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New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Heather Nova

The Jasmine Flower

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Mais de quelle pub pour shampoing peut-il bien s’agir ? Est-ce pour nous rappeler qu’elle est née, il y a maintenant 42 ans, aux Bermudes, qu’Heather Nova pose de façon ridicule, nue dans la jungle, sur la photo illustrant la pochette de son dernier album ? Pendant une grande partie de son enfance, la petite Heather a en effet vécu et voyagé à travers les Iles Caraïbes, en compagnie de ses parents. Elle n’est retournée vivre aux States qu’à l’âge de douze ans. Pour y étudier à la Rhode Island School of Design. Ses premiers succès, elle va les rencontrer en Angleterre. A Londres, très exactement. Elle est toujours d’ailleurs relativement inconnue aujourd’hui aux USA. Et sa carrière va vraiment décoller après la sortie de l’album « Siren » et surtout de son tube « London rain », en 1998. Depuis l’artiste a publié quatre autres elpees, dont ce dernier en date, intitulé « The Jasmine Flower ». Un disque paru en octobre dernier, en toute discrétion. A l’instar de son contenu, par ailleurs. Si la voix est toujours aussi belle et maîtrisée, sa pop-folk est épurée à l’extrême. Et pour cause elle se limite à une guitare acoustique et une voix. Enfin presque. Un changement radical de cap après son plus orchestré « Red bird », un disque de piètre facture, gravé en 2005.

Faire une critique objective de cet album est un exercice périlleux. Personnellement, en tout cas. Tout semble parfait, mais tellement lisse. Les mélodies sont jolies. Il y a de l’émotion. J’épinglerai même l’hymnique et mélancolique « Out on a limb », une plage particulièrement réussie. Mais je ne parviens pas à accrocher. Certains médias spécialisés parlent de folk au féminin. Je ne corresponds donc peut-être pas au profil idéal pour analyser ce type de musique. Cette critique parle même d’un retour aux sources réussi. Pourquoi pas ? Si les fans de Miss Nova sont satisfaits, tant mieux pour eux. Mais si cette artiste ne manque pas de talent, ses chromosomes sont vierges (NDR : j’ai dit les chromosomes) de tout gène rock’n roll. Dans ces conditions, difficile de me convaincre…

 

Röyksopp, un duo qui ne manque pas de charme…

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Le nouvel opus du tandem norvégien Röyksopp vient de paraître. Intitulé « Junior », il devrait,  paraît-il, être suivi très rapidement d’une suite. Son titre ? « Senior ». En fait, il s’agit d’hommages rendus à un autre duo nordique baptisé Junior Senior (NDR : souvenez vous de « Move Your Feet » ou encore « Shake Your Coconuts »). Kitch comme la pochette, la musique proposée par Röyksopp (NDR : on y arrivera) devrait agir comme un charme. D’autant plus que les deux Scandinaves allumés ont invité, outre Karin Dreijer Andersson (The Knife), les appétissantes Robyn et Lykke Li…

Trackisting "Junior"

1. Happy Up Here 
2. Girl And The Robot 
3. Vision One 
4. This Must Be It 
5. Royksopp Forever 
6. Miss It So Much 
7. Tricky Tricky 
8. You Don't Have A Clue 

9. Silver Cruiser 
10. True To Life 
11. It's What I Want 

Pour plus d’infos : http://www.royksopp.com

 

Une coulée de Cyprine qui donne l’eau à la bouche.

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Obsédé du son, SvenSson continue sa tournée des émotions. Derrière le coté ‘érotisant’ du nom de l’album, se cache une french-wave blindée en cordes et arrangements flamboyants. « Cyprine », le bien nommé, viendra couler là où l’intimité et le plaisir ont aussi leur place, comprenez les oreilles. Prévu pour fin mars, on peut déjà prendre part au plaisir en tripotant son clavier vers l’adresse http://www.myspace.com/SvenSsonboy, où les préliminaires sont accessibles. Vous pouvez même assouvir un peu de voyeurisme avec la vidéo de Guillaume Carayol pour "Initials PJ" qui est en ligne sur http://www.dailymotion/SvenSsonboy. L’abus ne rend pas sourd.

Tracklisting :

1. Brumes
2. Gô / nô-gô
3. Dig
4. L'ardeur
5. Dalton ames
6. Cyprine
7. Tanzerin trinkerin fickerin
8. Babychka
9. Initials P.J.

10. Dick street

SvenSson sera en tournée dans toute la France dès le 15 avril, à son retour de tournée australienne :

Mer. 15/04 : Toulouse (Bikini) : Theo Hakola + SvenSson + Gecko Palace + Kebous
Jeu. 16/04 : Bordeaux) (Theatre Barbey) : Hurlements d'Leo + Fils de Teuhpu + SvenSson
Ven. 17/04 : Hyeres (Theatre Denis) (Festival des Faveurs de Printemps) : Samy Decoster + SvenSson
Ven. 24/04 : Riom (La Puce à l'Oreille) : SvenSson + Pollen
Sam. 25/04 : Paris (La Scène Bastille) : SvenSson + Lonah + Jerri
Jeu. 30/04 : Bordeaux (Le Fiacre) : SvenSson + Carrousel Palace + Pollen
Sam. 02/05 : Ploermel (Le Thy'Roir) : SvenSson + Pollen
Mer. 10/06 : Toulon (Shannon Pub) : SvenSson + Pollen
Jeu. 11/06 : Marseille (L'Intermediaire) : SvenSson + Pollen
Sam. 13/06 : Carcassonne (Rockadelic) : SvenSson + Pollen
Sam. 20/06 : Longages (Festival) : SvenSson + Jo Meares + Gecko Palace

The Horrors vient de mettre une deuxième couche…

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« Primary colors » le nouvel album des freaks punk-gothiques de The Horrors, signé depuis peu chez XL Recordings, sera dans les bacs dès le 4 mai prochain ! Cet elpee succèdera au très bon « Strange house » paru en 2007. L’opus a été enregistré en compagnie des Chris Cunnigham (NDR : oui, oui, celui qui avait réalisé les vidéos décadentes d’Aphex Twin !) et Geoff Barrow de Portishead.

Tracklisting

Mirror's Image
Three Decades
Who Can Say
Do You Remember
New Ice Age
Scarlet Fields
I Only Think Of You
I Can't Control Myself
Primary Colours

Sea Within A Sea

http://www.thehorrors.co.uk

 

Freaky Age à la recherche d’un nouveau bassiste.

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Le groupe Freaky Age, originaire de Ternat, est à la recherche d’un nouveau bassiste. Dieter Henderickx (Dete) quitte le groupe pour raisons personnelles. Il restera au sein du groupe le temps de trouver un remplaçant prêt à prendre la relève. Les candidatures doivent être transmises avant le 6 avril à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. Condition : vivre pour la musique et avoir entre 17 et 20 ans. Joindre dans le mail un commentaire relatif à sa motivation + photo.

Les candidats retenus recevront un mail les informant du lieu et de la date des auditions.

Le nouveau single « John what’s the use » de Freaky Age fait également l’objet d’un clip. Il s’agit du quatrième et dernier single issu de leur album  “Every morning breaks out”. L’agenda des concerts de Freaky Age est à nouveau bien rempli jusque fin septembre. Outre les dates prévues en Flandre et en Wallonie, quelques showcases ont été prévus à Londres (avril) ainsi qu’une tournée aux Pays-Bas (avec The Undertones en mai).

Les sessions d’enregistrement du nouvel album sont prévues pour le mois d’octobre à Londres. Le disque devrait être dans les bacs quelque part début 2010.

(d’après communiqué de presse)

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/freakyage

Phosphorescent

To Willie

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Révélé à juste titre par « Pride », son opus précédent, Matthew Houck alias Phosphorescent laisse l’anonymat de côté et met les bouchées doubles. En attendant son véritable nouvel ouvrage, prévu dans l’année, le grand barbu met ses psaumes au placard le temps d’un hommage. « To Willie » est une ode à l’œuvre de Willie Nelson, star de la country mésestimée de ce côté de l’Atlantique. Phosphorescent emprunte respectueusement onze morceaux issus de la discographie de Nelson et les retranscrit avec ce flegme qui caractérise le Sud-ricain.

Soutenu par les ‘pedal-steel’ et ses chœurs capiteux, « To Willie » campe une œuvre country tranquille, dont la seule prétention est d’introduire le plus grand nombre au labeur d’une figure de proue de ce genre musical. Un ‘tribute’ respectueux jusque dans les détails, la pochette allant jusqu’à imiter l’artwork de « To Lefty from Willie », un disque que Willie Nelson avait enregistré en 1977 en l’honneur de Lefty Frizzell. « To Willie » n’est probablement pas la meilleure introduction à l’univers de Phosphorescent mais pourrait éveiller l’intérêt de ceux qui, jusqu’ici, ont snobé la carrière de l’artiste célébré. Tout à l’honneur de Houck.  

 

Fever Ray

Fever Ray

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Un village plongé dans une obscurité permanente. Perdu au milieu de nulle part. Des allées et ruelles désertées par l’habitant, barricadé au fond de sa demeure décrépite et affecté par un sentiment d’insécurité hyperbolique. L’air est glacial et le sol boueux. Le souffle du vent a laissé place à une longue plainte émanant de la terre et des cieux. La maîtresse des lieux, étrange et secrète créature, a abandonné sa moitié tranchante et décidé de régner seule sur ce domaine marécageux. Errant sporadiquement sur son territoire, elle envoûte et assujettit les passants malencontreusement égarés de leur route initiale. Ils oublient alors soudainement leurs origines et leur lieu de destination. Condamnés à divaguer éternellement, ils meurent de froid et de faim, rendant leur dernier souffle sous le regard assouvi de la prédatrice.

« Fever Ray » constitue le premier essai en solitaire de Karin Dreijer Andersson. Entretenue par une atmosphère inquiétante, cette œuvre est propice aux idées noires. La Suédoise prouve, en dix morceaux, sa capacité à composer des incantations dignes de The Knife, même sans son frangin. D’ailleurs, les fans qui se sont laissé ensorceler par le ténébreux « Silent Shout » devraient se régaler à l’écoute des brumeux « If I Had A Heart », « Dry And Dusty », « Coconut » ou « Keep The Streets Empty For Me ». « Fever Ray » n’a donc rien de surprenant mais prend aux tripes sans demander son reste.

 

Sebastien Grainger

Sebastien Grainger & The Mountains

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Tandis que Jessee Keeler, son ancien partenaire de crime, a choisi la voie du beat electro tapageur, Sebastien Grainger reste fidèle à ses riffs destructeurs. Enfin presque. L’interprète du très regretté Death From Above 1979 propose un premier essai très attendu ; mais qui, malheureusement, vogue entre deux eaux. Parcourues de lourdeurs et de niaiseries à la limite du power-pop vieillot, des plages comme « I Hate My Friends », « Meet new Friends » ou « (Are There) Ways To Come Home ? » parviennent timidement à susciter l’envie de taper du pied... D’un autre côté, Grainger prouve qu’il est tout à fait capable de faire exploser les baffles d’un coup de corde bien placé. A l’instar des morceaux intitulés « American Names », « Love Can Be So Mean », « Niagara » et « Love Is Not A Contest », autant de petites bombes à retardement.  

Inquiétant quand même : le Canadien n’est jamais aussi bon que lorsqu’il se laisse porter par les synthés et boîtes à rythmes de The Rhythm Method. « Renegade Silence », la plage clôturant l’elpee en est la plus belle démonstration. Grainger en cavalier seul ne parviendrait-il donc plus à susciter l’intérêt ?

Larkin Grimm

Parplar

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Récemment signée au sein de Young God Records (Akron/Family, Angels Of Light, Michael Gira,…), Larkin Grimm fait l’objet d’une bio aussi atypique qu’intéressantes. Née il y a 27 ans de parents hippies en plein cœur du Tennessee, Grimm a vécu ses six premières années sur terre au sein d’une communauté religieuse baptisée ‘l’Ordre Sacré de MANS’. Puis, papa et maman ont émis le désir de changer d’air ; et, après le démantèlement de la secte, ils ont trouvé refuge dans les montagnes Appalaches de Géorgie. La petite Larkin est donc devenue pensionnaire au sein d’un internat chic où elle a pu exploiter son talent musical naissant avant de s’envoler, quelques années plus tard, pour l’Université de Yale. Malgré une bourse conséquente, la jeune femme est rebutée par l’élitisme de l’établissement et décide de faire le tour du monde, avant de poser sa valise et sa tente dans les plaines d’Alaska. Après quelques autres péripéties, la jeune nomade rejoint d’abord le projet de Dave Longstreth, The Dirty Projectors, puis se lance enfin dans une aventure en solitaire, ponctuée de toute une série d’albums-impros pour Secret Eye Records.

Mais venons-en à ce « Parplar », son premier opus signé pour le label Young God. L’œuvre est partagée en quinze morceaux. Elle s’ouvre par « They Were Wrong », une composition qui ne présage rien de véritablement transcendant. La déduction est aussi hâtive qu’inévitable : la biographie de la jeune femme est plus intéressante que le contenu de l’elpee. Mais, dans la foulée, « Ride That Cyclone » rappelle à l’ordre et nous introduit au sein de l’univers à la fois riche et dépouillé de Larkin Grimm. Qui nous réserve alors une série de petites perles dont la majorité ne dépasse pas les trois minutes. « Parplar » nous entraîne alors au beau milieu d’une plaine aride, en plein cœur d’une soirée bio. Les esprits de Devandra Banhart et CocoRosie s’élèvent autour d’un feu de camp tandis que d’étranges créatures aux regards narquois s’assurent que rien ne puisse venir troubler la quiétude des lieux. Larkin est responsable d’un opus 100% naturel et jubilatoire qui jouit de la participation des membres de grandes figures de l’écurie Young God : Old Time Relijun, Angels Of Light et, les derniers débarqués, Fire On Fire. A quand le biopic ?

Marissa Nadler

Little Hells

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Quatrième effet bœuf pour Marissa Nadler qui continue son bonhomme de chemin, hantant les platines de sa voix délicate et de ses arrangements à la fois ombrageux et aériens. « Little Hells » fait suite honorable à l’excellent « Songs III : Bird On The Water », publié en 2007. Ravivant parfois la mémoire d’un Cocteau Twins ou d’un Echo & The Bunnymen, Marissa met parfois son folk en sourdine et se risque à quelques petits retournements pop comme sur les étonnants « Mary Come Alive », « River Of Dirt » et « Mistress », loin de la douce mélancolie dans laquelle elle a constamment plongé l’auditeur jusqu’ici. La jeune Bostonienne possède l’une de ces voix qui traverse le moindre pore de la peau et redresse les poils dans la bonne direction. Les splendides sérénades « Loner » et « Heart Paper Lover », proches de la perfection, justifient à elles seule son statut de figure incontournable de la dream-folk. A écouter, allongé sous les étoiles.

 

Peter, Björn and John

Les visiteurs du mercredi

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Mercredi est par définition, le jour des enfants. Au cours de ma tendre enfance, la télé diffusait « Visiteurs du Mercredi », une émission présentée par Soizic Corne. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis ; mais épisodiquement, de pareilles sensations d’excitation refont surface. A l’instar de celles qui m’envahissaient quelques heures avant le début de l’émission. Comme pour ce mercredi 25 mars 2009, date à laquelle le trio Suédois Peter, Bjorn & John revenait sur nos terres. Flash-back ! Nous sommes en l’an de grâce 2007. Le 12 janvier, plus précisément. A la Rotonde, se produit Holiday For String et Peter Bjorn & John. Ces derniers sont venus défendre « Writer’s Block », un album extraordinaire paru peu de temps auparavant, un elpee sur lequel figurait le morceau d’anthologie « Young Folk ». Ce spectacle demeure un des plus marquants que j’ai pu vivre à ce jour, tant leur condensé d’énergie et de perfection m’avait subjugué. Deux ans plus tard, le combo allait-il réussir l’exploit de communiquer les mêmes sensations ? Je m’excitais grave …

20h06. James Yuill et son bric-à-brac débarque. L’Anglais vient soumettre à l’audience, son album « Turning Down Water For Air », dont notre collègue Antoine avait rédigé la chronique récemment. La guitare retournée sur le dos, on dirait un Nerd en cravate. Sur scène, il ne compte pour seuls compagnons, que son Mac et quelques consoles. Il ouvre son set par une découpe de beats bien pêchus. Alors que tout le monde s’attend au même traitement electronica que celui opéré sur « Turning Down Water For Air », on est entraîné au sein d’un univers sonore proche d’Electric President, un univers propice aux beats débités et saturés à outrance. Au fil de la prestation James Yuill gagne en sympathie. Entre chaque chanson il s’adresse au public de manière fort décontractée. Vantant plutôt les mérites du groupe qui va se produire après lui, que de se la jouer star. Le public est clairsemé. La salle se remplit graduellement. L’humour de l’Anglais passe bien la rampe. James Yuill s’autorise quelques intros dignes de Daft Punk voire de Chemical Brothers. Quant à sa voix, elle se pose naturellement sur les chansons, à la manière d’un Dave Gahan. Comme références, ont a fait pire. 35 minutes et 8 morceaux plus tard (dont un inédit) le set s’achève, alors qu’il était enfin bien en place. Nous aurions aimé en entendre un peu plus ; mais les règles imposées aux premières parties sont implacables : il faut laisser la place aux suivants sans aucune discussion. Néanmoins, il faudra suivre de près ce cabotin de Yuill ; car vu son talent, il devrait faire parler de lui.

Il est 20h40, et les roadies s’affairent. 40 minutes seront nécessaires pour régler le matos. Interminable ! De quoi trépigner d’impatience. La salle commence à se remplir. Et peu de temps avant que le trio ne monte sur les planches, elle est quasi comble. La température monte d’un cran. En jetant un coup d’œil autour de soi, on remarque la présence d’une audience éclectique. Arborant tous les looks. Du quadra à l’ado. Du BCBG à parapluie au chevelu ébouriffé à moitié stone.

21h15, le public est déjà sous le charme des premiers accords de « Just The Past ». Le trio est devant nous. De front. John Eriksson à la batterie, le flegmatique Björn Yttling à la basse et le fringant Peter Morén au chant, au clavier ou à la guitare. Les trois premiers morceaux sont balancés plein pot, à grand renfort de light show. D’abord plus pop, les compos glissent rapidement vers la britpop tendance Beatles. On s’en prend plein la tronche, le sourire aux lèvres ; même si le jeu de mots placé par Peter, sur « Brussels and Mossels », est d’un goût douteux. Faut dire que l’ambiance est bon enfant. Peter Bjorn & John semblent en parfaite condition. L’émotion est bien palpable. Pas de doute. Et lorsque la formation interprète, « It Beats Me Every Time », on en a la chair de poule. C’est certain, on ne va pas regretter la soirée. Les morceaux s’enchaînent, dont une majorité de titres issus des opus précédents. Mais progressivement, le trio nous réserve des extraits de leur toute dernière galette, « Living Thing », sortie le jour même du concert. Seul « Seasiderock » ne figure pas au répertoire, ce soir. Probablement parce qu’il est instrumental et plus intimiste. Morén ne se tient plus. Il se démène comme un beau diable sur « I’m Losing My Mind ». Le combo livre tout ce qu’il a dans le corps et dans l’âme ; et ça se ressent très fort. Les interventions aux drums deviennent de plus en plus déstructurées. Les breaks beats de plus en plus décalés et corrosifs. La basse percute notre rythme cardiaque. La guitare est chauffée à blanc. On est en plein opéra rock. De quoi nous scotcher sur place. « Fa Si La » libère une énergie pas possible. Tout comme « I Don’t Know What I Want Us to Do » qui nous achève en nous coupant littéralement les jambes juste au-dessus du genou. Le public n’a pas le temps de se relever que le trio attaque « Object Of My Affection ». Les spectateurs participent en frappant dans les mains. Mais la compo est complètement atomisée en fin de parcours. Et les lumières s’éteignent. Déjà ! Il est 22h05. Ces 50 minutes ont filé à une vitesse fulgurante et on espère sincèrement que le rappel va raviver la flamme qui brûle encore au cœur de l’Orangerie.

Trois morceaux seront réservés à cet encore. Des titres figurant essentiellement sur l’elpee « Writer’s Block », dont le fameux « Young Folks », que le public accueille, sous des acclamations nourries. Une réaction guère surprenante, il faut l’avouer. « Up Against The Wall » vient définitivement clôturer le show, un spectacle que Peter va signer d’un dernier stagediving acrobatique. Une bien belle soirée vient de s’achever. Riche en émotions. Même si on en aurait encore voulu davantage. Mais on quitte les lieux, le même sourire aux lèvres que deux ans plus tôt. Pari réussi pour les Suédois. Personnellement, me voilà de nouveau dans tous mes états. Dans le fond, je suis resté un grand gamin…

Tracklist :

Just The Past
I don’t Move Me
Lay It Down
It Beats Me Every Time
Nothing to Worry About
I Want You !
Living Thing
I’m Losing my mind
Fa Si La
I don’t Know What I Want Us to Do
Object Of My Affection

Rappel:

Lets Call It Off
Young Folks

Up Against The Wall

Organisation Botanique

Lloyd Cole

Cleaning out the ashtrays (sampler)

Écrit par

C’est bien de vider les cendriers, mais il n’y avait que 10 clopes dans le paquet, sur les 59 promises. Bref, si Lloyd Cole vient de sortir un box de 4 cds réunissant démos, flip sides, raretés, inédits et covers (NDR : entre autres de Leonard Cohen, Lou Reed, Kris Kristofferson, Burt Bacharach et Marc Bolan), le sampler se limite à dix titres. Sympa à écouter dans sa voiture, mais insuffisant pour pouvoir se faire une idée exacte du contenu.

EZ3kiel

Battlefield

Écrit par

EZ3kiel est une formation qui nous vient d’outre-Quiévrain. De Tours, très exactement. Et « Battlefield » constitue son second opus. A l’origine, le line up réunissait 5 musiciens. Réduit à un trio, en 1998, le line up est passé à un quatuor depuis l’enregistrement de cet elpee. Si la plupart des médias leur reconnaissent des vertus trip hop épicées de dub et de jungle, ce dernier essai affiche davantage de références indus. Peu de vocaux sur les 11 compos de cette œuvre. Sur « Firedamp », quand même, titre de grindcore chaotique, ils sont déchirés par des cris stridents, sauvages et implacables. Des invités comblent épisodiquement cette lacune. A l’instar de « Spit on the ashes », plage au cours de laquelle, deux musiciens de Narrow Terence apportent leur concours. Et le contraste entre le timbre féminin limpide et masculin éraillé, lugubre, est assez saisissant. Sur « Alignment », également, un morceau de rap ambient, relevé par la présence du Mc de Blue Rum.

Dub, post rock, indus et ambient se partagent l’essentiel du reste de l’album. Deux exceptions qui confirment la règle, la finale tempétueuse « Wagma », qui lorgne même vers le hard rock ; et le cinématique, ‘enniomorriconesque’, « The Wedding », malgré ses cuivres majestueux. Des cuivres qu’on retrouve parsemés ça et là et notamment, sur l’adaptation insolite d’un extrait du Roméo et Juliette de Sergei Prokofiev, « La Danse des Chevaliers ». Intitulée « The Montagues and The Capulets », cette adaptation a bénéficié de la collaboration des musiciens de DAUU. Enfin, meilleur titre de l’elpee, « Break or die » épouse un profil parfaitement indus. Il est même agité de percus tribales, dans l’esprit de Nine Inch Nails. S’il faut avouer que je ne suis pas un grand consommateur de ce style musical, l’ensemble tient la route. On épinglera encore l’identité graphique du combo français, un artwork réalisé par Yann Nguema, leur bassiste…

The Magic Blues Band

Volume 2

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Sous-titré, "Featuring Johnny Dyer and Big Joe Turner", cet elpee est dédié à la mémoire de Pee Wee Crayton. En fait, il devait participer à ces sessions ; mais il est décédé suite à une crise cardiaque, peu de temps auparavant. L'ambiance est ici assez différente de celle du premier volume. On n’a plus cette impression de partager un moment privilégié au sein d’un cabaret de nuit. Le tracklisting recèle moins de grands classiques du blues, également. Mais même si la qualité du son est loin d’être parfaite, l’ensemble tient parfaitement la route.

Retour donc en 1985. A Topanga Canyon, quelque part entre San Fernando Valley et l'Océan Pacifique. Pas tellement loin de la mégalopole de Los Angeles. Les membres de Canned Heat s’y réunissaient souvent. D’ailleurs, c’est dans les parages qu’Alan ‘Blind Owl’ Wilson avait mis fin à ses jours, en septembre 1970. Dans ce patelin, se déroule un petit festival local organisé pour célébrer le troisième anniversaire d’existence de la Southern California Blues Society. Une radio locale avait suivi l’événement. Et l’avait immortalisé sur quelques bandes. Ce sont ces reliques poussiéreuses qui nous permettent de revivre cet épisode.

Le Magic Blues Band ouvre les hostilités par un "No more lovesick blues" très saignant. Chuck Jackson chante autoritairement avant de se concentrer sur ses cordes qui rivalisent avec les interventions à l'harmonica de Rod Welk. Chuck prend alors la parole. Il rend un vibrant hommage au grand Pee Wee Crayton, alors disparu depuis quelques semaines ; c’est-à-dire en juin 1985. Un moment d’émotion ! Le band se lance alors dans un "Blues for Texas" de toute beauté. Comme on l’aime et empreint d’une grande simplicité. D’ailleurs, le blues proposé sur cet elpee est d’excellente facture. Welk est épatant aux cordes tout au long de "Why wait". Il réussit tous les exercices de style enseignés par Little Walter. "Black & blue" s’ébroue sur un riff menaçant ; mais la guitare bien électrique s'envole une nouvelle fois. Une silhouette noire se faufile sur le devant de scène. Chuck nous le présente : il s’agit de Johnny Dyer, un chanteur/harmoniciste originaire du Mississippi. De Rollin' Fork pour être plus précis, tout comme le grand Muddy Waters. Dyer connaissait personnellement Muddy. Son style l’avait d’ailleurs marqué d’une trace indélébile. Johnny puise ici dans le répertoire du Chicago Southside. Ses coups d'harmo sont lacérés au rasoir. Il adapte "Everything's gonna be alright", le slow blues légendaire de Waters, "Nineteen years old" et l'inévitable "Mojo workin'". Un spot radio de l'époque nous restitue la présentation de Big Joe Turner. Il était arrivé de Kansas City en compagnie de ses musiciens ; et en particulier sa section de cuivres et son organiste. Big Joe est une des voix extraordinaires du blues. Son timbre est surpuissant ; mais une émotion nous étreint lorsqu’il nous accorde une interprétation extraordinaire du blues lent "Down home blues". L’orgue Hammond ronronne. Le saxophone ténor prend son billet de sortie et la guitare est intenable. Quelle claque! "Honey hush medley" est imprimé sur un tempo allègre. Le blues shouter se fait plaisir au sein d’un climat sonore parfaitement homogène. Big Joe nous parle alors d'une tranche d'histoire relative à la musique de Kansas City. Son timbre est très grave. Ce géant mesurait près d’1m90 et pesait 110 kg. Il allait disparaître la même année. En 1985. A Los Angeles. A l’âge de 74 ans. Les cinq derniers morceaux sont de moindre bonne qualité acoustique. Les sources d’enregistrement sont sans doute différentes. On suppose qu’il s’agit bien du Magic Blues Band. La férocité des vocaux dispensés tout au long de "My baby she left me" rappellent Johnny Winter. Il s’agit plus que probablement de Rod Welk qui s’en charge. Le souffle de son harmonica est, en outre, fort percutant et agressif. Et il continue à étonner sur "I don't play". Jackson chante "Tore down" d’une voix puissante. Le "Take out some insurance" de Jimmy Reed a été rebaptisé, pour la circonstance, "Assurance Alt". Talonné par les cordes de son partenaire Chuck, Welk est aussi à l'aise dans la peau de Reed que celle de Little Walter. "Have a good time" achève cet opus. Un titre qui en dit plus long que n’importe quel commentaire. Une bonne tranche de blues!

 

The Magic Blues Band

Volume I

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Le tout premier elpee du Magic Blues Band vient donc d’être réédité sous la forme du compact disc. Sous-titré "Live in 1985 – Featuring Special Guest star Mr ‘Pachuko Hop’ Chuck Higgins", il a été immortalisé au Guildner Brothers Body Shop de Northridge, en Californie. Un disque qui a donc été enregistré ‘live’. Sur les planches, on retrouve John Williamson et Rocky Jackson aux guitares, Rod Welk à l’harmonica, Jesse Serrano à la basse, Michael Herman aux drums et bien entendu Chuck Higgins au saxophone ainsi qu’au chant.

Charles Williams ‘Chuck’ Higgins est né en 1924. A Gary, dans l’Indiana. Chanteur de R&B, il a décroché un hit en 1952 : "Pachuko Hop". Remarquable saxophoniste, il était, alors, soutenu par le guitariste notoire Johnny Guitar Watson. Atteint du cancer, il est décédé en septembre 1999.

Le Magic Blues Band est donc réuni lors d’une nuit torride de 1985. Et cet opus va nous restituer, en 19 plages (NDR : dont de nombreux classiques), plus d'une heure de blues et de R&B de toute bonne facture. Higgins chante et joue du saxophone sur quatre titres. Dont "Love for you" qui ouvre les hostilités, l’excellente reprise du standard "Shotgun", "Stormy Monday blues" et une superbe version du "Got me runnin'" de Jimmy Reed. Tout en laissant éclater son ‘honky’, il permet à ses musiciens de sortir de leur réserve ; et en particulier Jackson aux cordes ainsi que Rod Welk à l'harmonica. Une intervention sublime, par ailleurs. Rocky Jackson se réserve l’essentiel des parties vocales, lors de ce set. Il jouit d’une voix solide. Un organe qui illumine des compos comme "Tore down", "Aw' baby", "Dust my blues", "Rock me baby", "Help me" ou encore "My babe". Rod ‘The rocket’ Welk chante cependant "Up the line" et "Tore down", alors que le brave Williamson se focalise davantage sut des titres plus rock'n'roll. A l’instar de "Buick 59" (NDR : il faut souligner qu’il est fasciné par les grosses voitures américaines construites au cours des fifties ; des modèles reproduits sur toutes les pochettes de ses albums), "Cold chills" et "Shake rattle & roll". Cette dernière plage libère une fameuse dose de vibrations. Les musiciens chantent en chœur. Welk est au sommet de son art. Faut dire que tout au long du show, cet élève de Little Walter se révèle brillantissime ! Le concert s’achève par "Intro inst", un curieux instrumental au cours duquel les différents acteurs ont le loisir de se présenter au public, avant que Rod Welk leur accorde un dernier solo aussi enchanteur qu’excitant.

 

Mc Bean au sommet ?

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En marge de ses magnifiques Black Mountains, Stephen Mc Bean s’amuse également au sein de son projet parallèle… les excellents Pink Moutaintops. Le nouvel album du combo canadien, « Outside love » paraîtra ce 5 mai sur Jagjaguwar. Les invités sont nombreux et prestigieux : Jesse Sykes, Sophie Trudeau (Godspeed You !Black Emperor) ou encore Ashley Webber (The Organ).

Tracklisting

1. Axis : Thrones Of Love
2. Execution
3. While You Were Dreaming
4. Vampire
5. Holiday
6. Come Down
7. Outside Love
8. And I Thank You
9. The Gayest Of Sunbeams
10. Closer To Heaven

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/pinkmountaintops et http://www.myspace.com/PinkMountaintops

 

Back in the 1990’s

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Le nouvel album du trio écossais 1990’s est dans les bacs depuis ce 23 mars ! « Kicks » succède au très réussi « Cookies » paru en 2007. Il a été enregistré dans les studios d’Edwyn Collins à Londres et produit par Bernard Butler (ex-Suède). Les Franz Ferdinand ont du souci à se faire…

Tracklisting

1. Vondelpark 
2. Tell Me When You're Ready 
3. I Don't Even Know What That Is 
4. 59 
5. Kickstrasse 
6. Everybody Please Relax 
7. Balthazar 
8. Local Science 
9. The Box 
10. Giddy Up 
11. The Kids 

12. Sparks  Listen

Pour plus d’infos : http://www.1990s.tv et http://www.myspace.com/1990sband

 

 

O’Death

Esprit, es-tu là?

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Une interview qui débute face à trois interlocuteurs, et se termine en compagnie du line up au complet, ce n’est pas courant. Et pourtant, il n’a pas fallu plus de 10 minutes pour que l’ensemble du quintet newyorkais décide de participer activement à l’entretien. Des gars extrêmement sympathiques qui, quelques minutes auparavant, avaient terminé un mini-set destiné aux enfants, accordé en fin d’après-midi. Seul souci, en décryptant la bande d’enregistrement, pas toujours facile de reconnaître qui avait pris la parole. Il a donc fallu, parfois, extrapoler. Ah oui, et pour que vous vous y retrouviez, Greg Jamie est le chanteur/guitariste, Gabe Darling le préposé au banjo, Bob Pycior, le violoniste, David Roger-Berry le drummer et Newman, le bassiste…

Question bateau pour commencer, pourquoi avoir choisi un patronyme aussi funèbre ? Rien de bien extraordinaire, puisqu’il s’agit d’une chanson traditionnelle américaine qu’ils interprétaient en studio à leurs débuts. Elle figure d’ailleurs sur leur premier opus, ‘Carl Nemelka Family Photographs’, paru en 2004. Par contre, la mort, on peut dire que le combo a été confronté à cette épreuve, puisque David Rogers-Berry, le drummer a perdu sa fiancée, il y a plus ou moins deux ans, victime d’une rupture d’anévrisme. Le dernier album recèle d’ailleurs une chanson qui lui est consacrée, ‘A light that does not dim’. Qu’ils interprètent même en ‘live’. Mais que ressentent-ils, et en particulier David, lorsqu’ils la jouent en public. Le principal intéressé semble surpris de la question mais n’élude pas le chapitre. « Cela a un effet catharsis. De temps à autre, c’est un bon feeling. A d’autres moments, c’est plus difficile, et j’y pense très fort. Mais quand vous jouez cette chanson tous les soirs, son sens profond finit par vous échapper… » La mort et le sexe sont deux sujets qu’on retrouve régulièrement dans leurs lyrics. Dans son essai poétique, ‘The Lords’, Jim Morrison liait déjà intimement ces deux pôles. Newman admet : « Le sexe et la mort sont probablement les deux pierres angulaires de la vie. L’histoire l’a démontré… » Des lyrics souvent proposés sous la forme de contes, qui parlent de magie de sorcellerie et de spiritisme. Il était donc bon de savoir s’ils étaient inspirés par des légendes pour écrire de telles fables. Ou si elles étaient le fruit de leur imagination. Pourquoi, ils écrivaient de tels récits ? Et enfin, s’ils croyaient à ce qu’ils racontaient. Aux esprits, à la vie après la mort, à un dieu ? Vaste débat ! Ils se regardent tous en se demandant qui va répondre ; mais c’est Gabe qui se jette le premier à l’eau : « Nous sommes les auteurs de ces paraboles. » Et Greg d’embrayer : « La plupart d’entre elles sont inventées de toutes pièces. Mais certaines d’autres possèdent une signification historique. Ce qui nous intéresse, c’est de proposer une autre approche de la mythologie, de créer notre propre imagerie. » Gabe argumente : « L’imagerie est quelque chose d’essentiel. Le langage imagé est plus important que l’image elle-même » Newman s’épanche : « Cependant, le fait de s’intéresser à la sorcellerie et au spiritisme ne veut pas nécessairement dire que nous croyons à la vie après la mort. Les deux thèmes ne sont pas nécessairement liés. Néanmoins, oui, je crois à la magie. D’autant plus que nous avons vécu des événements qu’on ne peut pas expliquer de manière rationnelle ». Bob insiste : « Tu crois que nos esprits se promènent ? » Gabe revient à des propos plus terre-à-terre : « Ce qui nous passionne, c’est ce qui se passe aujourd’hui ; et notamment les problèmes écologiques… » Car, entre les lignes, le groupe cherche à faire passer un message de retour à la nature. Ce qui évidemment me fait penser à la philosophie prônée par les hippies, à la fin des sixties. La question déclenche de grands éclats de rires. Gabe réagit : « Ce n’est pas une philosophie, mais plutôt une frustration par rapport à notre civilisation. Par exemple quand tu analyses le stress éprouvé par la population de New York City ou de L.A., il y a de quoi se poser des questions. La société contemporaine est devenue égoïste. Egocentrique, même. Beaucoup plus que celle des sixties. Et elle n’en a rien à cirer de l’environnement. Or, il est urgent de s’en soucier. D’essayer de le sauvegarder. » Greg insiste : « Nous sommes capables de dépasser nos petits problèmes du train-train quotidien de la vie en groupe. Nous nous intéressons à des valeurs bien plus fondamentales, primordiales même. Nous nous soucions des aspects de la vie qui ne nous sont pas familiers. Comme par exemple les problèmes relatifs à la nature. On est sensibles à ces sujets, auxquels, apparemment, le commun des mortels ( ?!?!) n’a pas le temps de se préoccuper… »

‘Broken hymns limbs and skin’, leur dernier album a été produit par Alex Newport, un personnage dont la carte de visite mentionne des mises en forme d’elpees de Mars Volta, Two Gallants, Rival Schools, Death Cab For Cutie, Me First and the Gimme Gimmes, At the Drive-In, The Melvins, Sepultura ou encore System Of A Down. Envisagent-ils de collaborer à nouveau avec lui, pour le prochain opus ? Newman réagit immédiatement : « Non. Parce qu’on ne peut plus se le permettre. C’est un cher client. Et pourquoi on l’avait quand même engagé ? C’est parce qu’il avait accepté de baisser ses prix. Même que c’était encore trop onéreux. Finalement, c’est notre label qui s’est chargé de régler la différence. Bien sûr il est un excellent ingénieur du son autant que très bon producteur, mais ce n’est pas sur notre dos qu’il se fera de l’argent. » Gabe a son avis personnel sur le sujet : « En fait, je pense qu’il est plus judicieux de bosser, pour chaque disque, en compagnie de producteurs différents, car ils apportent à chaque fois des perspectives d’enregistrement différentes. » Newman ajoute : « Heureusement, cet album a été réalisé en deux temps trois mouvements. En fait, les morceaux étaient rôdés depuis au moins deux ans. Et Newport a mis trois jours pour tout ficeler. » Gabe enchaîne : « Mais pour le prochain album, on va y consacrer plus de temps ». De nouvelles chansons ont-elles déjà été écrites ? Greg confie : « On vient d’en composer une nouvelle » Pour un nouveau 7 inches ? Probablement, puisqu’apparemment le groupe a l’intention de sortir davantage de disques sous ce format. Gabe nuance : « Il faudra voir. Nous avons déjà concocté des covers qui sont parues en single » Newman explique : « Effectivement, on a enregistré une chanson à Hambourg. Elle est destinée à un 7 inches. Nous étions en congé… » Bob lui coupe la parole : « Il faut être fou pour passer toute la journée dans un studio… » Mais quelle est la part d’improvisation dans le répertoire de O’Death ? Bob reprend le crachoir : « On n’improvise pas tout le temps. Maintenant, il arrive qu’une chanson naisse d’une session d’impro. » Greg confirme : « Quoiqu’il arrive, il y a toujours de l’impro. Mais il faut un élément déclencheur. Alors l’inspiration nous tombe du ciel. » Newman a sa propre idée sur le sujet : « Ce phénomène arrive surtout sur scène. Pas comme lors d’une session de jazz. Mais parce qu’on bondit, fait des cabrioles, se bouscule, balance des vannes… C’est aussi de l’impro. » Gabe poursuit : « Une même chanson est jouée des centaines et des centaines de fois, et donc inévitablement, lorsqu’on la maîtrise parfaitement, on est capable de l’interpréter différemment. » Bob intervient : « On peut y mettre davantage d’effets de violon, de reverb… » Greg donne un point de vue plus pointu : « Mon impro se focalise davantage sur les lyrics. Notamment, quand je formule des paroles différentes de celles du texte original. C’est un peu comme je le sens. » Impro ou pas, David est lui très intéressé par les percussions insolites, à l’instar de Meric Long et Logan Kroeber des Dodos. « J’ai toujours aimé collectionner ce type de matos. J’en fabrique également. Mais je vis dans une maison trop petite pour pouvoir entasser tout ces instruments. Au cours des huit dernières années, j’ai déménagé au moins une fois par an. Et chaque fois, mon domicile est encombré d’un tas de brol. Il me faudrait davantage d’espace pour pouvoir entreposer tout ce que j’acquiers. Un jour j’aurais un studio. Et je pourrais y mettre au moins douze pianos. »

La musique d’O’Death n’est pas vierge d’influences. Violent Femmes, Gogol Bordello et les Pogues, semblent, à mes oreilles, les plus évidentes. A voir maintenant si le groupe partage cet avis. Gabe reconnaît : « Il est sûr que nous sommes très enthousiastes quand on nous parle de ces trois groupes. Ils jouent du folk dans le meilleur sens du terme. D’une manière énergique. » Newman confirme : « Indéniablement, on est influencé par ce type de rock folk énergique, dynamique, rapide, souple, efficace. Et puis on ne nie pas avoir été marqués par des groupes de pré-heavy métal. Peut-être même plus proches du punk que du métal. En fait, ce qui nous botte, c’est l’énergie qu’ils libèrent. On aime ainsi autant Black Sabbath que les Ramones. » O’Death puise aussi ses sources dans la musique gothique et appalache. Un peu comme 16th Horsepower ou Wovenhand. Gabe commente : « J’ai rencontré David Eugene Edwards récemment. En fait, ce sont nos racines qui sont proches. Celles héritées de la tradition. Du gospel aussi. Quand tu es jeune, tu as une approche académique de la musique. Mais au fil du temps, tu construis ton propre style et tu dépasses tes propres influences. Tom Waits est également un personnage qui me fascine. A cause de sa manière d’intégrer différents styles et différentes époques dans sa muse ». Pour en rester aux références, le quintet new-yorkais apprécie tout autant Outkast que John Fahey. Explications confirmées par Newman. « Absolument, parce que l’ex-rappeur de Wu-Tang Klan est quelqu’un qui a marqué le hip hop. Mais c’était il y a cinq ans. Aujourd’hui, ce style musical est devenu insipide. Quant à Fahey, je ne sais pas où tu es allé chercher tes infos. Fallait gratter pour le savoir. Il s’agit d’une de nos influences les plus obscures. En fait, nous sommes intéressés par l’approche scientifique de sa musique… »

Merci à Vincent Devos

Piers Faccini

Pas un seul grain de sable…

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En arrivant au Café Central à 18h30, ce lundi soir, le showcase de Peter Von Poehl était déjà terminé. Activités professionnelles oblige ! Piers Faccini était donc appelé à lui emboîter le pas. Artiste complet, Piers est à la fois, chanteur, compositeur et peintre. Mais aujourd’hui, il est venu présenter quelques titres de son nouvel album. « Two grains of sand » sera d’ailleurs dans les bacs dès le 6 avril prochain.

Sur la petite scène du bar bruxellois, l'artiste est à l'aise, mais humble. Il dégage une certaine sympathie naturelle. Notamment lorsqu’il s’exprime dans la langue de Molière, avec un léger accent anglais. Faut dire qu’il a vécu en France. Dès l’âge de 5 ans, ses parents avaient émigré de l’Albion vers l’Hexagone. Son père est italien (NDR : ce qui explique son nom de famille) et sa mère britannique.

Dès qu’il se met à chanter, on est frappé par ses inflexions tellement proches de Ben Harper se fait sentir. Ce n'est pas un hasard s'ils ont tourné ensemble. Son premier elpee, avait d’ailleurs été mis en forme par JP Plunier, le producteur du Californien. Mais Piers Faccini manifeste davantage de réserve pour dispenser son blues-folk, et joue davantage sur les émotions que celui de la star californienne ! En extrapolant, on pourrait imaginer sa musique comme un mix réussi entre celle de Ray Lamontagne et d’Elliott Smith. Piers a interprété cinq morceaux particulièrement bouleversants. Ce qui donne une envie urgent d’écouter son nouvel opus. Son timbre vocal est chaleureux. Ses interventions à la guitare sont élégantes, discrètes et bigrement efficaces. En fait, on est en présence d’un virtuose du manche, qui ne veut pas en faire trop. Une chose est sûre, ce soir il a démontré que la chanson était un art au sein duquel il excellait. En attendant la sortie de « Two grains of sand », vous pouvez déjà vous procurer le superbe single, "A storm is going to come", paru ce 14 mars, une chanson qui figure également sur la B.O. de la série « Grey's Anatomy »...

 

 

Animal Collective

Qu’ils retournent dans leur cage, et vite !

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Responsable d’un remarquable album (NDR : « Merriweather Post Pavilion », probablement déjà un des ‘musts’ pour 2009), la formation new-yorkaise passait par l’Aéronef ce 19 mars 2009. Normal dès lors de caresser l’espoir que la transposition en ‘live’ de leur petit chef-d’œuvre soit de la même trempe. C’est-à-dire retrouver cette musique oscillant de la pop éthérée à la noise, en passant par le folk tribal, le néo-psychédélisme et le minimalisme électronique. Et surtout ces superbes polyphonies vocales. Mais en mon fors intérieur, je me demandais quand même comment ils allaient gérer leur cocktail d’influences, puisées aussi bien chez Mercury Rev, Terry Riley, New Musik, Pet Shop Boys, les Beach Boys, Syd Barrett ou encore Aphex Twin, sur les planches. Mauvaise nouvelle, leur principal guitariste Deakin s’est provisoirement retiré du projet. Il n’avait d’ailleurs pas participé aux sessions d’enregistrement du denier elpee. Mais apparemment, donc, ce changement de line up n’avait guère affecté leur muse. C’est ce que m’expliquait un confrère, qui avait assisté à leur prestation, la veille à l’AB. Epoustouflante, paraît-il !

Il revenait à Pantha du Prince d’ouvrir les hostilités. Comme le mercredi, à Bruxelles, d’ailleurs. Alias Hendrick Weber, ce DJ, producteur, compositeur et bassiste est réputé pour son recours au Schaffel beat, soit un rythme syncopé glissant rapidement du classique 4/4 au 6/8, 3/4 voire 12/8 (NDR : il doit avoir la bosse des maths !) Ne m’en demandez pas plus, je suis totalement ignare en la matière. Il s’installe derrière un pupitre drapé de noir. Au milieu du matos d’Animal Collective. Et il se lance dans un set d’une bonne demi-heure, au cours duquel il va tourner des boutons et de temps à autre à frapper une sorte de cloche à l’aide d’une tige. Paraît que ces variations rythmiques sont destinées à faire remuer les corps. Comme lors d’une transe vaudou… En fait, si le sexe féminin a pu admirer un beau garçon qui pourrait facilement poser pour des magazines de mode, je dois avouer que sa prestation m’a laissé de glace. Et en observant plusieurs de mes voisins bâiller, j’ai la nette impression que je n’étais pas le seul dans le cas.

Place au trio Animal Collective. On a enlevé le pupitre de Pantha du Prince pour ne laisser que ceux du trio, habillés d’un drap de couleur blanche. Pour en dissimuler les fils, c’est évident. Geologist s’installe à gauche de la scène. Il éclaire ses gestes d’une lampe frontale. A droite, Panda Bear se plante derrière le sien. A côté de lui, on discerne une cymbale et un tom dont il ne jouera qu’épisodiquement. Au milieu, Avey Tare se partage la guitare et deux claviers sis de chaque côté de lui. Au fond de la scène, on aperçoit également un tom et une cymbale. Encore des percus subsidiaires. Une énorme boule blanche est suspendue au-dessus du groupe. Au fil du show, quelques images psychédéliques y seront projetées. Le light show est on ne peut plus minimaliste. D’ailleurs, pour immortaliser le moindre cliché, les photographes ont galéré toute la soirée.

Bref, venons-en au set proprement dit. D’abord, les beats (NDR : parfois dub) imposés par Geologist plombent toutes les compositions. On est même scotché sur place tant ils sont puissants. J’essaie de reconnaître l’un ou l’autre morceau, mais la bouillie sonore est tellement déstructurée, qu’il est difficile de s’y retrouver. Panda et Avey se réservent les vocaux. Des harmonies qui nous avaient enchantés sur les compos de leur album. Mais ici, on n’entend plus que des onomatopées réverbérées. Manifestement, le groupe a décidé de privilégier l’électronique expérimentale. Et de nous noyer sous des nappes de sons basées sur la répétition. Que ce soit des bruits, des voix, des infrabasses, des rythmes et de tout le saint tremblement. Sur la musique aussi, on suppose… Paraît qu’il faut s’immerger dans leur univers pour en prendre conscience et espérer qu’un moment subliminal se produise. Ce serait du néo-surréalisme (NDR : qui a dit néo-libéralisme ?) Si on veut ! Faudrait alors qu’ils s’expliquent de manière approfondie sur le concept. Parce que tout ce que j’ai pu lire à leur sujet me donne l’impression d’être en présence d’un hype. Que la presse spécialisée s’est empressée de faire mousser, pour paraître branchée. En consultant la presse écrite et celle du web, j’ai même eu la nette impression qu’ils n’avaient pas grand-chose à raconter d’intéressant. C’est peut-être la raison pour laquelle, ils n’ont pas souhaité (NDR : ou leur label) qu’ils s’expriment auprès de Musiczine. L’épreuve du ‘live’ de votre serviteur va durer 55 minutes. Et puis basta ! Franchement, qu’ils se concentrent sur leurs disques. Ce sont des maîtres dans le domaine. Mais pour la scène, après plus de 40 ans de bouteille dans l’univers du rock, il ne faut plus me la faire…

Organisation Aéronef Lille.

 

IAMX

Digne d’IAMX !

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Enfin ! Il est enfin arrivé ! IAMX est venu nous en mettre plein la vue et les oreilles, dans une AB sold out depuis déjà quelques semaines, lors d’une présentation de leur très attendu 3ème album, « Kingdom of Welcome Addiction »

Mais est-il encore nécessaire de vous faire les présentations ? Pour celles et ceux qui s’en souviennent, le charismatique Chris Corner était le leader du groupe Sneaker Pimps. Mais en parallèle, il a fondé IAMX, un projet musical électro aux influences eighties, responsable à ce jour de deux albums : « Kiss+Swallow » en 2004 et « The Alternative » en 2006.

C’est donc, très enthousiastes que les fans ont accueilli le show de Chris Corner et de ses acolytes ; c’est-à-dire Dean Rosenzweig à la guitare, Tom Marsh à la batterie ainsi que Janine Gezang au claviers/synthés/basse. Car ce n’est pas à un simple concert auquel nous avons eu le droit d’assister, mais bien à un grand ‘spectacle’ ! A chaque passage du groupe, que ce soit en salle ou en festival, une véritable explosion d’applaudissements accompagne les premières notes de leur set ! Chaque personnage donne tant d’énergie qu’il est impossible de rester stoïque face à leur show ! De véritables piles électriques !

« Bring Me Back A Dog » ouvre les hostilités. Le groupe branche immédiatement les électrodes aux oreilles d’un public qui se presse instantanément vers les profondeurs de leur son électro et dansant. Entre regard vénitien et costume moderno-classico-glam, IAMX, nous précipite au sein d’un théâtre d’ambiance qu’il est le seul capable de nous faire partager. Les premiers accords de « Kingdom Of Welcome Addiction » (NDR : un extrait du dernier elpee) sont dignes d’un DJ set. La suite est impeccable. L’atmosphère cependant plus minimaliste. Les tonalités plus rock voire plus lourdes. Mais toujours, on retrouve cette touche personnelle, dont le groupe a fait sa signature musicale. D’un répertoire riche en mouvements musicaux différents, Chris nous lâche « The Alternative », suivi de « Sailor » et « An I For an I » pour mettre le feu aux poudres. Enflammé et frénétique, le public suit le mouvement. Faut dire que les fans, pour la plupart féminines, étaient relativement remontés ce soir… Certain(e)s avaient même attendu une bonne partie de la journée, devant l’entrée de l’AB, pour se réserver les meilleurs places, face au podium.

Mais la pression s’adoucit sous une ambiance d’ombres chinoise où Chris Corner, derrière un voile, nous communique sa chaleur émotionnelle à travers l’éthéré « I Am Terrified » (du nouvel album) et le magnifique « This Will Make You Love Again ». Cependant, le calme ne règnera guère très longtemps. Le show reprend subtilement pour nous emmener au cœur des festivités du monde de la nuit, comme si nous étions plongés dans une une discothèque. « Spit It Out », « Night Life » ainsi que « Kiss+Swallow », entrecoupés par quelques compos du nouvel opus, font trembler, comme on aime tant, la salle de l’AB ! La foule en redemande. Conquise par cette énergie captivante, elle refuse que cette soirée prenne fin. Certains fans se lancent dans un crowdsurfing. Les bras et les têtes remuent au rythme de la batterie. Au sein de cet univers particulier, les sens se lâchent, laissent parler les corps. Chris communique avec son public, le remercie chaleureusement, arpente toute la largeur de la scène. Janine, Dean et Tom ne sont pas en reste. Ils aiment le ‘live’ et ça se voit ! D’ailleurs, on ne se lasse pas de les suivre ; et même en festival, les gens qui découvrent le groupe sont généralement conquis.

Un rappel sous un tonnerre d’applaudissements nous catapulte sur l’excellent nouveau single « Think Of England », enchaîné à « Negative Sex » et au fabuleux « President ». La foule danse et en redemande encore. La troupe achève cependant son spectacle par « Your Joy Is My Low » et « After Every Party I Die ». Moment choisi par Dean pour ponctuer sa ‘course’ d’un saut mémorable au milieu des fans ! Bref, fougue et originalité ont émaillé ce concert… digne d’IAMX !

Malgré les acclamations de la foule, les lumières se rallument pendant que les haut-parleurs diffusent « La vie en rose » d’Edith Piaf. Que le public, heureux d’avoir passé une superbe soirée, reprend en chœur. Cerise sur le gâteau, Tom et Dean se mêlent aux spectateurs pour partager quelques séances photos.

Le troisième opus d’IAMX, « Kingdom Of Welcome Addiction », paraîtra dans le courant du mois d’avril. Il est déjà disponible sur leur site web : http://www.iamx.eu. Et pour ceux qui n’ont pas eu la chance de participer à cette fête, ce samedi, ils pourront toujours aller les applaudir ce 27 mars, à Herve, dans le cadre du Belzik Festival.

Organisation AB.