Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

logo_musiczine

Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26654 Items)

Morgan Page

Elevate

Écrit par

Il y a quelques années, MTV avait programmé une émission absolument débile. Rien d’exceptionnel pour cette chaîne me direz vous, vu le niveau parfois ahurissant qu’elle déverse tout le long de la journée. La production dont je vous parle avait la particularité de mettre en vitrine des groupes de jeunes hédonistes. Mâles ou femelles, ils étaient invités à se trémousser en maillot, sur de la dance de mauvaise qualité. Les plus mauvais danseurs se faisaient éliminer au fur et à mesure, pour ne garder que la crème de la crème du déhanchement aguicheur. Comment s’appelait-elle encore, cette débilité visuelle ? Même si ce n’est plus un gamin, Morgan Page était trop jeune à l’époque pour que l’on puisse entendre ses beats dans cette émission, et voir se dandiner cette armada de clubbers de plage.

Pourtant, cet « Elevate » aurait mérité sa place sur cette tranche horaire de la chaîne. A coup sûr. Le petit Morgan à commencé à trifouiller ses machines dès l’âge de 14 ans. Remarqué par les auditeurs d’une radio universitaire de l’époque, il prend confiance en lui et se construit un petit studio d’enregistrement, afin d’y griller sa belle jeunesse et affiner (sic) ses beats. Petit à petit, le garçon produit et arrange des remixes à sa sauce. On peut relever dans son carnet d’adresse, Nelly Furtado ou Norah Jones, par exemple. C’est que le petit Morgan a le don de pousser les curseurs aux bons endroits, afin de créer un son commercial au possible. « Elevate » réussit surtout à filer une crispation, à tout réfractaire de sons léchés et minaudés. ‘Boum tchikiboum’ et ‘tchikiboum’ : ça sent carrément l’amour à la plage et les folles nuits d’Ibiza. « Elevate » est à oublier de toute urgence, sauf si vous vous souvenez du nom de l’émission incriminée. D’ailleurs si vous résolvez l’énigme, vous devrez écouter l’album en entier ; ce sera votre punition.

Sortie express du nouveau Bloc Party

Écrit par
Grosse surprise pour les fans de Bloc Party. Afin de contrecarrer un eventuel piratage avant la sortie officielle de leur nouvel opus, les Anglais ont décidé de lancer, contre toute attente, la version digitale de "Intimacy" dès ce 21 août! Pour rappel, la version physique du troisième album de Bloc Party ne sera pas dans les bacs avant le 27 octobre. 
 
 
Pour 5£, il vous sera donc d'ores et déjà possible, dans à peine deux jours, de découvrir ce disque qui contiendra le single "Mercury". La tracklist de la version online sera telle que suit:
 
01. "Ares"
02. "Mercury"
03. "Halo"
04. "Bikov"
05. "Trojan Horse"
06. "Signs"
07. "One Month Off"
08. "Zephyrus"
09. "Better Than Heaven"
10. "Ion Square"
 
La version CD contiendra quelques morceaux supplémentaires.
 

La vision terrestre des Dandy Warhols

Écrit par

C’est ce 18 août que paraîtra, en Belgique, le nouvel album des Dandy Warhols. Ce sera leur sixième opus et leur premier depuis qu’ils ont été virés par Capitol. Il s’intitule « Earth to the Dandy Warhols ». Lors des sessions d’enregistrement, ils ont reçu le concours Mike Campbell, le guitariste de Tom Petty and The Heartbreakers et de Mark Knopfler.

Tracklisting

1. World the People Together (Come On) 
2. Mission Control 
3. Welcome to the Third World 
4. Wasp in the Lotus 
5. And Then I Dreamt of Yes 
6. Talk Radio 
7. Love Song 
8. Now You Love Me 
9. Mis Amigos 
10. Legend of the Last of the Outlaw Truckers aka the Ballad of Sheriff Sho 
11. Beast of All Saints 
12. Valerie Yum 

13. Musee d' Nougat 

Pour plus d’infos : http://www.dandywarhols.com et http://www.myspace.com/thedandywarhols

 

Pukkelpop 2008 : samedi 16 août

Écrit par

Encore une nuit pourrie. Dormir dans un froid pareil ne devrait pas être permis. A quand les tentes auto-chauffantes ? Un petit déjeuner rapide et c’est reparti pour le dernier jour de festivités. Un chouette petit programme à la clef.

Le Pukkelpop semble béni des dieux. Un ciel particulièrement clément règne au-dessus du site. Pourvu que ça dure ! On arrive sur la plaine un peu à la bourre. Le châtiment : pas de Lykke Li. Tant pis, elle repasse en début de saison à l’AB. Les gaillards de The Whip, eux, c’est au Botanique qu’ils poseront leurs valises, en décembre. Mais pour l’heure, la formation distille son electro-pop sous le ‘Dance Hall’, devant un parterre clairsemé. Ils parviennent néanmoins à faire bouger quelques quidams sur leurs « Trash », « Divebomb » et autres réinterprétations de « Anyway You Choose To Give It » des Black Ghosts. La sono de la ‘Dance Hall’ semble enfin au point. Ou peut-être devient-on sourd. C’est selon.

Quoi qu’il en soit, c’est au tour de celle du ‘Marquee’ de faire des siennes. De quoi gâcher la performance de l’un des groupes les plus attendus de l’édition : les Black Kids. Malgré ce léger problème technique, le quintet se débrouille plutôt bien en reprenant l’intégralité de son premier opus, « Partie Traumatic ». Un concert plutôt sympa qui doit essentiellement sa réussite aux deux demoiselles de la formation, plus motivées que le reste de la troupe.

Changement d’ambiance totale sous le ‘Château’. Les expérimentations supersoniques des Fuck Buttons font trembler les planches. Leur set est nickel et la majorité de l’assistance entre en transe. Bon, évidemment, quand une bonne moitié de la foule s’explose la tronche en consommant des boissons aromatisées et en grillant des cigarettes améliorées en tous genres, ça aide aussi un peu.

Par contre, pas top l’enchaînement. Yelle veut voir Cuizinier à poil dans un film pornographique. Ce sera sans nous, jeune fille. On fuit le ‘Dance Hall’ aussi rapidement qu’on y est arrivés. Direction inconnue, pourvu que ce soit loin de ce chapiteau, temporairement sans intérêt.

Gros dilemme. Il fallait que la situation se produise. Lors de tout bon festival, on est forcé de sacrifier au moins une partie du programme pour cause d’horaires parallèles. La question tombe à 17h. Yeasayer au ‘Club’ ou Dan Le Sac et son pote Scroobius Pip sous le ‘Château’? Vite, le temps presse, plus le temps de réfléchir ! Pile ou face ? On en perd nos cheveux. Un besoin impératif de danser nous envahit soudainement. L’affaire est réglée.

Pas de quoi regretter ce choix. Dan Le Sac vs Scroobius Pip balancent leurs beats à la gueule de l’assistance et nous réconcilie avec Prince, les hommes à barbes, les samples et le hip hop. Le public sautille un peu partout sous le chapiteau tandis que le flow et les gadgets de Scroobius Pip mettent littéralement le feu aux planches. Just a fan.

A l’extérieur, on peut entendre au loin les Manic Street Preachers reprendre du Rihanna. C’est sûr, on laissera la ‘Main Stage’ à une distance plus que respectable, pour l’instant…

Beaucoup de bruit pour pas grand-chose. C’est la formule qui correspond parfaitement au spectacle proposé par MGMT, sous un ‘Marquee’ littéralement pris d’assaut. Un peu l’effet Metallica, sans les cheveux longs. Pas moyen d’accéder à moins de 3 mètres des extrémités du chapiteau. On se contente donc d’écouter de loin des versions fadasses de « Of Moons, Birds & Monsters », « Weekend Wars », « Time To Pretend » et « Kids ». Néanmoins, vu l’incroyable engouement suscité par le duo, ce set aurait pu bénéficier d’un meilleur écho, s’il avait était programmé sur la ‘Main Stage’…

Less Than Jake nous a cassé les bonbons au bout de 5 morceaux. De plus, la scène ‘The Shelter’ ne paraît pas très accueillante. On se taille donc discrètement pour se diriger vers le ‘Dance Hall’.

Accablé par un mal de dos de plus en plus insupportable, on décide –bon gré mal gré– de choisir pour dernière étape de cette édition fort sympathique du Pukkelpop, par le concert de Hercules & Love Affair. Un peu de disco, un peu d’électro et le tour est joué. Le public est conquis par le spectacle accordé par la dernière signature du label DFA. Des mecs s’extasient et s’échangent des commentaires salaces sur les courbes de Nomi. On ne peut s’empêcher d’en sourire. Leur machisme risque d’en prendre un coup. Mais il est vrai qu’elle s’en sort pas mal la petite demoiselle plus féminine que nature. Elle se dandine dans tous les sens, tandis qu’Andrew Butler enchaîne les cartons « You Belong », « Roar », « Hercules Theme », « Athene », sans oublier un « Blind » réinterprété par Nomi… faute d’Antony, bien évidemment...

Les trois journées s’achèvent donc sur une note positive. Le temps de démonter la tente et de s’extirper du camping, on peut entendre au loin Bloc Party présenter des morceaux de son prochain opus. Pas désagréable comme manière de prendre congé du site de Kiewit. Mais c’est décidé, le camping et nous, c’est une grande histoire d’amour qui s’achève.

 

Pukkelpop 2008 : vendredi 15 août

Écrit par

Après avoir vécu une nuit éprouvante de camping sous une tente, entouré d’animaux sauvages, on n’est pas mécontent de retrouver le site des festivités. Le jeudi nous avait permis d’être témoins de prestations exceptionnelles ; mais également d’essuyer quelques concerts inutiles. On croise donc les doigts pour que ce vendredi soit émaillé de performances inoubliables.

A peine arrivés sur le site, on déchante. Le ‘Club’ accueille un Those Dancing Days relativement peu intéressant. Une pop trop gentille pour être honnête, interprétée par une demoiselle aussi élégamment vêtue qu’une certaine Ugly Betty. Et la suite de la programmation n’est pas beaucoup plus intéressante. On attend donc le début de l’après-midi. Et sur le coup de 13h, enfin, notre journée commence.

Le ciel est plus que clément. Il fait carrément chaud et The Dodos déchire tout sur son passage. La transposition live de leur « Visiter », sous le ‘Château’, relève du génie. La pop psyché du duo transforme le petit chapiteau en véritable petit nid douillet et chaleureux. Définitivement l’un des incontournables de cette année.

Pour se rendre au ‘Club’, pas le choix, il faut passer à côté de la Main Stage, en surfant entre l’incroyable horde de fans de Metallica. Confronté au massacre de Das Pop, on regrette de ne pas avoir emporté de boules Quiès. On court donc se mettre à l’abri pour fuir cette horreur.

Mais Lightspeed Champion tarde à montrer le bout de son nez. Il compte une bonne dizaine de minutes de retard. Pendant ce temps, nos tympans encaissent les échos provenant de la grande scène… Heureusement, assagi, l’ex-leader assagi des Test Icicles se rattrape plutôt bien, concédant de jolies versions de ses « Midnight Surprise », « Tell Me What It Worth » et autres « I Could Have Done This Myself ». Le mecton se débrouille pas mal. Etonnant donc d’apprendre, quelques jours après cette performance sympathique, que le jeune Texan estime que la scène n’est pas son point fort. Il a, en outre, décidé de faire un break et de ne plus remonter sur les planches avant un bon moment.

Petit tour sous le ‘Dance Hall’, histoire de jeter un œil au show de Modeselektor et, surtout, vérifier si le son est toujours aussi pourave. Et c’est effectivement le cas. Pas même l’excellent « Black Block » du duo ne réussit à nous retenir. Que l(es) ingénieur(s) du son réagissent, bon dieu !

Tant pis. De toute manière, pas une seconde à perdre puisque Caribou se produit au ‘Château’. Un univers toujours aussi psychédélique, un son exemplaire (!) et une ambiance relax vont nous procurer un des moments les pus intéressants de l’après-midi.

On ne peut pas en dire autant des Los Campesinos!, qui prennent la relève sous ce même chapiteau. Les petits jeunes jouent (trop) fort et leur enthousiasme est peu engageant. Les nouveaux morceaux semblent encore nécessiter beaucoup de travail. C’est ce qui arrive quand on veut enchaîner un peu trop rapidement les publications. On fera donc l’impasse sur le second essai du septuor.

On les attendait comme le(s) messie(s). Ils ne nous auront pas trop déçus. Les Foals surfent sur la vague Math Rock en y ajoutant un effet pop revitalisant. Les morceaux de « Antidotes », dont « The French Open », « Red Socks Pugie », « Olympic Airwaves » ou « Hummer » se traduisent à merveille sur les planches. Mais un peu plus d’enthousiasme de la part du leader, Yannis Philippakis, aurait été bienvenu. Un manque d’entrain qui cependant peut s’expliquer. En fait et c’est qu’il a annoncé dernièrement–, il n’est pas satisfait du premier essai de sa formation. Dommage pour lui. Personnellement, on s’éloigne de la ‘Marquee’ plutôt satisfaits. A chacun ses problèmes…

Aïe, l’âge nous rattrape. On ressent tout à coup une douleur lancinante au niveau du dos. C’est donc assis sur les côtés du ‘Club’ que l’on se farcit l’affreux spectacle des juvéniles Does It Offend You, Yeah? Un désenchantement auquel on ne pourra pas échapper, la douleur nous empêchant de s’éloigner du chapiteau. C’est sûr, on rangera le disque au fond de l’armoire dès notre retour au monde réel. Au bout de quarante minutes de torture, on trouve le courage d’aller s’allonger quelques minutes sous la tente et manger un petit bout.

C’est également le cul par terre qu’on s’envoie le concert des Breeders. Les sœurs Deal jouissent d’un potentiel de sympathie énorme et leur performance est impeccable. Celui accordé par Miss Kittin & The Hacker, sous le ‘Dance Hall’, l’est tout autant. Un déluge de tubes aussi bien extraits de leurs efforts conjoints que de leurs essais solos. Le chapiteau entier se secoue le bas des reins sur « Frank Sinatra », « Life On MTV » ou « Flesh & Bones ». On aurait juste préféré entendre « 1972 » à la place de la dispensable et bancale reprise du King, « Suspicious Minds ». 

On n’était que peu familier de leurs travaux ; mais le moins que l’on puisse dire, c’est que les Tindersticks nous ont épatés, même sous un ‘Marquee’ à moitié vide.

Un étrange phénomène semble se produire. Les différentes scènes sont soudainement désertées. Un simple coup d’œil au programme nous explique la raison. Rien de plus normal : Metallica vient de débarquer sur la ‘Main Stage’. On n’a pas spécialement envie de les voir ; mais on se sent l’obligation de s’y rendre. La grande scène est prise d’assaut, d’une extrémité à l’autre du terrain. Une chose est sûre, la bande à Hetfield rassemble les foules. Fidèle à elle-même, la troupe de métalleux enchaîne les nouveaux morceaux, extraits de « Digital Death » avant de finir sur la série de tubes obligatoires et dans une tempête (un peu ridicule, il faut le souligner) de feux d’artifice. Y a pas autre chose au programme ?

De leurs côtés, les Tokyo Police Club et autres Boys Noize ne se sont guère mis en évidence pour retenir notre attention. Le dos en compote, on se dirige doucement vers le camping pour passer une deuxième nuit affreuse… Qu’est ce qui nous a pris de se taper le camping ?

Elvis Presley

The complete ’68 comeback special

Écrit par

L’encre a déjà suffisamment coulé et la pellicule tourné pour évoquer le parcours du mythique Elvis Presley. Aussi, je n’ai pas la prétention d’assouvir votre soif de connaissance. D’ailleurs aujourd’hui encore une multitude de scribouilleurs, mais aussi d’encyclopédistes continuent de passer au peigne fin toute la vie du King. Histoire, sans doute, de tenter de consoler les innombrables aficionados qui ne se sont toujours pas remis de sa disparition. Rappelons quand même qu’il est né le 8 janvier 1935 à Tupelo, dans le Mississippi et qu’il s’est éteint le 16 août 1977 à Memphis, dans le Tennessee. De son vivant, Elvis a vendu plus de 700 millions d'albums. Un record ! Mais le plus important, c’est que Presley incarne encore aujourd’hui, une icône incontournable du rock’n roll. Et de son histoire.

RCA a donc décidé de sortir un box intitulé "Elvis-The complete '68 Comeback Special". Une anthologie réunissant 86 morceaux dont quelques inédits, en 4 compact discs ; le tout enrichi de 32 pages illustrées. Inutile de dire que les fans vont se ruer sur cet objet de collection. En 1968, la NBC diffusait un concert spécial d'Elvis Presley. Presley y avait accordé un set mémorable. Une manière donc de célébrer le quarantième anniversaire de cet événement. Elvis y interprète la plupart de ses grands classiques. Son humour caustique et son rire dévastateur y sont également immortalisés ; mais également un témoignage de son engagement pour la non-violence, suite à l'assassinat de Martin Luther King.

Et si vous en souhaitez le détail du tracklisting, je vous invite à consulter notre news dont voici l’url http://www.musiczine.net/fr/index.php?option=com_alphacontent&section=4&cat=10005&task=view&id=4289&Itemid=34

 


 

Electric Summer Night

Écrit par

Un mini-festival se déroulera ce 23 août 2008, sous chapiteau, ce samedi 23 août à Gaurain-Ramecroix, près de Tournai. A l’affiche : Stin Scatzor, Hynnner vs Hant1S3 et Parade Ground. En after party : Dj Borg & Dj Luke.

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/uconline

 

Pukkelpop 2008 : jeudi 14 août

Écrit par

Le grand jour est arrivé. Dernier festival d’été pour nous. Dur dur le réveil à 7h, mais le train débarque à 9h09, donc pas le temps de traîner. Dernières vérifications, une petite douche vite fait, on emballe et on se précipite à la gare. Pas autant de monde que prévu sur le quai. Super, on va pouvoir poser nos fesses pendant le voyage.

1h30. Trop long. Ca laisse pas mal le temps de se triturer les méninges. Et c’est là qu’on se rend compte qu’on a oublié d’emporter un tas de trucs. Tant pis, on fera sans. 10h30, arrivée à Kiewit. Un coup d’œil aux cieux cléments nous laisse augurer qu’il n’y a rien à craindre au niveau du temps. Mais autant se dépêcher d’aller monter cette bête tente avant de connaître une mauvaise surprise. Un petit tour au coin presse pour choper le ticket, une petite fouille express, un petit repérage des lieux, le choix d’un endroit tranquille où se poser et un montage rapide. On peut alors grignoter un bout avant de se diriger vers la plaine.

Pas beaucoup de changements au niveau de la configuration du site. On a simplement droit à un ‘Petit Bazar’ en complément. Et petite modification également au niveau de la ‘Skate stage’ qui est recouverte d’un chapiteau et rebaptisée ‘The Shelter’. Franchement, on s’en fout, on n’y met que très rarement les pieds. Direction le ‘Dance Hall’. Premier concert, celui des Australiens de Midnight Juggernauts. Pas aussi convaincant qu’en juin dernier au Botanique. Ils souffrent d’une sono merdique et ce ne seront pas les seuls. Trop de basses tuent la basse. Le public remue timidement sous la ‘Dance Hall’. On décide donc d’aller voir ailleurs, si on y est.

Sur la ‘Main Stage’, Billy Lunn de The Subways est manifestement à bloc. Il gueule plus qu’il ne chante ou ne parle ; et nous casse légèrement les bonbons. Il réussit, en outre, à massacrer « I Want To Hear What You have Got To Say ». On en oublie même la présence de Charlotte Cooper. Aucun intérêt.

Petit tour au ‘Château’ où A Mountain Of One s’emballe sur un charmant morceau. Pas assez charmant pour nous retenir. Il y a bien trop d’artistes à découvrir.

Passage rapide par la ‘Main Stage’ où Amy MacDonald succède aux Subways. Ce n’est pas sa pop anesthésique qui parvient à retenir notre attention…

L’après-midi prend enfin tout son sens grâce au méchant set de Santogold. La ‘Dance Hall’ vibre toujours autant au son des basses surpuissantes. Et ce ne sont pas les bombes « You’ll Find A Way (Switch & Sinden Remix) », « L.E.S. Artistes », « Creator » ou « Say Aha » qui me contrediront. Un putain de premier bon moment !

On ne peut pas en dire autant de Serj Tankian, Infadels ou même Tricky. Un trio perdant. Ou si vous préférez trois grosses déceptions. Heureusement, Hot Chip est là pour sauver les meubles. La ‘Dance Hall’ est pleine à craquer et le sol tremble sous les beats de « One Pure Thought », « Hold On », « Boy From School », « Ready For The Floor », le terrible « No Fit State », l’inévitable « Over & Over » et même une reprise inattendue du « Nothing Compares 2U » de Prince, popularisé par Sinéad O’Connor. La formation en devient véritablement incontournable tant ses prestations live ne cessent de se bonifier au fil du temps.

L’heure du dîner est arrivée. 3€ le paquet de frites, 8€ la pitta. A ce prix là, il ne nous reste plus qu’à parcourir des kilomètres pour retrouver nos tendres tartines sous la tente. Par contre, pour avoir oublié toutes boissons non alcoolisées, il va falloir douiller. A 2,25€ le verre de coca, on a plutôt intérêt à le déguster. Après ce petit repas vite fait bien fait, retour au ‘Club’ pour l’excellente prestation d’Iron & Wine qui a choisi de ne jouer que des morceaux ‘upbeat’, histoire de garder la foule éveillée.

Sur la ‘Main Stage’, Róisín Murphy se la pète à donf’. « Don’t Cry » en guise d’intro, danseuses à clef, constitue une bonne mise en bouche. Par contre, pas très subtile, la donzelle. Dès le deuxième morceau, elle enchaîne sur un titre de Moloko (« Forever More »). Aussi retravaillé soit-il, c’était du Róisín Murphy que l’on était venu écouter, pas du Moloko. Sa version insipide de « Let Me Know » conclut notre visite à la ‘Main Stage’ pour la journée. On verra si elle fait mieux à Forest dans quelques mois…

Après quelques minutes de patience, The Flaming Lips débarque sous le ‘Marquee’ pour y foutre un sacré bordel. Ballons, confetti et un joli lâcher de tubes, comme « Do You Realize ?? », « Fight Test », « The Yeah Yeah Yeah Song » ou « Yoshimi Battles The Pink Robots ».

Au ‘Club’, The Ting Tings n’a pas été aussi convaincant, ni la hauteur de la hype. Les hits populaires « Great DJ » ou « That’ Not My Name » sonnent creux. On aura beau fait des allers-retours entre la Marquee et le Club, le set du duo n’a pas l’air de s’améliorer.

On décide alors de se poser sous le ‘Château’ pour ce qui va s’avérer être le meilleur moment de la soirée. Holy Fuck triture ses instruments analogiques comme nul autre. Les tueries de « LP » font frémir le cortex cérébral de l’assistance. Du « Super Inuit » introductif à « Safari » en rappel, en passant par le splendide « Lovely Allen » et l’obsédant « The Pulse », le quatuor a prouvé qu’il méritait bel et bien sa place en tête d’affiche de la journée (bien remplie) sous ce chapiteau. De quoi terminer en beauté… Allez, dodo !

 

Rock en France 2008 : jeudi 14 août

Écrit par

Quelques heures avant le début du festival, on me signale que mon accréditation est accordée. Je saute dans ma voiture et fonce vers Arras en imaginant figurer parmi les premiers arrivants. Erreur : une foule innombrable se presse aux deux entrées publiques aménagées pour donner accès à la Grand Place, sur laquelle se produit déjà Gojira. Avantage de la presse, une porte plus discrète et nettement moins embouteillée leur est réservée.

Il est cependant trop tard pour prendre des clichés du groupe toulousain ; mais ce premier concert permet de prendre la température des lieux. Entourée d’anciennes maisons classées, la place ne manque pas de charme. En outre, elle est entièrement pavée ; ce qui change des festivals champêtres de notre plat pays. Une règle : lorsqu’on a pénétré sur l’esplanade, il est interdit d’en ressortir avant la fin des festivités. Tous les bistrots et restos de la place ont été transformés en stands. Ils proposent boissons et nourriture. Et si vous êtes belge, et que vous souhaitez qu’on vous serve une ‘mitraillette sauce andalouse’, pensez à demander un ‘américain sauce espagnole’... On est quasi chez les ch'tis à Arras.

La place est déjà à moitié remplie pour écouter les hurlements de Gojira, groupe landais responsable d’un death metal particulièrement brutal. Le volume sonore est poussé à fond. Les tympans sont massacrés par les riffs de guitare de ces enragés qui reconnaissent eux-mêmes avoir été influencés par Metallica dont ils ouvrent l'unique date en France. Les fans présents dès l'ouverture des portes et qui se pressent contre les barrières ne s'y trompent pas : Gojira livre un set assourdissant et énergique, parfaite première ‘première partie’ de cette soirée.

Mais que viennent donc faire les Within Temptation dans le jeu de quilles ?... Ils ont bien attiré quelques fans bien sages. Mais difficile de comprendre leur présence dans un tel contexte. J’estime même l’idée plutôt saugrenue de programmer ces pseudo-gothiques hollandais en seconde ‘première partie’... Pendant que certains attendent avec philosophie que la belle Sharon finisse ses vocalises, d'autres s'impatientent en commençant à scander des ‘Metallica’ à la fin de chaque chanson du groupe. Car, sincèrement, si la musique de Within Temptation n'est pas de mauvaise facture, après 3 chansons, on a fait le tour de la question. C’est d’ailleurs le temps qui est imparti aux photographes pour prendre quelques clichés. Le reste, n’est que de la littérature. Le set de Within Temptation permet cependant d'apprécier la qualité du son. Il y a bien l’un ou l’autre endroit où il interfère ; mais il faut bien chercher. Bref, il est tout bonnement époustouflant. Du grand art !

21:10, 22 000 personnes sont entassées sur la Grand Place. Elles trépignent d’impatience en attendant le groupe phare de la soirée. Les fenêtres de la Grand Place sont, pour la plupart, occupées par des fans (ou des résidents) trop heureux d'assister au show, tout en bénéficiant d’une prise de vue unique. Un téméraire tente même de grimper sur les toits. Le set accuse une vingtaine de minutes de retard et la pression commence à monter. Enfin, les premières notes de la B.O. du film "Le Bon, La Brute et Le Truand" retentissent. Signe que le groupe va bientôt monter sur les planches. Ce qui explique pourquoi la clameur de la foule s’intensifie. Lars Ulrich bondit comme un diable sur sa batterie. Robert Trujillo embrasse ses enfants et s'échauffe déjà les doigts sur les cordes de sa basse. Kirk Hammet allie, comme d'habitude, sobriété, efficacité et discrétion. Quant à James Hetfield, il semble déjà avoir chanté un set avant d'entrer sur scène : pas besoin de round d’observation, il est fin prêt à en découdre avec le public. Et il lui demande d’entrée de jeu : ‘Are you ready to make some big noise ?’ "Creeping Death" et "For Whom The Bell Tolls" ouvrent directement les hostilités. Metallica dégage toujours une énergie redoutable, même après 25 ans de carrière. D'aucuns les pensent has been ? Les Californiens ont de quoi démontrer le contraire. En outre, leur plaisir de jouer est communicatif. Hetfield et ses acolytes enchaînent les titres puisés principalement dans la quintessence de leur répertoire, soit avant la sortie de "Load". La basse de Trujillo est puissante du début à la fin du set, et les solos de Hammet font le reste. Après une demi-heure de concert, la formation nous gratifie d’un extrait de "Death Magnetic", le prochain album à paraître le 12 septembre : "Cyanide". Un titre déjà disponible à l'écoute sur la page MySpace du groupe. Hetfield se réserve "Nothing Else Matters", en solo. De quoi faire quelque peu baisser la température de l’audience qui en a grand besoin. "Sad But True" et "Enter Sandman" confirment que le "Black Album" est celui qui a touché le public le plus large. Ces morceaux sont chantés par le plus grand nombre, mais "Master of Puppets" et "One" déclenchent de légitimes acclamations, également. Les feux d'artifice, esquissés sur "Enter Sandman", ferment en apothéose un "Seek And Destroy", repris en chœur par les 22.000 métalleux présents ce soir. Le concert s’achève par une distribution d'onglets et de sticks de batterie, le tout agrémenté par quelques mots de remerciement visiblement sincères de chacun des membres du groupe.

Un son d'enfer, un écran géant couvrant toute la largeur de la scène, des effets pyrotechniques et une com' envers le public parfaitement rôdée me permettent de conclure que si le côté ‘roots’ des débuts de Metallica a disparu depuis longtemps, ces gaillards ont appris à devenir une véritable machine de guerre ; une machine à laquelle personne ne résiste. Il suffit de voir les sourires affichés par les spectateurs de tous âges, au terme de ce show particulièrement intense, pour se convaincre que ces pionniers du trash metal ont encore des générations de kids à convertir…

Les oreilles encore endolories, je rejoins ma voiture en me réjouissant d'avoir eu la bonne idée de prendre un ticket pour les voir sans m'encombrer de l'appareil photo au Pukkelpop, le lendemain. Je laisserai à d'autres le plaisir de chroniquer leur prestation à Hasselt. Pour une première édition, ‘Rock en France’ peut se targuer d'avoir organisé un concert quasi parfait. Certes, le festivalier lambda a le droit de se plaindre du prix d'entrée (80€ tout de même) ; mais vu le niveau de qualité technique et la parfaite organisation, il aura rapidement oublié cette petite ponction. Vivement l'année prochaine pour la prochaine édition de ‘Rock en France’

Un mot de remerciement au passage à Myriam, Perrine et Sergine, sans qui Musiczine n'aurait probablement pas pu vous ramener de photos de Metallica.

Metallica + Within Temptation + Gojira

(Organisation FLP) 

 

 

 

Furies

Mankind’s Biopsy

Écrit par

A la fois corrosif et hautement énergique, le style de Furies, nouveau combo metal belge est né d’un assemblage aussi divers que le trash, le heavy, l’horror punk et le néo metal. Privilégiant le son old school, malgré tout, le groupe issu de la région du Centre a récemment investi les studios pour donner naissance à ce mini CD 5 titres des plus prometteurs !

Original et créatif, Furies se démarque par la qualité de ses mélodies, la puissance de ses riffs et le chant rauque et glacial de Aida qui, involontairement peut-être, nous replonge dans un des chefs d’œuvre du punk metal des eighties. Le « Coup d’Etat » des Plasmatics. La chanteuse des Furies serait-elle la Wendy O’ Williams belge ? On attend des prestations live de nos compatriotes et surtout la sortie d’un véritable premier album pour s’en convaincre.

 

The War On Drugs

Wagonwheel Blues

Écrit par

Le « Wagonwheel Blues » de The War On Drugs occupe une place honorable dans la série des disques inutiles. Plein de promesses au niveau instrumental, tel qu’il le démontre sur le très bon « Coast Reprise », le combo traîne la voix de son leader Adam Granduciel comme un boulet. Les huit morceaux chantés donnent l’impression d’avoir été pris d’assaut et martyrisés par un enfant gâté qui refuserait de tenir compte de l’avis de ses camarades. Se prenant pour Dylan avant d’imiter Springsteen l’instant suivant, Granduciel assassine un recueil à l’énorme potentiel en plantant des vocalises irritantes sur des compositions quasi impeccables.

Ceux qui apprécieront la voix du Philadelphien pourront s’envoyer les neufs titres de ce « Wagonwheel Blues » sans grand mal. Les autres devront quant à eux se dénicher, d’une manière ou d’une autre, une version instrumentale de la plaque, beaucoup plus avenante. Il s’agit, en bref, d’un bien beau disque concocté une formation qui gagnerait à embaucher un leader aux cordes vocales un chouïa plus légères.

 

The Blakes

The Blakes

Écrit par

Quoiqu’émigré depuis peu à Los Angeles, ce trio est originaire de Seattle. Et contrairement à ce que vous pourriez penser, il n’annonce pas une nouvelle poussée de fièvre grunge. Son line up implique deux frères : Garnet et Snow Keim. Le premier est chanteur/guitariste, le second bassiste. Eponyme, le premier opus a été enregistré aux studios ‘Fort Apache’ (Lemonheads, Pixies, Breeders, Elliott Smith, etc.), sous la houlette de Brian Brown. Les Strokes (NDR : ceux du premier album !), Franz Ferdinand et les Arctic Monkeys polarisent nos références, à premier abord. Et pour cause, leur style est à la fois rafraîchissant, percutant et contagieux. Mais au fil de l’écoute, on se rend compte que la palette d’influences est plus subtile qu’elle n’y paraît. Ainsi on y détecte du garage sixties, une pluie d’accents ‘rollingstoniens’ et même des traces de cold wave (NDR : empruntées manifestement à Sisters of Mercy sur « Vampire »). Il y a même du clavier vintage sur « Run » et le mid tempo « Lintwalk ». Les cordes de guitare sont tantôt tintinnabulantes (ces eighties !), quand elles ne sont pas syncopées (ces accords à la Keith Richards sur « Lie next to me »), vivifiantes, jacassantes ou décapantes. Les vocaux sauvages, virulents ou ténébreux, mais toujours savoureux. Et solide, la section rythmique est susceptible de libérer un excellent groove. Un bémol : les lyrics : ils ne parlent que de performances réalisées au pieu avec les partenaires féminines. Sans quoi cet elpee est un bon petit coup de fraîcheur dans l’univers de la musique pop/rock. En espérant que ce ne soit pas un nouveau ‘stroke’ dans l’eau…

 

William Clarke

One more again!

Écrit par

Plus de dix années après sa mort, l'âme musicale de William Clarke est toujours bien présente. Faut dire que le travail inlassable de sa veuve Jeannette y est pour quelque chose. Chaque année, elle ouvre ses tiroirs et nous offre des témoignages inédits du grand harmoniciste californien disparu. On a ainsi eu droit à "Now that you're gone", "Live in Germany", "The early years, Vol 1 et Vol 2", sans oublier une série de Dvd tout aussi intéressants.

"One more again!" réunit des prises alternatives d'enregistrements opérés dans sa période Alligator. Il recèle plusieurs inédits. Ces morceaux sont issus de sessions accordés au cours de l'année 1993 ; des sessions pour lesquelles il avait reçu la collaboration de redoutables musiciens comme Alex Schultz à la guitare, Eddie Clark aux drums, Rick Reed à la basse et Steve F'Dor au piano.

L'opus démarre par un instrumental sans titre (NDR : « Untitled »). William souffle dans l'instrument chromatique comme il était pratiquement le seul à pouvoir le faire. Ses petites incursions sont géniales. Sa sensibilité musicale est omniprésente. Ses collaborateurs se distinguent par leur sobriété et leur efficacité. On ressent leur joie de se produire ensemble. La complicité entretenue entre Clarke et Alex fait plaisir à entendre. Lorsque Schultz prend son billet de sortie, on entend clairement Bill pousser des cris de satisfaction. "I got my bags packed" est un blues imprimé sur un tempo nonchalant. Un de ces blues qui faisaient la marque de fabrique de Clarke. Sa voix libère une émotion intense. Il signe également, sur son harmonica, des phrases d'une profondeur inégalée. Chargée de swing, "Five card hand" évolue sut un rythme plus enlevé. Une compo qui figurait sur "The hard way", un elpee paru en 1996. Pour la circonstance, c'est Alex, un des seigneurs du style west coast jump, qui tire son épingle du jeu. Signé Roy Brown, "Letter from home" est également issu du même opus. Il emprunte donc également au jazz et au swing. Alex et Bill sont manifestement ravis de le jouer ensemble. Les deux complices nous accordent encore un véritable festival de leurs talents sur "Educated fool", un fragment imprimé sur un tempo rapide, emprunté à "Serious intentions", un elpee qui remonte à 1992. Deux versions de "Home is where the heart is" sont ici proposées. Tout d’abord une extrêmement lente au cours de laquelle Greg Verginio se distingue à la six cordes pendant que Steve F'Dor s'éclate derrière les ivoires. William en profite pour entretenir cette flamme incandescente qui le dévorait constamment. La seconde est plus rapide. C’est Alex Schultz qui est ici à la barre ; mais la différence de rythme est tellement marquée qu’on a l’impression de ne pas être en présence de la même compo. Virginio avait également participé aux sessions d’enregistrement de "The hard way", un œuvre qui semble bien constituer la source d’inspiration majeure de ce "One more again!" (NDR : depuis, Virginio a abandonné les voies sonores pour embrasser celles plus mystiques de la religion). Il est également impliqué sur "When I'm with you baby", un autre blues lent et encore un instrumental sans titre, rehaussé par la présence de Juke Logan, à l'orgue. Et en fin de parcours, Alex se montre à nouveau à la hauteur sur "That ain't the way to do it", grâce à son style si personnel, caractérisé par ses nombreuses notes dispensées sur des lignes parfaitement construites ; le tout soutenu par une rythmique tellement légère et balayé par l’instrument chromatique du maître. Un régal!

 

Destroyer

Trouble In Dreams

Écrit par

Pour son huitième essai solo, le New Pornographer Daniel Bejar ne s’est pas trop creusé la cervelle. Motivé par le succès critique de « Destroyer’s Rubies », son essai précédent publié en 2006, l’interprète prolifique nous offre un « Destroyer’s Rubies 2 ». Probablement en mal d’inspiration, Bejar reprend les choses exactement où il les avait abandonnées. Pour le meilleur comme pour le pire. Le meilleur d’abord. Des morceaux tels que « Blue Flower/Blue Flame », « The State », « Libby’s First Sunrise » et surtout « My Favourite Year » démontrent le talent exemplaire du Canadien. Malgré des vocalises parfois assez saumâtres, il parvient cependant à séduire. Une explication : l’intelligence incontestable de ses arrangements.

Ce qui ne l’empêche pourtant pas de mettre le pied dans le plat sur certains morceaux beaucoup moins consistants. « Shooting Rockets (From The Desk Of Night’s Ape) », « Plaza Trinidad », « Rivers » ou « Introducing Angels » affaiblissent l’ensemble et tracent le diagramme de notre analyse de ce « Trouble In Dreams », en dents de scie. Mais si on écarte ces quelques plages dispensables, le nouvel essai du leader des New Pornographers et de Swan Lake vaut pleinement le détour. 

 

Don Caballero

Punkgasm

Écrit par

Pour celles et ceux qui, à l’instar de votre serviteur, découvrent cette formation pour le moins atypique, Don Caballero est une formation originaire de Pennsylvanie, formée en 1991 et relevant du courant math rock. Wikipédia : ‘le terme de math rock est appliqué à certaines formes de rock expérimental qui ont émergé vers la fin des années 80 et dont la principale caractéristique est la complexité des rythmes ainsi que l’enchaînement et la mise en place des riffs/mélodies, souvent dissonants. Ce style peut être rapproché dans une certaine mesure du post rock, dans lequel sont habituellement classés certains groups de math rock, bien que le premier puisse être différencié par un jeu de batterie généralement influencé par le jazz.’

Don Caballero, dont l’homme fort n’est autre que l’excellent batteur Damon Che, donne naissance à un « Punkgasm » en forme de suite logique au sous-estimé « World Class Listening Problem ». Plus que jamais, le groupe mérite bien son titre de chef de file de ce fameux mouvement math rock. Du déboussolant « Loudest Shop vac in the World » au plus conventionnel titre maître, le quatuor s’évertue à déstabiliser l’auditeur, peaufinant encore sa marque de fabrique, caractérisée par une métrique en cinq temps, avec l’utilisation massive de mesures asymétriques et des variations incessantes de rythmes… du rock mathématique quoi ! On pense parfois à Pelican, Sonic Youth ou Fugazi, mais Don Caballero pousse le bouchon encore plus loin, et donne à son rock un caractère épileptique, quitte à en devenir agaçant. Quand on navigue entre furie free jazz, punk désinvolte, rock hyper intellectualisé et expérimentations suicidaires, on a peu de chances de drainer le public des BB Brunes ou de Poulycroc… Uniquement pour auditeurs avertis !

 

Five Dollar Priest

Five Dollar Priest

Écrit par

A première écoute, on a l’impression que cette musique navigue quelque part entre The Fall, Birthday Party, Pere Ubu et le Jon Spencer Blues Explosion. Faut dire qu’en regardant de plus près le line up du projet et la liste des invités qui y participent, on comprend mieux pourquoi. Au sein de cette formation milite ainsi une fameuse brochette de musiciens qui devrait vous donner une petite idée du style proposé tout au long de cet opus éponyme : Ron Ward (Speedball Baby), Norman Westberg (Swans), George Porfiris (Heroine Sheiks), Bob Bert (Chrome Cranks, Knoxville Girls, Pussy Galore, Sonic Youth) et le clarinettiste Patrick Holmes. Et parmi les guests, on retrouve James Chance (Contortions), Matt Verta-Ray (Speedball Baby, Heavy Trash), Jon Spencer (Pussy Galore, Blues Explosion, Honeymoon Killers, Heavy Trash), Jack Martin (Knoxville Girls) et Christina Martinez (Boss Hog, Honeymoon Killers). Si le chant de Ron Ward est aussi déclamatoire que celui de Mark E. Smith, la musique évolue dans une sorte de blues urbain âpre, rampant, extrême, imbibé de no wave. Parfois r’n’b plutôt que blues. A l’instar de l’obsessionnel « Mao Tse tongue » et surtout de « Conway twitty’s bag », sorte de pastiche de James Brown poussé au bord de l’apocalypse. Funk, quand même, pour agiter le convulsif « Ghost of Bob Ross ». Et si les compos reposent essentiellement sur l’instrumentation basique, le clavier vintage et la clarinette distordue viennent régulièrement ajouter leur grain de folie à l’ensemble. Un peu de theremin quand même (NDR : avec les compliments de Jon Spencer !) sur « Cunty Lou ». Imprimé sur un tempo frénétique, on a même l’impression de ressentir, tout au long de cette plage, le souffle d’un train express. Maintenant, il faut reconnaître que ce type d’opus n’est pas à mettre entre toutes les oreilles…

 

Jaguar Love

Take Me To The Sea

Écrit par

Jaguar Love signe le retour du braillard Johnny Whitney et de son acolyte Cody Votolato, tous deux échappés des Blood Brothers. Pour leur nouveau projet, les ex frères de sang ont enrôlé Jay Clark des Pretty Girls Make Graves. Plus accessible que les travaux effectués au sein de leur formation précédente, « Take Me To The Sea » apporte une intéressante touche de Glam à un rock alternatif aux portes de l’art-punk.

Bien que l’on ne se laisse pas surprendre par l’attaque du Jaguar dès sa sournoise apparition, il parvient à nous apprivoiser par la subtilité de son propos. La bête expose et argumente dix bonnes raisons de se laisser dévorer. Et bien que ces dernières ne soient pas forcément toutes probantes, on se laisse si facilement amadouer que l’issue est inéluctable. L’animal se délecte de chacun de nos membres. Il s’y applique lentement, afin que l’on ressente au mieux la pénétration de ses crocs à chacune de ses morsures. S’ensuit une douleur aussi aiguë que les vocalises de Johnny Whitney. Devant une telle force de frappe, on ne peut que s’incliner. Le premier assaut de l’impitoyable Jaguar Love devrait probablement laisser des traces...

Leila

Blood, Looms & Blooms

Écrit par

Avant d’embrasser une aventure en solitaire, Leila était la claviériste de Björk. Mais elle a également bossé en compagnie de Richard James (Rephlex Founder). Son premier opus solo était paru en 1998 (« Like Weather ») et le second en 2000 (« Courtesy of Choice »). Il lui a donc fallu huit longues années pour sortir ce « Blood, Looms & Blooms ». En fait, elle s’était retirée du monde de la musique, suite au décès de ses parents. Apatride (NDR : elle est née en Iran, mais vit aux Iles Britanniques depuis un quart de siècle), Leila Arab a tout misé sur son talent de claviériste, mais aussi son art à raffiner les sons et les arrangements. Il ne faut pas oublier non plus, qu’elle est aussi très habile à la console de mixage. 

Dès les premières notes de son opus, on retrouve les sonorités mystérieuses et envoûtantes dont seule Leila a le secret. On ne peut donc que succomber au charme de « Mollie », caractérisé par ses beats accrocheurs. Ou à la reprise très personnelle du « Norvegian wood » des Beatles. En outre, l’horizon sonore de Leila est enrichi par une palette de vocalistes, choisie judicieusement ! Que ce soit sa sœur Roya, Luca Luca Santucci, complice depuis ses débuts ou Martina Topley-Bird. Mais également Terry Hall (NDR : le leader des Specials). Il se charge du chant sur l’excellent « Time to Blow », une compo hantée par un vibraphone frémissant. Khemahl et Thaon Richardson collaborent au tout aussi bon « Little Acorns », une plage au cours de laquelle, Leila excelle sur son instrument de prédilection : le clavier !

En 14 plages, Leila nous invite à visiter son univers visionnaire. Sis peut-être en utopie. Mais qu’importe ! Il est sans tabou. Et tous les fantasmes sont susceptibles d’être assouvis. Un univers déchiré entre bonheur et désespoir… Un opus épatant, au cours duquel l’artiste démontre, une fois de plus, son savoir-faire tout en démontrant qu’elle reste l’une des figures les plus intéressantes et ésotériques de la scène trip-hop.

 

Luke ‘Long Gone’ Miles

Riddin' around in my V8 Ford

Écrit par

Luke Miles est né en 1925. Au Texas. Mais ce bluesman noir est disparu depuis bien longtemps. A l’âge de 62 ans. En 1987. A l'instar de noms prestigieux comme T-Bone Walker ou Percy Mayfield, il s’est éteint en Californie. Il était surnommé 'Long Gone'. A cause de son premier enregistrement. Un single intitulé "Long gone", paru en 1961, pour lequel il avait reçu la collaboration de Sonny Terry et Brownie McGhee. Dès 1959, il avait accompagné le grand Lightnin' Hopkins. A Houston. Pour y jouer et enregistrer. En 1964, il grave "Country born", un elpee qui sera suivi par quelques 45 tours. Il va même partager un duo en compagnie de George ‘Harmonica’ Smith sur "Hello Josephine" et "Little sweet thing". Enfin, il figure également sur la collection "Blues from Los Angeles", un recueil caractérisé par les débuts de William Clarke et de ses Nightowls!

John Williamson des Superstitions l'avait rencontré en 78. A Long Beach. Lors de la première convention de la Southern California Blues Society. Long Gone Miles était un artiste élégant, souvent vêtu de blanc. Mais affublé de chaussettes rouges. Williamson est parvenu à mettre la main sur des bandes immortalisant un concert accordé dans un petit pub, sis Washington Boulevard, à Venice, la plage à la mode de Los Angeles. Une prestation accordée un samedi après-midi, devant une cinquantaine de personnes, tout au plus. Déjà très affaibli par le cancer qui allait l'emporter, Mike se produisait pour une des toutes dernières fois de sa vie. Pourtant, sa joie de vivre était manifeste, sur les planches. Et les huit titres de ce disque en sont un parfait témoignage.

Luke ouvre son set par un vibrant "Mojo hand", une compo signée par son ami Sam Hopkins. Le timbre vocal est chaleureux. L'accompagnement est parfois approximatif, mais il est bien soutenu par un harmoniciste très alerte. Indolent, "38 Pistol & a V8 Ford" est un excellent downhome blues. Très Chicago blues, il est dynamisé par la slide. On est plongé dans un climat proche du blues et du boogie. Dans l’esprit de Lightnin' Hopkins. Et c'est encore évident sur le rapide "Shake now baby shake". L'alternance entre les tempos rapide et très lents caractérise à nouveau "My little one room country shack", une plage au cours de laquelle un harmoniciste anonyme se met en évidence. Luke embraie par "It's mighty crazy", un boogie qu’il interprète face à un bien maigre public ; puis enchaîne par "Long gone (with my red pajama's on!)", son hymne personnel. En guise de rappel (NDR : c’est également un bonus track), il nous réserve une finale attachante, mais trop brève, "I can't get along with you", proche du swamp blues. Un document!

The National

A Skin, a Night (Dvd) + The Virginia (EP)

Écrit par

Les images de « A skin, a night » font doucement ressurgir le passé laborieux des National. Le Vincent Moon des ‘concerts à emporter’, qui n’a jamais dissimulé sa passion pour le groupe, y retrace la lente ascension des New-Yorkais. On y rencontre l’inquiétude d’un premier « Sad songs for dirty lovers » (1999) lâché en pâture à une industrie musicale étrangère et hostile. On ressent le malaise des salles désemplies, le poids des dettes inhérentes à une première autoproduction. On partage leur désarroi face à l’indifférence de la presse, leur anxiété face à un public réticent et un avenir plus qu’incertain. Le tout est livré à travers un défilement d’images peu contrastées qui, surgies de la pénombre, s’imposent puis s’étiolent aussi vite. La caméra est à la main, le cadrage approximatif, la lumière brute, les plans flous, les propos inachevés, les morceaux mille fois ébauchés. Un montage arty qui pourra provoquer quelque frustration pour qui s’impatiente de voir surgir de véritables messages informatifs et linéaires ; mais ce n’est que rarement la finalité des choix filmiques de Vincent Moon. Et, finalement, la poétique mélancolie des National s’accommode assez bien de cette imagerie évanescente. Le film progresse par bribes. Elles sont mises en boucle, fidèles au processus de création musical de « Boxer ». ‘It’s like : Here’s some music. Then everyone’s gonna try different things and it’s always kinda little miracle when something is coming out ot it’ (Matt Berninger). La voix grave des National est éternellement sur ses gardes. ‘It’s a gamble, it’s a risk’. Pourtant, la suite, on la connaît. Boxer est leur meilleure sortie et le groupe écumera les festivals d’été et les meilleures salles de concert.

Après l’abstraction des envolées graphiques, on se plonge aisément dans l’écoute de « The Virginia EP » qui, lui aussi, brasse indistinctement le vieux et l’inédit, le live et le studio, l’incertain et le déjà conquis. Si les faces B et démos manquent peut-être d’inspiration, les prises live et reprises (la magnifique « Mansion on the Hill » de Springsteen) sont troublantes. Et, de toute façon, à elles seules, les premières notes de Fake Empire suffisent à élever instantanément aux nues celui que Bernard Lenoir qualifie, depuis ses débuts, de ‘meilleur groupe du monde’.


 

 

Stereo MC’s

Double Bubble

Écrit par

Rob Birch présente tous les symptômes d’une addiction incurable. Le teint livide, les traits creusés à la truelle, chaque prestation scénique apparaît comme un exutoire, qui à la limite, le conduit à la syncope. Depuis 1985, il mène inlassablement, contre vents et marées, sa barque comme capitaine du vaisseau Stereo MC’s. Il y a donc 23 ans déjà, que l’esquif tangue sans jamais chavirer. Cette embarcation a navigué sans connaître la moindre avarie, sous le soleil. Les eaux limpides la conduisaient de port en port. La foule acclamait son débarquement. C’était il y à 16 ans, au temps de « Connected ». Album phare du groupe, suivi 9 ans plus tard par l’extraordinaire « Deep, Down & Dirty ». C’était la fiesta à bord, le rhum coulait à flots. Depuis, le bar à matelots n’est plus guère fréquenté. Les badauds sont rares en vue de terre. Et on a l’impression que les compositions ont abandonné la chaloupe au beau milieu de l’océan, afin de gagner quelques nœuds.

« Double Bubble » vient tendre une 6ème voile à l’embarcation, mais ne donne pas l’impression d’augmenter la vitesse de croisière. Le cachet Stereo MC’s est estampillé dès les premières secondes de mise à la mer. On est en eaux connues, et même archi connues. « Get On It » semble constituer une chute de bandes de « Paradise » et « The Here & Now », « Karaoke » ainsi que « City Light » du fantôme de « Deep, Down & Dirty ». Onze plages qui demeurent néanmoins de qualité. Pas question de remettre en cause l’excellent electro trip hop de ces Londoniens. Leur marque de fabrique ! Et un morceau comme « Gringo » change même légèrement, mais surtout agréablement de cap. De quoi nous rendre le sourire. Dommage que ce phénomène ne se reproduit pas plus souvent. C’est d’ailleurs le principal reproche que l’on peut faire à ce « Double Bubble » : son manque d’originalité. « Double Bubble » n’est cependant pas à jeter au fond de la cale (régime eau croupie et pain sec !), mais on vous conseillera de ne l’écouter qu’une une seule fois, afin de ne pas trop se creuser les méninges, et être déçu.