Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

logo_musiczine

L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26653 Items)

Headphone

Ghostwriter (single)

Écrit par

Récente signature du label bruxellois Pias, Headphone nous propose son premier single “Ghostwriter”, un morceau téléchargeable gratuitement sur leur site. Composé de Ian et Nico, le duo gantois es parvenu, après plusieurs années de labeur dans leur studio, à pondre un morceau qui sonne, ma foi, plutôt bien. Depuis, tout s’enchaîne assez rapidement pour eux. Ils annoncent déjà leur premier album pour la nouvelle année 2008. Entouré de trois autres musiciens pour les performances live, Headphone risque fort bien de devenir la révélation pop/électro en Belgique.

« Ghostwriter » c’est un tranquille petit moment de détente sur des ondes mélodiques relaxantes. Et pour être franc, dommage que le projet n’ait pas débouché sur un Ep ! Basé sur une ligne de beats électro, des notes aigues de claviers viennent se fondre sur la voix parfois nonchalante du chanteur. Une petite douceur d’un peu moins de 4 minutes. C’est vraiment trop court ; et c’est dommage ! Espérons que les futures compos seront de la même trempe. Et là on pourra dire que ces petits gars du nord, ont déjà beaucoup compris de la musique électro !

Traffic Quintet

Nouvelles Vagues

Écrit par

Alexandre Desplat est connu et reconnu au travers d’une centaine de compositions pour des longs métrages de Jacques Audiard à Peter Webber, du cinéma français au cinéma hollywoodien. Il a été une dizaine de fois nominé et reçu quelques récompenses (pour « The Queen », « De battre mon cœur s’est arrêté »…) Flanqué de Traffic Quintet, groupe partagé entre deux violons, un alto, un violoncelle et une contrebasse, Alexandre Desplat prend le pari de retranscrire 14 musiques de film datant de 1961 à 2001, thèmes qui, à l’origine, étaient écrits pour des orchestres de plus grande envergure. Et cet album, à mi-chemin entre musique classique et musique de films nous donne à écouter une interprétation juste des mélodies. Mais là où il y a un respect des compositeurs, on pourrait reprocher trop de rigueur au directeur musical, pas assez d’impertinence dans son parti pris. Un consensus qui efface la personnalité de ce Quintet virtuose, trop sage pour désarticuler les thèmes et dialoguer entre eux. Les mélodies peuvent alors à longueur d’écoute paraître linéaires et répétitives.

Il faut dire également que l’insolent Alexandre Desplat à travers son hommage à la nouvelle vague, et le présentant comme tel, fait la part belle à ses propres compositions bien plus récentes. Ce qui ne nous empêche pas d’apprécier les superbes mélodies du grand Georges Delrue (« Le mépris », « Jules et Jim », « Garde à vue », « La peau douce »…), A. Duhamel (« Pierrot le fou »), G. Barbieri (« Dernier tango à Paris »), M. Jarre (« Passage to India ») et E. Morricone (« Peur sur la ville ») et d’estimer le travail bien fait, un choix absolu d’Alexandre Desplat de respecter les compositeurs et une excellente interprétation par les musiciens de Traffic Quintet.

Various Artists

Paranoid Park (B.O. film)

Écrit par

Cinéaste profondément original, Gus Van Sant est aussi musicien. C’est peut-être la raison pour laquelle il affiche un goût très sûr pour illustrer musicalement ses films de plus en plus épurés. Les dix-neuf titres de cette bande originale partent dans tous les sens et reflètent bien l’état d’esprit du personnage du film, un jeune skateur rongé par la culpabilité. Et pour cause, il a tué un agent de sécurité…

Nino Rota est sans conteste l’invité d’honneur du disque. Le compositeur attitré de Federico Fellini participe à quatre titres. Issus de « Giulietta degli Spiriti » et « Amarcord, ils portent sa géniale patte : une atmosphère féerique susceptible à tout moment de verser dans le cauchemar. A côté de deux très belles plages signées Elliot Smith, figurent des fragments de la neuvième de Beethoven, un vieux tube de Billy Swan, le hardcore old –school (et inécoutable) de « The Revolts », la belle pop expérimentale de Menomena, les ‘soundscapes’ inquiétants de Robert Normandeau et Frances White, l’electronica d’Ethan Rose ainsi que le hip hop pas très inspiré de Cool Nutz. Sans oublier la country acoustique et surannée de Cast King, vieil homme de 79 ans qui vient d’enregistrer son premier album. Cette figure oubliée de la country des années 50 chante un intriguant « Outlaw » semblant provenir tout droit d’un ‘field recording’ d’Alan Lomax. Original et vivement conseillé !

Orchestra Baobab

Made in Dakar

Écrit par

Légendes de la musique africaine des années septante, les membres de l’Orchestra Baobab animaient les nuits chaudes de Dakar. Ils ont dû se ranger des voitures au début des années 80, suite à l’arrivée d’un nouveau style de musique. Popularisé par Youssou’N’Dour, le m’balax a tout balayé sur son passage et les ambiances caribéennes du Baobab sont passées de mode. A l’orée des années 2000, Nick Gold (le patron de World Circuit) les a convaincus de se remettre à la musique. Belle initiative puisque ce deuxième album depuis le come-back est très bon. Une salsa à l’africaine où les tambours sénégalais se mélangent parfaitement aux percus latinos pour des résultats qui touchent au sublime sur des titres comme « Nijjay » (ambiance très western rehaussée par la présence de Youssou’N’Dour au chant), « Ami Kita Bay », « Sibam » ou encore « Ndéleng Ndéleng ». Des morceaux un peu plus graves que le reste de « Made In Dakar », mais les plus essentiels. Comme d’habitude chez World Circuit, les artifices de production s’effacent devant le talent des musiciens présents. Les cuivres se lancent dans des beaux thèmes mélodiques mais ce sont surtout les parties de guitare de Barthélémy Attisso (solo) et de Latfi Benjaloun (rythmique) qui apportent tout leur sel à « Made In Dakar ». Impériales et étonnantes du début à la fin, pas besoin d’en dire plus.

The Dynamics

Version Excursions

Écrit par

Un peu comme le jazz, le reggae est un genre musical qui s’est beaucoup frotté aux reprises. Entre opportunisme pop et versions plus personnelles, l’exercice a souvent généré de la musique anecdotique, mais plus rarement engendré de grands moments. Fidèles à la tradition, les Lyonnais de « The Dynamics » prennent un malin plaisir à passer des classiques du rock, de la soul et du funk dans une moulinette dub, rocksteady ou ska. Le disque est remarquablement produit et joué (synthés et reverbs ‘vintage’ à profusion) ; et on sent que les titres ont été repris pour rendre hommage aux brillants compositeurs qui les ont écrits. Parmi les plages les plus réussies, on décernera une mention spéciale à la version ultra funky de « Miss You », le « Music » de Madonna transformé en disco reggae infectieux et une adaptation rêveuse du « Move On Up » de Curtis Mayfield. Le reste est tout bonnement agréable. Néanmoins, il faut quand même avouer qu’il est difficile de transformer en catastrophes des titres comme « 7 Nation Army », « Lay Lady Lay », « 90% Of Me is You » ou « Feel Like Making Love »…

Public Enemy

How You Sell Soul to a Soulless People Who Sold Their Soul ? ? ?

Écrit par

Public Enemy roule sa bosse depuis 20 ans. Une éternité dans le monde du hip hop. Le clan de Chuck D est d’une intégrité qui force l’admiration. Presque dix ans après avoir tourné le dos aux grandes corporations du disque, la formation de New York est toujours férocement underground et indépendante. Pour fêter cet événement, ils sortent ce brûlot funky et abrasif qui fait mordre la poussière à la plupart des albums de rap entendus cette année. Un mélange entre l’humour corrosif et déjanté de Flavor Flav et le flow vengeur de Chuck D, le tout soutenu par les beats archi efficaces de Gary G Wiz. Côté invités, Krs-One vient lâcher quelques rimes sur « Sex, Drugs and Violence » et Redman produit le beat ultra funky de « Can You Hear Now ? »

Un dvd accompagne l’album. Il contient un documentaire intéressant sur une tournée de Public Enemy accomplie en 1998. Le groupe opère son retour sur scène après 3 ans d’absence. Il croise des artistes comme Busta Rhymes et des tous jeunes Black Eyed Peas pas encore méga stars. Un autre docu témoigne des prestations scéniques actuelles de PE entrecoupé d’intermèdes au cours desquels les danseurs du crew préparent leurs chorégraphies guerrières. Quelques clips sont aussi inclus (dont le très bon « Unga Bunga Bunga » de Flavor Flav). On peut y voir quelques poulains du label Slamjamz (fondé par Chuck D) parmi lesquels on épinglera le métal jazz furieux de The Banned. Bring the noise, baby !!

The Shuffletones

Chicago Sessions

Écrit par

Cet album n'est pas sorti sur le label Blue Bella, mais il aurait pu. Il a été concocté au sein des studios ‘Rancho de Rhythm’, en mars 2007. Les Shuffletones sont un duo partagé entre le chanteur/guitariste Jeremy Vasquez et l’harmoniciste Ronnie Shellist. Lors des sessions d’enregistrement, ils ont reçu le concours du bassiste/guitariste/claviériste Nick Moss, du guitariste rythmique/bassiste/claviériste Gerry Hundt, du drummer Bob Carter et du pianiste Willie Oshawny. Jeremy signe les 11 plages de l'elpee. La production a été assurée par Moss et Hundt. Jeremy et Ronnie sont établis à Denver, dans le Colorado et ils ont voulu ici satisfaire leur rêve d'enregistrer un album de Chicago blues. Ce qui explique leur périple vers la cité des vents pour réaliser ces Chicago Sessions.

L’opus démarre en force par "That's alright". L'esprit de Chicago est bien présent. Shellist est un musicien talentueux. Il vit son instrument. Le timbre vocal de Jeremy est correct. Appliqué à la six cordes, il joue sur base d'accords rythmiques. Vasquez chante, en forçant un peu la voix, "Go back home", un boogie bien inspiré. Hundt siège derrière l'orgue. Ronnie démontre à nouveau son solide tempérament. Nick Moss empoigne la guitare pour introduire "Can't stop think'n about my baby", un slow blues intense, marqué par l'intervention inspirée et percutante aux cordes de maître Moss. Nous ne sommes ici pas tellement loin de Guitar Slim. "Ghetto song" porte bien les accents des Caraïbes. Ses rythmes exotiques sont chargés de percussions et lorgnent manifestement vers Santana. "Blues keeps me strong" est une plage rythmée, au tempo funky, illuminée une fois encore par le jeu très en verve de l'harmoniciste. Et lorsque ce dernier cède le témoin, c’est au gratteur qu’il le confie pour une intervention tout aussi créative. Une excellente plage! Jeremy chante passionnément "11 mile blues", une ballade douce, en s’accompagnant à la guitare acoustique. "Here I am Part 2" (on ignore où se trouve la partie, d'ailleurs) est un Chicago blues assez classique. Shellist introduit cette compo éclatante en soufflant rageusement dans sa musique à bouche. Manifestement, il la fait souffrir. Pendant ce temps tous les musiciens se mettent à son service pour assurer le rythme alors que Jeremy concède de petites phrases très incisives, dans un style rappelant un Buddy Guy rigoureux! "I like my coffee" trempe dans un climat plutôt R&B. Reminiscent de Memphis. Très vivifiants, les motifs de guitares lorgnent vers Albert King. On y décèle également un changement de tempo judicieux, opéré dans l’esprit du "All your love" d'Otis Rush. "Walk around the block" produit une accélération manifeste du tempo. La section rythmique est empreinte de légèreté et libère pas mal de swing. Moss est passé à l'orgue. Les deux solistes ont tout le loisir pour se mettre en évidence. "Married to the blues" est un bon Chicago shuffle. Ronnie souffle toujours aussi vigoureusement et avec une puissance constante. Jeremy ne manque ni de doigté ni de créativité face aux accords de piano déchaînés d'Oshawny. La finale est encore instrumentale. Vasquez nous y soumet une énigme. Mais on devine rapidement la solution, car ce "Freddy's grits" s’adresse de toute évidence au géant texan, Freddie King. Un bon album pour ce duo issu du Colorado.    

 

Canned Heat

Live at Montreux 1973 - Dvd

Écrit par

Ce coffret réunit 2 Dvd. Le premier immortalise un set live accordé à Montreux en 1973 ; et sous-titré "Boogie with Canned Heat – The Canned Heat story", le second constitue un documentaire consacré à l’histoire du combo mythique.

Nous sommes au cours de l'été 1973. Au Festival Jazz de Montreux. Pour une soirée ‘Blues’. Le rideau s'ouvre sur le Heat qui démarre en puissance par leur hymne "On the road again". Bob ‘The Bear’ Hite est à l'avant-plan. Il n'est pas trop enveloppé et semble en bonne forme. Il chante et balance ses interventions à l'harmonica. Autour de lui, on retrouve les inévitables Henry Vestine à la guitare et Fito de la Parra à la batterie. Sans oublier son frère, Richard Hite à la basse, James Shane à la guitare et Ed Beyer aux claviers. Le public est nombreux. Les vibrations sont bonnes et la prise de son impeccable. Henry égrène ses notes en guise d'introduction à un blues lent. The Bear s'approche du micro et introduit un grand parmi les grands : Mr Clarence ‘Gatemouth’ Brown. Il a l'air bien jeune. Il épaule sa guitare et se met à chanter d’un timbre chaleureux et rassurant, "Please Mr Nixon". Shane se réserve le premier solo de cordes tandis que Gatemouth glisse au violon. C’est le bonheur complet! Très éclectique, Brown embraie à l'harmonica. Il s’attarde sur cet instrument pour attaquer "Funky", un instrumental vigoureux auquel le public participe largement. A l’époque, Brown était très extraverti. Il se comporte en véritable leader du Heat et délivre ainsi son "About my Oo Poo Pa Doo", laissant même Sunflower s'éclater sur ses cordes, avant de reprendre la manœuvre. Pendant ce temps, Bear semble vivre dans un autre monde, se secouant la carcasse de la tête aux pieds! Clarence termine par "Worried life blues", un classique éblouissant au cours duquel Bob l’hirsute souffle passionnément dans son harmo alors que Brown parcourt son manche avec panache. Le Canned Heat reprend les rennes de son show. James Shane empoigne le micro pour interpréter le classique "Night time is the right time". Hite revient chanter le hit ( ?!?!?!) "Let's work together". Il est excité comme une puce et parvient à faire décoller Vestine. Beyer s’active au piano lorsque Bob chante "Rock and roll music", à la manière de Fats Domino. Shane attaque "Lookin' for my rainbow" de son bottleneck acoustique. Il y partage un duo en compagnie de Beyer. Le concert s’achève. The Bear saisit une Gibson Les Paul et se met à plaquer les accords immortalisés par John Lee Hooker. C’est le signe de départ d'une finale enflammée : "Shake 'n Boogie". La silhouette longiligne de Vestine émerge pour produire son boogie déjanté avant de laisser Fito, bien plus chevelu et barbu qu'aujourd'hui, s'éclater à son tour sur ses fûts!

Le Canned Heat story est découpé en tableaux successifs. Tout d'abord, un hélicoptère survole le site du festival de Woodstock. Nous sommes en 1969. Al ‘Blind owl’ Wilson ne porte pas de lunettes. Il joue de la slide. Le son est puissant. Il introduit le boogie. Larry Taylor est à la basse et, pour la première fois, les cordes sont dévolues à Harvey Mandel.

Le narrateur nous raconte les débuts du groupe à L.A, lorsque Mark Andes se consacrait à la basse et Frank Cook aux drums. Alfredo ‘Fito’ de la Parra va nous guider de sa voix pendant plus de deux heures pour retracer cette aventure extraordinaire. Un documentaire parsemé d'interviews (notamment celles de Skip Taylor, leur premier manager, et de Larry Taylor), de nombreuses photos et courts métrages.

Eponyme, le premier elpee est paru en avril 1967. Il salue le séjour de Larry ‘The Mole’ Taylor à la basse.

Les musiciens du groupe sont jetés en prison. A Denver, au Colorado. Motif : détention de marijuana. Al Bennett, le patron de Liberty, paie 10.000 dollars pour les libérer ; mais en échange, prend désormais 50% de leurs droits d'auteurs. Bennett avait fait la bonne affaire, puisqu’elle allait lui rapporter au moins 2 millions de dollars par la suite!

Fito débarque et remplace Cook avant l'enregistrement du second album : "Boogie with". Vêtu de son incroyable pochette psychédélique, cet elpee recèle le hit éternel "On the road again", un titre au cours duquel la voix aérienne de Wilson et l'harmo de Hite font merveille.

Août 69. C'est le festival de Woodstock. Suite aux disputes incessantes entre Taylor et l'imprévisible Vestine, un nouveau guitariste a été recruté. Ce n’est pas Michael Bloomfield. Il a pourtant été contacté, mais il a refusé l’offre. Harvey ‘The Snake’ Mandel reprend donc ce rôle. Woodstock c'est aussi un hymne célèbre : "Goin' up the country". 

"Future blues" est paru en 1970. Al Wilson y lance déjà un cri d’alarme pour la protection de l'environnement. Au passage, on y découvre de superbes extraits de l'émission "Beat club" diffusée sur la TV allemande. Lors de l’interprétation de "Let's work together", Mandel se révèle impérial. La voix de Bear est autoritaire. La slide de Wilson bouleversante. L'histoire de la réalisation de la pochette est épique. Les prises de vue ont été opérées dans le désert, pour recréer les paysages de la Lune. Les musiciens sont vêtus de combinaisons de cosmonaute. Ils plantent le drapeau américain… à l'envers. L’entreprise est couronnée de succès, mais Larry est fatigué. Il quitte le navire et emmène Mandel pour rejoindre le projet de John Mayal, ‘USA Union’.

Taylor parti, Vestine revient et Tony de la Barreda se charge de la basse. Canned Heat et John Lee Hooker célèbrent alors leur première collaboration sur "Hooker 'n Heat". Le roi du Boogie considérait Wilson comme l’harmoniciste le plus brillant de l'époque. Pourtant, ce dernier était de plus en plus déprimé. Et il a fini par se suicider. C'était le 3 septembre 1970. Ce qui n’a pas empêché l’aventure du Heat de se poursuivre. Jusqu' aujourd'hui encore! La suite de cette histoire sur le Dvd…

 

Canned Heat

Human Condition revisited (Canned Heat) + I used to be mad (Henry Vestine)

Écrit par

Depuis quelques semaines, la discographie du boogie band de Los Angeles a été fort bousculée. Elle s’est enrichie de quelques nouveautés sous la forme de Cd et Dvd, mais également de toute une série de rééditions dont certaines présentent un intérêt évident pour les nombreux fans du Heat. Paru chez SPV, ce double album bénéficie d’un luxueux digipack cartonné. Il réunit "Human condition", paru à l'origine en 1978, et "I used to be mad! But now I'm back crazy", un elpee signé Henry Sunflower Vestine. Peu connu, ce dernier avait été concocté en 1981. A Auckland, en Nouvelle Zélande. Quelques mois à peine après le décès tragique de Bob Hite.

Mais revenons d'abord en 1977. Nous sommes dans les studios Takoma à L.A. Bob the Bear incarnait alors le leader incontestable du Heat. Il se réserve le chant et harmonica. Il est soutenu par son frère Richard, à la basse, Fito de la Parra aux drums ainsi que de ses nouveaux guitaristes, Chris Morgan et Mark Skyer. Ce n'était pas la meilleure époque du combo. Mais si cet opus n’est pas inoubliable, il n'est pas non plus dénué d'intérêt. Il rendait d'abord un hommage au regretté Alan ‘Blind Owl’ Wilson qui avait composé la plage éponyme, aux lyrics largement autobiographiques. Il avait d'ailleurs enregistré cette plage fin juillet 70, quatre semaines seulement avant son suicide. Boogie clean, "Human condition" épingle des échanges de cordes à bon niveau! Blues rock, "Strut my stuff" bénéficie du concours des Chamber Brothers. Aux vocaux. "Hot money" est chanté par Mark Skyer. Bob produit de jolies phrases à l’harmonica, sur cette plage construite sur un riff emprunté au R&B. Hite chante "House of blue lights", un boogie de bonne facture caractérisé par une sortie de guitare très offensive. "Just got to be there" est cosigné par Harvey Mandel. On peut y reconnaître son jeu aérien. "You just got to rock"… émarge au rock'n'roll. Dieu merci ! "She's looking good" baigne dans le blues rock décontracté. Repris en chœur par les Chamber Brothers, devant une excellente slide, "Open up your back door" recèle un refrain contagieux. On a droit à deux bonus tracks. Deux titres enregistrés live. En Australie. En 1985. Tout d’abord "Kings of the boogie". Un morceau issu de l’opus "Live in Australia", auquel ont participé Mike Halby, Ricky Kellog et Ernie Rodriguez. Et ensuite "Refried hockey boogie". Un instrumental de plus de 23' qui bénéficie du concours de Walter Trout.

Bob Hite n’est plus de ce monde. La formation est quand même partie aux Antipodes. Nous sommes en 1981, en plein cœur de la tournée. L'idée de faire enregistrer Vestine commence à germer ; et le Heat au complet se retrouve dans les studios Mascot d'Auckland. Le disque s’ouvre par une version déjantée de "Dust my broom". Ricky Kellog chante et joue agressivement de l’harmonica devant un Vestine ébahi, moulinant à l'infini le riff d'Elmore James. "Searching for my baby" émarge à la soul. Un choix surprenant chez Vestine. L’elpee recèle plusieurs plages instrumentales. Elles témoignent de la bonne forme affichée par Sunflower à l'époque. On a ainsi droit à "Sunflower blues", "Loquismo, la cover du "The stumble" de Freddie King et bien entendu le mouvementé "LSD boogie". Se son timbre uniforme, Ernie Rodriguez chante trois classiques. L’inévitable "On the road again", le dynamique "Let's work together" et "Johnny B Goode". Sur ce dernier, Ricky Kellogg découpe son solo d’harmonica au rasoir. La voix de Mike ‘The mouth’ Halby est ravagée tout au long de "Ninety nine and a half", un excellent R&B exécuté bien dans l'esprit du Heat. Il se réserve également les parties vocales pour "High school dance", une autre surprise soul quasi doowop, et "Kings of the boogie". Ricky ‘Cherry Red’ Kellogg, un ancien du Elvin Bishop Band, interprète l’excellent blues lent "I need a hundred dollars". Son timbre est éraillé mais coloré. Son harmo produit un son étrange. Si cet album ne brille pas par son originalité, il tient bien la route. Et si Vestine était encore en vie, il n’aurait pas à rougir de cette œuvre…

 

Un diamant blanc pour Kylie Minogue :

Écrit par

Un double Dvd consacré à Kylie Minogue est paru ce 17 décembre. Intitulé « White Diamond / Show girl Homecoming », c’est le premier documentaire en Dvd qui lui est consacré. Le Dvd contient aussi un concert enregistré pendant le Showgirl Tour à Melbourne, concert au cours duquel Bono partage un duo avec la chanteuse.

« White Diamond » est un documentaire de 2h réalisé par William Baker, ami et confident de Kylie depuis de nombreuses années. On y découvre la chanteuse en tournée, et en toute intimité. (suivant communiqué de presse)

Le teaser :

http://www.youtube.com/watch?v=fYmoGxOeFnY

http://www.dailymotion.com/relevance/search/kylie+minogue+white/video/x32ubr_kylie-minogue-white-diamond-traille_music

La vidéo de 2 Hearts :

http://www.youtube.com/watch?v=h3gYAP_uTnM

http://www.wat.tv/playlist/660434/video/674952/attitude-Kylie-Minogue-2-Hearts.html

http://www.emi-artistes.com/kylie/newsletter/071010/index.html

Tracklisting: 2 DVD: White Diamond / Show Girl Homecoming

DVD1: White Diamond

1.         White Diamond (The Film)

2.         Kids (Featuring Dannii)

DVD2:  Show Girl Homecoming

4.         Act 1 - Showgirl

5.         Act 2 - Taboo

6.         Act 3 - Temple

7.         Act 4 - Athletica

8.         Act 5 - Dreams

9.         Act 6 - Pop Paradiso

10.       Act 7 - Space

11.       Act 8 - Encore

12.       Overture - The Showgirl Theme

13.       Better The Devil You Know

14.       In Your Eyes

15.       White Diamond

16.       On A Night Like This

17.       Shocked

18.       What Do I Have To Do

19.       Spinning Around

20.       Confide In Me

21.       Cowboy Style

22.       Finer Feelings

23.       Too Far

24.       Butterfly (Video Interlude)

25.       Red Blooded Woman

26.       Slow

27.       Kids (Featuring Bono)

28.       Somewhere Over The Rainbow

29.       Come Into My World

30.       Chocolate

31.       I Believe In You

32.       Dreams

33.       Burning Up

34.       The Locomotion

35.       I Should Be So Lucky

36.       Hand On Your Heart

37.       Can't Get You Out Of My Head

38.       Light Years

39.       Especially For You

40.       Love At First Sight

Extras

41.       In Denial (Showgirl Tour) (Re-edit)

42.       Je Ne Sais Pas Pourquoi (Showgirl Tour) (Re-Edit)

43.       Confide In Me (Showgirl Tour) (Re-Edit)

44.       Please Stay (Showgirl Tour) (Re-Edit)

45.       Your Disco Needs You (Showgirl Tour) (Re-Edit)

 

Pour plus d’infos : http://www.kylie.com/home

 

 

Canned Heat

Christmas album

Écrit par

Canned Heat s’est plié à la tradition en éditant, un elpee consacré à Noël. Bien que paru en novembre, ce disque est bien un « Christmas album » ! Donc à se procurer dans le cadre des fêtes de fin d'année. Un cadeau à offrir aux nombreux fans du premier boogie band de notre globe. Néanmoins, il faut reconnaître qu’il n'en est pas à son coup d'essai. L'histoire méritait donc d'être racontée. Le line up actuel a donc mis en boîte sept plages, alors que les histoires du père Noël de naguère, refont surface au même moment.

L'hommage au père Noël démarre par un boogie rock'n'roll : "Deck the halls". La voix râpeuse de Robert Lucas ne manque pas de charme. Il souffle aussi dans l'harmonica, tandis qu'un piano boogie déferle en arrière-plan. Le non-voyant Jay Spell y siège. Un retour, puisqu’il a joué chez le Heat trente ans plus tôt, aux côtés de Hollywood Fats. L’amusant "The Christmas song" date de 1968. C’est le témoignage le plus ancien. Les voix déshumanisées des Chipmunks et celle bien plus chaleureuse de Bob Hite embraient sur un Christmas boogie, dynamisé par les cordes de Vestine. La face B de ce single, est une ballade bluesy. Le Bear chante ce "Christmas blues". C'est la grande époque. Bob souffle timidement dans l'harmonica. Henry est très inspiré sur les cordes. Larry Taylor et Fito assurent la rythmique. Le même Fito est aussi annoncé au piano! Cinq plages du Heat contemporain ont été sélectionnées. "Santa Claus is coming to town", tout d’abord, dont les arrangements sont signés Barry Levenson. Une plage séduisante, très swing. Imprimé sur un mid tempo, "I won't be home for Christmas" est chanté par le bassiste Greg Kage. La démarche est nonchalante, décontractée. Ce qui est plutôt rare. Spell aux ivoires et Levenson aux cordes y prennent leur pied. "Christmas boogie" est une des meilleures plages. Signée Levenson elle est chantée par Lucas ; sans aucun doute la voix du Heat actuel. Pendant ce temps, Alfredo se divertit en cognant les fûts avec un même discernement. Jay Spell est invité à chanter "Santa Claus is back in town". Il est meilleur pianiste que chanteur ; pourtant l'ambiance est bonne. D’ailleurs les solistes décrochent leur billet de sortie. Récréation : les rois du boogie se paient un "Jingle bells" plutôt sympa. Pas trop confiant au chant, Robert est soutenu par les voix douces de Sharon et Kathleen. Heureusement, il se révèle plus persuasif à l'harmo. Je le préfère quand même lors de l’interprétation d’un autre traditionnel : "Boogie boy (Little drummer boy)". Le Heat de la grande époque s’attaque à une autre version de "Christmas blues". Le traitement de ce slow blues tourne au max du ralenti. Pour la circonstance, Dr John signe une très belle ouverture au piano. Bob Hite chante devant l'harmo de Blind Owl (NDR : une intervention belle à pleurer !) Sunflower dispense ses notes avec une retenue édifiante. Ils avaient tout compris du blues les gars de L.A. En bonus, on a droit à une troisième version de "Christmas Blues". Rythmée, elle a été enregistrée live. En 1998. A Washington D.C. Eric Clapton se réserve la guitare alors que l'incroyable John Popper (de Blues Traveler) souffle comme un extra-terrestre. Joyeux Noël!

Luther Allison

Underground

Écrit par

Lorsque Thomas Ruf rencontre Bobby Rush, on imagine qu’il a le nez creux. Ce dernier dispose d'une session d'enregistrement de Luther Allison, opérée aux studios Wonderful, à Chicago. Elle date 1958. Toute la famille Allison est fort intéressée par le projet et décide de le financer. Luther n’est alors âgé de 18 ans. Soit onze années avant la sortie de son premier elpee officiel, "Love me Mama", un disque paru chez Delmark. Mais finalement, c’était trop beau pour être vrai et Ruf a, semble-t-il, été abusé. C’est ce qu’en ont déduit les spécialistes. En effet, le choix du répertoire et la sonorité de ces sessions étaient sans équivoque : ces enregistrements remontaient à 67/68, au plus tôt. A l'époque, la mode était au R&B et à la soul. Or le contrat d'Allison pour Delmark n'allait pas être prolongé ; et il allait signer pour Tamla Motown. Une écurie pour laquelle il allait graver deux elpees sur le célèbre label de Detroit : "Bad news are coming" en 1973 et "Luther's blues" l'année suivante. Le tracklisting d’« Underground » épingle trois morceaux du premier et autant du second. Des enregistrements qui fourniront la matière première à un bootleg, commis en 1971. La boucle est bouclée.

C'est bien le band de Bobby Rush qui est présent : Rush à la basse, Bobby King à la guitare rythmique, Sammy Logan à l'orgue et Robert Plunkett à la batterie. La mise en forme de ces bandes est assez sommaire. Rush en est le responsable. Le contenu de cette session prélude cependant un grand bluesman : Luther Allison. Un chanteur à la voix remarquable, même s'il ne possède pas encore la puissance affichée plus tard. En outre, il se révèle un guitariste redoutable et très personnel. Pour ses deux albums réservés à Tamla Motown, il avait repris respectivement "The stumble " et "San-Ho-Zay"  de Freddie King. Sur ce nouvel elpee, il s’attaque à "Hideaway". Il y manifeste beaucoup d’assurance. En consultant les notes de la pochette, on apprend que King n'avait enregistré ce titre qu'en 1960! Armé d’une slide quelque peu hésitante, Luther se réserve le chant lors de son adaptation du classique "Don't start me talking" de Sonny Boy Williamson. Le tempo est nonchalant et légèrement funky. La voix déjà bien assurée. "Drivin' wheel" campe un blues nonchalant. La slide est déjà plus tranchée. Luther chante "Cut you loose". Le bluesman est ici déjà bien affirmé. Le vocal autoritaire et le jeu de guitare très caractéristique. Point fort de cet opus, cette plage issue de la plume de Ricky Allen, n’est parue qu’en 1962. "Easy baby" est une compo notoire au son chaleureux. Une des meilleures chansons de Magic Sam, le roi du Chicago Westside. Blues au rythme quasi rock, "Take my love" déménage plutôt bien. Luther achève l’opus par le célèbre "Rock me baby". Il le chante remarquablement. Cet elpee ne reflète manifestement pas la sonorité des sixties, et quelques titres se limitent à des démos qui serviront quelques années plus tard, pour Tamla. Thomas Ruf, homme intègre, a rapidement admis l'erreur et placé sur son site, les commentaires de Rien Wisse, le responsable du magazine blues hollandais Block. Il confesse que les premières séances concédées par Luther s’étaient bien déroulées aux studios Wonderful, et dataient du 8 mars 1967. C’est sans doute la vérité pour cette (très courte) œuvre

 

Doug Jay

Under the radar

Écrit par

Agé de 54 ans, Doug est chanteur/harmoniciste. Originaire de Floride, il s’est établi en Allemagne depuis quelques années. Ses Blue Jays sont tous issus du Vieux Continent : la Batave Jasper Mortier se consacre à la basse et les Allemands Christoph 'Jimmy' Reiter ainsi que Andre Werkmeister se réservent respectivement la guitare et à la batterie. Le line up est identique à celui qui avait participé au précédent opus, "Jackpot", un disque paru fin 2004 sur le même label!

Le titre maître ouvre les hostilités. La mélodie trace son chemin à travers le pays des marécages louisianais. Doug y promène sa voix paresseuse. Soutenu par son compatriote Kai Strauss (un autre Teuton qui épaule un souffleur américain chez les Bluescasters de Memo Gonzales), Jimmy imprime bien les accords rythmiques destinés à forger ce style. L'harmonica du leader peut alors prendre la route en solitaire avant de laisser les guitaristes puiser leur inspiration dans cette atmosphère lourde et suffocante des marais du sud. Rock allègre et paresseux, "If it’s love" déménage en douceur et délicatesse. Kai Strauss continue à épauler Reiter. Doug donne tout ce qu'il a dans les poumons. Il passe à l'instrument chromatique pour "Temptation", une ballade dont les accents exotiques sont empruntés aux Caraïbes. Mo Fuhrhop siège derrière l'orgue. Mr Jay brille tout au long de cette mélodie délicate. "Show me the way to love you" va à la rencontre du Texas Blues. Les accords rythmiques de Reiter sont proches de Jimmie Vaughan. Le talentueux Christian Rannenberg a pris place aux ivoires et assiste à un solo incisif sur les cordes, parcimonieux mais vigoureux,  talonné par Jay accroché à son harmo chromatique. Malgré son titre, "Without love" est une bien jolie chanson d'amour. Empreinte de tristesse et d'émotion. Doug y injecte toute sa sensibilité qu’il met entièrement au service de son blues. "Don't want your love no more" opère un changement de style. Caractérisé par la présence des saxophones de Gorson Beadle et de Tino Barker, ce blues swingue. Une plage qui sent bon la Louisiane. Une fois de plus, Reiter se met dans la peau de Guitar Slim! Les cuivres s’attardent lors du très séduisant "Losing hand" de Little Milton. On se croirait dans un club de Beale street à Memphis. Christophe dispense ses notes à la BB King. Sax Gordon souffle puissamment dans son sax ténor. Le swing de la West Coast illumine la cover du "Love grows old" de Lowell Fulson. Rannenberg imprime le tempo très boogie. Remarquablement soutenu par sa section rythmique, Reiter continue à jouer dans un registre parcimonieux. "Poor me" est un blues lent classique. La voix de Doug colle bien à ce style. Pour la circonstance, il signe un de ses meilleurs soli. Mr Jay aime le dilettantisme. Louisianais, bien sûr. Et il le prouve une nouvelle fois tout au long du très zydeco "It's easy whan you know how" de Lonesome Sundown…

 

And Also The Trees

(Listen for) the rag and bone man

Écrit par

Il faut avouer qu’il m’a fallu quelque temps pour assimiler l’intégralité du dernier album d’And Also The Trees et que leur excellent concert accordé le 25 novembre dernier, à la Rotonde du Botanique, a quelque peu facilité cette opération. Mais aujourd’hui, fait rare en ce qui concerne votre serviteur, au plus je l’écoute au plus je l’apprécie. Un disque qui a été enregistré dans un manoir du XIème siècle, dans la campagne du Heredfordshire et achevé dans une chapelle victorienne de l’East End de Londres. Changement, important quand même, au sein du line up : Steven Burrows est parti vivre aux States, et est remplacé par Ian Jenkins, qui non content de se réserver la quatre cordes, se révèle excellent à la double basse, instrument qui peut donc à la fois servir de basse et de contrebasse selon que l’on pince ses cordes ou qu’on les caresse d’un archet. Ce personnage apporte une touche jazzyfiante particulièrement rafraîchissante aux compos d’AATT, tout en formant avec le drummer, Nick Havas, également très réceptif au swing, une section rythmique souple et solide. Et c’est dans ce cadre que la musique romantique, esthétique, luxuriante et ténébreuse de la formation insulaire évolue. Des paysages de l’Angleterre rurale défilent dans votre imagination. Un peu comme dans un film. Mais parfois, vous avez l’impression de participer à ce tournage, alors que votre esprit vient de quitter votre corps. Une étrange sensation vous envahit, un peu comme si vous flottiez auprès des nuages. Est-ce une description du passage entre la vie et la mort ? La question reste posée. Lors de l’interview que nous ont accordée Simon et Justin Huw Jones, ils s’en défendent. Les lyrics ont quand même de quoi interpeler. Simon réfute tout accent autobiographique, mais on a le droit de se poser des questions. D’autres textes évoquent davantage les légendes anglo-saxonnes. Comme ce « The legend of Mucklow », probablement le titre le plus difficile de cet elpee, au cours duquel il nous décrit un personnage égorgeant des… dindons. Et puis un « Candace », dont la référence évidente à William Faulkner est tout à fait troublante. Encore que quand on sait que l’imaginaire de Simon est à la mesure des nouvelles fantastiques d’Edgar Alan Poe, on est un peu moins surpris. C’est vrai, son timbre vocal n’est pas exceptionnel, mais ses inflexions apportent à sa poésie une conviction telle, qu’elles parviennent à exalter les émotions qui se cachent au plus profond de votre âme…

Musicalement, le groupe est très au point. Les accords de guitare tintinnabulants, mais tout en subtilité de Simon balaient constamment le paysage sonore. Ils n’ont jamais été aussi visionnaires. A un tel point que parfois, en fermant les yeux, on a l’impression de voguer au fil des canaux à Venise. Plus discrète, la claviériste n’en est pas pour autant la cinquième roue du carrosse. En fait ses interventions accentuent le climat éthéré, brumeux des chansons, tout en y apportant une touche de sensibilité féminine. Un coup de cœur quand même, « The beautiful silence », une chanson à la mélodie tellement bouleversante qu’elle risque de devenir un classique pour AATT.

D’ici quelques mois, ce groupe pourrait bien revenir à la surface. Sa musique surtout. Car elle constitue à nouveau, aujourd’hui, une référence. Et puis parce que cet album est aussi surprenant que remarquable. D’ailleurs, ce disque figure parmi mon Top 20 de l’année 2007. Et il le mérite. Qu’on se le dise !

 

 

Editors

The racing rats (3 CD set)

Écrit par

Le nouveau single des Editors, “The racing rats” est également disponible en version triptyque, mais en édition limitée. Le single contient outre le titre maître, issu du deuxième opus de la formation insulaire, « An end has a start », trois compos interprétées en ‘live’. C'est-à-dire « When anger shows », « Lights » et « Smokers outside the hospital doors ». Le deuxième disque s’intéresse toujours aux enregistrements en public. Le titre maître, bien sûr ; mais également « The weight of the world », « Fingers in the factories » et « An end has a start ». Des plages immortalisées le 17 août dernier lors de la dernière édition du Lowlands, qui s’est déroulée aux Pays-Bas. Enfin, le troisième cd est vidéo. Il épingle deux clips, dont bien sûr le titre maître et « An end has a start », mais surtout une version acoustique de « Smokers outside the hospital doors », accordée lors du même festival. Tous ces disques sont disponibles sous des versions séparées, différentes, en vinyle, etc.

Robyn Hitchcock

I wanna go backwards (box 5 cds)

Écrit par

Syd Barrett décédé, il ne reste plus grand monde pour perpétuer l’ordre des grands excentriques anglais. Kevin Ayers, Peter Hammill et Robyn Hitchcock en sont probablement les derniers représentants, même si le premier cité ne donne plus signe de vie depuis belle lurette et semble même avoir pris sa retraite du côté des Baléares…

“I wanna go backwards” est le titre d’une chanson qui figurait sur le premier elpee solo de Robyn. Il était paru en 1981, et constituait son premier essai depuis la séparation des Soft Boys. Il donne donc le nom à ce box de 5 disques réunissant « Black Snake Diamond Role », le premier opus dont question ci-dessus, « I Often Dream of Trains » (1984), « Eye » (1990) ainsi qu’un double cd compilant flip sides, raretés, démos et inédits, intitulé « While Thatcher mauled Britain : Demos ‘81-’90’ ». Les elpees 1 à 3 ont été enrichis de nombreux bonus tracks. Ce qui donne 100 chansons, en tout ! Toutes les pochettes ont été (re)dessinées par Hitchcock. Cartonnées, elles comportent deux volets, un insert, et contiennent des explications détaillées, des photos, un extrait de roman sur lequel il travaille pour l’instant, des poèmes et de la BD dont il est le créateur. Pour ceux qui l’ignoreraient encore, Robyn est un personnage qui s’intéresse à de multiples disciplines artistiques. Il a même déjà obtenu l’un ou l’autre rôle au cinéma et se consacre à la peinture.

Si vous êtes quelque peu branché par la musique psychédélique, il est difficile de passer à côté de l’œuvre de ce chanteur/compositeur/guitariste/pianiste britannique, dont la vision énigmatique, surréaliste et multidimensionnelle est tourmentée par ses lyrics. Des lyrics à l’humour sardonique mais surtout hantés ses obsessions sur la sexualité, la psychologie, la mort et les fruits de mer ( ?!?!?!?) Si vous ne connaissez pas du tout Hitchcock et que vous vous intéressez à ce type de musique, il est grand temps de vous penchez sur son œuvre. D’ailleurs, ce box peut manifestement servir de point de départ. Enfin, pour que votre information soit complète, sachez que chaque album est disponible séparément. Un box consacré à sa période vécue au sein des Egyptians devrait paraître en 2008.

Dominic Sonic

Phalanstère # 7

Écrit par

Dominic Sonic est un musicien que j’ai toujours beaucoup apprécié. C’est vrai que depuis 10 bonnes années, il s’est fait plutôt discret. Il avait bien débarqué aux Transmusicales de Rennes, fin 2002, en tant qu’invité surprise des Stooges. Puis beaucoup bossé pour son nouveau projet, Sonic Machine ; une aventure ponctuée par un solide concert accordé aux Vieilles Charrues, en 2004. Sans oublier sa tournée en tant que backliner des Déportivo et ses tentatives de reconversion dans le théâtre ainsi que la B.O. ; mais concrètement, pas de disque à se mettre sous la dent.

La sortie d’un nouvel opus en 2007 est le résultat de sessions menées en compagnie d’Yves-André Lefeuvre, Patrick Sourimant et Franck Haurel ; c'est-à-dire les anciens membres de Sonic Machine. Un opus concocté sous la houlette de Mick Prima, entre février et avril de cette année. Jusqu’ici, je ne vous apprends pas grand-chose. Entrons donc dans le vif du sujet.

Première constatation, à l’écoute de cet elpee, on retrouve avec bonheur la présence des riffs de guitares cinglants, percutants, efficaces et puis le timbre vocal délicieusement éraillé, légèrement indolent de Dominic. Des titres comme « Fuel », très glam dans l’esprit de TRex, ou le blues/folk/rock/psyché ténébreux « J’ai dû rêver » libèrent une énergie électrique tour à tour syncopée ou hallucinée. Les deux meilleures plages de l’elpee. Mais pour le reste, on a de quoi être déçu. A cause du recours un peu trop systématique à l’électronique. Une électronique qui manque, en outre, singulièrement de relief. « Down and low » et « La terre » échappent quelque peu à la formule, et sous une forme plus audacieuse, ces deux fragments auraient pu plaire aux aficionados des Young Gods. Mais lorsque les clichés à la Garbage se multiplient, on a beaucoup de mal à avaler la mixture. Même les deux ballades (une cover d’honnête facture du « Mother » de Lennon et « Je suis comme un chat », final acoustique sympa, sans plus), manquent singulièrement d’audace.

Suivant la formule consacrée, Dominic Sonic nous doit une revanche…

Duran Duran

Red Carpet Monster

Écrit par

En 2004, Duran Duran enregistrait « Astronaut », un album qui scellait la réunion entre Simon LeBon, John Taylor, Andy Taylor, Nick Rhodes et Roger Taylor. Une œuvre encourageante, mais sans grand éclat, sans le moindre hit potentiel, susceptible de vous donner l’envie de danser. Faut croire que cette lacune leur a donné des idées, puisque pour réaliser leur treizième opus, la bande de Birmingham a reçu la collaboration de Nate Hills, Timbaland et Justin Timberlake. Et pas seulement à la mise en forme. A contrario, Andy Taylor, s’est de nouveau barré. Résultat des courses, plusieurs compos sont manifestement destinées aux dancefloors. Pas toujours de manière très subtile, il faut l’avouer. Et je pense tout particulièrement à « Skin divers » et au presque techno (NDR : sans la voix de Simon, l’immersion était totale) « Tempted ». Dans le même esprit, « The valley » lorgne davantage vers le disco alors que « Nite-runner » trempe carrément dans le r&b, voire le funk. Enfin, l’instrumental pseudo classique « Tricked out » trahit de fortes réminiscences puisées chez Ultravox. La force de Duran Duran, c’est quand même de trousser de jolies mélodies. Et c’est ce qui balise la plupart des compos de cet opus. Notamment, le final « Last man standing » ou encore « Falling down », ballade ensoleillée, presque californienne, mais un peu trop mièvre à mon goût pour éviter le piège de la bande FM. Par bonheur, quelques titres parviennent à sortir la tête de l’eau (du lot ?). Le titre maître tout d’abord. Indus, mais dans un registre assez proche de Depeche Monde circa « Music for the masses ». « Zoom in » ensuite. Une plage imprimée sur un tempo hypnotique, new wave, qui aurait pu figurer dans le répertoire de Kaiser Chiefs. Et enfin « Dirty great monsters ». Le soin apporté aux harmonies vocales, les interventions d’un saxophone savoureusement torturé et le zeste de swing évoquant inévitablement les meilleurs moments de Tears For Fears.

Bref, si on ne déroulera pas le tapis rouge pour ce nouvel elpee de Duran Duran, il n’y a pas de raison majeure pour le massacrer. Avouons quand même que malgré 70 millions d’albums vendus à ce jour, et le concours de grosses pointures contemporaines pour essayer de revenir dans le parcours, leur musique commence tout doucement à prendre un coup de vieux…

MSN:

http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6236868

I-tunes:

http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=268152335&s=143446

 

Danny Brillant

Viens Danser (Cd + Dvd)

Écrit par

Je vous confesse volontiers la réticence ressentie, lorsque ce double disque en main, je me suis dirigé vers mon lecteur CD pour découvrir les nouvelles frasques de l’auteur de « Suzette ». Car Danny Brillant incarne de prime abord et même trop bien le brave chanteur sympa pour ménagères ; celui qui traîne sa belle gueule cassée par les déceptions, mais toujours prête à aimer, car y’a pas plus beau, que l’amour évidemment… (Souvenez-vous : ‘Quand je vois tes yeux, je suis amoureux, etc…’)

Puis, en y regardant de plus près, j’ai relevé une première circonstance atténuante : l’apparition du chanteur d’origine tunisienne dans « Changement d’adresse », l’excellent film d’Emmanuel Mouret (un des seuls réalisateurs français actuels capable de rivaliser avec Truffaut ou Rohmer), sorti en 2006. Il y interprète un séducteur un brin casse- pieds, viril, trop frimeur pour inquiéter le personnage principal, au nez et à la barbe duquel il dérobe pourtant la belle proie docile, qui finit par succomber à ses charmes. Car Danny Brillant, c’est un peu ça : à première vue trop aimant pour être aimé, trop cliché pour être suspecté d’un quelconque intérêt, on n’y fait plus attention au bout d’un moment.

Et pourtant, ce double disque constitue une très bonne surprise. D’abord, le concept : un disque à danser doublé d’un Dvd pour apprendre, mouvement par mouvement, le tango, le rock et le mambo. L’idée paraît simple, il fallait pourtant y penser.

Le CD reprend une série de tubes tirés de la meilleure variété internationale (Gilbert Bécaud, Dalida, Elvis Presley, Charles Aznavour, Frank Sinatra,…), arrangés dans des versions jazzy ou latino selon les besoins, convaincantes et ainsi parées pour être dansées jusqu’à plus soif. Sur le DVD, un professeur, et parfois Danny lui-même, nous enseignent ces danses célébrant le couple et témoignent de ses états possibles : la passion, avec la part de violence qu’elle libère (le tango) ou encore la fuite et la révolte contre l’autorité (le rock). Il faut voir Danny parler de l’origine de ces rythmes et de l’émerveillement qu’il éprouve face à ceux-ci pour comprendre, s’il le fallait encore, qu’il est ici question de vraie passion et de volonté de la faire partager. Le chanteur pour dames se dévoile sous son véritable jour : honnête et touchant. Aussi bien lorsqu’il chante ou danse, que lorsqu’il évoque le couple et la rencontre, ce dont il nous a finalement toujours parlé.

En concert le 31 mai à Forest National 

MSN:

http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6144316

I-tunes:

http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=251307699&s=143446

Ozark Henry

A decade

Écrit par

Certains le considèrent comme un réformateur visionnaire de la Pop. D’autres comme un représentant en musique d’ascenseur. Adulé ou snobé, Piet Goddaer est un artiste qui a, en tous cas, le mérite de susciter la controverse.

Ce double album tire le bilan d’une période de 10 années au cours desquelles, il a récolté un succès populaire incontestable. A l’échelle nationale, bien sûr. Le premier CD revient sur les morceaux-phares et épingle deux inédits de bonne facture (« Godspeed » et surtout  « Genoa Blue »). Le second propose une série de remixes, offrant une seconde vie plus ou moins convaincante, à toute une série de chansons.

Qu’on aime ou pas, force est de constater à l’écoute de ces morceaux que Piet Goddaer est un perfectionniste. Il soigne tant la forme que le fond. Peut-être parfois trop d’ailleurs ; le maniérisme insufflé par le Gantois à ses compos peut même parfois énerver, et les confiner dans une atmosphère vaporeuse, dont la fadeur se teinte parfois de mauvais goût. En témoignent ces effets sonores incessants, qui se contemplent le nombril ou ces horripilants samplers estampillés ‘World Music’ (« Vespertine »). Ainsi, à force de polir ses diamants, le gentil Piet les prive trop souvent de force vitale, et ce malgré d’excellentes idées dont il a le secret. 

C’est finalement lorsqu’il tend vers plus de simplicité et se contente d’un minimum de moyens que le Belge laisse enfin l’émotion affleurer. En témoigne le très beau single « Indian Summer ». On attend de pied ferme l’orientation que prendra sa carrière.

Msn:

http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6240011

i-tunes:

http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=268276607&s=143446

The Maharajas

In pure Spite

Écrit par

Composé d’amateurs de cuir et de bières, The Maharajas propose un rock garage tendance Sixties assez inspiré. Guitares surexcitées, mélodies pop évidentes et format court sont les leitmotivs de cette musique redevable autant aux Beatles qu’aux Ramones.

La formation suédoise peut compter sur un fameux duo de leaders. Tout d’abord le guitariste Jens Lindberg, apparemment considéré comme une gloire nationale dans le petit monde du garage rock suédois, et le chanteur- guitariste Mathias Lilja dont la voix, montrant une belle aisance dans tous les registres, évoque étrangement celle de Brad Roberts des Crash Test Dummies, lorsque les musiciens lèvent le pied.

S’il manque clairement une marque de fabrique qui distinguerait les Maharajas de beaucoup de formations semblables, on ressent une certaine jouissance à l’écoute de cette poignée de bonnes petites chansons enregistrées et mixées en 5 jours, facilement mémorisables, à siffloter au saut du lit, et passant assez agréablement de la ballade décomplexée (« One Leg On Each Side », « Alaska Beach ») au power-pop déchaîné (« Yeah Yeah, On Hold »).

Roulant leur bosse depuis maintenant une bonne dizaine d’année, les Maharajas devraient grâce à ce premier véritable album, accessible et dopé aux vitamines, gagner les faveurs des accros à ce genre de (fausses) sucreries.