New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Pierre Rapsat : l’inté-Graal-

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La tâche était ardue, mais réclamée à cor et à cri. C’est vrai que 30 ans de carrière, ça en faisait des recherches et des demandes d’autorisation. Viva Disc s’était engagé à rééditer tous les albums, et tient ses promesses. Pierre Rapsat nous a quittés il y a 10 ans déjà, mais ses mélodies hantent encore les couloirs des studios, et les âmes qu’elles ont touchées. Pour rendre hommage et simplifier les recherches, ce paquetage hallucinant reprend donc toute la discographie de l’auteur. A l’exception des compilations « Judy & co » (76) et « J’ai besoin de nous » (91) ainsi que du live « Passagers d’un soir » (96), avantageusement remplacés par les deux volumes de l’anthologie et « Tous les rêves » immortalisé en public, l’œuvre de Pierre Rapsat est donc désormais disponible dans son intégralité ! Mazette !

 

Ben Harper & C° mouillent le singlet

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Ben est un brave type. Heureux papa, mari attentionné et prévenant, il ressemble à ce beau fils que toutes les mamans souhaiteraient pour leurs progénitures. Ceci dit, pour être bluffé, il faut le voir en chemise manches longues. Derrière cette image de soi-disant calme, se cache un amoureux du rock dur et intransigeant. Un tatoué, un pur, un dur, une putain de bête quoi. Quand l’homme fait tomber la chemise et se met à transpirer sur des accords, il ne semble connaître aucune limite. Le voilà qu’il s’acoquine au groupe Rentless Seven pour nous balancer une association de distos et de beuglantes à faire pâlir un Roger Miret (Agnostic Front). Tout faire péter c’est bien, mais le faire sur des textes profonds et réfléchis, c’est beau. « White Lies for Dark Times » est du pur Harper sous ‘amphet’ qui se serait assis sur un cactus. Nous sommes impatients d’entendre le résultat ! Sortie prévue chez Virgin ce 27 avril. Damn’ ça va être long jusque là…

Tracklisting :

01. Number With No Name
02. Up To You Now
03. Shimmer And Shine
04. Lay There And Hate Me
05. Why Must You Always Dress In Black
06. Skin Thin
07. Fly One Time
08. Keep It Together (So I Can Fall Apart)
09. Boots Like These
10. The Word Suicide
11. Faithfully Remain

Le site du groupe : http://www.relentless7.com

Le MySpace : http://www.myspace.com/relentlessseven

 

 

Une sortie canadienne très attendue…

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Grands amis de The Acorn, les Canadiens d’Ohbijou, fraîchement signés sur Bella Union, publieront leur premier album en juin. Les sœurs Mecija et leurs comparses ont choisi d’intituler cet opus « Beacons ». On attend avec impatience de connaître la nature de leur pop orchestrale…

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/ohbijou et http://www.ohbijou.com

 

Vincent Liben

Tout va disparaître

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Curieuse histoire que la sortie du premier album du chanteur/guitariste de Mud Flow, puisqu’un premier disque promo avait été transmis à la presse pour être chroniqué, avant que le label ne nous prévienne que ce disque ne sortirait jamais sous cette forme et qu’une nouvelle mouture allait nous être transmise. Bref, la première version deviendra un véritable collector. En fait, suite à un désaccord contractuel entre Liben et la comédienne belge Edwige Bailly, vocaliste pour la circonstance, toutes les sessions d’enregistrement ont été réenregistrées en compagnie de la styliste Stéphanie Croibien. Et le disque de ressortir le 19 janvier.

Cette œuvre est un peu une sorte de concept album. Un album chanté dans la langue de Molière. Un projet dont Vincent rêvait depuis belle lurette et qu’il ne pouvait concrétiser auprès de Mud Flow. Pas une raison pour abandonner son groupe fétiche, mais une belle occasion de se faire plaisir. Tout au long de « Tout va disparaître », il raconte l’histoire d’un couple fictionnel déchiré, comme dans un film. En dix chansons, qu’il a intégralement écrites, composées, arrangées et réalisées, il aborde ainsi l'inépuisable sujet de l'amour. Vincent et Stéphanie se partagent les vocaux. Lui d’un timbre grave et posé. Elle d’une voix douce, limpide et sensuelle. Les références à Yves Simon sont manifestes, même si la formule en duo garçon/fille, s’inscrit d’avantage dans l’esprit d’un Serge Gainsbourg (NDR : c’est évident sur « 30 décembre). Hormis sur le plus électrique (NDR : un mambo subrepticement caressé de percus !) « Le joli mai », c’est la guitare acoustique qui domine l’instrumentation. Souvent jouée en picking, elle est soutenue discrètement par quelques accords de piano, une rythmique basse/batterie et ponctuellement de discrètes mais très judicieuses orchestrations. Le fidèle Rudy Coclet est toujours aux manettes de cet opus qui baigne dans une douce mélancolie et qui ma foi est de toute beauté. « Tout va disparaître », mais pas cet album, j’en suis convaincu…

 

Aidan Moffat

How To Get To Heaven From Scotland

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Aidan Moffat était un des deux membres fondateurs d’Arab Strap, formation écossaise qui s’est séparée en 2006. Il vient de signer son deuxième opus solo. Un disque pour lequel il a bénéficié du concours de Stuart Braithwaite (Mogwai), Stevie Jones (Isobel Campbell & Mark Lanegan) et Alun Woodward (The Delgados) réunis sous le patronyme de circonstance des Best-Ofs. « How To Get To Heaven From Scotland » serait-il un nouveau guide du Routard ? Expliquant comment arriver au ciel en partant de l’Ecosse ? Pas vraiment. En fait, de sa voix éraillée, Aidan nous conte ici douze étranges histoires tantôt autobiographiques, tantôt cyniques et amusantes, des mœurs campagnardes d’Ecosse. On y parle notamment d’amour, de fête, de bière, de désillusions et de sexe. Pas de cornemuse ni de percus, mais une instrumentation minimaliste, un zeste d’électro, des cordes et de l’orgue pour alimenter de jolies ballades, mais trop souvent de brève durée. Bref, un elpee qui devrait plaire aux amateurs de néo-folk. Ce qui explique pourquoi il ne m’emballe pas particulièrement. D’autant plus que le chant de Moffat est un peu trop rasoir et monocorde à mon goût…

 

Omar Rodriguez-Lopez

Despair

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Ponctuellement, Omar Rodriguez met son aventure Mars Volta, entre parenthèses. Le temps, par exemple, de se consacrer à l’un ou l’autre projet parallèle (NDR : et notamment celui qu’il partage avec Damo Suzuki, le chanteur mythique de Can ou en compagnie de Lydia Lunch). Lorsqu’il ne se concentre pas sur ses expérimentations en solitaire. Après avoir milité au sein d’At The Drive-in, certainement un des groupes punks les plus important de ces quinze dernières années, le prodigieux guitariste a ensuite fondé The Mars Volta à l’aide de son acolyte chevelu, Cédric Bixler. C’était en 2001. Originaire d’El Paso, au Texas, ce musicien doué d’une technique hors pair a un peu trop souvent tendance à se disperser quand il ne devient pas démonstratif à l’excès. Et lorsqu’il s’égare dans ses délires créatifs, on a souvent l’impression qu’il se donne un malin plaisir à triturer nos pauvres et frêles tympans. C’est le cas tant au sein de son groupe que dans le cadre de sa carrière solo.

Paru en même temps que « Maya ritual », « Despair » reflète la face la plus détraquée du talentueux guitariste. D’ailleurs, quelques mots devraient suffire pour analyser cet elpee. On se demande même s’il ne s’agit pas d’une mauvaise blague. Qu’il inflige même à ses fans les plus fidèles. A moins qu’il n’ait voulu immortaliser 10 de ses soundchecks opérés en studio. Inaudible et à oublier au plus vite.

 

Omar Rodriguez-Lopez

Megaritual

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Ponctuellement, Omar Rodriguez met son aventure Mars Volta, entre parenthèses. Le temps, par exemple, de se consacrer à l’un ou l’autre projet parallèle (NDR : et notamment celui qu’il partage avec Damo Suzuki, le chanteur mythique de Can ou en compagnie de Lydia Lunch). Lorsqu’il ne se concentre pas sur ses expérimentations en solitaire. Après avoir milité au sein d’At The Drive-in, certainement un des groupes punks les plus important de ces quinze dernières années, le prodigieux guitariste a ensuite fondé The Mars Volta à l’aide de son acolyte chevelu, Cédric Bixler. C’était en 2001. Originaire d’El Paso, au Texas, ce musicien doué d’une technique hors pair a un peu trop souvent tendance à se disperser quand il ne devient pas démonstratif à l’excès. Et lorsqu’il s’égare dans ses délires créatifs, on a souvent l’impression qu’il se donne un malin plaisir à triturer nos pauvres et frêles tympans. C’est le cas tant au sein de son groupe que dans le cadre de sa carrière solo.

Tout au long de « Megaritual », album enregistré à Amsterdam en 2006, en compagnie de son frère Marcel (percussions, batterie et synthés), le guitariste reste égal à lui-même et nous prouve une nouvelle fois la totale maîtrise de son instrument. Soutenu par les percussions latino-américaines de son frangin, Omar nous assène des riffs puissants dignes des meilleurs moments de The Mars Volta. Hormis l’un ou l’autre morceau comme « Bells at the Slipstream » ou « Hands vs. Helix », au cours desquels il s’abandonne dans des divagations expérimentales aussi inutiles qu’exaspérantes, « Megaritual » recèle quelques perles uniques en leur genre. Et je pense tout particulièrement à «  Screaming babies inside out » et « At the push of a button ».

Bref, Omar Rodriguez nous prouve une nouvelle fois, mais était-ce encore nécessaire, qu’il est devenu un des meilleurs guitaristes contemporains et un des plus illustres représentants de la scène rock progressive, même si sa créativité débordante dérape encore trop souvent au point de devenir totalement incontrôlable et incontrôlée. Hormis cette petite réserve, « Maya Ritual » est un elpee de toute bonne facture qui devrait ravir les adeptes de rock progressif.

 

Finis Tasby

Blues : A tribute to John Lee Hooker

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Cinq ans déjà que Finis Tasby participe à l'aventure des Mannish Boys, le groupe de blues fétiche du label californien Delta Groove. Ce collectif de musiciens chevronnés est d’ailleurs responsable de toute une série d’albums d’excellente facture. Finis en est le principal vocaliste. Faut dire qu’il jouit d’une superbe voix sculptée pour chanter le blues.

Tasby est né au Texas. A Dallas, très exactement. En 1940. Ses débuts remontent à la fin des fifties. Comme drummer, au sein des Blues Blasters. En 1962, il intègre les Thunderbirds comme bassiste, une formation qui épaule alors très souvent le chanteur de soul blues, ZZ Hill. Il en deviendra le leader et le chanteur. En 1973, il émigre à Los Angeles. Il monte sa formation et enregistre quelques singles. Il concocte "Blues mechanic" en 1984, un elpee qui paraît sur le label anglais Ace. Il commet "People don't care" en 95 chez Shanachie. Pour la circonstance, il bénéficie de la participation de Lowell Fulsom, Elvin Bishop et Mick Taylor. En 98, il grave  "Jump children" sur Evidence, un disque pour lequel il reçoit le concours de la crème des musiciens de L.A. ; et notamment Kid Ramos, Rick Holmstrom, Larry Taylor ainsi que Lester. En 99, il embraie par "3rd", toujours pour Shanachie. La même année, il se réserve trois titres de la série "Blues across America : the Los Angeles scene", sur Canonball. Son dernier opus personnel remonte à 2005. Mel Brown et Enrico Crivellaro avaient coopéré aux sessions d’enregistrement de cet elpee. Intitulé "What my blues are all about" il avait été édité sur Electro-Fi.

“Blues : A tribute to John Lee Hooker” a été concocté en 2002. Mais apparemment, sa date de sortie ne date que de 2007. Un disque peu connu par les amateurs de blues en Europe. Et pour cause, il n’est toujours disponible qu’en import. Finis a été un ami proche de John Lee Hooker. Notamment au cours des trente dernières années d’existence du natif de Coahoma County. Lee est cité comme ‘executive producer’ au sein du booklet. Il a donc probablement misé quelques dollars sur le talent de son pote texan.

L'album démarre par "Sex on my mind", une plage très R&B introduite par l'orgue Hammond de Jan Garfinkle et soutenue par une section de cuivres au grand complet. Déjà certains instrumentistes mettent le nez à la fenêtre. Et en particulier le musicien noir Damon Van Buren aux cordes et David Stone au saxophone. Finis s’autorise une version pour le moins inhabituelle du "Little Red Rooster" de Willie Dixon, au sein d’un climat entretenu par un orgue et des cuivres délicatement funky. Blues très classique, "Get drunk & be somebody" évolue dans un style assez proche de BB King. Garfinkle est passé au piano. Van Buren se révèle aussi efficace que parcimonieux sur ses cordes. Mike Grundy souffle timidement dans son harmonica. Expressive, la voix de l'artiste prend toute sa dimension sur la ballade "Since I met you baby", une compo subtilement caressée par les accords du piano. Un « Tribute to John Lee Hooker » sans la moindre reprise d’un morceau du roi du boogie n’aurait aucun sens. Le choix s’est donc porté sur "Boogie children", une adaptation imprimée sur un tempo très alerte, fricotée à la sauce R&B et au cours de laquelle les cuivres sont à la fête. Evoluant sur un mid tempo, "Keep on loving you" est issu de la plume de Finis, un downhome blues d’excellente facture. Une plage tapissée d’orgue et de piano, finalement plus proche de BB King que de Hooker. Finis et Zakiya Hooker, la fille de John Lee, chantent passionnément et en duo "You don't have to worry". Un Tasby dont l’interprétation basique du slow blues basique "Cummin prison", est susceptible de vous communiquer des frissons. "Going to Virginia" ponctue ce solide elpee, une finale au cours de laquelle Carmen Grillo se réserve le rôle de gratteur. Lorsqu’il ne sévit pas chez les Mannish Boys, Mr Tasby est épaulé par le Royal Blues Band, un combo au sein duquel on retrouve le guitariste Damon Von Buren, également impliqué sur cet opus, l’organiste Deacon Jones (NDR : un ancien membre du Hooker  Band) et l’harmoniciste River Blue.

 

Clare & The Reasons

The Movie

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Bande sonore idéale pour un roman de James Ellroy (L.A. Confidential, Le Dahlia Noir, etc.), la musique de Clare & the Reasons évoque l’Amérique de l’entre deux-guerres. Le crash de 1929 n’est pas loin et cet album nous rappelle cruellement la crise économique actuelle.

Au sein de cette formation, on retrouve Clare Muldaur. Cette Américaine n’est pas née de la dernière pluie, puisqu’elle est la fille de Geoff Muldaur, compositeur mythique, notamment responsable du thème non moins mythique du « Brazil » de Terry Gilliam. Une ascendance pratique et sur mesure en guise de porte d’entrée dans le monde fermé de la musique new-yorkaise. Son père l’a également influencée durablement en lui faisant découvrir celle des années 30, dès son plus jeune âge. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cet aspect rétro est parfaitement répercuté tout au long des compos de cet elpee. Clare reconnaît d’ailleurs souvent Bessie Smith (chanteuse de blues des années 20) comme influence majeure. L’éducation musicale de Mrs Muldaur est néanmoins fort classique. Elle a fréquenté le Conservatoire de Boston et puis opéré une étude approfondie du jazz. C’est aussi lors de son apprentissage qu’elle fait une rencontre primordiale pour la suite de sa carrière tant musicale que sentimentale. Celle du compositeur et musicien français Olivier Manchon. Les deux artistes se marient quelques temps plus tard à New-York où ils rencontreront les futurs membres de The Reasons. Cette histoire proche du conte de fées ne s’arrête pourtant pas en si bon chemin. Car pour concocter « The Movie », Clare a reçu le concours de Van Dyke Park, devenu le partenaire indispensable de Brian Wilson à la composition (NDR : sur « Smile » dernièrement ») et du petit génie de la pop actuelle, Sufjan Stevens (NDR : il apporte son concours au très beau « Nothing/Nowhere »). On a connu pire comme début !

Premier elpee du combo, « The Movie » réunit toutes les conditions pour accoucher d’une œuvre parfaite. Mais quel est le véritable résultat ? Côté arrangements, le travail est impeccable. Digne d’Andrew Bird. Les instruments sont bien en place. La voix douce et caressante de Clare est parfaitement maîtrisée, rappelant même celle de Nina Persson des Cardigans. Et il faut admettre qu’une bonne moitié des chansons sont très réussies. En particulier « Pluto », morceau qui ouvre le cd et la très belle reprise du « Everybody want to rule the world » des Tears For Fears. Mais à force de gommer les aspérités, les compos deviennent lisses. Trop lisses. Et privées de ce petit grain de folie, les pop songs légèrement teintées de jazz finissent par devenir ennuyeuses. Dommage, car cet exercice de style ne manque pas de charme. Un charme également reflété par la pochette illustrant une Clare déguisée en G.I. yankee. D’époque, bien sûr. Un peu comme si Clare revendiquait l’héritage de Judith Garland…

 

Billy Flynn

Blues drive

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Flynn est originaire de Green Bay, dans le Wisconsin. A l’âge de 14 ans, le célèbre bluesman chicagolais Jimmy Dawkins permet à Billy d’entrer illégalement au sein du ‘Clark Kent's Super Joint’. Cinq ans plus tard, Dawkins le recrute pour incorporer son backing band. Il y sévira quatre ans. En 80, il rejoint les Futuramics de Jim Liban. Une aventure vécue dans son Wisconsin, qui va lui permettre de rôder son expérience dans les clubs. Fin des eighties, il participe au projet du Legendary Blues Band, un collectif réunissant d'anciens partenaires de Muddy Waters, Pinetop Perkins, Willie Smith et Calvin Jones. Il a également apporté son concours au Mississippi Heat, à Kim Wilson ainsi qu’à Otis Rush. Et la liste est loin d’être exhaustive. Sa discographie est impressionnante. Notamment concoctée en compagnie de Jimmy Dawkins ou du Legendary Blues Band. En solo, il doit avoir commis neuf elpees. Il milite également chez le backing group de la chanteuse noire Deitra Farr. Ses comparses lui renvoient, pour la circonstance, l’ascenseur ; en l’occurrence le claviériste Roosevelt Purifoy, le bassiste Felton Crews ainsi que le drummer et le drummer Ricky Nelson. Cerise sur le gâteau, KimWilson a participé à l’enregistrement de cinq plages. Bref, on peut affirmer que Billy vient encore de frapper fort, puisque ce "Blues Drive" est double !

Réputé pour son bon goût et son éclectisme, Mr Flynn jouit d’une excellente réputation comme guitariste. Il est aussi compositeur, chanteur et harmoniciste. Mais également susceptible de tâter des claviers, de la mandoline et des percussions. Billy signe 17 des 19 plages. Sa musique est propre, de toute bonne facture, démontrant sa capacité à aborder une multitude de styles différents.

Instrumental, "Blues drive" ouvre l’elpee. Soutenu par une section rythmique redoutable, complexe et subtile, Mr Flynn laisse vagabonder son inspiration tant sur ses cordes qu’à l'harmonica. Il interprète "Hearts on fire" d'un timbre sans grand éclat mais sur un ton juste, dans un style proche du Chicago Westside. L'ami Kim Wilson est venu chanter la ballade "Big money problem". La voix de Kim est immédiatement reconnaissable. Les interventions de Roosevelt Purifoy à l'orgue Hammond sont chaleureuses et riches. Ce qui a le don d'inspirer Billy, dont les cordes s'envolent vers les sommets. Un vrai bonheur ! Ce double elpee est parsemé de jolies plages instrumentales. A l’instar de "Blue mood", de l’indolent "Nite blues" qui nous entraîne dans une ambiance de cabaret nocturne, de "Down-load", de l’aventureux, divertissant et curieux "Sitar blues, d’un "Talk about it" manifestement inspiré par Jimmy Dawkins et du mélodique "New beginnings", éclaboussé par les nappes d’orgue de Purifoy. Dommage que l’artiste ne jouisse pas d’une voix plus puissante. Ses compos atteindraient alors une toute autre dimension. Car il a une bonne plume. Et il le démontre une nouvelle fois tout au long de la ballade soul blues "I'm hooked", au cours de laquelle il dispense un superbe solo. A première écoute, l’exercice de style semble simple, mais en l’analysant de plus près, on se rend compte qu’il est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Et pas seulement, parce que la solution sonore est balayée par des accords de sitar. Kim Wilson revient chanter "Time has told me", une autre plage lente enrichie de chant gospel. La voix androgyne du batteur Ricky Nelson répond à celle de Kim. Le sitar parfume le tout de sonorités orientales, pendant que Flynn nous réserve une nouvelle sortie extraordinaire sur les cordes. Magique ! Kim chante également le "First stage of the blues" de Johnny Fuller, épaulé par Billy à l'harmonica. "It could happen to you" campe un autre autre blues lent majestueux. Billy a souvent partagé la scène en compagnie de Jimmy Dawkins. Il nous le rappelle tout au long de cette plage au jeu parcimonieux et chargé de feeling! Le premier elpee s’achève dans l’allégresse. Kim Wilson a sorti son harmo de sa poche et nous réserve un "Shakin' the boogie" inspiré par Sonny Boy Williamson avant de partager la ‘pole position’ en compagnie de Billy, lors d’un merveilleux "Blues thru the winter time". 

Le second compact-disc est moins intéressant. Billy y cède son emprise à sa section rythmique, pour "Tearin it up", un titre funky chanté par Felton et Ricky. Et la plaque s’achève par une version très personnelle du "Whole lotta love" de BB King. Manifestement, un seul cd aurait suffi ; mais comme le second est offert, pourquoi bouder notre plaisir…

Humcrush

Rest At Worlds End

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Humcrush est un duo fort intéressant dans l’univers de l’électro jazz. Thomas Strønen et Ståle Storløkken nous viennent du pays des fjords. Strønen est l’artiste le plus notoire. Surtout dans le domaine du jazz. Ce drummer a ainsi participé à de multiples projets tels que Maria Kannegaard Trio, Phil Bancroft Quartet, Trinity ou encore Mats Eilertsen Turanga. Storløkken est claviériste. C’est un des pionniers du groupe électronique Supersilent. « Rest At Worlds End » constitue le troisième elpee du tandem norvégien. Une œuvre au cours de laquelle, il nous entraîne au cœur de leur monde très personnel. Tour à tour délicates ou percutantes, raffinées ou arides voire brutales, les interventions aux drums oscillent entre swing et expérimentation. Si les sonorités de claviers de Storløkken se révèlent totalement limpides, Strønen a ajouté un filtre synthétique aux compos, histoire de rendre la solution sonore encore plus aventureuse. Et si vous n’êtes pas réceptif à ce style musical, il est préférable de ne pas vous y frotter. L’agacement pourrait même se muer en exaspération. Pourtant, il faut reconnaître que l’ensemble reste très cohérent et surtout original…

Indochine

La République des Meteors

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Ce n’est pas parce qu’on apprécie tout particulièrement un groupe ou un artiste, qu'il faut se montrer complaisant. C’est donc dans cet esprit que la chronique du dernier opus d’Indochine a été écrite.

Premier point, et il est positif, une bonne moitié des lyrics de l’elpee traite de la guerre, de la séparation et de la mort, provoqués lors du conflit mondial de 14-18. A travers des lettres de poilus. Et dès l’intro apocalyptique (« Republika meteor ouverture ») on est mis au parfum. Oui, d’accord, ces textes ont toujours cet aspect juvénile qui les rend (in)volontairement surréalistes. Mais c’est Indochine. Deux exceptions, le très dansant « Play Boy » (Taxi Girl rencontre XTC ?), au cours duquel Nicola ironise sur le choix de Johnny Halliday d’avoir opté pour la résidence en Suisse ; et puis le touchant « Bye, bye Valentine », dédié à sa fille (NDR : en fait Nicola projette ses angoisses en pensant à son départ du nid familial, lorsqu’elle décidera de faire sa propre vie), même si on a parfois l’impression d’avoir déjà entendu ce type de mélodie. Car c’est ici que le bât blesse : trop de chansons de cet album puisent au sein des propres références d’Indo. A un tel point que parfois, ça sent le réchauffé. « Alice in June » était tout bonnement remarquable. Malgré ses superbes arrangements et orchestrations, « La République des Meteors » est trop inégal pour totalement convaincre. J’épinglerai néanmoins, le single « Little dolls » dont la superbe mélodie est balayée par ses accords de piano sonore et frémissants. La ballade émouvante « Le grand soir », le bouleversant « Union wars », dont les lyrics graves sont prononcés sur un ton badin, le solennel « La lettre de métal », ponctué par quelques accents d’électro vintage, la ritournelle « Junior song »,  construite sur un schéma en crescendo et surtout « Le dernier jour ». Imprimé sur un tempo new wave, il remet enfin à sa place le rôle des guitares pourtant ponctuellement shoegaze, bringuebalantes.

Son duo (avec Suzanne Combeaud, la chanteuse de Pravda, sur l’hymnique « Un ange à ma table ») et trio (en compagnie de la même Suzanne ainsi que Gwen B, bassiste de Madinka) pour « Je t’aime tant » n’ont pas le feeling de « J’ai demandé à la lune ». Imprimés sur un tempo presque binaire, « Go, Rimbaud Go ! » et le plus rock « Republika », malgré son glas obsessionnel et sa fin de parcours pimenté d’accords de guitare reverb, comme à l’époque du « 3ème sexe », sont trop gratuitement basiques. Epique, « L world » est plus que dispensable, tout comme l’électro pop/variétoche « Les aubes sont mortes ». Enfin, malgré ses riffs de gratte post punk et sa section de cordes, « Le lac » pousse un peu loin le bouchon dans la mélodie hymnique (NDR : éventuellement pour reprendre en chœur ‘live’, ça risque de marcher). Limité au piano et à la voix de Sirkis, le morceau caché, « Tom & Jerry », est trop court pour pouvoir émettre un jugement objectif. Ce sont les points négatifs.

Pour que votre info soit complète, sachez que c’est Gilles Martin (Tuxedo Moon, Colin Newman, dEUS, Dominique A, etc.) qui s’est chargé du mastering au studio Farside. Petite remarque qui vaut ce qu’elle vaut, mais Olivier De Sat ne serait-il pas occupé d’orienter la musique d’Indochine vers un style de plus en plus impersonnel ? Une chose est sûre, les guitares sont de moins en moins présentes. Ou si elles le sont, elles se fondent de plus en plus dans les arrangements et les orchestrations. Serait peut-être temps que le groupe en revienne à une forme plus épurée…

 

Kyte

Kyte

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Album éponyme pour cet obscur combo britannique, issu de Leicester, très exactement. D’ailleurs, lors de sa réception, j’étais très dubitatif quant au contenu de ce disque. Verdict après une première écoute : l’elpee est découpé en morceaux aussi agréables qu’apaisants, sans pourtant se révéler renversants.

Paru sur le label Erased Tapes (Olafur Arnalds, Finn,…), davantage spécialisé dans l’ambient ou le rock ambient, ce disque baigne au sein d’un post rock cotonneux teinté d’électro. Mais un post rock qui aurait intégré des voix. Et une très jolie voix, en plus. Celle de Mick Moon, dont le timbre chargé d’émotion évoque Ben Gibbard, le chanteur de The Postal Service et Death Cab for Cutie. Agé d’une moyenne de 21 ans, le line up implique également le guitariste Tom Lowe, le claviériste Ben Cox et le drummer Scott Hislop. La presse insulaire n’a pas hésité à comparer leur musique à celle de Maps voire de Sigur Ros. Personnellement, j’estime que si ce n’est pas tout à fait faux, les références demeurent quand même flatteuses. Davantage post-shoegazing, leur expression sonore me rappelle plutôt celle des Californiens de The Album Leaf.

Bien sûr, l’opus regorge d’arpèges mélancoliques, de loops ainsi que de beats électroniques. Le sens mélodique, l’émotion et la maîtrise instrumentale sont les principaux atouts de la formation. D’ailleurs, le combo peut compter sur un excellent bassiste dont les lignes soutiennent à merveille l’ensemble. Un coup de cœur ? « Sunlight ». Manifestement, le point fort de l’elpee. L’intro au piano, les harmonies vocales vaporeuses, les cordes de guitares chatoyantes, tout se conjugue à la perfection pour vous procurer quelques minutes en état d’apesanteur. Un petit bijou partagé entre moments plus calmes et envolées émotionnelles. Il faut avouer que le reste de la plaque souffre d’une certaine monotonie. Et si vous cherchez le sommeil, je vous conseille même de l’écouter sous le casque. N’empêche, cet opus pourrait servir quand même de bien jolie B.O. pour un film mélancolique. Une chanson de Kyte a d’ailleurs été choisie afin d’illustrer l’univers maniaco-dépressif des maffieux des Sopranos ! Bref, si Kyte affiche un potentiel certain, il lui manque malheureusement ce petit plus pour sortir du lot.

Pour que votre info soit complète, sachez que le combo accomplit pour l’instant un périple, en compagnie des Américains de School of Seven Bells ; une tournée qui fait suite à celle qu’ils avaient effectuée, l’an dernier en première partie de leurs amis d’iLikeTrains.

Alain Bashung s’est éteint ce samedi 14 mars à l’âge de 61 ans…

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Alain Bashung, grand chanteur de la scène musicale française, est décédé ce 14 mars 2009 à l'âge de 61 ans des suites d'un cancer. Sa maison de production, Garance Productions l'a annoncé ce samedi soir.

Alain Bashung s’est éteint ce samedi entouré des siens à l'hôpital Saint-Joseph à Paris. Il était atteint d'un cancer du poumon depuis l'automne 2007et suivait une chimiothérapie. Il a été qualifié en 2008 de ‘dernier des géants’ par l'hebdomadaire culturel Les Inrockuptibles, A. Bashung occupait depuis plusieurs années une place importante dans la chanson française. Il était considéré comme un artiste à l'aura importante, capable de séduire le grand public comme les amateurs éclairés. Sa dernière apparition publique avait eu lieu lors des Victoires de la musique, le 28 février dernier.

Il y avait remporté trois nouveaux trophées, s'ajoutant à huit autres obtenus précédemment. Ce triplé faisait de lui l'artiste le plus primé de l'histoire des Victoires, qui récompensent les meilleurs artistes de la chanson française. Il y était apparu alors très affaibli. Sa maladie l'avait contraint à annuler, ces dernières semaines, plusieurs concerts.

Notre photographe, Bernard Hulet, nous avait ramené quelques photos, en novembre dernier, lors de son passage à l’Ancienne Belgique

(D’après Belga – photo Bernard Hulet)

 

Death warning ! Musique en ligne…

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Le gang de grindcore Antigama met à la disposition de ses fans l’entièreté de son nouvel album, ‘Warning’ en ligne… Une bonne alternative à la sortie officielle du 9 mars. Et une bonne habitude pour le groupe polonais qui avait déjà récemment mis la vidéo de son titre « Disconnected » en ligne….

Tracklisting :

1. Disconnected
2. Jealousy
3. City
4. Another
5. Not True
6. War
7. Heartbeat
8. Preachers Pray
9. Sequenzia Dellamorte 1
10. You Have Right To Remain Violent  11. Lost Skull
12. Nightmare 2
13. Paganini Meets Barbapapex
14. Empty Room
15. Orange Pills
16. Black Planet
 
http://www.relapse.com
http://www.antigama.net
http://www.myspace.com/antigama

 

Nightwish

Magnifique, mais pas magique…

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La Finlande est un grand pourvoyeur de rêves. Non seulement, c’est le pays où habite le Père Noël, mais c’est aussi celui où est né Nightwish. Ce soir, Forest National se met à l’heure du Pôle Nord en accueillant le meilleur du Metal Symphonique. 

Ceux qui espéraient voir en Indica la nouvelle sensation du Metal Gothic finlandais au féminin, en sont pour leur frais. Indica a autant sa place en première partie de Nightwish que Lordi n’avait la sienne à l’Eurovision. Jonsu, la chanteuse de ce groupe entièrement composé de filles –disque de platine chez lui, mais totalement inconnu dans nos contrées– avait été choisie par Tuomas Holopainen (NDR : le claviériste et compositeur principal de Nightwish) pour chanter une version finnoise du titre « Last of the wilds (Erämaan viimeinen) » pour un single tiré de l'album « Dark Passion Play » ; ce qui explique probablement pourquoi nous les retrouvons en ouverture de la soirée. Pour la petite histoire, toutes les chansons d’Indica (NDR : 4 albums au compteur) ont été enregistrés en finnois, mais internationalisation de la tournée de Nightwish oblige, les titres interprétés ce soir ont dû être complètement réécrits en anglais.

Il est 20 heures pile, Forest National presque rempli réserve un accueil poli aux 5 demoiselles qui, si  elles sont plutôt jolies, pratiquent une pop rock un peu trop acidulée. Une fois passée l’agréable surprise causée par la vue de leur joli minois, les 20 minutes que dure le concert semblent étrangement longues. 

Pain, c’est l’autre groupe du légendaire Peter Tägtgren, leader du groupe de death metal suédois Hypocrisy et mythique producteur, propriétaire des Studios Abyss. De death metal, il n’en est pas question ici. Comptant 6 albums à son actif, Pain pratique un melting-pot de Metal Electro-Industriel. En studio, Pain est un one-man band, Peter se chargeant personnellement d’enregistrer tous les instruments. Pour matérialiser sa musique sur scène il a fait appel à une machine et 3 musiciens mercenaires.

Dès leur entrée sur la scène de Forest, on comprend qu’on n’est pas venu pour rigoler. Le show commence par « I’m going in » le morceau d’ouverture de leur dernier opus en date, « Cynic Paradise ». On est bien loin des ‘jolies ballades’ d’Indica. Place à l’adrénaline pure. Les vocaux de Peter, à cent lieues de ceux qu’il pratique dans Hypocrisy sont toutefois plus sauvages sur scène que sur disque. Les morceaux de Pain, aux refrains facilement mémorisables sont taillés pour le ‘live’ et l’on se met a ‘headbanger’ au son des « Save our soul », « Just hate me » ou « Shut your mouth », compos caractérisées par un son de clavier qui semble directement issu du Bontempi de mon enfance. Un petit regret pour « Follow me ». Sur l’album il est chanté en duo en compagnie d’Anette Olzon (la chanteuse de Nightwish). Ce soir, il n’est interprété que par des voix masculines. Trente petites minutes de concert seulement, mais quelle intensité !

Nightwish est un groupe unique. L’originalité de sa musique procédait, croyait-on, du timbre de son ancienne chanteuse, Tarja Turunen. En effet, qui d’autre que Nightwish pouvait se targuer d’avoir une vraie chanteuse d’opéra en son sein ? Des groupes impliquant une vocaliste à la voix lyrique, il y en a des tas : Within Temptation, Epica, Tristania pour n’en citer que quelques uns ; mais une vraie chanteuse d’opéra, il n’y avait que Nightwish. Aussi, lorsque le combo s’est séparé de Tarja, plus grand-monde n’aurait osé parier un pennik sur leur futur. Pourtant, quelques années plus tard, Nightwish se produit en tête d’affiche, dans un Forest National plein à craquer ; preuve s’il en n’est que l’âme de Nightwish ne réside pas dans une voix, mais bien sa musique.

Qu’Anette Olzon (la remplaçante de Tarja) soit une excellente chanteuse, personne n’en doute. « Dark Passion Play », le dernier album studio du combo en est une belle démonstration ; mais la question que toutes celles et ceux qui comme votre serviteur n’ont pas encore vu Nightwish en ‘live’ depuis son arrivée est : ‘Comment va-t-elle reproduire sur scène les chansons immortalisées par l’incroyable Tarja ?’ Et bien, à l’issue du spectacle, la réponse est simple : elle ne le fait pas ! Non Anette ne reproduit pas le style de Tarja. Elle s’approprie les chansons.

On peut saluer ici le courage des membres de Nightwish qui auraient pu choisir la facilité en choisissant un clone de Tarja. A contrario, ils ont décidé de recruter une vocaliste au style complètement différent. Un pari qui, s’il n’était pas gagné d’avance, trouve toute sa justification ce soir. Bien sûr, il y aura toujours des gens pour préférer Tarja à Anette, comme il y a toujours des gens qui préfèrent Bon Scott à Brian Johnson ou Paul Di Anno à Bruce Dickinson, mais l’affluence au concert de ce soir est là pour le prouver, Nightwish a fait le bon choix. 

C’est à 21h36 que résonnent les premiers accords du clavier de Tuomas Holopainen. A travers le rideau de fumigènes, les éclairages nous révèlent un décor somptueux. Tout d’abord, une ancre marine immense tournant sur elle-même, à l’avant de la scène, quelques rochers et comme échoué sur une plage, la carcasse d’un bateau dans laquelle sont casés les claviers de Tuomas. Après une courte intro, le groupe entre en scène au son de « 7 days to the wolves » l’un des 5 morceaux de « Dark Passion Play » qui seront joués ce soir. Les effets pyrotechniques sont impressionnants, au point que l’on a demandé à nos collègues photographes, pour raisons de sécurité, de ne pas entrer dans la fosse avant la fin du premier morceau. (NDR : ce qui n’a pas empêché notre ami Bernard Hulet de vous offrir de magnifiques clichés du concert dans la section ‘Live Photos’ de Musiczine). Le style d’Annette Olzon est à des années lumières de celui de Tarja, tant au niveau vocal qu’au niveau look. Blonde aujourd’hui, alors qu’elle était brune sur les clichés promo du dernier album, elle reste assez statique au début de ce concert ; ce qui tranche un peu avec l’attitude des autres musiciens du groupe, surtout Emppu Vuorinen, le petit guitariste blond. Il bouge tellement d’un bout à l’autre de la scène qu’on a parfois l’impression qu’il se dédouble. Issu de l’elpee « Century Child », « Dead to the world » est donc premier morceau de l’époque Tarja chanté par Anette. Première constatation, il est beaucoup plus heavy que sa version studio. Chanté en duo avec Marco Hietala, il passe comme une lettre à la poste ; si bien que l’on n’a même pas l’occasion de se demander si Anette chante aussi bien que Tarja. C’est encore vrai pour la chanson suivante : « The Siren », extrait de l’album « Once », l’autre album le plus représenté dans la setlist ce soir puisque pas moins de 6 titres en sont extraits. En bon capitaine, juché sur son bateau, Tuomas dirige le concert d’une main de maître. Bien sûr, il laisse le soin à Anette et à Marco de dialoguer avec le public, mais on le sent attentif au moindre détail. Principal compositeur du groupe, il impose la patte de Nightwish tout au long du concert et prouve que l’âme du groupe, c’est lui. Ses mélodies d’introduction des morceaux sont immédiatement reconnues par la foule. A l’instar d’« Amaranth », le morceau suivant. Extrait du dernier cd du groupe, il soulève l’enthousiasme du public. Un superbe morceau au cours duquel la voix d’Anette est vraiment magnifique (NDR : si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à jeter un coup d’œil sur le clip vidéo de cette chansons : une pure merveille !) Marco nous présente le titre suivant « Romanticide » qu’ils n’ont attaqué qu’une seule fois sur scène avant aujourd’hui. Les claviers de Tuomas sont moins présents ; ce qui lui donne un côté brut assez inhabituel chez Nightwish. Un moment choisi pour opérer le retour des effets pyrotechniques : flammes, feux d’artifices, fumigènes. Esthétiquement magnifique, mais, musicalement un peu en-dessous du reste de la setlist. « Dead Boy’s Poem » est l’unique extrait de « Wishmaster » joué ce soir. Une superbe ballade où Anette est magnifique mais cependant un peu moins que ne l’était Tarja. Cette petite déception est vite compensée par « The Poet and the Pendulum », un des meilleurs morceaux du dernier album et un des meilleurs morceaux de Nightwish tout simplement. Une plage épique de plus de 13 minutes au cours de laquelle Tuomas affiche toute la maîtrise de ses instruments. Magnifique et époustouflant ! Les parties vocales de Marco, d’une puissance incroyable tranchent avec la douceur de celles d’Anette. Marco, chanteur et bassiste, géant à la barbe tressée comme un viking est un vrai chanteur de Heavy Metal et une vraie bête de scène. Agé d’une dizaine d’années de plus, il est aussi le leader du groupe finlandais Tarot, depuis 1986. Issu de « Nemo » « Once » s’enchaîne à « Sahara », un superbe morceau de « Dark Passion Play » où la guitare de Emppu Vuorinen se fait tellement heavy qu’on à l’impression d’entendre un Metallica période « Black Album », rehaussé de claviers ‘arabisants’ du plus bel effet. Après avoir été plongé quelques instants dans l’obscurité, nous retrouvons Marco, Emppu, et Tuomas assis à l’avant de la scène pour nous interpréter, en version acoustique, le magnifique « The islander », une ballade entièrement chantée par Marco, Annette assurant quelques backing vocaux en retrait, assise près du kit de batterie. Un moment magique où Marco nous démontre l’étendue de son registre vocal. Retour aux ténèbres propices à quelques effets pyrotechniques pour permettre au groupe de reprendre sa configuration normale et d’entamer « The Escapist », un morceau datant des sessions de « Dark Passion Play » disponible en face B d’un single et en bonus sur le nouvel album live « Made in Hong Kong : & in many other places ». Nouvel extrait de « Once », « Dark Chest Of Wonders », le podium illuminé par des roues de feu d’artifice derrière la batterie de Jukka  Nevalainen (NDR : mais où vont-ils chercher des noms pareils ?) Une fois de plus, il faut faire abstraction de la version de Tarja pour pouvoir vraiment profiter de la prestation d’Anette. Trop tard, c’est déjà la fin. Nightwish se retire. Il est  22h55.

La fin ? Non, on ne va pas les laisser partir ainsi. Après nous avoir fait poireauter quelques minutes, le groupe revient sur les planches interpréter le magnifique « Ghost Love Score », une compo de plus de minutes extraite de « Once » et balancée à grand renfort d’effets pyrotechniques et de canons à confettis (NDR : du feu et du papier, c’est pas dangereux ça ?) Un final magnifique, auquel Nightwish nous rajoute, en bonus, même un petit « Wish I had an Angel » très judicieux avant de nous souhaiter bonne nuit à grands coups de ‘merci, vous êtes les meilleurs’ et d’embrassades.

Et alors, si tout était si bien, pourquoi suis-je un peu déçu ? Tout d’abord, le son. De l’endroit où j’étais, la batterie était tellement mise en avant que parfois on n’entendait pas les claviers ; ce qui pour un groupe comme Nightwish est vraiment dommage. Anette ensuite. D’accord, elle s’est approprié toutes les chansons qu’elle a interprétées, mais en même temps, elle n’a pas abordé les plus difficiles du répertoire de Tarja. La setlist ensuite : probablement pour ménager les cordes vocales d’Anette, un tas de classiques du groupe n’ont pas été retenus. On aurait aimé entendre des morceaux comme « Wishmaster », « Sacrament of wilderness », « The pharaoh sails to Orioh », « Kinslayer » voire « Phantom of the Opera » ou même que Marco nous interprète sa magnifique adaptation du « High Hopes » de Pink Floyd, dans le style de celle réservée au Dvd « The End of An Era », par exemple. Enfin, pourquoi nous avoir imposé Indica si ce n’est pas pour interpréter « Last of the wilds » avec Jonti ?

Bon, ne soyons pas négatifs, ce soir Nightwish a donné un concert magnifique et, ce n’est pas vraiment de leur faute si j’en attendais un magique.

Indica + Pain- + Nightwish

Organisation Live Nation

 

Trolls & Légendes

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Le festival Trolls & Légendes se déroulera au Lotto Mons Expo les 10, 11 et 12 avril 2009.

A l’affiche :

Vendredi 10/04/2009 - 18:00

Naheulbeuk (f), Belyscendre (f), Maigh Tureadh (f)

Samedi 11/04/2009 - 18:00

QNTAL (d), Daemonia Nymphe (gr), Louisa John-Krol (aus), Ceili Moss (b)

Dimanche 11/04/2009 - 18:00

Omnia (nl), Woodland (usa), Cécile Corbel (f), Nehl Aêlin (b)

Pour plus d’infos : http://www.trolls-et-legendes.be/2009

 

Franz Ferdinand

Parfaitement sous contrôle

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Ce jeudi 12 mars, les Franz Ferdinand se produisaient à Bruxelles pour présenter leur dernier album. Question : davantage électro que les deux premiers et précédents premiers opus, "Tonight : Franz Ferdinand" allait-il tenir la route dans la salle chauffée à blanc de l'Ancienne Belgique ?

Le public venu ce soir s’était, bien entendu, rallié à la cause des Franz. Il suffisait de voir la file devant les portes encore closes de l'AB pour s'en rendre compte. Seule absence au tableau : les revendeurs de places au marché noir ; la police bruxelloise s'étant enfin décidée à agir, face à ces spéculateurs croisés à chaque concert.

Arrivé bien à l'heure, je parviens à me faufiler au 2ème rang, à la droite de la scène. Je pourrai donc ramener quelques clichés malgré l'absence de frontstage pour les photographes. Ouvrant timidement par "Come On Home", dans une quasi-obscurité, le set prend sa vitesse de croisière dès le deuxième titre, "Do You Want To". S’ensuit un premier extrait du dernier album, "No You Girls". Une véritable bombe qui passe en continu sur les stations radiophoniques. Nick, le guitariste/claviériste en profite déjà pour s’allonger sur les mains tendues des premiers rangs. Le light show se réveille et l'écran géant sis derrière le groupe affiche maintenant quelques images fixes. Alex et ses acolytes n'hésitent pas à effleurer les spectateurs de leurs guitares... L’ambiance a maintenant atteint une bonne température. Les Franz attaquent "Matinée". La salle saute, les balcons dansent, les Franz sont ovationnés. "Twilight Omens" et "Walk Away calment un peu l’ardeur de la foule, mais "The Fallen" la fait repartir en vrille et de plus belle ! Le son de la basse et des deux guitares est tout simplement exceptionnel. Pas le temps de souffler que Franz Ferdinand nous balance l'intro de "Take Me Out". Dès les premières notes du morceau, les candidats au ‘crowd surfing’ se manifestent. "Turn It On" permet de reprendre quelque peu ses esprits avant que les guitares ne se déchaînent à nouveau. Et en particulier lors du psychédélique et hypnotique "40' ". Chaussé de souliers à pointes démesurément longues, Alex est toujours aussi maniéré quand il esquisse un pas de danse. Le combo nous livre ensuite une version bien musclée de "Bite Hard" ; encore un extrait du nouvel album ; et embraie par "Michael", morceau au cours duquel les deux guitaristes se retrouvent presque dans le public, alors que Bob, le bassiste, demeure impassible sur la droite de la scène. Alex lance des regards hystériques en direction des premiers rangs, à quelques centimètres à peine des visages des spectateurs… Curieusement, une version un peu molle, à mon goût, d' "Ulysses", premier single extrait de "Tonight : Franz Ferdinand", clôture le set principal, au terme duquel Alex nous gratifie enfin de quelques mots.

Un rapide nouveau sound check, et les Ecossais reviennent sur scène après deux petites minutes d'absence. La prestation reprend en force par le lourd "Lucid Dreams", suivi d'une version de "What She Came For" dont la fin est réellement hallucinante ; deux autres extraits du denier elpee. Alex glisse au synthé pour assurer l'intro d'"Outsiders" ; mais il reprend vite sa guitare afin de se livrer à quelques duels avec son complice Nick, alors qu'un roadie est monté sur les planches pour renforcer Paul à la batterie. Le titre s’achève d’ailleurs en présence de quatre drummers et d’un joueur de maracas, sous les cris de joie de l'AB. Alex présente rapidement chaque membre du groupe qui y va de son petit solo. Le rappel est clôturé en beauté par un "This Fire" particulièrement énergique. Alex frôle tellement le premier rang des spectateurs, que quelques heureux parviennent à gratter les cordes de sa guitare. Les dernières notes tombent. Nick jette sa râpe dans la salle (NDR : les roadies éprouveront toutes les difficultés du monde à la récupérer), avant de descendre dans la fosse, en compagnie d’Alex, pour serrer les mains de spectateurs… qui n'en reviennent toujours pas !

C'est donc à un set parfaitement rôdé que nous avons assisté ce soir. Même si personnellement parfois leur son un peu trop mou à mon goût (comme si les morceaux étaient légèrement joués down tempo), le public présent dans la salle de l'Ancienne Belgique ne semblait pas partager mon avis. A les écouter, il était tout simplement époustouflant et l'enchaînement des titres absolument parfait. Une chose est sûre, les morceaux les plus dance du dernier album ont soigneusement été tenus écartés, la moitié des titres de cet opus joués ce soir passant avec mention l'épreuve de la scène au milieu des bombes tirées des deux premiers elpees du groupe.

Parfaitement sous contrôle, je vous disais...

Organisation Live Nation

 

Vetiver

Tight Knit

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« Tight Knit » constitue déjà le quatrième album de Vetiver ; c’est-à-dire le projet personnel d’Andy Cabic, multi-instrumentiste talentueux et fidèle collaborateur de Devendra Banhart. La voix d’Andy Cabic rappelle d’ailleurs celle de son compère américano-vénézuélien, mais sans les tics agaçants devenus rédhibitoires chez Banhart.

« Tight Knit » est une petite merveille mélodique glissant facilement de la pop au folk, le tout trempé dans un doux psychédélisme et une indolence toute américaine lorgnant manifestement vers les années 60 et 70. Les dix titres de « Tight Knit » vous réconcilieront avec le monde pour un court instant, en vous rappelant que le printemps arrive. Le mélancolique « Rolling Sea », le très pop « Everyday », le psychédélique « Down From above » et le sautillant « More of This » constituent quelques excellents points d’accroche susceptible de vous inviter à continuer l’exploration de ce « Tight Knit » sans faiblesse. Un des meilleurs disques de ce début d’année. A écouter sans modération.

 

Wintersleep

Welcome To The Night Sky

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« Welcome To the Night Sky », le troisième opus de Wintersleep, combo originaire de Nouvelle-Ecosse, a donc dû se farcir toute une série d’étapes avant de trouver une place confortable dans les bacs européens. Publiée d’abord au Canda –c’était en octobre 2007–, l’œuvre n’avait guère suscité d’intérêt chez les distributeurs anglais. Avant que, l’année suivante, Wintersleep décroche le Juno Award (les Victoires de la Musique, version canadienne) consacré au ‘meilleur nouveau groupe de l’année’. Le reste de l’Europe va donc suivre le mouvement. Ce qui permettra à ce « Welcome To The Night » d’achever enfin son long voyage vers nos contrées, en février 2009.

Wintersleep est l’une de ces formations capable d’enthousiasmer et de crisper à égales mesures. Ainsi, « Welcome To The Night Sky » est parcouru de petites perles comme l’excellent “Weighty Ghost” et son refrain à la Arcade Fire ou « Miasmal Smoke & the Yellow Bellied Freaks », mariage inopiné entre Mogwai et Pearl Jam. Mais il recèle également d’autres extraits baignant dans un rock plus basique à la Coldplay, Snow Patrol, Editors et consorts (« Search Party », « Astronaut », « Laser Bean », « Archaeologists »…). Enrichi de deux bonus tracks, « Welcome To The Night Sky » n’est pas le meilleur labeur des Canadiens. Ils détiennent cependant le potentiel nécessaire et indispensable pour surprendre…

 

Bishop Allen

Grrr…

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« Grrr… » Bishop Allen montre gentiment les dents pour son troisième ouvrage. La formation new-yorkaise conserve toute la bonne humeur de ses premiers travaux, proposant treize morceaux à la fraîcheur authentique. En 2006, le duo devenu quatuor avait déjà surpris en prenant le pari de publier la bagatelle de douze Eps ; soit un chaque mois de l’année. Largement réussi, « The EP Project » a été ensuite compilé sur « The Broken String », le second ouvrage de la formation réunissant la crème de ces douze travaux.

Aujourd’hui, l’indie-pop du quatuor ne s’est toujours pas fait avaler toute crue par des besoins commerciaux futiles et reste fidèle à ses mandolines, vibraphones et autres trompettes. Annonciateur d’un printemps alcyonien, « Grrr… » arrive à point. « Shanghaied », « True Or False », « South China Moon », « Oklahoma » sont autant de morceaux radieux et grisants propices aux sifflements frénétiques et obsessionnels. Relativement supérieur aux deux précédents elpees, « Grrr… » constitue une des premières bonnes surprises de 2009.