Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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O’Death

L’art de maîtriser la tourmente…

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Avant de se produire en concert au cours de la soirée, O’Death avait déjà accordé un set l’après-midi. Un mini-concert quasi acoustique destiné aux enfants. Une initiative particulièrement intéressante et surtout éducative, imaginée par l’Aéronef. Une belle manière de préparer les futurs mélomanes aux spectacles et surtout les plonger dans l’univers de la musique. Le tout s’opère dans une atmosphère ludique et sous la surveillance des parents. Actuellement ces événements se déroulent une fois par mois et sont gratuits. Attention, les parents ne sont admis que s’ils accompagnent leur progéniture. Profitons-en également pour féliciter les artistes qui acceptent de participer à ce type de spectacle, en adaptant leur musique à cette audience enfantine.

Mais revenons à la soirée, pour laquelle, 31Knots était prévu en première partie. Un trio issu de Portland qui déménage, c’est le moins que l’on puisse dire. Grand, vêtu d’un costard blanc, Joe Haege déboule sur la scène, mais en venant de l’arrière de la salle. Il porte une valise à la main, qu’il dépose sur le podium. Il commence alors à se dévêtir, laissant alors apparaître une succession de costumes, en un temps record. Mais plus jamais, il ne revêtira son trois-pièces immaculé. Il change d’ailleurs de fringues tout au long du spectacle. Et lorsqu’il n’en a plus assez, il les puise dans sa valoche. Le strip-tease s’arrête cependant au caleçon long. Et le déguisement s’achève par un uniforme de G.I. en permission. J’allais oublier l’essentiel, c’est aussi et surtout le chanteur/guitariste. Jay Winebrenner, le bassiste, est coiffé de son habituel bonnet sibérien. Il l’enlève très rarement. Et passe à la guitare, lorsque Joe se concentre uniquement au chant. Derrière, Jay Pellicci, cogne ses fûts avec une détermination et une précision jamais prises en défaut. La musique de 31Knots n’est pas facile à encaisser, les changements de tempi fréquents, oscillant du très rapide à l’extrêmement lent, en passant par le spasmodique ; mais elle est bigrement bien ficelée et très puissante, surpuissante, à la limite assourdissante. Joe est un showman hors pair. Il descend dans le public à plusieurs reprises, micro, pied de micro ou guitare à la main. Il titube, trébuche, se roule par terre, tombe dans les bras d’une fille ; et, en fin de parcours, nous gratifie d’un solo à la Carlos Santana. Jay, le suit une seule fois dans la fosse, pour s’y asseoir et continuer à gratter son manche. Et à l’issue de cette tempête, le public a réclamé un rappel. Que le trio a accordé. Une fameuse claque et déjà des acouphènes, avant de passer au groupe suivant…

En l’occurrence O’Death. Un quintet newyorkais dont le style campe un cocktail de country, de folk, de punk, de bluegrass et de rock, parfumé de saveurs tziganes, gothiques, jazz et roots. En outre, sur les planches, trois des musiciens (le bassiste, le violoniste et le drummer) ont un look de métalleux (NDR : les chevelures !). Après un morceau, ils sont d’ailleurs torse-nus arborant de magnifiques tatouages sur le corps. Le reste du line up implique un joueur de banjo, qui se charge épisodiquement de l’ukulélé tout en assurant la seconde voix et le chanteur/guitariste Greg Jamie. Et ce quintet va nous dispenser un set de brève durée, mais particulièrement entraînant, tourmenté, débordant de passion. Seul Jamie reste calme, impassible, au beau milieu de la tourmente, et de son falsetto bouleversant qu’il accompagne de sa sèche, il prend un soin particulier à soigner la mélodie. Tour à tour, Bob Pycior au violon et Gabe Darling (NDR : les cheveux roux, il ne peut qu’être de descendance irlandaise !) au banjo (dont la lanière est constituée de chiffons noués) se réservent un billet de sortie. Aux drums, David-Roger Berry participe également au show. Tantôt, il frappe comme un malade sur ses peaux. L’instant suivant, son drumming est plus souple ou allègre. Il a également l’art de faire tournoyer ses sticks entre les doigts. Parfois, il se lève, monte sur sa batterie, et empoigne la barre de jeux de lumières qui se trouve juste au-dessus de lui. Il a placé une chaîne sur une de ses caisses et remplacé un tom par une poubelle en plastique. Ses cymbales ont des kilomètres. Aussi, pour les renforcer, il fixe, de temps à autre, une seconde de plus petite taille, sur la plus grande. Lors des rappels, il va même accrocher un tambourin sous son pied droit. Enfin, beau gosse, Jesse Newman (NDR : il est roux également !) balise le groove de ses accès de basse. Mais chez cet ensemble, si les compos dérapent parfois dans la frénésie, leur technique n’est jamais prise en défaut.

Le combo va accorder deux rappels, et lors du second se fendre d’une superbe reprise du « Nimrod’s Song » des Pixies. Le public en veut encore, mais le groupe est cuit. Il est en fin de tournée européenne et David-Roger a d’ailleurs démantibulé sa batterie après le dernier morceau. N’empêche, on a vécu deux bons concerts, ce soir…

Tracklisting

Home
Only Daughter
Adelita
Spider Home
Underwar
Fire on Pestigho
Mountain shifts
Hogtie
Low tide
Down to reest
A light that does not dim

Rappels

Nathaniel
Nimrod’s song

Organisation Aéronef.

 

Festival D'Hiver Rock 2009 : samedi 21 février

Dominée par le ska, la veille, l’affiche de ce samedi 21 est plus éclectique. Plusieurs groupes flamands ont été invités, confirmant ainsi que la culture rock est bien mieux implantée au Nord du pays qu’en Wallonie. Le public est plus mûr que celui du vendredi, aussi. Et même s’il est moins nombreux (800 entrées pour 1000, le premier jour), le bar tourne nettement mieux. Les quelques ados sirotant un coca avec leur sucette, ont laissé place à des rockers avertis, qui profitent également d’une troisième scène installée près du bar. Tout ces éléments communiquent une véritable ambiance rock’n’roll au festival… Hey, ho, let’s go !

Et notre journée commence à 15h15, par Haircuts That Kill, un groupe régional qui pratique du métal old school. Faut dire que la formation est composée de ‘vieux’ routiers vouant un culte à Iron Maiden. Deux guitares (dont une Flying V) friands de soli, une basse, une batterie et un chanteur à la voix écorchée. Ca ne nous rajeunit pas…

Peu de monde pour assister au set de Khâro, duo qui a gagné l’Open Stage de Mouscron. Un couple issu du Nord de la France composé du guitariste Eric Karolewicz et de la chanteuse Caroline Hembise. Lui, n’est plus tout jeune, mais franchement, il a un toucher de guitare assez impressionnant, rappelant parfois Vini Reilly (Durutti Column), notamment dans l’art de maîtriser la reverb. Elle possède un timbre cristallin, réminiscent de Lisa Gerrard (Dead Can Dance). Et puis, il y a une boîte à rythmes. On est à nouveau replongé au sein des eighties, mais dans un univers mélancolique, visionnaire, gothique, propice à l’envoûtement. Dommage ces jeux de lumières totalement à côté de la plaque. A revoir dans un petit club et surtout à suivre de très près…

Ce n’est pas la première fois qu’Adolina se produit au d’Hiver Rock. Faut dire que la formation tournaisienne existe depuis 1998. En pratiquant quelque chose comme du post-emo-punk-core. En dix années d’existence, le band n’est toujours pas parvenu à (ou n’a pas souhaité) faire évoluer son style. Après deux titres, on s’est donc éclipsés…

Hormis un des deux guitaristes, le quatuor Perils Of Penelope est constitué de très jeunes musiciens. Le drummer doit avoir à peine 14 ans. A croire qu’ils sortent du conservatoire. Le look très clean, ces excellents instrumentistes pratiquent un post rock mâtiné de prog. Un peu comme s’ils célébraient une rencontre hypothétique entre Explosions In The Sky et Yes. Dommage qu’il n’y ait pas de vocaliste. Un falsetto, par exemple. Ils devraient même risquer d’envoyer une invitation à Jon Anderson…

The Big Royal Kunamaka Orchestra nous vient de Clermont-Ferrand. Il reconnaît pour influences majeures le Fantomas de Mike Patton et System Of A Down, et n’hésite pas à incorporer, dans sa solution sonore rock, pop, salsa, valse, métal, grindcore ou black metal. Mwouais ! Enfin, c’est ce qui est écrit dans la bio. En fait, leur muse est un peu trop calquée sur Muse…

Tang est encore un groupe d’emo. Il nous vient de Lille et réunit des musiciens particulièrement talentueux. L’intensité est permanente. Le climat sombre. Les arrangements impeccables. Mais la voix du chanteur est atroce. Il braille, hurle, vocifère et oublie de chanter. Quel gâchis !

PPZ30 devient un habitué du D’Hiver Rock. Il devait jouer plus tard, mais a remplacé Kabukibuddah, dont le parcours depuis Lyon avait été solidement perturbé. Pas de mauvaise surprise, puisque la formation belge est toujours aussi excitante sur les planches (NDR : oui, les albums deviennent de plus en plus pénibles). Une et un trompettistes, un drummer, un guitariste (NDR : coiffé d’impressionnantes dreadlocks) très porté sur les accords métalliques, un bidouilleur ainsi que notre showman Bruce Ellison, réputé pour ses onomatopées caractéristiques (NDR : parfois on se demande s’il chante ou se mouche). Le backing group assume à la perfection. Résultat des courses on aura droit à un bon set de PPZ30 rappelant le funk metal des Fishbone ou autre Red Hot Chili Peppers de la fin des eighties (NDR : encore !) 

Barbie Bangkok est une formation issue du Nord du pays. Elle a été révélée par le Rock Rally de Humo. Elle a ainsi été finaliste, la même année que les Van Jets et Absynthe Minded. A l’instar des B52’s, le groupe s’appuie sur deux filles aux claviers. Dont une joue aussi de la basse. Et il faut reconnaître que la musique de la mythique formation d’Athens a exercé une influence sur celle de Gand. Leur pop/rock, catchy, groovy est très dansant. Les voix alternées et les harmonies vocales très caractéristiques. Et puis les musiciens font preuve l’humour et du détachement. Quant à leur petit côté funky, ils l’ont certainement puisé chez Talking Heads. Alors surprise, le guitariste Rodrigo Fuentealba est également de la partie. Il apporte également sa collaboration à Novastar ainsi qu’à Gabriel Rios, mais avait surtout participé à l’aventure du défunt Fifty Foot Combo. Le quintet va terminer son set par une cover du « I’m coming out » de Dionne Warwick, popularisée par Donna Summer (NDR : et encore, pas sûr que ce soit celle-là !)

L’un des grands moments de la soirée et, n’ayons pas peur des mots, de ce festival, nous viendra de l’Enfance Rouge. Non, l’ensemble n’est pas Suisse, comme on aurait pu le croire, mais italo-franco-tunisien. Après un passage remarqué au festival de Dour, il y a quelques années, ce sextet a encore décidé de frapper fort. D’un côté, il y a les Européens. Une bassiste/chanteuse (Chiara Locardi) qui s’installe au milieu de la scène (NDR : elle ressemble à Kim Gordon !), un guitariste/chanteur (François-Régis Camuzat) dont le timbre et les attitudes peuvent rappeler Franz Treichler (Young Gods), planté à droite, et un drummer qui se place sur la gauche du podium, de profil (Jacopo Andreini). De l’autre, les musiciens français d’origine maghrébine. Soit un percussionniste (Wassim Derbel ?) assis. Au fond à droite, un violoniste (Zied Zouari), perché sur une chaise haute (NDR : il descendra de son perchoir au milieu du show pour accorder une intervention époustouflante) et juste à côté de lui, une joueuse de qânun (Hend Zouari). Un instrument qui ressemble à une cithare, mais qu’elle pince à l’aide de doigtiers en métal. Et ce mélange harmonieux entre noisy (NDR : Sonic Youth ?) et culture arabe est absolument savoureux. La rencontre entre intensité électrique et mélopées orientales fait absolument merveille. Pas de world ici, cependant, mais un style atypique susceptible de provoquer des moments d’exaltation. La combustion sonore est souvent lente, avant d’exploser dans un déluge d’énergie pure. On en oublierait presque les lyrics particulièrement engagés, prolétaires, donc rouges et surtout anti-USA. Même si en fin de parcours, la salle n’est plus qu’à moitié remplie, les mélomanes apprécient. Ils sont aux anges. Ils applaudissent chaleureusement. Et nous aussi. Ce qui nous vaudra un des rares rappels à avoir dépassé le timing. Mais cela en valait la peine…

Changement de salle et de style, en compagnie des ‘west-vlamingen’ de Balthazar. Originaire de Courtrai, qui n’est rappelons-le, qu’à une vingtaine de kilomètres du lieu du festival, cette formation bénéficie d’une certaine popularité au nord du pays. Une popularité renforcée par la participation à des concours (NDR : celui du Rock Rally de Humo, par exemple) et le passage dans des talk-shows sur les chaînes flandriennes (NDR : ah, pourquoi n’avons-nous pas la même culture en Wallonie ?) Studio Brussel (NDR : Allo Pure FM !) a également mis la gomme pour soutenir Balthazar, en intégrant leurs singles dans le top de leur ‘Afrekening’ (NDR : la hitlist alternative de la radio rock du pays). Sur scène, les boîtes à rythme se marient bien au violon. Malgré leur jeune âge, le groupe semble déjà bien en place et rôdé sur scène. L’un des chanteurs possède une dégaine à la Stephen Malkmus (Pavement), et jouit d’un timbre vocal séduisant. Violoniste, mais également chanteuse, Patricia Vanneste me fait parfois penser à Sarah Neufeld d’Arcade Fire. Certains titres joués ce soir rappellent même les débuts de dEUS. Bref, un groupe à voir et à revoir ; et, espérons le pour eux, un avenir prometteur.

Ce samedi donc une troisième scène avait été installée près du bar. Vu la proximité du public et des pompes à bières, on y baignait au sein d’une ambiance punk et rock’n’rollesque. Et les Bruxellois de Nervous Shakes s’y intègrent parfaitement. Leur image est soignée, voire précieuse. Certains membres ont même copié leur look sur des mythes du passé. On a ainsi ressuscité les défunts Lux Interior (Cramps) et Joey Ramone ou encore réincarné le David Bowie de l’époque « Heroes ». Et leurs compos passent allégrement d’un punk basique à deux accords, au rockabilly dansant, tout en lorgnant vers le surf rock. Le public apprécie, mais en poussant constamment les caricatures vers les extrêmes, le set finit par lasser.

Pendant ce temps, les Washington Dead Cats miaulent sur la scène Noté. Il y a 25 ans, ce groupe signait chez le label Bondage. Oui, oui, le fleuron du rock alternatif, et des Béruriers noirs, en particulier. Pas étonnant que dans la salle on croise de nombreux quadragénaires arborant des tee-shirts de cette époque. On en a même vu à l’effigie de ‘La souris déglinguée’. Mais sur les planches, le style de Français oscille entre rock/punk alternatif et rockabilly plus classique ou ce qu’on étiquette habituellement de punkabilly. Le chanteur Mat Firehair ne cache pas son admiration pour Elvis et les Clash. Deux références qui donnent une idée plus ou moins exacte du style pratiqué par ce groupe. La générosité et le dynamisme de Mat Firehair faisant le reste. Bref, l’un des moments forts de ce festival… pour les amateurs du genre du moins.

Issu de Ternat, Freaky Age est né en 2003. A cette époque, la moyenne d’âge du combo oscillait autour de 14 ans. Trois ans plus tard, le quatuor participe à la finale du ‘Rock Rally’ de Humo, devenant ainsi les plus jeunes finalistes à avoir jamais joué sur la grande scène de l’AB. Leur pop/rock est énergique et leurs mélodies urgentes, le timbre vocal de Lenny Crabe (NDR : les cheveux longs sur lesquels sont vissés un petit chapeau) campe un hybride entre Julian Casablancas (NDR : des Strokes) et Billie Joe Armstrong (NDR : de Green Day). Deux guitares, dont celle de Lenny, une basse et des drums. Classique ! Une dégaine rock’n roll/garage. Pas étonnant que le groupe reconnaît pour influence majeure les Strokes. En fin de parcours, le groupe va nous gratifier d’une version très personnelle et particulièrement réussie du « Pinball Wizard » du Who.

Un trio monte sur le podium en jogging. Il s’agit de Kaboukkibuddah, une formation lyonnaise au nom quasi imprononçable et dont le style n’est guère identifiable. Il y a du rock, du jazz, du funk, de la noise et de l’humour (NDR : français). Et puis un jeu de scène complètement farfelu et énervé. La chanteuse passe allègrement du clavier, au violoncelle en transitant par la batterie. Le chanteur/guitariste possède une voix sinusoïdale. Le batteur a un look à la Frank Zappa, à moins que ne ce soit à la Omar Rodriguez-Lopez (Mars Volta, At The Drive-In). Il joue aussi du trombone à coulisses et chante d’un timbre écorché rappelant Tom Waits. Bref, les musiciens n’arrêtent pas de brouiller les pistes, déjà fort glissantes de leur expression sonore. Quelque part entre Sloy, Dead Kennedys ou Didier Super, leur spectacle complètement déjanté fait rire. Et c’est ce que recherche le trio. Pari donc gagné pour Kaboukkibuddah (NDR : à vos souhaits !)

La soirée se clôture par la prestation d’un groupe flandrien (NDR : un de plus !) : A Brand. Ces Anversois (NDLR : et oui, toujours Anvers, véritable mine d’or du rock belge) déboulent en proposant un jeu de scène très original. Parfaitement disposés comme sur un échiquier, leur batteur occupe une position centrale, alors que les quatre autres musiciens/chanteurs se postent en tandem, de chaque côté du drummer. Leurs costumes de scène très 60’s me rappellent les Hives, même s’ils ont ajouté une petite touche kitch à la Abba ! Ce sont d’ailleurs deux courants qui semblent canaliser leur flux sonore, soit un rock/garage/punk dont les remous sont provoqué par du disco décalé. Une approche oblique qu’ils accentuent dans leur chorégraphie simpliste mais bien cadencée et synchronisée. Et finalement le show est plutôt agréable à regarder et écouter ; mais il se fait tard, et le public est de moins en moins nombreux. Une petite centaine de spectateurs, tout au plus, a encore la patience d’assister à leur prestation… Et personnellement, vu la fatigue, nous leur consacrerons ultérieurement un article plus conséquent. A tête reposée. Lors d’un de leurs prochains concerts, qui devraient se multiplier, vu leur potentiel…

A l’année prochaine !

 

Boutik Rock 2009 : samedi 21 février

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Du mercredi 18 au samedi 21 février, le Botanique accueillait la 9e édition de la Boutik Rock. Un rendez-vous devenu incontournable pour les amateurs et les professionnels. Et pour cause, ils ont l’opportunité de se rencontrer. Une initiative du ministère de la Communauté Française. Pour cette nouvelle édition, la programmation pop/rock avait été élargie aux formations de hip hop ou plutôt –devrais-je dire– de ‘musiques urbaines’.

Etre sélectionné parmi les groupes belges émergents, c’est une sacrée aubaine. Une opportunité destinée à séduire, non seulement un public curieux et friand de nouveautés, mais surtout à inciter les organisateurs belges et étrangers, qui se sont déplacés pour la circonstance, de programmer ces groupes au cours de l’année. Une des rares initiatives servant à promouvoir la musique dans un lieu reconnu …

Pendant quatre soirées, 7 groupes se sont relayés entre la Rotonde et l’Orangerie. Hormis The Moon Invaders, venu confirmer la puissance de son ska, ces groupes en devenir offrent de belles perspectives à la musique made in Belgium. On soulignera la diversité des genres : le metal de Suicide of Demons, les ensembles festifs Balimurphy et Pablo Andres, l’indie représenté par Auryn, la scène hip hop illustrée par Veence Hanao et Invaderz. Une brochette d’artistes dont certains font déjà parler d’eux depuis quelques semaines.

Zoom sur samedi soir où Les Héritiers et Komah n’ont pas ménagé les guitares électriques ni leurs cordes vocales. Du rock métalleux à plein poumons. Pour les amateurs conquis, Komah offrait sa démo à la sortie. Une façon sympa de transmettre le son en dehors des MySpace et autres sites de streaming.

Après la foudre et les éclairs, Lionel Solveigh est apparu comme un rayon de soleil qui perce à l’horizon. Tout en douceur, de la chanson folk, authentique et jouée magistralement par un multi-instrumentiste. A l’aide de sa guitare, de son harmonica ou de son ukulélé, il nous a prouvé que, parfois, il ne faut pas être à 5 sur scène pour séduire le public.

Nestor ! ne laisse pas indifférent non plus. Un répertoire résolument plus post-rock et sans fioritures. On ressent inévitablement les influences de Radiohead et de Franz Ferdinand.

Je dois avouer que revoir les Bikinians en ‘live’ m’avait laissé sceptique. Et pourtant, depuis les Fêtes de Wallonie, au cours desquelles j’avais eu l’occasion de les découvrir, il faut reconnaître que le combo a pris de l’assurance. Leur rock punk s’est affirmé. Il balance tout en demeurant modéré. En quelques mois, les musiciens ont appris à apprivoiser beaucoup mieux la scène et s’épuisent moins. Le résultat en est d’autant plus persuasif.

papa dada. Franchement, leur prestation était quelconque et ils ne m’ont pas du tout convaincus. Pourtant lauréat du concours Court-Circuit, ils proposent une pop british gentille. Les compositions sont fades par rapport à la palette artistique sévissant actuellement en Belgique.

Les courageux restés sur place après minuit ont pu admirer ces extra-terrestres venus déchirer nos tympans. J’ai nommé UFO Goes UFA. Des musiciens à la pointe, un chanteur déjanté et des compositions électrisantes…

Un repos bien mérité après avoir découvert le rock sous toutes ses coutures. La Boutik Rock s’ouvre et s’enrichit. Espérons que l’année prochaine d’autres genres musicaux seront proposés. La richesse culturelle se construit aussi sur base de la promotion de musiques qui ne sont pas nécessairement pop/rock ou folk. Un grand pas dans ce sens est en marche depuis un peu plus d’un an ! Pourquoi ne pas rebaptiser l’événement : ‘La Boutik des Musiques Actuelles’ ?

Les Héritiers – Komah – Lionel Solveigh – Nestor ! – Bikinians – papa dada – UFO Goes UFA.

 

Festival D'Hiver Rock 2009 : vendredi 20 février

Dans la série, on prend les mêmes et on recommence, cette 7ème édition du festival ‘indoor’, baptisé D’Hiver Rock, réunissait toutes les conditions pour se traduire en réussite. Premier atout deux salles, permettant aux concerts de se dérouler en alternance. Une dont la configuration est proche de la Rotonde du Botanique (mais en moins intimiste), et au sein de laquelle des spectacles sont régulièrement programmés (la salle Lucas). Et une autre, annexe à la grande salle Jean Noté, dont l’originalité procède de sa hauteur et de son aspect industriel. Sans oublier l’accueil toujours charmant réservé par les organisateurs, le prix démocratique des entrées –notamment pour les ados– (NDR : ce vendredi, parmi le millier de spectateurs présents, on recensait une grande majorité de jeunes dont l’âge oscillait entre 12 et18 ans). En outre, le choix de la date, coïncidant avec le début d’un congé scolaire. Et puis l’affiche était résolument ska. Soit des circonstances idéales pour attirer en masse ces jeunes vers la Maison de la Culture.

C’est à la formation régionale Lucie Carton que revenait l’honneur d’ouvrir les hostilités. Ils sont neuf sur scène et proposent une musique festive rappelant Les Négresses Vertes. Différence, les vocaux sont essentiellement partagés entre une très jolie vocaliste au timbre limpide et un lutin enthousiaste (NDR : circonstanciellement, aussi guitariste). Elle, souriante, soufflant un véritable vent de fraîcheur tout au long du set ; lui et ses inflexions théâtrales. Ils traitent, dans leurs lyrics, de questions relatives à la vie et à son absence. Le reste du groupe se partage guitares, basse acoustique, backing vocaux, djembé et accordéon. Ce dernier, Pedro, apporte une touche cabaret particulièrement judicieuse à l’ensemble. Sans oublier les deux cuivres. C’est malheureusement ici que le bât blesse, car ils ne sont pas toujours en phase. Dommage, car le collectif dispose d’un fameux potentiel…

Autre formation locale, Cova 10 pratique un mélange de ska, de rock et même de dub. La musique dispensée par ce sextuor ne maque pas d’énergie ni d’enthousiasme, le chanteur affiche même une belle assurance comme showman. Les sonorités des claviers passent aisément du vintage au moog. Mais le tout manque cruellement d’originalité…

Jaya The Cat est né aux States. A Boston, très exactement. C’était au début des années 2000. Lors d’une tournée en Europe, le groupe décide de rester sur le Vieux Continent et de s’installer à Amsterdam. Depuis, le line up a connu de multiples modifications. Il ne demeure d’ailleurs plus que le chanteur/guitariste Geoff Lagadec, comme membre original, le drummer, David ‘The Germ’ Germain, n’ayant rejoint la formation qu’un peu plus tard. Ce sont également les deux derniers Yankees, le reste du combo étant constitué de Bataves. Leur set est très pro ; mais si le cocktail laidback de ska, de punk rock et de reggae proposé est impeccable, il souffre à nouveau d’un manque flagrant d’originalité. On retiendra surtout les poses de Geoff, dont les manipulations de sa six cordes valent le détour. Il joue de sa gratte en la serrant très haute contre sa poitrine, mais la tient aussi parfois comme un sac à main, par le corps, lorsqu’il se concentre sur son micro…

La première révélation du d’Hiver Rock nous est venue de la formation française Le Gros Tube. Une fanfare ? Oui, mais mieux encore qu’une fanfare. Un collectif déambulatoire de huit musiciens où on retrouve un sax, une trompette, un trombone à coulisses, un banjo, un sousaphone et une grosse caisse. Sans oublier la caisse claire garnie de cymbales. En fait, si vous avez déjà assisté à un concert de la formation hexagonale Ils Marchent Debout, vous devriez vous faire une idée précise de la manière dont joue ce drummer ambulant. Son tambour et ses accessoires sont fixés à hauteur de la ceinture, pour lui permettre de circuler sur les planches. Le style musical s’inscrit cependant davantage dans l’esprit de Mardi Gras BB. Parce que leur mélange de funk et de jazz est teinté de dixieland. Ca swingue, ça met l’ambiance et impossible de rester de marbre face à un show aussi irrésistible. Si bien qu’en fin de parcours, il n’y avait plus un seul spectateur qui ne remuait pas au moins la tête ou les jambes…

Le plus gros succès de foule sera décroché, cependant, par les régionaux de Skarbone 14. Dès 20h35, la salle est comble. Et les pogos ainsi que les jumps se multiplient au sein du public. Pas de doute formation joue à domicile, et l’audience, constituée majoritairement d’ados, lui est entièrement acquise. Néanmoins, il faut avouer que les musiciens ne se sont pas contentés de se reposer sur leurs lauriers. Faut dire qu’au cours des dernières années, ils ont multiplié les échanges avec d’autres groupes, participé à des festivals réputés comme Couleur Café ou figuré à l’affiche de Dour, à plusieurs reprises. Et puis leur attitude scénique est beaucoup plus professionnelle. Ainsi, la position des cuivres, est davantage mise en évidence. En outre, leur dernier album « Délivré sans ordonnance », a été enregistré au sein des déjà célèbres studios bruxellois ‘Rising sun’, sous la houlette de Rudy Coclet (NDR : oui, oui, rien que ça !) Respect donc pour ce groupe, même si ce n’est pas notre tasse de thé. D’ailleurs si les autres formations qui se sont produites au cours de la soirée nous ont davantage bottés, il faut admettre que Skarbone 14 a décroché la palme de l’applaudimètre et du succès de foule…

Grosse déception cependant pour La Ruda, pourtant présenté et pressenti comme la grosse tête d’affiche de ce festival. Un set annoncé sous une version acoustique. Mais de l’acoustique largement électrifiée ; car les guitares et la basse étaient bien branchées. Bien sûr, le jeu de scène et le light show se sont révélés à la hauteur, plongeant le public au sein d’une ambiance cabaret. Encore que cette atmosphère au départ intrigante contrastait trop par rapport à l’attitude du chanteur. A son look rétro. A son air un peu trop sérieux pour un tracklisting constitué titres punk-rock. Bref ça ne collait pas. Pourtant la voix nasillarde de Pierrot (NDR : auteur, compositeur et chanteur) est toujours aussi caractéristique, rappelant celles des groupes de rock français dits ‘alternatifs’, comme Bérurier Noir. Mais très vite, le spectateur lambda (NDR : et nous aussi) finit par décrocher. La Ruda nous avait habitués à des sets explosifs (NDR : à l’instar de ceux accordés au festival de Dour), et le live de 2000, « La Ruda Salska en concert » en est le plus beau témoignage. Coïncidence, mais leur dernier opus en date, « Les bonnes manières » est plutôt décevant. La formation angevine serait-elle sur le déclin ?

Nettement plus percutant que la Ruda, Percubaba va mettre, pour la dernière fois de cette soirée, le feu à la salle Lucas. La musique de Percubaba est le fruit d’un mélange improbable, mais réussi, entre le ska, le reggae, le hip-hop et le punk-rock. Sur les planches, trois chanteurs se relaient, dans un style qui n’est pas sans rappeler les délires de Massilia Soundsystem, même si l’expression sonore lorgne davantage vers les Ogres de Barback, les Fils de Teuhpu ou encore Babylon Circus. Bref, le spectacle est agréable à écouter, mais aussi à voir. Très sympathiques, les membres du groupe n’hésitent pas à communiquer leur bonne humeur (NDR : une carence chez La Ruda). Quoique distribué par Pias, le groupe pratique aussi ce bon vieux principe d’auto-distribution, et accueille lui-même les fans à son stand avant le concert. Pas étonnant que le public lui rende bien cet enthousiasme. Enfin ce qu’il reste du public ;  car une bonne frange des plus jeunes, qui n’avaient probablement pas obtenu la permission de minuit, sont rentrés sagement à la maison.

La fatigue commence à se faire sentir. Il est donc l’heure également de retrouver les bras de Morphée. Reste encore le set des régionaux de la DK Danse. Mais demain, une longue journée nous attend, et on se contentera de recueillir, le lendemain, les échos de la prestation de ce combo alliant l’electro/hip-hop au free-jazz.

Bénabar

L'effet Bénabar

Nouvel ouvrage, nouveau spectacle. Le week-end dernier l’‘Infréquentable’ Bénabar s’est arrêté deux soirs de suite à Bruxelles afin d’y présenter ses dernières compos. Première étape, une Ancienne Belgique comble.

L’avant-programme était assuré par Charlotte Marin, petite pile électrique blonde venue présenter son condensé d’humour en chanson, « Et en plus, je cuisine… ». En fusion avec l’assistance, Marin s’est montrée à la fois pleine de sagesse (« Jamais revoir ses ex », « Demain j’arrête ») et déraisonnable (« Crazy du Shopping », « Croqueuse d’homme »). La jeune femme deviendra très probablement une artiste incontournable dans un futur proche.

A l’heure du show de Bénabar, un homme se dresse dans l’obscurité à l’arrière de la scène, micro à la main. Les demoiselles hurlent, attendant impatiemment que le chanteur se retourne et leur en apprenne plus sur « L’effet papillon ». Mais, contre toute attente, le petit malin apparaît sautillant sur la scène, par la gauche. Tandis que le leurre se retire tranquillement, Bénabar happe son public dès les premières secondes de son show. Entre son essai éponyme et « Infréquentable », l’interprète passe en revue le meilleur de sa discographie. Et il suffit de voir les –très– larges sourires sur le visage de l’assistance féminine pour savoir que le spectacle fait mouche. Une chose est sûre, le rendez-vous est pris le lendemain soir au Cirque Royal !

Pour visionner les photos du concert, voir rubrique ‘Live Photos’.

Organisation : Ubu

 

Sonic Youth éternel

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Le seizième album de Sonic Youth paraîtra ce 9 juin. Coproduit par John Agnello et le groupe, il marque leur retour sur un label independent, en l’occurrence Matador. Il a été enregistré au sein des studios de la formation, l’Echo Canyon West à Hoboken, dans le New Jersey et implique un nouveau membre, Mark Ibold, qui avait déjà tourné en leur compagnie dans le passé, mais surtout notoire pour avoir sévi chez Pavement.

Track listing:

1. Sacred Trickster
2. Anti-Orgasm
3. Leaky Lifeboat(for Gregory Corso)
4. Antenna
5. What We Know
6. Calming The Snake
7. Poison Arrow
8. Malibu Gas Station
9. Thunderclap For Bobby Pyn
10. No Way
11. Walkin Blue
12. Massage The History

Pour plus d’infos : http://www.sonicyouth.com et http://www.myspace.com/sonicyouth

Soldout

Bleeps & beats

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Depuis deux ou trois ans, l’Ancienne Belgique organise ponctuellement ses ‘now_series’. Chaque édition de ces sympathiques soirées à petit prix accueille de quatre à cinq formations opérant dans le même genre musical. Ce jeudi 19 février, la salle bruxelloise accueillait Anderson, Casiokids et, en tête d’affiche, Soldout. Trois formations résolument electro-pop introduites par le Dj set de MVSC.

MVSC (Jean Montevideo vs. Cosy Mozzy) donnait donc le ton de la soirée, lors d’un set qu’une arrivée tardive ne me permet pas de retranscrire dans ces lignes. Juste le temps de distinguer les dernières notes d’une formation (Montevideo ?) qui clôturait le show des DJs à 20h30, heure à laquelle les Amstellodamois d’Anderson débutaient leur show à l’ABClub. Le duo, révélé par le sympatoche « weareradioanderson » publié en 2005, venait présenter son nouvel ouvrage, « It Runs In The Family ». Dissimulés derrière leurs synthés, Bas et Jeroen balancent leurs ritournelles attendrissantes en toute simplicité, les très bons singles « Imagine You In Front Of Me » et « Trevor * On The Dancefloor », en tête. Une demi-heure et quelques bières plus tard, une ABBox pleine à craquer accueillait déjà la tête d’affiche de la soirée.

Emballés par « Cuts », la nouvelle fournée de Soldout, on était impatients d’assister à sa retranscription ‘live’. Charlotte et David, tout de noir vêtus, apparaissent sur une scène plongée dans une quasi-obscurité, à l’image de « Cuts ». Les premières basses de « The Call » s’échappent des baffles et la réponse du public est immédiate. De part en part, l’ABBox est secouée de vibrations tandis que le duo enchaîne sur plusieurs morceaux de ce second essai, pratiquement dans l’ordre présentés sur le disque. Peu loquace, la formation bruxelloise remercie tout de même son public avant de reprendre sans cérémonie l’un de ses premiers tubes, « I Can’t Wait ». Pourtant convaincants pendant toute la première partie de son spectacle, Soldout s’est montré relativement décevant par la suite. Sans aura ni énergie, le duo semble être entré sur le mode pilote automatique. Le rendu des compositions suivantes tombe relativement à plat bien, même si le hit final, « I Don’t Want To Have Sex With You » parvient à relancer la machine. Un peu tard…

Chargés de clôturer la soirée sur la scène de l’ABClub, les cinq gaillards de Casiokids se sont une nouvelle fois montrés à la hauteur. Après une première apparition sur les planches en première partie de of Montreal, les Norvégiens ont assuré un set sautillant et sans fausse note. Le leader de la bande n’a d’ailleurs pas hésité à se joindre au public l’espace d’un morceau au titre imprononçable. Leur electro-pop irrésistible va très certainement parler d’elle dans les prochains mois, la formation publiant son nouvel essai sur le très bon label Moshi Moshi, ce 2 mars.

Pour mater les photos de cette soirée fortes en bleeps & beats, rendez-vous à la rubrique ‘Live Photos’.

Organisation : Ancienne Belgique

Bubble Monkeys

Bubble Monkeys (Ep)

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Quatre morceaux en quinze minutes. C’est le nombre de titre et le temps qui m’ont été imparti pour que je puisse me faire une petite idée de la musique de Bubble Monkeys. Une démo, il faut l’avouer, guère transcendante. La formation est originaire de Liège et semble fière de défendre les couleurs de la Wallonie. Cool ! Mais quelles sont leurs influences majeures ? Apparemment autant Radiohead que Bob Dylan. Respect ! Mais si le groupe espère un jour atteindre leur niveau, il faudra que ses membres se retroussent les manches. Maintenant, la musique de Bubble Monkeys ne suscite aucune aversion en mon for intérieur ; et elle est bien loin d’être inaudible. Au contraire, elle recèle une forme de légèreté qui la rend agréable à l’écoute. Et les différents instruments sont bien mis en place. Sans oublier une mise ne forme très satisfaisante. Le principal reproche à adresser au combo, c’est son manque d’originalité. Ce type de solution sonore est déversée à profusion lors des concours ou crochets, organisés afin d’essayer de sortir un artiste de l’ombre. Le drumming est efficace. Que ce soit lorsqu’il soutient la cadence ou pour s’estomper au moment opportun. Les guitares tiennent honnêtement la route, mais elles évoluent à des années-lumière d’un Nick Drake. Enfin, si les chœurs passent plus ou moins bien la rampe, il faut reconnaître que le lead vocal constitue le maillon faible du combo. Surtout quand les lyrics sont chantés en anglais. Entendons-nous bien, mon objectif n’est pas de discréditer le travail opéré par Bubble Monkeys ; mais vu la qualité actuelle de la scène belge, le band me semble un peu largué. Néanmoins, je les invite à redoubler d’efforts et surtout à essayer de se forger une personnalité, pour ne pas sombrer dans le plus strict anonymat…

 

Metronomy

Un peu trop métronomique…

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L’aventure de Metronomy débute à Totnes, dans le Devon, en Angleterre. Enfin celle de Joseph Mount. Son père lui offre un ordinateur. Et le fiston y développe rapidement une expérience en matière d’électronique. A un tel point qu’il commence même à composer de la musique, à l’aide de son PC. Et de devenir, au fil du temps, de plus en plus compétent, dans le domaine. Qu’il met alors au service d’un groupe (NDR : deux autres musiciens sont impliqués chez Metronomy : le drummer Oscar Cash et le bassiste/claviériste Gabriel Stebbing), destiné à concrétiser ses projets. Ses compos arrivent aux oreilles de d’Erol Alkan. Il flashe sur le titre "You could easily have me" et décide Joseph à venir les interpréter en club, flanqué de sa formation… Dans la foulée, le combo publie un single, "Radio Lady" ; un titre imparable qui figure d’ailleurs sur « Nights Out’ », leur premier opus paru en septembre. Les concerts se multiplient. D’abord dans de petites salles, puis de plus grandes. Et pour cause, le public devient de plus en plus conséquent. Pour la seconde fois, le combo se produisait au Botanique. Quelques mois plus tôt, c’était en première partie de Ladytron. Mais ce mardi 17 février, ils occupent la tête d’affiche.

Pourtant, les circonstances ne sont pas favorables pour jouer ce soir. Et pour cause, juste avant le spectacle, des olibrius ont fracassé les vitres de leur minibus. Une situation qui n’est, bien sûr, pas de nature à faire le vide dans sa tête avant de monter sur les planches. Néanmoins, il faut reconnaître que le groupe va nous gratifier d’un set électro pop de bonne facture. De courte durée, mais particulièrement dense. En 80 minutes, la formation va nous dispenser les titres issus de « Nights Out ». De quoi nous permettre d’apprécier la musique de ces Britons.

Trois synthés vintage, des guitares, des basses, un saxophone, une boîte à rythmes et un Mac. C’est l’équipement sur lequel les 3 musiciens au look étudié et aux vocaux éthérés, vont se partager au cours de cette soirée. Dès les premiers accords, on est plongé dans une pop électronique d’une autre époque. Celle des eighties. Très mélodique. Et surtout, britannique, bien sûr. Le groupe manifeste un bel enthousiasme sur les planches et ne se prend pas trop au sérieux ; enfin, en apparence. Car la conception du spectacle est impeccable. D’ailleurs, les versions des compos interprétées différent peu de celles de l’album. Ce qui n’a pas trop l’air de déranger le public. Et à l’applaudimètre, « A thing for me », « My heart rate rapid » ainsi que « Radio Ladio » emporteront la palme. Le trio va nous réserver également une drôle de chorégraphie basée sur des ‘lumières-pendentifs’ qu’ils arborent fièrement. De ce spectacle, on retiendra surtout l’utilisation de véritables instruments, en sus de leur matos électronique. Bref, Metronomy nous a accordé un set réussi et plaisant, à défaut d’être transcendant. Réglé comme du papier à musique aussi. Ce qui n’a pas empêché la majorité des spectateurs présents, de quitter la salle, enchantés par leur prestation…  

Organisation Botanique

 

Brian Wilson

That lucky old sun

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Franchement, il était difficile d’imaginer que Brian Wilson allait pouvoir donner un jour une suite à « Smile ». L’opus s’ouvre par le titre maître, une chanson populaire américaine reprise en son temps par Louis Armstrong, Sarah Vaughn et Ray Charles. Cette chanson donne le ton à une œuvre au cours de laquelle il évoque le Los Angeles d’hier et d’aujourd’hui, à travers des compos traditionnelles et des intermèdes narratifs déclamés par Van Dyke Parks. Ce dernier partage la paternité des lyrics en compagnie du multi-instrumentiste Scott Bennett, impliqué dans la nouvelle aventure de Brian, depuis que ce denier a opéré son come-back. Quant à la musique, elle est bien sûre issue de la plume du Mozart du pop/rock (NDR : c’est ainsi que la presse spécialisée le baptisait au cours des sixties). Vous vous doutez que les harmonies vocales sont particulièrement soignées voire raffinées. Et que les mélodies rappellent les Beach Boys. Enfin, le plus souvent. Sur la plupart des morceaux, les arrangements sont riches, parfois même très riches ; mais ce traitement à l’ancienne ne manque cependant pas de charme. Néanmoins, ce sont les compos les plus minimalistes qui se révèlent aussi les plus efficaces. Et lorsqu’il chante (NDR : d’un timbre plus rauque) accompagné tout simplement d’un piano et soutenu de chœurs limpides « Midnights another day » (NDR : les orchestrations se font alors discrètes), il est totalement bouleversant. L’album s’achève par deux plages empreintes de nostalgie. Tout d’abord « Going home » et puis « Southern California », une finale au cours de laquelle il se remémore la jeunesse des Beach Boys…

 

The 44s

Live at Bacci’s (Dvd)

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Los Angeles regorge d’excellents blues bands. Les 44's y sont originaires. Un quatuor réunissant le chanteur/guitariste Johnny Main, le bassiste Dug Mug Swanson, le batteur J.R Lozano et l'harmoniciste d'origine japonaise, Tex Nakamura. Dug Mug a milité au sein du groupe de Zac Harmon, le Mid South Blues Revue qui avait décroché, en 2004, l'International Blues Challenge Award. Le quartet écume cette scène locale particulièrement difficile en se produisant dans les petits bars et clubs de L.A. Une situation qui oblige les artistes à se battre pour vivre de leur musique plutôt que d’assurer leur confort de vie. A cet égard, la manière assez agressive du vocaliste est symptomatique. Elle communique une intensité particulière aux 44s, qui en font sa spécificité. Ces sessions ‘live’ se sont déroulées en février 2008, au ‘Biacci's’, un petit club/restaurant italien d’Upland, dans la banlieue est de L.A.

Nakamura est un harmoniciste au souffle puissant. Son intervention est pleine de verve tout au long de l’ouverture "So low down". Un véritable claque ! Main (NDR : un type tatoué comme ce n’est pas possible !) vocifère ses vocaux dans le style d'un Johnny Winter de la belle époque, tout en triturant nerveusement sa vieille mais fidèle Fender Stratocaster. Le combo attaque le "Too many drivers" de Lightnin' Hopkins, à la manière d'un shuffle texan. Une version dynamique, puissante, victorieuse. Tex est à nouveau impressionnant. Le Stetson blanc est bien vissé sur le crâne. Des lunettes fumées dissimulent ses yeux. Mais surtout, il souffle comme le Kim Wilson au sommet de son art. Celui qui militait chez les T-Birds, à leurs débuts. Johnny se réserve une première sortie sur les cordes tandis que la solide section rythmique met la main à la pâte à l'arrière-scène de la pizzeria. Le son du Chicago Westside est bien restitué lors du "Take it easy" de Magic Sam. Main n’est pas un virtuose ; mais, à la recherche du riff magique institué par Sam Maghett, il parvient à arracher des larmes de ses cordes. Quatre plages de ce concert sont issus de la plume d’un certain L. Butler, dont le ravageur et galopant "Goin' to the church". L'harmonica ne desserre jamais l'étreinte autour du chanteur. Une grande complicité s’établit entre les deux solistes. L’ensemble affiche une cohésion remarquable. Main sort de sa poche son bottleneck. Ses cordes ronronnent. Il se réserve une longue intro à la slide pour "Sweet tooth". La démarche est plutôt majestueuse. Plus aventureuse. Largement différente de celles des jams bands, auxquels il se raccrochait en début de parcours. Néanmoins, les interventions de Tex demeurent séduisantes, envoûtantes, magiques. "Shape I'm in" opère un retour au Texas. Un rock'n'roll tonique signé Bramhall (père et fils) et Marc Benno. Fin du concert. Et du film. Le générique final défile pendant que la bande sonore diffuse une reprise succincte du "Don't love your cool" d'Albert Collins.

  

Airport City Express

Away From Weathering Sun (EP)

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Airport City Express est un duo acoustique fondé en 1999 par Brieuc Bauthier et Michaël Verbeeck. Issu de Liège, il compte déjà plus de 10 ans d’existence. Et pourtant, ce tandem signé par le collectif JauneOrange, ne compte à son actif qu’un seul EP, à ce jour. Le manque chronique de moyens auquel les petits groupes belges doivent faire face en est-il encore la cause ? On est d’autant plus surpris que la paire avait reçu d’excellentes critiques, lors de la sortie de ses deux démos (« An Ace Product » et « Lower Than Life »). En outre, ACE a déjà accordé une multitude de concerts à travers en Belgique.

Si les deux leaders sont toujours au poste et se réservent chant et guitares, ils ont élargi leur line up à un quatuor, lors de leur passage à l’ère électrique ; c'est-à-dire en engageant une section rythmique. Il faut donc espérer un coup d’accélérateur à l’aventure d’Airport City Express, après la sortie de ce disque. « Away from weathering sun » est découpé en cinq plages remarquables, sculptées dans la power pop. Cinq chansons aux mélodies contagieuses qui débordent d’énergie. Weezer et Grandaddy ne sont pas loin. Imaginez la voix de Jason Lytle soutenue par les riffs de guitares de Rivers Cuomo, le tout circonstanciellement enrichi par les interventions du claviériste des Rentals. Si le single « You’re unwise » se révèle la compo la plus fédératrice, mon coup de cœur va au superbe « Bud Spencer ». Un titre terriblement accrocheur, caractérisé par des vocaux cotonneux et un esprit bricolo inventif, sans prise de tête, proche des débuts de leurs compagnons de label, Girls in Hawaï. De la pop liégeoise ensoleillée plongée en plein cœur des Etats-Unis indie.

Le disque est disponible pour une somme dérisoire, sur le site du collectif JauneOrange. N’attendez pas pour vous le procurer, car cet Airport City Express risque fort de devenir un des fers de lance du pop/rock belge. D’ailleurs, à ce jour, cet Ep, constitue, à mon humble avis, une des premières révélations pour l’exercice 2009, de la scène noir jaune rouge…

 

The Experimental Tropic Blues Band

Captain Boogie

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Pour enregistrer leur second elpee, Boogie Snake, Dirty Wolf et Devil d’Inferno ont décidé de capturer le son le plus proche de leurs prestations scéniques. Résultat des courses, ce « Captain Boogie » est beaucoup plus brut de décoffrage et forcément, s’avère plus difficile à assimiler.

Produit par André Gielen, ce disque est découpé en 12 plages qui flairent la sueur et le souffre. L’aspect primal du rock’n roll y est privilégié. A cet égard, les Tropics se montrent dignes héritiers naturels des Cramps (NDR : drôle de coïncidence, Lux Interior, leader et chanteur du combo new-yorkais, vient de décéder). Et ils le démontreront sur le frénétique, « Hippidy hop », une plage également hantée par un certain Little Richard (NDR : il n’y manque que le piano). Sur le vicieux « Those dicks », ensuite. A cause de ce recours à la guitare surf et puis de la voix ‘hoquetante’ de Boogie Snake. Et enfin d’« I dig you much and more », une plage pimentée par un harmonica fiévreux et imprimée sur un tempo tribal. Un rythme que Devil imprime sur la plupart des compos de l’elpee. Comme sur le sauvage « Disco d’Inferno » (NDR : ben tiens !), un morceau enrichi par une basse hypnotique (NDR : si c’est une basse ?) et un saxophone stridulent. Ou encore le boogie « Baby sue », morceau qui aurait pu figurer au répertoire d’Alan Vega. Pensez au célèbre « Juke Box Baby ». Encore que dans le style, « Cock-a-doodle-do » rappelle davantage le hit du citoyen de Brooklyn, tout en adressant, via ce message de basse-cour un clin d’œil à Chuck Berry (NDR : cherchez l’astuce !) Le blues a évidemment également sa place sur ce disque. Tout d’abord à travers le lancinant et aride « Godammn blues » et ses riffs de guitare effilés. Sur « I’m gonna try », également. Une compo plus torturée, au cours de laquelle le crissement des six cordes peut faire penser à une fraise de dentiste qui vous abrase une dent. Ou encore le plus punk, donc furieux, « Oohh », dont les accents de blues sont paradoxalement contrebalancés par des accès de fête. L’elpee recèle encore un morceau plus inhabituel dans le chef du trio : « Bang your head ». Du funk/rap inspiré à la fois par des Rage Against The Machine et Red Hot Chili Peppers originels. Quant à la version garage de « Think it over », elle rend hommage à Buddy Holy. Reste le titre maître. Une composition qui alterne le menaçant voire le sinistre (NDR : qui a dit le gothique ?) et la fureur du punk extrême. Bref, un album dévastateur, à ne pas mettre entre toutes les oreilles. N’empêche, ce nouveau répertoire des Tropics devrait prendre une dimension apocalyptique sur les planches…

Lien vidéo "Those dicks" :  http://www.vimeo.com/5114123

 

 

 

Liam Finn

I’ll be lightning

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L’an dernier, la Nouvelle-Zélande nous avait rappelés à son bon souvenir en nous révélant Ruby Suns et ses rythmes caribéens. Elle nous dévoile une autre perle, mais de songwriting pop : Liam Finn. « I’ll be lightening » constitue son premier elpee. Mais pour un coup d’essai, c’est un coup de maître ! Cet opus est paru aux Antipodes, en 2007 ; mais bon, vu la distance, il a seulement débarqué sur le Vieux Continent, l’an dernier. Ce disque, Liam l’avait enregistré juste après avoir quitté Betchadupa, un groupe de jeunesse fondé à l’âge de 11 ans, et dont il était le leader. Mais plus important encore, Liam a bénéficié d’un environnement familial particulièrement propice pour réussir dans la musique. En effet, le gamin (NDR : il a quand même 24 ans) n’est autre que le frère de Neil Finn, son aîné, mieux connu pour driver les Crowded House. Ce qui explique mieux la maîtrise mélodique manifestée par l’artiste, tout au long de ce disque… C’est aussi au sein des studios, appartenant à la famille Finn, à Auckland, qu’il a enregistré cet elpee. Et le confort de ce cocon est reflété dans la chaleur des chansons !

Si son succès reste pour l’instant limité ; sa pop, elle, reflète déjà le talent d’un tout grand. Découpé en quatorze vignettes, cette œuvre recèle de véritables moments de grâce. A l’instar du single imparable « Better to be », de « Lead ballon » et ses chœurs à la Supergrass, du bouleversant « Second chance » ou encore de l’immédiat « Energy spent », la compo qui m’a fait le plus flasher. A la croisée des chemins d’un Elliot Smith moins dépressif, de Beatles lo-fi ou d’un Brendan Benson débordant d’idées, Liam Finn cisèle de superbes mélodies. Des mélodies hymniques, contagieuses, intemporelles. La production est parfaite. Elle renforce à merveille les émotions se dégageant de ses compositions, dont on a parfois l’impression qu’elles ont été écrites pour l’auditeur. Et je qualifierai sa musique de pop chaleureuse tant on elle communique une sensation de bien-être.

Un petit bémol : la longueur de l’album. Dix chansons auraient suffi. Une règle d’or que Finn ne devrait pas oublier lors de la confection de son second opus. Mais je le répète, cet artiste est promis à un bel avenir. Liam Finn assurera le supporting act de la tournée en solitaire d’Eddie Vedder (leader de Pearl Jam). Et franchement, j’attends impatiemment qu’il se produise chez nous, pour aller l’applaudir sur les planches…

The Mick Fleetwood Blues Band

Live

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Mick Fleetwood est un des fondateurs du Fleetwood Mac. Il a d’ailleurs participé tant à l’aventure anglaise (NDR : celle-ci avait débuté une journée d'août 1967 au Festival de Windsor) qu’américaine du groupe. Pour rendre hommage au Mac des années 60, il vient de fonder un nouveau blues Band. Pour la circonstance, Mick a rappelé Rick Vito, un excellent guitariste qu’il avait déjà côtoyé au cours des 80s. Et a complété le line up de son combo par le bassiste Lenny Castellanos et le claviériste Mark Johnstone. La formation sillonne les routes depuis quelques mois. Elle s’est même produite en Europe ; malheureusement ni en France ni en Belgique. Baptisé « Live », cet opus a été immortalisé l'an dernier au Sheldon Concert Hall de St Louis. En ‘bonus’, un second cd réunit quatre titres concoctés au sein des studios Maui de Mick, à Hawaï.

Je dois avouer beaucoup apprécier Rick Vito. Il a une bonne voix et impressionne à la guitare, en particulier à la slide. Lors des débuts du Mac, le secret de leur recette procède de la conjugaison de deux talents différents. Tout d’abord l'extraordinaire Peter Green. Chanteur, compositeur, et inoubliable gratteur, il puisait son inspiration chez BB et Freddie King ainsi qu’Otis Rush. Ensuite le petit Jeremy Spencer, adepte de la slide façon Elmore James et du rock'n'roll. Vito synthétise en une seule personne ces deux paramètres. Il n'a cependant jamais oublié un certain jour de l’an 1968, lorsqu'il a eu le bonheur de voir et d’écouter le Mac original à l'Electric Factory de Philadelphie.

Il débute d'ailleurs l’elpee par "Red hot gal" sur un riff notoire d'Elmore James ; un morceau pas piqué des vers et sans la moindre faille. Tout y est. La voix. La slide. Et le beat métronomique de Fleetwood. Pour attaquer son "Looking for somebody", Rick se met dans la peau de Peter Green ; et, s'il n'a pas sa sensibilité à fleur de peau, il reproduit le feeling, le vécu de Green dans son chant, tout en y communiquant une émotion bien palpable. Il ne concède aucune faiblesse. Et pour donner davantage de relief à l’expression sonore, Johnstone nappe le tout d’orgue. Autre morceau signé Vito, "Fleetwood boogie" rend hommage à son leader. Mick tape d'ailleurs comme un possédé sur ses peaux, tandis que notre gratteur prend son pied. "Stop messin' around", une plage qui figurait sur "Mr wonderful" (NDR : personnellement, j’estime que ce disque est le meilleur elpee de Peter) marque un retour au répertoire de Green. Caractérisé par ce riff rythmique, hypnotique, reptilien, "Rattlesnake shake" est un succès rock inoubliable. Lors de la longue partie instrumentale, traitée à la manière des jam bands, Vito étale à nouveau toutes les facettes de son talent. Rick chante son "When we do the lucky devil". Il y adopte son style bien personnel. Balisée par le rythme du chemin de fer, ses interventions sont brillantes. Il se frotte ensuite au meilleur blues lent jamais écrit par Green : "Love that burns". Il ne parvient cependant pas à restituer le mal de vivre éprouvé par le grand Peter, mais sa version est de toute bonne facture. Il nous réserve un autre extrait de "Mr wonderful" : "Rollin' man", une compo marquées par ses changements de rythme. Et puis, l’adaptation somptueuse du "Black magic woman" qui réverbère des tonalités propres à Green. L’elpee s’achève par "I got a hole in my shoe" et, sans surprise, le fameux "Shake your moneymaker" d'Elmore James, deux titres dominés par la slide de Vito.

Le second compact-disc réunit quatre plages instrumentales. Tout d’abord, l’incontournable  "Albatross". Deux compositions signées Rick Vito, ensuite. Soit "Napili noctourne", dont la mélodie rappelle manifestement "Sleepwalk" et "La mer d'amour", calquée sur "Albatross". Enfin le séduisant "The supernatural", une plage que Peter Green avait, à l'origine, enregistré en compagnie des Bluesbreakers de John Mayall ; et sans doute la toute première fois que sa six cordes affichait un son si personnel…

 

The Sedan Vault

Vanguard

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The Sedan Vault est une formation issue de Sterrebeek. Un trio qui avait déjà commis un premier opus en 2006, intitulé “Mardi Gras of the Sisypha”. Fatalement, « Vanguard » constitue donc son second. Le combo se démarque cependant de la plupart de ses contemporains issus de la scène belge. Pas de pop/rock ici, mais une musique complexe qui puise son inspiration aussi bien dans la prog (NDR : on est même ici en présence d’un concept album traitant de l’ascension et de la chute d’un groupement terroriste) que dans l’électro. Un peu dans l’esprit d’At The Drive In ou plus exactement de The Mars Volta. Les changements de rythmes sont légion. Seules les mélodies, souvent conduites par des harmonies vocales falsetto, éthérées, parfois hymniques, émargent à la pop. Epiques, elles peuvent même rappeler Mew. Drums convulsifs voire frénétiques, électro raffinée, basse menaçante ou élastique, groove épileptique (Chemical Brothers ?), sèche minimaliste, accès de claviers discrets mais efficaces ou de piano sonore et accords de guitare tour à tour stridulants, crépitants, atmosphériques, frénétiques ou languissants ainsi qu’arrangements circonstanciellement opulents tissent une toile sonore aussi séduisante que surprenante. Arno Hintjens est même venu poser sa voix déclamatoire lors de l’intro de l’opus. Néanmoins, j’accorderai une mention spéciale à « A rave to every home », une plage dont les guitares chatoyantes, tintinnabulantes lorgnent manifestement vers Sad Lovers & Giants, alors que la fin de parcours est aussi épique que les envolées pratiquées par le Genesis de l’Archange Gabriel à l’époque de « Selling England by the pound » et de « The Lamb lies down on Broadway »…

 

Sky Larkin

The golden spike

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Pour enregistrer son tour premier elpee, cette formation insulaire a reçu le concours de John Goodmanson à la production, un personnage dont la carte de visite mentionne la mise en forme d’albums de Los Campesinos, Pavement, Death Cab For Cutie, Nada Surf et Sleater-Kinney. C’est d’ailleurs à la bande de Corin Tucker et Carrie Brownstein que l’on pense après une première écoute de cet opus. Et aussi au mouvement ‘riot grrrl’ des Breeders ou des Blake Babies. D’ailleurs, Katrin Harkin, la vocaliste, possède une voix assez proche de Juliana Hatfield. Curieux quand on sait que le trio est originaire de Leeds. Et puis que s’il y a une fille au chant et la guitare, la section rythmique est assurée par deux mâles. Mais en prêtant une oreille plus attentive, on y remarque des nuances post punk. Que les plus jeunes imputeront probablement aux Yeah Yeah Yeahs. Donc, à Siouxsie & the Banshees. Et en grattant davantage, ce sont même des traces héritées de Delta 5, qu’on y décèle. A cause de ce son âpre et de ces riffs de guitare déchiquetés, ébréchés, discordants qui alimentent des mélodies paradoxalement contagieuses voire hymniques et versatiles. Or, curieusement, Delta 5 était un groupe qui a sévi entre 1979 et 1981… à Leeds. Sur « The golden spike » figurent quelques titres issus de leurs Eps précédents, mais remixés pour la circonstance. Bref, si leur musique n’est pas vraiment originale, elle n’est pas du tout désagréable à écouter…

 

Woodpigeon

Solennité, intimisme et décontraction

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Les Canadiens de Woodpigeon ont accordé, cette année, le troisième concert organisé dans le cadre de l’opération ‘New Talents, Cool Price !’ Lancée par le Botanique (une place pour la modique somme de 5 à 8 euros), cette initiative ‘Moins cher que le cinéma’ – comme le mentionne justement leur site– semble être un excellent filon, au vu de la centaine de spectateurs qui avaient répondu présent pour assister au spectacle de ce dimanche 15 février, programmé à la Rotonde.

Pas de première partie. Le concert débute dès 20h30. Deux jeunes filles font leur apparition et s’installent respectivement derrière leurs claviers (piano/synthé). Dès l’intro terminée, les quatre autres membres du groupe les rejoignent sur scène. Le chanteur, Mark Hamilton, se réserve également la sèche. Le guitariste est plus discret. Il se cache même derrière cette forêt féminine, constituée des deux claviéristes (dont l’une se charge également et circonstanciellement du mélodica et l’autre des percus), d’une contrebassiste et d’une violoniste. A l’instar de l’album, les compos jouées en concert sont paisibles, mais l’absence de drums se fait cruellement ressentir sur certains titres. Heureusement, la superbe voix de Mark Hamilton, soutenu par les chœurs féminins, comble régulièrement cette carence en rythme. Malgré la solennité et l’intimisme de leur musique, rappelant tantôt Sufjan Stevens tantôt Grizzly Bear, le climat demeure décontracté. Faut dire que le band n’hésite pas à multiplier les boutades…

Après une dizaine de chansons, Woodpigeon quitte la scène, pour y revenir à peine quinze secondes plus tard. Un rappel au cours duquel, le combo de Calgary va nous interpréter deux nouvelles chansons, tout en sollicitant la participation du public. Après une heure de set, les spectateurs semblent satisfaits et applaudissent chaleureusement. Un bon moment de détente après un week-end chargé. Parfait pour affronter une nouvelle semaine de travail !

Organisation Botanique

Saule

Un cowboy au grand cœur

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Celui qui n’a pas entendu parler de la sortie du second album de Saule vit en ermite. Impossible de passer à côté, Saule est partout ! Un article dans Le Soir, Télémoustique, Le Vif/L’express, Rif Raf pour n’en citer que quelques-uns. Une interview sur PureFM, une autre à la télé, accordés au cours de ces dernières semaines, il aura fait parler de lui ! La présentation officielle de cet opus au public a eu lieu ces 13 et 14 février à l’Orangerie du Botanique.

Après le succès de « Vous êtes ici » sorti en 2006, Saule, accompagné par un septuor qui répond au nom poétique ‘les Pleureurs’, nous convie à la découverte de son nouveau spectacle. Enrichi par l’expérience de sa tournée mise en scène par Franco Dragone, cette fois-ci, c’est à la créativité de l’équipe de « Requiem 4 TV » qu’il a laissé les pleins pouvoirs à l’illustration en image des chansons qu’il a écrites.

La projection vidéo sur une toile blanche faite de linges blancs suspendus à des fils par des pinces à linge interpelle. Le décor est minutieux, la salle remplie, le public impatient. Saule est un artiste entier. Il offre de ‘la poésie humble’. Des textes nouveaux qui dévoilent un peu plus sa sensibilité. « Sidonie », « Rupture », « Saule 2 » sont mélancoliques et se posent délicatement comme une plume qui atterrit sur le sol. Son single « Personne », interprété sans Dominique A, est rock n’ roll. Faut dire que les riffs de grattes (4 guitares et 1 basse) prennent le dessus. Saule dira ‘c’est un peu comme la compagnie créole ici’ ; les musiciens, qui en général restent statiques, bougent et s’échangent régulièrement les instruments.

Une autre originalité du concert, « La Java des Squelettes », titre choisi par Saule parmi les nombreux écrits qu’il avait reçus suite au concours lancé sur ‘Facebook’ fin de l’année dernière. Le principe était simple. Il suffisait d’envoyer un texte et espérer être sélectionné. L’heureux élu recevait alors une invitation pour venir partager aux côtés de Saule, l’interprétation de cette compo arrangée par les Pleureurs. Une occasion à partager sur les planches du Bota. Eric Charlier, et son groupe Bartaba, se sont montrés discrets ; mais ils ont relevé le défi. Une expérience unique qu’ils ne sont pas prêts d’oublier.

Le show prend fin sur « Nanana », plage n°7 de cet opus « Western » ! Un rappel incontournable pour prolonger le plaisir en achevant cette prestation par l’un de ses succès « Tête ailleurs ». Saule s’adresse de plus en plus au grand public, tout en se gardant de rester authentique. Un style qui se veut bon enfant, issu d’une cuvée toujours aussi prometteuse. Il sera d’ailleurs en première partie de Benabar sur une quinzaine de dates en France.

Organisation Botanique

 

 

The Black Lips

Punks mais pas trop…

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Ce 13 février au Botanique, on a droit à deux types de spectacles diamétralement opposés. D’un côté, ambiance familiale et décontractée à l’Orangerie en compagnie de Saule venu présenter son nouvel album. De l’autre, une affiche rock n’ roll partagée entre la formation belge 1982 et quatuor américain Black Lips, responsable d’un nouvel opus intitulé « 200 Million Thousand ». C’est bon, ce soir, j’ai choisi mon camp !

Direction donc la Rotonde. Et le supporting act 1982, dont le set ne passe pas inaperçu. Ces quatre garçons dans le vent se déchainent sur les planches et emportent tout sur leur passage. Fatalement, ça laisse des traces. Et les dites traces, ce sont des confettis jetés à profusion par un vocaliste visiblement plus à l’aise dans son rôle de showman que pour chanter de façon correcte et audible. Dommage, car les trois autres larrons sont irréprochables. J’accorderai même une mention spéciale au drummer, véritable métronome d’un groupe qui sait faire danser !

Après ce hors-d’œuvre, l’atmosphère de la salle est déjà moite. Aussi, les spectateurs foncent au bar pour se désaltérer, avant d’assister à la prestation des quatre gens foutre. Et on l’attendait ce moment. Impatiemment ! A peine monté sur les planches, la formation originaire d’Atlanta lance déjà quelques vannes au public. Dès l’entame, le son flower punk cogne fort et vibre. La foule s’agite dans une fosse qu’il est déconseillé de rejoindre si on souffre d’un quelconque problème cardiaque. Les quatre branleurs ont clairement décidé de mettre la gomme ; et leurs compositions rock braillardes enflamment littéralement une Rotonde pleine à craquer.  Pourtant, ce soir rien d’obscène à signaler. Le groupe ayant acquis un statut de culte pour ses expériences ‘live’ abusives, se montre relativement pondéré dans son attitude. Que de la sueur et des crachats. En clair, du soft pour un groupe habitué à uriner, vomir ou même finir à poil sur scène. Faut croire qu’ils auraient mûri. Mais je reste tout de même perplexe quant à cette hypothèse. Car la musique et le lyrisme de ces tueurs restent quand même le plus beau des spectacles. Et ça, ils en auront fait une belle démonstration tout au long de la soirée.

Après un court rappel prévisible, Black Lips revient pour nous balancer trois dernières chansons particulièrement percutantes. Le public est KO debout ! En tout cas, vu la prestation géniale accordée par cette tornade, il aurait été dommage de les manquer. A cet égard, j’ai une pensée émue, pour un rédacteur de Musiczine victime d’une méchante grippe et cloué au lit… je lui souhaite néanmoins un prompt rétablissement…

Organisation Botanique

Limp Bizkit : le retour

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Préparez-vous au retour de l’autoproclamée formation la plus détestée de la scène rock. Les Nu-Metalleux de Limp Bizkit ont en effet décidé de se réunir pour une tournée mondiale qui débutera en Europe le printemps prochain. Cette tournée passera par la Belgique, au festival de Werchter. Fred Durst et ses compagnons auraient également l’intention d’enregistrer un nouvel album. Le guitariste Wes Borland, qui avait quitté ses camarades en 2001, sera également de la partie.