboy », « Glitter & Trauma » ou encore « Semi-Mental ». La plupart des chansons sont reprises en chœur par la foule. Les trois gaillards se montrent plutôt surpris d’un tel accueil et finissent alors par injecter davantage de hargne dans leur prestation. Il faut dire que le public est autrement plus dynamique que celui qui les avait accueillis lors de leur prestation à la Rotonde du Botanique, en 2007.

La formation clôture son set par les singles « Saturday Superhouse » et « The Captain », procurant à leurs fans, une ultime occasion de se rentrer dedans. 2009 s’achève donc dans un tourbillon de riffs et de sueur, comme il se doit. Il aura fallu près de neuf ans à Biffy Clyro pour s’imposer ; et, au vu de l’effet produit par leurs hymnes sur le public belge particulièrement chaud, la mission est bel et bien accomplie.

(Organisation Vk*)

 

The Flaming Lips

Embryonic

Écrit par

Il faut avouer qu’après avoir écouté une première fois le douzième elpee studio de la formation d’Oklahoma City, j’étais un peu décontenancé. En fait, il y a un bon bout de temps que le groupe n’avait plus commis de disque aussi alternatif. C’était en 1997. Un drôle de projet baptisé « Zaireeka » et subordonné à la technique du ‘surround sound’. Pour la circonstance, les quatre cds devaient être écoutés en même temps sur quatre systèmes sonores différents. Mais en se grattant un peu la tête, il faut reconnaître que la discographie antérieure, commise à cette période était encore plus aventureuse et audacieuse. A l’instar de celle du Mercury Rev originel. Donc finalement, la surprise n’en était finalement pas une. Mais un juste retour aux sources…

« Embryonic » est double. Et recèle 18 plages. Après avoir lu de nombreuses chroniques rédigées par toute une série de magazines spécialisés, j’ai presque cru que les Flaming Lips s’étaient contenté d’écouter en boucle l’œuvre complète du Pink Floyd, pour concocter un tel opus. Conclusion facile lorsqu’on sait que Wayne Coyne a déclaré vouloir enregistrer une nouvelle version du « Dark side of the moon ». Mais largement insuffisante, lorsqu’on analyse soigneusement le contenu de ce disque.

Du Floyd, on en retiendra « Evil » et « If », interludes empreints de douceur, réminiscents de « The Wall ». Le torturé et lugubre « See the leaves », manifestement inspiré par « More ». Et puis l’une ou l’autre trace ‘floydienne’ disséminée aux quatre coins de l’œuvre. Dont les harmonies vocales éthérées, sinusoïdales, si caractéristiques de « The Piper at the gates of dawn ». Et puis d’inévitables envolées semi-spatiales, semi-psychédéliques, tentaculaires, rencontrées sur « Animals ». La trame est posée. Reste maintenant à en déceler les subtilités. D’autant plus que la solution sonore emprunte autant au free jazz (Miles Davis, Coltrane), à la noisy (Sonic Youth), à l’électro (Kraftwerk), au krautrock (Can) qu’à la prog (King Crimson et les ‘frippertronics’ du tandem Brian Eno/Robert Fripp, mais également Todd Rundgren). J’allais oublier : et le psychédélisme. Sous toutes ses formes ! Wayne refuse de reconnaître avoir concocté un concept album. Mais quand on traite tout au long d’une même œuvre, de la force, de la faiblesse, de la liberté, de la responsabilité et du chaos (NDR : tiens, un thème auquel se réfère également Mercury Rev), on est en droit de se poser des questions. Une philosophie développée par le mathématicien Thorsten Wörmann, particulièrement branché sur le sujet ; et dont un discours est collé sur « Gemini syringes ». Bref, Coyne a peut-être envie de brouiller les pistes pour mieux nous mener en bateau (NDR : ou en vaisseau spatial, si vous préférez !) Mais bon, c’est aussi une belle manière de ne pas dévoiler toutes les facettes de son imagination débordante. Lors des sessions d’enregistrement, Karen O des Yeah Yeah Yeahs est venue poser quelques feulements sur deux titres, alors que MGMT a participé à la confection de « Worm mountain », une chanson atypique, tour à tour hymnique et participative (Arcade Fire ?), furieuse, puis menaçante. Afin de ne pas vous noyer de références, je ne vais pas décortiquer chaque compo. Je vous laisse le soin de découvrir, plage après plage, un des albums les plus complexes et créatifs de l’année. Peut-être de la décennie…

 

Dead Man’s Bones

Dead Man’s Bones

Écrit par

Que serait le « Monster Mash » de Bobby Picket repris par Arcade Fire accompagné d’un clip vidéo réalisé par Tim Burton ? Ou le « Murder Ballads » de Nick Cave, réinterprété par une chorale de sales mioches se gavant des bouquins de la série « Chair de Poule », tout en écoutant inlassablement cette version imaginaire de « Monster Mash » ? Ou encore si Karen O and The Kids avaient confondus la B.O. de « Where The Wild Things Are » avec celle de « The Omen » ? Pas de doute. Le résultat serait, à peu de choses près, comparable à l’immense premier essai de Dead Man’s Bones.

Le projet est né de la rencontre entre le musicien Zach Shields et Ryan Gossling, connu essentiellement pour sa carrière cinématographique presque impeccable (« Lars And The Real Girl », « The Notebook », « The United States Of Leland », ou le génial « Half Nelson » pour lequel il a été nominé aux Oscars). Obsédés par la musique et les films d’horreurs, Shields et Gossling se sont mis en tête de créer la bande son parfaite pour effrayer leurs petites sœurs. Après avoir recruté les gamins de la chorale du Silverlake Conservatory Of Music, la formation Californienne a établi une série de règles à suivre durant l’enregistrement studio de la galette. Ainsi, le duo n’a réclamé aucune aide extérieure sinon celle d’un producteur. Les guitares électriques ont été mises au ban et chaque morceau a dû être enregistré en trois prises maximum. Des règles qui ont produit leur petit effet tant « Dead Man’s Bones » est une œuvre spontanée, intense et inventive, comme en témoignent les ‘monstrueux’ « Flowers Grow Out Of My Grave », « In The Room Where You Sleep » et « Lose Your Soul ».   

Emmené par les singles, « My Body’s a Zombie For You » et « Dead Hearts », l’éponyme de Dead Man’s Bones est parcouru de morceaux macabrement poétiques et aux intitulés tous aussi évocateurs les uns que les autres. Les morts-vivants, les loups-garous, les monstres assoiffés de sang et autres créatures de la nuit s’y côtoient pour tourner en ridicule les pauvres mortels s’aventurant au-delà des limites du territoire tracé par ces premiers. Et pas besoin d’attendre Halloween pour s’envoyer cette formidable galette tout à fait intemporelle. Alors qu’ils étaient très souvent justifiés jusqu’ici, Gossling balaie magistralement tous les préjugés entourant les vedettes d’Hollywood qui se mettent en tête de pousser la chansonnette.

« Dead Man’s Bones », un essentiel de 2009 ? Pour ma part, le duo a déjà décroché la seconde place de mon classement annuel. Et c’est amplement mérité !

Jello Biafra

The Audacity of Hype

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Jello Biaffra a été le chanteur des Dead Kennedys de 1978  à 1986. Mais ce n’est pas son seul méfait. Activiste, politicien, militant écologiste, membre du parti ‘vert’ américain, il est aussi le fondateur et le boss du label Alternative Tentacles. Biaffra n’a jamais été avare de démonstration en ce qui concerne ses opinions, que ce soit dans la musique, dans ses disques consacrés aux ‘spoken words’ ou lors de ses actions politiques ‘coup de poing’. En 1979, il se présente comme candidat à la mairie de San Francisco. Il décroche la quatrième place sur dix candidats, en proposant un programme que de nombreux électeurs avaient pris pour un canular (obliger les hommes d’affaire à travailler avec des masques de clowns, bannir toutes les voitures de la ville, autoriser l’occupation des édifices vacants par les sans-abris ou plébisciter les policiers de quartiers). En 1999, il participe aux mouvements de protestation dénonçant les dérives de l’Organisation Mondiale du Commerce, à Seattle. En 2000 il se présente à la présidence de l’investiture du ‘green party’ (sans succès).

La musique des Dead Kennedys est un véritable pamphlet contre une certaine politique américaine. Il y condamne, avec un humour plus que corrosif, toutes les dérives du système capitaliste. Les titres des chansons et les pochettes des albums sont de véritables coups de poings décochés à la face des Yankees. La pochette d’« Holidays in Cambodia » représente une scène de torture, celle de « Plastic Surgery Disasters » le corps d’un enfant souffrant des affres de la famine. En 1986, après avoir divorcé dans la douleur (financière) des Dead Kennedys, il participe à un nombre incroyable de projets musicaux comme LARD où il fricote l’indus en compagnie d’Al Jourgensen de Ministry ou Tumor Circus. Il enregistre des albums en compagnie des punks canadiens de D.O.A, de NoMeansNo, des Melvins et bien d’autres. Formé début 2009, Jello Biafra and the Guantanamo School of Medicine constitue son premier véritable groupe depuis la mort des ‘Kennedys’, en 1986. On retrouve dans ce groupe toute l’essence de la personnalité de Monsieur Biaffra. Le patronyme du groupe ‘Jello Biafra et l’école de médecine de Guantanamo’ reflète parfaitement son goût pour l’humour noir. Un patronyme qui dénonce le système américain en huit petits mots. Le titre de l’album : « The Audacity of Hype » fait référence au livre de Barack Obama : « The Audacity Of Hope ». Il démontre bien que le vieil activiste punk n’a toujours pas peur de s’attaquer au pouvoir en place. Le livret de la pochette lui-même est du même acabit que celui des disques des Dead Kennedys : un patchwork de textes de chansons, de photos choc, de dessins et de coupures de journaux qui seraient hilarantes si elles n’étaient pas aussi désespérément navrantes pour la culture américaine. Un concept qui porte sans conteste la patte du punk rocker légendaire. Les textes dénoncent : racisme, stupidité, pollution et paranoïa américaine liée au 11 septembre. Tous les fers de lance du combat Jello y sont exposés. Pour véhiculer ses idées, Biafra se sert de ce qu’il fait de mieux : du Punk. Déjanté et virulent. Pas si éloigné de celui des Dead Kennedys. Il lui serait d’ailleurs difficile d’emprunter une autre méthode, vu son timbre de voix aussi atypique. Certains des titres proposés ici auraient très bien pu figurer sur « Plastic Surgery Disasters » ou « Frankenchrist ». Les parties de basse ont été enregistrée par Billy Gould. Depuis, il a rejoint ses compagnons de Faith No More. Les guitares, moins folles mais bien plus acérées que celles des Dead Kennedys, se fendent souvent de soli de guitares plus métal que punk. « The Audacity of Hype » ne pourra que plaire à ceux qui ont un jour trippé sur la musique des Kennedys Morts.

A 51 ans bien tassés, Jello Biafra n’a rien perdu de sa superbe ni de son intégrité. Si, un jour, sur terre, il ne reste qu’un seul véritable punk, sans conteste, ce sera lui.

Doppler

Songs To Defy

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Les Lyonnais de Doppler se réclament de la scène Noise Rock, ce qui, selon votre serviteur dessert largement leur réputation. Le ‘Noise Rock’ trahit une connotation bruyante et approximative ; ce qui et loin d’être le cas de la musique de Doppler. Certes « Songs to Defy » fait du bruit. C’est probablement la marque de fabrique du groupe. ‘Il faut que ça gueule’, dit le sample d’introduction de « We Are Not Sick », le titre d’ouverture de l’elpee. Cependant, ce disque n’a rien d’approximatif. Tout y est maitrisé à l’extrême. Le jeu des instruments est excellent. Epoustouflante, la section rythmique basse/batterie est groovy et jazzy à la fois. Surtout lorsqu’elle est agrémentée de percussions aussi dansantes qu’inattendues. Les parties de six-cordes sont inventives ; à des lieues de ce que l’on est en droit d’attendre d’une formation se prétendant ‘bruitiste’. Les compositions font la part belle à des errances instrumentales sombres, hypnotiques et envoûtantes. C’est probablement la voix, trafiquée et saturée, qui rappelle le plus l’appartenance ‘autoproclamée’ du groupe à la scène noisy.

Alors, Noise Rock ? Peut-être, mais aussi post-rock, math-rock, rock-indus, rock-alternatif. Doppler réunit toutes ces étiquettes à la fois. Un groupe bien meilleur que ce qu’il aime vouloir incarner. A découvrir !

 

Dixon

Temporary Secretary

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Boss de l’écurie berlinoise Innervisions, Dixon est une figure de proue dans l’univers de la house teutonne. C’est certainement aujourd’hui un des meilleurs DJs de la planète ; et il le démontre une nouvelle fois sur sa nouvelle compilation « Temporary Secretary ». Un mixtape bien fichu et très personnel, digne du « Body Language Volume 4 » compilé pour le label Get Physical. Ici, Dixon, comme un très bon DJ, conte une histoire que l’auditeur voudrait éternelle tant le set (qui reste pourtant simple) est parsemé d’étapes voluptueuses et riches en musique.

Le mix s’ouvre par « Ongou », un titre signé Icasol. De manière lente et répétitive il vient se fondre sur le tribal et dark « If I Had A Heart » de Fever Ray. Le conte se poursuit par un enchaînement entre le remuant « Let Me Show Ya » de Jazzanova et la pépite house « Something About You (Henrik Schwarz Remix) » de Daniel Paul. Lors de ce parcours toujours aussi jouissif, on rencontre le très deep et transcendant « Hazel (Ewan Pearson's House Remix) » de Junior Boys mais également le méditatif « Law Of Return » de Peter Kruder. L’histoire s’achève par le « Sepiaphone » de Tokyo Black Star, qui sur un fond deep présente quelques sonorités à l’intensité ‘kraftwerkienne’. En 14 titres, Dixon nous révèle ses compétences techniques, mais également musicales ! Un recueil qui ne paie pas de mine, mais croyez moi, digne d’intérêt…

Adorned Brood

Asgard

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Le label Black Bards Entertainment continue, petit à petit, son travail de restauration de l’œuvre d’Adorned Brood. Ces ménestrels Allemands de l’extrême sont l’un des premiers groupes à avoir inclus une flûte dans leur black métal épique ; et ce, dès 1993. Ils sont donc, juste après les Anglais de Skyclad, l’un des premiers groupes de Folk Metal.

Après « Hiltia » (1996) et « Wiegand » (1998), réédités fin 2008 sur un seul Cd, c’est l’album « Asgard » (2000) qui a droit à sa cure de jouvence. Afin de rendre ces initiatives intéressantes, les opus sont souvent enrichis de bonus et de surprises. Il faut bien avouer que, pour la circonstance, Black Bards Entertainment ne s’est pas foulé. En bonus, on a droit à deux vidéos format mp4, enregistrées ‘live’ au Celtic Rock Festival 2009. Pas vraiment de quoi pavoiser. Surtout qu’Ingeborg Anna, la flûtiste/chanteuse et principal centre d’intérêt du groupe ne participait pas au concert ce jour là. Ceux qui possèdent déjà l’album original peuvent clairement passer leur chemin.

Par contre, si vous ne détenez encore aucun disque du groupe, il est clair qu’« Asgard » est l’œuvre d’Adorned Brood à se procurer impérativement. Bien plus travaillé que ses deux précédents, c’est un véritable petit bijou folk et extrême. Alternant accès de black métal furieux et ambiances folk atmosphériques où les chants clairs masculins et féminins donnent la réplique à la guitare sèche, à la flûte et au grand piano, Asgard est une véritable réussite. Probablement le meilleur elpee du combo germanique.

 

Heathen Foray

The Passage

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J’ai beau vérifier, l’Autriche n’est toujours pas un pays scandinave. Pourtant, Heathen Foray, combo originaire de la ville autrichienne de Deutschlandsberg, vient de se fendre d’un opus Viking métal que l’on croirait tout droit issu des studios d’enregistrements de l’extrême nord de l’Europe. Musicalement, le sujet est parfaitement maitrisé. Le Death Metal puissant aux relents folkloriques d’Amon Amarth est combiné aux mélodies Viking métal de Falconer et de Mithotyn. Comme chez ces trois groupes, pas d’instruments traditionnels ni même de claviers. Pas d’artifices. Le ton folk est créé à la six-cordes électrique uniquement. Les riffs, taillés à la hache, sont le plus souvent mid-tempo et accompagnés de soli aussi fluides que l’hydromel. Côté vocaux, le Viking autrichien ne fait pas dans la dentelle : rien que du ‘grunt’ death métal gras et colérique. Pas de chant clair, ni de voix féminines pour adoucir le propos. Le son est puissant et clair. Pour un premier album, « The Passage » est une véritable réussite. A classer quelque part entre le « Gathered Around the Oaken Table » de Mithotyn et le « Fate Of Norns » d’Amon Amarth.

 

Nurses

Apple’s Acre

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Comme la plupart des jeunes issus de ma génération, je dispose d’un lecteur me permettant de savourer la musique quand je veux et où je veux ; rendant ainsi mes déplacements plus agréables. Appareil d’autant plus utile lorsqu’il s’agit de découvrir les cds à chroniquer. Mais vu la mémoire limitée de ce lecteur, la plupart des albums ne sont stockés que durant quelques semaines. Juste le temps de les écouter et de les analyser. Avant d’être remplacés. Une minorité d’œuvres y sont quand même conservées. Parce que je les apprécie tout particulièrement. Et « Apple’s Acre », le dernier long playing de Nurses, bénéficie de ce privilège…

Natifs de Portland (Oregon), Aaron Chapman et John Bowers avaient édité un elpee autoproduit, il y a deux bonnes années. Depuis, le duo a engagé un percussionniste (Jonas Mitchell), puis signé chez Dead Ocean, un label qui a franchement le nez creux pour dénicher de nouveaux talents. En se servant d’instruments conventionnels (piano, guitare, etc.), mais surtout insolites, Nurses élabore une pop à la fois minimaliste et psychédélique. Les mélodies sont, en outre, contagieuses. Mais le point fort de ce combo procède des vocaux échangés par les deux membres fondateurs. En jouant constamment sur les différentes tonalités tout en superposant des boucles, ils parviennent à modeler de véritables petits bijoux. A l’instar de « Bright Eyes », digne du meilleur d’Animal Collective. Du beatlenesque « Lita » ou encore de « What Then » plus proche d’un Le Loup. Au fil de l’écoute, d’autres influences sont très susceptibles de vous traverser l’esprit. Celles de Menomena voire de Yeasayer, notamment. Néanmoins, Nurses a le bon goût de retravailler constamment ces références, afin de rendre sa solution sonore la plus originale possible. D’ailleurs, à chaque nouvelle écoute, on y décèle certaines subtilités qui n’étaient pas apparues, la précédente…

 

Warfect

Depicting The Macabre

Écrit par

Warfect est originaire de la petite ville d’Uddevalla, sise au sud ouest de la Suède. Officiellement formé en 2009, ce combo trash métal a cependant déjà édité deux démos sous le nom d’Incoma entre 2003 et 2008. Le changement de patronyme était apparemment judicieux, puisqu’il a permis au combo de décrocher un contrat chez le label italien My Kingdom Music. « Depicting The Macabre » est donc son premier album officiel, et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Avouant être très influencé par la scène trash ‘old-school’, Warfect voue un culte aux riffs speedés, aux changements de tempi, aux soli de guitare acérés et à la batterie marteau piqueur que l’on pouvait apprécier sur les premiers essais de Metallica, Slayer et Megadeth. Loin de copier ses aînés, le gang suédois insuffle un puissant côté hardcore moderne à son trash métal et va même parfois jusqu'à flirter avec le death métal à la suédoise. Le chant de Fredrik Wester (NDR : anciennement guitariste chez les black métalleux de Lord Belial), évoque souvent à celui de Tom Araya (Slayer) ou verse carrément dans le hurlement hardcore et colérique. Puissant et violent, le quatuor insuffle parfois quelques bribes de finesse dans ses compositions. A l’instar du final acoustique d’« Heathen’s Reign » ou de la power ballade très ‘zakkwyldienne’ « Never To Return ». Bien qu’il ne soit pas le groupe le plus révolutionnaire de la planète, Warfect mérite toutefois que l’on s’intéresse de près à son cas.

TV Buddhas

The Golden Period

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Originaires de Tel-Aviv, mais fraichement débarqués de Berlin, leur terre d’accueil, les TV Buddhas publient « The Golden Period », une première œuvre pétaradante entre stoner, noise et rock hallucinogène. Mickey Triest (elle) et Juna Haring (lui) suivent définitivement les traces de formations telles que Kyuss, SunO))) voire un Black Sabbath plus défoncé que d’ordinaire. « The Golden Period » délivre une série de neufs morceaux bruyants, graisseux et parfois planants, nappés de vocalises féroces se mariant parfaitement aux mélodies saturées.

Le seul problème, lorsqu’on a déjà vu la formation se produire sur les planches avant même d’écouter ce disque, est que ce « Golden Period » ne rend que très peu justice aux prestations ‘live’ du duo. Sur scène, TV Buddhas se transforme en véritable machine de guerre. Leurs compositions deviennent alors d’énormes bombes à retardement qui pètent à la tronche avant même de comprendre ce qui est en train de se passer. Et s’ils arrivaient à transposer toute cette énergie sur bande au cours de leurs prochaines sessions studio, le prochain recueil de TV Buddhas pourrait bien être la grosse claque venue de nulle part.

 

AC/DC

Back Tracks (Box Cd + Dvd)

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Ça sent bon le sapin et les marrons chauds du côté des frères Young. Depuis une juteuse signature en 2002 chez Sony, on a tendance à sortir un peu tout et n’importe quoi pour rentabiliser la plus grosse machine du hard rock ‘classique’. Citons les Dvds « Family Jewels » et « Plug Me In » ou encore le plus récent box ‘boîte à biscuit’ de l’excellent « Black Ice ». Le portefeuille des fans est cependant mis à lourde contribution.

Bien que la formule ‘faire du neuf avec du vieux’ est toujours bien de mise, la version light de « Back tracks » (il existe une édition de luxe disponible sur le site du combo) n’est pas sans intérêt, car elle recèle du véritable matériel inédit et des titres collectors. Sous sa housse en forme d’ampli de guitare on découvre de véritables trésors.

Attardons-nous tout d’abord sur les deux Cds audio dont le premier propose douze raretés studio datant de 74 à 2000. Quel bonheur de pouvoir enfin écouter, en bénéficiant d’une qualité de son impeccable, « Stick Around » et « Love Song », disponibles à l’époque sur la version australienne de « High Voltage ». Le surprenant « Flig Thing » figurait en face B du single introuvable « Jailbreak » (77), tout comme « Carry Me Home » sur la deuxième face du 45 tours australien de « Dog Eat Dog », paru la même année. Si l’ère Brian Johnson passionne moins les puristes d’AC/DC, on se délecte néanmoins de « Snake Eye » et de « Borrowed Time », jusqu’à présent uniquement connus des fans australiens. L’irrésistible « Big Gun », produit par Rick Rubin, s’était distingué, fort d’un riff implacable, sur la B.O. du film « Last Action Hero ». Autre rareté pour clôturer ce chapitre : « Cyberspace ». Un titre bonus édité sur l’extended Cd single « Safe in New York City ».

Bourré de raretés live, le Cd2 est un pur bonheur ! Ouverture en fanfare par « Dirty Deeds done Dirt Cheap », à l’origine dispo uniquement sur un promo datant de 76. Suivent « Live Wire » et une version survitaminée de « Shot Down in Flames ». Les collectionneurs les plus chanceux possèdent peut-être le single de « Beating around the Bush » et son étrange face B lisible en 33trs. Plus facilement ‘dégotable’ dans les conventions : « Back in Black » et la version speedée de « TNT » déjà savourées par les détenteurs du maxi single vinyle de « Let’s Get it Up ». Parmi les titres rarement interprétés live, nous épinglerons « Guns for Hire », « This House is on Fire », « Jailbreak » et « Safe in New York City ». A l’écoute de ces deux brûlots on n’a vraiment pas la sensation d’avoir grillé 35€ pour de la daube.

Le Dvd « Family Jewels » s’avère un tantinet plus anecdotique. On y retrouve les vidéos clips des plus grands classiques de la période plus récente d’AC/DC, soit des trois derniers albums studio, et quelques bonus de bon aloi (« It’s a long Way to the Top », « Guns for Hire » et le clip promo de « Highway to Hell »).

N’oublions pas le magnifique livret de 36 pages et son lot de photos d’archives, de tickets de concerts, de pass backstage, etc. Véritable fruit du hasard ? La partie consacrée à Bon Scott est foutrement plus soignée que celle dédiée à Brian Johnson. Quant à la version Deluxe de ce « Backtracks », nous émettrons quelques réserves quant à son coût prohibitif et à son mode de commercialisation.

Vu son prix et sa qualité, contentez-vous de cette version plus légère qui recèle l’essentiel de ce nouveau produit qui vise réellement à en donner plus aux vrais aficionados. Une bien belle pièce de collection…

 

YACHT

See Mystery Lights

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Il a pris son temps, mais il y est finalement parvenu. Jonathan Bechtolt, délivre enfin le disque de la reconnaissance. Et il n’aura fallu qu’un tube (« Summer Song ») et une tournée accomplie en compagnie de LCD Soundsystem pour que la presse spécialisée s’intéresse enfin au cas YACHT. Après une poignée d’Eps et trois recueils pour le compte de Marriage Records, YACHT a été accueilli à bras ouvert par le label DFA, plus à même de lui offrir la promo qu’il mérite. Bechtolt a alors recruté Claire Evans pour l’aider à bidouiller « See Mystery Lights », un quatrième ouvrage exponentiellement addictif. Bechtolt reprend ici les ingrédients qui ont fait les beaux jours de sa précédente formation, The Blow, en y injectant une dose déraisonnable et jouissive de phéromones auditifs.

Véritable petite curiosité, « See Mystery Lights » réunit huit morceaux (et deux remixes) déments et décalés dont la pierre angulaire se présente sous le titre de « It’s Boring / You Can Live Anywhere You Want », une capsule schizophrène, itérative et obsessive, du même acabit que les travaux de Pixeltan. Au même titre que l’implacable « Summer Song », un morceau qui met à rude épreuve la touche ‘repeat’ des platines. En concoctant ce « See Mystery Lights » abrasif, YACHT, qui compte parmi ses fans James Murphy (of course), Devendra Banhart ou encore Architecture In Helsinki, se place désormais comme l’un des incontournables de la scène electro-subversive.

 

Al Basile

Soulblue 7

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Al est un artiste complet. Trompettiste (NDR : il joue surtout du cornet !), chanteur et compositeur, il jouit également d’une solide réputation comme écrivain et poète. Il a milité au sein du Roomful of Blues, le célèbre big band de Rhode Island. Il a ensuite embrassé une carrière de professeur. A la fin des années 80, le célèbre guitariste Duke Robillard lui demande de l’épauler. Et notre artiste de reprendre goût à la carrière musicale. Il concocte ainsi "Down at Providence Plantation", son premier elpee solo, en compagnie du Duke Robillard Band au grand complet. Depuis, il édite régulièrement de nouvelles œuvres, dans un style, à chaque fois, sensiblement différent.

Vous l’aurez deviné, ce "Soulblue 7" constitue le septième chapitre de cette aventure personnelle. Pour la circonstance, il est consacré au blues et à la soul. Lors des sessions d’enregistrement de cet elpee, il a bénéficié du concours de collaborateurs notoires. Et pour cause, le Roomful of Blues a été pratiquement reconstitué. Soit le guitariste Robillard, le bassiste Marty Balou, le drummer Mark Teixeira, le claviériste Bruce Katz et trois cuivres tout aussi balèzes ; en l’occurrence Rich Lataille au sax alto, Doug James au sax ténor et baryton ainsi que Carl Querfuth au trombone. Al signe bien entendu les treize plages ; son ami Duke, se chargeant de la mise en forme.

"Housekey blues" est une ouverture royale. Les percussions de Marty s'installent et progressivement Duke égrène ses chapelets de notes sur le rythme d'un mambo. La voix d'Al est claire et puissante. Le décor sonore s’enrichit des cuivres et de l'orgue Hammond. Basile se réserve son premier billet de sortie. La sonorité émanant de son cornet est feutrée. Il cède aussitôt le relais à Bruce, avant que Duke n’embraie à son tour. "Dollar to a dime" trempe dans un climat subtilement swing. Le ton est emprunté au jazz. Les cuivres sont discrets. Katz est passé au piano. Le cornet s’affranchit à nouveau. Al est bien un maître de cet instrument ; même si dans le passé il l’a trop peu souvent mis en exergue. "You showed me something" épouse un même profil rythmique. Très jazz cette compo conjugue à merveille le piano et le sax ténor de Doug James. Mais Basile y manifeste également son talent naturel d’instrumentiste. Et honnêtement, je pense qu’il s’agit de la première fois qu’il montre autant le nez à la fenêtre. Slow blues royal, "Lonely are the brave" concède des accents dramatiques, presque tragiques. La six cordes de Robillard est émouvante. Le cornet magique d'Al bouleversant. C’est beau à pleurer ! Cette condamnation à la solitude trahit une telle intensité et une telle profondeur dans l'expression des sentiments éprouvés par les différents acteurs. "I hope you're right" emprunte une forme davantage R&B. Dansante même. Le climat presque pop semble couler de source et accorde des billets de sortie épatants à Duke et Bruce. Et on n’est pas au bout de nos surprises, puisque le reggae s’invite pour "Causing joy". Profilée sur une rythmique répétitive, "This dream (still coming true)" est une longue fresque illuminée par l’intervention au cornet et tapissée par l'orgue à la Jimmy Smith de Kats. Ballade lente, savoureuse, impeccable, "Where are you tonight?" pioche dans le meilleur de Stax. Une chanson d’amour qui transpire le vécu. Invité pour la circonstance, Gordon ‘Sax’ Beadle vient souffler toute sa passion dans son sax ténor. L’étiquette ‘Stax’ pourrait également être collée à "Give it like you get it". Du Memphis R&B très dansant, libérant énormément de groove et destiné à servir de rampe de lancement au cornet devenu intenable. Et le Duke en profite pour se réveiller. Indolente, chaleureuse, "Fool me again" est encore une autre ballade au cours de laquelle tous les instruments s'emboîtent parfaitement. Alors que l'opus s’achève, une étincelle basique de blues jaillit. Et enflamme "Termites in my basement", un morceau très downhome et dépouillé. La section rythmique est discrète mais efficace. Les cordes acoustiques et les accords de piano judicieux. Et c’est l’ami Sugar Ray Norcia en personne qui vient souffler dans l’harmo. Si « Soulblue 7 » n’était pas signé Al Basile, on pourrait le considérer comme le meilleur album de Roomful of Blues, édité depuis bien longtemps ; mais inutile de polémiquer, les mélomanes en tireront eux-mêmes les conclusions… Excellent!

Monsters Of Folk

Monsters Of Folk

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Depuis le début des années 2000, les projets de supergroupe ne cessent de se multiplier. Tous veulent unir leurs forces créatives dans le but de délivrer l’un ou l’autre recueil potentiellement incontournable. L’initiative peut s’avérer aussi bien fructueuse pour certains (Tomahawk, Last Shadow Puppets, The Dead Weather, The Raconteurs, Them Crooked Vultures…) que mitigée voire totalement dispensable pour d’autres (Velvet Revolver, Audioslave, Mongrel, +44, …) Monsters Of Folk est l’une des dernières formations à s’inscrire dans cette mouvance. Et, ironique ou pas, les petits gars avaient plutôt intérêt à assurer en affichant un nom pareil. D’autant que le projet aura germé près de cinq ans dans l’esprit de ses géniteurs. C’est en effet en 2004 que M. Ward, Jim James (My Morning Jacket), Conor Oberst et Mike Mogis (Bright Eyes) ont uni leurs forces pour la première fois lors d’une tournée commune. Cinq années plus tard paraît « Monsters Of Folk », l’aboutissement de cette collaboration presque inévitable.

L’union des quatre songwriters débouche sur une jolie suite de morceaux alt-country et, forcément, folk dont la force réside en des mélodies simples et harmonieuses, rappelant souvent les travaux de Crosby, Stills, Nash & Young. Oberst, James et Ward se partagent le micro de manière plus ou moins équitable. Le mariage de leurs trois voix s’écoule sans effets et en toute cohérence au cœur de compos entêtantes (« Map Of The World », « Say Please », « Man Named Truth », « Whole Lotta Losin’ »…), quand elles ne sont pas tout simplement électrisante (« The Sandman, The Brakeman And Me », « His Master’s Voice », …). Une petite ombre se dresse cependant sur le tableau. Le morceau le plus excitant de la plaque, l’hautement magnétique titre d’ouverture « Dear God (Sincerely M.O.F.) » porte la patte ‘My Morning Jacket’ de la première à la dernière note. Big Jim tenterait-il de piquer la vedette à ses collègues, l’air de rien ?

 

D.O.A.

Kings Of Punk, Hockey and Beer

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D.O.A. est le plus légendaire des groupes punk/hardcore canadiens. Actif depuis 1978, Joey ‘Shithead’ Keithley, le guitariste/vocaliste et unique survivant du combo originel a toujours défendu, dans sa musique et dans ses actes, des opinions bien tranchées sur des causes aussi diverses que le racisme, la globalisation, la liberté d’expression ou l’environnement. Pour son nouvel album, le keupon du grand nord a décidé d’adoucir un peu le ton en parlant des autres sujets qui lui tiennent à cœur : le punk, le hockey et la bière. Qualifier « Kings Of Punk, Hockey and Beer » de ‘nouvel album’ est peut-être un peu exagéré ; car il ne s’agit en fait que d’une compilation de titres déjà publiés sur d’autres disques ou d’inédits dont le point commun se situe dans le traitement des mêmes sujets. C’est-à-dire les deux sports nationaux canadiens. A savoir : le hockey et l’ingurgitation de bière au litre. Si cet opus ne réinvente pas vraiment la roue, il a quand même le mérite d’être extrêmement sympathique. Treize titres punk, ‘old school’, entraînants et donnant une furieuse envie de chanter à tue-tête. Comme pour les règles du hockey, il faut probablement être canadien pour comprendre toutes les ‘subtilités’ et allusions contenues dans les textes se référant au hockey. Pas grave, on se rabattra sur ceux qui parlent de bière.

 

Cumulo Nimbus

Totensonntag

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Nos voisins allemands sont très friands de Métal Médiéval. On ne compte plus les formations germaniques pratiquant ce style, dont les plus célèbres représentants répondent aux noms d’In Extremo, Subway To Sally, Morgenstern, Schandmaul et Adaro. Les Bavarois de Cumulo Nimbus sont les derniers à vouloir s’essayer au petit jeu de la fusion du métal lourd et des instruments médiévaux authentiques. Cherchant probablement à se montrer un peu plus subtil que ses compatriotes, le sextet qualifie sa musique de ‘Renaissance Metal’ plutôt que de ‘Medieval Metal’. Aux instruments traditionnels du heavy métal, comme la guitare, la basse et la batterie, viennent donc se greffer des flûtes, une cithare, des percussions, quelques cuivres et un violon. Ce dernier, plus présent que les autres instruments, rapproche le style de Cumulo Nimbus de celui de Subway To Sally. Les vocaux, partagés entre la quasi-totalité des membres du groupe sont chantés en allemand. Un choix pas très séducteur, il faut le reconnaître. Bien qu’agréable à écouter, « Totensonntag » n’apporte pas grand-chose de plus à la pléthore de disques existant déjà dans ce genre où tout semble avoir déjà été fait. Sympa, sans plus.

 

The Rebel Yell

Love & War

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Derrière The Rebel Yell se cache James Poyser, un travailleur de l’ombre dont la carrière a déjà été récompensée d’un Grammy Award. Fatigué de traîner dans les coulisses pour le compte de Queen Latifah, The Roots, Common, Erykah Badù ou encore D’Angelo, Poyser agrippe le projecteur et le tourne en direction de son nouveau projet. « Love & War » nous est présenté comme un condensé de ‘misfit R’n’B’ (R’n’B décalé), se dressant contre les clichés du style.

Certains morceaux (« Children Of The Stars », « Army Of Misfits », « Spend The Night », « Everybody’s Doing It ») font honneur à un genre qui, malgré ce que la bio tente de nous faire croire, ne date pas d’hier. Mais l’ensemble est loin d’être à la hauteur de ses promesses. On pointera essentiellement du doigt l’uniformité et la prévisibilité de plusieurs extraits qui deviennent très vite lassants (« Save The World », « Get Off », « Love & War », le très Black Eyed Peas « Heartbreak 101 », « Denial »). Dès lors, il en faudra beaucoup plus à The Rebel Yell pour arriver ne serait-ce qu’aux chevilles de Outkast, les véritables représentants du ‘misfit R’n’B’.