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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Röyksopp

Junior

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La quête de la sagesse est un thème au questionnement sans fin. Pour beaucoup, aborder ce sujet se révèle être un exercice périlleux, voir tabou. En revanche, pour le duo norvégien Röyksopp, la sagesse n’est pas à prendre avec des pincettes. Au diable toutes ces manies et prises de conscience ; et même si Svein Berge et Torbjørn Brundtland arpentent la scène électro depuis dix ans déjà, ils revendiquent clairement leur joie de vivre. En une décennie, les deux zouaves ont obtenu beaucoup en crédibilité mais rien n’y fait, l’image de Röyksopp reflète l’adolescence. Il est loin le temps de « Melody A.M. », premier opus tonitruant sorti en 2001 ou encore « The Understanding », paru en 2005. Quatre ans après ce dernier, les deux nordistes plantent « Junior », premier volet d’une pièce en deux actes. Le deuxième, « Senior » est annoncé pour la fin de l’année 2009 et n’est autre que la marque d’un hommage à un autre groupe nordiste, Junior Senior (pensez aux tubes « Move Your Feet » ou encore « Shake Your Coconuts »).

A l’écoute de cette première étape, on en ressort heureux, une sensation amorcée par « Happy Up There », le titre d’ouverture (NDR : oui, oui, celui qui squatte pour l’instant la bande FM). Il est clair que les modelages de leurs sonorités synthétiques ont de quoi égayer notre quotidien est c’est de façon directe que le rythme et la magie Röyksopp exercent leurs premiers effets. Flanqué de l’inusable Karin Dreijer Andersson, moitié de The Knife, le duo s’est emparé aussi des exquises Robyn et Lykke Li qui viennent envoûter cet album de leurs voix suaves sur des titres phares tels que « The Girl And The Robot » ou encore « Miss It So Much ». Outre ces morceaux, on notera le splendide « Röyksopp Forever », plage instrumentale forte en intensité. Malgré une ampleur tout de même juvénile, on regrette parfois le fait de ne pas découvrir la face adulte des deux Norvégiens, mais qu’importe, Röyksopp démontre qu’il est un duo honnête et respectable et sait impatiemment que l’on attend de découvrir « Senior », deuxième acte qui clôturera une pièce aux nombreux rebondissements imprévisibles !

 

Soy Un Caballo & This Is The Kit

A Travers La Neige/Birchwood Beaker

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Les hyperactifs Bruxellois de Soy Un Caballo ne s’arrêtent jamais de travailler. Deux ans plus tôt, ils avaient concocté « Les heures de raison », un ambitieux et très réussi album de chansons interprétées en français et teintées d’un onirisme inquiet. En toute discrétion, « Les Heures de raisons » a séduit une partie de l’Europe (Espagne, France, Angleterre) et devrait atteindre les rivages américains, en juin prochain…

Parallèlement à ces activités, Soy Un Caballo dédie quatre 45 tours aux saisons, pour le compte du label anglais Need No Water. Le premier, dédié à l’automne, invitait les Anglais de Tunng à reprendre « Robin », une des chansons issue des « Heures de Raisons ». Sur le deuxième volume, dédié à l’hiver, Soy Un Caballo adapte « Birchwwod Beaker », une comptine hantée de This Is The Kit, publiée sur son album « Krülle Bol ». Là où la version des Anglais est minimale (une guitare sèche, une batterie et la belle voix de Kate Stables), celle de Soy Un Caballo, chantée dans la langue de Molière, est richement arrangée. « A travers la neige » regorge de claviers à l’ancienne et bénéficie du concours d’une belle section de cuivres. Les voix conjuguées de Thomas Van Cottom et Aurélie Müller entraînent la compo dans un autre univers. L’hiver est certes palpable, mais chez Soy Un Caballo la saison froide est empreinte d’une féerie relativement absente de la très belle version originale, un peu plus désespérée. Du beau travail sur un ‘split-single’ à découvrir ; mais n’attendez pas l’hiver prochain pour vous procurer le disque, car le tirage de ce vinyle est fort limité !

Jeremy Warmsley

How We Became

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Le jeune Jeremy Warmsley s’était déjà illustré en 2006, lors de la sortie de l’album « The Art of Fiction ». « How We Became » constitue donc son deuxième opus. Un disque pour lequel il a reçu la collaboration de Markus Dravs à la (co)production, un personnage devenu notoire depuis qu’il a bossé pour les passablement pompiers Arcade Fire.

Pompier, « How We Became » l’est aussi ; mais on y décèle un sens de la grandiloquence typiquement anglais et bien  plus drôle que celui proposé par les Canadiens. Entre ballades tramées au piano, électronique et une pop rock indépendante mélodique et décomplexée, le jeune Jeremy n’a pas peur du ridicule et arrive à concocter quelques petits tubes (« Dancing With The Enemy », « 15 Broken Swords »). On pense au romantisme et à la voix de Beirut, aux atmosphères de Divine Comedy mais aussi à Eugene McGuinness, un autre jeune Anglais qui a sorti, il y a peu, un disque dont l’esprit est très proche de « How We Became », mais dans une veine plus rock. Tout n’est certainement pas réussi sur ce disque, mais il laisse entrevoir un talent et une personnalité originaux. A épingler : une chouette reprise du « Tempation » de New Order, en guise de bonus. A découvrir !

Matt Bauer

The Island Moved In The Storm

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La pochette de « The Island Moved In The Storm » annonce la couleur. Avec Matt Bauer, on ne va pas beaucoup rigoler. Et à juste titre, puisque son second essai est inspiré de la découverte, en 1968 au Kentuckly, du corps d’une jeune inconnue rebaptisée ‘Tent Girl’ par la presse locale. D’aucuns pourraient donc s’attendre à une œuvre morbide au-dessus de laquelle plane le spectre d’un être abandonné à son sort et en quête de justice. Mais Matt Bauer prend le parti de relater un conte sombre avec la délicatesse et le cœur d’un folkeux pour qui l’histoire d’une âme dévoyée ne s’arrête pas forcément au dernier souffle rendu.

Entouré de la grande famille folk de Brooklyn et San Fransisco (Alela Diane, Mariee Sioux, ainsi que des membres de St. Vincent, Last Of The Blacksmiths ou Dirty Projectors), Matt Bauer publie une œuvre évoquant certains des meilleurs travaux de Iron & Wine, agrémentée d’une pointe parfaitement dosée de mélancolie et hantée par un banjo omniprésent. Les folkeux barbus savent caresser dans le sens du poil, et Matt Bauer le prouve une fois encore.

 

JJ Cale

Roll on

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JJ Cale est une légende vivante. Il y a d’ailleurs bien longtemps que ce statut lui a été attribué. Faut dire que son style est devenu une référence dans l’univers du blues. Un style qui lui colle véritablement à la peau : le laidback! Originaire de Tulsa, dans l'Oklahoma, il est né en 1938. Ce qui lui fait aujourd’hui plus de 70 berges. Il mérite donc incontestablement le respect. Son premier elpee, "Naturally", remonte à 1972. Il recelait déjà quelques classiques ; et notamment "Call me the breeze" et "After midnight". Depuis, il a aligné un nombre incalculable de disques. Si on ne tient pas compte de sa compile de raretés et d’inédits paru en 2007 (« Rewind: The Unreleased Recordings ») son dernier opus studio remonte à 2006. Un album dont il partageait la paternité avec Eric Clapton : "The road to Escondido". 

Tout au long de ce "Roll on", JJ nous étale toute la panoplie de son talent. Un cocktail de country, blues, rock et jazz, né d’un délicat et savoureux mélange entre musique acoustique et amplifiée. "Who knew" ouvre l’opus. Très swing, la plage baigne dans une atmosphère jazzyfiante. Les percussions de David Teegarden sont à l'avant-plan. "Former me" trempe dans un climat semblable, quasi manouche JJ chante et se réserve l’essentiel de l’instrumentation : depuis le piano aux guitares, en passant par les percussions. "Where the sun don't shine" bénéficie d’arrangements plus complexes. Quoique délicat, l’orgue est planté au beau milieu du décor sonore. Sans quoi, cette plage ne s’écarte guère de l’ambiance volontairement nonchalante et décontractée entretenue habituellement par Cale. Cap vers le Tennessee pour "Down to Memphis", une ballade talonnée par ses cordes parcimonieuses que nappe l’orgue d’interventions chaleureuses. Balayée de sonorités quasi-orientales "Strange days" est une autre ballade, mais plutôt étrange. "Cherry street" est une des meilleures compos de l’elpee. On y retrouve ce climat si spécifique des meilleures chansons de Cale. Tout comme sur "Call the breeze", également, un morceau au cours duquel il inocule progressivement des sonorités country, dans sa solution sonore, à l’aide d’une lap steel. Une touche exotique et latino pigmente le plus élaboré "Fondalina". Jolie chanson, "Leaving in the morning" est sculptée dans la country minimaliste. Les musiciens opèrent leur retour en studio pour donner un petit coup de fouet à l'ambiance. Ils attaquent un "Oh mary" très rythmé, dont les accents boogie sont entretenus par le piano offensif de Walt Richmond. Nouvelle ballade, le tendre "Old friend" conjugue les cordes acoustiques de Christine Lakeland, une mandoline et les cordes électriques de Don White. Le titre maître est incontestablement le sommet de l’elpee. C’est aussi la plage la plus dynamique. Un rock'n'roll qui nous invite clairement à nous dérouiller les jambes. Le piano de Glen Dee, les drums de Jim Keltner, l'harmonica de John ‘Juke’ Logan et bien entendu les cordes très caractéristiques de l'invité de luxe, Mr Eric Clapton y contribuent largement. JJ se réserve la finale. Parfait concentré du style indolent, décontracté, institué par l’artiste, ce "Bring down the curtain" referme le rideau sur cette excellente production… 

 

Neal Casal

Roots & Wings

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Neal Casal milite au sein des Cardinals de Ryan Adams. Mais parallèlement, il se réserve une carrière en solitaire. Il est d’ailleurs responsable de 9 albums, à ce jour, sous son patronyme. Avant de se lancer dans une carrière solo, il avait sévi au sein de toute une série de formations, dont la dernière, Haly Malaze, est probablement la plus notoire. Originaire du New-Jersey, Neal vit aujourd’hui en Californie. Et semble se concentrer essentiellement dans un style que l’on qualifie, d’americana. C'est-à-dire un mouvement né au cours des années 90 qui cherche à remettre au goût du jour la musique traditionnelle américaine. On prête souvent à l’ancien groupe de Jeff Tweedy (NDR : aujourd’hui chez Wilco), Uncle Tupelo, la paternité de cette scène.

A l’instar de son comparse Ryan Adams, Casal a une fâcheuse tendance à jouer les prolongations. Le nombre de morceaux gravés sur la plaque constitue même un obstacle pour entrer dans son univers sonore. Heureusement, au fil de l’écoute, l’opus révèle ses secrets. C’est d’ailleurs souvent le cas chez les artistes du même profil. Maintenant, je reconnais ne pas trop bien connaître l’œuvre de Neal. Et que cette ignorance sera rapidement comblée. Parce que si le Yankee pratique une musique, ma foi, fort classique, il faut admettre qu’elle est de bonne facture. Pas qu’elle soit surprenante ; mais tous les ingrédients nécessaires et indispensables à ce genre américain si caractéristique sont ici judicieusement mis en place : pedal-steel, guitare acoustique, harmonica etc. Le tout imprimé sur un mid tempo. Je soupçonne fort que Neal soit chaussé de bottes et se rend chaque année, en pèlerinage à Nashville !

La critique évoque un retour aux sources de l’artiste. Son americana serait même digne de ses albums « Anytime Tomorrow » ou encore « The Sun Rise Here ». Evidemment, il faut reconnaître que pour Casal, l’exercice de style n’est pas trop difficile. Il gagnerait probablement même à se faire violence de temps à autre… Car vu l’homogénéité de son elpee, trop peu de titres sortent du lot. Deux exceptions qui confirment la règle : le très bon « Cold Wave » caractérisé par son piano lancinant et le plus pop « Don’t Mind The Black Clouds ». La production est cependant moins léchée que celle du précédent long playing, « No Wish To Reminisce ». Et ce n’est pas plus mal, dans un style aussi spécifique. Un peu trop traditionnel à mon goût cependant, quoique très agréable à l’écoute, cet album manque de ce feeling contemporain qui donne ce petit plus aux chansons de Bonnie ‘Prince’ Billy, Ben Weaver ou encore Andrew Bird. Dommage d’ailleurs que l’émotion ne fasse ici qu’effleurer les compositions.  

 

Chiwoniso

Rebel Woman

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Après avoir vécu son enfance aux Etats-Unis dans une famille de musiciens, Chiwoniso Maraire est retournée dans son Zimbabwe natal pour se lancer à corps perdu dans la musique. Dès l’âge de neuf ans, elle maîtrise parfaitement le mbira, un piano à pouces que l’on retrouve sous différentes formes en Afrique mais aussi en Amérique, où il fut emporté par les esclaves. « Rebel Woman » est le premier disque international de la jeune femme, mais elle compte derrière elle, un fameux parcours. Elle a tâté du hip hop au sein du groupe A Peace Of Ebony, collaboré à différents projets musicaux et sorti un premier album solo qui lui a valu un prix de Radio France International.

Après trois ans de travail, les problèmes récurrents rencontrés dans le turbulent Zimbabwe de Mugabe ont contraint Chiwoniso à s’exiler à Londres. Elle a cependant emporté ce « Rebel Woman » sous le bras. Les douze titres de cet elpee sont dominés part le mbira et la voix de Chiwoniso. Les percussions et les cuivres s’installent sur un tapis sonore qui épouse souvent les rythmiques de la pop et du rock. Bénéficiant du concours d’une équipe sud-africaine, lors des sessions d’enregistrement, « Rebel Woman » ne manque pas de qualités. Un sens mélodique évident (« Listen to the breeze », « Nguva Ye Kufara ») guide la composition ; mais il est regrettable que la mise en forme opérée par Keith Farquharson, fidèle complice de Chiwoniso, soit aussi chirurgicale, voire uniforme. Bien sûr, les parties de mbira restent malgré tout très belles ; mais il est dommage que le charme de ces interventions soit atténué par le vernis de variété internationale. Qui ternit en quelque sorte la nature originelle de ce « Rebel Woman ».

 

Omar Kent Dykes

Big Town playboy

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Le géant d'Austin est aujourd’hui considéré comme un vétéran de la scène blues. Locale, mais également internationale. Il fêtera d’ailleurs ses 60 ans en 2010. En 1973, le Texan avait fondé son propre groupe : Omar & the Howlers, une formation responsable d’une discographie impressionnante. "Big leg beat", le premier elpee était d’ailleurs paru en 1980. Il semble bien que l'aventure des Howlers soit terminée. Le dernier enregistrement du combo remonte à 2006. Il s’agit d’un live intitulé "Bamboozled". Depuis, Omar a concocté un excellent opus en compagnie de Jimmie Vaughan. Edité en 2007, "On the Jimmy Reed highway" rendait hommage à un des grands du blues : Jimmy Reed. Omar se consacre de plus en plus à l’adaptation du répertoire des anciennes gloires. Un choix qui peut sembler regrettable, car il jouit d’une excellent plume.

C’est donc sous son patronyme qu’il vient de concocter ce nouvel opus. Baptisé "Big Town Playboy", il réunit douze reprises de classiques du blues. Il a conservé une bonne partie des collaborateurs qui avaient participé à la confection de l’elpee précédent. Et bien sûr, Jimmie Vaughan ainsi que le producteur guitariste/Derek O'Brien. Il a également reconduit l'excellente section rythmique partagée entre le drummer Wes Starr et le bassiste Ronnie James. Parmi les invités, figurent l'énigmatique et sulfureuse Lou Ann Barton, le jeune Gary Clark Jr et deux souffleurs de légende, Lazy Lester et James Cotton. Et au vu de la liste des musiciens en présence, on ne pouvait logiquement pas être déçus… Enfin, en analysant les commentaires du booklet, il semble qu'Omar se soit uniquement concentré sur le chant. Vocaliste redoutable, il a donc préféré laisser la part belle aux cordes de Derek O'Brien et surtout de Jimmy Vaughan.

"Big town playboy" est issu de la plume du guitariste Eddie Taylor (NDR : il a longtemps été le partenaire privilégié de Jimmy Reed). Cette compo date de 1956. Le disque s’ouvre par une adaptation de cette chanson. Et c’est le bonheur immédiat ! Implacable, la guitare dicte le rythme. La voix est autoritaire. L'harmonica de James Cotton est très travaillé. Au beau milieu de son envol, cet ancien sideman de Muddy Waters se met à souffler dans les aigus. On en attrape des frissons. Le disque embraie par une autre composition de Taylor, "Upside your head". Jimmy Reed n'a certes pas été oublié puisque trois titres de son répertoire figurent sur l'album : "Mary Mary", "Close together", morceau au cours duquel il reçoit le concours de l'élégante Miss Lou Ann ainsi que de Mr Cotton. Ce dernier souffle ici dans son style très spécifique ; et c’est la claque! Enfin, "Man down there". En réalité un réarrangement du "One way out" de Sonny Boy Williamson. Une compo écrite au cours des sixties par le tandem George Crockett/Jack Daniels. Cette nouvelle version évolue dans le plus pur style Reed (NDR : et aussi le meilleur !) ; surtout lorsque Gary Clark Jr souffle dans sa musique à bouche. Mr Dykes est également très à l’aise dans le swamp blues à la louisianaise (NDR : celui qui débarque en ligne directe de Baton Rouge et du label Excello !) On dirait presque qu’il lui colle à la peau. Le "Hello Mary Lee" de Lightnin' Slim, "Dream girl" et une version du "King bee" de Slim Harpo (NDR : imprimée sur un rythme hypnotique, elle reflète une connivence inespérée entre Kent et Jimmie), en sont les plus belles illustrations ; et tout a long des deux premiers extraits cités, Lazy Lester semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse en soufflant hargneusement dans son instrument. L’œuvre rend également hommage à d’autres vielles gloires. Tout d’abord John Lee Hooker, pour un "No more doggin" au cours duquel Vaughan se révèle saignant. Smokey Smothers, lors d’une superbe cover du "I can't judge nobody", un Chicago shuffle à nouveau sublimé par le souffle de Cotton. Jimmie McCracklin pour une reprise de son "Think" qu’Omar et la féline Miss Barton chantent en duo ; une solide partie de cordes à la clé. Et enfin, Ivory Joe Hunter dont le "Since I met you baby" est interprété dans un style louisianais empreint de beaucoup de passion et de sensibilité. Aussi bien dans les vocaux que dans les cordes de Jimmie. Un bien bel album !

él-g

Tout ploie

Écrit par

Sous le patronyme él-g se cache Laurent Gérard. Etabli à Paris et pas à Bruxelles comme pourrait le laisser supposer le titre introductif « Ixelles », le jeune homme évolue au sein de divers groupes tous aussi loufoques les uns que les autres. Un exemple ? Le projet électro expérimental baptisé Reines d’Angleterre. La légende raconte qu’il se serait fait connaître en oubliant malencontreusement sa démo dans le bus tour de Jack Rose. Celui-ci aurait directement flashé à l’écoute du CD. « Tout ploie », son premier album, réunit les meilleures chansons écrites au cours des dernières années. Des compos sur lesquelles, il reçoit très souvent le concours de Charlene.

En nous plongeant dans son univers sonore, Gerard cherche à nous faire partager sa vision de la musique. L’album est partagé entre douces ballades (NDR « Tim et Henri » est probablement la plus belle) et expérimentations hétéroclites. Sur « Du beurre », par exemple, il se met ainsi à hurler comme un malade mental. Alors que « He Gros » décrit la morphologie du sujet sur une musique atmosphérique, avant de s’achever dans le chaos général. Les paroles rivalisent de délire, tellement les idées sont tordues. Pas la peine d’essayer d’y voir un message quelconque. On pourrait peut-être critiquer son manque de retenue vis-à-vis de ces expérimentations ; mais s’il pousse parfois le bouchon un peu trop loin, il est quand même capable de nous réserver quelques jolies ballades qui s’écartent des sentiers battus.

 

Ricky Gene Hall

Bam!

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Musicien particulièrement doué, Ricky Gene joue aussi bien de la guitare, de la basse, du tuba, de la trompette, du piano que de l’harmonica. Bien qu’originaire de Pickville, dans le Kentucky, sa famille s'est rapidement établie dans l'Ohio. Il monte son premier groupe, HKH, à l'âge de 10 ans, en compagnie de son frère aîné. Début de ce siècle, il fonde Rick Hall & the Blues Healers ; une formation responsable d’un album en 2004. Mais c’est chez les Goods qu’il va trouver son bonheur musical. La formation commet un premier album en 2008. Il est éponyme. Le line up est limité à un trio : Ricky se charge de la composition, du chant et de la guitare, Tom Martin de la basse et Rocky Evans des drums. La musique est empreinte d’une grande simplicité, même si la guitare domine l’espace sonore de ce blues largement teinté de rock sudiste. Et Hall possède une fort bonne voix, très harmonieuse.

L’elpee s’ouvre par le très funky "Way I feel". L’attaque est très proche de celle opérée habituellement par le trio texan, ZZ Top. Introduit par des cordes de guitare alertes mais parcimonieuses (NDR : ce qui n’empêche pas la présence de soli for bien ficelés !), "Noth'n at all" est imprimé sur un mid tempo. Un blues également réminiscent du ZZ Top ; mais un ZZ Top des débuts, celui qu’il pratiquait fin des sixties, début des seventies. Le tempo s’élève sur le titre maître. Ricky se dresse sur ses pédales pour communiquer de l'effet dans ses cordes, mais sans jamais glisser sur un quelconque terrain dur et lourd (hard & heavy). La formule du trio est idéale pour attaquer "Real fine woman", un blues lent qui atteint directement sa cible. Empreinte d’une grande sensibilité, la voix de Hall transpire le vécu. Et lorsqu’il ne chante pas, il souffle délicatement dans son harmonica. Il interprète le "Amos Moses" de Jerry Hubbard d’une voix légèrement nasillarde, dylanesque ; un roots rock alimenté par une slide réverbérée. Il opère une sortie impressionnante face à la section rythmique aussi solide que parfaitement soudée. "Just my luck" concède des accents country très prononcés, profondément ancrés dans le sud. Evoluant sur un rythme allègre et puissant, cette compo évoque l’univers du zydeco, mais sans l'accordéon. Bien jolie ballade balayée par des cordes de guitare mélodieuses et paisibles, "This old guitar" trempe dans le southern rock. Les Goods adaptent le "Read me my rights" de Delbert McClinton, tout en respectant le côté funky roots du compositeur. Et pour cause, la slide épouse un phrasé proche du Lowell George de Little Feat. "Revelation radio" change de registre. Hydratée par l'orgue Hammond de Bernie Nau, cette plage est enrichie par les chœurs gospel de Tony et Brent Hall. La basse est bien à l'avant-plan sur le "Bad is bad" de Huey Lewis", un R&B particulièrement funkysant. En fin de parcours, la formation lorgne de nouveau vers ZZ Top sur l’indolent "Postman" ; mais sous une forme dépouillée. De toute bonne facture, cet opus s’achève par le blues flegmatique "Blues leave me too", un morceau que chante notre Ricky d’un timbre chargé de passion…

Deerhunter remet le couvert

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Seulement quelques mois après la sortie de « Microcastle / Weird Era Cont », Deerhunter se montre ultra productif en publiant ce 8 juin un nouvel EP. Celui-ci contiendra 5 nouveaux morceaux et s'intitulera « Rainwater Cassette Exchange ».

Tracklist:

Rainwater Cassette Exchange
Disappearing Ink
Famous Last Words
Game Of Diamonds
Circulation

 

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/deerhunter

 

 

 

L’envolée des Black Moth Super Rainbow

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Originaires de Pennsylvanie, les mystérieux Black Moth Super Rainbow s’apprêtent à publier un premier essai, « Eating Us », le 8 juin prochain. Résultat d’un travail long de six ans, la plaque s’annonce comme une série de ‘capsules étrangement réconfortantes (…) aussi contagieuses qu’une grippe’. En attendant d’en être les premières victimes, le label Memphis Industries et le quatuor offrent jusqu’au 4 mai le morceau « Born On A Day The Sun Didn’t Rise ».

Pour le télécharger gratuitement, cliquez droit et sauvegadez :  
http://www.memphis-industries.com/music/blackmoth_bornonaday.mp3

Que Dieu vienne en aide à Stuart Murdoch

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God Help The Girl est le nouveau projet de Stuart Murdoch, figure de proue de Belle & Sebastian. Il publiera un premier essai éponyme ce 22 juin, accompagné de membres de Belle & Sebastian, The Divine Comedy, Smoosh ou encore un orchestre de 45 musiciens. Rien que ça ! Le premier single à en être extrait sera « Come Monday Night ».

Premières impressions sur: http://www.godhelpthegirl.com

Les Dying Fetus sont loin d’être enterrés…

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Les poids lourd du Death metal américain, Dying Fetus, travaillent sur un nouvel album dans les studios Wright Way à Baltimore. Toujours produit par Steve Wright, il succèdera a « War Of Attrition » (paru en 2007) et devrait être dans les bacs en septembre de cette année.

Pour plus d’infos : http://www.dyingfetus.com et http://www.myspace.com/officialdyingfetus

 

Eli ‘Paperboy’ Reed

The Funk Soul Brother

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Le dimanche 26 avril, l’AB se le jouait rétro en conviant sur la scène de son club le petit prodige de la soul, Eli ‘Paperboy’ Reed. A peine âgé de 26 ans et haut comme trois pommes, le ‘funk soul brother’ blanc se lance sur les traces de ses pères spirituels, Otis Redding, James Brown et Solomon Burke. Un sacré défi que le bonhomme relève haut la main.  

La première partie est assurée par The Right Ons, formation originaire d’Espagne mêlant un rock vintage à un esprit plutôt punk. Le quintet se débrouille plutôt bien et distille une énergie exemplaire, incitant le public à quelques déhanchés timides. Mais un son manifestement trop fort gâche quelque peu le spectacle et la fin du set arrive malheureusement presque comme un soulagement.

Vers 21h15, Eli Reed est précédé par ses six musiciens, The True Loves, et exécute une entrée de star balançant un ‘yeah’ guttural, pas loin de la marque de fabrique d’un certain James Brown. Derrière ses airs de fils de pasteur officiant dans une église d’Alabama, le jeune homme montre qu’il sait faire fondre les cœurs de la même manière qu’un Otis Redding et un James Hunter ou donner un sacré coup pied au derrière d’un public amorphe, comme Mr Dynamite l’aurait fait. La formation parcourt de long en large son excellent « Roll With You » et quelques titres de leur obscur premier ouvrage « Walkin’ & Talkin’ ». Mais ce sont surtout les nouveaux morceaux, extraits d’un recueil à paraître en automne, qui parviendront à décoincer les premiers rangs.

Eli ‘Paperboy’ Reed & The True Loves clôture ensuite le show par un « (Doin’ The) Boom Boom » au cours duquel les membres déchaînés de The Rights Ons se joignent à la formation lors d’un final explosif. Les vieux démons du Rhythm & Blues et de la Soul peuvent reposer en paix, la relève est définitivement assurée.

Organisation : Ancienne Belgique.

Peter Doherty

Doherty en guise de cadeau d'anniversaire.

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Pure FM avait invité six cents privilégiés à assister au showcase de Peter Doherty, ex-leader des Libertines et des Babyshambles, dans le cadre de la soirée d'anniversaire de la station radio.

Dès 19h30, une file commence à se former devant les portes closes du Botanique, loué dans son intégralité pour l'occasion. Elles s'ouvrent à 20h15. Les bracelets sont distribués ; mais la poignée d'admiratrices de Doherty qui tient absolument à squatter les premiers rangs doit encore patienter trois-quarts d'heure devant celles de l'Orangerie avant de pouvoir pénétrer dans la salle. Si d’aucuns étaient encore sceptiques quant à sa présence ce soir (NDR : dans le passé il s’est surtout illustré par ses retard ou carrément ses absences), les doutes se sont enfin dissipés lorsque le public à été autorisé à investir les lieux. La vérification des invitations à l'entrée nécessite un peu de temps. La salle se remplit donc calmement ; mais lorsque Rudy Léonet, le patron de Pure FM, présente le concert, l'Orangerie est comble…

Peter Doherty s'avance seul sur scène, et contrairement à l'image qu'il aime projeter de lui, il a l'air sobre. Quelques bouteilles l'attendent cependant sur les planches. Il leur fera honneur lors de sa prestation. Simplement accompagné de sa guitare sèche raccordée à un antique ampli Vox, et d'un harmonica, Doherty égrène quelques titres de son album "Grace/Wastelands", mais puise aussi allègrement dans le répertoire des Libertines pour nous offrir des réinterprétations tout en légèreté et en finesse. Si la simplicité des mélodies devient flagrante à l'écoute du jeu de guitare, la richesse des intonations du bonhomme ne fait par contre aucun doute. Et malgré l'un ou l'autre raté dont il n'a cure (il reprend tout simplement le passage loupé et continue), sa prestation est convaincante. En outre, il faut avouer qu’il a montré un grand respect vis-à-vis de son public. Pour preuve, la réelle attention apportée à chacun des présents offerts par quelques spectateurs, et le temps pris à signer un autographe entre deux chansons.

Le set n'a duré au total que trois petits quarts d'heure, rappel de deux titres compris, mais il aura permis à l'ami Peter de démontrer qu'au delà du buzz médiatique qui l'a mis sous les feux de la rampe, et qu'il a lui-même largement alimenté, il est devenu un compositeur et un interprète majeur de cette décennie. Espérons qu'il se recentre sur sa carrière musicale, car le gaillard a réellement du talent.

Celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de participer à cet événement pourront se rattraper le 2 mai à Hasselt, puisqu’il se produira dans le cadre du festival Pollslag. 

(Voir également notre section photos)

Organisation Pure FM.

 

Holy Fuck

Magistral

Écrit par

Ce vendredi s’achevait la partie bruxelloise du projet ABClubcircuit. Baptisé ‘Weizigers naar nieuwe muziek’ (Dénicheurs de Talents), le projet concrétise un échange entre l’AB et onze salles néerlandophones participantes. En gardant Holy Fuck pour la fin, la salle bruxelloise s’était incontestablement gardé la meilleure part du gâteau. C’est le moins que l’on puisse dire.

It Hugs Back ouvre le bal devant un parterre dispersé. Inspiré par Stereolab voire Belle & Sebastian, le rock plutôt commun du quatuor britannique ne parviendra jamais à faire avancer un public tapi dans l’ombre ou adossé au bar, à l’arrière de la salle.

Ils n’auraient pas pu trouver meilleur patronyme. Chez les Canadiens de Holy Fuck, les onomatopées fusent, les bouches sont grandes ouvertes et les pupilles se dilatent. Le quatuor débute à peine son set que l’on est happé par la puissance de leurs bidouillages inclassables. L’énergie déployée au sein de leur éponyme et du splendide « LP » est ici décuplée par 100. Derrière ses claviers ‘cheap’, le combo ne s’essouffle pas une seule seconde, gratifiant l’assistance de grandioses et frétillants « Super Inuit », « The Pulse », « Safari », « Milkshake » ou encore un « Royal Gregory » alimenté d’un light show à faire exploser la cervelle d’un épileptique ; et, surtout, ponctué d’un climax carrément orgasmique. Sans parler des nouveaux morceaux. Une succession de gifles en pleine poire qui annonce un prochain recueil au-delà des espérances. Holy Fuck s’est livré ce soir à un set exemplaire, car parfait en tous points. Tout simplement magistral. 

Organisation ABClubcircuit

Priscilla Ahn

Une fois mais pas deux…

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La première fois que le joli minois de Priscilla Ahn nous était apparu en ‘live’, c’était en première partie de Ray LaMontagne au Cirque Royal. Depuis, la jeune femme s’est émancipée et se lance, seule –ou presque– dans une toute petite tournée européenne qui s’est arrêtée au Witloof Bar du Botanique, ce 23 avril.

Peu de monde s était donné rendez-vous dans le sous-sol du Botanique. Le public est assis en tailleur sur le sol du Witloof Bar tandis que Willoughby, singer-songwriter officiant en première partie, se lamente sur sa guitare-basse. Ses chansons se suivent et se ressemblent. Et la fin de sa prestation est un véritable soulagement. Or le jeune homme réapparaît 5 minutes plus tard sur les planches… Heureusement, c’est pour accompagner Priscilla Ahn, de son double instrument.

Parée d’un joli T-shirt à l’effigie de Tokyo, la demoiselle originaire d’un petit village du Minnesota venait présenter son premier ouvrage, « A Good Day », publié en mars par le prestigieux label Blue Note. La voix de Priscilla Ahn est de celles qui transportent instantanément. Mais, ce soir, le voyage est de courte durée. Engageant à premier abord, le set s’essouffle à mi-parcours. La chanteuse au rire contagieux irradie de sympathie mais n’arrive pas à se renouveler, proposant un show quasi identique à celui dispensé en première partie de Ray LaMontagne. Elle parcourt l’entièreté sa première œuvre, l’entrecoupant des mêmes anecdotes racontées précédemment. Au bout d’une demi-heure, sa pop gentillette devient quelque peu lassante. Malheureux pour un spectacle d’1h20. Qui aura cependant plu à celles et ceux qui découvraient Priscilla Ahn pour la première fois sur scène.  

Organisation : Botanique.

Maria Taylor

Ladyluck

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Exit Saddle Creek. Pour son troisième essai, Maria Taylor a décidé de quitter les eaux calmes de son label pour sillonner les plaines verdoyantes de Nettwerk. Ce changement marque un tournant dans la carrière de l’interprète des inoubliables Azure Ray. Abandonnant la dream-pop et les éléments synthétiques qui caractérisaient son excellent « 11 :11 » (2005) et le moins excitant « Lynn Teeter Flower » (2007), Maria Taylor se livre désormais à un exercice pop aux accents folks ; balayant ainsi toute la douce mélancolie à laquelle la jeune femme nous avait habitués jusqu’ici.

Bien que la majorité des textes soient inspirés d’une récente rupture, « Ladyluck » est une œuvre de saison, étonnamment chargée d’allégresse. Sans compter la poignante ballade « My Favourite… Love », Maria Taylor joue la carte du détachement. Elle invite même Michael Stipe à se joindre aux réjouissances (« Cartoons And Forever Plans »). Mais la formule ne fonctionne pas aussi bien que prévu. Aux premières notes de « Ladyluck », la chanteuse nous balade gentiment à travers un nouvel habitat, apparaissant solide à première vue. Mais, tandis que l’on analyse méticuleusement les fondations de la demeure, on réalise soudain que l’on s’est fait rouler dans la farine. Le plancher se met alors à grincer, les murs s’effritent et la façade s’effondre. Ne reste alors plus qu’un grand vide. La jolie ‘Ladyluck’ a laissé passer sa chance de nous surprendre, une fois de plus.

 

Lily Allen

It’s Not Me, It’s You

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Auréolée de méga-tube « Smile » et du très bon recueil introductif, « Alright Still… », Lily Allen cristallisait en 2006 le renouveau de la britpop. Depuis, la petite s’est créé un solide personnage médiatique, marquant ainsi les mémoires et s’assurant une place au soleil dans l’enfer du showbiz british. Ce qui, a contrario de certain(e)s, ne l’a pas empêchée de se concentrer sur sa carrière musicale qui s’enrichit aujourd’hui d’un réjouissant « It’s Not Me, It’s You ». Initialement prévue pour l’an dernier, la sortie ce second essai a été retardée par la restructuration d’EMI. Un mal pour un bien, la jeune Anglaise ayant joliment peaufiné son nouvel opus.

« It’s Not me, It’s You » fait la part belle aux éléments électroniques comme l’annonce « Everyone’s At It », la plage d’ouverture et le carton radiophonique, « The Fear ». A défaut d’innovation, Lily Allen reste fidèle à sa plume incisive et sa pop estivale délurée et ultra accessible. Chacune des douze plages de l’elpee sont, sans conteste, des hits en puissances et l’ensemble est cohérent sans nécessairement être homogène. Une contradiction qui sert plutôt bien la plaque dont, justement, la versatilité mélodique est l’atout principal. « It’s Not me, It’s You » est donc un joli pied de nez aux critiques qualifiant Lily Rose Beatrice Allen en 2006 de ‘One-Hit-Wonder’.

Patrick Vining

Atlanta boogie

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Patrick écume les scènes du blues et du R&B américain depuis une vingtaine d’années. Peu d’infos sur ce musicien au crâne rasé. Apparemment, à ce jour, il a commis quatre albums dont "Released" en 2006 ; encore que ce dernier disque semble être une réédition américaine d’un elpee paru en 1999, sur le label anglais JSP. Probablement les sessions d’enregistrement de "Ready right now" remasterisées. Produit par Jimmy Morello, cet opus avait alors reçu le concours de musiciens issus de Los Angeles ; et en particulier Kirk Fletcher et John Marx aux cordes, Rick Reed et Paul Fasulo à la section rythmique ainsi que Johnny Viau et Troy Jennings aux cuivres. En 1998, il avait concocté "Blues with bite" en compagnie des Blue Sharks, chez Ichiban.

Patrick s’est établi en Georgie. Ce qui explique le titre de son dernier long playing, "Atlanta boogie". Vining a toujours apprécié les stars du blues et du R&B. Et en particulier les shouters. En l’occurrence BB King, Big Joe Turner, Roy Brown, Little Milton, Louis Jordan et aussi un certain Elvis Presley. Ce qui explique pourquoi sa musique campe un savoureux cocktail de jumpin' blues, de swing et de boogie woogie, épicé d’une pointe de rockabilly.  Pour la circonstance, il bénéficie de la participation d’un excellent backing band ; c’est-à-dire le guitariste Mike Bourne, le bassiste Mookie Brill, le drummer Pete Maier et le claviériste Matt Wauchope. Ce dernier jouit d’une certaine notoriété. Il drive son propre quartet de jazz à Atlanta. Il a également collaboré à la confection de deux albums de Sean Costello : "Cuttin in", un disque paru en 2000 et "Moanin' for molasses", en 2001 (NDR : sur Landslide). Et cet "Atlanta boogie" est justement dédié à la mémoire du regretté Sean Costello. Vining et Mike Bourne forment un solide tandem à la composition ; Patrick signe les textes et Mike les met en musique.

L’elpee démarre sur les chapeaux de roues par "Everybody knows". La guitare juteuse de Bourne introduit la plage. Il est vraiment doué sur ses cordes. La voix de Vining est solide et autoritaire, mais dès qu'il en a le loisir, Bourne en profite pour mettre le nez à la fenêtre ; et ma foi, il est capable alors de se révéler l'égal des meilleurs adeptes du west coast jump. Le piano de Wauchope ouvre "Last night". Caractérisée par ses accents syncopés, la musique baigne dans le style de la Nouvelle-Orléans. Très soudée, la section rythmique soutient les autres musiciens. Très affûté aux ivoires, Matt est largement inspiré par le jazz. Agé de 78 ans, Tommy Brown est un vétéran de la scène blues d'Atlanta. En 1949, il avait composé "Atlanta boogie". Il a été invité pour chanter ce titre en compagnie de Patrick. Cet échange entre un vocaliste noir et un vocaliste blanc est un véritable régal. L'ambiance très rock'n'roll et boogie est entretenue par le piano sautillant et omniprésent de Bourne. Ce dernier est loin d’être un débutant. Nourri au blues à Kansas City, il a rapidement émigré à Chicago où il a été recruté par Delmark. Il a côtoyé Barkin' Bill Smith, Abb Locke (NDR : l'ancien saxophoniste de Howlin' Wolf), le pianiste Barrelhouse Chuck. Il avoue pour inspiration majeure, T-Bone Walker, BB King, Tiny Grimes et Pee Wee Crayton! "I'm so glad" trempe toujours dans le rock'n'roll. La cohésion entre les musicos frôle la perfection. Vining chante d’un timbre passionné ; mais ce sont les cordes de Mike qui emportent les suffrages. Impressionnant ! Pas de temps mort sur cet elpee. "30,000 dollar millionnaire" aurait pu être écrit par la paire Leiber et Stoller. Les musiciens s'attaquent à trois reprises. Tout d’abord le très swing "Money's getting cheaper" de Jimmy Witherspoon. Ensuite "Someday", une autre composition signée Tommy Brown. Et enfin une adaptation sublime du "Last meal" de Jimmy Rogers en mode Chicago shuffle. Un seul blues lent sur la plaque : "Late at night", une compo dont le motif de guitare est quasi hypnotique. L’œuvre se referme par le merveilleux "Man of clay", un dernier rock'n'roll qui casse la baraque. Superbe!