La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Robson Fernandes

Gumbo blues

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Ce jeune chanteur/harmoniciste/compositeur avait concocté un premier album en 2002 : "Sampa bluers". Un elpee sur lequel figurait notamment la reprise du "Blues in the dark" de George ‘Harmonica’ Smith. « Gumbo blues » constitue son second. Il a été produit par Chico Blues et recèle dix compositions personnelles ainsi que deux covers.

L'album démarre en puissance et dans un style jump par "Sweet young thing". L'introduction à l'harmo est aussi réaliste que brutale. Robson est ici soutenu par le Igor Prado Band. Igor est impérial sur les cordes. Il se montre à  la hauteur des grands maîtres californiens. Son frère Yuri siège à la batterie et Rodrigo Joffre se charge de la basse. Robson possède également une bonne voix. Profonde, puissante et caractérisée par un accent sudiste, elle colle parfaitement à son répertoire. Pourtant ce sont les plages instrumentales qui dominent cet opus. Interprété sous la forme du quartet, "L.W Boogie" maintient l’excellent niveau de départ. La section rythmique est solide et permet aux deux solistes de s’exprimer en toute quiétude. Les sonorités entretenues par Robson sont originales. Très explosives, elles sont souvent proche du regretté William Clarke. "I can't have the truth" maintient la pression. Le backing group est cependant différent. Marcos Ottaviano se réserve les six cordes. Sa tonalité est davantage blues rock, plus dure. Il manipule beaucoup les pédales. Mais la surprise procède plutôt de Bogato. Un tromboniste dont l’attaque est à la fois étonnante, vibrante et surtout très intéressante. Le choix de la première reprise a été fixé sur le fameux "Sugar Mama", un morceau popularisé par Howlin' Wolf. Le traitement est sans surprise. Robson emprunte un timbre plus grave de manière à vaguement rappeler celui du géant de Chicago. Tout au long de ce slow blues très Southside, l’harmonica est omniprésent et les cordes de Prado sont sur l’offensive. Les mêmes acteurs demeurent à Chicago pour adapter le "Have you ever been in love" de Sonny Boy Williamson II. Le son est distinct et très caractéristique de Sonny Boy. Il lui colle comme un gant. L'attaque en bouche de l'harmo est saisissante. "In your face" s’attaque au funk, mais dans l’esprit de Memphis Blues. Claviériste brésilien notoire, Flavio Naves se charge de l'orgue Hammond. Le trombone savant de Bocato opère son retour lors de cet instrumental très participatif et dansant. Merveilleux shuffle, "Man of devotion" se mue en rouleau compresseur. Tout passe en force, même la voix et la section rythmique du Prado Band. Robson continue à souffler. Il a les poumons au maximum de leur capacité. Le son est en permanence proche de la saturation. C'est incontestablement la touche personnelle de l'artiste brésilien. Igor ne reste pas longtemps en rade avant de s'évader. Et lui aussi force la voie.  "Mellow boogie" est un instrumental dévastateur. Les quatre musiciens sont passés à l'offensive. Imprimé sur un tempo vif, "Silver spoon" est un blues façon BB King ; cependant, le gratteur Ottaviano et ses comparses ne possèdent pas la légèreté et le sens du rythme de la bande à Prado. "Forgive me" convient davantage à cette équipe. Un slow blues à l'intensité dramatique. Le décor sonore est pourtant assez lourd ; mais l'orgue Hammond de Naves rencontre les aspirations profondes de Fernandes. "Don't wanna loose your mind" marque le retour au west coast swing. Igor Prado est au sommet de son art. Il soutient son ami Robson aux vocaux. De très bonne facture, cet elpee s’achève par "SP Groove", une plage caractérisée par un exercice de voltige sur l'harmo et un fort intéressant travail sur l'orgue B3 opéré par Flavio Naves (NDR : ce musicien est également responsable de "Bluesamba", un album concocté en compagnie du guitariste Lancaster)…  

David Gilmour

Remember that night - Live at The Royal Albert Hall (Dvd)

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En 1968, le Floyd se produisait au Royal Albert Hall. Ce sera la seule et unique fois de son existence, les musiciens du groupe ayant été décrétés persona non grata. En mai 2006, David Gilmour y est enfin retourné, entouré de toute une panoplie d’invités prestigieux. David Crosby & Graham Nash tout d’abord. Ils viennent poser leurs harmonies vocales diaphanes sur quelques titres. Et partager l’interprétation de leur classique « Find the cost of freedom » en compagnie de Gilmour, a cappella. Robert Wyatt, ensuite. A la trompette. Pour un seul morceau : « Then I Close My Eyes ». Emouvant ! Il y a plus de trente ans qu’il n’était plus monté sur scène. Responsable de la mise en forme du dernier opus de Gilmour, le guitariste de Roxy Music, Phil Manzanera est de la partie. Il ne quitte d’ailleurs pratiquement jamais la scène. David Bowie, enfin. Lors d’une remarquable version d’« Arnold Layne ». Syd Barrett aurait apprécié. Et puis encore Jon Carin, Guy Pratt, Steve Di Stanislao, le saxophoniste Dick Parry (il avait participé aux sessions de « Dark Side Of The Moon » et « Wish You Were Here »). Sans oublier l’inséparable pote de Gilmour, Richard Wright. Aux claviers.

Filmé par David Mallet, ce Dvd a bénéficié de la toute dernière technologie numérique en HD ; et la dynamique du son (Dolby 2.0 ou 5.1) est absolument époustouflante. Gilmour est un guitariste hors norme, et il le démontre tout au long de ce set qui fera le bonheur des quinquas et des sexagénaires en manque de musique planante. On attribuera quand même la palme aux vingt minutes de l’incontournable « Echoes ». Maintenant 2h30 de concert, il faut pouvoir se les farcir. Et il faut y ajouter 150 minutes de bonus, pour des titres bien moins intéressants, dont une autre adaptation d’« Arnold Layne », chantée par Wright. Il est aussi talentueux claviériste qu’il n’est piètre chanteur. Parmi les autres bonus figurent un reportage de Gilmour en tournée, en coulisses, en répète, une interview, une galerie photo, etc., etc. Les fans vont adorer, mais personnellement, j’ai frisé l’indigestion…

Home T / Cocoa Tea / Cutty Ranks

Another One for the Road

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Pour fêter son trentième anniversaire, le séminal label anglais Greensleeves ressort quelques albums qui ont marqué sa riche histoire. Pour l’occasion, on nage ici en pleine période digitale (1991) en compagnie du trio formé par le deejay Cutty Ranks (ancien boucher de son état), le singjay Cocoa Tea et enfin Home T., le ‘lover’ de la bande, dont le style doit autant à Joe Bataan qu’au formidable John Holt. L’idée à l’époque était de mélanger les sons les plus bruts du dancehall (« Original Gangster ») à la douceur des chansons romantiques (« Ain’t No Woman Like the One I’ve Got ») en passant par les thématiques conscientes et politiques (« No Blood For Oil »), héritières directes de la période ‘roots’. Un bon moyen pour mettre tout le monde d’accord… Il faut dire que l’intuition était bonne et cet album contient une flopée de tubes qui ont marqué la période. Dix-sept ans plus tard, hormis quelques sonorités de synthétiseur susceptibles d’effrayer les plus puristes d’entre vous, cette production digitale très sophistiquée (on est loin des premières prods synthétiques de King Jammy) n’a pratiquement pas pris une ride. Les autres pourront profiter sans peine des petites tueries que sont « Hip Hop » ou « The Going is Rough », pour n’en citer que quelques unes.

Múm

Go Go Smear The Poison Ivy

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En 2002, les Islandais de Múm publient un splendide recueil, « Finally We Are No One », une œuvre emmenée par les étranges vocalises enfantines de Kristín Anna Valtýsdóttir et soutenue par des compositions solides, d’une précision à en frissonner. Deux ans plus tard parait un « Summer Makes Good » à la suite duquel Kristín, co-fondatrice de Múm, décide de quitter le navire. Ses ex-collègues, loin d’être découragés par ce départ inopiné, reviennent armés d’une nouvelle collection de morceaux aux titres plus farfelus les uns que les autres, comme en témoigne l’intitulé de ce quatrième recueil. Grands fantaisistes, les Islandais esquissent à nouveau des paysages sonores originaux, mariant sans complexes electronica, musique de chambre et expérimentale.

« Go Go Smear The Poison Ivy » sonne comme un nouveau départ, marqué par un positivisme et une atmosphère folâtre quasi absents des œuvres précédentes. La formation s’autorise bien plus de risques qu’auparavant et se renouvelle efficacement, introduisant ça et là des éléments qu’elle avait snobés jusqu’ici, tels que des chœurs masculins. Ces changements ne plairont peut-être pas à tous les fans de la formation mais ils prouvent que Múm est une formation qui ose aller de l’avant et ne s’en prive pas…

Emma Pollock

Watch the fireworks

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Il y a treize ans, les Delgados montaient une mini-révolution dans le prolifique antre indie qu’est Glasgow. En 2004, les créateurs du label Chemikal Underground (Mogwaï, Bis, Arab Strap, etc.), mordus de cyclisme, quittent la course. Le bassiste Stewart Henderson, lassé d’être écarté des plus hauts cols s’arrête en pleine ascension, faute de reconnaissance plus éclatante. Bon nombre de critiques offraient le maillot jaune à la formation, mais elle ne résiste pas au départ d’un des piliers du groupe. Ce jour là, Emma Pollock refuse de monter dans la voiture-balais. Elle revient cette année, en solo et elle a l’échappée belle. Abrité dans un écrin faussement virginal, l’album de la gracieuse songwriter est lumineux et paisible. Les Delgados semblent s’inviter dans les inspirés « Adrenaline » et « This rope’s getting tighter », mais Pollock parvient à dissiper tout plagiat nostalgique dans des mélodies vaporeuses. Elle habille ses doutes d’élégants passages au piano et les customise de sa voix caressante tout au long des onze pistes claires et charmeuses.

Alors « Watch the fireworks! » Pas pour contempler le summum de la pyrotechnie mais plutôt un petit feu d’artifice attendu presque par hasard, un soir de fête nationale. Le cadre est chaleureux, la nuit a pris ses quartiers discrètement, à chaque gorgée d’un ami, le ciel est clair et des éclats lumineux dansent dans les iris des spectateurs. Bonheur furtif ou simple réverbération ? Peu importe.

Stéphane Pompougnac

Hello Mademoiselle

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Fondateur et sélectionneur en chef des compilations « Hôtel Costes », Stéphane Pompougnac se fend de cet album solo qui ne s’éloigne pas des territoires musicaux explorés dans l’hôtel susnommé. C’est-à-dire une musique d’apparat à la gloire d’un établissement ‘horeca’ et conçue pour détendre l’atmosphère. Mais à l’instar des messages secrets délivrés dans « Mission Impossible », elle ne laissera aucune trace et s’autodétruira après cinq minutes. Le chroniqueur dépressif s’arrache donc les cheveux qui lui restent pour tenter de décrire le non-événement musical constitué par ces quinze titres où se bousculent Alain Chamfort (qui chante le grotesque « Ingrate »), Charles Schillings ou encore le mauvais emcee/slammer Neoh. Pour bonne mesure, ajoutez-y quelques mauvaises et inutiles reprises (« On The Road Again » et l’affreux « Here’s toYou ») et vous obtiendrez un tableau plus ou moins fidèle de l’électronique tiédasse déversée tout au long de cet opus…

Les Savy Fav

Let’s Stay Friends

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Six années après l’excellent « Go Forth » et trois ans après « Inches », melting-pot des meilleurs morceaux de leurs premiers travaux, Les Savy Fav reprennent du service. Accueillis comme le messie par des fans soulagés de la non-concrétisation des nombreuses rumeurs de split qui ont assaillis la formation en 2005, les New-Yorkais reviennent plus puissant que jamais. Ayant rangé les sons disco-punk de « Go Forth » au placard, Les Savy Fav fait cette fois la part belles aux riffs de guitares imposants et joue la carte de la variation, passant d’eurythmies paisibles (« Pots & Pans », l’indispensable « Brace Yourself ») à des sonorités art punk (« The Equestrian », « Raging In The Plague Age ») en un clin d’œil.

Parfois déconcertant, souvent magistral, « Let’s Stay Friends » est bien illustré par sa pochette. Elle représente Adam et Eve en bien mauvaise posture, encerclés par une douzaine d’animaux sauvages. De la même manière que Les Savy Fav tend en embuscade l’auditeur. Abandonné à son sort, il est contraint de se laisser dévorer par le génie de ce troisième ouvrage. Accompagné de nombreux collègues (Enon, Emily Haines, Eleanor Friedberger des Fiery Furnaces, Joe Plummer), Les Savy Fav réussit un retour-surprise des plus jouissifs. « Let’s Stay Friends » ? Non peut-être !

Editors

Un certain sens du mystère

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Responsables de deux albums à ce jour, les Editors surfent sur une vague de succès qui pourrait bientôt les propulser sur la planète des stars ( ?!?!?). Etonnant pour un groupe britannique (NDR : de Birmingham, très exactement) qui remet au goût du jour, une musique nettement inspirée par la cold wave des eighties. Et en particulier des groupes comme Joy Division, Chameleons, And Also The Trees ou Echo & The Bunnymen. Interpol a tracé la voie. Et une foultitude d’autres formations s’y sont engouffrés. Dont les Editors et Bloc Party. N’en déplaisent à ces fers de lance de ce revivalisme auxquels on ne peut certainement pas reprocher de bâcler leurs copies. Au contraire. Sur les planches, les Editors semblent même dépasser largement leurs concurrents directs. Mais pour oser leur parler de ce type de corrélation, il est nécessaire de bien connaître son sujet et de mettre des gants, histoire de ne pas trop froisser leur susceptibilité. C’est Russ Leetch, le bassiste qui s’est dévoué pour affronter le questionnaire. Dommage que Tom Smith, le chanteur/guitariste, préalablement prévu pour épauler son acolyte, n’ait pas osé venir défendre leur point de vue. Notamment dans le domaine des lyrics. Ce n’est peut-être que partie remise…

Sur place, il a donc fallu réaménager ses questions, en se doutant bien que nombre d’entre elles allaient être éludées. Mais il est parfois intéressant d’entendre le point de vue d’un autre membre du groupe, dont la vision est parfois différente, et qui recèle des aptitudes aussi cachées qu’intéressantes (NDR : on y reviendra). Plutôt que d’attaquer de front le sujet sensible des influences, j’ai donc demandé comment les Editors pouvaient expliquer que les admirateurs des groupes susvisés étaient sur la même longueur d’ondes. Bref, que ces formations drainaient un public aux goûts semblables. La réponse de Russ est évasive : « J’ignore si le public veut nous enfermer dans cette catégorie ; tout ce qui je puis affirmer, c’est que ce sont tous de bons groupes. Les gens qui aiment les Beatles et Elvis Presley peuvent aussi apprécier les Editors. Je ne vois pas d’explications » (NDR : ou il ne veut pas les voir !) Par contre, le groupe reconnaît pour influences majeures Elbow et The Walkmen. Elbow surtout. En plus ce sont des amis. Enfin ils sont devenus des amis. « On les a croisés bien longtemps après avoir écouté leur musique. Nous étions des fans avant de les rencontrer. Quand nous fréquentions l’université. Lorsque notre premier album est paru, les musiciens d’Elbow nous ont avoué qu’ils aimaient beaucoup notre musique. Nous sommes sortis ensemble à Manchester. A une occasion. On a trinqué ensemble. Et l’un d’entre eux nous a proposé de nous apporter leur collaboration. On ne les voit plus très souvent, mais on les aime bien. Et, oui, c’est une de nos influences. » Radiohead, Doves et Spiritualized sont également des références qui revêtent un caractère majeur pour le combo. « Nous aimons beaucoup ces groupes. Radiohead et Spiritualized, tout particulièrement. Nous écoutions leurs disques lorsque nous avions 16/17 ans. A cet âge, il est important de découvrir des nouvelles perspectives ; et Radiohead nous a permis de faire ce pas. De nous interpeller. Si tu ne fais pas la démarche de t’approprier un groupe lors de ton adolescence, tu risque de rester en rade. Et de t’enfoncer dans les stéréotypes. Surtout à cet âge là. C’est la raison pour laquelle ces groupes sont importants. En outre, ils te permettent de t’ouvrir vers d’autres types de musique, et pas seulement le rock. » La nouvelle orientation de la bande à Thom Yorke est donc judicieuse ? « Elle ne m’emballe pas particulièrement. Je respecte ce qu’il fait, mais c’est bien moins important qu'‘OK Computer’… » Enfin, pour rester dans le même domaine, les Editors reconnaissent également que ‘Murmur’ de REM et ‘This is it’ des Stokes sont deux opus incontournables, pour eux. « En fait ‘Murmur’ a influencé l’écriture de Tom. En ce qui concerne les Strokes, il faut se remettre dans le contexte. Nous étions en 2001. La britpop, en Angleterre, s’était essoufflée. Depuis deux ou trois ans. Et la guitare était reléguée au second plan. Lorsqu’ils ont débarqués, on s’est dit, le rock’n roll est de retour ! »

On dit Editors et pas The Editors. Il paraît que ce patronyme colle mieux à leur image monochrome. Mais en même temps, que ce choix leur permet de brouiller les pistes. D’autres également avancent que c’est parce que ce ‘The’ est trop à la mode et que le groupe voulait un patronyme intemporel. Où est la vérité ? « J’ai exécuté le travail graphique des pochettes du premier album ‘Backroom’ et des quatre premiers singles. Mais cette tâche devenait trop envahissante, et j’ai l’abandonnée. Avant d’opter pour le nom Editors, nous nous appelions Snowfield. Mais c’était un peu trop humide comme nom. En fait, on a enlevé le ‘The’, parce qu’il ne faisait pas joli sur la pochette. D’un point de vue grammatical, le ‘The’ s’impose ; et pourtant d’autres groupes ont utilisé le même  concept. Les Pixies, par exemple. On dit Pixies et pas The Pixies. Maintenant, il n’est pas exclu qu’un jour, on y remette le ‘The’. » Chez ce type de groupe, l’attitude revêt quand même une certaine importance. On a parfois l’impression qu’ils aiment entretenir un sens du mystère, voire de l’ambigüité « On n’aime pas trop que les gens connaissent constamment notre emploi du temps. Nous voulons préserver notre vie privée. Ce qui importe, c’est le live. On s’est rendu compte que dans le public, il y a des gens qui se posent des questions et qui n’auront jamais la réponse… Et plus ils s’en posent, plus ils accentuent ce mystère. En fait, nous voulons maintenir une certaine distance avec eux. » Peut-être par jeu… Sur les photos, on voit souvent les musiciens vêtus de vêtements sombres. Russ tire sur le col de sa chemise : « Regarde ! Nous aimons la couleur. Nous nous améliorons. En fait, les teintes sombres, nous les adoptions surtout, lorsque nous étions étudiants. Aujourd’hui, nous commençons à nous vêtir différemment. A porter des chemises. A mieux se fringuer. D’ailleurs nous aimons bien les vêtements chics. Surtout sur scène… »

La voix de Tom Smith campe un baryton profond, sensuel. A tel point qu’un journaliste britannique a un jour écrit que sur scène, il pourrait déclencher une ovulation spontanée chez les filles. (NDR : à ce moment précis, Elvis Perkins et son équipe, attablés à quelques mètres, éclatent de rire). Tom essaie de garder son sérieux. « Ce qui est dingue avec lui, c’est qu’il est capable de stimuler l’orgasme de beaucoup de femmes en même temps. Lors de certaines chansons explicites de notre set, on reste très attentif, pour voir si les filles rougissent… » Les lyrics sont également criblés de métaphores. Mais est-ce pour les rendre plus cryptiques ou simplement pour permettre au public d’y épancher ses propres émotions ? « Ce que tu dis est vrai. Les gens pourraient donner leur propre signification (NDR : c’est à la mode !) aux chansons. Une manière de mieux faire vibrer leur corde sensible. Rien que le titre des chansons est susceptible de les interpeler. Ils se projettent une image dans leur esprit. Il existe des petites phrases qui peuvent déclencher une représentation dans leur inconscient, alors que les paroles n’ont rien à voir avec l’élément déclencheur. Il est important pour un groupe ou un artiste de trouver une accroche. » ‘Well worn hand’ est certainement la chanson la plus dramatique du répertoire des Editors. En fin de parcours, on a même l’impression que Tom est au bord des larmes. « Ce qui a permis de la rendre dramatique, c’est la façon dont elle a été enregistrée. En une seule prise. La tension était à son paroxysme. Et le résultat est parfait. D’un point de vue instrumental, on s’est mis la pression. Histoire de communiquer une plus grande intensité émotionnelle à l’interprétation. Maintenant, je ne crois pas que Tom était au bord des larmes ; mais si c’était le cas, on ne pourrait que s’incliner. » A une certaine époque, on taxé leur style de ‘Dark disco’ (disco sombre). « En fait, cette déclaration sort du contexte d’une interview, au cours de laquelle nous avions répondu en ces termes sous forme de boutade. Elle traduit une volonté de se soucier de la recherche musicale, une démarche qui nous hante. Il ne fallait pas prendre cette réponse à la lettre… »

Entre le premier album (‘The back room’) et le second (‘An End Has a Start’), le groupe a changé de producteur. Jim Abbiss a cédé le relais à Jacknife Lee. Y avait-il une différence majeure dans la manière de travailler entre ces deux personnages ? « Nous les apprécions tous les deux pour le boulot qu’ils ont accompli. Jim a bossé sur le premier. Nous étions quatre. Un groupe enfermé dans une pièce. Point à la ligne. Et on n’a rien ajouté. Pour le deuxième, nous voulions qu’il soit plus ouvert et bénéficie d’arrangements plus soignés et d’un son plus puissant. Mais on ne sait pas si dans le futur on continuera à travailler avec lui ou quelqu’un d’autre… » Restait une question plus sournoise. A poser en fin de parcours. Et vu le succès qui commence à prendre des proportions conséquentes. A savoir si Editors ne craignaient pas de devenir un nouveau Coldplay. « S’il te plaît ne nous compare pas à Coldplay. Il y a également un piano sur scène, et notre chanteur a aussi les cheveux bouclés. Mais j’imagine mal, un jour, que cette formation puisse écrire une chanson impliquant le mot ‘Smokers’… » Pas trop bien compris. Il doit y avoir un jeu de mot fumeux là-derrière…

Merci à Vincent Devos.

 

Festival Les Inrocks 2007 : samedi 10 novembre

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Il y a déjà bien du peuple pour assister au premier set programmé lors de la deuxième soirée des Inrocks à Lille. Un public qui va gonfler au fil du temps, pour finir par remplir (NDR : ça rime !) complètement la salle, lors de la prestation des très attendus Editors. Mais auparavant, place à Elvis Perkins, Los Campesinos et The Noisettes.

Elvis Perkins n’est pas un rigolo. C’est le moins qu’on puisse dire. Faut dire qu’atteint du SIDA, son père (Anthony Perkins, célèbre acteur américain) est décédé d’une pneumonie, alors que sa mère est disparue tragiquement lors des attentats du 11 septembre 2001, à New-York. Photographe, Berry Berenson était à bord du deuxième avion qui s’est précipité sur les Twin Towers. On peut donc le comprendre. Physiquement, il ressemble à un Mark Oliver Everett (NDR : alias E, c’est le chanteur d’Eels), mais barbu et en plus négligé. Il monte seul sur le podium et interprète sa première compo, en s’accompagnant à la guitare acoustique et à l’harmonica, qu’il a posé sur un rack. Une connaissance, derrière moi, lance un ‘Encore un clone de Bob Dylan’. Puis un trio de musiciens le rejoint sur les planches : The Dearland. C'est-à-dire Brigham Brough à la contrebasse, Wyndham Boylan-Garnett à la guitare et aux claviers ainsi que Nicholas Kinsey, un sosie de Régis Laspalès (mais portant des lunettes épaisses), aux drums. Toute une équipe qui va prendre un malin plaisir à changer d’instruments tout au long du set et même à en ajouter : l’harmonium, l’orgue, le piano, les cloches, la trompette et les percus. Ils sont même tous capables d’assurer des backing vocaux. Mais le boute-en-train du spectacle est assurément le batteur. Il vient régulièrement jouer du tambour en bandoulière, arpentant toute la largeur de la scène, tout en agitant des percussions qu’il a enfilées autour du cou, comme un collier, lorsqu’il ne cumule pas fûts et harmonica en même temps. Et sans jamais esquisser le moindre sourire, à la manière d’un Buster Keaton. Un véritable pince-sans-rire doué pour mettre une ambiance de feu. En fin de set, on n’était d’ailleurs pas loin d’entamer une farandole, à la manière des Pogues. C’est dire ! Et la musique alors ? Chouette, très chouette même. Pourtant, malgré son talent, Elvis a tendance, à refroidir l’ambiance, en intercalant des chansons introspectives et mélancoliques. Une chose est sûre, si sur disque (l’album « Ash Wednesday »), la musique de Perkins évoque Nick Drake, Dylan ou encore Vic Chesnutt, en ‘live’ le cocktail de styles est totalement explosif. Le répertoire glisse ainsi indifféremment du folk au jazz, en passant par le rock, la country, le dixieland et même le flamenco. Et on a même eu droit à un rappel. La meilleure surprise du festival !

Los Campesinos n’est pas une formation issue de la péninsule ibérique, mais du Pays de Galles. De Cardiff, très exactement. Sept jeunes qui semblent sortir tout droit de l’université. Mais qui ont probablement troqué leurs bouquins contre des instruments. Le premier album sortira début 2008 et un EP 6 titres, produit par Dave Nefeld de Broken Social Scene (« Don’t tell me to do the math(s) », est paru en avril dernier. Le line up implique un chanteur (Gareth) et une chanteuse (Aleksandra). Le premier (il porte un t-shirt à la gloire de Sleater-Kinney) possède une voix proche de Jarvis Cocker. La seconde (NDR : sa chevelure est d’un roux flamboyant !), un timbre d’une limpidité bouleversante. Les deux se partagent également claviers et xylophone. A droite de la scène, Harriet se charge du violon, parfois des claviers. Deux guitaristes, un drummer (torse nu !) et une très jolie bassiste vêtue d’une robe rouge à pois blanc (elle pourrait poser pour les magazines de mode !) complètent le line up. Leur set est allègre, contagieux, amusant, très rafraîchissant, mais un peu brouillon ; à la croisée des chemins de Magic Numbers, Pavement, Yeah Yeah Noh et New Model Army (la touche gaëlique !). Bref, si la prestation est plus qu’encourageante, le groupe doit encore bosser pour passer en première division…  

Avant que The Noisettes ne monte sur scène, un roadie prépare le terrain. Montage du matos, soundcheck et câblage : il fait tout absolument seul. Un véritable homme-orchestre. Et durant le show, il est attentif au moindre détail. Un homme très précieux, assurément. The Noisettes ? Un trio constitué d’un drummer (NDR : ce n’et pas Hagrid, dans Harry Potter, mais Jamie Morrison), un guitariste (Dan Smith) et une chanteuse (Shingai Shoniva). De peau noire et de petite taille, vêtue d’une robe échancrée (NDR : en cuir et de couleur jais) et de collants jaune, la tête surmontée par un chapeau de plumes (brésilien ? maya ?), elle joue aussi de la basse (souvent) et de la guitare (parfois), mais surtout se révèle une showwoman d’exception. Mélange de sensualité et de sauvagerie, elle bondit d’un côté à l’autre de la scène. Et chante, hurle, gémit, d’un timbre qui peut rappeler tantôt Billie Holiday, tantôt Siouxsie Six. Le guitariste est techniquement très doué. Il a manifestement bien assimilé la technique des Hendrix, Page et consorts. De temps à autre, il participe aux backing vocaux. Enfin, le drummer pilonne ses fûts avec une dextérité et une violence inouïes. Il doit casser une vingtaine de baguettes par set. Le show est très physique et impressionnant et la musique rappelle quelque part les White Stripes, mais en plus frénétique. Pas la voix, bien sûr. The Noisettes récolte un franc succès, mais on n’entre jamais dans un véritable climat, parce que trop absorbé par les prestations individuelles de chaque musicien.

La tête d’affiche était bien sûr les Editors, et la salle était pleine à craquer lorsque le quatuor de Birmingham monte sur les planches. Tom Smith, le leader, possède un baryton (peut-être proche du leader de Tea Party, Jeff Martin) à vous flanquer des frissons partout. Il présente très souvent ses chansons dans la langue de Molière. Parfois, il s’assied derrière son piano (NDR : pour les chansons les plus romantiques), tournant même autour de cet instrument, tout en entraînant son micro avec lui, sur « When anger shows ». Le guitariste, Chris Urbanovicz, déchire l’univers sonore de ses notes tintinnabulantes à la manière de Mark Burgess (The Chameleons) ou de Simon Huw Jones (And Also The Trees), pendant que la section rythmique impose ce tempo ténébreux et manifestement cold wave. Et les dénégations du groupe à ce sujet, ne changeront pas mon point de vue. Le light show composé de lasers jaune et bleu colle parfaitement leur musique dont les mélodies mélancoliques et contagieuses entraînent très souvent les spectateurs à fredonner ou à chanter en même temps que Smith. Lors du rappel, Tom, monte sur son piano tout en brandissant sa râpe comme une arme. Puis, la formation quitte la salle complètement conquise. Et votre serviteur également, même si ce que les Editors proposent n’est pas vraiment neuf, leur manière de le dispenser est tout à fait convaincante. Ils reviennent le 25 novembre au Rockhall de Luxembourg, le 9 mars au Hof ter Lo d’Anvers, et le 10 du même mois au Vooruit de Gand.   Setlist : Lights – Bones – Bullets – An end has a start – The weight of the world – Blood – Escape the nest – All sparks – When anger shows – The Racing rats – Munich
Rappel : You are fading – Smokers outside the hospital door – Fingers in factories

Organisation FLP et Aéronef

 

Festival Les Inrocks 2007 : vendredi 9 novembre

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La vingtième édition du festival des Inrocks passait donc par Lille ces 9 et 10 novembre. Comme d’hab’ me direz-vous. Ben non, puisque l’an dernier elle s’étalait sur quatre jours et impliquait également la Maison des folies de Wazemmes. Gros embouteillage sur Lille en soirée ; ce qui explique sans doute pourquoi, lors de l’ouverture des hostilités, à 19h30, le public était plus que clairsemé. Et que votre serviteur est arrivé un bon quart d’heure en retard. Mais si la salle se remplira au fil du temps, il faut reconnaître qu’il n’y a jamais eu la grande foule pour applaudir les quatre groupes programmés ce soir (New Young Pony Club, Yelle, Jack Peñate et The Go Team !), à l’Aéronef.

Le set de New Young Pony Club est déjà commencé depuis 15 bonnes minutes, lorsque je rejoins un parterre de spectateurs plus que clairsemé. La formation londonienne semble ne guère se soucier de cette situation et manifeste un enthousiasme qui fait plaisir à voir et à entendre. Un quintet réunissant trois filles et deux garçons. Une chanteuse de petite taille habillée de rose bonbon (Tahita Bulmer), une claviériste dont les sonorités ‘vintage’ semblent avoir été empruntées aux B52’s et une drummeuse qui a la pêche. La basse (tenue par Igor Volk, elle dessine des lignes ténébreuses, probablement inspirées de Peter Hook) et la guitare -souvent funkysante- sont dévolues aux mecs. Musicalement, leur expression sonore oscille entre le punk funk et la ‘new rave’. Des références ? Les B52’s (je l’ai signalé ci-dessus,) Talking Heads, Blondie et Salt’n Pepa. Hormis un petit problème de basse, plus du tout en harmonie avec la mélodie en fin de parcours, le NYPC peut être crédité d’une prestation ensoleillée, pétillante et très excitante. A revoir, c’est une certitude…

De son véritable nom Julie Budet, Yelle est française. Elle est née à Saint-Brieuc en Côtes-d'Armor, et a été découverte par le biais de MySpace. Pour ce set, elle est accompagnée d’un drummer et d’un programmateur/bidouilleur/claviériste. Ils sont vêtus de vêtements identiques. Et notamment de chemises sur lesquelles sont reproduits des dessins d’os. Yelle joue la carte de la féminité décomplexée. C’est ce qu’elle déclare. Mais franchement, manifester cet engagement sur ce type d’électro basique est totalement ridicule. Je me suis même demandé si on n’avait pas transféré le Club Dorothée à la ‘Bush’ d’Esquelmes (NDR : si vous ne connaissez pas, c’est que nous ne sortez jamais en boîte). Oser comparer ce groupe de bal à Lio ou à Air serait même faire injure à ces derniers. En plus, je n’ai jamais trop aimé les chansons d’Alain Chamfort. Alors pensez, une reprise d’« A cause des garçons » dans la set list… D’autant plus que, comble de l’infantilisation, le trio nous a offert en finale, une démonstration de langage des signes. Mais on n’a rien compris…

Franchement, en le voyant accoutré ainsi, on pourrait imaginer que Jack Peñate est un Yankee issu de l’Amérique profonde. Imaginez un type plutôt trapu portant une casquette de base-ball et une chemise à carreaux. Un article de presse insulaire le comparait même à un pasteur branché. Pourtant, c’est un Londonien de descendance britannique et espagnole. Deux musiciens l’accompagnent sur les planches : le drummer Alex Robins, placé à la gauche de la scène et le bassiste Joel Porter. Et dès le premier morceau, « Spit at stars », auquel il joint l’expectoration à la parole, Peñate entame une danse aussi excentrique que spasmodique. Un titre imprimé sur une sorte de tempo skiffle. Il ne l’interrompra que lors de l’interprétation d’un titre un peu plus lent, intitulé « Run for your life ». Jack sourit constamment, comme si un rictus était figé sur son faciès. Il s’adresse au public entre les chansons et semble heureux d’être là, alignant les « Second, minute or hour », « Torn on the platform » ou encore la cover de « Dub be good to me » du Beats International, pour le plus grand plaisir de l’audience enchantée d’une telle prestation. Swing, rockabilly, groove et funk blanc semblent faire bon ménage au sein du trio qui me rappelle quand même parfois Orange Juice (NDR : oui, oui, celui d’Edwyn Collins), surtout dans l’approche la plus postcard de ses compos.

The Go ! Team s’était déjà produit dans le cadre du festival des Inrocks. En 2005. A cette époque, Nicolas avait beaucoup apprécié. Moi pas. C’est donc avec beaucoup de méfiance, que j’ai assisté à leur retour sur les planches de l’Aéronef. Le groupe se présente toujours sous la forme d’un sextet. Mais avec deux batteurs. Enfin un drummer et une drummeuse. Tout un petit monde, dont trois anglo-japonaises, qui se partage une foule d’instruments : les guitares, le banjo, la basse, les claviers, le mélodica, la flûte, l’harmonica, les samplers et bien sûr les drums. Même la chanteuse attitrée, Ninja, siège parfois derrière les fûts. C’est d’ailleurs à cet endroit que je la préfère, car elle a beau gigoter dans tous les sens et mettre l’ambiance, sa voix de rappeuse old school fait un peu tache d’huile dans l’ensemble. Par contre, le timbre vocal de Kaori Tsuchida est absolument superbe et d’une précision chirurgicale. Et puis, lorsque les interventions aux six cordes de Ian Parton (c’est le leader, et il est partagé entre cet instrument et la batterie) décollent, on frôle l’univers de My Bloody Valentine. Cette formation issue de Brighton est bourrée d’idées ; en outre elle, a fait d’énormes progrès. Mais son cocktail d'électro, de jazz, de psychédélisme, de rock et de je ne sais tout quoi est encore trop bordélique pour faire la différence. Un peu plus de discipline et surtout une meilleure attribution des rôles devrait leur permettre de faire la différence. Tout en continuant de faire la fête. C’est très important pour The Go ! Team…

Organisation FLP et Aéronef

 

Le point avec Showstar

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Responsable d’un excellent album l’an dernier, la formation hutoise n’en finit plus de tourner. Elle a quand même pensé à enregistrer une vidéo de « Superlover ». Vous pouvez la visionner sur leur site http://www.showstar.be

A moins que vous ne préfériez la découvrir ici :

http://www.youtube.com/watch?v=_os4EIGJTL4 

http://www.myspace.com/myshowstar

http://www.virb.com/showstar

 

La taille XL pour Radiohead

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Radiohead a signé chez XL Records. Pas étonnant, lorsqu’on sait que l’album solo de Thom Yorke, « The eraser », était déjà paru sur ce label, l’an dernier. La date officielle de la sortie d’« In rainbows » n’a pas encore été fixée. Néanmoins, si vous avez déjà téléchargé leur opus sur leur site, vous savez déjà de quoi il en retourne. Encore qu’il faille s’attendre à des bonus et des surprises pour rendre le produit encore plus alléchant

La fin du monde vue par Coheed & Cambria

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La formation new-yorkaise Coheed & Cambria nous revient avec un concept album : “No world tomorrow”. Il a été produit par Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Velvet Revolver) et est déjà dans les bacs depuis le 22ocotobre.

Tracklisting :    

1. The Reaping     

2. No World For Tomorrow     

3. The Hound (of Blood and Rank)     

4. Feathers     

5. The Running Free     

6. Mother Superior     

7. Gravemakers & Gunslingers     

8. Justice In Murder     

9. I - The Fall of House Atlantic     

10. II - Radio Bye Bye     

11. III - The End Complete     

12. IV - The Road and the Damned     

13. V - On The Brink

 

Pour plus d’infos : http://www.coheedandcambria.com

 

Jimmy page s’est cassé un doigt.

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Jimmy Page cassé un doigt. Un accident, à premier abord, tout à fait banal pour le commun de mortels. Ce l’est moins, lorsqu’on sait qu’il devait jouer un concert exceptionnel ce 26 novembre à Londres. La date est postposée au 10 décembre.

Pour plus d’infos : http://www.ahmettribute.com

 

Timbaland

Shock Value

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Sur la scène internationale, Timbaland est respecté de tous ou presque. En moins d’une décennie, le garçon a réussi à imposer son style à travers des productions (sur)puissantes. Et, pour ne pas déplaire à la faune radiophonique, il semble même détenir les clefs d’un succès commercial annoncé. Demandez à Nelly Furtado, Justin Timberlake, Missy Elliott ou Jay-Z comment rehausser une fortune. La réponse sera sans appel. Il convient désormais de faire appel à Timbaland, le parrain des parrains. Oubliez donc The Neptunes, Dr Dree ou Dan The Automator, pour vendre des disques aujourd’hui, un seul homme : Timbaland.

Alors, quand l’homme repart pour un tour sous son propre nom, on ne s’étonne pas de le voir entouré par ses principaux mandataires. La grande théorie du single passe ici à l’action. Prenez Nelly Furtado et Justin Timberlake, agitez les caissons de basse, vous obtenez « Give It To Me », single éphémère et efficace. Dans le même ordre d’idées, on note également la présence du nouveau « The Way I Are », hit bodybuildé, pas vraiment passionnant. Pour le reste, les plus grands (vendeurs) se bousculent aux portes de ce « Shock Value » pour servir des morceaux imparfaits mais hyper léchés. Dr. Dre, Missy Elliott, Elton John, She Wants Revenge, 50 Cent, Fallout Boy, tous, veulent se blottir sous la cravate de Timbaland. Même les Hives jouent le jeu le temps d’un « Throw It On Me » pas franchement affolant. Ce nouvel album vient donc imposer un constat depuis longtemps établi : Timbaland demeure, d’abord, un excellent producteur, capable de polir le poil des mélomanes de tous bords. Mais lorsqu’il s’agit de présenter son travail personnel, l’œuvre s’éparpille et ne délivre qu’un aperçu minimaliste des talents de cet incroyable générateur de sons.

To Kill A Petty Bourgeoisie

The Patron

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To Kill A Petty Bourgeoisie c’est tout d’abord un duo composé de Jehna Wilhem (guitare/chant) et de Mark McGee (électronique). Tramé sur une ligne très épurée de chant et de guitare, « The Patron », premier essai du combo de Minneapolis, se distingue par l’originalité des bruitages électroniques. Cet album ouvre de nouvelles portes aux sonorités minimales et expérimentales sans toutefois trahir la passion que nos deux acolytes vouent au post rock. Entre chaos et douces mélodies teintées de noise, TKAPB revisite l’univers de Godspeed You! Black Emperor ou encore de Massive Attack circa « Mezzanine », cet elpee trahissant de nombreux aspects assez sombres et morbides.

Premier titre, « The Patron » vous plonge littéralement dans une situation de mal-être et vous incite à arrêter les frais. Seuls les plus courageux poursuivront ce long périple froid et ténébreux, même s’il transite quand même par une petite douceur : « Long Arms ». Balayée de clochettes scintillantes, elle constitue probablement une des rares plages légères de cet album.

Mais qu’importe ! To Kill A Petty Bourgeoisie crée sans doute là une nouvelle figure de style et prouve qu’en matière d’expérimental, il ne doit rien à personne. Les puristes du rock imaginaient, sans doute, que l’expérience irait droit dans le mur ou se solderait par un véritable carnage. Ces gars de la vieille école se sont plantés ! La preuve par cette œuvre de la nouvelle signature du très avant-gardiste label Kranky.

Transglobal Underground

Moonshout

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Il faut remonter aux 90’s pour atteindre la genèse du collectif fondé par Count Dubulha (Temple Of Sound) : le Transglobal Underground ou TGU. Très exactement en 1992. Depuis, la formation a connu quelques changements de line up, dont le départ de Natacha Atlas, partie embrasser une carrière en solitaire.

A la première écoute des morceaux du groupe, on comprend ce que le mot métissage signifie. Les Londoniens n’en sont pas à leur coup d’essai, s’octroyant le mérite d’avoir concocté en 15 ans, 10 albums, dont trois consacrés à des remixes. Par envie d’explorer, en apportant sa propre touche ethnique, Transglobal Underground se pare des meilleurs sherpas pour l’exercice : Hamid Ma Tu privilégie la dance alors que le multi-instrumentiste Tim Whelan semble disposer de six bras, par exemple. Multiculturelles à tous les points de vue, les mélodies orientales croisent le ragga, la techno voire même la jungle, ces deux dernières formes affichant un caractère nettement plus occidental. Natacha Atlas est même revenue leur filer un coup de voix pour quelques titres. C’est la première fois, depuis son aventure en solitaire. Malheureusement, un peu à l’instar d’un cocktail trop riche, les éléments mélangés rendent le tout indigeste. C’est dans une coupe un peu trop pleine de diversités que l’on se noie. Principale cause : les beats trop élastiques de certains morceaux (“Total Rebellion, “It’s A Sitar”, “Moonshout”…) D’autres mixtures, par contre, viennent adoucir nos estomacs malades en calmant le jeu (“Swampland”). D’autres encore nous transportent loin, au sommet d’une dune où les éléments déchaînés croisent les djembés ou le sitar et fouettent nos sens sans y laisser la moindre marque désagréable. “Carpe Thunder” et ”Mara Jhumka”, notamment. Et puis “Quit Mumblin”, une compo qui se densifie au contact des doigts de Sheema Mukherjee, joueuse de sitar tout à fait géniale. La ‘cherry on the cake’ de l’album est déposée sur le morceau “Border Control”, assemblage reggae/raga compulsif et percutant.

« Moonshout » est donc un nouveau voyage proposé par les maîtres du genre. Il traverse l’Orient et l’Occident par simple pression de cordes. Le résultat tien quand même bien la route, mais je conseillerai de ne consommer cette plaque qu’à doses homéopathiques.

KT Tunstall

Drastic fantastic

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Il existe deux façons d'aborder le nouvel album de KT Tunstall. Ceux qui l'avaient découverte lors de la sortie de "Black Horse and the Cherry Tree" et l'avaient trouvée pétillante tout au long de cet alliage de fraîcheur folk et d’énergie rock seront déçus. Finis jean's/t-shirt, finies chansons sans prétention mais terriblement efficaces. Ceux, par contre, qui voyaient en elle une chanteuse charmante mais quelque peu ‘gentille’ se réjouiront de sa métamorphose. Elle est devenue star, le coton devient cuir, le folk rock devient pop, le concert devient show et ce nouvel opus semble bien prévu pour ça. 

Produit par Steve Osborne (U2, Happy Mondays), “Drastic fantastic” fournit sa kyrielle de chansons bien foutues à l'instar du morceau d’ouverture, « Little Favours » ou du premier single "Hold on". Mais si les chansons ont gagné en force, l’ensemble perd en émotion et précipite l’album dans le gouffre du facile, du formaté. Une constante malgré tout : les bottes, et des morceaux qui ne les oublient pas, tel que « Beauty of uncertainty » où la chanteuse écossaise joue de sa voix rauque sur des accents country. La voix est là, le talent aussi, même le succès. Mais le succès…

White Rainbow

Prism of Eternal Now

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Alias White Rainbow, Adam Forkner est capable de manipuler un nombre incalculable d’instruments. Et ce talent a de quoi rendre malade de jalousie une foule de musiciens. Il avait donc bien le droit de rêver à une carrière solo. Originaire de Portland, cet artiste peut se targuer de posséder un fameux cv. Après avoir fondé Yume Bitsu, Surface of Eceon et World, puis opéré quelques collaborations auprès d’artistes tels que Dirty Projectors, Jackie-O Motherfucker ou encore le très excentrique Devendra Banhart, Adam Forkner a décidé de lancer un nouveau projet : White Rainbow. En 2003. Tout en se focalisant sur un style inspiré par l’ambiant et le krautrock. Il enregistre « Zome », en 2003, en compagnie de membres du groupe Land. Puis « White Rainbow ». En 2006. Un box réunissant cinq CD et un DVD.

 

Ce nouvel opus respire la quiétude et la sérénité. Flirtant avec la perfection du son, il nous entraîne surfer sur des vagues où se mêlent folk, électronique et rock. Pas étonnant qu’il soit influencé, entre autres, par La Monte Young ou encore Brian Eno. Adam y assure toute l’instrumentation, depuis les guitares, les tablas, les synthés, le groove box, et j’en passe. Il reste quand même une place pour les respirations et les voix fluettes tout au long de cet elpee idéal pour la méditation. Mais attention, rien à voir avec les albums zen de feng shui que l’on retrouve en vente dans les bacs des grandes surfaces. La longueur de l’œuvre, c’est le seul reproche que l’on puisse faire à l’ovni Forkner. Septante et une minutes en tout ! Ce qui risque peut-être d’exaspérer certaines mélomanes, à moins que la solution ne les apaise ou les plonge dans un profond sommeil. On connaît maintenant le véritable nom du marchand de sable. Il porte une casquette de l’Oregon, s’appelle White Rainbow et vient de signer sur le très bon label electonica de Chicago, Kranky, « Prism of Eternal Now »...

Les Ballets C. de la B.

Import/Export

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Les ballets C. de la B. sont une des trois principales compagnies de danse en Flandre et sont depuis plus de vingt ans une plate-forme artistique pour différents chorégraphes comme Koen Augustijnen, chef de file des Ballets. Import Export est la version live de la musique du spectacle de danse éponyme de Koen Augustijnen. Ce sont les compositeurs Bart Vandewege et Sam Serruys (né en ‘77 !) qui ont combiné et adapté la musique baroque et la musique électro-contemporaine. Chimie unique et fusion entre le vieux et le nouveau. Bart Vandewege a parfaitement réussi les adaptations des compositions de Couperin, Charpentier, Hahn, Clérambault et Lambert pour l’alto Steve Dujardin et le Quatuor à cordes Kirke. Tous trois, Bart Vandewege, Sam Serruys et  Steve Dujardin ont un cv impressionnant et développent leurs talents dans le monde du théâtre, du cinéma et de la danse pour les deux premiers et l’opéra, la musique contemporaine et la danse pour le dernier.

Le quatuor à cordes Kirke quant à lui est composé de quatre amies issues d’Anvers. Elles jouent ensemble depuis quelques années et leur vaste répertoire va du classique au tango en passant par la pop. Pour l’anecdote, Kirke doit son nom à la nymphe grecque Kirke, qui habitait sur l’île paradisiaque d’Ayaya, là où de somptueux repas et boissons enivrantes coulaient  à flot. Elle possédait aussi un don magique de transformer les hommes difficiles en porcs. (Information non vérifiée !)

La version live de la musique du spectacle Import/Export a l’avantage de nous faire entendre les mouvements des danseurs, rythmés sur le sol. Selon que vous ayez assisté ou non au spectacle, vous revoyez ou imaginez le décor industriel, chantier portuaire tout en verticales et échafaudages. Le souffle des cordes et de l’alto se mêle au souffle des danseurs. Et nos oreilles d’explorer ce nouveau langage, combinaison de théâtre, acrobatie, musique baroque et sculpture. Une (re)découverte de la musique baroque, en scènes  brèves et au contenu d’une haute émotion.

A écouter en boucle (non pas avec des bigoudis !)

A noter : les Ballets C. de la B. sont l’ambassadeur culturel de l’Unesco, IHE, Institut for Water Education.

Club Of High Eyebrows

Older Now

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Cet album intrigue immédiatement. Son concept graphique est étrange. Un enfant casqué semble se protéger du soleil. Il nous apparaît en contre-jour. Le patronyme de ce groupe hollandais est aussi tordu : Club Of High Eyebrows. Ah bon ? Les miens continuent à froncer quand, une fois ouvert, l’album déploie le nom de leurs auteurs. Silver Surfering Rude Boy Tylon au chant, par exemple. On pense naturellement à un album hip hop, imaginé par des artistes un tantinet railleurs. Même les silhouettes à casquettes dessinées à l’intérieur de l’album exhalent ce parfum. C’est en découvrant le nom du label (NDR : Hazelwood Vynil Plastic) que ma patience me lâche, et me pousse à enfourner le cd dans mon lecteur.

Ok, on est loin, très loin du hip hop, et on pénètre finalement dans un univers rock indie. Aux premiers accords de « Tar Black Poisoned Cup », une pop folk sans complexe module la voix sur une ballade tendre et s’enflamme au fur et à mesure. Les guitares sont terriblement tranchantes. Et je mettrai ma main à couper qu’elles demeurent aussi affûtées tout au long de l’elpee. « Prince Of Turbulence » entame une ronde autour de la batterie afin d’affûter les médiators. Tous les morceaux suivants s’enchaînent très vite, et s’imbriquent les uns dans les autres assez facilement ; le tout en respectant une cohérence manifeste. Des plages comme « Aquarius », « Gift Of Song » ou « Veering Between The Genders » sortent un peu du lot. A cause des mélodies acidulées mises au service d’une pop tendre. On récupère vite la touche que le groupe est occupé d’afficher pour « Club Of High Eyebrows », la petite merveille de l’album. Et s’il n’y avait qu’un morceau à écouter de cet elpee, je choisirai celui-là. Il représente à lui seul tout l’univers un peu répétitif mais pas vraiment saoulant des quatre larrons. Si vous aimez Godhedsilo ou Idaho, ce disque devrait vous botter.